Swallowing on scars

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Boum, bébé !

Pour ceux qui le savent, plus le temps avance, et plus je suis à l’aise avec mon identité. En conséquence, ce qui m’a construit pendant des années, à savoir, mon orientation sexuelle; s’est un peu cassé la gueule.
Je me suis labellisé pendant des années comme « gay », le terme de « lesbienne » m’ayant toujours gêné à l’oreille. Ce blog en était d’ailleurs porteur dans son titre jadis.
Mais le fait est que, durant le dernier tiers de ma vie actuelle, beaucoup de choses reposaient sur cette identification personnelle. Et au moment de faire mon second coming out, j’ai un peu pété les fondations à la masse de chantier.

Le fait d’intégrer socialement comme personnellement cette « nouvelle » identité, m’a fait réaliser un paquet de trucs. Notamment le fait que, plus j’avance dans mon parcours, et moins j’estime que les gens aient des choses à redire quant à ma vie privée.
Notamment le fait que mes préférences romantiques et [éventuellement] charnelles, ne concernent que moi. Mais surtout que je ne suis pas obligé d’être hétérosexuel au sens le plus strict du terme pour être valable en tant que garçon aux yeux du monde.
On dirait que j’enfonce des portes ouvertes, mais c’est une réalisation avant tout personnelle, qui me concerne, les autres font bien ce qu’ils veulent, je m’en carre pas mal.

Tout ça pour dire que, ce que j’ai longtemps considéré comme une faute de parcours, à savoir, d’avoir couché avec un garçon cisgenre, n’en était pas forcément une, d’erreur. Bon, si, mais pas pour les raisons que vous croyez, attendez la suite, ça devient croustillant.

Avant toute chose, ne perdez jamais de vue que, l’hétérosexualité ne devrait pas être l’orientation par defaut, et qu’à partir du moment où toutes les parties sont consentantes, et aptes à consentir, alors tout le monde est content.
Bon okay, là j’enfonce vraiment des portes-fenêtres, et je ne fais que retarder le moment pop-corn.

Comme chacun le sait, je suis célibataire, et ce, depuis un paquet de temps. Et au début où j’étais sous traitement hormonal, de temps en temps, la testostérone faisait son petit effet, et j’avais des envies assourdissantes. Au point de refuser de sortir de chez moi pour voir du monde, de peur d’avoir des paroles ou des comportements dictés par mes hormones bouillonnantes.
En conséquence, je restais beaucoup chez moi, mais la magie de la technologie me laissait à portée d’autres individus via ce merveilleux biais qu’est Internet. Du coup, de temps en temps je grattais à la porte virtuelle de ce fameux garçon avec qui j’avais consommé quelques temps auparavant. Parce que je savais qu’il ne me jugerait pas, qu’il comprendrait ces pulsions pressantes, et qu’il m’aiderait à mettre en place une stratégie pour y mettre fin. (Et éventuellement fanfrelucher ensembles, soyons clairs là dessus.)
Et fluteblûte, à quel point pouvais-je me fourrer le bras dans l’œil.

(TW: Transphobie)
Après une énième piètre tentative de l’attirer jusqu’à ma chambre à coucher, il m’a avoué être moyennement à l’aise avec cette idée. Parce que, et je paraphrase sans exagérer un seul instant, après tout, il avait vu mon corps, savait à quoi je ressemblais vraiment sous mes vêtements, et que donc, il lui apparaissait comme impossible pour lui de pouvoir me considérer véritablement comme un garçon. Je serais à ses yeux toujours une fille, avec un corps de fille et tout ce qui s’en suit.

Après ma colère primaire, il a essayé de se justifier plus que de s’excuser, s’enfonçant encore plus dans ses miasmes verbaux. Je lui ai donc très judicieusement indiqué de ne plus jamais m’approcher ou chercher à me contacter. Il a respecté cette injonction, ce qui est très basique, mais bienvenu, et d’ailleurs s’il lit ceci, qu’il ait la décence de ne pas se manifester publiquement, merci d’avance.

Voilà.
Je ne sais plus exactement comment conclure, la nausée m’ayant violemment repris depuis environ deux paragraphes. Donc je finirais simplement là-dessus.
En tant que personnes transgenre, nous ne sommes pas que des corps. Les personnes cisgenre non plus ne sont pas que des corps, mais iels n’ont que bien moins à subir ces violents rappel à l’ordre sous couvert d’une prétendue biologie scientifique de bas-étage.
Et en conséquence, si vous n’êtes pas fichus de faire le détachement entre corps physique et identité de genre, ne sortez pas avec des personnes trans, ne couchez pas non plus avec des personnes trans, et par dessus tout, foutez nous la paix.
Bisou.

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Walking over glass

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Ce matin, nous allons nous attaquer à une habitude simple et pourtant si problématique : celle qui consiste à dire qu’une personne homophobe refoule forcément sa propre homosexualité.
Même si des fois, c’est effectivement le cas, nous allons ensembles déconstruire cette idée nauséabonde.

Je n’ai que faire des études pseudo-scientifiques établissant que tous les homophobes sont des « tapettes » (à l’aide.), parce que ce n’est pas juste un gros tas de bullshit, mais c’est surtout une idée hyper dangereuse.
D’une part parce que c’est un postulat qui normalise la violence à l’encontre des personnes LGBT+, permettant de laisser faire trop facilement des comportements agressifs et violents. En effet, c’est le fameux argument qui consiste à pardonner une personne parce que celle ci souffre. Et je le rappelle pour la énième fois: un vécu traumatique, un passé difficile, permet éventuellement d’expliquer, mais jamais d’excuser une attitude de sombre sac à merde.

Et à celleux qui me reprochent d’être vulgaire, sachez simplement que je suis très en colère, et que franchement, je me retiens. Ne le prenez pas personnellement, vraiment.

Dire d’un homophobe notoire qu’il est probablement homosexuel, c’est super nocif, parce que ça permet d’ouvrir la porte au fait de se foutre de sa gueule parce que c’est rien d’autre qu’un pauvre homo qui assume pas. Ce n’est pas de l’humour subversif trop drôle ou quoi, c’est justement méchamment malsain. On ne se moque pas d’un homosexuel, avéré comme présumé. Parce qu’il n’y a rien d’insultant au fait d’avoir une sexualité différente de l’étouffante majorité. Il y a plein de raisons et de façons de se moquer d’un être humain parce que c’est un sale déchet, mais sa sexualité ou son genre n’en font pas partie.

Pas de « c’est de l’humour » qui tienne, parce que ce n’est pas drôle, ça ne fait rire personne, sauf peut-être les non-concerné.e.s, et auquel cas, c’est grave. Parce que ça revient à laisser les gens rire de nous, sans nous.
Des personnes valides qui se foutent de la gueule des handicapés, ça craint. Des personnes blanches qui se moquent des racisés, c’est du racisme, et ça craint tout autant.
Donc je ne vois pas pourquoi on laisse passer cette idée que des personnes agressives sont en réalité des opprimées. Non. En aucun cas.

Un point intéressant cependant, que j’emprunte après une demande de relecture à mon coloc, et qui m’inspire ce paragraphe.
Il m’a théorisé que lorsque l’on sort de la norme, les gens cherchent toujours à comprendre pourquoi, en y collant leurs propres arguments. Pour exemple, si un garçon fait du foot, ça ne pose souci à personne. Mais si ce même garçon décidé qu’il veut faire de la danse, immédiatement, ça pose problème. On cherche à comprendre pourquoi il tient absolument à mettre un justaucorps et faire des sauts de chats.
Et peut-être que c’est là le problème. Plutôt que de chercher à admettre que la société entière est homophobe, que l’oppression est systémique, on préfère pointer du doigt une extrême de cet état de fait, à savoir que les homophobes sont virulents; plutôt que de se poser la question un court instant de savoir si l’homophobie ne fait pas juste partie de la norme, et que donc, l’individu lambda l’est également en conséquence.

La « blague » serait donc de présenter l’homophobie comme un désordre mental alors que c’est simplement la suite logique d’un fonctionnement propre à la société elle-même. Mais comme toujours, que ce soit des bons comme des mauvais comportements, si on les « exagère » en sortant de cette constante, on passe alors la barrière de cette normalisation, et on s’attire les foudres du jugement.
J’en conclus donc que si l’homophobe refoule éventuellement sa propre sexualité, ce n’est pas parce qu’il aime spécialement se flageller, mais parce qu’il est lui-même victime d’un environnement qui lui est défavorable. En conséquence, il cherche à compenser en étant encore plus cruel que la société dans laquelle il évolue. Et du coup ce délire d’homophobe refoulé, ce n’est pas amusant, c’est juste tragique.

Arrêtons donc de propager cette idée puante, parce que ce n’est ni amusant, ni pertinent.

Get on the floor now

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Quand j’étais plus jeune, on se moquait de moi ouvertement parce que j’étais gros. Le problème c’est que je ne l’étais pas vraiment. A l’heure actuelle, oui, je suis effectivement en surpoids, mais pas à l’époque. Et pourtant, d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été bashé sur mon poids, par des gens de mon école, par des pseudos-amis, par ma famille.

Mais ce qui m’a toujours fait hurler, c’est que l’argument principal de ce harcèlement constant, c’était que « c’est pour [mon] bien ». Mais ma grande sœur, qui mangeait pourtant aussi mal que moi, échappait à la plupart de ces injonctions, parce qu’elle était (et est toujours d’ailleurs) assez mince.

Et c’est un constat que je fais depuis longtemps, et qui m’énerve de par son hypocrisie. On dit aux gens en surpoids qu’il faudrait qu’il perdent ledit poids, parce que la minceur signifie forcément la santé. Bah spoiler alerte: c’est des conneries. Les gens minces ne sont pas forcément en bonne santé, les gens gros ne bouffent pas forcément comme 4, et les gens maigres ne s’affament pas forcément.

Arrêtons de faire croire que la morphologie des gens est en lien direct avec leurs habitudes de vie. Présumer de l’alimentation d’une personne en se fiant à son apparence, c’est complètement crétin, et c’est surtout absurde, et basé sur des croyances populaires fausses.
Rappeler à quelqu’un qu’iel est en surpoids/sous-poids ce n’est pas l’aider. Parce que vous participez sans le savoir à un cercle constant de remarques désagréables, de la plus innocente à la plus violente.
Et à côté de ça, se planquer derrière l’excuse du « je m’inquiète pour ta santé », c’est incroyablement hypocrite. Parce que vous ne faites pas chier les gens qui sont d’un format « acceptable », et qui pourtant ne mangent pas forcément équilibré, ne boivent 2 litres d’eau quotidiennement ni ne font le moindre sport.

J’ai arrêté de compter le nombre de fois où je prends en pleine face du fat-shaming dans des contextes qui ne s’y prêtent absolument pas. J’autorise mon endocrinologue à me faire des remarques sur la question, mais pas ma psy ni mon dentiste. Tiens je vais utiliser un exemple vécu pour illustrer tout ça.
Il y a quelques années, j’ai rampé jusqu’aux urgences pour un effroyable mal de ventre. Il s’avérait à l’époque que ma vésicule était calcifiée jusqu’à la moelle, et ne traitait plus l’acidité. Et donc, quand l’interne m’a demandé mes antécédents, je les ai énoncés, et celle ci s’est permise de rajouter « obésité » à la liste. Et bah va bien jouer sur l’autoroute madame. Parce que l’obésité n’est pas un antécédent, c’est un état de poids, une condition de santé à la limite, mais pas un putain antécédent. Qui en plus n’a pas joué sur le fait que ma foutue vésicule ne fonctionnait plus.

Comprenez bien, que lorsque l’on a un physique « hors-norme », on s’en prend plein la tronche. Constamment et toujours de façon, disons, plus ou moins créative. Et que c’est lassant. Et que le rappel à l’ordre quotidien sur la question, n’aide pas la cause, nous fait éventuellement culpabiliser pour rien, et au pire nous fait développer des TCA (trouble du comportement alimentaire).

Attention, je n’écris pas tout ceci pour vous dire que j’ai une alimentation exemplaire ou quoi. Je dis simplement que, des fois, souvent même, vous n’avez pas l’historique de santé de la personne sous les yeux. Donc abstenez vous de faire des remarques désobligeantes.
Si vous vous inquiétez vraiment de la santé des gens, posez vous alors la question du pourquoi de la brutale perte/prise de poids de votre ami.e, peut-être que cette personne a eu des changements dans sa vie, ou peut-être qu’elle a fait une dépression.
Attardez vous sur les causes, et non pas les conséquences.

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Inspiré par une vidéo de Ty Turner, datée du 27.11.16

Florilège #1

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Comme le titre ne l’indique pas assez, voici pour vous une petite sélection des remarques lâchées innocemment que j’ai pu entendre ces derniers mois. Histoire que vous vous rendiez un peu compte de la violence quotidienne des gens à l’égard des personnes transgenres. Et quand je dis gens, c’est autant des individus random que des personnes que je connais et pensais plus éclairés que ça.

  • Ah mais t’es une fille en fait !
  • Mais… tu fais comment pour faire l’amour?
  • Tu ne seras jamais mon fils, parce que tu n’auras jamais de couilles.
  • Mais sinon, légalement parlant, quand est-ce qu’on pourra t’appeler par ton prénom?
  • Et c’est quoi ton vrai prénom du coup? (comprendre: nom de naissance)
  • Ah mais c’est pas le prénom que j’ai lu sur ta carte bleue !
  • Moi je ne veux pas te voir changer, pas de mon vivant, je suis contre, et je maintiens cette position.
  • Pourquoi tu ne restes pas juste lesbienne en fait?
  • Ah mais votre génération est décidément compliquée.
  • J’ai bien compris moi, tu cherches juste à être original(e).
  • Tu ne fais décidément rien comme tout le monde toi hein.
  • Et sinon… quand est-ce que tu vas faire… « l’opération »?
  • C’est pas trop cher de changer de sexe?
  • SALE PÉDÉ
  • T’as pas trop l’impression de passer à l’ennemi?
  • Et tu comptes avoir une bite à la fin du coup?
  • Tu vas mettre combien de temps à te transformer?
  • Moi j’ai mon oncle c’est un transsexuel aussi, il est devenu une femme.
  • T’as essayé de faire une thérapie?

Voilà. Chaque extrait est plus ou moins grave, et je n’ai pas la patience d’expliquer point par point en quoi c’est problématique.

Bonne nuit et bisou sur vos fronts.

Et pour se reconforter, un lapin mignon :

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I’m feeling untouchable

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Il est actuellement 5h du matin, et j’ai conséquemment tout plein de temps pour réfléchir à tout un tas de trucs. Notamment à l’actualité, même si ce n’est pas mon sujet de prédilection.
Mais bref, comme chacun doit déjà le savoir, à Orlando, aux Etats-Unis, un mec est entré dans une boite gay, le Pulse, a tué 50 personnes et en a blessé 53 autres. Ainsi, la communauté LGBT+ du monde entier est en deuil, moi y compris.

Mais certains éléments de cette affaire m’ont mis très en colère. Un détail en particulier. Celui qui essaie de nous faire croire que le tueur était « secrètement » homo, parce qu’il a été croisé sur une appli de rencontre gay ainsi qu’aperçu plusieurs fois dans le bar où la tuerie massive a eu lieu.
Et j’ai pu lire ici et là des gens qui croient fort à cette théorie, peut-être parce qu’elle invalide la partie homophobe de cet infâme événement. J’ai aussi pu constater que les politiques français ont fait des pirouettes et des arabesques dignes des Jeux Olympiques pour qu’à aucun moment il ne faille parler de personnes homosexuelles ou transgenres, les victimes du massacre donc. Sans même extrapoler sur la récupération indécente par des partis ou personnes politiques, et qui souhaitaient exprimer leur « immense chagrin » concernant la tuerie d’Orlando. Mais allez bien vous faire cuire le cul putain. La manif pour tous qui milite activement CONTRE les droits des personnes LGBT+, qui se permet de tweeter combien elle est avec les familles des victimes? Ça m’a foutu une nausée dingue.

Mais je m’éloigne encore de mon point du jour et j’essaie réellement de rester le plus calme possible, et croyez moi, ce n’est pas évident.

Ce dont je voulais parler aujourd’hui, c’était donc la fameuse « sexualité secrète » du tireur, ainsi dévoilée au grand jour. Moi je n’y crois pas un seul instant. Outre le fait que ça défie toutes les lois de la logique, mais surtout parce que ça détourne l’attention du véritable problème: c’est un acte clairement LGBTphobe. Pardonnez moi d’employer de suite les « grands mots »… Mais on passe bien trop de choses sous silence ces temps ci. Et enlever le caractère d’homophobie de l’affaire, c’est balayer sous le tapis que l’homophobie, c’est pas juste des insultes et des bousculades dans la rue. L’homophobie et la transphobie tuent des gens, pour de vrai. Et on bouillonne tellement dans un climat qui laisse la porte ouverte à cette haine gratuite et disproportionnée, que viendra un moment où ça va nous péter à la gueule. Et spoiler alerte: ça a déjà commencé.

Pour finir, et vraiment, je vais réussir à étayer mon propos sur la prétendue homosexualité refoulée du tireur, je voudrais mettre en lumière un détail crucial. La police américaine a déclaré que le gars était « organisé et lourdement armé ». Donc le fait qu’il ait été aperçu plusieurs fois dans le club et sur des applications de rencontre gay, pour moi ça crie repérage. Ça ne serait malheureusement pas la première fois qu’une personne avec l’intention de « casser du pédé » traîne sur ce genre d’applis. Parce que, comment trouver aussi facilement une future victime qu’en rodant sur son terrain habituel? Même si en se baladant dans les rues de façon aléatoire on va forcément croiser quelqu’un qui apparaît comme potentiellement homosexuel, les pêcher sur leurs sites de rencontre est clairement plus rapide et plus efficace, et le prétexte du rendez-vous les aura mis suffisamment en confiance pour leur casser la gueule avec plus d’aisance.

Donc non, le tireur d’Orlando, Omar Mateen de son identité complète, n’était pas secrètement gay, il n’était pas non plus un fou, un dégénéré, ou quelqu’un de malade. Il n’aura pas le privilège de la pathologie mentale ou psychique pour excuser son acte immonde.
C’était juste un gros sac à merde dangereusement homophobe.

Merci de votre attention.