Poupée Russe / Russian Doll (2019)

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Aujourd’hui nous nous intéressons à la série Russian Doll, ou Poupée Russe dans sa traduction, oui, au singulier, c’est important. Et avant de commencer, je rappelle évidemment que je déteste profondément le principe de spoiler une série pour en parler. Cet article n’en comportera donc pas plus que si vous avez vu la bande annonce qui dure environ 1 minute, sur votre site de vidéos favoris.

J’ai énormément d’affection pour Natasha Lyonne, et ce depuis un paquet de temps. Certains répondront à cette affirmation « Orange is the New Black », mais je les écarte d’un  gentil revers de la main. C’est vers 2005 que je découvre sa bouille, avec un film sorti en 2000, à savoir « But I’m a Cheerleader », où j’y croiserais RuPaul, bien avant de tomber en amour pour sa compétition de drag-queens. Pour l’anecdote, je croiserais également dans ce film, l’acteur qui jouait Rufio, dans Hook.
Mais je m’égare.

Natasha Lyonne donc, qui ici tient le rôle titre d’une série qu’elle a créée en collaboration avec Leslye Headland et Amy Poehler. Ladite série nous a été servie sur Netflix depuis début fevrier 2019, et compte pour l’instant une saison de 8 épisodes, de 30 minutes chacun. Soit un total de 4h.
C’est donc tout à fait logiquement que je me suis enfilé l’intégralité des épisodes sur deux nuits différentes, parce que j’aime vivre dangereusement épuisé, mais en deux fois quand même parce que mon cérébral a ses propres limites.

⇒ De quoi ça parle ?
Nadia Vulvokov, fête ce soir ses 36 ans dans un immense appartement en plein New York. Mais au cours de la nuit, elle décède brutalement, pour mieux se réveiller au début de sa soirée d’anniversaire. Elle va alors revivre la même nuit fatidique, mais semble être la seule à en avoir conscience.
Nous allons donc suivre sa quête effrénée vers la vérité, avec le risque de s’y perdre en route.

⇒ Avis Global

Dès les premières secondes, l’ambiance est posée, l’histoire nous propulse immédiatement au cœur de la soirée, les répliques fusent, la musique est joviale, il y a des gens partout, et la série nous laisse à peine le temps d’arriver. Le rythme est assez soutenu tout au long du premier épisode, les choses s’enchaînent sans nous laisser le temps de souffler, pour soudainement mieux nous le couper [le souffle].
Une fois la surprise de son premier départ passé, cela devient un peu comme un jeu de pistes entre le show et le spectateur, d’essayer de deviner ce qui va ensuite lui arriver de plus absurde, ce petit côté Destination Finale, l’aspect gore en moins.

Et a force de rester focalisé sur le décor en fond, il ressort pas mal de petits détails qui nous font tiquer, des éléments qui manquent, des choses qui changent subtilement en arrière plan, c’est assez bien fichu puisqu’il faut vraiment y être attentif pour s’en rendre compte. Au début en tout cas, car ces même éléments se font de plus en plus grossiers, voyants, renforçant comme un arrière goût de malaise caché derrière des blagues visuelles et verbales qui se succèdent sans arrêt.

Le ton de la série, qui est au départ très léger malgré la thématique de la mort, s’assombrit au fur et à mesure de son déroulement. Comme une tornade d’émotions diverses qui nous entraine dans sa suite. On ne sait pas vraiment où l’on va atterrir, mais une fois pris au centre de la tempête, il est trop tard (et trop irrésistible) pour chercher à s’arrêter en cours de route.
Nous voulons, nous DEVONS connaitre le dénouement. Quelque soit le prix à payer.

Ce n’est cependant pas une série à mettre devant tout les yeux, le coté « déconseillé aux moins de 16 ans » n’est pas annoncé à la légère. Enormément de thèmes sont abordés, ou  même juste effleurés durant ces 8 épisodes, et certains demeurent assez rudes. J’ai moi-même été un peu trigger à plusieurs passages, dont je ne parlerais pas évidemment, sans risquer de spoiler.
Il ne s’agit pas uniquement de mentions explicites et visuelles de drogue, alcool et accidents rigolos, il y a aussi des moments plus trashy, des fesses, du sang, de la violence sociale et/ou psychologique, pas nécessairement dans cet ordre là.

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⇒ Conclusion

Le concept du jour sans fin était assez classique dans les années 90 : toute série populaire de cette époque l’a fait, que ce soit Buffy, Stargate ou encore Xena, le concept a été beaucoup utilisé.
Ici, il se renouvelle largement, puisque la plupart des jeunes téléspectateurs de plus de 16 ans, n’étaient pas nés dans les 90s, et donc n’ont pas connu ce trope populaire employé à toutes les sauces.
Mais ici donc, il est revu et actualisé, pas juste là pour nous faire rigoler le temps d’un épisode, puisque la série entière repose sur ce twist scénaristique.
C’est donc à la fois amusant et angoissant, cette course terrible contre la mort, cette ode à l’espoir tout à la fois.

Une fois passée la ligne d’arrivée du générique concluant cette saison 1, je suis resté une longue minute à fixer dans le vide, au point de croiser mon regard dans le reflet de mon écran noir. Pas vraiment sûr de ce que je venais de vivre, pas non plus complètement convaincu d’avoir saisi toute la subtilité des derniers épisodes. Mais si certains éléments restent cryptiques, l’ensemble m’apparaît néanmoins nécessaire et parfaitement calculé par les créateurices de Russian Doll.

Une chose est cependant sûre : c’était particulièrement intense, et je mettrais probablement plusieurs jours à me remettre de cette expérience télévisuelle.

Comme un goût d’ivresse

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Ce matin, je vous propose trois films que j’ai vu, et mon avis sur la question. Les trois sont dispo sur Netflix, ou toute autre plateforme de streaming de votre choix, il s’avère juste que je paye mon propre abonnement, donc j’ai fait avec le catalogue français.
Vous vous en doutez bien, je suis parti du côté LGBT de la force, et plus spécifiquement la premiere lettre de l’acronyme. Donc sans plus d’introduction, passons au premier titre !

THE FEELS

Sorti en 2017. De Jenée LaMarque, avec Constance Wu et Angela Trimbur.

Le thème central de ce film c’est l’orgasme, et en l’occurrence la révélation de l’absence d’orgasme vécu, chez l’un des personnages, et ça fout bien le drame dans un weekend d’enterrement de jeune fille supposément idyllique. Rien ne se passe comme prévu, les gens couchent entre eux, et le malaise est palpable tout du long.
Il y a comme une tension dès les premières minutes du film, on sent que quelque chose ne va pas et que ça va exploser, mais on ne sait juste pas exactement quand, et ça fout une pression mentale monstre.

Et quand enfin ça explose, ce n’est pas beaucoup mieux, et on finit par avoir le dénouement de la situation aux toutes dernières minutes de ce long métrage.

Si les fanfictions m’ont bien appris quelque chose, c’est qu’une bonne communication fait des miracles, et c’est ce qui manque à nos protagonistes.
Une communication si importante, qu’elle aurait pu nous éviter « The Feels », entre l’écriture des dialogues parfois hésitante, et l’absence totale d’alchimie entre les personnages.
Sans même parler des passages d’interview des persos en individuel face caméra, et que l’on nous indique jamais le pourquoi de ces interviews qui découpent le film. Bref, c’est un trajet pas forcément super intéressant, ni pertinent.

Je lui donne donc la note de Pénible/10. J’en ai entendu du bien, et pourtant je n’ai pas aimé, alors que je ne m’attendais pas à grand-chose. Comme quoi, les goûts et les couleurs hein.

LA LUCIERNAGA / THE FIREFLY

Sorti en 2015. De Ana Maria Hermida, avec Caroline Guerra et Olga Segura.

Un long-métrage Américano-colombien qui traite du deuil et de la façon de s’en relever, en quelque sorte.
Le film s’ouvre sur deux drames : le premier est une scène qui sera aussi celle de quasi conclusion, à une scène près. Et le second sera le fil conducteur du film.
Andrès, le frère de Lucia et futur mari de Mariana décède tragiquement. D’autant plus que le frère et sa soeur ne s’étaient pas vus depuis 3 ans. Ainsi, Lucia va soutenir sa « presque » belle sœur et l’aider à se rétablir de cet événement. Et ce de manière plus intime qu’elle ne l’aurait songé.

L’ensemble se déroule avec douceur et une certaine justesse du traitement de la thématique. Si on exclut la toute dernière scène du film, que j’ai personnellement trouvée assez glauque.
Mention spéciale également au mari de Lucia, carriériste, opportuniste et détestable à souhait, en plus il mâche son chewing gum la bouche ouverte. Y’a eu des morts pour moins que ça.

Il y a également par moments, des scénettes fictives, proches de la métaphore, à grands renforts de maquillages et d’effets de lumière, on ne comprend pas toujours tout, mais ça a le mérite d’être joli.

Dans l’ensemble c’est assez doux, et parfois poétique, la musique est adaptée et l’image est travaillée. Réelle alchimie des deux actrices, même si au début tout le monde a un peu la même tronche. Au moins on évite le cliché de la blonde et la brune, comme dans les trois quarts des couples de filles de la télé.

Je lui donne la note de Correct/10. Ca aurait pu être pire et pourtant on ne partait clairement pas gagnant.
Et en vrai j’ai passé un bien meilleur moment que devant The Feels. Du coup ça m’a motivé a en regarder un troisième !

LOVESONG

Sorti en 2017. De So Yong Kim, avec Riley Keough et Jena Malone.

Lovesong nous conte une histoire en deux étapes.
Il y a Sarah, une femme dont le mari est en déplacement professionnel quasiment en permanence, sa fille Jessie, et Mindy, la meilleure amie de Sarah, avec qui elle était à la fac.

Quand Jessie a 3 ans, et que Sarah semble clairement au bord de la dépression de devoir s’occuper seule de sa fille, elle invite Mindy à venir les voir, et les trois partent en road trip. Elles ont une aventure lors de ce voyage, et Mindy décide un peu brutalement de repartir chez elle au lendemain de leur nuit ensembles.

Puis on nous projette trois ans plus tard, les deux femmes ne se sont pas vues entre temps, mais se revoient à l’occasion du mariage de Mindy avec son compagnon.
Entre l’alcool et le stress, les deux se retrouvent éventuellement le temps d’un moment d’accalmie.

Lovesong n’est pas tant une histoire d’amour mais plutôt un conte un peu triste sur le fait de devoir laisser partir celleux qu’on aime, en particulier lorsque le timing était mauvais.

Je lui donne la note de Pesant/10, parce que même si on éprouve de l’empathie pour Sarah qui regarde son amie avec des yeux pleins d’amour tout le long du film, les circonstances font que c’est super compliqué pour elles de tout quitter.

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Voilà, ce n’était clairement pas une expérience des plus fantastiques, mais ça m’a permis de tuer le temps et de faire un article de mes nuits sans sommeil. A bientôt pour d’autres films moyens, bisou !

I’m getting tired of the disrespect

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Source : Europe1

Alors que je glandais sur Touittère, j’ai vu passer ce screenshot, qui correspond à une réponse « à chaud » de Raphaël Enthoven par rapport à un des sujets du Bac qui est tombé ce matin pour les terminales S.
Alors tout à fait entre nous, le gars, je sais même pas qui c’est. J’ai vu passer son nom deux trois fois, mais comme j’en avais pas grand chose à carrer, j’ai jamais googlé le bonhomme, et ça ne m’intéresse pas vraiment de savoir surtout.
Ca ne m’intéresse pas vraiment, parce que même si c’est un mec important, je ne saurais être plus en désaccord avec son propos sur la question.

Si jamais l’image est « cassée », voila son contenu :

Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ? (Sujet 2, série S)

« C’est un sujet qui peut être débattu, par exemple, chaque fois que des « racisés » dénient à quiconque le droit de parler du racisme. Ce sentiment que l’on ne parle bien que de ce que l’on connaît ou dont on est la victime repose sur le postulat que l’on ne parle que de ce qu’on éprouve. Les gens qui parlent pas sans éprouver n’ont qu’une connaissance abstraite. Mais en même temps, ceux qui éprouvent ont des œillères. Leur jugement est altéré par leurs sensations. Ils ne voient que ça, ils sont myopes par leurs problèmes. Pour l’éviter, il faut la capacité à souffrir des douleurs qui nous sont épargnés. L’empathie permet d’apporter une alternative. »

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Déjà les guillemets à racisés, ça craint un peu, il suffisait de dire PERSONNES racisées, sans le moindre guillemet, boum bébé.
Ensuite, quelque soit la minorité, il n’est pas proscrit absolument aux non-concerné·e·s de donner leur avis, mais simplement de ne pas prendre l’espace de parole aux personnes concernées justement. La règle qu’on entend souvent c’est « écoutez les concerné·e·s », et non pas « fermez bien vos gueules ». La distinction étant que vous avez pleinement le droit d’avoir un avis, et même de l’exprimer, à la seule condition de ne pas couvrir la voix des gens qui sont bien plus pleinement conscients d’un contexte discriminant.

Ensuite, et c’est le cœur du problème, que j’étais pourtant convaincu d’avoir adressé par le passé, c’est la notion de proximité.
On m’a déjà dit un jour, plusieurs autres fois aussi mais cet épisode m’a marqué; que je ne pouvais pas comprendre qu’on puisse défendre un connard transphobe médiatisé, puisque j’étais concerné directement par le problème, et donc trop proche pour prendre du recul.
Et moi je dis Alerte au Flan, puisque c’est justement parce que je vis la situation jour après jour, je suis parfaitement placé pour concevoir à quel point la personne et ses propos sont problématiques.

Ce que je reproche donc à Mr Enthoven du coup, c’est de nier qu’il est tout à fait possible de ressentir pleinement un problème, tout en ayant suffisamment de conscience de soi et des alentours pour parvenir à faire la part des choses.
Il propose alors comme solution miracle l’empathie. Laissez moi poser une alerte au spoiler : tout le monde n’en est pas capable. De la même façon que tout le monde n’est pas apte à faire trois pas en arrière pour mieux cerner le contexte et ses enjeux.
Y’a des extrêmes de chaque côté de la barrière. Sachons modérer nos propos, ne soyons pas si catégoriques.

Moi j’ai fait seulement un an de philo mais en accéléré pour passer mon Bac, du coup je vous propose ma correction très rapide, et probablement tout aussi pertinente.

« Eprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste? »
Non, pas obligatoirement, mais ça aide néanmoins. C’est en embrassant l’humilité que l’on acquiert pleinement la connaissance nécessaire pour savoir quand l’ouvrir sans se couvrir de ridicule. De rien, bisou.

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PS: Cet article a été écrit après une nuit blanche, sans vraiment le temps de laisser refroidir ni de relire 14 fois. Il est possible que j’ai dit n’importe quoi. YOLO.