Life is Strange : Before the Storm #3

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Bon, j’ai pleinement conscience que j’ai largement 11 mois de retard sur cet épisode, puisque entre temps ont été annoncés Life is Strange 2 ainsi que Captain Spirit qui lui a été mis a disposition peu après l’E3 2018.
Je suis aussi plus généralement en rogne, puisque j’avais pré-écrit une assez longue introduction que j’ai malencontreusement effacée de mon ordinateur. Ça m’apprendra à vouloir écrire hors ligne aussi.

Bref, j’ai mis donc presque un an à jouer à cet épisode, parce que d’abord je savais qu’on attendais mon avis au tournant, mais aussi parce que je ne me sentais pas nécessairement apte mentalement à le clôturer. Dès que je me disais « allez, c’est maintenant, je le lance », j’avais une espèce de boule au ventre indescriptible et une sorte d’angoisse irrationnelle à l’idée de boucler Before the Storm.
Alors, est-ce que vraiment ça valait le coup d’attendre quasiment une année complète? Voyons ça tout de suite.

Cet épisode est très délicat à traiter, parce que je me mets un point d’honneur à ne jamais rien spoiler ici. Et comment parler de l’épisode 3 sans révéler le contenu des deux précédents, ni ce qui nous attend dans Life is Strange classique ?

Mais je peux dire sans trop en avancer, que cette troisième partie était riche en révélations.
On pars dans tous les sens, toujours en gardant cette cohérence propre à l’univers de LiS. Mais les choses vont vite, très vite, et on peine à reprendre son souffle. Toujours aux commandes de Chloé, qui parvient toujours à se fourrer dans les situations les plus absurdes sans vraiment le chercher. On revient parfois à choisir le choix le moins pire, parce que c’est une tête brûlée, et qu’on ne sait jamais réellement ce qu’elle nous prépare.

Il y a de nombreuses références au jeu originel, et si certaines font sourire par leur aspect « clin d’œil », d’autres sont un brin plus rudes. Si la palette d’émotions est vaste, la réalité nous rattrape assez vite, et l’étouffante vérité de ce que contient la suite de ce préquel (dans LiS classique donc), vient rapidement nous mordre le cul.

L’épisode joue encore une fois avec nos petits cœurs en mousse, nos douleurs profondes et nos émotions diverses. Que ce soit par des éléments inhérents à Before the Storm, ou par le biais des références à sa suite, comme expliqué juste avant.
Bien souvent, j’ai retenu mon souffle face aux cinématiques ou aux choix à effectuer, tandis qu’à d’autres moments, j’ai dû retenir mes larmes.

Le tout est mené avec une certaine délicatesse, et nous narre les aventures de nos héroïnes avec une justesse incroyable. Les sujets abordés sont loin d’être légers, mais cette licence en a déjà pris l’habitude.

Je ne peux malheureusement en dire plus sans risquer de révéler le pot aux fleurs, de ce fait, il faudra vous contenter de cette [courte] chronique sur le sujet.

Du reste, l’image est encore une fois superbe, même si mon ordi a manqué de faire de la combustion spontanée après que j’ai poussé les graphismes à fond. Les choix musicaux d’accompagnement sont soignés, l’ensemble est excellent.
Clairement nous tenons là une magnifique chialade sur 10, et je savais que je prendrais cher en finissant ce troisième pan de l’histoire. Laissez moi quelques semaines avant de me replonger dans l’épisode bonus « Farewell », et on aura plié la licence jusqu’à que j’ai des sous pour faire Life is Strange 2. Mais rien d’urgent cependant.

Voilà, quelques screenshots pour illustrer, et c’est plié !
Bisou.

Y’a de l’amour dans l’air…

Sexy Time !

De la lesbienne de qualité.

Garagiste Simulator : Chloé Edition.

Le bouquin pas du tout référencé…

Disobedience / Désobéissance (2018)

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Cette nuit, j’ai regardé le film Disobedience (ou Désobéissance en France), et je pense que je n’aurais pas grand chose à en dire. Pour être plus exact, je pensais initialement lui consacrer un très long billet, mais une fois les crédits passés, je savais qu’il n’y aurait finalement pas tant de matière à en extraire, sans risquer de spoiler.
En revanche, j’annonce la couleur nuitamment : j’ai bien aimé ce film, il ne m’a cependant pas transcendé pour autant. Mais je vais y venir rapidement.

Le pitch :
Disobedience, nous plonge au cœur d’une communauté juive londonienne, où le Rabbin vient de décéder. Sa fille, Ronit, jusque là exilée à New York où elle travaille comme photographe, revient pour ses funérailles. Mais entre les retrouvailles pas tellement chaleureuses avec la communauté, ainsi que des souvenirs qui remontent, son séjour ne sera pas forcément de tout repos.

Mon avis :
Vous m’attendez au tournant, y’a des filles qui se font des bisous. En même temps ce n’est pas vraiment un secret bien gardé puisque le film nous annonce la couleur dès l’affiche (ci-dessus). Mais ce qui est réellement important, ce n’est pas tant à quel moment elles se font des bisous, mais le contexte où elles s’en font.

Ici, Ronit (Rachel Weisz) retourne dans son ancienne communauté juive où elle tombe sur ses deux amis d’enfance : Esti (Rachel McAdams) et Dovid (Alessandro Nivola). Elle n’est pas forcément accueillie à bras ouverts, et dès les premières minutes, l’ambiance est pesante. Entre les coutumes religieuses et les traditions d’un autre temps, je dois avouer que je n’étais pas super à l’aise à chaque instant du film.
Nos trois personnages principaux sont tiraillés chacun différemment, entre leur vérité et ce que l’on attend d’eux. Que ce soit une recherche individuelle ou un cheminement autour de la foi, tout le monde voit ses convictions personnelles pas mal chahutées.

A mesure que le film se déroule, on en apprend plus sur les raisons du départ de Ronit, ainsi que sur la retenue poussée à l’extrême de Esti, qui semble au bord des larmes tout le long des 2h que fait Disobedience. Le tout s’écoule avec une certaine douceur, même si c’est dans une ambiance un peu étouffante.

Sur le plan purement technique, les jeux d’acteur.ice.s sont excellents, rien à redire là dessus, chacun dévoile ses facettes au fur et à mesure, sans excès, avec une justesse imparable. Côté image, l’ensemble est très « terne », il n’y a quasiment aucune couleur vive, et cela retranscrit parfaitement l’aspect pesant de toute cette ambiance d’austérité religieuse.

Le seul point négatif que je pourrais trouver, c’est les dernières minutes du film, qui m’ont un peu laissé sur ma faim. Mais bon, il faut bien avouer que j’ai toujours eu du mal avec les conclusions trop « ouvertes ».

Voila.
C’est tout pour moi !

Comme un goût d’ivresse

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Ce matin, je vous propose trois films que j’ai vu, et mon avis sur la question. Les trois sont dispo sur Netflix, ou toute autre plateforme de streaming de votre choix, il s’avère juste que je paye mon propre abonnement, donc j’ai fait avec le catalogue français.
Vous vous en doutez bien, je suis parti du côté LGBT de la force, et plus spécifiquement la premiere lettre de l’acronyme. Donc sans plus d’introduction, passons au premier titre !

THE FEELS

Sorti en 2017. De Jenée LaMarque, avec Constance Wu et Angela Trimbur.

Le thème central de ce film c’est l’orgasme, et en l’occurrence la révélation de l’absence d’orgasme vécu, chez l’un des personnages, et ça fout bien le drame dans un weekend d’enterrement de jeune fille supposément idyllique. Rien ne se passe comme prévu, les gens couchent entre eux, et le malaise est palpable tout du long.
Il y a comme une tension dès les premières minutes du film, on sent que quelque chose ne va pas et que ça va exploser, mais on ne sait juste pas exactement quand, et ça fout une pression mentale monstre.

Et quand enfin ça explose, ce n’est pas beaucoup mieux, et on finit par avoir le dénouement de la situation aux toutes dernières minutes de ce long métrage.

Si les fanfictions m’ont bien appris quelque chose, c’est qu’une bonne communication fait des miracles, et c’est ce qui manque à nos protagonistes.
Une communication si importante, qu’elle aurait pu nous éviter « The Feels », entre l’écriture des dialogues parfois hésitante, et l’absence totale d’alchimie entre les personnages.
Sans même parler des passages d’interview des persos en individuel face caméra, et que l’on nous indique jamais le pourquoi de ces interviews qui découpent le film. Bref, c’est un trajet pas forcément super intéressant, ni pertinent.

Je lui donne donc la note de Pénible/10. J’en ai entendu du bien, et pourtant je n’ai pas aimé, alors que je ne m’attendais pas à grand-chose. Comme quoi, les goûts et les couleurs hein.

LA LUCIERNAGA / THE FIREFLY

Sorti en 2015. De Ana Maria Hermida, avec Caroline Guerra et Olga Segura.

Un long-métrage Américano-colombien qui traite du deuil et de la façon de s’en relever, en quelque sorte.
Le film s’ouvre sur deux drames : le premier est une scène qui sera aussi celle de quasi conclusion, à une scène près. Et le second sera le fil conducteur du film.
Andrès, le frère de Lucia et futur mari de Mariana décède tragiquement. D’autant plus que le frère et sa soeur ne s’étaient pas vus depuis 3 ans. Ainsi, Lucia va soutenir sa « presque » belle sœur et l’aider à se rétablir de cet événement. Et ce de manière plus intime qu’elle ne l’aurait songé.

L’ensemble se déroule avec douceur et une certaine justesse du traitement de la thématique. Si on exclut la toute dernière scène du film, que j’ai personnellement trouvée assez glauque.
Mention spéciale également au mari de Lucia, carriériste, opportuniste et détestable à souhait, en plus il mâche son chewing gum la bouche ouverte. Y’a eu des morts pour moins que ça.

Il y a également par moments, des scénettes fictives, proches de la métaphore, à grands renforts de maquillages et d’effets de lumière, on ne comprend pas toujours tout, mais ça a le mérite d’être joli.

Dans l’ensemble c’est assez doux, et parfois poétique, la musique est adaptée et l’image est travaillée. Réelle alchimie des deux actrices, même si au début tout le monde a un peu la même tronche. Au moins on évite le cliché de la blonde et la brune, comme dans les trois quarts des couples de filles de la télé.

Je lui donne la note de Correct/10. Ca aurait pu être pire et pourtant on ne partait clairement pas gagnant.
Et en vrai j’ai passé un bien meilleur moment que devant The Feels. Du coup ça m’a motivé a en regarder un troisième !

LOVESONG

Sorti en 2017. De So Yong Kim, avec Riley Keough et Jena Malone.

Lovesong nous conte une histoire en deux étapes.
Il y a Sarah, une femme dont le mari est en déplacement professionnel quasiment en permanence, sa fille Jessie, et Mindy, la meilleure amie de Sarah, avec qui elle était à la fac.

Quand Jessie a 3 ans, et que Sarah semble clairement au bord de la dépression de devoir s’occuper seule de sa fille, elle invite Mindy à venir les voir, et les trois partent en road trip. Elles ont une aventure lors de ce voyage, et Mindy décide un peu brutalement de repartir chez elle au lendemain de leur nuit ensembles.

Puis on nous projette trois ans plus tard, les deux femmes ne se sont pas vues entre temps, mais se revoient à l’occasion du mariage de Mindy avec son compagnon.
Entre l’alcool et le stress, les deux se retrouvent éventuellement le temps d’un moment d’accalmie.

Lovesong n’est pas tant une histoire d’amour mais plutôt un conte un peu triste sur le fait de devoir laisser partir celleux qu’on aime, en particulier lorsque le timing était mauvais.

Je lui donne la note de Pesant/10, parce que même si on éprouve de l’empathie pour Sarah qui regarde son amie avec des yeux pleins d’amour tout le long du film, les circonstances font que c’est super compliqué pour elles de tout quitter.

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Voilà, ce n’était clairement pas une expérience des plus fantastiques, mais ça m’a permis de tuer le temps et de faire un article de mes nuits sans sommeil. A bientôt pour d’autres films moyens, bisou !

Come As You Are (2018)

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Celleux qui me connaissent depuis suffisamment longtemps savent que je me hype pour l’actrice Chloë Grace Moretz, après l’avoir vue botter des culs du haut de ses 13 ans, en Hit Girl pour le film Kick Ass. J’ai même vu un paquet de films où elle apparaissait, souvent pas très bons d’ailleurs. Pour n’en citer que quelques uns, il y a eu Let Me In (remake de Morse, film suédois), Dark Shadows de Tim Burton, le remake très moyen de Carrie ou encore Sils Maria (que j’ai trouvé assez chiant malgré la présence de Kristen Stewart que j’aime fort).
Du coup, quand j’ai appris qu’elle tenait le rôle titre d’un long-métrage indé primé au festival du film de Sundance, je n’ai pas réfléchi plus de trois secondes avant de hurler qu’il fallait que j’aille voir ça dans la minute.
Mais avant de se hyper, de quoi ça parle au juste ?

Come As You Are ou The Miseducation of Cameron Post en Version Originale (parce que quoi de mieux qu’un titre anglais pour traduire un autre titre anglais?); place notre histoire en plein cœur des années 90 aux Etats Unis.

Parenthèse : Dans tous les résumés que j’ai lu, ils disent qu’elle a 12 ans, mais quand la prof lui demande quelle année elle suit, elle parle de « Eleventh Grade », soit la Première, donc elle aurait plutôt 16 ans, et ça colle mieux avec la suite à mon humble avis.

Cameron donc, l’héroïne de notre histoire, est surprise dans les bras d’une autre fille lors du bal de promo de 93. Suite à cela, elle est envoyée au camp de conversion pour jeunes homos, sobrement appelé « God’s Promise » (La Promesse de Dieu). Et grâce à l’aide de Dieu donc, et à un savant mélange de psychologie freudienne, les pensionnaires du camp retournent miraculeusement dans le « droit chemin ».
Loin des siens, et entourée par des chrétiens finalement pas plus extrémistes que ceux qu’on croise ailleurs, mais en tout cas largement plus enthousiasmés dans leur mission divine; Cameron essaiera tant bien que mal de trouver sa place, entre mensonge et découverte de soi.
Une histoire de cheminement adolescent, au final assez universelle, et également très intemporelle, puisque toujours d’actualité concernant l’existence de ces camps de reconversion.

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J’ai donc été voir ce film durant mes petites vacances sur l’Île d’Oléron, parce que scandale, les cinés de ma ville ne l’ont laissé à l’affiche que trois petites semaines, et il a fallu que je m’exile sur une île pour parvenir à voir ledit film.
En revanche, je disais à l’ami qui m’accompagnait que j’espérais qu’il n’y ait pas trop de scènes un peu « graphiques », et manque de bol, à peu de choses près, le film s’ouvre sur une scène d’amour justement. Peu de nudité, fort heureusement, mais du sexe néanmoins.
Dans l’ensemble le film est assez chouette, et je pourrais m’arrêter là, mais bon, j’ai encore cinq demi feuilles pleines de ratures à vous retranscrire, donc je vais extrapoler mon propos.

Tout d’abord, la sensation du temps qui s’étire est très marquée, plusieurs scènes s’éternisent en longueur, du genre des fins de plans fixe qui ne s’arrêtent pas immédiatement après que l’action s’y soit déroulée, donnant à l’ensemble une sensation indéfinissable. On ne ressent pas le temps passer, mais pas dans le sens où tout se déroule très vite, mais bien au contraire, dans celui où l’on ne sait pas combien de temps s’en est réellement écoulé. Il n’y a aucune indication de date, beaucoup de répétitions de scènes, donnant à l’ensemble cet aspect un peu aliénant et créant ainsi une certaine forme d’empathie pour nos protagonistes.

La bande son est plutôt jolie, assez bien choisie, mais surtout franchement bien placée. Que ce soit en simple fond sonore ou quand celle ci s’arrête brusquement, la musique a un petit rôle non négligeable dans ce long-métrage.
Les passages de flash-back et de rêveries sont également plutôt bien dosés, offrant des périodes « d’entracte » à une réalité un peu affreuse.

Mon seul véritable regret concernant Come As You Are, c’est sa fin, qui est un peu trop ouverte à mon goût, et le fait qu’elle laisse certaines questions sans réponses. Toutes les « sous-intrigues » ne sont pas forcément expliquées, et certains backgrounds de personnages du second plan auraient peut-être mérité que l’on s’attarde un peu dessus.
Mais quelque part, c’est peut-être une juste retranscription du contexte du film. C’est à dire que chacun se tire plus ou moins dans les pattes pour être mieux vu par les responsables du camp, quitte à être largement égoïstes. Et quand egoïsme il y a, le destin des autres nous importe peu.
Mais à l’arrivée, c’est pourtant une forme d’entraide mutuelle qui les sauvera.

Pour conclure, Come As You Are n’est pas nécessairement le film du siècle, mais il est une touche agréable, et a au moins le mérite de faire passer un message, tenter de mettre en lumière voire de carrément dénoncer les pratiques d’un autre temps, qui ont encore lieu de nos jours.

Ce à quoi Cameron fait face est injuste et cruel, à savoir l’abandon.
Et tout le monde participe à lui faire payer cher pour le simple fait de vouloir vivre sa vérité. Deux choix lui sont offerts : se conformer à l’image que l’on attend d’elle, ou être abandonnée, encore une fois.
On peut la trouver un peu amorphe dans certaines scènes, alors qu’elle lutte intérieurement, essayant de jongler entre ce qu’on attend d’elle, et son identité véritable.
Elle essaye juste de s’en sortir sans faire de dégâts, mais personne ne lui facilite la tâche.

C’est d’autant plus touchant que c’est applicable à beaucoup de formes de différences sociales, Cameron est certes gay, mais c’est ici plus un prétexte de dénonciation qu’une fin en soi. Elle aurait aussi pu être trans, ou handicapée. Ça fait simplement partie d’elle, elle ne peut s’en défaire, et ne tient d’ailleurs pas à le faire.
Quelques unes des répliques font d’ailleurs mouche, et touchent très juste.

Ce film est d’une incroyable justesse à tout un tas de niveaux, dans son déroulement comme dans sa façon de dépeindre la nature humaine parfois imprévisible mais surtout spécifiquement crasse.
Un tableau de quotidienneté, pour une fable pas si loin de la réalité.

Ethnologie d’un jeu pourri

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#PUGLIFE

#PUGLIFE

Avec un titre pareil vous vous attendez probablement à ce que je vous décortique le dernier jeu vidéo sorti, alors qu’en fait, pas du tout. Ce dont il s’agit aujourd’hui, est à propos d’une expérience récente autour du fameux « jeu de la bouteille ».

Alors le jeu de la bouteille, c’est quoi ? Et bien il s’agit de s’asseoir en cercle avec une bouteille au milieu, et de la faire tourner jusqu’à ce qu’elle désigne une première personne en s’arrêtant, puis une deuxième après un second tour. Et ces deux personnes désignées doivent alors se rouler des gamelles. Et je ne parle bien évidemment pas de nourriture.

J’ai donc, lors d’une récente soirée, pu jouer à ce fameux jeu, pour la première fois de ma vie.
Il faut savoir que, lorsque j’étais adolescent, je n’étais jamais convié à y jouer, par manque de popularité personnelle. Et ce fut une expérience sociologique assez fascinante, mais pour comprendre pourquoi, il me faut poser un brin de contexte.
Nous étions une dizaine de participants, dont seulement deux filles, et une seule des deux était célibataire. Nous l’appellerons Marguerite, et si elle me lit, elle saura pourquoi (et elle me cognera si elle en a l’occasion).

Marguerite donc, était à ma gauche. Et « étrangement », quand la bouteille désignait très légèrement entre nous deux, c’était toujours pour elle.
Et je parlais plus haut de véritable expérience sociologique, parce que Marguerite, qui n’avait jamais eu l’occasion de jouer plus jeune, pour des raisons similaires à la mienne ; elle et moi donc, nous avons pu constater à quel point ce jeu est probablement le jeu le plus hétéro-centré qui soit.
Parce que si par malheur, le destin –la bouteille quoi– décidait que deux garçons devaient s’embrasser, on assistait alors à une démonstration de testostérone no homo, à base de poignées de mains viriles, ou de câlins où on se tape très fort dans le dos. Vous savez ? Ces tapes dans le dos où plus tu envoie ton pote à l’hosto, moins tu seras considéré comme « pédé ».
Et quand l’un des garçons osait un brin d’audace, si l’autre était embrassé plus ou moins de force, c’était à grands coups d’éclats de rire des spectateurs et d’exagération des protagonistes sur à quel point cela pouvait être une intrusion dégradante et que clairement ils n’étaient pas consentants à être ainsi embrassés. Je grossis un peu le trait, mais l’idée était là.

En revanche, quand Marguerite tombait sur l’autre fille grâce à l’astucieuse désignation par bouteille, quasiment toute l’attention masculine de la pièce était sur elles, qui bien évidemment se faisaient un peu plus qu’une poignée de mains.
Marguerite m’a avoué se sentir un peu comme le morceau de viande de service, tandis que je me sentais lésé par le manque d’action décidé par la bouteille.

A l’arrivée, l’alcool aidant, les lèvres de Marguerite ont rencontré la majorité des bouches des autres personnes de la soirée, à l’exception de deux. Celles de son ex-compagnon, présent pour l’occasion, et les miennes, parce que je suis un gentleman. Et que je me refusais à l’idée que mon premier baiser avec Marguerite soit aussi dénué de sens et d’intention. Mais je suis probablement un grand romantique, dans une période qui n’y est plus trop favorable.

Au final, qu’en conclure ? Que le consentement c’est important, au point que ça devrait être un slogan. Qu’être homosexuel c’est mal vu, mais que les lesbiennes c’est bien plus excitant que réellement dérangeant, enfin, à condition qu’on puisse se rincer l’œil hein, faut pas déconner.
Et ma conclusion est bien évidemment teintée d’un soupçon parpaing d’ironie. Je vous laisse vous faire votre propre opinion.
Le bisou sur vos fronts, et à très vite !

J’ai beaucoup pensé à toi

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rainbow-tayvay

Entre deux chapitres de ma dernière trouvaille de fanfic, j’écoutais des vieux trucs qui étaient dans mon lecteur mp3 quand j’avais 15 ans. En sachant qu’il faisait 250 mega-octets, j’avais intérêt à aimer très fort les même pas 20 chansons contenues dedans, moi et mes 2h de trajet quotidien pour le lycée. Entre autres daubes du début des années 2000, il y avait du t.A.T.u., et oui je l’écris encore correctement, chut. D’ailleurs j’ai déterré hier les deux premiers albums d’un carton en rangeant ma chambre. Mais je m’égare.

Entre autres merdes musicales que j’affectionnais tant donc, il y avait « Lola » de Superbus. Que j’écoute donc en boucle actuellement, pour les besoins de cet article.

Là où je voulais en venir aujourd’hui, c’est vous extrapoler pourquoi la représentation positive des LGBT+ dans les médias, c’est super important.
Parce que quand j’étais ado, j’étais convaincu d’être un monstre, à cause de mon attirance pour les filles. Et ça peut paraître stupide avec le recul, parce que le groupe t.A.T.u. n’était qu’un gros flan médiatique, mais ça m’a rassuré en un sens, de savoir que l’homosexualité était possible à ce moment là. Et si on ne peut pas vraiment dire que l’homosexualité est un « thème » et encore moins « à la mode », il n’empêche que les éléments médiatiques positifs sur la question y’a 10 ans de ça, émergeaient à peine sur nos écrans et nos radios.

Je me rappelle par exemple d’une série bien perrave que je regardais en douce parce que ça passait à 22h30, « Hex la Malédiction ». Alors si je ne me souviens pas bien du déroulé, y’avait une fantôme lesbienne dedans, et il lui arrivait tout un tas de conneries, mais les scènes fantasmées étaient assez cool. Et puis y’avait un Michael Fassbender pas encore connu dedans. Et même si j’avais déjà conscience que c’etait vraiment nul, ça me mettait des papillons dans le ventre de voir des personnages de fiction auxquels je parvenais à peu près à me raccrocher. Du coup je m’enfourguais des tonnes de séries nazes de cette époque parce que je crevais d’envie d’avoir des représentations mentales issues de séries pas juste underground, pour me rassurer quant à ma condition de je-ne-suis-pas-un-monstre.

Je me rappelle aussi dans ces années là avoir mis la main sur l’intégrale de Buffy the Vampire Slayer. Et même si on dira ce qu’on voudra sur la disparition de Tara, il n’empêche que ce n’était pas si « gratuit » que ça, même si je ne m’en suis jamais remis, la relation entre elle et Willow était saine, et même si la scène finale de l’épisode Seeing Red est absolument choquante et inattendue, les ficelles scénaristiques étaient là depuis un moment. Rageons tant qu’on veux, mais pour l’époque, une relation aussi longuement établie entre deux nanas, c’était relativement révolutionnaire. Parce qu’elles n’étaient pas définies par leur relation commune, ça faisait partie de leurs personnages, mais ça ne s’arrêtait pas qu’à ce détail.

Là où je veux arriver, c’est que la représentation c’est super important. Parce que ça permet à des gens, surtout aux plus jeunes, de s’identifier à autre chose qu’au mec cis blanc comme un cul, hétéro qui occupe 80% de nos écrans (les 19% restant étant pour son acolyte féminine qui lui fait aussi office de love interest).

Et pourtant j’en vois encore s’offusquer que l’agenda LGBT+ prends de plus en plus de place sur nos écrans. J’ai envie de dire cry me a river, parce que ça tombe bien, nous sommes aussi très présent dans la vraie vie réelle. Donc je vois pas pourquoi nous n’aurions pas autant d’espace visuel que les cis-het?

Plus sérieusement, et plus calmement, la représentation, non contente d’être effective, devrait aussi être positive. Je reviens souvent là dessus mais y’en a assez de voir que les queers crèvent rapidement, à partir du moment où ils apparaissent plus de deux épisodes consécutifs dans une série. C’est quoi cette espèce de croyance populaire que sous prétexte que « ces gens là » sont hors normes, ils n’ont pas droit à leur part de bonheur? Parce que à vivre différemment, il nous faut forcément une fin tragique/brutale/rapide?
Alors certes en étant LGBT++ y’a d’autant plus de chances qu’il nous arrive des bricoles, mais j’ai bien envie de souligner que les séries/films/jeux/bouquins sont fait pour s’évader, pas pour nous rappeler qu’on a un trop gros pourcentage de potentialité de se faire harceler/casser la gueule/pousser au suicide.

Je dis stop. Il suffit. Moi j’ai envie d’être heureux pour prouver à tous ces clichés et ceux qui les colportent qu’ils sont dans le faux.
J’ai envie de dire à tous les jeunes queers, bi, trans, gays, lezgirls, non binaires et autres agenres, et j’en oublie probablement dans mon listing; d’arrêter de croire ce que vous dit la télé. Vous pouvez, vous SEREZ heureux putain. Même si ça prend du temps, même si les gens sont des cons. Prouvez leur qu’ils ont tort à ces connards de merde.

Pour finir, je dirais que si le fond de cet article vous pose problème, si vous pensez qu’il n’y a pas réellement de problème de représentation, c’est peut-être parce que vous êtes déjà sur-représentés.

Les yeux cernés de noir

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Une fois n’est pas coutume, le titre est en français. Je titre généralement mes articles en fonction de ce que j’écoute à ce moment là, et pour une fois, ça me semblait adapté alors que c’est du Mylene Farmer. Non je n’ai pas honte.

Je voulais revenir sur un truc qui semble tous vous faire bien marrer: le fait qu’à présent, je sois hétérosexuel, après des années à m’identifier comme gay (je n’ai jamais vraiment aimé me coller le terme de « lesbienne »).

Alors certes, ça a quelque chose d’assez drôle, mais pour moi c’est avant tout une perte totale de repères. Parce qu’en définitive, je reste exactement le même individu, avec les même goûts musicaux, le même penchant pour les rouquines, la même fascination pour les clavicules, et la même sale habitude de dormir n’importe quand.

Là où je veux en venir, et j’en ai déjà un peu parlé il y a pas si longtemps, c’est que des fois, j’ai du mal à savoir vers quoi me diriger. Et je ne parle pas seulement de mes éventuelles relations amoureuses, avec la problématique du « qui va vouloir de moi du coup? ».

Non, je parle aussi du fait que, il est devenu pour moi quelque peu délicat d’avoir cet amour des relations f/f dans les médias (série télé, bouquins, films, jeux vidéos etc.), et j’ai l’impression que mon avis aurait du coup bien moins d’impact quand il s’agit de défendre la cause LGB, avec le T volontairement mis de côté. J’ai aussi la trouille de passer pour un gros creep quand je dis porter dans mon cœur tel ou tel couple exclusivement féminin.

Sans compter que, ayant baigné volontairement toute mon adolescence et même après dans les lezmovies, une grande partie de ma culture ciné, de mes repères émotionnels, se rattachent à des filles.

Sauf que du coup, je suis un garçon hétéro. Et que du coup ça colle pas trop à mon imaginaire, celui que j’alimente avec des fanfics, avec des artworks non officiels, et j’en passe.

Et de ce fait, j’ai peur de passer pour le cliché du mec hétéro qui se paluche sur les lesbiennes. Je grossis un peu le trait mais ma crainte est véridique.

Je m’éloigne un peu du sujet mais, je sais aussi que je ne serais jamais le gars ultra macho-manly, sombre et mystérieux, et toutes ces conneries.
Non, je serais un mec sensible, qui as des « goûts de pédé », et qui sans l’avouer, aime bien les escarpins, et qui as à peu près un sens de l’esthétique vestimentaire.

Je finirais sur une note qui n’as rien à voir avec le début, mais je trouve que y’a un gros problème de normativité dans la représentation des mecs transgenre. Ce sont tous des éphèbes soit minces soit musclés, tatoués, avec des écarteurs dans les oreilles, et un regard de loveur.
Je mentirais en disant que je ne souhaite pas leur ressembler, mais dans tous les milieux, il y a de la diversité, et j’osais espérer que le milieu Trans* y fasse exception. Manque de bol, je m’etais trompé, personne n’échappe aux diktats.

Well I’m not blaming you

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Hier, c’etait la journée Internationale du Coming-Out.

A ce titre, j’ai publié un court statut sur le facebique, que je m’apprête à extrapoler un peu aujourd’hui. Principalement parce que je n’ai pas sommeil et que beaucoup de choses me travaillent. Il est actuellement 3h30 du matin, je précise.

Le Coming-Out, ou « sortie du placard » en français, est un processus délicat et qui demande énormément de courage autant que de chance et/ou de hasard. Je rappelle, à ce titre, que même lorsqu’une personne affiche publiquement son orientation ou quoi que ce soit d’autre, il est de votre devoir de ne pas en parler à sa place. Outer quelqu’un est aussi irrespectueux qu’intrusif et irresponsable. Ça peut blesser. Même, et surtout dans le cadre d’une personne transgenre. Y’a toujours une meilleure façon de présenter les choses autrement que « voilà machin, il est trans ». Voilà, machin, c’est un pote et il s’appelle ainsi. Point.

Toujours est-il que le procédé du coming-out est absolument personnel et intime. La personne s’ouvre à vous, et c’est de votre devoir de réagir avec bienveillance, dans la mesure du possible. Même si vous êtes violemment contre de par vos convictions, alors cassez-vous de ce blog vous n’êtes pas en position de juger. Jamais.

Et à tous ceux qui me lisent aujourd’hui, et qui sont encore planqués, sachez simplement que rien n’est jamais facile, mais que, croyez moi, quand la vérité sort au grand jour, on se sent soulagé d’un poids énorme, que l’on ne mesurait pas jusqu’à lors. Simplement, ne vous pressez pas, prenez votre temps, saisissez les opportunités quand elles se présentent. La décision vous appartient.
Sachez également qu’on ne s’oute jamais qu’une seule fois. C’est une action qui sera répétée toute une partie de votre vie, pas forcément à chaque nouvelle personne que l’on rencontre, mais à chaque fois que l’on sent que c’est nécessaire.
Courage à chacun et chacune d’entre vous. Amour sur vos fronts.

Top (presque) 50: « Lezmovies »

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Merci Paint pour ce montage dégueulasse.

Merci Paint pour ce montage dégueulasse.

Bonjour à tous. Un article long en perspective, enfin surtout pour moi côté coulisses. Mais il y a quelques jours de cela, je suis tombée sur un top « the 100 best lesbian movies of all time ». L’article se targuait donc de nous présenter 100 bons films sur le thème fille/fille. Déjà n’allez pas me faire croire qu’il en existe 100 de biens, et à y regarder de plus près, leur top a été fait (selon moi) par quelqu’un qui avait mauvais goût. Pour ma part j’ai leché mon bras, ça avait une saveur de tabac froid, mais j’estime avoir quand même plus de goût que la personne qui as écrit ce torchon. Oui. Cette blague est aussi nulle que perturbante, bref, passons.

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Commençons donc par nous débarrasser de quelques titres. Le top comptait un certain nombre de films dont je ne prendrais pas la peine de résumer, puisqu’ils sont déjà présents dans La Selec’, et surtout parce qu’ils ne sont, à mon sens, pas indispensables à votre bibliothèque mentale personnelle.

La liste est pas trop longue, je vais donc l’établir ci-dessous.

◄ The truth about Jane
Un avis mitigé sur celui là, mais au final on ne le garde pas.

◄ La vie d’Adèle
Vous savez déjà ce que j’en pense, ne me relancez pas sur ce film.

◄ High Art
Chiant à mourir.

◄ Mulholland Drive
Je ne l’ai qu’à peine compris.

◄ Naissance des Pieuvres
Non. Chut. Arrêtez. Il est mauvais.

◄ If these walls could talk
Je n’en garde pas une impression impérissable sincèrement. Il n’est pas nul, juste… plat.

◄ My summer of love
Celui là aussi il est nul. Et pourtant bien placé dans le top d’origine. Malgré Emily Blunt, c’est non.

◄ Circumstance
Ah mais ça suffit. Non seulement c’est mal foutu mais en plus la fin est très confuse.

◄ Saving Face
Bon celui là n’est pas foncièrement naze, au contraire, mais je n’ai pas eu l’occasion d’apprendre le chinois plus que ça, vu que je n’avais pas les bons sous-titres au moment du visionnage.

◄ Four-Faced Liar
Je n’ai même pas réussi à tenir jusqu’à la fin du film. C’est dire.

◄ Better than chocolate
J’ai toujours eu du mal avec le frontal nudity, ce film n’échappe pas à la règle.

◄ All Over Me
Parce que je ne m’en souviens pas assez, et que je n’avais pas la foi de le retrouver pour le revoir.

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Les films qui ne sont pas dans le top sont nombreux, pour deux raisons. Soit je n’ai pas eu le temps ou l’occasion de les voir. Soit ils sont sortis ces trois dernières années et du coup je n’en ai pas forcément entendu parler jusqu’à ma lecture de l’article dont je parle au début de ce top. En vrac on trouve dans ma liste de « pas vu mais pourtant connu » (enfin je crois):

▼ The incredibly true adventure of two girls in love
▼ Heavenly creatures
▼ The kids are all right
▼ Les filles du botaniste
▼ Itty bitty titty committee
▼ Gia
▼ Go fish
▼ The night watch (bien qu’il s’agisse d’une autre adaptation d’un Sarah Waters)
▼ Aimee & Jaguar
▼ Rent (et pourtant j’adore les films chantants)
▼ Spider Lilies

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On passe donc au top en lui même. Qui est pour le coup un top 22. On se refait pas, j’ai merdé dans mes calculs… Mais avant toute chose, sachez que je n’ai que peu ou pas du tout pris la peine de faire un résumé du film. Notamment parce que je ne suis pas Wikiciné ou Allopédia.

■ 22. The Secret Diaries of Miss Anne Lister
Celui là pareil, je ne l’ai vu qu’une fois et il ne m’a pas imprimé plus que ça. Mais bon. Mon souvenir ne sonne pas négatif, donc à voir si vous avez du temps à tuer et que vous aimez bien les costumes victoriens.

■ 21. Affinity
On a donc deux Sarah Waters d’affilée dans ce top. Celui là m’avait plu, mais dès les premieres minutes on sent que ça ne va pas bien se dérouler et qu’on va semer nos émotions en route. Et puis il fallait bien des noms pour la fin de la liste hein.

■ 20. Nina’s Heavenly Delights
Une intrigue de filles qui s’aiment pendant un concours de cuisine indienne. Moi j’achète.

■ 19. It’s In the Water
Je me rappelle avoir beaucoup ri en regardant celui là, le grain du film fait plus vieux qu’il ne l’est vraiment, l’histoire est teintée d’humour, et ça se laisse regarder sans trop se poser de questions.

■ 18. Fucking Amal / Åmål
J’suis fâchée avec les accents de toute façon. Un film mignon avec un soupçon de drame, mais clairement pas celui qui aura le plus retenu mon attention.

■ 17. The Hours
Un casting de renom (Nicole Kidman, Julianne Moore, Meryl Streep…) et une intrigue autour de Virginia Woolf et de son roman Ms Dalloway sur trois époques différentes. La musique est chouette aussi.

■ 16. Tipping the Velvet
Vous allez me dire que je vous saoule avec Sarah Waters, mais moi j’y peux rien si elle écrit essentiellement des romans avec des héroïnes gay dedans. Donc celui là, pour l’avoir lu et vu, sachez que le bouquin est bien meilleur, bien que pas conseillé aux gens impressionnables à la lecture de scènes de fesses.

■ 15. The Runaways
Plus proche du biopic que du réel lezmovie, le film nous conte les tribulations des débuts de Joan Jett dans le monde impitoyable de la musique. Et même que y’a Kristen Stewart toute pipou dedans et qu’elle joue BIEN, bazar. Arrêtez de lui cracher dessus, moi je l’aime.

■ 14. Chloé
Avec Julianne Moore et Amanda Seyfried. Une histoire de manipulation et de tromperie pleine de twists. C’est pas réellement un lezmovie, mais les bisexuelles ça compte aussi. Moi j’ai beaucoup aimé.

■ 13. Gray Matters
Heather Graham se rend compte qu’elle en pince grave pour la future femme de son frère avec qui elle a une relation fusionnelle. C’est très drôle même si c’est parfois un peu le bordel.

■ 12. Girltrash: All Night Long
Le film tiré d’une webserie abandonnée avec tous un tas de caméos et de guest. Du fanservice en veux tu? En voila! Avec notamment les deux nanas de la série South of Nowhere. Y’a aussi deux actrices qui ont passé quelques saisons dans the L Word. Même que dans la webserie y’a une brève apparition de Amber Benson (Tara, dans Buffy contre les Vampires) mais elle n’est malheureusement pas au générique du film. C’est fort dommage.

■ 11. Monster
Avec Charlize Theron et Christina Ricci (!!). Un film aussi émotionnant que difficile. Tiré d’une histoire vraie, en gros ça narre la descente vers l’enfer d’un duo de deux femmes, où chacune fait des choses un peu moches pour satisfaire l’autre. Je n’en dis pas plus, mais c’est vraiment à voir.

■ 10. Boys Don’t Cry
Je parlais juste au dessus de films difficiles, mais alors celui là, il est vraiment hard. Egalement tiré d’une histoire vraie, c’est bien plus l’histoire d’un garçon trans que vraiment celle d’une nana gay. A voir en journée, avec des copains-calins à portée de main, et une boite de mouchoirs.

■ 9. Kyss Mig
Un film suédois que j’ai regardé avec des sous-titres en anglais, en plein milieu d’une nuit blanche, autant vous dire qu’on partait pas gagnant. Et pourtant le film est sympathique, suffisamment léger et pas trop prise de tête pour gagner des places dans le classement. Bon y’a un peu de drame hein, sinon le film serait plié en 20 minutes, mais voilà, c’est sympa.

■ 8. Bound
Je ne l’ai vu qu’une seule fois, certaines scènes m’ayant un peu gêné. Mais dans l’ensemble il est plutôt bien fichu, et la fin n’est, pour une fois, pas prévisible. Un classique donc.

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Prenons une petite pause dans ce top, vous avez les yeux tout secs à lire aussi intensément ou a scroller comme des enflures, bref, prenez un mouchoir et essuyez vous les globes oculaires (c’est sale dit comme ça…), parce qu’on attaque le gros du morceau. A partir d’ici, c’est devenu vraiment difficile et complexe de faire un choix. Je les aime tous sans exception, je me suis surtout basé sur le nombre de fois où je les avais vu chacun. Ah et je précise que c’est un top 7 totalement arbitraire. Bref. C’est parti!

■ 7. Lost and Delirious
Avec une Piper Perabo qui sort tout juste de Coyote Girls, Jessica Paré bien avant qu’elle fasse Mad Men, et Mischa Barton qui ne sert encore une fois pas à grand chose. Y’a aussi d’autres acteurs qui sont depuis super connus genre Caroline Dhavernas (Hannibal), mais comme le film date de 2001 personne ne savait encore qui c’était à l’époque. Bref, malgré des actrices toutes pipou et des uniformes d’écolieres, on ne retrouve ce film qu’en 7e place, parce que même si il est vraiment pas mal, il n’est pas non plus excellent.

■ 6. Fingersmith
Vous êtes sûrement étonnés de ne voir celui ci qu’en 6e place, avec tout le foin que j’ai fait autour de cette énième adaptation par la BBC d’un roman de Sarah Waters, que j’ai même dans ma bibliothèque. Et pourtant ce téléfilm présente un défaut majeur. A l’image du pavé qu’il fait sur papier, il est aussi long en version filmée. C’est un peu long, rien n’est inutile mais, trois heures faut se les enquiller. Et même s’il est coupé en deux épisodes (ou trois selon les versions), on parle de 2005, ou la norme ciné était encore de moins de 2h.

■ 5. But I am a Cheerleader
La tête de l’héroïne vous dit probablement quelque chose maintenant que le monde entier a vu Orange is the New Black. Mais en l’an 2000, Natasha Lyonne n’est pas plus connue que ça, et elle joue à merveille la nana un peu niaise qui tombe pour Clea DuVall. On note aussi la présence au casting de RuPaul et Cathy Moriarty (la méchante dans Casper). Ce film n’est vraiment pas à prendre au serieux, avec ses couleurs pastel dégoulinantes et une exagération absolument délicieuse de ces camps religieux pour vous faire redevenir hétéros.

■ 4. Loving Annabelle
Celui ci a mis longtemps à trouver sa place dans ma liste. J’ai dû le revoir plusieurs années après le premier visionnage pour réellement l’apprécier. Malgré les défauts majeurs comme certaines ficelles scénaristiques, la mono-face de l’héroïne ou encore la fin plutôt ambiguë; Loving Annabelle a ce petit goût d’adolescence et de fantasme dont je ne parviens à me défaire.

■ 3. I Can’t Think Straight
C’est de l’avoir vu placé 98e sur le premier top qui m’a filé un coup de fouet pour rédiger cet article. J’adore ce film. Je l’ai vu bien 5 ou 6 fois. Okay l’affiche est aussi approximative que certains accents des acteurs, mais y’a une telle alchimie entre les deux actrices principales que je suis scandalisé par ceux qui n’aiment pas ce film. D’accord, les twists sont super prévisibles, okay la musique est parfois mal choisie, mais bazar, ce film est une petite perle bourré d’humour et de plans inoubliables qui m’ont foutu des papillons dans le ventre.

■ 2. D.E.B.S. / DEBS
LE film qui ne se prend vraiment pas au sérieux. Tiré d’un court métrage du même nom, et réalisé par la même personne à l’origine dudit court. Ça cabotine un peu, certaines scenes sont aussi mémorables qu’absurdes, et la bande originale défonce (The Cure, Robots in Disguise, Erasure…). Bref, Jordana Brewster (Fast and Furious) en super méchante face à l’équipe des Debs, pas forcément aussi connes que l’on s’y attendrait, chapeautées par Michael Clarke Duncan (La ligne verte) et Holland Taylor (super connue mais j’ai oublié pour quoi).
Ce film c’est le genre de petit plaisir inavouable qu’on assume quand même. C’est parfois too much, mais qu’est-ce que c’est chouette!

■ 1. Imagine Me & You
Et oui. Je dois avouer qu’entre lui et DEBS j’ai vraiment longuement hésité. En terme de nombre de visionnage on est au coude à coude. Mais Imagine Me and You c’est vraiment LA comédie romantique britannique par excellence dans sa catégorie (la catégorie gay ndlr).
Avec Piper Perabo, encore, et Lena Headey que j’aime d’amour. C’est notamment à cause de ce film que je n’arrive pas à détester Cersei, que Lena Headey incarne dans Game of Thrones.
C’est typiquement le genre de films qui va faire du bien au moral, parce que tout mignon et sans prise de tête, sans pour autant être bête. C’est l’exquise cerise sur la pièce-montée.

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Je vous remercie d’avoir suivi ce long et éreintant top presque 50, qui m’a pris un peu plus de 3h de boulot (ouais je sais, on dirait pas comme ça…).
C’était Petit Kao pour vous servir, merci et à vous les studios!

You had me begging for treats

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Bon, les gens, je pensais que tout allait bien, que vous étiez tous mignons avec vos photos de profil bariolées d’arc-en-ciels et tout ça, et puis j’ai lu deux trois petites choses qui m’ont clairement gêné. Va falloir faire une petite mise au point de ce pas, et le premier qui chante du Jackie Quartz je le frappe.
Aujourd’hui on parle mariage, et je vais pas y aller avec le dos de la pelle.

Le mariage c’est pas utile.
A quand le divorce gay?
C’est juste symbolique.
Pourquoi vouloir les même
emmerdes que les hétéros?

Déjà on sent bien le clivage homos vs. hétéros dans ces propos, et c’est parfois un peu limite, mais passons.
Le mariage? Pas utile? Et si jamais on veut des gamins, ou se consoler avec l’héritage de l’autre en cas d’accident? Pourquoi personne ne pense à ce genre de détails sérieusement?
Peut-être parce qu’on ne pense pas un seul instant que gay ou pas gay, le parcours de vie peut être sensiblement similaire. On en revient donc au dernier point, du pourquoi vouloir les même « emmerdements » que les hétérosexuels? Bah je sais pas moi, peut-être parce qu’on est aussi des gens normaux, comme tout le monde, et que par conséquent nous aussi on veut avoir le loisir de pouvoir s’enterrer dans une vie « chiante » avec une maison, un chien et 2,5 enfant.

Je reviens souvent là dessus, et pourtant apparemment j’insiste pas assez, mais ce n’est pas tant une histoire de vouloir se marier, mais bel et bien d’en avoir la possibilité. Beaucoup d’hétéros de ma génération et de la précédente ne croient plus au mariage, et pourtant personne n’est venu proposer de le supprimer purement et simplement, que je sache?
Ce n’est pas parce qu’on ne veut pas d’un truc à notre échelle, qu’on doit pour autant militer pour que personne d’autre n’en profite. Et là je spoile un peu le scénario de la manif-contre-tous. Mais je m’égare.

Je voulais revenir sur cet argument central de la symbolique.
Je vois pas en quoi c’est mal déjà. D’une part parce que les LGBT+ n’ont pas de terre promise, et mis à part une vague allusion aux grecs de l’antiquité, n’ont pas d’histoire ancestrale. Donc que nous reste-t’il? Des combats contemporains.
Les gens croyants et les gens moins caucasiens baignent dans la symbolique de leur histoire en permanence. Là où je veux arriver sans trop me perdre en route, c’est que la symbolique, c’est vachement bien, c’est un truc auquel on peut se rattacher, ou y faire référence selon tel ou tel contexte.
Donc ouais, d’un point de vue plus récent, le mariage c’est super symbolique, mais c’est pas une mauvaise chose en soi. J’ai autant le droit de rêver à un beau mariage en costume royal, que la première hétéro venue. Et je dois avoir la possibilité de le faire autant qu’elle.

Pour finir, parce que je sens bien que j’suis en train de dériver loin du sujet, je vous dirais que si cela ne vous réjouit pas plus que ça, c’est potentiellement parce que ça ne vous concerne pas.
Mais ce n’est pas pour autant une raison de cracher sur nos célébrations .