La demisexualité, ce n’est pas ce que vous croyez

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Que je suis drôle !

Après avoir vu passer un article plusieurs fois relayé par mes contacts sur « la demisexualité, cette orientation méconnue », et un sacré festival de commentaires de gros beaufs en dessous, j’ai décidé de m’attaquer en toute humilité à ce sujet.

Avant toute chose, comme d’habitude, je ne possède pas la vérité absolue etc etc, faites vos contre-recherches aussi hein.

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Demisexuel·le : Définit une personne pour qui il est impossible d’avoir la moindre attirance sexuelle pour quelqu’un sans avoir au préalable une forte connexion émotionnelle.
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La demisexualité, véritable orientation pour les uns, gros bullshit pour les autres, est avant tout une façon d’appréhender les relations, amoureuses comme charnelles. Il s’agit d’une sous catégorie sur le spectre de l’asexualité (l’absence totale d’attirance ou d’intérêt pour ces questions là), spectre qui va jusqu’à ce qui semblerait s’appeler l’allosexualité (l’attirance au sens le plus commun).

Et là où cela devient intéressant, c’est que la demisexualité n’est pas une orientation au sens strict du terme, dans la mesure où c’est un indicateur de sa propre capacité à entretenir des relations qui mènent à faire des fanfreluches. Il s’agirait plutôt d’un adjectif, à coller avec sa propre orientation (hétéro/homo/bi-pan…), permettant de préciser un peu plus son mode de fonctionnement.

En soi, ce n’est pas indispensable de le préciser, puisque cela ne détermine pas par qui vous serez attirés, mais plutôt de comment vous serez attiré vers les autres.

Le seul point de doute sur la classification des demis, c’est que, au même titre qu’une orientation sexuelle/romantique, il n’y a aucun choix de fait. On ne choisit pas de ne pas pouvoir concevoir les coups d’un soir, on ne choisit pas non plus de ne pas pouvoir envisager quoi que ce soit sans une forte relation amicale pré-établie. Du coup, le terme de demisexuel a émergé, parce que des gens se reconnaissaient dans ce mode de fonctionnement instinctif pour elleux.

Et là vous allez me dire « mais ça sert à rien de faire rentrer des gens dans des cases toujours plus petites! ».
Et je vous répondrais que vous n’avez pas nécessairement raison, mais pas seulement.

Les étiquettes, ont cet avantage là, qu’elles rassemblent, qu’elles nous font savoir que nous ne sommes pas seuls à fonctionner de telle ou telle manière, et c’est aussi vrai pour les pathologies psy et leurs myriade de symptômes, que pour la vie amoureuse.
Je ne suis pas en train de dire que la vie privée est un handicap et que la sexualité est une maladie. Alerte terrain glissant. Non, là où je veux en venir, c’est que s’il n’y a pas 50 orientations sexuelles différentes au sens strict, il y a plein de façons d’envisager celles-ci individuellement. Et également, que si les cases ont cet aspect rassurant, il y a une différence entre se revendiquer de tel ou tel bord, et se voir affublé d’une étiquette par les autres.

Les cases ce n’est pas foncièrement mauvais, tant qu’on n’essaie pas de réduire au maximum, à être le plus précis possible. L’intérêt de la manœuvre, c’est de se multi-classer, parce que l’on peut facilement être présent dans plusieurs boites sans posséder le moindre don d’ubiquité.
C’est ça la force de l’être humain, celui ci est multiple, tant dans le fond que dans sa forme.

Pour conclure, si la demisexualité n’est pas une orientation sexuelle et/ou romantique à proprement parler, elle reste une manière de concevoir les relations qui n’en demeure pas moins réelle et légitime.

I’ve got thick skin anyway

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Because life is rough, here's a bunny.

Because life is rough, here’s a bunny.

Ces derniers mois, je vais bien. Ça faisait un paquet d’années que je ne m’étais pas senti aussi bien, aussi raccord avec moi-même, aussi en phase avec mon dedans.

Mais, car évidemment il y a un « mais », je me rends compte parfois, que passer autant d’années à aller si mal ça laisse des traces. De ce fait, il arrive de temps à autre, pendant quelques instants de déconnexion totale, généralement en fin de journée, que je laisse errer mon esprit vers des eaux plus sombres.
Ce sont quelques secondes de pseudo-doute, de questionnements existentiels soudains, de « mais qu’est-ce que je suis en train de faire? ». Et ça me prend quelques minutes pour me remettre à rationaliser, à m’auto-expliquer que mes diverses démarches ne sont que positives, et j’ai tout un tas d’exemples pour me convaincre immédiatement.

Mais ces instants de déconnexion demeurent néanmoins. Et même si je ne l’admets que rarement aux professionnels de santé qui me suivent, ils existent, et me font parfois un peu peur. Parce que lesdits professionnels de santé, je pense notamment à ceux qui me suivent pour la part psy, leur avouer un truc pareil, donnerait raison à leurs craintes. Leurs craintes que, compte tenu de mon état de santé, avec la co-morbidité et toutes ces conneries sur papier, que je suis dans le faux, dans l’illusion. Que je n’ai démarré ma transition que par lubie temporaire, et que je vais conséquemment droit dans le mur.
Alors qu’en vrai, je suis convaincu que ce ne sont que des « restes » d’angoisses latente.

De la même façon, quand je pense à mon avenir, l’angoisse remonte, et me prends aux tripes, ou plus précisément, au cérébral. Pour exemple, j’ai envoyé ma demande d’allocs y’a quelques semaines, et je n’aurais la réponse qu’en février/mars, de savoir si mon unique revenu financier, indispensable pour vivre, m’est coupé ou non.
Et quand j’y accorde quelques secondes pour savoir qu’est-ce que je vais bien faire si jamais cela arrive, qu’effectivement ma demande d’allocation est refusée, la réponse immédiate apparaît en lettres d’or dans ma tête: me foutre en l’air.

Je n’ai pas de pensées suicidaires ou particulièrement d’idées noires, mais je parlais plus haut du fait que des années à aller mal laissent des traces, bah là on est en plein dedans.
Etant ado, j’ai passé énormément de temps à planifier mon suicide comme je planifierais mes vacances, à rationaliser froidement ma propre mort. A réfléchir à toutes les lettres qu’il fallait que je rédige, aux démarches qu’il me fallait entreprendre avant mon départ, aux diverses formalités indispensables pour partir sans inquiétude. Le tout de façon excessivement détachée.

De ce fait, quand j’ai une grosse source d’angoisse, la réponse toute prête qui poppe dans ma tête, c’est toujours de mourir. Quoi que je fasse, quelque soit mes liens avec l’humanité, constamment, crever serait la solution de facilité.

Et je ne dis bien évidemment pas que je compte mettre ce potentiel plan à exécution, bien au contraire, j’affirme que cette pensée immédiate est juste fatigante, lassante.

Voilà. Je n’ai pas de conclusion réelle pour aujourd’hui. J’avais juste besoin de poser ça quelque part. Pour souffler quelques minutes. Parce que je ment effrontément quand je dis que « ça va, mais ça dépend des jours ». Cela ne dépend aucunement du jour, mais de l’heure. Mon cérébral a cette capacité à vriller pour rien, à être trigger par n’importe quoi et faire des connexions bien trop poussées. Du coup j’ai fréquemment des bouffées d’angoisse qui ne durent qu’une dizaine de minutes, une heure grand maximum. Et ça passe, jusqu’à la suivante.

Et parce que c’est épuisant d’être aussi changeant psychiquement, je voulais écrire tout ceci et le publier. Parce que même si je me décharge verbalement aujourd’hui, ça n’enlève pas totalement ce poids de mon esprit. Mais un peu, juste un peu, c’est tout ce que je demande.

I’ve had just enough

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Prends moi dans tes bras et dis moi qu’ensembles on les vaincra.

Y’a des moments dans la vie, qui t’interpellent suffisamment pour te renvoyer en phase d’introspection. Et généralement ce ne sont pas des déclencheurs particulièrement joyeux, pas plus que ne l’est ladite introspection.

J’ai eu hier ce petit moment de recul, avec un vieux sentiment de « meh » dans la bouche. La première personne qui a su faire battre mon cœur, et je parle de l’époque lointaine du collège, vient de se marier. Alors c’est cool pour elle hein, je dis pas le contraire. Mais ça m’a renvoyé au fait que moi, je suis bien loin de ce genre de projets.

Parce que pendant que les gens que j’ai connu quand j’étais enfant se marient et/ou font des gamins, moi je me bats quotidiennement pour le simple fait d’être reconnu en tant qu’individu.

Pendant que les gens construisent des choses, j’en suis encore à être assis sur mon canapé à rédiger des articles à des heures impossibles de la nuit, pour un blog qui ne décolle pas, à jalouser secrètement tout un tas de gens, en écoutant de la musique déprimante. Autant vous dire qu’on part pas gagnant les enfants.

Au final qu’en conclure? Que y’a des jours avec et des jours sans. Aujourd’hui c’est l’absence totale. Qu’en fin de compte, moi j’veux juste être heureux, et construire des choses aussi, mais que les châteaux de sables des autres, se modèlent plus rapidement. Ils ne sont pas nécessairement plus jolis ou plus réussis. Ils sont juste plus vite en place. Et de mon côté je m’obstine très probablement à piétiner le mien, insatisfait du résultat.

Je n’ai parfois pas toutes les réponses à mes propres questions.

I might have said too much

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Closeup a blue toned calendar page with drawing-pins

Ça peut paraître bête, mais je suis une grosse quichasse en mathématiques.
Du coup quand j’ai réalisé que 2012 c’était y’a déjà 4 ans, ça m’a frappé en pleine tête avec une brique.
Parce que ça veut dire que ça fait 4 ans que je vis mon célibat. Enfin, ça fera très exactement 4 ans début août, mais qui fête ce genre d’anniversaires sincèrement…?

Le problème aussi, c’est les circonstances, parce qu’en sortant de cette relation alors tenue secrète, je me suis effondré, j’ai pas supporté, ça m’a rendu fou, et j’ai fini en clinique psychiatrique pour quelques mois.
Le problème c’est que j’ai réellement mis des années à me sortir cette nana du crâne. Et puis quand quelqu’un qui m’était proche a commencé à sortir avec elle, ça a un peu accéléré les choses.

Forcément je l’ai vécu comme une trahison, j’ai donné dans le drama dans mon coin, vu que personne ne comprenait la situation, bref, c’était un joyeux bordel, dont je vous épargne les détails.

Mais du coup, en l’espace de 4 ans, il s’est passé pas mal de choses en fait. J’ai bien dû changer de coloc 3 ou 4 fois. J’ai même déménagé. J’ai changé de PC. J’ai été opéré en urgence parce que j’ai manqué de crever. J’ai aussi réalisé qui j’étais, et j’ai rencontré tout un tas de gens très très chouettes.

Mais en dehors de moi, j’ai surtout vu ma longue liste de personnes à qui je tiens, enchaîner les relations. Avoir des enfants pour certains. Se marier pour d’autres. Partir pour l’un.
Bref, faire le cycle complet de la vie en l’espace de pas mal de temps au final.

Et je me vois assis à faire une pause sur le bas-côté, à vous regarder passer dans vos voitures à deux, trois, quatre places, parfois même cinq, soyons fous. Alors que je dois y aller à pieds. Faire mon chemin, paver ma vie dans mon coin.

Cet article ne se veut pas mélodramatique, c’est simplement un constat que j’avais besoin de poser quelque part.
Et je sais que la vie vaut la peine d’être vécue, qu’il ne faut pas désespérer, que tout vient à point à qui sait attendre et que de toute façon ça arrive quand on s’y attends le moins.
Moi je crois assez moyennement à cette ribambelle de phrases toutes faites qui se contredisent parfois, mais bon, faut bien s’accrocher à quelque chose. Et je ne vous en veux pas de me les sortir à peu près 15 fois par mois.

Je sais aussi que j’ai d’abord pas mal de choses à régler, mais que bon, ça pourrait aussi aider, je suppose. Mais je suppose aussi que de toute façon je n’ai pas le choix, et que je continuerais d’avancer quand bien même.

Mais je crois surtout que l’amour te tombe pas dessus quand c’est le bon moment, ça tombe un peu n’importe comment, n’importe quand. Ca fait autant de bien que de mal, et c’est une sacrée aventure quand t’as la chance de la vivre.

Allez, bisou.

La mare aux mémoires

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Des fois, j’en viens à me demander que serait-il advenu de moi si je n’avais pas eu mes soucis de santé?
Je remonte le temps dans ma tête, et je constate que dès les véritables premiers signes de démarrage de tout ce farda, ça m’a quand même coupé dans mon élan de façon assez fulgurante.
Du coup j’en viens effectivement à me demander, où en serait-je aujourd’hui?

Je ne serais peut-être plus là pour en parler, mais qui peut dire si c’est la maladie qui as déclenché mes envies d’en finir, ou si au contraire c’est cette même maladie qui m’a stoppé dans mon entreprise? Je l’ignore, sincèrement.

Peut-être que j’aurais continué mes études, peut-être que j’aurais réussi dans mon domaine. Ou bien ça aurait fini par me lasser, et j’aurais continué dans ma lancée vers le succès, mais avec des objectifs bien différents.

Je revois les gens que je fréquentais à cette époque, certains s’en sortent mieux que d’autres, certains ont vraiment réussi, certains se cherchent encore. Mais dans l’ensemble j’ai vraiment la sensation qu’il y a un gouffre entre eux et moi. Comme s’il me fallait bien plus de temps pour me dépatouiller de ma situation, mais que personne ne semble vouloir m’accorder ce délai en question.

Mais en définitive, il est possible que si je n’avait pas eu les symptômes qui m’affectent, je n’aurais tout simplement pas eu d’excuse possible pour mes échecs consécutifs. Et que par conséquent, on me considérerait encore plus mal qu’on ne le fait déjà.

Pour conclure, je dirais que même si je sais que cela ne sert à rien de refaire le passé, cela m’apaise, ne serait-ce qu’un peu, de savoir que j’aurais pu finir bien pire que mon état actuel.

Mangeons les enfants

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Alors que j’étais en séjour chez mon amie Clemy, une chose m’a frappé alors qu’elle préparait le repas: je ne suis pas adulte. Vous allez me dire « mais après tout c’est quoi être adulte, vraiment? ». Et jusque là je me paralysais d’effroi, me rendant compte qu’aux yeux de la loi je l’étais quand même. J’ai un appartement, je remplis seule ma feuille d’impôts, j’ai des factures, bref en théorie, je suis adulte.
Mais c’est quelque chose de plus subtil qui m’a alors frappé. Je n’ai absolument aucun comportement d’adulte responsable. Si on me laisse une semaine seule, je ne vais pas manger des vrais repas avec entrée-plat-dessert. Je vais plutôt m’orienter vers les sandouiches et les bols de céréales à tous les repas. Je vais aussi jouer aux jeux-vidéos toute la nuit et dormir n’importe comment, de préférence en pleine journée.

Mon constat est là: je ne suis pas un adulte viable. Je n’ai absolument aucun automatisme de personne responsable, et si on ne passe pas constamment derrière moi, je me laisse rapidement envahir par le désordre et les ordures. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Jusque là, être adulte m’effrayait, mais depuis que la réalité m’a mis un uppercut dans la face, je me rends compte qu’en fait, ça me peine plus qu’autre chose. Je ne suis pas adulte, et je ne le serais probablement pas avant longtemps.

Holding On for Tonight.

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Grumbl Grumbl.

Grumbl Grumbl.

Des fois, je me pose quelques minutes et je réfléchis inutilement à certaines choses. Parfois même cela mène à des montées d’angoisse. Parfois non. Mais aujourd’hui je me faisais la réflexion que, j’ai un besoin de reconnaissance potentiellement disproportionné vis à vis de mes propres capacités. Je m’explique.

J’ai très (trop?) souvent souhaité être reconnue via mes écrits, mais au final si je reste un brin réaliste, je sais que ça n’arrivera probablement jamais. Pourtant, si je m’investissais un minimum dans un domaine, si je ne me focalisais que là dessus, j’y arriverais peut-être, ou peut-être pas, je ne sais pas vraiment. Mais de nos jours, ce n’est pas ce qui manque les petites teams montantes qui se spécialisent sur un sujet, et qui peu à peu, prennent de l’ampleur. Je pense notamment aux sites consacrés aux jeux-vidéos, qui sont en perpétuelle recherche de rédacteurs. Et presque à chaque fois, je me dis, hey, pourquoi pas moi? Mais les jeux analysés sont toujours les mêmes: ceux auxquels je ne joue que peu, voire pas du tout. Du genre LoL ou HeartStone.

Tout ça pour dire que, même si j’ai ma petite fanbase sur ce blog, j’ai cette amère sensation d’insatisfaction, comme si j’avais une soudaine folie des grandeurs, alors que je ne suis qu’un petit escabeau parmi les immenses tabourets.

Peut-être y arriverais-je, à prendre de la hauteur. Mais peut-être pas. Et il faudrait que je me fasse une raison, que j’admette pour moi-même que je ne serais probablement jamais reconnue pour quoi que ce soit. Mais la réalité est malheureusement difficile à mâcher.

[Image: Katie McGrath.]

No matter what you do.

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Bonjour à tous, et bienvenue en 2015. J’espère que votre passage du nouvel an s’est fait en grand. J’ai pour ma part fait la fête pendant plus de 24h non stop, et après quelques jours de repos bien mérités, me revoilà pour vous narrer mes inepties, une année encore.

Je me suis rendue compte d’un truc, enfin, je l’avais déjà plus ou moins remarqué auparavant, mais ça m’a vraiment frappé en ce début de nouvelle année. A chaque soirée que je fais, dès qu’il y a un peu de monde, j’ai très (trop?) souvent ces instants de flottement, où je prends du recul sur la situation qui m’entoure. Et je me rends compte que tout le monde semble très heureux, plus ou moins bien accompagné, et je me trouve au milieu de tous ces gens, à faire semblant.
Je souris, je ris avec eux, je raconte des anecdotes amusantes, je fais la fête. Mais dans mon fort intérieur, j’ai juste envie de rentrer chez moi, et de pleurer jusqu’à m’endormir d’épuisement.

Et je voudrais tellement pouvoir vous dire que moi ça va mieux, que maintenant que j’ai une vague sécurité financière, ça va beaucoup plus simplement dans la vie. Alors c’est vrai, mais seulement en partie. On comble pas un gouffre émotionnel avec de l’argent, à mon grand regret.

Et je voudrais également finir cet article sur une note positive, histoire de pas trop inquiéter les gens, histoire de pas me faire engueuler d’encore écrire des trucs larmoyants avec des violons à l’arrière plan. Mais pour une fois, et c’est chose rare, j’ai pas envie de me forcer. J’ai pas envie de faire semblant. J’en ai marre de répondre « ça dépend des jours » à la question « ça va? ». Parce que c’est juste une histoire de se voiler la face certains jours, plus fort que les autres jours.

Et je ne parviens même pas à conclure cet article correctement. Tant pis.

Fromage blanc & Médicaments

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spoon_pills

Ces temps ci, je vois fleurir sur les réseaux sociaux des articles vaguement conspirationnistes qui mettent à mal le système de santé français, et en particulier le domaine de la psychiatrie. Je tiens à rappeler avant de commencer mon article que je ne détiens pas forcément la sagesse suprême, et que je me base principalement sur ce que j’ai vu, vécu et constaté.

Dans ces articles on peut lire que les médicaments sont à l’heure actuelle distribués comme des smarties, que ça détruit le cerveau, que ça rend débile et qu’il n’y a aucune étude à long terme qui est menée pour connaitre les dangers des-dits médocs.

Alors, plusieurs erreurs parsèment ce petit paragraphe. La première est que ce genre de comprimés est distribué comme des bonbons au premier venu. Ce n’est pas entièrement vrai, mais ce n’est pas non plus complètement faux. Je m’explique: quand vous entrez dans le circuit de la psychiatrie, oui, on va vous coller des traitements quasiment d’office, et ils ne sont pas toujours inoffensifs. Pour la simple et bonne raison qu’un diagnostic met plusieurs mois voire plusieurs années à être posé, du coup au démarrage on vous file un truc un peu générique, qui convient à tout le monde, et conséquemment donc, à personne. Après ça dépend aussi de la gravité de votre état initial. Par exemple on va pas forcément vous mettre sous Tercian d’office comme ça a pu être mon cas, mais on va éventuellement vous filer un truc plus léger type Xanax ou Lexomil.

Ensuite, dire que ça détruit le cerveau est un peu fort quand même. Dans le cadre d’une pathologie avérée, votre cerveau se détruira tout seul en l’absence de traitements. Dans le cadre d’un événement ponctuel, on va pas vous filer un traitement à long terme, ou alors vous êtes tombés sur un incompétent, auquel cas changez de médecin.

Pour ce qui est de l’absence d’études, arrêtez moi si je me trompe, mais aucun médicament ne sort sur le marché sans avoir eu droit en amont à une foultitudes d’essais et de tests. Vous ne me croyez pas? Mais vous ne lisez donc jamais vos notices? Ces effets secondaires allant de fréquent à rares, il ne les sortent pas de nul part. On ne sait au contraire que trop bien les effets à long terme des médicaments, il suffit juste de poser la question, parce qu’on vous ne le dira pas forcément d’office. Si on ne vous prévient pas forcément d’entrée de jeu, c’est parce que la liste est souvent très longue, et dans le cadre d’une maladie à long et moyen terme, on souhaite éviter de vous décourager de prendre le comprimé qui vous est prescrit parce qu’il pourrait vous sauver la vie. En gros vous préférez parler aux plantes vertes toute votre vie ou éventuellement-peut-être développer un souci de santé ultérieur? Oui dit comme ça, c’est la peste ou le choléra, mais bon. Passons.

Je souhaitais aussi revenir sur le fait que, il ne faut pas oublier et pourtant on le fait souvent, tous ces traitements sont prévus pour des cerveaux qui déconnent dans la soupe, et que faire ingérer lesdits traitements par un patient sain fera forcément du dégât. Si le médicament est prévu pour agir sur une zone abîmée du cerveau, et que ladite zone est saine, bah ça va agir ailleurs, et bousiller le cérébral. Je schématise, mais l’idée est pourtant là, et c’est avec ce genre d’experiences qu’on etaye des torchons foireux.

Là où je vais en revanche un peu contredire mes propos, c’est que la plupart du temps, les médicaments ne font malheureusement que « déplacer » un problème. Certes, vous n’aurez peut-être plus d’hallucinations, mais en échange vous aurez une tension basse ou une connerie du genre. Ce genre de médocs agissant directement chimiquement sur votre cérébral, il y a toujours plus ou moins d’effets secondaires, plus ou moins chiants. Et ce n’est malheureusement pas avec une surenchère de comprimés que le problème sera réglé. Ou parfois si hein, mais ça dépend dudit problème. Là où je vais me permettre une petite note de théorie du complot, c’est que j’ai souvent pensé que les entreprises pharmaceutiques n’ont absolument aucun intérêt à nous guérir totalement, eux leur délire c’est de nous refourguer un maximum de pilules, qui nous apaiseront temporairement, mais ne font effet qu’à très court terme. C’est là qu’interviennent les médecins pour ne pas tomber dans le travers de nous prescrire toutes les nouvelles sorties médicamenteuses de la semaine. Mais là encore, à condition d’avoir un bon professionnel de la santé en face de soi.

Pour conclure, ne croyez pas tout ce que vous pouvez lire sur les internets, mais ça, vous le savez déjà.

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Voilà, un article potentiellement un peu brouillon, mais j’avais beaucoup de choses à dire pendant que mon corps décidait de pas suivre, du coup j’ai eu quelques difficultés à organiser tout ça. Bref, à plus tard mes petits poulets.

I will be a gun.

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mental_illness01

Alors que je glandais sur Tumblr, à scroller indéfiniment ma timeline, je suis tombée sur un condensé d’articles liés aux affections psychologiques. Comment les déceler, vivre avec, les traiter, les anticiper, bref les classiques quoi. J’ai donc lu la section qui me concernait personnellement, et je suis tombée nez à nez avec un chiffre un peu effrayant.
Si je savais déjà qu’il y a une part importante d’hérédité dans le développement de ce genre de maladie, j’ignorais en revanche que lorsque l’un des deux parents est atteint, la chance de transmission à la descendance directe est de 10%. Dix putains de pour cent. Une chance sur dix quoi. Ça m’a confirmé mes plans selon lesquels, si je deviens parent, ils ne seront biologiquement pas de moi. Mais de ma compagne. Ou de l’adoption, j’ai pas encore réfléchi jusque là, et j’ai encore bien largement le temps.
Mais du coup forcément mon fromage blanc cérébral a commencé à créer des ramifications de pensées, sur tous ces trucs qui vont me suivre jusqu’au bout. Au hasard la médication. Puisque, et je touche du bois pour que la science progresse de ce côté là, à l’heure actuelle, si rien ne bouge brutalement, je peux dire bonjour à mon pilulier jusqu’à que j’en crève.
Je tiens d’ailleurs à préciser à mes proches que j’ai fait ÉNORMÉMENT de progrès côté régularité des prises de comprimés ces derniers temps. J’en suis actuellement à, en moyenne, un oubli par tranches de 10 jours, contre un oubli tous les 3 jours (parfois bien pire) il y a encore 4 mois de ça. Je vous ferais d’ailleurs un article sous peu à ce propos.

Mais donc ouais, à l’heure actuelle je suis par exemple en incapacité de conduire. Pour diverses raisons que je n’ai pas envie d’extrapoler. Et j’en discutais avec ma maman, qui m’a souligné le fait que, je ne pourrais probablement jamais avoir les mains derrière un volant, ou du moins pas avant longtemps.
Et pour le moment moi je m’en tape de pas conduire. J’habite en centre ville, je n’ai pas de travail, et à la limite si j’avais un vélo je me débrouillerais très bien sans voiture. Mais j’ai poussé la réflexion plus loin dans l’avenir, toujours dans cette optique d’avoir un jour éventuellement une famille. Même petite, mais ce sera ma famille à moi. Bah à ce moment là je n’aurais peut-être pas spécialement l’envie d’être un poids pour elle, à devoir être véhiculée uniquement côté passager.

Il y a aussi cette sensation qui me parasite constamment, que ce sera, comme aujourd’hui, un effort quotidien, ou quasi-quotidien, pour rester stable. Et que ma compagne de route devra subir mes états d’âme, mes sautes d’humeur, mon imprévisibilité constante. Qui peut me dire si j’aurais réellement une vie normale dans 5 ans, 10 ans, 20 ans? Qui peut également me dire si ma personne spéciale aura la patience, le cran, la force de rester à mes côtés jusqu’au bout?
Cela sans même parler des statistiques absolument délirantes, dérangeantes, effrayantes, qui démontrent que la très (trop) grande majorité des « malades » psychiatriques ont une espérance de vie plus courte que les personnes « mentalement saines », et ce à cause de au choix le taux de suicide plus élevé, les divers problèmes d’addiction, ou encore les effets secondaires à long terme de certains traitements.

Et il y a encore d’autres éléments, auxquels je n’ai peut-être pas encore réfléchi, mais ça viendra, et qui me créerons des angoisses « inutiles » dans le futur.

Se renseigner c’est comme lire les notices, ça fout juste la trouille en fait.