They want me dead

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Des fois, je réalise que mon cispassing tient à des détails, des petites choses fragiles du quotidien, et qui nécessitent de sacrés jets de bluff.
Un élément en particulier me vient immédiatement à l’esprit, celui des toilettes. On ne peut pas vraiment esquiver ce besoin là, et ça peut être une source de soucis inattendus.

Encore hier soir, je discutais avec un nouvel ami, et nous évoquions le principe d’optimisation de « l’afk bio », à savoir, la pause petit coin obligatoire durant les parties de jeu vidéo en ligne. Et quand on est en pleine instance, ou donjon, bref, une partie intense à plusieurs, le moins de temps passé sur le trône est la clé du succès.
Je lui évoquais ma technique qui consiste à se désaper/rhabiller sur la route entre l’écran et les chiottes, et lui m’a répondu d’un air interrogateur pourquoi je perdais ce temps là? Alors qu’il suffisait de « se la caler sur le côté » et courir en calbut à travers l’appartement.
Après une savante poker face de ma part, j’ai renchéri après un léger silence que j’étais très pudique, et que je portais au minimum un short.

C’est à ce moment là que j’ai réalisé que les garçons cisgenre n’ont pas la nécessité de descendre leur futal aux chevilles pour pisser. Et je me suis senti un peu bête, d’avoir oublié ce genre de détail si stupide et pourtant si révélateur.

Je suis un homme ne possédant pas de pénis, et ça me complique un peu la tâche quand il s’agit d’aller faire ses besoins. En particulier quand les toilettes publiques sont, au mieux équipées d’une seule cabine, au pire ne disposent que d’urinoirs. Je suis simplement incapable de faire mon business debout. Et quand parfois la porte de la cabine est pétée, c’est super délicat de me soulager sans crainte d’être « grillé », et éventuellement d’être agressé pour « oser » être différent. Ça serait bien loin d’être du « jamais vu » malheureusement.
Je me rappelle précisément la fois où j’ai été chahuté assez violemment pour avoir utilisé les « toilettes des filles », je ne souhaite pas réitérer l’expérience.

D’autant que, et j’espère vraiment être le seul à le remarquer mais, entre les deux types de tuyauterie intime, le son produit lorsqu’on fait pipi est distinctement différent, en fonction duquel l’on est équipé. Et ça me fout une trouille monumentale quand vient le moment d’évacuer en terrain inconnu, ou simplement hors de chez moi.
Et je ne parle même pas de l’impossibilité totale d’uriner dans la rue, qui révélerait à coup sûr mon anatomie inhabituelle pour un garçon.

Voilà. Il n’y a pas vraiment de revendication particulière derrière ce billet, si ce n’est, laissez nous pisser comme on peut, et surtout comme on veut, où on veut.
Les personnes trans ont un quota suffisant d’angoisse quotidienne, et les WC en sont une partie intégrante.

Merci de votre attention.

Run away if we must

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Oui bonjour c’est moi, la virilité.

Ces derniers mois, j’ai remarqué une nette différence de traitement par les gens plus ou moins inconnus vis à vis de moi, et particulièrement depuis que je présente différemment socialement parlant.

A l’occasion du 8 Mars, j’avais parlé de la notion de privilèges, mais aujourd’hui ce n’est pas tant une question d’avantages mais plutôt de perception, et de comportemental.

Avant, quand j’étais dans la rue tard le soir, que ce soit seul comme accompagné, il m’arrivait très fréquemment de me faire emmerder par des mecs plus ou moins ivres, plus ou moins dégénérés. Ça allait de la remarque désobligeante et/ou obscène jusqu’à me faire agripper ou simplement approcher par ces énergumènes. Si je ne me sentais pas spécialement en sécurité, il ne m’est rien arrivé de bien grave dans le contexte de la rue. Bon sauf la fois où un mec m’a suivi jusqu’à devant chez moi. Mais passons.

Mais dernièrement, depuis que mon cispassing correspond à mon identité profonde, j’ai remarqué une différence très marquée dans l’approche de ces même connards (appelons un chat, un chat).
Je suis l’un d’entre eux, enfin, pas vraiment, mais je fais partie de la race suprême des rois de la rue : le genre masculin.

Si je me fais bien moins emmerder quand je rentre de soirée, ça arrive néanmoins, mais la tactique d’abordage est subtilement grossièrement différente.
En effet, les gars se montrent beaucoup plus familiers avec moi. Je suis leur pote, leur frère, leur camarade. Donc ils ont tendance à vouloir me toucher, différemment d’avant, mais me toucher quand même. Me serrer la main, m’attraper par l’épaule, me taper dans le dos virilement.
Et je ne me sens pas spécialement plus en sécurité en attendant. Si avant j’avais la trouille de me faire violer, maintenant j’ai l’angoisse qu’on me cherche des noises gratuitement et de me faire casser la gueule sans raison.

Le problème, c’est que je n’ai pas changé de caractère entre temps. Je suis toujours ce mec timide, maladroit et gêné. Celui qui ne sait jamais trop comment réagir en société, y compris dans ce genre de circonstance.

Et pour illustrer cela, je vais relater brièvement ce qui m’est arrivé mercredi dernier.

J’étais en compagnie de Leo & Simon, et nous rentrions d’un enterrement, autant vous dire que l’état d’émotion c’était pas trop ça.
Et un mec nous a approché pour demander une clope, Simon et Leo ne fumant pas, il se tourne vers moi. Je ment en expliquant que je l’ai taxée à quelqu’un. Sauf que c’était une cigarette roulée que j’avais dans la main. Le mec ne me croit pas trop, donc j’argumente que c’est tout à fait possible de l’avoir taxée vu que quelqu’un avait du matos et que je sais rouler.
Il me demande donc de lui serrer la main parce que « c’est incroyable ». Il tend donc la main, et après quelques instants d’hésitation, je lui serre la pince assez mollement car pas trop rassuré ni spécialement convaincu par son geste.
Et alors que je rebaisse le bras, il me rétorque que ma poigne devrait etre plus ferme, donc il insiste lourdement pour que je lui re-serre la main d’une « meilleure » façon. Sauf que moi je ne voulais absolument pas, et je regrettais déjà d’être rentré dans son jeu et de l’avoir touché.

Il a donc fallu que Leo intervienne un peu violemment pour qu’il se barre et me foute la paix.

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Et c’est là mon problème, je n’ai pas été éduqué comme un garçon, avec l’apprentissage de tous les privilèges que ça comprend. De ce fait, je suis socialement awkward (mal à l’aise/pas doué), et j’ai toujours des difficultés à me défaire de ce genre de situations.

Mais le hic c’est que je ne tiens pas spécialement à désapprendre mon caractère pour acquérir ce genre de familiarités. Certes, je souhaite obtenir plus d’aisance pour me sortir de ce type d’impasse, mais sans entièrement m’y perdre dans la foulée.
Je veux rester conscient de mes privilèges sans en abuser.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. A très vite !

It’s not gonna be easy

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BARK BARK

BARK BARK

Depuis des années, je me bats pour faire admettre que des fois, certains éléments comme, au hasard une maladie ou la boisson, peuvent expliquer certains comportements, mais ne les excusent en aucun cas.
Et force est de constater que, dernièrement, j’ai déconné de ce côté là.
Le fait que mon taux hormonal faisait les montagnes russes ne pardonne pas mes paroles ni mes actes. Il n’a fait que vaguement les expliquer.

Parce que, tant que je suis dans un moment d’accalmie, je m’aperçois que par moments, j’ai été un brin extrême dans mes réactions. Je manque trop souvent de recul vis à vis de mes réponses à ce qui m’arrive au quotidien. Parce que je suis en plein dedans. Et prendre de la distance nécessite un calme olympien que je ne possède pas toujours.

J’ai beau me targuer d’avoir un mental de titane depuis quelques années déjà, il est bien triste d’admettre que les hormones ont foutu le bordel dans ma physiologie, et dans mon cérébral. Et j’ai dans l’immédiat, pleinement conscience que mes proches ont autre chose à faire de leur temps que de s’obliger à prendre des pincettes avec mes sautes d’humeur. Mais que ce soit pour les gens que je connais ou que je ne fais que croiser, eux aussi ils ont une vie, et des soucis. Et je ne devrais pas compter sur le fait qu’ils vont prendre en compte les miens, de la même façon que je m’en carre (plus ou moins) des leurs.

De ce fait, je tenais à vous présenter mes excuses, encore une fois, pour mes comportements passés, et probablement ceux à venir. Et que les présentes excuses ne sont pas un passe-droit pour agir comme un connard, bien évidemment.

Je sais que j’ai merdé. J’ai du mal à mesurer jusqu’à quel point, et ça me ronge un tantinet. Parce que j’ai la trouille de trahir mes principes, et de déroger à ma ligne de conduite. Même si j’ai conscience que c’est déjà un peu tard, je continuerais d’essayer, avec toute la volonté que je possède, de ne pas m’en écarter un peu plus.

Même si je sais que j’en ai sûrement blessé parmi vous, je vais tenter, dans la mesure du possible, de réparer les dégâts ainsi causés.

Je vous demande simplement de ne pas trop m’en vouloir. Et j’essaierais de me museler un peu plus fort.
Il n’est décidément pas l’heure de lâcher les chiens.

Tell me if it’s wrong

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Aujourd’hui, c’est Patacrêpe qui m’inspire cet article. Elle a en effet retweeté une série de quelques phrases qui m’ont fait pas mal réfléchir, sur la place de la maladie dans le quotidien, et le fait que l’on s’en plaigne ou non.

On a cette fâcheuse tendance à s’habituer à la douleur d’autrui, au point de l’effacer mentalement. Au point qu’on en vient souvent à porter aux nues ceux qui ne s’en plaignent jamais et qui mangent la vie à pleine bouche.
La personne à l’origine de ces tweets soulignait une première question intéressante, de savoir si on est h24 avec ces personnes pour voir et constater quand elles craquent? Je rajouterais aussi que, faudrait-il alors douter de la légitimité de la maladie des personnes qui se plaignent constamment? La réponse étant bien évidemment que non, mais je m’en vais extrapoler.

  • D’un côté, on a la personne Z, pleine de vie au premier abord, souriante qu’importe la météo, avec toujours des blagues sous le coude, et prête à faire la fête en toutes circonstances. Mais quand elle rentre chez elle, Z craque et s’effondre en larmes sur son oreiller, jusqu’à s’endormir d’épuisement quand personne ne regarde.
  • De l’autre côté nous avons W, qui tire la gueule tout le temps et fais bien comprendre qu’il ne va pas bien quoi qu’il arrive. Il pleure rarement, mais est dans un état constant de morosité et de susceptibilité.

Laquelle de ces deux personnes est la plus à plaindre? Attention y’a un piège…
Principalement parce qu’il ne faut pas perdre de vue que porter sa douleur à bout de bras ou l’encaisser et porter un masque nécessite la même quantité de force et de volonté.

Évitons donc d’être dans le jugement et de tirer des conclusions hâtives quant à la bonne santé de nos proches. Ce n’est pas parce qu’ils ont l’air de bien s’en sortir, que c’est forcément le cas. Connaitre leur état émotionnel et/ou physique ne dépend que de votre capacité à leur poser la question. Sans devenir intrusifs, bien évidemment.

Pour revenir sur ce que je disais au début, essayer de profiter de la vie et de vivre « normalement » au maximum n’efface pas la maladie, elle demeure toujours là bien présente, mais il est bien plus facile de mieux la vivre quand on cherche à s’en sortir, que quand on patauge dans ses malheurs indéfiniment.
Attention, je ne dis pas que ce dernier comportement est proscrit, mais simplement qu’à un moment, faut tenter d’avancer; oui, c’est moi qui dis ça, et je le dis sans la moindre note de jugement.

En conclusion, n’enfonçons pas les gens quand ils vont mal, et n’enfonçons pas non plus les gens quand ils vont bien. N’enfonçons jamais les gens, point.

Vrac #22

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Un peu de lulz avant de trancher dans le vif.

Un peu de lulz avant de trancher dans le vif.

On change pas une équipe qui gagne, un énième vrac pour la gloire! Principalement des pensées qui traînent, peu de cohérence.

A bientôt 3 ans plus tard, j’ai envie d’vous dire que j’suis relativement débarrassé de certains de mes démons. Je ne la vois plus à tous les angles de rues, je ne pense plus à elle avant de m’endormir, ni à chaque moment d’inactivité cérébrale. Il m’aura fallu me faire rouler dessus par un camion-benne, mais au moins j’ai depuis quelques semaines la véritable sensation d’être débarrassée de cette espèce d’addiction à une seule humaine.

Cela ne veut pas dire pour autant que mon petit cœur en mousse est à nouveau vide. Bien au contraire, libéré délivré d’une personne, il lui faut compenser en se crushant sur d’autres. Sinon c’est pas rigolo. Mais cela dit, c’est déjà plus vivable que le monopole unique que j’avais avant. Mais du coup j’ai vraiment l’impression d’avoir enfin mes émotions à disposition, et pas juste obnubilé par une seule et unique entité. Les nouveaux occupants de mon palpitant ne sont pas plus accessibles pour autant, mais un peu de changement, ça ne fait pas de mal.

In other news, la Maison des Peluches m’a accordé le renouvellement de mes allocs. Et ça c’est cool. Ils ont fait ça en un temps relativement record, comparé à ma précédente expérience (comptez ici 3 mois contre un an et demi la dernière fois). J’ai bien évidemment censuré le nom de l’organisme, on sait jamais, la paranoïa ça peut sauver des vies. Mais bref, j’suis tranquille pour à peine deux ans, mais c’est une garantie de survie non négligeable, encore une fois. Quoi qu’il advienne de ma vie, j’aurais au moins cette stabilité financière là.

Et sinon demain matin très matin (6h), je prends le train pour la capitale, histoire d’aller voir l’expo Harry Potter qui se tient à la Cité du Cinéma. J’en ai entendu autant de bien que de mal, et je me laisserais seul juge. Je ne sais pas encore si j’en ferais un article complet, histoire de ne pas gâcher l’expo à ceux qui souhaitent la voir.
Jeudi je repasse sous les aiguilles, j’en parlerais sûrement aussi plus en détails par la suite. L’episode 3 de Life is Strange sort d’ailleurs demain, mais comme je serais justement à Paris, il vous faudra attendre un peu avant d’en avoir mes impressions.

Voilà, c’est à peu près tout pour aujourd’hui, c’est pas mal déjà. Moi qui me suis tapé un syndrome de page blanche sur la première moitié de cet article, il suffisait juste de laisser mariner toute une nuit pour trouver de quoi tartiner.

Bref. Bonne journée à tous!

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Make it work.

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Mon ami Saedroth, qui est très gentiment passé tout à l’heure pour s’inquiéter de ma bonne santé, m’a fait réaliser un truc. En fait, si je prends un peu de recul pour regarder ma situation d’un œil global, si j’arrête 5 minutes de me voiler la face pour rassurer les copains autant que moi-même. Bah en fait, j’ai juste plus qu’a me jeter sous un bus. Ou moins définitivement, me lancer dans le mur de ma cuisine, ou me briser une énième fois les phalanges sur la porte de la salle de bains, ou me retourner pour étrangler à pleines mains cette nana dans le bus qui braillait sa vie au téléphone pendant toute la demi heure de mon trajet de retour de l’assistante sociale.

Non. Ça va pas. Non, j’ai pas la solution, et vous non plus. Et ça fait au moins 5 fois que je raconte le pourquoi du « non ça va pas », donc c’est pas la peine d’insister lourdement quand je vous dit que j’en parlerais plus tard, quand j’aurais du temps, et moins la main gauche aussi endolorie.
Attention hein, je ne dis pas que j’en ai rien à carrer de votre sympathie, bien au contraire, mais vous êtes un certain nombre à vous inquiéter pour moi (ou à avoir une curiosité mal placée), donc dites vous bien que si je m’étale pas immédiatement sur la question, c’est qu’à priori j’ai pas envie d’en parler pour le moment.

Ma situation est assez catastrophique, et en gros si vous n’avez pas 500€ à me faire cadeau là-de-suite, pas la peine de demander si vous pouvez m’aider d’une quelconque manière, parce que vous ne pouvez à priori pas. Personne ne peut. Moi-même j’ignore quoi faire. En bref, seul le temps me dira si je vais m’en sortir ou si il ne me reste plus qu’à aller à la boutique de cordes et de tabouret la plus proche.

Un article joyeux s’il en est. Il fallait que je fasse un court point. Ceci sera probablement supprimé à la longue, je ne sais pas encore.

Une solution quelque peu radicale.

Une solution quelque peu radicale.