Poupée Russe / Russian Doll (2019)

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Aujourd’hui nous nous intéressons à la série Russian Doll, ou Poupée Russe dans sa traduction, oui, au singulier, c’est important. Et avant de commencer, je rappelle évidemment que je déteste profondément le principe de spoiler une série pour en parler. Cet article n’en comportera donc pas plus que si vous avez vu la bande annonce qui dure environ 1 minute, sur votre site de vidéos favoris.

J’ai énormément d’affection pour Natasha Lyonne, et ce depuis un paquet de temps. Certains répondront à cette affirmation « Orange is the New Black », mais je les écarte d’un  gentil revers de la main. C’est vers 2005 que je découvre sa bouille, avec un film sorti en 2000, à savoir « But I’m a Cheerleader », où j’y croiserais RuPaul, bien avant de tomber en amour pour sa compétition de drag-queens. Pour l’anecdote, je croiserais également dans ce film, l’acteur qui jouait Rufio, dans Hook.
Mais je m’égare.

Natasha Lyonne donc, qui ici tient le rôle titre d’une série qu’elle a créée en collaboration avec Leslye Headland et Amy Poehler. Ladite série nous a été servie sur Netflix depuis début fevrier 2019, et compte pour l’instant une saison de 8 épisodes, de 30 minutes chacun. Soit un total de 4h.
C’est donc tout à fait logiquement que je me suis enfilé l’intégralité des épisodes sur deux nuits différentes, parce que j’aime vivre dangereusement épuisé, mais en deux fois quand même parce que mon cérébral a ses propres limites.

⇒ De quoi ça parle ?
Nadia Vulvokov, fête ce soir ses 36 ans dans un immense appartement en plein New York. Mais au cours de la nuit, elle décède brutalement, pour mieux se réveiller au début de sa soirée d’anniversaire. Elle va alors revivre la même nuit fatidique, mais semble être la seule à en avoir conscience.
Nous allons donc suivre sa quête effrénée vers la vérité, avec le risque de s’y perdre en route.

⇒ Avis Global

Dès les premières secondes, l’ambiance est posée, l’histoire nous propulse immédiatement au cœur de la soirée, les répliques fusent, la musique est joviale, il y a des gens partout, et la série nous laisse à peine le temps d’arriver. Le rythme est assez soutenu tout au long du premier épisode, les choses s’enchaînent sans nous laisser le temps de souffler, pour soudainement mieux nous le couper [le souffle].
Une fois la surprise de son premier départ passé, cela devient un peu comme un jeu de pistes entre le show et le spectateur, d’essayer de deviner ce qui va ensuite lui arriver de plus absurde, ce petit côté Destination Finale, l’aspect gore en moins.

Et a force de rester focalisé sur le décor en fond, il ressort pas mal de petits détails qui nous font tiquer, des éléments qui manquent, des choses qui changent subtilement en arrière plan, c’est assez bien fichu puisqu’il faut vraiment y être attentif pour s’en rendre compte. Au début en tout cas, car ces même éléments se font de plus en plus grossiers, voyants, renforçant comme un arrière goût de malaise caché derrière des blagues visuelles et verbales qui se succèdent sans arrêt.

Le ton de la série, qui est au départ très léger malgré la thématique de la mort, s’assombrit au fur et à mesure de son déroulement. Comme une tornade d’émotions diverses qui nous entraine dans sa suite. On ne sait pas vraiment où l’on va atterrir, mais une fois pris au centre de la tempête, il est trop tard (et trop irrésistible) pour chercher à s’arrêter en cours de route.
Nous voulons, nous DEVONS connaitre le dénouement. Quelque soit le prix à payer.

Ce n’est cependant pas une série à mettre devant tout les yeux, le coté « déconseillé aux moins de 16 ans » n’est pas annoncé à la légère. Enormément de thèmes sont abordés, ou  même juste effleurés durant ces 8 épisodes, et certains demeurent assez rudes. J’ai moi-même été un peu trigger à plusieurs passages, dont je ne parlerais pas évidemment, sans risquer de spoiler.
Il ne s’agit pas uniquement de mentions explicites et visuelles de drogue, alcool et accidents rigolos, il y a aussi des moments plus trashy, des fesses, du sang, de la violence sociale et/ou psychologique, pas nécessairement dans cet ordre là.

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⇒ Conclusion

Le concept du jour sans fin était assez classique dans les années 90 : toute série populaire de cette époque l’a fait, que ce soit Buffy, Stargate ou encore Xena, le concept a été beaucoup utilisé.
Ici, il se renouvelle largement, puisque la plupart des jeunes téléspectateurs de plus de 16 ans, n’étaient pas nés dans les 90s, et donc n’ont pas connu ce trope populaire employé à toutes les sauces.
Mais ici donc, il est revu et actualisé, pas juste là pour nous faire rigoler le temps d’un épisode, puisque la série entière repose sur ce twist scénaristique.
C’est donc à la fois amusant et angoissant, cette course terrible contre la mort, cette ode à l’espoir tout à la fois.

Une fois passée la ligne d’arrivée du générique concluant cette saison 1, je suis resté une longue minute à fixer dans le vide, au point de croiser mon regard dans le reflet de mon écran noir. Pas vraiment sûr de ce que je venais de vivre, pas non plus complètement convaincu d’avoir saisi toute la subtilité des derniers épisodes. Mais si certains éléments restent cryptiques, l’ensemble m’apparaît néanmoins nécessaire et parfaitement calculé par les créateurices de Russian Doll.

Une chose est cependant sûre : c’était particulièrement intense, et je mettrais probablement plusieurs jours à me remettre de cette expérience télévisuelle.

10 Years Challenge

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Vous en avez sûrement déjà vu passer plein ces jours ci, des photos comparatives à 10 ans d’écart, sur les réseaux sociaux.
Fatalement, il m’est douloureux que de comparer ma tronche à celle de y’a dix ans. En revanche, cela me semblait intéressant de faire une rapide comparaison de ma situation entre aujourd’hui et il y a dix ans, justement.

Parce que 2009, c’était une année chargée de mon côté. Mais vous allez le constater rapidement.

En 2009 donc, je travaillais déjà depuis deux ans, du haut de mes 17 ans et demi. J’étais payé au lance-pierres à raison d’environ 500 euros par mois au plus haut de mon salaire, vu que j’étais mineur en apprentissage. Mais avec un loyer de 430 à payer, autant dire que je galérais.
J’avais d’ailleurs emménagé dans mon tout premier appartement, après avoir vécu en foyer. Bon, c’était un taudis absolument pas aux normes, et j’y resterais environ 7 ans. Mais il m’a dépanné le temps que je rebondisse un peu dans ma vie.

Ma vie sentimentale était une catastrophe, et je continuais sur ma lancée post-collège, à me faire harceler au Centre de Formation des Apprentis et sur mon lieu de travail. Ma vie sociale était principalement en ligne, avec notamment ma meilleure amie de l’époque, Marianne, qui vivait à Montpellier où elle faisait un peu de musique. Au mois de juillet, je me décidais à changer de plateforme, pour passer de skyblog à WordPress, sans vraiment d’ambition de durée particulière.

Je me disais également, qu’il faudrait que j’écrive mon autobiographie, parce que je suis quelqu’un d’absolument présomptueux. J’avais des petits problèmes de santé, qui commençaient tout juste à s’installer. Bref, c’était pas trop la fête dans ma vie. J’étais en lourde dépression et j’avais commencé à planifier mon suicide pour l’été qui arrivait.

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Nous sommes donc désormais en 2019, et je peux faire un petit point sur ma vie, un brin plus positif.

Je ne travaille plus depuis des années déjà, pour inaptitude à cause de soucis de santé multiples et cumulés. En revanche je m’en sors tous les mois grâce aux aides sociales, et je parviens à payer mon loyer et mes factures de façon autonome.
J’ai déménagé de mon taudis il y a maintenant presque 4 ans, et même si j’ai un peu collectionné les colocs à la même adresse, je suis heureux de mon appartement actuel, qui est lumineux et bien placé.

Ma vie sentimentale étant complexe, je ne m’étendrais pas sur cette question particulièrement. En revanche ma vie sociale est bien plus établie, pour exemple, je peux difficilement passer plus de 10 minutes dehors sans croiser quelqu’un que je connais. Je suis largement plus populaire maintenant qu’à l’époque, outre parce que je me suis épanoui et ai évolué, mais aussi parce que j’ai su multiplier les occasions de rencontrer de nouvelles personnes.
J’ai d’ailleurs recroisé Marianne l’été dernier, elle est devenue DJ, et elle a même sorti un EP et fait régulièrement des dates ici et là en France.

Je ne pensais sincèrement pas qu’après 10 ans à écrire mes bêtises sur Internet, des gens continueraient à me suivre et me lire régulièrement. Je me suis depuis, sensibilisé à certaines questions comme le féminisme ou les luttes LGBT+, et ce blog a pris une direction que je n’aurais pas su prévoir, même si celle ci est au final, parfaitement logique.

Entre temps, mon projet d’autobiographie a lui aussi pris une toute autre tournure, plus sérieuse, plus pertinente peut-être, mais toujours en construction à ce jour.
Egalement, après des années d’errance médicale, j’ai fini par avoir des réponses à mes différentes interrogations, diagnostic par ci, solutions par là, petit à petit on avance gentiment.

J’ai plus que jamais des choses à accomplir avant de me laisser partir, et il est hors de question que je lâche l’affaire avant d’avoir réalisé tout ce que j’ai prévu de faire.

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Pour conclure, clairement y’a du mieux, et même si tout n’est pas absolument parfait, on s’en rapproche quand même pas trop mal.
Merci de m’avoir lu, et de suivre mes aventures depuis peut-être tout ce temps !
Bisou.

50 Nuances de Transidentité

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Vous me connaissez, je n’aime pas me focaliser sur un seul angle de perception. De ce fait, j’ai toujours du mal avec la médiatisation de la transidentité, qui décrit celle ci constamment par un seul et unique prisme. Que celui ci soit celui de la souffrance, ou au contraire du soulagement, je trouve cela franchement réducteur. Parce qu’une transition, qui reste propre à chacun·e, reste un savant mélange des deux, et de nuances intermédiaires.
Du coup ce matin, nous allons aborder quelques exemples de cette vaste palette d’expériences et de ressentis que peut apporter une transition. On va partir du pire, et avancer progressivement vers le meilleur. La liste n’est d’ailleurs absolument pas exhaustive.
Et je rappelle encore une fois, que je parle principalement en mon nom, et que tout le monde ne se retrouvera pas forcément dans mon vécu.

Le Sentiment de lenteur
Lorsque l’on est transgenre, nous pouvons éprouver la sensation que tout est plus lent pour nous, en particulier quand la transition se fait au début de l’âge adulte. Alors que nos anciens camarades de classes que l’on espionne sans relâche sur les réseaux sociaux, se marient et font des enfants, nous en sommes encore aux balbutiements de notre vie future.
Certain·e·s d’entre nous parviennent à cumuler les assiettes avec brio, et à jongler sans problème entre la vie professionnelle et/ou estudiantine, la vie intime, et à effectuer leur transition sans accroc.
Ce n’est cependant pas le cas pour tout le monde, et personnellement j’avais jusque là l’impression que j’allais juste me prendre les assiettes sur la gueule. Je suis du genre à prioriser les choses, et comme d’autres, j’estimais jusqu’à très récemment avoir d’autres choses à régler d’abord, avant de me lancer dans un travail ou une relation.
De ce fait, tout me semble avancer plus lentement sur le chemin de ma vie, et même en y trouvant une logique tout à fait acceptable, cela peut s’avérer frustrant.

La Dysphorie de Genre
Je l’ai déjà exprimé par le passé, mais un petit rappel ne fait jamais de mal.
La dysphorie c’est ce sentiment de malaise immédiat lorsque l’on sent une « fracture » entre un élément physique, et notre identité de genre. Ça peut être une partie du corps, autant qu’une attitude ou une façon de parler, ou simplement le timbre de voix.
Toutes les personnes trans ne la ressentent pas, mais pour celleux dont c’est le cas, c’est une souffrance immédiate, et qui est très difficile à expliquer/exprimer aux gens n’ayant jamais vécu la dysphorie.
Et le problème de cette fameuse dysphorie, c’est qu’elle est quotidienne, parfois irrationnelle, et particulièrement paralysante selon les situations. Elle n’est pas forcément insurmontable, mais peut s’avérer délicate à gérer, surtout les premières années.

L’exotisation
Ce point peut s’exprimer à différents degrés, mais c’est toujours en lien avec autrui. Cela va de la simple question gênante, voire intrusive, jusqu’aux gens qui cherchent à nous fréquenter uniquement parce que nous sommes des personnes trans. Un peu comme un fantasme en fait, parce que c’est tellement « exotique », il n’y a qu’à faire un tour sur un site de vidéos pour adultes pour s’apercevoir que les personnes trans (en particulier les femmes) ont une catégorie qui leur est dédiée.
Je n’ai rien contre les personnes dont le milieu du sexe est leur travail, au contraire, je suis juste angoissé par les dérives qui en ressortent, à savoir l’interprétation que les gens s’en font. Je n’ai pas envie d’être avec quelqu’un qui me considère uniquement comme son objet de fantasme.

Difficultés Relationnelles
Ce point est assez en lien avec le précédent. Quand on est une personne trans, la confiance en soi peut s’avérer très faible, que celle ci soit issue d’une longue période de souffrance précédant la transition, ou au contraire due à un sentiment d’illégitimité à cause du contexte sociétal exigeant.
Du coup, compte tenu de ce point là, et de pleins d’autres paramètres individuels, il est toujours assez délicat de développer des relations intimes avec d’autres gens, pour celleux que ça intéresse. Entre la terreur de se faire agresser si l’autre est intolérant, ou même le simple rejet, relationner quand on est transgenre est un exercice de subtilité pas evident pour chacun·e.

Intolérance Généralisée
Je pense ne pas vous apprendre quoi que ce soit en disant cela, mais la société dans laquelle nous évoluons n’est pas bienveillante envers les personnes qui sortent du lot.
Il n’y a qu’à regarder un peu les informations pour le constater: tabassage en groupe, agressions sexuelles, insultes, crachats, harcèlement, discriminations sous plein de formes différentes. Et ce n’est jamais très rassurant que de s’exposer volontairement ou non, parce que l’on ne sait jamais ce qui peut nous arriver. Et ça peut rester traumatisant et laisser des marques, quelque soit la proportion ou la récurrence de ces « désagréments » du quotidien.

La Conscience des réalités
Ce point là est plutôt neutre, puisque sa notion de positif ou négatif est laissé à l’appréciation de chaque individu. Le fait donc d’avoir grandi et avoir été élevé·e dans un genre différent du nôtre, permet bien souvent d’obtenir la conscience des différences de traitement de la part des autres et de la société en général.
Le problème c’est aussi qu’une fois qu’on l’intellectualise, il n’y a aucun retour arrière possible : toutes les inégalités nous sautent aux yeux. On s’aperçoit également des avantages et inconvénients de chaque côté du spectre du genre. Et ça peut être aussi réjouissant qu’effrayant.

Joie récurrente
On passe donc avec ce point là aux aspects positifs d’une transition, parce qu’il y en a plein, c’est promis.
J’ignore si c’est parce que je suis sorti de la dépression ou si cela n’a rien à voir, mais je constate que les sources de réjouissance se font plus nombreuses depuis le début de ma transition. Et par début je parle aussi de la réalisation et de tout le processus des coming-outs à répétition, d’une importance équivalente à la prise d’hormones.
Parce qu’une transition, c’est aussi des séries de victoires sur la vie, que ce soit le Changement d’Etat Civil, comme la prise en charge médicale, ou même des choses plus quotidiennes comme le fait d’être appelé·e avec le bon intitulé du premier coup, être reconnu·e sous son prénom choisi, avoir une carte de fidelité à la bonne identité, etc.
Les exemples sont nombreux, et chacun apporte son lot d’émotions intenses, et entretiennent un bien être au quotidien qui, non seulement est agréable, mais est très important pour affronter la vie.

Sincérité Relationnelle
Nos rapports avec notre entourage sont forcément bien plus teintés d’authenticité. Parce que cela permet de trier rapidement qui vaut la peine d’être fréquenté ou non, certain·e·s s’en vont d’elleux même, d’autres sont rapidement écarté·e·s à cause d’un discours jugé trop limite.
L’avantage de l’intolérance, et de la non-acceptation d’une éventuelle différence, c’est qu’elle nous permet très vite de comprendre qui sont véritablement les gens. Lancer un sujet délicat, ou juste prendre le risque de s’exposer provoque immédiatement des réactions. Vous aurez très vite la conscience de qui est « problématique » à vos yeux, et avoir autant de bonnes surprises de la part de personnes très chouettes.

Seconde Adolescence
Pour celleux qui décident de passer par le traitement hormonal, sachez que vous allez vivre une seconde adolescence, littéralement.
Mais l’avantage de ce deuxième passage, c’est que cela ne sera pas vécu au milieu d’autres adolescents aussi boutonneux que cruels. Vous pourrez prendre le temps de savourer ou subir chaque changement physique, le décortiquer, en tirer des émotions complexes. Et certains de ces changement seront bien plus simples à appréhender, puisque vous serez plus matures et mieux renseignés pour parvenir à traverser cette aventure.

Euphorie de Genre
Je parlais plus haut de la dysphorie, et celle ci possède un antonyme : l’euphorie, aussi simplement que ça. L’euphorie de genre donc, c’est par exemple un cispassing suffisant pour avoir la paix peu importe la situation, ça peut aussi être la présence de pilosité faciale pour les personnes trans-masculines, ou l’apparition de poitrine pour les personnes trans-féminines.
L’euphorie de genre, c’est ce sentiment que tout rentre dans l’ordre, et que ce vers quoi on tend à l’extérieur correspondant à qui on est à l’intérieur.

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Et je vais m’arrêter là, parce que cet article fait déjà 20 kilomètres et que ça vous décourage potentiellement de le lire en entier.
Pour conclure, la transition, c’est une autre façon d’entreprendre sa vie, mais ça fonctionne de la même façon : chaque nouveau jour apporte son lot de surprises, et cela ne tient qu’à chaque individu de décider comment iel souhaite les disposer sur le chemin de son avenir.

I can barely breathe

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En grandissant éduqué comme une fille, et me découvrant amoureux de celles ci, j’ai pu constater que certains privilèges m’étaient refusés, notamment celui du contact physique.

Vous l’aurez peut-être remarqué, mais les filles entre elles sont plus facilement encouragées au contact que les garçons entre eux. Elles sont plus souvent vues bras dessus bras dessous que leurs camarades garçons, pour qui bien au contraire, le moindre contact les fait apparaître comme « faibles ».
A une exception près, puisque lorsqu’une fille est désignée comme lesbienne, qu’elle le soit effectivement ou non, elle devient pestiférée. Personne ne doit la toucher ni se laisser approcher par elle.

A l’adolescence, dans des contextes comme les vestiaires non-mixtes mais néanmoins communs, une fille taxée d’homosexualité a tout intérêt à regarder le sol, se dépêcher de se changer pour ne surtout pas risquer le moindre échange de regards avec une de ses homologues, sous peine de se faire embusquer dans un bizutage verbal ou physiquement violent, dans un élan de franche camaraderie.

Les garçons de leur côté, se limitent dans leurs démonstrations d’affection à de simples tapes sur l’épaule ou dans le dos, suffisamment délicatement pour s’envoyer mutuellement à l’hôpital.

Si j’ai grandi plutôt dans le premier exemple que dans le second, le résultat est le même : je n’ai absolument pas l’habitude d’être touché. J’ai d’ailleurs pour théorie que si les garçons sont « naturellement » aussi prompts à la violence, c’est pour compenser ce besoin viscéral d’être touché. Ne pouvant assouvir ce besoin naturel de contact, ils se mettent des patates dans le visage, puisque c’est le seul moyen d’obtenir un précieux effleurement de peau à peau. C’est en les observant « jouer à la bagarre » que j’ai développé cette théorie qui n’est, finalement, pas si absurde.

De ce fait, et toujours selon ma théorie personnelle, cela va ranger les garçons dans deux catégories :
– Ceux qui n’ont pas peur de prendre une salade de phalanges en pleine face, et seront vus comme les forts, à qui on pardonne cette violence, comme une forme malsaine de virilité exacerbée.
– Ceux qui préfèrent la passivité à la confrontation, comme une forme de timidité incontrôlable. On leur marche volontiers sur la gueule en les traitant de fragiles.

En vrai il existe une troisième catégorie : ceux qui ne sont pas concernés par mes conneries, et qui ont tout l’apport physique et émotionnel dont ils ont besoin.

Mais là où je voulais en venir, à l’origine en tout cas, c’est que chaque fois qu’on me fait un câlin, j’ai envie de pleurer.
Les larmes me montent aux yeux parce que j’ai été dépouillé de ce privilège qu’est le contact physique depuis bien trop longtemps. Entre la mise à l’écart parce que j’apparaissais comme « lesbienne », puis le culte de la virilité maximale de l’homme fort absolument intouchable, à tous les sens du terme, dans lequel j’ai été balancé suite à ma transition, j’ai vite perdu pied au réel, au sens du toucher.

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Je ne sais plus trop bien comment je voulais conclure. J’ai extirpé tellement de mes tripes dans ces lignes, que je me suis un peu aveuglé en route.
Mais du coup, je ne suis pas certain qu’il y ait une chute meilleure qu’une autre. Une idée en a amené une autre, le tout s’enchaînant avec plus ou moins de logique en multiples embranchements de possibles. Comme un genre de brouillon d’émotions et de sentiments pas nécessairement contradictoires, laissant transparaître mes réflexions sur la question.
Bref. Aimez-vous les uns les autres. Faites vous des câlins en tout mutuel consentement préalable.
C’est tout pour aujourd’hui !

Sous toutes les coutures #6

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Comme vous le savez peut-être, j’ai pour objectif secret de tester et trouver le meilleur binder possible. Ne pouvant pas passer sur le billard avant quelques années, il est donc dans mon plus grand intérêt que de trouver LA marque qui me correspond.
Jusqu’à présent, je ne jurais que par GC2B, et c’est toujours le cas. Cependant, j’ai eu l’opportunité de tester une nouvelle marque, dont j’avais vu passer le nom il ya environ 8 mois. Ne trouvant quasiment aucun retour en français sur ladite marque, j’ai décidé de m’y coller moi-même. Avant toute chose, je tenais à remercier sincèrement ma mécène personnelle, à savoir Jayne, qui « finance » aujourd’hui cet article. Merci donc, à cette personne incroyable, pour son amour et à sa générosité qui vont bien au delà de son simple porte-monnaie.
Mais bref, je digresse un peu.

La marque dont je vais vous parler aujourd’hui, c’est Shapeshifters.

Il s’agit d’une compagnie américaine, tout comme GC2B, qui a deux particularités :

  • Les tissus utilisés sont tous originaux, créatifs et décalés, ou juste sortant de l’ordinaire. De l’imprimé chiens, aux éclairs en passant par les écailles, il y en a pour tous les goûts.
  • Ils produisent uniquement du sur-mesure.

Mais forcément, la qualité a un coût : 50$, prix unique. Bon, plus les frais de port bien evidemment. Mais peu importe que vous fassiez du XS ou du 5XL, le tarif est le même pour tout le monde.
Je trouve ça hyper honnête parce que, vu qu’ils produisent uniquement à la commande, qu’il y ait 5 cm de plus ou de moins de tissu, ne fait pas une réelle différence tarifaire, alors que la main d’oeuvre est la même quelque soit le binder. Mais bref.

Il faut tout de même compter au minimum 4 semaines pour la confection, et environ 8 jours pour que le paquet traverse les continents. Mon exemplaire a été commandé le 29 Novembre, et je l’ai reçu ce matin.

En ouvrant le paquet, la première chose qui m’a sauté aux yeux, c’est le poids. J’ai l’habitude des GC2B qui sont plutôt légers au final, mais là le machin pèse lourd dans les mains. J’ai ensuite mis un bon 10 minutes à réussir à l’enfiler, notamment parce qu’il est neuf, et aussi parce qu’il est très ajusté, forcément.
Seconde impression lors de l’enfilage, c’est qu’il est vraiment très élastique, mais en même temps se remet immédiatement en place, très près du corps. Egalement, je suis assez étonné de la texture intérieure. Ma marque habituelle a le tissu compressif à même la peau et la partie élastique à l’extérieur et dans le dos. Ici, le shapeshifter semble avoir une triple couche : tissu un peu souple, partie compressive, tissu rigolo léger et élastique.

De ce fait, la qualité de compression est impeccable, de par l’extensibilité du bazar, et de par le fait que ça épouse vraiment ma morphologie. A voir sur la durée si il conservera ses qualités.

En revanche, et j’avais vraiment perdu l’habitude, mais en fin de journée, le corps était bien plus fatigué qu’à l’usuelle. J’ai pour habitude de garder mes binders bien plus largement que 8h d’affilée, et là après à peine 6h j’ai commencé à avoir des difficultés à l’oublier. Certes la compression est impeccable, mais j’avais vraiment zappé à quel point, quand c’est vraiment ajusté, le corps compense beaucoup, et c’est assez fatiguant.

Pour résumer, je suis vraiment très content de posséder un exemplaire de chez Shapeshifters, déjà parce que l’aspect « sur mesure » fait que j’ai bien moins à adapter le binder à mon corps, puisque c’est lui qui est adapté à ma morphologie, et ça fait une sacrée différence.
Et puis le fait qu’il soit aussi joli, même si personne ne le voit à part moi, c’est un peu comme un sous-vêtement sexy : personne ne le sait, mais on se sent canon en le portant. Ici c’est la même chose.

Voilà, c’est tout pour cette fois. Merci à vous pour votre attention, et merci à Jayne pour ce très beau cadeau !

Les yeux cernés de noir

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Une fois n’est pas coutume, le titre est en français. Je titre généralement mes articles en fonction de ce que j’écoute à ce moment là, et pour une fois, ça me semblait adapté alors que c’est du Mylene Farmer. Non je n’ai pas honte.

Je voulais revenir sur un truc qui semble tous vous faire bien marrer: le fait qu’à présent, je sois hétérosexuel, après des années à m’identifier comme gay (je n’ai jamais vraiment aimé me coller le terme de « lesbienne »).

Alors certes, ça a quelque chose d’assez drôle, mais pour moi c’est avant tout une perte totale de repères. Parce qu’en définitive, je reste exactement le même individu, avec les même goûts musicaux, le même penchant pour les rouquines, la même fascination pour les clavicules, et la même sale habitude de dormir n’importe quand.

Là où je veux en venir, et j’en ai déjà un peu parlé il y a pas si longtemps, c’est que des fois, j’ai du mal à savoir vers quoi me diriger. Et je ne parle pas seulement de mes éventuelles relations amoureuses, avec la problématique du « qui va vouloir de moi du coup? ».

Non, je parle aussi du fait que, il est devenu pour moi quelque peu délicat d’avoir cet amour des relations f/f dans les médias (série télé, bouquins, films, jeux vidéos etc.), et j’ai l’impression que mon avis aurait du coup bien moins d’impact quand il s’agit de défendre la cause LGB, avec le T volontairement mis de côté. J’ai aussi la trouille de passer pour un gros creep quand je dis porter dans mon cœur tel ou tel couple exclusivement féminin.

Sans compter que, ayant baigné volontairement toute mon adolescence et même après dans les lezmovies, une grande partie de ma culture ciné, de mes repères émotionnels, se rattachent à des filles.

Sauf que du coup, je suis un garçon hétéro. Et que du coup ça colle pas trop à mon imaginaire, celui que j’alimente avec des fanfics, avec des artworks non officiels, et j’en passe.

Et de ce fait, j’ai peur de passer pour le cliché du mec hétéro qui se paluche sur les lesbiennes. Je grossis un peu le trait mais ma crainte est véridique.

Je m’éloigne un peu du sujet mais, je sais aussi que je ne serais jamais le gars ultra macho-manly, sombre et mystérieux, et toutes ces conneries.
Non, je serais un mec sensible, qui as des « goûts de pédé », et qui sans l’avouer, aime bien les escarpins, et qui as à peu près un sens de l’esthétique vestimentaire.

Je finirais sur une note qui n’as rien à voir avec le début, mais je trouve que y’a un gros problème de normativité dans la représentation des mecs transgenre. Ce sont tous des éphèbes soit minces soit musclés, tatoués, avec des écarteurs dans les oreilles, et un regard de loveur.
Je mentirais en disant que je ne souhaite pas leur ressembler, mais dans tous les milieux, il y a de la diversité, et j’osais espérer que le milieu Trans* y fasse exception. Manque de bol, je m’etais trompé, personne n’échappe aux diktats.

Please come back alive

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C'est bô.

C’est bô.

J’ai écrit cet article il y a une poignée de jours, et je me décide à le publier aujourd’hui pour deux raisons.
1) C’est mon blog, je fais ce que je veux, ça me fait du bien de l’écrire aussi.
2) J’espère que d’autres personnes dans une situation similaire se sentiront moins seul.e.s en lisant mes propos. Que mes humbles écrits fassent écho à leur vécu, et que cela soit un minimum utile pour chacun. Mais je rêve peut-être un peu trop fort. Bref.

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Depuis que j’ai pris la décision d’entamer ma transition, mille questions me passent par la tête. Même si je suis heureux d’avoir choisi de démarrer ce processus (long et coûteux malgré tout), il m’arrive d’avoir du mal à en dormir la nuit, tant mon cérébral carbure comme un bâtard.

Déjà, comme chacun le sait, je porte mon absence de vie privée comme un fardeau, j’en souffre beaucoup, et j’en viens à me demander si cela ne sera pas pire après le début des hormones. Si par miracle je parviens à avoir un semblant de relation avec quelqu’un, sait-on jamais, si cette relation glisse lentement vers l’intimité, il va bien falloir que j’explique à un moment donné l’absence de contenu de mes panties. C’est quelque chose qui me crée pas mal d’angoisses. Comme si je tirais une balle dans le pied de mes hypothétiques possibilités.
Bon évidemment, quelques ami.e.s proches et moi-même essayons de me rassurer, que dans tous les cas si quelqu’un me fuit pour cette raison précise, c’est que cette personne ne vaut pas la peine que je cherche à la connaitre.

Ensuite se posent d’autres questions, comme celle de mon logement. Bon je me projette très loin en avant, mais viendra bien un moment où mon propriétaire se rendra compte des choses, et j’ignore totalement quelle sera sa réaction. Mais c’est dans l’idée où je n’ai pas changé d’appart d’ici là. A titre informatif mon propriétaire habite juste au dessus, donc si, je le croise fréquemment.

S’enchaîne la question des papiers d’identité, que chaque personne transidentitaire rencontre, l’éternelle bataille administrative. Jusqu’à quel point mes papiers vont me poser problème dans mon quotidien? Mais ça je ne le saurais qu’en temps et en heure.

Enfin, comme je vais à la salle de sports, même si le coach est hyper sympa et très compréhensif, je me demande pour la suite si je ne devrais pas finir par me changer dans les douches, façon retour en arrière jusqu’au collège, mais pour des raisons bien différentes.

Pour conclure, je sais combien je m’angoisse pour des problèmes qui sont bien loin d’être immédiats, et que j’y trouverais des solutions le moment venu, et que dans tous les cas je serais soutenu par mon entourage.
La décision d’entamer ma transition a été très difficile. Contrairement à ce que beaucoup peuvent le penser, ça ne m’est pas venu du jour au lendemain, bien au contraire. J’ai vu le truc arriver de loin il y a des années de cela, et je l’ai rejeté en bloc assez violemment.
Mais à vouloir noyer ses problèmes, on s’aperçoit trop tard qu’ils savaient nager, et le tout m’est revenu dans la gueule avec force. A tel point que j’ai eu la sensation de me mentir quotidiennement en essayant de survivre dans mon genre assigné.

Maintenant que la décision a été prise, cela ne m’empêche pas d’avoir des doutes, d’être terrifié à l’idée de ce qui m’attends, ou même ce que j’imagine qui m’attends. Je peux toujours faire marche arrière, mais je préfère encore crever que de revivre une journée dans le mensonge.

Cet article prenant une tournure un peu sombre, je vais arrêter là mes réflexions pour aujourd’hui. Mais cela m’a fait du bien de les sortir de mes entrailles et de les déposer sans délicatesse ici.

Merci de votre attention, et à très vite!

Fais pas genre

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Préambule: J’ai écrit cet article en fin d’année 2013. J’ai fait du chemin depuis, beaucoup. Et il m’en reste encore à parcourir, mais pour le moment on en est là. Publier cet article m’a demandé énormément de volonté et de cran. Merci de rester respectueux dans vos éventuels commentaires.
Affaire à suivre donc.

Je ne suis pas un homme, mais je ne suis pas une femme non plus. Je suis encore enfant. Enfin, j’aimerais bien.
Quand j’étais très jeune, malgré mon mal-être pour diverses raisons, j’aimais mon corps. C’est à la puberté où ça a commencé à faire n’importe quoi. Quand mon corps n’était pas encore développé, je pouvais me permettre de me balader torse-nu. J’aimais cette sensation de liberté, ce sentiment que je pouvais être qui je voulais. Et puis les hormones ont débarqué, et des attributs féminins m’ont été imposés, même si je n’en voulais pas, je n’ai pas eu le choix. Moi je voulais rester un hybride, une chimère. Un parfait entre-deux, un savant mélange de chaque côté de la biologie.

J’ai donc essayé tant bien que mal de vivre dans ce corps qui se voulait féminin, avec mon apport de masculinité vestimentaire. Mais je n’aimais pas ce que le miroir me renvoyait. J’ai toujours été mal dans mon corps. Que ce soit à 60kg, ou au double, je me sentais mal en permanence. On m’a souvent dit que je n’étais pas suffisamment féminine, que je ne prenais pas assez soin de moi. Mais comment prendre soin d’un corps que l’on n’aime pas? Et pourquoi se forcer à aller vers une identification où l’on ne se reconnait absolument pas?
C’est après des années de refus en bloc, que je me suis dit qu’éventuellement, il y avait peut-être un souci quelque part. Que je cherchais au mauvais endroit, que les conseils que j’entendais quotidiennement n’étaient simplement pas les bons.

Où j’en suis aujourd’hui? C’est un peu la problématique dans ma tête. Mais j’ai réalisé il y a peu qu’avant de vouloir à tout prix obtenir les réponses, il fallait que je me pose les bonnes questions. Et c’est là que ça se complique. Parce que je suis terrorisé à l’idée d’obtenir des réponses qui ne correspondraient pas à certaines attentes (au choix sociales, familiales, amicales, ou ne serait-ce que personnelles).

J’espère simplement qu’avec le temps, je finirais par aimer mon corps, avec ou sans modifications, quelles qu’elles soient. Qu’il devienne simplement raccord avec ce qui se passe dans ma tête, dans une juste mesure.

You had me begging for treats

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Bon, les gens, je pensais que tout allait bien, que vous étiez tous mignons avec vos photos de profil bariolées d’arc-en-ciels et tout ça, et puis j’ai lu deux trois petites choses qui m’ont clairement gêné. Va falloir faire une petite mise au point de ce pas, et le premier qui chante du Jackie Quartz je le frappe.
Aujourd’hui on parle mariage, et je vais pas y aller avec le dos de la pelle.

Le mariage c’est pas utile.
A quand le divorce gay?
C’est juste symbolique.
Pourquoi vouloir les même
emmerdes que les hétéros?

Déjà on sent bien le clivage homos vs. hétéros dans ces propos, et c’est parfois un peu limite, mais passons.
Le mariage? Pas utile? Et si jamais on veut des gamins, ou se consoler avec l’héritage de l’autre en cas d’accident? Pourquoi personne ne pense à ce genre de détails sérieusement?
Peut-être parce qu’on ne pense pas un seul instant que gay ou pas gay, le parcours de vie peut être sensiblement similaire. On en revient donc au dernier point, du pourquoi vouloir les même « emmerdements » que les hétérosexuels? Bah je sais pas moi, peut-être parce qu’on est aussi des gens normaux, comme tout le monde, et que par conséquent nous aussi on veut avoir le loisir de pouvoir s’enterrer dans une vie « chiante » avec une maison, un chien et 2,5 enfant.

Je reviens souvent là dessus, et pourtant apparemment j’insiste pas assez, mais ce n’est pas tant une histoire de vouloir se marier, mais bel et bien d’en avoir la possibilité. Beaucoup d’hétéros de ma génération et de la précédente ne croient plus au mariage, et pourtant personne n’est venu proposer de le supprimer purement et simplement, que je sache?
Ce n’est pas parce qu’on ne veut pas d’un truc à notre échelle, qu’on doit pour autant militer pour que personne d’autre n’en profite. Et là je spoile un peu le scénario de la manif-contre-tous. Mais je m’égare.

Je voulais revenir sur cet argument central de la symbolique.
Je vois pas en quoi c’est mal déjà. D’une part parce que les LGBT+ n’ont pas de terre promise, et mis à part une vague allusion aux grecs de l’antiquité, n’ont pas d’histoire ancestrale. Donc que nous reste-t’il? Des combats contemporains.
Les gens croyants et les gens moins caucasiens baignent dans la symbolique de leur histoire en permanence. Là où je veux arriver sans trop me perdre en route, c’est que la symbolique, c’est vachement bien, c’est un truc auquel on peut se rattacher, ou y faire référence selon tel ou tel contexte.
Donc ouais, d’un point de vue plus récent, le mariage c’est super symbolique, mais c’est pas une mauvaise chose en soi. J’ai autant le droit de rêver à un beau mariage en costume royal, que la première hétéro venue. Et je dois avoir la possibilité de le faire autant qu’elle.

Pour finir, parce que je sens bien que j’suis en train de dériver loin du sujet, je vous dirais que si cela ne vous réjouit pas plus que ça, c’est potentiellement parce que ça ne vous concerne pas.
Mais ce n’est pas pour autant une raison de cracher sur nos célébrations .

Dazed and kinda lonely

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Lien avec l'article: aucun.

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Il fait beau, il fait chaud, c’est bientôt l’été et j’ai les yeux partout. Les filles sont habillées court, les corps reprennent des couleurs, et les regards se croisent.
Dernièrement j’ai du mal à identifier si c’est la saison qui veut que mon petit cœur en mousse s’emballe pour un rien, si c’est ma solitude qui parle, ou si je deviens quelque chose que je crains depuis longtemps: un bookmaker relationnel.

Je m’explique. Ce que j’appelle un bookmaker relationnel, c’est une personne qui vois en chaque autre personne qu’elle rencontre, si donné que ladite rencontre soit agréable, une potentielle opportunité de couple. Et ça, ça craint. Ça craint notamment parce que c’est un reproche que j’ai fait à certains de mes contacts, parce que c’est un comportement qui ne tend pas à donner confiance. Parce que les gens ne sont pas des opportunités. Les gens sont des individus à part entière, et on ne devrait pas voir en eux seulement ce qu’ils pourraient éventuellement nous apporter par la suite.

Mais y puis-je vraiment quelque chose si la plupart des gens que je rencontre sont incroyablement beaux? Physiquement, émotionnellement, moralement. Des individus complets, pas parfaits, mais juste ce qu’il faut de complexité pour les rendre diablement attirants.

Je pense ne pas avoir réponse à la question qui ouvre cet article. Mais je vais cependant faire de mon mieux pour ne pas sombrer dans ces vils comportements.
Je vous aime tous un peu. Certain.es plus que d’autres. Arrêtez d’être aussi attrayants. Ça suffit.