Holding myself too tight

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A l’adolescence, rien n’apparaît comme légitime, en particulier les choses sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle.
Cet article qui s’annonce d’ores et déjà casse gueule, parlera de la quête individuelle de vérité avant l’âge adulte.
Dans ce billet, je vais tenter d’extrapoler sur le fait que les ados sont loin d’être des créatures dénuées d’intellect, et que très souvent, ils et elles détiennent déjà des indices sur ce qu’iels vivent quotidiennement, en terme de ressentis physiques et émotionnels. Lisez jusqu’au bout, la lumière fait son oeuvre.

Lorsque l’on traverse la période charnière de l’adolescence, nous sommes en proie à nos hormones, mais pas seulement. Il faut parvenir à avancer chaque jour alors que le monde entier semble contre nous, personne ne nous comprend, et surtout, personne n’essaie vraiment de le faire.
Un problème de communication? Votre enfant est juste timide. Un petit coup de mou? C’est qu’iel est fainéant·e. Des douleurs récurrentes? Pas assez de sport. Et si iel ne sort jamais de sa chambre? C’est sa crise d’adolescence.
Alors que derrière toutes ces affirmations se cache parfois une souffrance réelle, et des éléments qui pourraient éventuellement être régularisés par une aide médicale ou encore de la thérapie.

Lors de ma propre adolescence, il y a eu un paquet de signes annonciateurs de la suite concernant mon état de santé, mais tout le monde est passé à côté.
Phobie scolaire, violence, crises de colère, automutilation, j’en passe et des meilleurs. Je ne faisais pas ma crise d’ado, j’étais « juste » en profonde dépression. Et les choses n’étaient pas prêtes de s’arranger.
Je dis souvent que j’ai eu la chance d’être pris en charge suffisamment tôt par le système médical, mais j’en ai quand même pas mal bavé avant d’avoir un diagnostic. Et malgré cela, ça a été un effondrement pour ma famille. Entre la recherche de ce qui a été « mal fait », et autres « personne ne l’a vu arriver », c’était pourtant annoncé dès le départ, en regardant correctement.
Je ne blâme absolument pas ma famille, mais durant une courte période, je n’avais aucune envie de vérifier s’il y avait des réponses aux nombreux « pourquoi », je tenais juste à ce que l’on me soutienne, et que l’on s’occupe de moi.
Mais je digresse.

Je voulais juste mettre le doigt sur le fait qu’une fois adultes, lorsque nous obtenons un diagnostic, s’il y en a un à poser, c’est un soulagement, parce que beaucoup de choses prennent du sens, et plusieurs événements trouvent leur explication.
Mais jamais lorsqu’on est adolescent·e­·s, parce que personne ne nous prend au sérieux dans cette période là. Et c’est bien dommage.

De la même façon, lorsque l’on sort du modèle cisgenre-hétérosexuel, beaucoup d’événements de l’enfance prennent sens une fois adultes, si l’on n’avait pas conscience de notre éventuelle spécificité avant cela.
Tout comme à l’inverse, si l’on en a parfaitement notion de notre « différence », d’un point de vue sociétal, personne ne nous prend au sérieux non plus.
Quand votre enfant vous annonce qu’il est gay, ou transgenre, très souvent iel s’entendra dire que « ce n’est qu’une phase », et si c’est effectivement une possibilité, cela ne fait pas la majorité. En grandissant, cette « phase » prendra probablement de l’ampleur jusqu’à en devenir étouffante si l’on lutte contre.

Si je n’avais pas nécessairement connaissance de la notion de transidentité jusqu’à l’âge adulte, j’avais pourtant profondément conscience que quelque chose me gênait dans mon identité. Et le fameux « ce n’est qu’une passade », c’est à moi même que je l’ai maintes fois répété. Mais à essayer de noyer cette vérité indéfiniment, j’ai fini par me retrouver face au choix d’affronter les autres, la société, mes proches, et me révéler véritablement au monde; ou alors de mettre fin à mes jours. On a connu des décisions plus agréables.

Tout cela pour en arriver au fait que, même si lorsque l’on est ados, on est un peu stupides, un peu niais·e·s, et pas forcément éclairé·e·s sur tous les plans, nous n’en demeurons pas moins en pleine possession de notre propre vérité.
Il suffit juste de trouver les bons termes pour mettre les mots sur nos douleurs. Qu’elles soient physiques ou morales. Et de trouver des personnes possédant suffisamment de bienveillance pour nous écouter, nous aiguiller, et nous rassurer.

Prenez soin de vous.

Let me be your muse

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Le saviez-tu que..TA GUEULE

Cet après midi, je réponds avec férocité à une image que je vois souvent passer sur les réseaux sociaux. Ma première réaction a été « HAHA, mais tellement pas putain ».

Je sais pas dans quel monde vous avez grandi, mais personnellement, c’était loin d’être cette idylle que nous dépeint ce montage photofiltre bas de gamme.
Moi quand j’etais enfant, j’avais pas d’amis. Parce que j’étais un peu différent des autres. Et ça n’a été qu’en empirant en grandissant. J’entendais souvent qu’il fallait profiter de mon adolescence, parce que ce serait mes meilleurs souvenirs. Pour ma part j’en fais encore des cauchemars, mais ça n’engage que moi…

Mais sans m’éloigner du sujet, quand j’étais enfant, y’avait déjà des castes. Des groupes. Rassemblés par un point commun pourri en général. Le groupe des futures péteuses, le groupe des mecs qui jouent au foot, le groupe de ceux qui jouent aux billes, le groupe des nerds en herbe qui parlent uniquement de Pokemon, etc etc. Et si tu ne faisais partie d’aucun groupe, bah fallait faire gaffe à tes dents.
Alors certes, je n’ai quasiment aucun souvenir d’avant mes 7-8 ans, mais je me rappelle de suffisamment de choses pour savoir combien le montage moche qui orne cet article sonne faux.

J’ai fait tous les surnoms. J’ai été tous les groupes cibles. Le gros tas alors que je faisais à peine quelques kilos de trop, le bizu ou l’intello parce que j’avais le malheur de lire pendant les récrés (faut bien s’occuper quand t’as pas d’amis), la « sale gouine » (sic.) alors que je n’avais pas encore eu mes premières émotions amoureuses. Fort heureusement j’ai quitté l’école suffisamment tôt pour pas devenir le travelo.

Arrêtez de projeter vos fantasmes sur la période de l’enfance. Parce que c’est une période charnière qui nous as tous construit en tant qu’individu, et que si vous aviez le malheur d’etre un peu en dehors de la norme, vous pouviez être certains que vous alliez bouffer dans la gueule toutes les insécurités de vos camarades de classe.

Violences physiques violences verbales, violences psychologiques. Je suis passé par à peu près tous les stades. J’en ai encore de méchantes montées d’angoisse, la nausée rien que d’écrire cet article, et des séquelles irréparables sur ma psyché.

Non. Les enfants ne sont pas des créatures merveilleuses, innocentes et sages. Ce sont des monstres. Des bourreaux qui n’ont pas encore été muselés parce que, comprenez, ils sont « trop petits pour comprendre ». A partir du moment où un gamin aborde un sujet, c’est qu’il est déjà suffisamment grand pour en entendre parler, et recevoir des leçons à ce propos.

La journée du sandwich.

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foiraxx

Bon, après 12 jours sans article, il est temps que j’me remue un peu le popotin et prenne le temps de tapoter mollement sur mon clavier en quête d’un sujet. Bon je dis toujours mollement, mais ceux qui m’ont vu taper savent que j’ai plutôt tendance à marteler plus qu’autre chose. Le degré de martèlement correspondant à combien je m’enflamme sur ledit sujet.

Chaque fois que je demande aux gens de m’aider à trouver un sujet (sur la page Facebique du blog), on me répond souvent, et c’est souvent les même d’ailleurs, des boobs. Alors que si j’observe attentivement mes statistiques, par exemple il y a trois semaines, il y a eu bien plus de visites et de réactions à mon article sur la paranoïa de se blesser à chaque instant (« lundi sanglant lundi ») que les jours qui ont suivi l’article gratuit avec Katie McGrath (« ça tombe bien j’ai pas de baignoire »). J’en conclue donc, et j’en suis même assez heureuse, que ce n’est pas juste un étalage cru de fesses et de seins qui vous intéresse, mais bien des trucs plus construits et plus élaborés, et aussi plus rigolos. Cela explique notamment le vautrage cosmique du film La vie d’Adèle… oh wait.
Hahaha! Ça veut aussi dire que mes lecteurs sont plus évolués que le bas peuple qui s’est rué au cinéma pour voir deux nanas faire des lesbiennes tellement crédibles qu’elles font une scène de cul avec la position des ciseaux. Oui, je taunt encore gratuitement ce film. Mais en même temps c’est 3h de ma vie que je ne récupérerais jamais, alors j’ai bien le droit de geindre un minimum.

Sinon aujourd’hui 8 Mars, c’est apparemment la journée internationale de la femme. Pour fêter ça, j’ai twisté un cliché, et je suis allée dans MA cuisine, me faire un sandwich pour MOI. Il était au comté, c’était bien bon.
Je vous dis ça mais en vrai, j’en aurais beaucoup à dire sur le sujet, mais d’autres le feront mieux que moi, et je ne suis aujourd’hui pas d’humeur à me scandaliser. Tant pis. Désolée.

Pour illustrer cet article, je me suis attelée à la tâche de faire un montage pourri sous Paint, que je rêvais de faire depuis des mois, mais que je n’avais jamais pris 10 minutes pour le faire une bonne fois pour toutes.

Sur ce, après avoir mis plus d’une heure et demi (avec des très grosses pauses) pour rédiger ce (très) modeste article, où au final je n’ai rien dit de bien transcendant; je vous laisse, et vous promets de revenir très vite vous narrer mes bêtises!