Tous pour un et un pour cent

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Encore aujourd’hui, je ne parle que rarement de ma maladie, quasiment jamais ouvertement, et encore moins ne la nomme. Parce que, encore aujourd’hui, j’ai peur de la réaction des gens.

Que ce soit la stigmatisation quasi omniprésente, les diverses « blagues » sur la question qui continuent de perpétuer la propagation de fausses informations à ce propos, ou même trop souvent le personnel soignant qui n’est pas éduqué à ce sujet.
Je n’ai aucune honte à en être atteint, mais la société, les médecins, certains personnes que je côtoie, tous essaient de m’en convaincre. De ce fait, je garde le silence.

Je n’ai pas l’audience suffisante pour juger utile de m’exprimer sur ma maladie, et j’ai probablement tort. Du coup, pour esquiver cela, je parle autour de la maladie, et donc de ses conséquences : la médication, les hospitalisations, la maltraitance humaine etc.
Vous ne me verrez jamais la nommer ici, sauf si mon audimat explose un jour. Mais j’estime qu’il n’est pas nécessaire d’écrire son nom pour que chacun·e comprenne, et même si vous ne devinez pas, ce n’est pas crucial. Ce qui me tient à cœur, c’est que vous en compreniez les conséquences, les points à améliorer, comment venir en aide aux autres personnes qui en sont atteintes, et pas seulement comment j’orthographie ma maladie.

Je suis presque un cas d’école, entre mon identité de genre, mes différentes pathologies et mon surpoids. Je suis ce mec qui décide d’acheter 48 melons mais qui en perds 9 en route, dans les problèmes de mathématiques : je suis une anomalie statistique, et pourtant, j’existe bel et bien.

Jadis, il m’est arrivé de me bercer de l’illusion que les personnes qui étaient alors au courant l’acceptaient parfaitement, mais il a fallu que j’ai des crises face à elleux. Et ce que j’ai lu dans leurs yeux n’était pas l’incompréhension ou la gêne, mais la terreur que ça recommence. Et ce fut incroyablement blessant, du coup je suis devenu méfiant.

Je ne sais plus exactement où je voulais en venir avec ce billet, mais j’avais néanmoins besoin d’écrire tout ça. De relater ce que c’est de vivre quotidiennement avec un « secret », voire même plusieurs en ce qui me concerne. Tout comme pour mon identité de genre, je garde pour moi un certain nombre de choses, et je n’en expose qu’une infime part, même en pleine confiance face à quelqu’un.

Chaque jour est une victoire sur la vie, d’être parvenu à me lever le matin, de ne pas avoir fait de rechute dans la journée malgré les différents symptômes, et de m’être endormi avec l’illusion que ma journée pouvait sembler commune, normalisée. C’est un effort de tous les instants, mais je ne tiens pas à ce que l’on m’en félicite, et je ne tiens pas non plus à être un exemple à suivre.
En revanche, je voudrais juste être pris en compte, dans mon intégralité, ce qui est paradoxal puisque je ne l’évoque jamais, cette entièreté justement.

Peut-être qu’un jour, j’aurais le courage d’affronter mes angoisses profondes et parfois traumatiques, et je vous exposerais en détails ce qui m’affecte. Mais pas aujourd’hui malheureusement, parce que je ne m’en sens pas encore la force.
Prenez soin de vous.

La fièvre dans le sang

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Le mignon avant la violence.

J’en parle très rarement, pour ne pas dire jamais, et allez savoir pourquoi j’en ressens le besoin aujourd’hui. Mais je voulais revenir ce matin sur la manière dont j’ai vécu ma toute première hospitalisation en milieu psychiatrique. C’était il y a 10 ans, et d’après mes sources, les conditions d’accueil n’ont pas tellement changé depuis.

J’avais 17 ans et demi, et j’ai fait une très grosse crise d’angoisse un soir, la veille d’une journée de travail. Le lendemain donc, il me semble que mes parents étaient avec moi, je me suis rendu au urgences psychiatriques de ma ville, où j’ai passé un genre d’entretien avec un médecin. Dans le compte rendu d’époque, ils insistent d’ailleurs assez lourdement sur mon « look gothique », et le fait que j’intellectualise et banalise le suicide.
Mais bref, suite à cet entretien ils décident de me garder pour un petit séjour au frais. Et c’est là que les ennuis commencent.

Etant alors mineur, je suis resté enfermé pendant 2-3 jours au service des Urgences Psy. Franchement je ne saurais pas dire la durée avec exactitude, puisqu’ils m’avaient confisqué ma montre (à gousset) ainsi que ma ceinture. Je n’avais pas non plus mon téléphone, donc je n’avais aucune notion du temps, à aucun moment. Je n’avais pas non plus le droit de fumer, même si heureusement je n’étais pas encore accro à l’époque. Cependant je n’avais pas le droit de sortir de cette petite chambre alors fermée à clé, et la fenêtre l’était aussi. Comme c’est les urgences, je vous laisse imaginer les hurlements, les coups dans les murs et les joyeusetés habituelles de ce genre de lieu. Bonne ambiance donc.

Un soir, on a fini par me transporter jusqu’au bâtiment où une chambre s’était libérée. Mais pas le service pour ados par manque de place, non, le service adultes. Et franchement, je n’étais pas préparé à ce que j’y ai vu et entendu.

Et en fait je vais arrêter là ma narration, parce que trop de choses me remontent à présent.
Mais ce que je souhaitais mettre en relief, c’est que je ne peux pas blâmer les gens qui diabolisent le milieu psychiatrique. Cela m’est impossible quand autant de souvenirs me remontent et vont dans le sens de leurs argumentaires.

Avant d’être interné pour la première fois, j’avais en tête ce fantasme populaire de la camisole de force et des chambres capitonnées. Mais j’ai découvert que la camisole moderne, elle est chimique. On se bave à moitié dessus, on a sommeil en permanence, et horriblement faim toute la journée. La chambre d’isolement n’a jamais été qu’une menace qu’on me lançait, mais les piqûres de force pour me calmer pendant que je hurlais et me débattais, c’était une réalité.
Moi je voulais juste dormir toute la journée, mais on me forçait à aller à la douche, et à rester éveillé. La seule chose à faire c’était de regarder la télé, bloquée sur la même chaîne pour tout le monde, probablement votée à l’avance. Et fumer des cigarettes. Parce que franchement, entre deux moments de lucidité, on s’emmerde sévèrement dans les HP.
Le contact avec les autres était également assez difficile, puisque j’étais fatalement le plus jeune, et cela suscitait autant de curiosité que de mise à l’écart. Les rares personnes avec qui j’échangeais étaient du personnel soignant, mais j’étais hyper méfiant de ma moindre parole.
Puis il y avait aussi les entretiens avec les psy qui étaient éprouvant parce que je voulais juste rentrer chez moi. Parfois c’était très orienté, parfois non, mais trop souvent sur-interprété. Je le sais, j’ai lu mes comptes-rendus.

Je prends souvent la défense du milieu psychiatrique, parce que sans lui, je serais probablement déjà mort, ou simplement inapte à la société si je n’avais pas été pris en charge si tôt.
Quand je me pointe au CMP (centre gratuit de soins dédié au psychologique), et que je croise certains patients, ça me fout un coup de réalité derrière la tête. Je me dis très égoïstement que je pourrais être comme ces gens, complètement parti dans ma tête, incapable de parler comme je vous écris aujourd’hui. Mais dans le même temps, ce n’était clairement pas gagné d’avance. Et il aura fallu que je fasse une seconde hospitalisation, dans le privé ce coup ci, pour être un minimum écouté, et que je change de psychiatre pour m’ouvrir réellement. Trouver le bon traitement aura pris des années, et poser un diagnostic définitif tout autant.

Je ne doute pas un seul instant qu’il y ait des bons soignants, parce que j’en ai croisé plein, mais leur travail est très exigeant, et les conditions pour bien faire celui ci ne sont pas idéales. De ce fait, je comprends parfaitement qu’on puisse avoir peur des psys ou des infirmièr·e·s.
Mais pour ce domaine comme pour le reste, y’a du bon comme du mauvais, et certains individus n’ont clairement pas la force de trier. Et ça me rend incroyablement triste. Parce que si mon parcours était au départ clairement une catastrophe pourtant très classique, par la suite y’a vraiment eu du mieux, et l’ensemble m’a foncièrement sauvé la vie.

Voila. Je ne sais pas tellement comment conclure, du coup je vous fais des bisous.

No place for beginners

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J’ai longtemps cru au mythe de l’artiste maudit. J’ai longtemps pensé que si je me prenais en main, en allant mieux, en prenant bien mes médicaments, mon art en pâtirait. Et j’avais tellement tort.

Déjà on va briser une légende : la médication n’empêche pas de ressentir les choses. Elle permet au contraire d’atténuer la douleur morale, mais en aucun cas ne supprime absolument toute émotion.
Enfin ça, c’est si elle est bien adaptée à la personne qui décide de la prendre. Parce qu’il y a également des médicaments qui suppriment toute capacité émotionnelle, voire intellectuelle. Mais ça c’est quand ce n’est pas adapté, ou mal dosé, et j’en sais quelque chose. Si vous êtes dans ce cas là, parlez en à votre médecin prescripteur si les effets ne vous conviennent pas. L’avantage de la médecine moderne, lorsque vous faites face à un·e professionnel·e de santé compétent·e, c’est que tout est plus ou moins négociable, les concessions sont possibles de chaque côté.
Moi par exemple, je suis censé prendre un traitement matin et soir, mais comme le matin c’est une notion pour les autres, avec accord de ma psychiatre, je prends une plus grosse dose une seule fois par jour, à heure fixe.

Mais pour en revenir au sujet de départ, avant que je ne digresse dans tous les sens, il y a cette croyance populaire persistante comme quoi un artiste ne crée que dans la douleur. Et c’est, selon moi, une énorme connerie, en plus d’être un état d’esprit dangereux.
La souffrance est certes une émotion très forte, et pour l’avoir ressentie plus d’une fois, je sais que celle ci est un biais créateur important. Cependant, d’autres émotions sont toutes aussi « pures », et sont autant de source d’inspiration.

Je ne crée pas mieux ou moins bien en ressentant une peine immense, je crée juste différemment que lorsque je me sens bien. Ma forme artistique est différente de l’art visuel, puisque la mienne passe par les mots. Cependant, je relis parfois des choses que j’ai pu rédiger dans des états mentaux assez catastrophiques, et l’ensemble suinte tellement le désespoir qu’il m’est difficile d’en extirper les idées principales.
Il y a même eu des périodes où je m’interdisais d’écrire sur ce blog, de peur que les gens ne réalisent à quel point j’avais mal. Et cela peut vous sembler étrange de lire cela, mais je suis quand même assez pudique quand il s’agit de mes propres douleurs. Certes, je me livre beaucoup dans mes lignes, mais je ne me libère pas d’absolument tout non plus.

Tout ça pour en arriver au fait que, en ce qui me concerne en tout cas, je suis bien plus productif quand je ne vais pas bien, pour la simple raison que j’essaie de m’en sortir via mon écriture. Je tente tant bien que mal de ne pas me noyer, et quelque part de laisser une trace de mon passage, au cas où j’aurais un geste malheureux.
J’espère sincèrement avoir le temps de peaufiner mon oeuvre, plutôt que de partir précipitamment en ne laissant que de simples extraits bruts.

Je ne sais pas exactement comment conclure, alors je vais revenir sur un point sur lequel j’insiste souvent : personne n’est éternel, que ce soit contextuel ou de son fait. Alors profitez des gens qui vous entourent, prenez aussi soin d’elleux. Prenez soin de vous. Un bon artiste est aussi un artiste qui va bien. Ça se conjugue aussi au féminin ou au neutre, puisque n’importe qui peut être artiste, et ce quelque soit la discipline, selon les sensibilités de chacun·e.
Bisou.

Look what you started

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Le mignon avant la colère.

Il y a de ces tournures de phrases toutes faites qui m’énervent. Y’en a même un paquet. Que ce soit des expressions que je ne saisis pas, du type « une fois n’est pas coutume », ou « je dis ça, je dis rien ». Bah si tu dis rien, tu n’imposes pas ton discours quand même en fait.
Mais aujourd’hui je pense à une tournure en particulier. Celle d’employer le mot « schizophrénique » pour parler d’un élément, d’une personne, d’une idée, d’une situation, subissant ou exprimant une dualité dans son concept.
C’est une formulation que j’ai souvent croisée, que ce soit dans des articles de presse, en ligne comme papier, ou dans la bouche de mes profs pour parler d’un point de grammaire. Et ça me fait doucement hurler.

Un extrait du Nouvel Obs à propos du récent scandale autour de l’autre sac à merde.

Ça me fait grincer des dents parce que c’est un abus de langage, et une subtile stigmatisation supplémentaire qui n’est vraiment pas nécessaire. Celui d’associer forcément la schizophrénie au trouble de la personnalité, ou en termes plus simples : que cette pathologie se traduirait forcément par une personnalité multiple, un dédoublement de caractère etc.
Le simple fait de l’écrire en toutes lettres me donne envie de foutre mes mains au feu.

Petit rappel des bases : la schizophrénie est une affection psychologique, qui PEUT se traduire par un trouble de la personnalité, mais ce n’est pas une généralité. Le trouble de personnalité peut affecter un individu, indépendamment d’une éventuelle autre affection psychologique. En gros on peut avoir l’un sans l’autre, et vice versa.

Il y a autant de types de schizophrénies qu’il y a de personnes atteintes de cette maladie.
Et même s’il y a plusieurs grandes classifications dans la maladie, des genres de « type » de schizophrénie, il n’y a que très rarement deux patients identiques, même si les deux personnes ont exactement le même traitement, au dosage près, leurs habitudes de vie et leurs attitudes quotidiennes sont souvent clairement distinctes.

Et outre les différents sous-genre de cette affection, il y a aussi une question de degrés, et de gestion personnelle du traitement. J’ai déjà écrit des billets à ce sujet, sur le fait qu’il faut arrêter de basher les personnes sous médicaments. Pour me paraphraser, dans ce genre de circonstances, les médocs ne sont pas une béquille, mais bien une chaise, permettant de s’asseoir et de souffler un peu plutôt que de ramper jusqu’au prochain point de sauvegarde.

J’ai suffisamment vu les dégâts que peuvent résulter d’une prise chaotique des comprimés, et ce n’est pas beau à voir. C’est aussi particulièrement irresponsable.
Cependant je ne blâme pas forcément la personne qui doit avaler les pilules, mais aussi son entourage, soignant, familial, amical, qui ne parvient pas nécessairement à déceler une carence médicamenteuse. Mais bref. Je m’éloigne beaucoup trop facilement. Je disais donc.

Il y a bien évidemment des patterns communs dans cette maladie si particulière, comme celui d’être vachement plus sujet aux addictions (alcool, tabac, drogue et compagnie…), et d’avoir une grosse tendance à la dépression.
Et pour ce qui est du cliché de la violence, des études rapportent que les malades sont plus souvent dangereux pour eux-même (auto-agressivité), que pour les autres (hétéro-agressivité). Il y a bien évidemment des cas de violences envers autrui, et généralement ça fait vite la une des journaux locaux, mais ce n’est clairement pas la majorité statistique. Une personne schizophrène est bien plus disposée à s’auto-mutiler ou tenter de mettre fin à ses jours, plutôt que de se préoccuper de celles des autres.

Ma recommandation est donc de ne pas croire tout ce que vous lisez, même si c’est dans une publication qui semble super sérieuse et tout ça, et je maintiens cet avis me concernant, remettez les choses en doute, je ne détiens pas la vérité absolue.

Mais avant que cet article ne se termine en thèse sur cette maladie ma foi aussi complexe que fascinante, je conclurais rapidement.
La schizophrénie ne devrait pas être, que ce soit dans l’esprit collectif comme dans le langage commun, un synonyme de dualité. Mettez y tous les adjectifs que vous voulez, concernant l’irrationalité, le paradoxe, l’illogique totale, peu importe. Mais pas une équivalence à une idée double quelconque. Ah et foutez la paix aux bipolaires aussi.

C’est tout pour moi aujourd’hui, le bisou.

Only then can I begin to live again

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Ceux qui me connaissent un minimum m’ont déjà entendu dire que « l’exorcisme j’ai déjà donné, et en plus ça fait mal ». Et suite à une recherche internet moyennement aléatoire, j’ai enfin pu récupérer toutes les pièces pour décrypter le puzzle de cet épisode sombre de ma vie. Ce matin, on parle d’égorger des poulets et de faire sortir les esprits des corps possédés, ça va donner je l’sens…

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Il me semble que c’était durant l’année 2010. Je sortais juste de mon second séjour en hôpital psychiatrique. J’étais au plus bas de ma dépression, et mes parents étaient à la fois paniqués et en proie à un désarroi des plus total. Ils auraient pu faire n’importe quoi juste dans l’espoir que j’aille mieux, et ça tombe bien, ils en ont eu l’opportunité.

Ils étaient en effet, en contact avec un certain « Maitre Ilario », qu’on va appeler Michel, parce que de toute façon il n’utilisait pas sa véritable identité.
Michel donc, était à l’époque le patron d’un club libertin appelé La Villa Panthère, situé à Listrac, dans le Médoc. Il était aussi guérisseur-magnétiseur à ses heures perdues, mais le genre qui craint. Il prétendait pouvoir soigner tout et n’importe quoi, grâce à ses connaissances étendues et ses pouvoirs magiques quasi-divins. Mais sinon il en imposait quand même assez physiquement, plutôt grand, les cheveux noirs et longs, et un look au croisement entre le gothique et le fan de SM, ce qu’il était un peu je pense dans tous les cas.

Et donc un jour, ma maman m’a emmené voir Michel dans son « cabinet » pour que celui-ci me guérisse de tous mes maux. C’est pas super précis dans mon souvenir, mais je me rappelle néanmoins qu’il y avait des sabres japonais un peu partout dans la pièce, et qu’il me posait des questions d’un air très sérieux, et auxquelles je répondais mollement, parce que je n’avais pas envie d’être là.

Après ce rapide entretien, il m’a allongé sur un lit dans une chambre juste à côté, il a passé un sabre autour et au dessus de mon corps, tout en psalmodiant du charabia quelconque. Je me souviens que j’étais quand même pas mal terrifié, et relativement impressionné par le gars, du haut de mes 19 ans à peine. A un moment donné il a fait pression sur un point précis au niveau de ma cheville, et j’ai hurlé de douleur. J’avais la sensation qu’on m’enfonçait un clou chauffé à blanc dans la peau. Tandis que je pleurais et criait, il a passé sa main au dessus de mon visage, d’où s’est mis à couler du sang. Je ne le voyais pas, mais je sentais que du liquide coulait sur mon front, et je voyais ma mère qui pleurait, debout à coté du lit.

Il a alors expliqué que ce n’était pas moi qui était réellement possédé, mais un collier qui m’appartenait qui avait servi de transfert entre le machin démoniaque et mon corps. La joie donc.
Il s’est passé un laps de temps que je ne saurais déterminer, je soupçonne m’être évanoui d’épuisement suite à la douleur et la surcharge émotionnelle. Mais quand j’ai repris à peu près conscience de mon environnement, je me regardais dans un miroir et j’avais effectivement un voile de sang séché sur mon front qui avait coulé en biais sur la moitié de mon visage. Derrière moi, Michel discutait avec mes parents, en leur expliquant que je devrais me débarasser du fameux collier (une réplique d’un pendentif tiré d’un manga en plus), et également prendre des gélules magnétisées par ses soins jusqu’à amélioration de ma condition, et après nous sommes rentrés chez mes parents.

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Ça c’est donc mon souvenir des faits. Et je disais en haut de cet article avoir fini par découvrir toutes les pièces du puzzle, alors accrochez vous parce que ça devient encore plus absurde.

A mesure de mes recherches d’articles de journaux sur les internets, j’ai pu donc lire qu’il faisait jaillir du sang de poulet d’une de ses bagues, ce qui explique beaucoup de choses, qu’il touchait une commission du fournisseur des gélules à force d’en refourguer à tous ses « clients », et que celles ci n’étaient rien d’autre que des compléments alimentaires sans réelle incidence sur la santé.
J’ai cependant eu du bol d’être aussi jeune parce que Michel prescrivait parfois des séances de fanfreluches avec lui sous argument que « ses fluides avaient des vertus de soin ». Ouais, c’est carrément dégueulasse.
Pour ce qui est de la douleur dans ma cheville, je soupçonne une simple connaissance des points de pression, ou encore de vagues notions en acupuncture. Après tout, si Michel avait une passion pour l’Asie et le Japon, posséder des bouquins sur la question ne me choquerait pas plus que sa collection de sabres.

Enfin bref, je finis sur cette expérience relativement traumatisante, avec le fait que Michel a été condamné l’été dernier à 5 ans de prison, dont un avec sursis pour «abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la médecine ».

Et ça, c’est le karma. Enfin, si vous y croyez quoi.

This will end up on the news

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Je souhaitais revenir sur un truc que j’entends souvent. J’ai déjà probablement fait quelques articles sur la question, mais je souhaitais le réaborder.
Je voulais aujourd’hui vous parler de combien les médicaments régissaient ma vie, mais dans un sens positif, en fait.

Je ne compte plus le nombre de fois où, apprenant ma pathologie, les gens (que ce soit des amis ou des médecins) me répondent « ah tiens? Ça ne se voit absolument pas! Jamais je n’aurais deviné! ». Et ça me gave un peu à force en fait. Parce que bon, dans la vraie vie véritable, si on m’enlève mes médocs, en l’espace de 10 jours j’étripe les passants. Ou je fais une dépression, c’est presque pareil.

Même si ça m’emmerde de l’admettre, je sais que je ne mesure qu’à peine de ô combien je dépends de mon traitement, et d’à quel point il chapeaute ma vie. Je m’en rends compte assez rarement, sauf quand je vais au CMP voir ma psy. Et là, ça me percute. Toutes ces personnes bousillées par la vie et la maladie. Souvent beaucoup plus âgées que moi, elles n’ont pas eu la chance d’être diagnostiquées suffisamment tôt pour limiter les dégâts. Ou alors elles ne prennent pas bien leurs médicaments. Pas suffisamment, pas assez régulièrement, de façon inadaptée.
Parce que mine de rien, bien prendre son traitement nécessite une organisation folle. J’ai tout essayé, les post-it, les réveils, les piluliers… Rien ne fonctionnait jusqu’à ce que je tombe sur cette application dont j’ai déjà parlé précédemment (cherchez MediSafe). Mais avant ça, c’était une catastrophe, je prenais mes comprimés une fois tous les deux jours grand max, et je sentais bien que je galérais dans ma vie de tous les jours.

Certes il y a une part de volonté, de courage, d’envie de survivre, mais ça ne représente qu’une petite moitié du processus qui permet d’avancer jour après jour.
Comme on m’a dit récemment, le traitement médicamenteux n’est pas une béquille, mais bien une chaise. Et sans cette foutue chaise, on se ramasse la gueule et on avance non pas en boitant, mais bien en rampant.

Restez prudents, prenez vos médicaments.

I’m perfectly good at it

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Prends-moi pour une chaise.

Prends-moi pour une chaise.

Aujourd’hui, j’ai décidé de me plaindre. Mais pas gratuitement, je vais essayer de rendre ça constructif, mais je suis tellement en colère que j’ai besoin que ça sorte.

Je vous disais il y a peu que j’avais trouvé du travail. Mais là où ça se complique c’est que vu que j’ai la reconnaissance Travailleur Handicapé, je dois obligatoirement passer une visite médicale qui me déclare apte ou non à bosser. Et après avoir glandé pendant deux semaines à attendre mon rendez-vous à la Médecine du Travail, la doc qui m’a reçu m’a expliqué qu’elle ne souhaitais pas s’avancer à me déclarer apte sans avoir d’abord l’avis de ma psychiatre. J’ai beau tenter de lui expliquer que moi je sais pour quoi j’ai postulé et que j’en ai rien à foutre de son avis je suis en pleine conscience du boulot qui m’attend, elle me coupe la parole et m’infantilise au possible, argumentant qu’elle sait mieux que moi ce qui ME concerne. Première colère.

Et donc du coup, hier j’ai vu ma psychiatre pour en discuter avec elle. Et plus je lui expliquais, plus je sentais qu’elle tiquait, tout dans sa posture criait le refus en bloc. Pareil, je tente de lui extrapoler le fait que je m’en carre de bosser de nuit, que je dors déjà n’importe comment, et que ça changerait rien à mon rythme de vie. Mais vers la fin de notre entretien elle a marqué une pause puis m’a dit de manière un peu grave « N’oubliez pas que la décision finale ne revient qu’à moi ». Ça m’a pas trop plu. Je sentais que c’était foutu. Seconde colère.

Et là ce matin je reçois un mail de la boite qui est censé m’employer, mail qui explique qu’ils ont eu des nouvelles de la Médecine du Travail, et que visiblement un désaccord a été exprimé quant au fait que je travaille après minuit. Mais bande d’abrutis, c’est un travail DE NUIT. JE SUIS PAS CENDRILLON, PUTAIN. Bref, troisième colère.

Vers midi, je suis sortie de ma séance avec ma psychologue. Oui parce que vu que la psychiatrie c’est super mal vu, j’ai décidé d’inverser la tendance et d’en voir DEUX différentes. Yolo et tout ça. Bref. Et donc en sortant du cabinet de l’hôpital, je croise donc la première, ma psychiatre. Et ça m’a demandé une volonté phénoménale de pas lui sauter à la gorge pour l’étriper. Mais si je faisais ça c’était clairement mort pour bosser.

Vendredi qui arrive je passe à l’agence pour en discuter avec un des responsables de mon ex-future boite, mais à priori c’est foutu. Affaire à suivre, ou pas. Bazar.

Wishes carefully made in the dark

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Quand j’étais enfant, je fonctionnais de certaines façons, et bien souvent je faisais l’erreur de considérer que mes pairs fonctionnaient de la même façon. En grandissant je me suis rendue compte un nombre incalculable de fois combien cette supposition était erronée. La première erreur de débutant qui me vient à l’esprit, vient de ma façon de réfléchir, et par extension ma tendance à l’introspection.
J’ai toujours réfléchi en parlant dans ma tête. Parfois à une vitesse bien trop rapide pour être retranscrite avec des mots, parfois c’est tout un dialogue interne qui se fait à vitesse presque réelle. Mais ce n’est qu’en en discutant avec mes petits camarades de classe que je me suis aperçue que non, ce n’était pas quelque chose dans la norme. Et une raison de plus à leur offrir de me martyriser.

Le souci principal c’est qu’ils étaient pour la plupart d’énormes abrutis, donc la notion même de réfléchir ne les effleurait qu’à un niveau primaire. Enfin, je dis ça surtout histoire de me rassurer. Parce que je sais qu’ils ne pouvaient pas être tous aussi stupides.

Non, après avoir grandi de quelques années, j’ai relancé mon étude des autres êtres humains, fascinantes créatures s’il en est, et parfois si prévisibles que c’en est risible. Mais pas toujours, et ma curiosité n’en était que plus titillée encore. J’ai donc appris que quelques personnes réfléchissaient elles-aussi en se parlant dans leur tête. Mais là encore je constatais une différence nette: si elles énonçaient pour certaines, leurs idées, elles ne prenaient pas soin de se répondre, d’établir de réels dialogues avec elles-même.
Du coup j’en suis souvent venue à me demander, si j’étais toujours en avance de quelques crans vis à vis de ces personnes, dans mon évolution mentale j’entends, ou si j’avais réellement quelque chose d’hors-norme chez moi.

Ou peut-être que j’ai réellement un souci. Personne ne peut vraiment en juger si ce n’est moi.

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Mais comme je ne souhaitais pas finir mon article là dessus, je vais rajouter autre chose, de plus positif. Avoir passé des années à apprendre à observer les gens m’a fait me rendre compte de pas mal de choses, des habitudes comportementales que peuvent avoir certains, et pas d’autres. Tout n’étant au final qu’une affaire d’adaptation, je parviendrais éventuellement à me fondre dans la masse, tel un agent infiltré dans la « normalité ». Je finis par acquérir certaines attitudes en plus d’aptitudes, certaines postures avec lesquelles j’altère mon allure. Bref, une affaire teintée de mystère, pour le moment. Affaire à suivre donc.

Projet MediSafe.

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Aujourd’hui, après avoir laissé l’idée traîner dans un coin de mon bureau mental, qui est probablement aussi mal rangé que mon bureau tout court; je m’apprête à vous parler d’une appli qui m’a changé mon quotidien. Et si vous êtes dans un cas similaire, ou que vous avez un traitement même ponctuel, ça peut aussi vous aider.

Si je me permets de faire un article sur cette application, c’est principalement parce que le site de présentation est en anglais. Et aussi parce que quelque part, elle m’a potentiellement sauvée la vie, donc je lui dois au moins ça.

L’idée est partie d’un constat assez simple: au moins 50% de la population a un traitement médicamenteux régulier, et seulement la moitié les prends comme prescrit. Pour ma part mon problème ne venait pas de l’oubli de les prendre, mais d’avoir oublié si effectivement je les avais pris. Et il pouvait ainsi s’écouler plusieurs jours sans que je prenne mes médicaments.
Et là où MediSafe innove par rapport à un simple pilulier classique, c’est par sa multitudes de fonctionnalités.

Tout d’abord, on ne se contente pas d’entrer le nom du médicament. On peut choisir la forme et la couleur, ainsi que le dosage et la forme (pillule, inhalation, piqûre…), permettant ainsi une visualisation remarquablement intuitive. Chaque médicament est réglable en terme de fréquence et d’horaire individuellement des autres (si autres il y a). On peut même rajouter des instructions particulières, comme par exemple s’il faut le prendre pendant le repas ou au contraire à jeun. Il y a même une fonction « armoire » pour les médicaments qui ne sont pris que ponctuellement, si vous souhaitez en garder une trace. Egalement, on peut se programmer un rappel de renouvellement de la prescription.

Une autre fonctionnalité intéressante, c’est le médi-ami. Si le nom n’est pas forcément très chatoyant, l’utilité est en revanche présente. Lorsque vous oubliez de prendre votre traitement, un sms ou un appel ou un mail est envoyé à la personne que vous avez sélectionné dans votre liste de contacts, par exemple votre mère, votre frère, ou votre infirmière. Je ne sais pas exactement comment ça fonctionne puisque je ne l’ai jamais utilisé, dans la mesure où je considère que ma médication ne regarde que moi, et je n’ai pas suffisamment confiance en qui que ce soit pour lui laisser me dire ce que je dois faire. A noter cependant qu’on peut se servir de l’application pour plusieurs personnes sur un seul appareil (smartphone, tablette…) grâce au système d’utilisateur.

Pour finir sur les fonctions sympa, sachez que l’application possède un système de statistiques. Pour les médicaments d’abord, puisqu’on peut même exporter les données de prise (ou d’oubli) en fichier excel, avec une durée à choisir entre la journée, la semaine, le mois ou même l’année! Egalement, la fonction « mesure », pour le taux de glucose dans le sang, le pouls, le poids, la température et les calories.

La prise en main de l’application est rapide et intuitive. Tout est très visuel, et coloré, ce qui change du côté terne et chiant de la prise de médicaments. A chaque alarme que vous aurez programmé pour chaque traitement, vous pouvez choisir de valider la prise, la refuser, ou vous la rappeler plus tard (allant de 5 min à 2h, reprogrammable à volonté). Et gros avantage, sur le pilulier central (scindé en 4 parties, correspondant au matin, midi, soir et nuit), à coté de chaque médicament s’affiche un petit symbole vous indiquant l’état du médicament (pris, en attente, refusé). Du coup, si par exemple vous avez décidé de consommer vos comprimés en avance, il est possible de le savoir pour plus tard, évitant ainsi une double dose inutile (voire dangereuse).
L’alarme est évidemment personnalisable, mais pour ma part j’ai gardé le son « boite de pilules secouée », c’est certes un bruit assez insupportable à force, mais au moins c’est facilement reconnaissable.

Pour finir, sachez que Medisafe Project est une application évidemment gratuite, traduite en français, et disponible aussi bien sur Android que sur Iphone. Vous trouverez les infos et liens de téléchargement à cette adresse. (site en anglais par contre)

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Pour finir, quelques images mal découpées (par mes soins) de l’appli:

medis05

Fromage blanc & Médicaments

Par défaut

spoon_pills

Ces temps ci, je vois fleurir sur les réseaux sociaux des articles vaguement conspirationnistes qui mettent à mal le système de santé français, et en particulier le domaine de la psychiatrie. Je tiens à rappeler avant de commencer mon article que je ne détiens pas forcément la sagesse suprême, et que je me base principalement sur ce que j’ai vu, vécu et constaté.

Dans ces articles on peut lire que les médicaments sont à l’heure actuelle distribués comme des smarties, que ça détruit le cerveau, que ça rend débile et qu’il n’y a aucune étude à long terme qui est menée pour connaitre les dangers des-dits médocs.

Alors, plusieurs erreurs parsèment ce petit paragraphe. La première est que ce genre de comprimés est distribué comme des bonbons au premier venu. Ce n’est pas entièrement vrai, mais ce n’est pas non plus complètement faux. Je m’explique: quand vous entrez dans le circuit de la psychiatrie, oui, on va vous coller des traitements quasiment d’office, et ils ne sont pas toujours inoffensifs. Pour la simple et bonne raison qu’un diagnostic met plusieurs mois voire plusieurs années à être posé, du coup au démarrage on vous file un truc un peu générique, qui convient à tout le monde, et conséquemment donc, à personne. Après ça dépend aussi de la gravité de votre état initial. Par exemple on va pas forcément vous mettre sous Tercian d’office comme ça a pu être mon cas, mais on va éventuellement vous filer un truc plus léger type Xanax ou Lexomil.

Ensuite, dire que ça détruit le cerveau est un peu fort quand même. Dans le cadre d’une pathologie avérée, votre cerveau se détruira tout seul en l’absence de traitements. Dans le cadre d’un événement ponctuel, on va pas vous filer un traitement à long terme, ou alors vous êtes tombés sur un incompétent, auquel cas changez de médecin.

Pour ce qui est de l’absence d’études, arrêtez moi si je me trompe, mais aucun médicament ne sort sur le marché sans avoir eu droit en amont à une foultitudes d’essais et de tests. Vous ne me croyez pas? Mais vous ne lisez donc jamais vos notices? Ces effets secondaires allant de fréquent à rares, il ne les sortent pas de nul part. On ne sait au contraire que trop bien les effets à long terme des médicaments, il suffit juste de poser la question, parce qu’on vous ne le dira pas forcément d’office. Si on ne vous prévient pas forcément d’entrée de jeu, c’est parce que la liste est souvent très longue, et dans le cadre d’une maladie à long et moyen terme, on souhaite éviter de vous décourager de prendre le comprimé qui vous est prescrit parce qu’il pourrait vous sauver la vie. En gros vous préférez parler aux plantes vertes toute votre vie ou éventuellement-peut-être développer un souci de santé ultérieur? Oui dit comme ça, c’est la peste ou le choléra, mais bon. Passons.

Je souhaitais aussi revenir sur le fait que, il ne faut pas oublier et pourtant on le fait souvent, tous ces traitements sont prévus pour des cerveaux qui déconnent dans la soupe, et que faire ingérer lesdits traitements par un patient sain fera forcément du dégât. Si le médicament est prévu pour agir sur une zone abîmée du cerveau, et que ladite zone est saine, bah ça va agir ailleurs, et bousiller le cérébral. Je schématise, mais l’idée est pourtant là, et c’est avec ce genre d’experiences qu’on etaye des torchons foireux.

Là où je vais en revanche un peu contredire mes propos, c’est que la plupart du temps, les médicaments ne font malheureusement que « déplacer » un problème. Certes, vous n’aurez peut-être plus d’hallucinations, mais en échange vous aurez une tension basse ou une connerie du genre. Ce genre de médocs agissant directement chimiquement sur votre cérébral, il y a toujours plus ou moins d’effets secondaires, plus ou moins chiants. Et ce n’est malheureusement pas avec une surenchère de comprimés que le problème sera réglé. Ou parfois si hein, mais ça dépend dudit problème. Là où je vais me permettre une petite note de théorie du complot, c’est que j’ai souvent pensé que les entreprises pharmaceutiques n’ont absolument aucun intérêt à nous guérir totalement, eux leur délire c’est de nous refourguer un maximum de pilules, qui nous apaiseront temporairement, mais ne font effet qu’à très court terme. C’est là qu’interviennent les médecins pour ne pas tomber dans le travers de nous prescrire toutes les nouvelles sorties médicamenteuses de la semaine. Mais là encore, à condition d’avoir un bon professionnel de la santé en face de soi.

Pour conclure, ne croyez pas tout ce que vous pouvez lire sur les internets, mais ça, vous le savez déjà.

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Voilà, un article potentiellement un peu brouillon, mais j’avais beaucoup de choses à dire pendant que mon corps décidait de pas suivre, du coup j’ai eu quelques difficultés à organiser tout ça. Bref, à plus tard mes petits poulets.