Seven Sisters

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Il y a quelques jours, j’ai eu l’occasion d’aller voir Seven Sisters, ou « What Happened to Monday? » en version originale. Personnellement je ne comprends pas l’intérêt de traduire un titre anglais pour un autre titre en anglais, mais passons.
En voyant la bande annonce, je me suis demandé si c’etait un genre de Orphan Black dans un monde dystopique, mais il n’en est rien.

Synopsis
Dans un futur pas si éloigné, suite à la résolution de la crise alimentaire grâce aux OGM, des mutations se sont manifestés chez les humains, donnant résultat à une augmentation des naissances multiples (jumeaux, triplés etc.), plongeant le monde dans une crise de surpopulation catastrophique. Pour régler cela, les autorités européennes ont mis en place une politique de l’enfant unique, sur une idée du Dr Nicolette Cayman (Glenn Close). Manque de bol, la fille de Terrance Settman (Willem Dafoe) met au monde sept enfants d’un coup, et celui ci décide qu’elles porteront chacune un jour de la semaine en guise de prénom, et seront autorisés à sortir de l’appartement en fonction de leur jour assigné. Chaque enfant, incarnera donc l’identité de Karen Settman (Noomi Rapace), jusqu’à l’âge adulte. Mais un beau jour, Monday disparaît, et ses sœurs vont tenter de découvrir ce qui lui est arrivé.

Une performance?
J’aime bien Noomi Rapace, je l’avais notamment adoré dans Passion de Brian de Palma, et si je n’ai pas eu les tripes de voir Millenium, je voulais la voir s’attaquer à ce challenge qui est d’incarner plusieurs personnes à l’écran, en distinguant bien chacune. Est-ce une réussite au final? Alors, oui et non.
A la fois oui, parce que toutes ont passé 30 ans de leur vie à être Karen, du coup, peu importe quelle Jour l’incarne, Karen reste Karen. Mais en même temps non parce que les scènes où elles sont ensembles, j’ai eu beaucoup de mal à les discerner les unes des autres, malgré leurs différentes coupes de cheveux, quand chacune parle en même temps qu’une autre, c’était rapidement complexe de savoir qui disait quoi.

En revanche, une fois prises individuellement, chacune des jeunes femmes est cohérente avec elle-même, et on a presque le temps d’avoir sa préférée.

L’avis général
J’avais vu les affiches dans le métro parisien, où il était dit « vous ne devinerez jamais la fin! ». Non seulement c’est hyper présomptueux, mais en plus c’est pas complètement vrai. Si j’avais le tableau final une demi-heure avant, il y a juste deux trois détails qu’effectivement, je ne pouvais pas deviner. Des détails qui peuvent expliquer, éventuellement, certains comportements des sœurs, mais pas entièrement non plus.
Un truc m’a cependant fait tiquer, comme si le film jouait avec nos cerveaux. Certaines ficelles sont assez rapidement faciles à deviner, et j’avais l’impression que le film me tapotait gentiment sur le crâne en me disant, c’est bien, tu l’as vu arriver, mais ÇA LÀ, tu l’avais pas vu hein? HEIN?
Du coup je ne sais pas trop s’il y a un manque d’équilibre dans les twists ou si c’est fait exprès pour nous faire nous auto-congratuler dans nos découvertes pour mieux être bernés derrière.

Le petit plus?
J’ai noté un gros effort d’ambiance sonore au niveau des moments de foule. Quand on est dans l’appartement, c’est cosy et agréable, le calme est présent. Mais dès qu’il s’agit de mettre le nez dehors, surtout au début du film, l’ambiance est assourdissante. Le côté angoissant de la foule est hyper bien retranscrit, avec tous les bruits environnants, toutes les bribes de voix que l’on entend toutes en même temps sans vraiment pouvoir distinguer quoi que ce soit. En dehors de ça, les scènes d’action ont de la musique adéquate, ainsi que les moments dramatiques ou d’émotions quelles qu’elles soient. Je n’ai pas vraiment noté de thème récurrent spécifique, mais il n’est pas impossible qu’il y en ait eu un, il était juste discret.

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Le mot de la fin
Le premier mot qui m’a échappé quand le générique se déroulait, c’est que ce film est INTENSE. A tous les sens du terme d’ailleurs. Il est intense aussi bien dans son rythme que dans son déroulement, que ce soient les scènes d’actions ou les scènes de flashback, tout s’enchaîne assez vite et on a à peine le temps de respirer, voire de se remettre de ce qui vient de se passer. Ce n’est pas mauvais en soi, mais ça fait beaucoup à encaisser en à peine 2h que font le film.
Mais sinon, je crois que j’ai oublié de le spécifier, mais j’ai beaucoup beaucoup aimé. C’est joli, on en prend plein la gueule en terme d’émotions et de twists, y’a des scènes vraiment marquantes, et de jolies trouvailles.
Voilà.

Je lui mets un joli Noomi Rapace sur dix. Parce que bon, faut pas déconner quoi.
Mais très sérieusement, c’était chouette. Même si je suis bon public, donc ne vous fiez pas qu’à mon avis.

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Discover something brand new

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Cet après midi, alors que je devrais être en train de m’activer à boucler mon dossier destiné au tribunal, j’ai décidé que plutôt que de tout faire dans l’urgence, je m’en occuperais dans la soirée et irais le déposer demain, et en cette fin d’après-midi, j’écris un article à la place. Mais ceci n’est pas en lien avec le sujet du jour. C’est juste ma volonté de préciser que mon sens des priorités est particulier.

Je voulais donc revenir sur une vidéo qui as beaucoup tourné sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, celle d’un certain Max Bird, intitulée « l’homosexualité expliquée scientifiquement ». Alors je vous arrête immédiatement, je me suis refusé à l’idée de regarder ladite vidéo. Et ce pour une raison très très simple que je m’en vais vous expliquer en quelques lignes.

Parce que c’est non seulement un concept absurde, mais c’est aussi un peu dangereux.
Voilà, c’est tout pour moi, bisou et générique de fin.

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Bon, d’accord, je m’étale un peu plus finalement.
Mais c’est bien parce que c’est vous et que je vous aime fort.

Alors, allons-y joyeusement. Pourquoi chercher à expliquer scientifiquement l’existence de l’homosexualité, au même titre que la transidentité, c’est complètement con?

Parce que ça revient à dire que l’hétérosexualité est forcément l’orientation sexuelle par défaut, ou que le fait d’être cisgenre c’est être nécessairement plus normal que d’être trans.
Or ce n’est pas une question de normalité, mais bien de majorité, d’un point de vue des chiffres tout du moins.

Si on considère que les personnes trans ne représentent qu’environ 1% de la population, et que donc c’est pas eux les normaux, on revient à dire que c’est le même problème pour les personnes rousses. Oh wait, on leur crache déjà à la gueule en fait.
Je vais changer d’exemple du coup.

Ça reviendrait à dire que la France, ou la Russie, ou les Etats-Unis, ça c’est des vrais pays. Mais que l’Australie c’est juste une minorité visible. Que si on ne choisis pas d’être Australien, on peut expliquer scientifiquement qu’est-ce qui nous pousse à devenir australien. La volonté de mourir plus vite à cause de la faune et la flore? Ou une préférence personnelle pour un accent à couper au couteau?
Je ne sais pas trop, mais on peut vous aider chers Australiens, il existe des groupes de thérapie, promis.

Voilà. C’est vraiment absurde. Et pourtant, c’est la rhétorique qu’on nous balance à la gueule avec ce genre de vidéos. Nous, personnes rassemblées sous l’acronyme LGBT+, ne sommes pas une erreur statistique à analyser. Nous ne sommes pas scientifiquement explicables, ni dissécables à grands coups de théories fumeuses pour justifier de notre existence en tant qu’individus.

Donc s’il vous plait, arrêtons de visibiliser ce genre de médias, que ce soit des vidéos ou des articles pseudo-éclairés, qui ont pour volonté de normaliser une violence scientifique à notre égard. Celle consistant à nous valider, de la même façon que des créatures rares et fascinantes.

Nous sommes peut-être moins nombreux que l’écrasante majorité cis-hétéro, mais nous n’en sommes pas moins une part intégrante de l’univers qui nous entoure.
Je ne suis pas une anomalie statistique.
J’existe. Et je compte bien en profiter.

Well I was born an original sinner

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Après avoir vu la vidéo de Lucas Wild intitulée « Je suis handicapé? », j’ai été pris d’une intense réflexion. Dans sa vidéo, Monsieur Wild explique que, étant sourd, il ne se définit pas tant comme handicapé mais plutôt comme personne sourde. Et ça m’a fait réfléchir parce que, moi c’est l’inverse, et il y a un tas de raisons à ça. Ce sera mon sujet du jour.

Vous avez remarqué comme souvent, quand on rencontre une nouvelle personne, une des premières questions qui débarque, c’est « tu fais quoi dans la vie? ». Et la réponse qui suit concerne généralement les études ou le travail. N’ayant ni l’un ni l’autre, je suis toujours bien embêté, et ne voulant pas embarrasser l’autre d’une réponse de 20 kilomètres, je m’en sort généralement avec une pirouette humoristique.

Et là les gens ont en général cette fâcheuse tendance à vouloir s’improviser conseiller en emploi. A me demander si je n’ai pas de hobby particulier ou autre centre d’intérêt pouvant s’avérer lucratif sur la durée. Alors deux choses importantes: la première est que je tiens à ce que mes passe-temps en restent, c’est à dire que je n’ai aucunement envie de m’écœurer d’un loisir en faisant de celui ci, mon boulot. La seconde étant que je n’aime pas vraiment le principe que tout le monde devrait être défini par son travail. Ou que tout le monde doive travailler d’ailleurs.

J’estime, peut-être un peu vite cependant, être du camp des créatifs. Alors certes, mes écrits n’apportent pas grand chose au monde en terme d’avancée, mais sur un plan plus large, le monde serait chiant sans les créatifs, quelque soit leurs niveaux. Les dessinateurs, les écrivains, les scénaristes et autres réalisateurs. Certes, certains en ont fait leur métier, qui rapporte, mais d’un point de vue très naïf de ma part, j’aime à croire qu’on a besoin de gens qui font de l’art pour le plaisir de faire de l’art, pour ce que ça apporte d’émerveillement, et de bouffée d’air frais. S’ils peuvent en vivre c’est encore mieux, je suis d’accord, mais je suis en train de cruellement m’éloigner de mon cadre de sujet.

Dans tous les cas, je suis considéré comme inapte au travail, que ça soit déclaré par la médecine ou par mon propre cérébral. Mais c’est pas exactement là où je voulais arriver en fait.
Le fait est que j’énonce assez facilement que je suis handicapé, ou plus subtilement que j’ai des « soucis de santé empêchant le fait de travailler ». Et là où la vidéo dont je parle au tout début m’a fait réfléchir, c’est parce que, contrairement à ce jeune homme, qui explique qu’il est sourd, je ne nomme pour ma part jamais ma maladie, ou pas avant d’avoir vraiment confiance en la personne en face de moi. Celleux qui me lisent depuis un paquet de temps ont à priori tous compris ce qui m’affecte, mais j’ai mis un point d’honneur à ne jamais nommer ma pathologie explicitement.

Pour tout un tas de raisons d’ailleurs. Par pudeur simple, par volonté de préserver ma vie privée, ou surtout parce que les gens ont tellement d’à-priori sur cette maladie, que je n’aime pas la nommer en toutes lettres. Ou aussi parce que des fois, les gens ne me croient pas, parce qu’après tout, « ça ne se voit pas », et là je vous renvoie à un paquet d’articles que j’ai déjà écrit…
Mais bref.

J’en suis venu à me demander, si je préférais dire être handicapé plutôt que de nommer ma maladie, parce que quelque part, j’en avais honte? Et après de longues délibérations mentales, la réponse est non, mais pas un non franc et immédiat, plutôt un non saupoudré d’une once d’hésitation.

Avec les années, j’ai internalisé un paquet de trucs, des craintes, de l’angoisse à foison, des doutes. Mais pas tellement de honte. En revanche, une énorme lassitude quand je lis et entends toutes les blagues sur les pathologies psychiques, qui me donnent envie de grogner en tapant furieusement sur mon clavier, ou sur la personne, pour leur expliquer à quel point iels disent vraiment n’importe quoi, et de s’éduquer sur certaines questions avant de l’ouvrir et de vomir des inepties.
Mais je me retiens, parce que c’est inutile, et parce que j’ai autre chose à faire de mon temps, que de perdre celui-ci pour éduquer les gens. J’ai quand même un lapin à nourrir et un blog à faire tourner.

Donc en conclusion, non, je n’ai pas honte, ni de ma maladie, ni du fait d’être handicapé. Ce n’est pas une tare, c’est un fait. Des difficultés supplémentaires à éventuellement prendre en considération. Ma situation n’est pas plus complexe que la votre, seulement différente, c’est pas un concours de celui qui souffre le plus.

Banging the drums like there’s no tomorrow

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borkenmirrur

Y’a des fois, j’ai envie de poster des selfies, pas quotidiennement mais presque. Mais concrètement, tout le monde s’en fout.
Mais derrière toute ambition égocentrique, moi aussi j’ai envie de me trouver beau. Sans vouloir aller à la pêche aux compliments, j’ai pleinement conscience que je ne correspond en rien aux standards de beauté actuels.

Grandir en sachant qu’on n’est pas un canon n’est jamais agréable. Etre quotidiennement raillé pour son physique, de la simple remarque jusqu’à l’insulte gratuite, ne permet pas d’acquérir énormément de confiance en soi. Et forcément, malgré le fait que les années passent, j’ai toujours un cruel manque de self esteem.

Et à partir de là, ça pose quelques petits problèmes dans la vie de tous les jours.

On va commencer par l’incapacité à recevoir un compliment. Ça peut sembler stupide dit comme ça, mais il existe des personnes, qui sont incapables d’entendre un compliment qui leur est adressé. Immédiatement, c’est la gêne, le besoin viscéral de changer de sujet, ou faire une blague pour détourner l’attention. C’est encore plus angoissant quand les gens insistent. Tout simplement parce que quand on t’as habitué à être insulté sur ton physique durant toute ta croissance, et un peu après probablement aussi, tu finis par te convaincre que effectivement, tu es visuellement dégueulasse.

Dans le même ordre d’idée, quand on me fait un compliment sur mon physique, et spécifiquement sur mon physique, j’ai toujours l’impression qu’on se fout de moi. J’attends le moment où le couperet du « non je déconne » va tomber.
Comprenez bien, on parle ici d’années à être harcelé parce qu’au hasard, on est gros/petit/binoclard/intelligent/naïf/introverti, bref, rayez la mention inutile quoi. Et forcément, ça laisse des traces. Et quand bien même une fois adulte, on se prend de temps à autre une remarque désagréable, par un inconnu dans la rue qui se permet de donner son avis sur notre apparence, même si c’est blessant, quelque part, ça conforte dans l’idée qu’on a raison, que les gens se moquent de nous, qu’on est forcément vilains. Et c’est un cercle sans fin.

Je vous vois sourire, parce que c’est sûrement assez naïf comme « problème », mais en vrai ça peut prendre de sales proportions, jusqu’à même être reconnues (bien que difficilement en pratique) par la médecine moderne. On parle alors de Dysmorphophobie, ou dysmorphobie, ou encore Body Dysmorphic Disorder et qui n’est pas un terme si récent que ça au final (Wikipedia vous confirmera tout ça).
Le principe de ce trouble, dans un spectre assez large de variantes et de degrés, c’est que l’on se voit laid, et/ou excessivement difforme. Ça englobe aussi tous les soucis de mauvaise perception corporelle et de l’image de soi erronée. Concrètement, se regarder dans le miroir devient une véritable épreuve, également le fait de se mouvoir dans un espace.

Je sais que chez moi, ça se traduit par une très mauvaise notion de la place que j’occupe. Je passe mon temps à me cogner dans les encadrements de portes et à me vautrer en montant des escaliers parce que j’ai posé mon pied trop en avant et j’ai buté contre la marche.
J’ai pris tellement de poids en tellement peu de temps quand j’ai commencé à être sous traitement médicamenteux, que je n’ai jamais véritablement réalisé à quel point le corps qui était devenu le mien était différent d’avant cette prise de poids en question. Et même si cela date d’il y a plusieurs années, ma perception de moi-même est restée altérée. Je n’ai d’ailleurs jamais possédé de miroir intégral, seulement ceux de salle de bains où on ne voit que le visage, et je n’ai jamais vraiment réussi à m’habituer à mon corps. Du coup, je me perçois bien différemment d’à quoi je ressemble, et quand je croise mon reflet, j’ai toujours un léger mouvement de recul, parce que je ne reconnais pas ce que j’observe, et j’ai une certaine difficulté à associer l’idée que ce que je vois, c’est moi.

C’est d’autant plus disproportionné avec la dysphorie.
La dysphorie (ici, de genre) c’est le sentiment d’inadéquation entre son corps et son identité. C’est un trouble identitaire commun aux personnes transgenre.
Et donc, malgré le fait que depuis que je sois sous traitement hormonal de substitution (THS, sous testo dans mon cas), ce qui apaise un peu ma dysphorie; il y a une différence bien distincte entre comment je me perçois, et ce à quoi je ressemble véritablement. Et c’est d’autant plus difficile à appréhender puisque avec le THS, mon corps continue à changer physiquement à mesure que les semaines s’écoulent, sans que je ne parvienne à véritablement observer lesdits changements.

Du coup, et je passerais rapidement sur mon dernier point, reste la question de plaire à autrui. Parce que si l’on récapitule : entre l’incapacité à entendre un compliment, la perception personnelle altérée et l’absence totale de confiance en soi, la question de la séduction devient un véritable challenge.

Et encore une fois je n’ai pas la réponse à mon interrogation finale. Mais je dirais que, si certes apprendre à s’apprécier avant de pouvoir prétendre l’être par quelqu’un d’autre est une réalité; qu’on ai ce besoin que l’on nous prouve qu’on est capables d’être aimés par d’autres, en est également une (de réalité).

N’oublions pas que chacun fonctionne différemment, avec ses bagages, et ses troubles divers et variés, qui sont suivant le cas, à prendre en compte avec une certaine délicatesse.

Sur ce, je vais aller prendre un énième selfie, pour me rassurer.

What you gonna do later

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DOUBLE POUCE.

DOUBLE POUCE.

Ce soir, je voulais revenir sur un sujet que j’avais déjà abordé il y a quelques mois, mais sous un angle de vue différent. Je voulais parler un peu de mon espérance de vie.

Jusqu’à il y a peu, j’étais terrorisé à l’idée de mourir. Pendant de nombreuses années, en particulier durant mon adolescence, j’étais intimement convaincu que j’allais claquer avant la fin de l’année en cours. Bon, ce n’est jamais arrivé, et je n’allais vraiment pas bien à cette époque, donc disons que ça n’aidais pas beaucoup à croire en la vie.

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Mais deux éléments sont à mettre sur la table. Ma pathologie, et ma transition.

◄ Ce qu’il faut savoir avec le premier point, c’est que les médicaments que j’ingère quotidiennement ont des effets secondaires merdiques sur le long terme. Cela fait environ 4 ans que je prends le même traitement. Le précédent a fait faire les montagnes russes à mon poids, j’ai pris plus de 30 kilos en l’espace de 6 mois, bref, la catastrophe.

J’ai changé de traitement peu après, mais les kilos ont continué de s’aligner au compteur, plus en douceur, mais acquis néanmoins.
Le traitement actuel donc, a des effets sur le cœur. Pour exemple, j’ai développé une tendance à la tachycardie. Et ce n’est pas prévu de s’améliorer par la suite.

Outre les médicaments, il a été prouvé que les porteurs de maladies psychiques ont une tendance à être plus sensibles aux addictions que les personnes « saines ». Il n’y a qu’a voir comment je fume comme un connard, malgré mes efforts pour diminuer. Si je me laisse faire, le paquet peut partir avant la fin de la journée.

Enfin, à cause de ces problèmes d’addiction et des tendances suicidaires, l’espérance de vie a tendance à prendre bien cher, par tranches entières de plusieurs années.

◄ En second lieu, ma transition n’est pas sans conséquences. Entre les hormones et les opérations, tout cela fragilise le corps. Mon corps qui n’est déjà pas bien vaillant d’ailleurs. Les hormones peuvent abîmer certains organes sur le long terme, et les opérations ne sont pas sans risque.

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Là où je veux en venir aujourd’hui, c’est que mon espérance de vie n’est pas extraordinaire. Je n’ai pas spécialement l’espoir de dépasser les soixante ans. Mais je suis en paix avec ça.

Quand mon ami Sylvain est décédé en février dernier, ça a fait réfléchir certains de mes proches. Notamment Poutchy, qui m’a fait un câlin, après avoir réalisé que, sauf erreur dans la matrice, je serais probablement le premier à partir. Bon, ce n’est pas avant un paquet d’années, mais ça l’a heurtée de plein fouet, et lui a fait réaliser que la vie, c’est fragile et ça tient à peu de choses.

Mais sachez simplement une chose: j’ai fait un travail sur moi-même depuis déjà un bout de temps, et je suis apaisé quant à mon départ. Ce n’est pas pour de suite. Mais je n’ai pas peur pour l’avenir. Si j’ai des choses à construire, je le ferais quand même, très égoïstement, mais mes proches seront mis au courant, de ne pas trop compter sur moi pour leurs vieux jours.

Cet état de fait m’effrayait jusqu’à il y a peu, et quand je suis en période d’angoisse, ça me revient assez violemment dans la gueule: je vais mourir, plus rapidement que ceux qui m’entourent.

Mais j’en fait mon affaire. Vraiment. Je suis calme à ce propos.
Donc le but du jeu, c’est de profiter de ma présence tant que je suis encore là. Je ne compte pas faire mes valises dans la minute, mais sachez simplement que la vie est courte, et que le temps passe très vite.

Bisou ♥

Please come back alive

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C'est bô.

C’est bô.

J’ai écrit cet article il y a une poignée de jours, et je me décide à le publier aujourd’hui pour deux raisons.
1) C’est mon blog, je fais ce que je veux, ça me fait du bien de l’écrire aussi.
2) J’espère que d’autres personnes dans une situation similaire se sentiront moins seul.e.s en lisant mes propos. Que mes humbles écrits fassent écho à leur vécu, et que cela soit un minimum utile pour chacun. Mais je rêve peut-être un peu trop fort. Bref.

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Depuis que j’ai pris la décision d’entamer ma transition, mille questions me passent par la tête. Même si je suis heureux d’avoir choisi de démarrer ce processus (long et coûteux malgré tout), il m’arrive d’avoir du mal à en dormir la nuit, tant mon cérébral carbure comme un bâtard.

Déjà, comme chacun le sait, je porte mon absence de vie privée comme un fardeau, j’en souffre beaucoup, et j’en viens à me demander si cela ne sera pas pire après le début des hormones. Si par miracle je parviens à avoir un semblant de relation avec quelqu’un, sait-on jamais, si cette relation glisse lentement vers l’intimité, il va bien falloir que j’explique à un moment donné l’absence de contenu de mes panties. C’est quelque chose qui me crée pas mal d’angoisses. Comme si je tirais une balle dans le pied de mes hypothétiques possibilités.
Bon évidemment, quelques ami.e.s proches et moi-même essayons de me rassurer, que dans tous les cas si quelqu’un me fuit pour cette raison précise, c’est que cette personne ne vaut pas la peine que je cherche à la connaitre.

Ensuite se posent d’autres questions, comme celle de mon logement. Bon je me projette très loin en avant, mais viendra bien un moment où mon propriétaire se rendra compte des choses, et j’ignore totalement quelle sera sa réaction. Mais c’est dans l’idée où je n’ai pas changé d’appart d’ici là. A titre informatif mon propriétaire habite juste au dessus, donc si, je le croise fréquemment.

S’enchaîne la question des papiers d’identité, que chaque personne transidentitaire rencontre, l’éternelle bataille administrative. Jusqu’à quel point mes papiers vont me poser problème dans mon quotidien? Mais ça je ne le saurais qu’en temps et en heure.

Enfin, comme je vais à la salle de sports, même si le coach est hyper sympa et très compréhensif, je me demande pour la suite si je ne devrais pas finir par me changer dans les douches, façon retour en arrière jusqu’au collège, mais pour des raisons bien différentes.

Pour conclure, je sais combien je m’angoisse pour des problèmes qui sont bien loin d’être immédiats, et que j’y trouverais des solutions le moment venu, et que dans tous les cas je serais soutenu par mon entourage.
La décision d’entamer ma transition a été très difficile. Contrairement à ce que beaucoup peuvent le penser, ça ne m’est pas venu du jour au lendemain, bien au contraire. J’ai vu le truc arriver de loin il y a des années de cela, et je l’ai rejeté en bloc assez violemment.
Mais à vouloir noyer ses problèmes, on s’aperçoit trop tard qu’ils savaient nager, et le tout m’est revenu dans la gueule avec force. A tel point que j’ai eu la sensation de me mentir quotidiennement en essayant de survivre dans mon genre assigné.

Maintenant que la décision a été prise, cela ne m’empêche pas d’avoir des doutes, d’être terrifié à l’idée de ce qui m’attends, ou même ce que j’imagine qui m’attends. Je peux toujours faire marche arrière, mais je préfère encore crever que de revivre une journée dans le mensonge.

Cet article prenant une tournure un peu sombre, je vais arrêter là mes réflexions pour aujourd’hui. Mais cela m’a fait du bien de les sortir de mes entrailles et de les déposer sans délicatesse ici.

Merci de votre attention, et à très vite!

I’m perfectly good at it

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Prends-moi pour une chaise.

Prends-moi pour une chaise.

Aujourd’hui, j’ai décidé de me plaindre. Mais pas gratuitement, je vais essayer de rendre ça constructif, mais je suis tellement en colère que j’ai besoin que ça sorte.

Je vous disais il y a peu que j’avais trouvé du travail. Mais là où ça se complique c’est que vu que j’ai la reconnaissance Travailleur Handicapé, je dois obligatoirement passer une visite médicale qui me déclare apte ou non à bosser. Et après avoir glandé pendant deux semaines à attendre mon rendez-vous à la Médecine du Travail, la doc qui m’a reçu m’a expliqué qu’elle ne souhaitais pas s’avancer à me déclarer apte sans avoir d’abord l’avis de ma psychiatre. J’ai beau tenter de lui expliquer que moi je sais pour quoi j’ai postulé et que j’en ai rien à foutre de son avis je suis en pleine conscience du boulot qui m’attend, elle me coupe la parole et m’infantilise au possible, argumentant qu’elle sait mieux que moi ce qui ME concerne. Première colère.

Et donc du coup, hier j’ai vu ma psychiatre pour en discuter avec elle. Et plus je lui expliquais, plus je sentais qu’elle tiquait, tout dans sa posture criait le refus en bloc. Pareil, je tente de lui extrapoler le fait que je m’en carre de bosser de nuit, que je dors déjà n’importe comment, et que ça changerait rien à mon rythme de vie. Mais vers la fin de notre entretien elle a marqué une pause puis m’a dit de manière un peu grave « N’oubliez pas que la décision finale ne revient qu’à moi ». Ça m’a pas trop plu. Je sentais que c’était foutu. Seconde colère.

Et là ce matin je reçois un mail de la boite qui est censé m’employer, mail qui explique qu’ils ont eu des nouvelles de la Médecine du Travail, et que visiblement un désaccord a été exprimé quant au fait que je travaille après minuit. Mais bande d’abrutis, c’est un travail DE NUIT. JE SUIS PAS CENDRILLON, PUTAIN. Bref, troisième colère.

Vers midi, je suis sortie de ma séance avec ma psychologue. Oui parce que vu que la psychiatrie c’est super mal vu, j’ai décidé d’inverser la tendance et d’en voir DEUX différentes. Yolo et tout ça. Bref. Et donc en sortant du cabinet de l’hôpital, je croise donc la première, ma psychiatre. Et ça m’a demandé une volonté phénoménale de pas lui sauter à la gorge pour l’étriper. Mais si je faisais ça c’était clairement mort pour bosser.

Vendredi qui arrive je passe à l’agence pour en discuter avec un des responsables de mon ex-future boite, mais à priori c’est foutu. Affaire à suivre, ou pas. Bazar.