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Ce matin, je me décide à élaborer plus en détails un sujet que j’ai déjà abordé auparavant : l’idée qu’on entend souvent qu’une personne transgenre est « né·e dans le mauvais corps ». Je tiens avant toute chose à préciser que, si j’ai déjà entendu des personnes trans dire d’elleux-même cette phrase, je ne suis pas d’accord, mais cet avis n’engage que moi. Ne prenez évidemment pas pour acquis tout ce que je raconte, le point de vue est purement subjectif.

Je ne suis pas d’accord, parce que je ne vais pas « changer » de corps. Depuis bientôt 1 an et demi, je ne fais qu’altérer par petites touches celui que j’ai déjà. Je rajoute des pièces, j’en fais bouger d’autres, certaines nécessiteront de la chirurgie pour dégager. Mais dans l’ensemble, la base est la même.

Oui. J’ai passé plus de 10 ans de ma vie à ne pas supporter le corps dans lequel je suis né. Mais c’est bien plus pour des raisons d’esthétisme et d’optimisation qu’une question d’identité.
Je suis largement plus triste de ne pas mesurer 1m90 que d’avoir des hanches larges.

Je n’ai pas non plus abandonné ma féminité derrière moi, je n’en ai jamais vraiment eu. J’irais même jusqu’à dire que j’ai appris à embrasser certains traits de caractères qu’on considère « féminins », parce que c’est des grosses conneries, les émotions n’ont pas plus de genre que les vêtements. Si je ne porte rien du rayon « femmes », c’est uniquement parce qu’il n’y a pas ma taille, ou parce que la coupe ne me va pas, en fait.

J’ajouterais même que, lorsque des gens malveillants apprennent ma condition de transgenre, on me demande parfois quel genre de fille j’étais. Et je vois dans leurs yeux qu’iels essaient d’imaginer. Sauf qu’il n’y a rien à imaginer. J’ai toujours porté le combo jean/tee-shirt à motif. Sauf que ouais, à une époque je portais des brassières de sport, et j’ai troqué ça contre des binders compressifs.
Je ne suis pas le genre de personne qui « gagne dans les deux genres ». Je n’étais pas considéré comme particulièrement attirante ni jolie, et mon mal-être se lisait distinctement sur mon visage et dans ma posture.
Donc s’il vient à l’idée d’une personne mal intentionnée de deviner à quoi je ressemblais, il suffit d’imaginer une fille malheureuse et mal à l’aise dans ses bottes.

Depuis, je ne suis qu’un jeune homme en devenir, qui essaye d’appréhender son corps et le monde qui l’entoure. Qui apprends petit à petit, à s’apprécier, à se mettre en valeur et prendre soin de lui d’une façon qui n’est plus malsaine. Un homme qui a des vagues notions de ce qu’on attends de lui dans un société comme la notre, mais qui s’en fout un peu en vrai, et qui fait sa vie comme il l’entend, et comme cela le met à l’aise.

Voilà, je chercherais bien une conclusion intelligente, mais je vais plutôt vous laisser réfléchir à ces dernières paroles. Je vous fait des bisous. A très vite !

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Cet après midi, alors que je devrais être en train de m’activer à boucler mon dossier destiné au tribunal, j’ai décidé que plutôt que de tout faire dans l’urgence, je m’en occuperais dans la soirée et irais le déposer demain, et en cette fin d’après-midi, j’écris un article à la place. Mais ceci n’est pas en lien avec le sujet du jour. C’est juste ma volonté de préciser que mon sens des priorités est particulier.

Je voulais donc revenir sur une vidéo qui as beaucoup tourné sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, celle d’un certain Max Bird, intitulée « l’homosexualité expliquée scientifiquement ». Alors je vous arrête immédiatement, je me suis refusé à l’idée de regarder ladite vidéo. Et ce pour une raison très très simple que je m’en vais vous expliquer en quelques lignes.

Parce que c’est non seulement un concept absurde, mais c’est aussi un peu dangereux.
Voilà, c’est tout pour moi, bisou et générique de fin.

___

Bon, d’accord, je m’étale un peu plus finalement.
Mais c’est bien parce que c’est vous et que je vous aime fort.

Alors, allons-y joyeusement. Pourquoi chercher à expliquer scientifiquement l’existence de l’homosexualité, au même titre que la transidentité, c’est complètement con?

Parce que ça revient à dire que l’hétérosexualité est forcément l’orientation sexuelle par défaut, ou que le fait d’être cisgenre c’est être nécessairement plus normal que d’être trans.
Or ce n’est pas une question de normalité, mais bien de majorité, d’un point de vue des chiffres tout du moins.

Si on considère que les personnes trans ne représentent qu’environ 1% de la population, et que donc c’est pas eux les normaux, on revient à dire que c’est le même problème pour les personnes rousses. Oh wait, on leur crache déjà à la gueule en fait.
Je vais changer d’exemple du coup.

Ça reviendrait à dire que la France, ou la Russie, ou les Etats-Unis, ça c’est des vrais pays. Mais que l’Australie c’est juste une minorité visible. Que si on ne choisis pas d’être Australien, on peut expliquer scientifiquement qu’est-ce qui nous pousse à devenir australien. La volonté de mourir plus vite à cause de la faune et la flore? Ou une préférence personnelle pour un accent à couper au couteau?
Je ne sais pas trop, mais on peut vous aider chers Australiens, il existe des groupes de thérapie, promis.

Voilà. C’est vraiment absurde. Et pourtant, c’est la rhétorique qu’on nous balance à la gueule avec ce genre de vidéos. Nous, personnes rassemblées sous l’acronyme LGBT+, ne sommes pas une erreur statistique à analyser. Nous ne sommes pas scientifiquement explicables, ni dissécables à grands coups de théories fumeuses pour justifier de notre existence en tant qu’individus.

Donc s’il vous plait, arrêtons de visibiliser ce genre de médias, que ce soit des vidéos ou des articles pseudo-éclairés, qui ont pour volonté de normaliser une violence scientifique à notre égard. Celle consistant à nous valider, de la même façon que des créatures rares et fascinantes.

Nous sommes peut-être moins nombreux que l’écrasante majorité cis-hétéro, mais nous n’en sommes pas moins une part intégrante de l’univers qui nous entoure.
Je ne suis pas une anomalie statistique.
J’existe. Et je compte bien en profiter.