Look what you started

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Le mignon avant la colère.

Il y a de ces tournures de phrases toutes faites qui m’énervent. Y’en a même un paquet. Que ce soit des expressions que je ne saisis pas, du type « une fois n’est pas coutume », ou « je dis ça, je dis rien ». Bah si tu dis rien, tu n’imposes pas ton discours quand même en fait.
Mais aujourd’hui je pense à une tournure en particulier. Celle d’employer le mot « schizophrénique » pour parler d’un élément, d’une personne, d’une idée, d’une situation, subissant ou exprimant une dualité dans son concept.
C’est une formulation que j’ai souvent croisée, que ce soit dans des articles de presse, en ligne comme papier, ou dans la bouche de mes profs pour parler d’un point de grammaire Et ça me fait doucement hurler.

Un extrait du Nouvel Obs à propos du récent scandale autour de l’autre sac à merde.

Ça me fait grincer des dents parce que c’est un abus de langage, et une subtile stigmatisation supplémentaire qui n’est vraiment pas nécessaire. Celui d’associer forcément la schizophrénie au trouble de la personnalité, ou en termes plus simples : que cette pathologie se traduirait forcément par une personnalité multiple, un dédoublement de caractère etc.
Le simple fait de l’écrire en toutes lettres me donne envie de foutre mes mains au feu.

Petit rappel des bases : la schizophrénie est une affection psychologique, qui PEUT se traduire par un trouble de la personnalité, mais ce n’est pas une généralité. Le trouble de personnalité peut affecter un individu, indépendamment d’une éventuelle autre affection psychologique. En gros on peut avoir l’un sans l’autre, et vice versa.

Il y a autant de types de schizophrénies qu’il y a de personnes atteintes de cette maladie.
Et même s’il y a plusieurs grandes classifications dans la maladie, des genres de « type » de schizophrénie, il n’y a que très rarement deux patients identiques, même si les deux personnes ont exactement le même traitement, au dosage près, leurs habitudes de vie et leurs attitudes quotidiennes sont souvent clairement distinctes.

Et outre les différents sous-genre de cette affection, il y a aussi une question de degrés, et de gestion personnelle du traitement. J’ai déjà écrit des billets à ce sujet, sur le fait qu’il faut arrêter de basher les personnes sous médicaments. Pour me paraphraser, dans ce genre de circonstances, les médocs ne sont pas une béquille, mais bien une chaise, permettant de s’asseoir et de souffler un peu plutôt que de ramper jusqu’au prochain point de sauvegarde.

J’ai suffisamment vu les dégâts que peuvent résulter d’une prise chaotique des comprimés, et ce n’est pas beau à voir. C’est aussi particulièrement irresponsable.
Cependant je ne blâme pas forcément la personne qui doit avaler les pilules, mais aussi son entourage, soignant, familial, amical, qui ne parvient pas nécessairement à déceler une carence médicamenteuse. Mais bref. Je m’éloigne beaucoup trop facilement. Je disais donc.

Il y a bien évidemment des patterns communs dans cette maladie si particulière, comme celui d’être vachement plus sujet aux addictions (alcool, tabac, drogue et compagnie…), et d’avoir une grosse tendance à la dépression.
Et pour ce qui est du cliché de la violence, des études rapportent que les malades sont plus souvent dangereux pour eux-même (auto-agressivité), que pour les autres (hétéro-agressivité). Il y a bien évidemment des cas de violences envers autrui, et généralement ça fait vite la une des journaux locaux, mais ce n’est clairement pas la majorité statistique. Une personne schizophrène est bien plus disposée à s’auto-mutiler ou tenter de mettre fin à ses jours, plutôt que de se préoccuper de celles des autres.

Ma recommandation est donc de ne pas croire tout ce que vous lisez, même si c’est dans une publication qui semble super sérieuse et tout ça, et je maintiens cet avis me concernant, remettez les choses en doute, je ne détiens pas la vérité absolue.

Mais avant que cet article ne se termine en thèse sur cette maladie ma foi aussi complexe que fascinante, je conclurais rapidement.
La schizophrénie ne devrait pas être, que ce soit dans l’esprit collectif comme dans le langage commun, un synonyme de dualité. Mettez y tous les adjectifs que vous voulez, concernant l’irrationalité, le paradoxe, l’illogique totale, peu importe. Mais pas une équivalence à une idée double quelconque. Ah et foutez la paix aux bipolaires aussi.

C’est tout pour moi aujourd’hui, le bisou.

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Only then can I begin to live again

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Ceux qui me connaissent un minimum m’ont déjà entendu dire que « l’exorcisme j’ai déjà donné, et en plus ça fait mal ». Et suite à une recherche internet moyennement aléatoire, j’ai enfin pu récupérer toutes les pièces pour décrypter le puzzle de cet épisode sombre de ma vie. Ce matin, on parle d’égorger des poulets et de faire sortir les esprits des corps possédés, ça va donner je l’sens…

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Il me semble que c’était durant l’année 2010. Je sortais juste de mon second séjour en hôpital psychiatrique. J’étais au plus bas de ma dépression, et mes parents étaient à la fois paniqués et en proie à un désarroi des plus total. Ils auraient pu faire n’importe quoi juste dans l’espoir que j’aille mieux, et ça tombe bien, ils en ont eu l’opportunité.

Ils étaient en effet, en contact avec un certain « Maitre Ilario », qu’on va appeler Michel, parce que de toute façon il n’utilisait pas sa véritable identité.
Michel donc, était à l’époque le patron d’un club libertin appelé La Villa Panthère, situé à Listrac, dans le Médoc. Il était aussi guérisseur-magnétiseur à ses heures perdues, mais le genre qui craint. Il prétendait pouvoir soigner tout et n’importe quoi, grâce à ses connaissances étendues et ses pouvoirs magiques quasi-divins. Mais sinon il en imposait quand même assez physiquement, plutôt grand, les cheveux noirs et longs, et un look au croisement entre le gothique et le fan de SM, ce qu’il était un peu je pense dans tous les cas.

Et donc un jour, ma maman m’a emmené voir Michel dans son « cabinet » pour que celui-ci me guérisse de tous mes maux. C’est pas super précis dans mon souvenir, mais je me rappelle néanmoins qu’il y avait des sabres japonais un peu partout dans la pièce, et qu’il me posait des questions d’un air très sérieux, et auxquelles je répondais mollement, parce que je n’avais pas envie d’être là.

Après ce rapide entretien, il m’a allongé sur un lit dans une chambre juste à côté, il a passé un sabre autour et au dessus de mon corps, tout en psalmodiant du charabia quelconque. Je me souviens que j’étais quand même pas mal terrifié, et relativement impressionné par le gars, du haut de mes 19 ans à peine. A un moment donné il a fait pression sur un point précis au niveau de ma cheville, et j’ai hurlé de douleur. J’avais la sensation qu’on m’enfonçait un clou chauffé à blanc dans la peau. Tandis que je pleurais et criait, il a passé sa main au dessus de mon visage, d’où s’est mis à couler du sang. Je ne le voyais pas, mais je sentais que du liquide coulait sur mon front, et je voyais ma mère qui pleurait, debout à coté du lit.

Il a alors expliqué que ce n’était pas moi qui était réellement possédé, mais un collier qui m’appartenait qui avait servi de transfert entre le machin démoniaque et mon corps. La joie donc.
Il s’est passé un laps de temps que je ne saurais déterminer, je soupçonne m’être évanoui d’épuisement suite à la douleur et la surcharge émotionnelle. Mais quand j’ai repris à peu près conscience de mon environnement, je me regardais dans un miroir et j’avais effectivement un voile de sang séché sur mon front qui avait coulé en biais sur la moitié de mon visage. Derrière moi, Michel discutait avec mes parents, en leur expliquant que je devrais me débarasser du fameux collier (une réplique d’un pendentif tiré d’un manga en plus), et également prendre des gélules magnétisées par ses soins jusqu’à amélioration de ma condition, et après nous sommes rentrés chez mes parents.

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Ça c’est donc mon souvenir des faits. Et je disais en haut de cet article avoir fini par découvrir toutes les pièces du puzzle, alors accrochez vous parce que ça devient encore plus absurde.

A mesure de mes recherches d’articles de journaux sur les internets, j’ai pu donc lire qu’il faisait jaillir du sang de poulet d’une de ses bagues, ce qui explique beaucoup de choses, qu’il touchait une commission du fournisseur des gélules à force d’en refourguer à tous ses « clients », et que celles ci n’étaient rien d’autre que des compléments alimentaires sans réelle incidence sur la santé.
J’ai cependant eu du bol d’être aussi jeune parce que Michel prescrivait parfois des séances de fanfreluches avec lui sous argument que « ses fluides avaient des vertus de soin ». Ouais, c’est carrément dégueulasse.
Pour ce qui est de la douleur dans ma cheville, je soupçonne une simple connaissance des points de pression, ou encore de vagues notions en acupuncture. Après tout, si Michel avait une passion pour l’Asie et le Japon, posséder des bouquins sur la question ne me choquerait pas plus que sa collection de sabres.

Enfin bref, je finis sur cette expérience relativement traumatisante, avec le fait que Michel a été condamné l’été dernier à 5 ans de prison, dont un avec sursis pour «abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la médecine ».

Et ça, c’est le karma. Enfin, si vous y croyez quoi.

This will end up on the news

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Je souhaitais revenir sur un truc que j’entends souvent. J’ai déjà probablement fait quelques articles sur la question, mais je souhaitais le réaborder.
Je voulais aujourd’hui vous parler de combien les médicaments régissaient ma vie, mais dans un sens positif, en fait.

Je ne compte plus le nombre de fois où, apprenant ma pathologie, les gens (que ce soit des amis ou des médecins) me répondent « ah tiens? Ça ne se voit absolument pas! Jamais je n’aurais deviné! ». Et ça me gave un peu à force en fait. Parce que bon, dans la vraie vie véritable, si on m’enlève mes médocs, en l’espace de 10 jours j’étripe les passants. Ou je fais une dépression, c’est presque pareil.

Même si ça m’emmerde de l’admettre, je sais que je ne mesure qu’à peine de ô combien je dépends de mon traitement, et d’à quel point il chapeaute ma vie. Je m’en rends compte assez rarement, sauf quand je vais au CMP voir ma psy. Et là, ça me percute. Toutes ces personnes bousillées par la vie et la maladie. Souvent beaucoup plus âgées que moi, elles n’ont pas eu la chance d’être diagnostiquées suffisamment tôt pour limiter les dégâts. Ou alors elles ne prennent pas bien leurs médicaments. Pas suffisamment, pas assez régulièrement, de façon inadaptée.
Parce que mine de rien, bien prendre son traitement nécessite une organisation folle. J’ai tout essayé, les post-it, les réveils, les piluliers… Rien ne fonctionnait jusqu’à ce que je tombe sur cette application dont j’ai déjà parlé précédemment (cherchez MediSafe). Mais avant ça, c’était une catastrophe, je prenais mes comprimés une fois tous les deux jours grand max, et je sentais bien que je galérais dans ma vie de tous les jours.

Certes il y a une part de volonté, de courage, d’envie de survivre, mais ça ne représente qu’une petite moitié du processus qui permet d’avancer jour après jour.
Comme on m’a dit récemment, le traitement médicamenteux n’est pas une béquille, mais bien une chaise. Et sans cette foutue chaise, on se ramasse la gueule et on avance non pas en boitant, mais bien en rampant.

Restez prudents, prenez vos médicaments.

I’m perfectly good at it

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Prends-moi pour une chaise.

Prends-moi pour une chaise.

Aujourd’hui, j’ai décidé de me plaindre. Mais pas gratuitement, je vais essayer de rendre ça constructif, mais je suis tellement en colère que j’ai besoin que ça sorte.

Je vous disais il y a peu que j’avais trouvé du travail. Mais là où ça se complique c’est que vu que j’ai la reconnaissance Travailleur Handicapé, je dois obligatoirement passer une visite médicale qui me déclare apte ou non à bosser. Et après avoir glandé pendant deux semaines à attendre mon rendez-vous à la Médecine du Travail, la doc qui m’a reçu m’a expliqué qu’elle ne souhaitais pas s’avancer à me déclarer apte sans avoir d’abord l’avis de ma psychiatre. J’ai beau tenter de lui expliquer que moi je sais pour quoi j’ai postulé et que j’en ai rien à foutre de son avis je suis en pleine conscience du boulot qui m’attend, elle me coupe la parole et m’infantilise au possible, argumentant qu’elle sait mieux que moi ce qui ME concerne. Première colère.

Et donc du coup, hier j’ai vu ma psychiatre pour en discuter avec elle. Et plus je lui expliquais, plus je sentais qu’elle tiquait, tout dans sa posture criait le refus en bloc. Pareil, je tente de lui extrapoler le fait que je m’en carre de bosser de nuit, que je dors déjà n’importe comment, et que ça changerait rien à mon rythme de vie. Mais vers la fin de notre entretien elle a marqué une pause puis m’a dit de manière un peu grave « N’oubliez pas que la décision finale ne revient qu’à moi ». Ça m’a pas trop plu. Je sentais que c’était foutu. Seconde colère.

Et là ce matin je reçois un mail de la boite qui est censé m’employer, mail qui explique qu’ils ont eu des nouvelles de la Médecine du Travail, et que visiblement un désaccord a été exprimé quant au fait que je travaille après minuit. Mais bande d’abrutis, c’est un travail DE NUIT. JE SUIS PAS CENDRILLON, PUTAIN. Bref, troisième colère.

Vers midi, je suis sortie de ma séance avec ma psychologue. Oui parce que vu que la psychiatrie c’est super mal vu, j’ai décidé d’inverser la tendance et d’en voir DEUX différentes. Yolo et tout ça. Bref. Et donc en sortant du cabinet de l’hôpital, je croise donc la première, ma psychiatre. Et ça m’a demandé une volonté phénoménale de pas lui sauter à la gorge pour l’étriper. Mais si je faisais ça c’était clairement mort pour bosser.

Vendredi qui arrive je passe à l’agence pour en discuter avec un des responsables de mon ex-future boite, mais à priori c’est foutu. Affaire à suivre, ou pas. Bazar.

Wishes carefully made in the dark

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Quand j’étais enfant, je fonctionnais de certaines façons, et bien souvent je faisais l’erreur de considérer que mes pairs fonctionnaient de la même façon. En grandissant je me suis rendue compte un nombre incalculable de fois combien cette supposition était erronée. La première erreur de débutant qui me vient à l’esprit, vient de ma façon de réfléchir, et par extension ma tendance à l’introspection.
J’ai toujours réfléchi en parlant dans ma tête. Parfois à une vitesse bien trop rapide pour être retranscrite avec des mots, parfois c’est tout un dialogue interne qui se fait à vitesse presque réelle. Mais ce n’est qu’en en discutant avec mes petits camarades de classe que je me suis aperçue que non, ce n’était pas quelque chose dans la norme. Et une raison de plus à leur offrir de me martyriser.

Le souci principal c’est qu’ils étaient pour la plupart d’énormes abrutis, donc la notion même de réfléchir ne les effleurait qu’à un niveau primaire. Enfin, je dis ça surtout histoire de me rassurer. Parce que je sais qu’ils ne pouvaient pas être tous aussi stupides.

Non, après avoir grandi de quelques années, j’ai relancé mon étude des autres êtres humains, fascinantes créatures s’il en est, et parfois si prévisibles que c’en est risible. Mais pas toujours, et ma curiosité n’en était que plus titillée encore. J’ai donc appris que quelques personnes réfléchissaient elles-aussi en se parlant dans leur tête. Mais là encore je constatais une différence nette: si elles énonçaient pour certaines, leurs idées, elles ne prenaient pas soin de se répondre, d’établir de réels dialogues avec elles-même.
Du coup j’en suis souvent venue à me demander, si j’étais toujours en avance de quelques crans vis à vis de ces personnes, dans mon évolution mentale j’entends, ou si j’avais réellement quelque chose d’hors-norme chez moi.

Ou peut-être que j’ai réellement un souci. Personne ne peut vraiment en juger si ce n’est moi.

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Mais comme je ne souhaitais pas finir mon article là dessus, je vais rajouter autre chose, de plus positif. Avoir passé des années à apprendre à observer les gens m’a fait me rendre compte de pas mal de choses, des habitudes comportementales que peuvent avoir certains, et pas d’autres. Tout n’étant au final qu’une affaire d’adaptation, je parviendrais éventuellement à me fondre dans la masse, tel un agent infiltré dans la « normalité ». Je finis par acquérir certaines attitudes en plus d’aptitudes, certaines postures avec lesquelles j’altère mon allure. Bref, une affaire teintée de mystère, pour le moment. Affaire à suivre donc.

Projet MediSafe.

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Aujourd’hui, après avoir laissé l’idée traîner dans un coin de mon bureau mental, qui est probablement aussi mal rangé que mon bureau tout court; je m’apprête à vous parler d’une appli qui m’a changé mon quotidien. Et si vous êtes dans un cas similaire, ou que vous avez un traitement même ponctuel, ça peut aussi vous aider.

Si je me permets de faire un article sur cette application, c’est principalement parce que le site de présentation est en anglais. Et aussi parce que quelque part, elle m’a potentiellement sauvée la vie, donc je lui dois au moins ça.

L’idée est partie d’un constat assez simple: au moins 50% de la population a un traitement médicamenteux régulier, et seulement la moitié les prends comme prescrit. Pour ma part mon problème ne venait pas de l’oubli de les prendre, mais d’avoir oublié si effectivement je les avais pris. Et il pouvait ainsi s’écouler plusieurs jours sans que je prenne mes médicaments.
Et là où MediSafe innove par rapport à un simple pilulier classique, c’est par sa multitudes de fonctionnalités.

Tout d’abord, on ne se contente pas d’entrer le nom du médicament. On peut choisir la forme et la couleur, ainsi que le dosage et la forme (pillule, inhalation, piqûre…), permettant ainsi une visualisation remarquablement intuitive. Chaque médicament est réglable en terme de fréquence et d’horaire individuellement des autres (si autres il y a). On peut même rajouter des instructions particulières, comme par exemple s’il faut le prendre pendant le repas ou au contraire à jeun. Il y a même une fonction « armoire » pour les médicaments qui ne sont pris que ponctuellement, si vous souhaitez en garder une trace. Egalement, on peut se programmer un rappel de renouvellement de la prescription.

Une autre fonctionnalité intéressante, c’est le médi-ami. Si le nom n’est pas forcément très chatoyant, l’utilité est en revanche présente. Lorsque vous oubliez de prendre votre traitement, un sms ou un appel ou un mail est envoyé à la personne que vous avez sélectionné dans votre liste de contacts, par exemple votre mère, votre frère, ou votre infirmière. Je ne sais pas exactement comment ça fonctionne puisque je ne l’ai jamais utilisé, dans la mesure où je considère que ma médication ne regarde que moi, et je n’ai pas suffisamment confiance en qui que ce soit pour lui laisser me dire ce que je dois faire. A noter cependant qu’on peut se servir de l’application pour plusieurs personnes sur un seul appareil (smartphone, tablette…) grâce au système d’utilisateur.

Pour finir sur les fonctions sympa, sachez que l’application possède un système de statistiques. Pour les médicaments d’abord, puisqu’on peut même exporter les données de prise (ou d’oubli) en fichier excel, avec une durée à choisir entre la journée, la semaine, le mois ou même l’année! Egalement, la fonction « mesure », pour le taux de glucose dans le sang, le pouls, le poids, la température et les calories.

La prise en main de l’application est rapide et intuitive. Tout est très visuel, et coloré, ce qui change du côté terne et chiant de la prise de médicaments. A chaque alarme que vous aurez programmé pour chaque traitement, vous pouvez choisir de valider la prise, la refuser, ou vous la rappeler plus tard (allant de 5 min à 2h, reprogrammable à volonté). Et gros avantage, sur le pilulier central (scindé en 4 parties, correspondant au matin, midi, soir et nuit), à coté de chaque médicament s’affiche un petit symbole vous indiquant l’état du médicament (pris, en attente, refusé). Du coup, si par exemple vous avez décidé de consommer vos comprimés en avance, il est possible de le savoir pour plus tard, évitant ainsi une double dose inutile (voire dangereuse).
L’alarme est évidemment personnalisable, mais pour ma part j’ai gardé le son « boite de pilules secouée », c’est certes un bruit assez insupportable à force, mais au moins c’est facilement reconnaissable.

Pour finir, sachez que Medisafe Project est une application évidemment gratuite, traduite en français, et disponible aussi bien sur Android que sur Iphone. Vous trouverez les infos et liens de téléchargement à cette adresse. (site en anglais par contre)

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Pour finir, quelques images mal découpées (par mes soins) de l’appli:

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Fromage blanc & Médicaments

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Ces temps ci, je vois fleurir sur les réseaux sociaux des articles vaguement conspirationnistes qui mettent à mal le système de santé français, et en particulier le domaine de la psychiatrie. Je tiens à rappeler avant de commencer mon article que je ne détiens pas forcément la sagesse suprême, et que je me base principalement sur ce que j’ai vu, vécu et constaté.

Dans ces articles on peut lire que les médicaments sont à l’heure actuelle distribués comme des smarties, que ça détruit le cerveau, que ça rend débile et qu’il n’y a aucune étude à long terme qui est menée pour connaitre les dangers des-dits médocs.

Alors, plusieurs erreurs parsèment ce petit paragraphe. La première est que ce genre de comprimés est distribué comme des bonbons au premier venu. Ce n’est pas entièrement vrai, mais ce n’est pas non plus complètement faux. Je m’explique: quand vous entrez dans le circuit de la psychiatrie, oui, on va vous coller des traitements quasiment d’office, et ils ne sont pas toujours inoffensifs. Pour la simple et bonne raison qu’un diagnostic met plusieurs mois voire plusieurs années à être posé, du coup au démarrage on vous file un truc un peu générique, qui convient à tout le monde, et conséquemment donc, à personne. Après ça dépend aussi de la gravité de votre état initial. Par exemple on va pas forcément vous mettre sous Tercian d’office comme ça a pu être mon cas, mais on va éventuellement vous filer un truc plus léger type Xanax ou Lexomil.

Ensuite, dire que ça détruit le cerveau est un peu fort quand même. Dans le cadre d’une pathologie avérée, votre cerveau se détruira tout seul en l’absence de traitements. Dans le cadre d’un événement ponctuel, on va pas vous filer un traitement à long terme, ou alors vous êtes tombés sur un incompétent, auquel cas changez de médecin.

Pour ce qui est de l’absence d’études, arrêtez moi si je me trompe, mais aucun médicament ne sort sur le marché sans avoir eu droit en amont à une foultitudes d’essais et de tests. Vous ne me croyez pas? Mais vous ne lisez donc jamais vos notices? Ces effets secondaires allant de fréquent à rares, il ne les sortent pas de nul part. On ne sait au contraire que trop bien les effets à long terme des médicaments, il suffit juste de poser la question, parce qu’on vous ne le dira pas forcément d’office. Si on ne vous prévient pas forcément d’entrée de jeu, c’est parce que la liste est souvent très longue, et dans le cadre d’une maladie à long et moyen terme, on souhaite éviter de vous décourager de prendre le comprimé qui vous est prescrit parce qu’il pourrait vous sauver la vie. En gros vous préférez parler aux plantes vertes toute votre vie ou éventuellement-peut-être développer un souci de santé ultérieur? Oui dit comme ça, c’est la peste ou le choléra, mais bon. Passons.

Je souhaitais aussi revenir sur le fait que, il ne faut pas oublier et pourtant on le fait souvent, tous ces traitements sont prévus pour des cerveaux qui déconnent dans la soupe, et que faire ingérer lesdits traitements par un patient sain fera forcément du dégât. Si le médicament est prévu pour agir sur une zone abîmée du cerveau, et que ladite zone est saine, bah ça va agir ailleurs, et bousiller le cérébral. Je schématise, mais l’idée est pourtant là, et c’est avec ce genre d’experiences qu’on etaye des torchons foireux.

Là où je vais en revanche un peu contredire mes propos, c’est que la plupart du temps, les médicaments ne font malheureusement que « déplacer » un problème. Certes, vous n’aurez peut-être plus d’hallucinations, mais en échange vous aurez une tension basse ou une connerie du genre. Ce genre de médocs agissant directement chimiquement sur votre cérébral, il y a toujours plus ou moins d’effets secondaires, plus ou moins chiants. Et ce n’est malheureusement pas avec une surenchère de comprimés que le problème sera réglé. Ou parfois si hein, mais ça dépend dudit problème. Là où je vais me permettre une petite note de théorie du complot, c’est que j’ai souvent pensé que les entreprises pharmaceutiques n’ont absolument aucun intérêt à nous guérir totalement, eux leur délire c’est de nous refourguer un maximum de pilules, qui nous apaiseront temporairement, mais ne font effet qu’à très court terme. C’est là qu’interviennent les médecins pour ne pas tomber dans le travers de nous prescrire toutes les nouvelles sorties médicamenteuses de la semaine. Mais là encore, à condition d’avoir un bon professionnel de la santé en face de soi.

Pour conclure, ne croyez pas tout ce que vous pouvez lire sur les internets, mais ça, vous le savez déjà.

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Voilà, un article potentiellement un peu brouillon, mais j’avais beaucoup de choses à dire pendant que mon corps décidait de pas suivre, du coup j’ai eu quelques difficultés à organiser tout ça. Bref, à plus tard mes petits poulets.

I will be a gun.

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Alors que je glandais sur Tumblr, à scroller indéfiniment ma timeline, je suis tombée sur un condensé d’articles liés aux affections psychologiques. Comment les déceler, vivre avec, les traiter, les anticiper, bref les classiques quoi. J’ai donc lu la section qui me concernait personnellement, et je suis tombée nez à nez avec un chiffre un peu effrayant.
Si je savais déjà qu’il y a une part importante d’hérédité dans le développement de ce genre de maladie, j’ignorais en revanche que lorsque l’un des deux parents est atteint, la chance de transmission à la descendance directe est de 10%. Dix putains de pour cent. Une chance sur dix quoi. Ça m’a confirmé mes plans selon lesquels, si je deviens parent, ils ne seront biologiquement pas de moi. Mais de ma compagne. Ou de l’adoption, j’ai pas encore réfléchi jusque là, et j’ai encore bien largement le temps.
Mais du coup forcément mon fromage blanc cérébral a commencé à créer des ramifications de pensées, sur tous ces trucs qui vont me suivre jusqu’au bout. Au hasard la médication. Puisque, et je touche du bois pour que la science progresse de ce côté là, à l’heure actuelle, si rien ne bouge brutalement, je peux dire bonjour à mon pilulier jusqu’à que j’en crève.
Je tiens d’ailleurs à préciser à mes proches que j’ai fait ÉNORMÉMENT de progrès côté régularité des prises de comprimés ces derniers temps. J’en suis actuellement à, en moyenne, un oubli par tranches de 10 jours, contre un oubli tous les 3 jours (parfois bien pire) il y a encore 4 mois de ça. Je vous ferais d’ailleurs un article sous peu à ce propos.

Mais donc ouais, à l’heure actuelle je suis par exemple en incapacité de conduire. Pour diverses raisons que je n’ai pas envie d’extrapoler. Et j’en discutais avec ma maman, qui m’a souligné le fait que, je ne pourrais probablement jamais avoir les mains derrière un volant, ou du moins pas avant longtemps.
Et pour le moment moi je m’en tape de pas conduire. J’habite en centre ville, je n’ai pas de travail, et à la limite si j’avais un vélo je me débrouillerais très bien sans voiture. Mais j’ai poussé la réflexion plus loin dans l’avenir, toujours dans cette optique d’avoir un jour éventuellement une famille. Même petite, mais ce sera ma famille à moi. Bah à ce moment là je n’aurais peut-être pas spécialement l’envie d’être un poids pour elle, à devoir être véhiculée uniquement côté passager.

Il y a aussi cette sensation qui me parasite constamment, que ce sera, comme aujourd’hui, un effort quotidien, ou quasi-quotidien, pour rester stable. Et que ma compagne de route devra subir mes états d’âme, mes sautes d’humeur, mon imprévisibilité constante. Qui peut me dire si j’aurais réellement une vie normale dans 5 ans, 10 ans, 20 ans? Qui peut également me dire si ma personne spéciale aura la patience, le cran, la force de rester à mes côtés jusqu’au bout?
Cela sans même parler des statistiques absolument délirantes, dérangeantes, effrayantes, qui démontrent que la très (trop) grande majorité des « malades » psychiatriques ont une espérance de vie plus courte que les personnes « mentalement saines », et ce à cause de au choix le taux de suicide plus élevé, les divers problèmes d’addiction, ou encore les effets secondaires à long terme de certains traitements.

Et il y a encore d’autres éléments, auxquels je n’ai peut-être pas encore réfléchi, mais ça viendra, et qui me créerons des angoisses « inutiles » dans le futur.

Se renseigner c’est comme lire les notices, ça fout juste la trouille en fait.

Humeur Changeante #3

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"Où ai-je rangé ces putains de comprimés?!"

« Où ai-je rangé ces putains de comprimés?! »

J’entends souvent cette phrase: « Non mais de toute façon la schizophrénie et la bipolarité c’est les maladies à la mode ces dernières années. » Sous entendu que les médecins déclarent de plus en plus de gens atteints de ces pathologies.
Je vais donc poser mon Plot Twist du jour.
Ça vous est pas venu à l’esprit que si le nombre de cas augmente de plus en plus, c’est tout simplement parce que la psychiatrie a fait des progrès et qu’on est plus à même de déceler ce genre de maladie? J’sais pas, moi ça me semble être une évidence. Il faut aussi rappeler que la psychologie est une science relativement récente par rapport aux autres sciences, et que donc elle ne cesse de progresser au fil du temps. De ce fait, si les chiffres augmentent, c’est juste parce qu’on est moins des manches pour trouver quel est le problème des gens.
Y’a encore 50 ans de ça on faisait un trou dans la tête des gens en espérant les guérir de leur hystérie, et on leur filait une chemise avec des manches nouées dans le dos histoire qu’ils s’ouvrent pas les veines. Bon à notre époque on les shoote de médicaments pour qu’ils soient dociles, de ce côté là le progrès est discutable, je vous l’accorde.
Justement ça me fait une superbe transition pour en parler, des médicaments. En tant que consommatrice de pilules pour les « fous », je tiens à nuancer les idées reçues. Tous les médocs ne sont pas mauvais, ne vous rendent pas défoncés h24, et n’ont pas une liste d’effets secondaires longue comme le bras. Alors certes, y’en a qui sont comme ça, mais c’est comme pour les consanguins: y’a plusieurs générations avant que ce soit parfait. Je bouffe des comprimés tous les jours depuis plusieurs années, et je suis parfaitement lucide, enfin, la plupart du temps, mais quand c’est pas le cas c’est pas dû à mon traitement. Et pour ce qui est d’être défoncé en permanence, bah moi j’suis tellement « shootée » que j’ai besoin de médicaments supplémentaires si je veux dormir.
Alors oui, j’ai vécu les gouttes magiques qui te font te baver dessus, à être tellement stone que tu captes pas ce qui se passe les 3/4 du temps. Du coup j’ai commencé a refuser de prendre mon traitement, alors conséquemment j’ai fait des grosses bêtises, et j’ai changé de traitement. Maintenant ça va mieux.

Pour conclure, je tiens à rappeler que contrairement à ce qu’on entend, un diagnostic ça se pose pas en 3 semaines, mais en plusieurs années. Faut pas confondre le diagnostic définitif, et le diagnostic préliminaire, qui comme son nom l’indique n’est qu’une théorie première du médecin, et pas la putain de réponse.

A l’avenir, si vous ne maîtrisez d’un sujet que ce que vous en avez lu sur internet, fermez vos gueules renseignez-vous plus en profondeur.

Sur ce, je vous laisse réfléchir à ces quelques réflexions de ma part, moi j’ai des photos d’amies nues à trier.

Lundi sanglant lundi.

Par défaut

Oui, le titre est honteusement pompé de la chanson de U2. Oui. On est lundi matin et j’ai -encore- pas dormi. Je vois pas le rapport. Tant que j’y pense cet article n’aura pas d’image d’illustration, je n’ai rien trouvé qui convenait à mon humeur aujourd’hui.

Et sinon le sujet du jour est à la fois une explication comme un questionnement.

Je suis quelqu’un qui anticipe toujours les pires scénarios, surtout quand ils n’ont pas lieu d’être. Que ce soit en matière de relation, ou tout simplement au quotidien, à chaque instant. Pour prendre un exemple concret, quand je suis allée me servir mon énième thé nocturne tout à l’heure, j’ai senti que je marchais un peu trop sur mon pantalon, et l’image est allée très vite dans ma tête: je trébuche, me prends les pieds dans mes jambes, me vautre au sol, et au choix:
1) m’éclate les dents par terre
2) passe à travers la vitre de la porte séparatrice inter-pièces
3) m’explose le menton sur le rebord du clic-clac encore ouvert
4) lâche la tasse dans la foulée et m’ouvre le haut du corps sur les débris tout en m’ébouillantant par la même occasion.

Je pourrais continuer longtemps à donner des exemples de tout ce que j’ai visualisé dans mes 8 secondes me séparant de l’évier au PC. Mais c’était juste pour illustrer. La question que je me pose, c’est si tout le monde fait ça, à savoir, s’imaginer tout ce qui pourrait arriver de pire, en sélectionnant l’issue la plus atroce, et la repassant en boucle dans sa tête jusqu’à que la situation prenne fin? Ou c’est juste moi?

Je vois par exemple quand je traverse un pont, ou le passage piéton, ou attends à l’arrêt de tram/bus/train. Je me vois toujours en boucle sauter dudit pont, ou sous les roues de la voiture/bus qui arrive, sous le tram, sous le train. Toujours. Constamment. Sans arrêt. Et quand je suis fatiguée ça devient une obsession. Ce n’est plus « tiens, et si jamais? », mais plutôt « tiens, et pourquoi pas? ». La différence est subtile, mais suffisante pour me faire flipper outre-mesure.

Du coup, je me demande.
Mais sinon ça va.