Comment améliorer son passing

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Il y a deux jours de cela, on m’a envoyé le lien d’une vidéo réalisée par une femme trans, qui s’adressait aux garçons trans, et qui se targuait d’apporter plein de petits conseils pour améliorer son passing. Et cette vidéo m’a fait grincer des dents. Mais comme j’ai un minimum de respect, je ne nommerais par l’autrice de cette « oeuvre ».

Tout d’abord, petit rappel de vocabulaire : le passing, c’est le concept qui consiste à « passer » pour une personne cisgenre, à savoir, ne laisser aucun indice quant à sa propre transidentité en société. Cela passe par autant d’attitudes que de subtilités propres à chacun telles que l’habillement ou autre détails visuels. On pourrait presque appeler ça « l’invisibilité ». Le passing peut être naturel, grâce à un physique particulier, ou travaillé, grâce à une coupe de cheveux par exemple.
Certaines personnes chercheront à tout prix à avoir le meilleur passing possible, tandis que d’autres s’en fichent, ou au contraire accentuent leur visibilité par choix militant. C’est une volonté individuelle, et chaque démarche est respectable.

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Pour en revenir à la vidéo qui m’a inspiré cet article, j’ai trouvé que les conseils qu’elle parsemait étaient aussi clichés que dangereux. Clichés parce qu’ils étaient basés sur une vision unique de l’homme : forcément hétéro, forcément un peu macho, forcément hyper masculin. Et dangereux parce que pris dans leur ensemble, ces conseils ne laissaient aucune place à la personnalité de chacun.

Au tout début de ma transition, je m’interdisais certaines choses, comme le fait de porter des colliers, ou des bagues. Et il m’aura fallu attendre d’avoir quelques poils sur le visage avant d’à nouveau oser porter des bijoux. Et c’est tellement absurde que j’ai mis des mois à en prendre conscience.

La vidéo aborde ensuite la question de la coupe de cheveux, là elle ne pose aucune obligation, mais dit simplement qu’il faut choisir une coupe adaptée au visage de chacun. Et c’est potentiellement le seul passage où j’étais d’accord. Mais elle se vautre néanmoins en disant qu’il faut une coupe qui souligne le carré du visage, et éviter absolument de tout raser pour ne pas mettre en valeur les rondeurs des joues. Et je ne suis pas d’accord.
Pour beaucoup de mecs trans, surtout en début de transition, on a l’air hyper jeunes, on ne fait pas du tout notre âge tant qu’on a pas plusieurs années de testo dans les fesses. Mais je ne vois pas vraiment en quoi c’est un souci en fait. Au pire j’ai un passing d’adolescent, et au mieux on me demande mon secret de jouvence.
Il y a autant de coupes de cheveux qu’il y a de garçons, et cheveux courts ou cheveux longs, personne n’a rien à y redire. J’ai suffisamment d’amis aux cheveux dix fois plus longs que les miens, et personne ne remets en doute leur identité, ni la mienne d’ailleurs.

Vient ensuite la partie sur les vêtements. Elle nous dit d’éviter les trucs trop amples, les trucs trop « kawaï », ainsi que les trucs trop serrés. Ca ne laisse donc pas beaucoup de place à l’inventivité je trouve, mais bref.
Pour ce qui est de l’habillement, je préfère avant tout porter des fringues dans lesquelles je suis à l’aise en fait. Pas ceintrées du tout, des fois trop grandes, avec des motifs rigolos. J’ai donc zéro pointé sur ses conseils, et je m’en balance.
Alors certes, pour un meilleur passing il est effectivement judicieux de trouver le juste milieu entre trop ample et trop près du corps, mais je trouve surtout qu’il est intelligent de choisir des vêtements qui nous font plaisir. Quand on est mal à l’aise dans nos sappes, cela se ressent, donc autant choisir des formes et des motifs qui nous mettent en joie.

La vidéo parle ensuite des binders et des packers, et je ne reviendrais pas trop là dessus parce que j’y ai déjà consacré suffisamment d’articles. Mais je reprécise qu’il faut toujours rester à l’écoute de son corps, malgré la dysphorie. Bindez en toute sécurité, et ne multipliez pas les épaisseurs de compression, parce que cela peut être dangereux. Ne cherchez pas le plat absolu non plus, pas juste parce que ça fait moins naturel, mais parce que c’est dangereux pour votre capacité à respirer convenablement.

Enfin, cette vidéo infernale finit sur une injonction au sport, et j’ai failli balancer mon clavier par la fenêtre. Tous les garçons ne font pas du sport, tous les garçons ne sont pas musclés. Y’a autant de morphologies qu’il y a d’individus. Moi je fais du sport, mais je suis gros quand même, comme quoi ça ne veut rien dire.

En conclusion : pour améliorer votre passing, soyez simplement à l’aise avec vous même. Vous vous rendrez très vite compte que les libertés sont infinies, que ce soit pour votre apparence physique comme pour votre expression personnelle.
Il y a autant de masculinités qu’il y a de garçons. Trouvez celle qui vous mets à l’aise, embrassez la, assumez vos choix, emmerdez les autres. Soyez fiers, tenez vous droit et tout ira bien.

Bisou !

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Swallowing on scars

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Boum, bébé !

Pour ceux qui le savent, plus le temps avance, et plus je suis à l’aise avec mon identité. En conséquence, ce qui m’a construit pendant des années, à savoir, mon orientation sexuelle; s’est un peu cassé la gueule.
Je me suis labellisé pendant des années comme « gay », le terme de « lesbienne » m’ayant toujours gêné à l’oreille. Ce blog en était d’ailleurs porteur dans son titre jadis.
Mais le fait est que, durant le dernier tiers de ma vie actuelle, beaucoup de choses reposaient sur cette identification personnelle. Et au moment de faire mon second coming out, j’ai un peu pété les fondations à la masse de chantier.

Le fait d’intégrer socialement comme personnellement cette « nouvelle » identité, m’a fait réaliser un paquet de trucs. Notamment le fait que, plus j’avance dans mon parcours, et moins j’estime que les gens aient des choses à redire quant à ma vie privée.
Notamment le fait que mes préférences romantiques et [éventuellement] charnelles, ne concernent que moi. Mais surtout que je ne suis pas obligé d’être hétérosexuel au sens le plus strict du terme pour être valable en tant que garçon aux yeux du monde.
On dirait que j’enfonce des portes ouvertes, mais c’est une réalisation avant tout personnelle, qui me concerne, les autres font bien ce qu’ils veulent, je m’en carre pas mal.

Tout ça pour dire que, ce que j’ai longtemps considéré comme une faute de parcours, à savoir, d’avoir couché avec un garçon cisgenre, n’en était pas forcément une, d’erreur. Bon, si, mais pas pour les raisons que vous croyez, attendez la suite, ça devient croustillant.

Avant toute chose, ne perdez jamais de vue que, l’hétérosexualité ne devrait pas être l’orientation par defaut, et qu’à partir du moment où toutes les parties sont consentantes, et aptes à consentir, alors tout le monde est content.
Bon okay, là j’enfonce vraiment des portes-fenêtres, et je ne fais que retarder le moment pop-corn.

Comme chacun le sait, je suis célibataire, et ce, depuis un paquet de temps. Et au début où j’étais sous traitement hormonal, de temps en temps, la testostérone faisait son petit effet, et j’avais des envies assourdissantes. Au point de refuser de sortir de chez moi pour voir du monde, de peur d’avoir des paroles ou des comportements dictés par mes hormones bouillonnantes.
En conséquence, je restais beaucoup chez moi, mais la magie de la technologie me laissait à portée d’autres individus via ce merveilleux biais qu’est Internet. Du coup, de temps en temps je grattais à la porte virtuelle de ce fameux garçon avec qui j’avais consommé quelques temps auparavant. Parce que je savais qu’il ne me jugerait pas, qu’il comprendrait ces pulsions pressantes, et qu’il m’aiderait à mettre en place une stratégie pour y mettre fin. (Et éventuellement fanfrelucher ensembles, soyons clairs là dessus.)
Et fluteblûte, à quel point pouvais-je me fourrer le bras dans l’œil.

(TW: Transphobie)
Après une énième piètre tentative de l’attirer jusqu’à ma chambre à coucher, il m’a avoué être moyennement à l’aise avec cette idée. Parce que, et je paraphrase sans exagérer un seul instant, après tout, il avait vu mon corps, savait à quoi je ressemblais vraiment sous mes vêtements, et que donc, il lui apparaissait comme impossible pour lui de pouvoir me considérer véritablement comme un garçon. Je serais à ses yeux toujours une fille, avec un corps de fille et tout ce qui s’en suit.

Après ma colère primaire, il a essayé de se justifier plus que de s’excuser, s’enfonçant encore plus dans ses miasmes verbaux. Je lui ai donc très judicieusement indiqué de ne plus jamais m’approcher ou chercher à me contacter. Il a respecté cette injonction, ce qui est très basique, mais bienvenu, et d’ailleurs s’il lit ceci, qu’il ait la décence de ne pas se manifester publiquement, merci d’avance.

Voilà.
Je ne sais plus exactement comment conclure, la nausée m’ayant violemment repris depuis environ deux paragraphes. Donc je finirais simplement là-dessus.
En tant que personnes transgenre, nous ne sommes pas que des corps. Les personnes cisgenre non plus ne sont pas que des corps, mais iels n’ont que bien moins à subir ces violents rappel à l’ordre sous couvert d’une prétendue biologie scientifique de bas-étage.
Et en conséquence, si vous n’êtes pas fichus de faire le détachement entre corps physique et identité de genre, ne sortez pas avec des personnes trans, ne couchez pas non plus avec des personnes trans, et par dessus tout, foutez nous la paix.
Bisou.

Tell me about poison

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Ce matin, on s’attaque à un morceau de choix : la liberté d’expression.

Dans tous les débats, en particulier ceux qui sont stériles et/ou amènent à la haine, on entend beaucoup trop l’argument de « tout le monde a droit à la liberté d’expression ». Et il faut traduire ça par « j’ai le droit de dire à peu près tout ce que je veux ».
Sauf que ça ne fonctionne pas exactement comme ça.

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NON.

La liberté d’expression, c’est surtout pour permettre, entre autres, de laisser libre champ à la presse, pour éviter que les informations importantes ne soient muselées. C’est aussi un élément non négligeable qui permet par exemple de faire grève, ou de manifester dans la rue quand on n’est pas d’accord avec les mesures du gouvernement.
Mais la liberté d’expression ce n’est pas un article de loi qui autorise à être un.e enfoiré.e sur les internets et à cracher son venin à tout va sous couvert d’une quelconque liberté [d’absence] intellectuelle.

Bien évidemment, les gens ont le droit d’être haineux, homophobe, transphobe, raciste, bref, la brouette habituelle. Par contre ils ne sont pas tout à fait en droit de le crier sur tous les toits. Pourquoi? Parce que outre le moindre argument de décence humaine, il y a la loi. Et accessoirement j’ai le droit de ne pas vouloir en être inondé sur mon fil d’actualités.

Alors ouais, okay, peut-être que « ça ne fait de mal à personne réellement », vu que ces individus coléreux ne sont juste que des « trolls » derrière leurs écrans. Et je vais revenir sur le sujet dans un court instant.
Je voulais simplement rappeler que l’incitation à la haine est un délit, y compris sur le web. Le code civil évolue avec le temps, et internet et ses dérives existent depuis suffisamment longtemps pour qu’on se soit penché sur la question.

Mais donc oui, l’argument du fameux « troll » est devenu avec les années, l’excuse toute prête pour justifier et passer tout un tas de sales comportements. Ce sont de simples commentaires, jusqu’au harcèlement pur et simple, et en vrai, ça fait du dégât à échelle individuelle. Typiquement, on imagine facilement que le « troll » est une personne, souvent très jeune, généralement dénuée de la moindre once de savoir-vivre. Or, il s’avère que n’importe qui peut se planquer derrière cette désignation. Des gens intelligents, pas forcément mal renseignés, mais qui exercent leur méchanceté gratuitement dans le but unique de nuire, et éventuellement de satisfaire leur ego. Je caricature un peu, mais les conséquences sont là.
Certaines personnes tombent en dépression, se laissent aller à de sombres idées, jusqu’à les mettre à exécution. Le harcèlement ainsi subi peut mener, plus souvent qu’on ne le croit, à des suicides. Personne n’est vraiment à l’abri.

J’avais un jour vu sur un post sur un site, que si les commentaires anonymes sont aussi violents pour celleux qui les reçoivent, c’est parce qu’on les lit avec notre propre voix, dans notre tête. J’ignore si c’est vraiment là la raison pour que les gens internalisent le problème aussi personnellement, mais ça expliquerait beaucoup de l’impact qu’a le négatif sur les internets.

Pour conclure, je dirais très simplement que la liberté d’expression est un outil, pas un passe-droit. Et que celui de garder le silence fait partie de la palette, ce sera donc mon conseil implicite du jour. Bisou !

Youpi! La haine est finie! PARTY SNAKEY!

Youpi ! La haine est finie ! PARTY SNAKEY !!

I’m all alone and I want to cry

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Bonjour à toi, peuple d’internet.
Nous sommes au matin du 9 novembre 2016, et le monde se réveille en apprenant que Trump a gagné les élections américaines.
Hillary n’était pas toute blanche non plus dans cette campagne, mais à choisir entre un petit rhume ou la malaria, voilà quoi.
Je suis présent sur un tas de réseaux sociaux, avec notamment Twitter et Tumblr, où je follow un paquet de personnes qui vivent aux Etats-Unis. Et concrètement, l’intégralité de ma timeline est en PLS.

On se demande tous comment on a pu en arriver là, et la réponse est malheureusement assez évidente. Je vais étayer mes théories au fil de cet article que j’espère plutôt court, puisque écrit totalement à chaud et sans le moindre recul. Soyez prévenus.

Tout d’abord il y a eu tout ce mouvement qui vous encourageait à aller voter. Parce que chez toute personne avec des opinions « honorables », personne ne s’attend à avoir des proches qui votent pour les extrêmes. Mais malheureusement c’est une réalité. Chacun a son droit à avoir une opinion politique. Et puisque tout le monde a le droit de vote, même ceux que vous considérez comme l’adversaire, ont des partisans. Si effectivement tout le monde votait, ce n’est pas forcément les « gentils » qui gagneraient, si réellement gentils il y a.
Ce qui m’amène à mon second point.
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Nous sommes en plein cœur d’une réalité où les gens se détestent pour tous un tas de raisons. Aussi peu valables soient-elles. Même sans aller jusqu’à regarder aux USA, ouvrez un peu les yeux sur notre jolie France. La Manif pour Tous a des partisans, et pas qu’un peu. Les manifestations se multiplient, pour un bord comme de l’autre, et tout le monde déteste la police.
La moitié de la population crache allègrement sur les migrants, à vous en donner le cancer si vous lisez les commentaires sur internet. On voit des centres d’accueil incendiés dans la capitale. On voit des zones entièrement re-cimentées avec du gros caillou pointu pour que les SDF ne puissent plus s’y installer pour dormir. On a vu des femmes voilées se faire verbaliser parce qu’elles n’étaient pas assez déshabillées sur la plage, et on argumente que d’autres femmes l’étaient trop puisqu’elles ont été violées.

Il suffit d’allumer la télévision 10 minutes pour constater que les émissions qui trustent l’audimat sont un florilège de sexisme, de racisme, et de LGBTphobie.
On en est à ce qu’en soirée avec des gens que je considère comme mes potes, on essaye de me défendre des vidéos « humoristiques » qui participent à rendre ridicule les personnes transgenres, les personnes handicapées, les personnes marginalisées etc…
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Le monde va mal. Ça ne date pas d’hier. Et ce n’est pas près de s’arrêter.
Je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, parce que j’ai la nausée.
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Dites aux gens que vous aimez, que vous les aimez. Prenez soin de vous.
Faites une sieste.

I’m gonna get hurt

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Salut bande de gens. Aujourd’hui on va parler de handicaps. Parce que c’est un sujet rigolo. (non).

Deux fois ces derniers temps, j’ai été confronté à la carte du handicap invisible, à savoir que par deux fois, on a essayé de m’expliquer en quoi je n’étais pas réellement handicapé. Parce que, comprenez bien, je suis valide physiquement.

Vous noterez, et c’est subtil, que dans la première phrase de cet article, j’ai mis le mot « handicap » au pluriel. Parce que non, être handicapé ce n’est pas juste être coincé dans un fauteuil. D’autant que certaines personnes qui possèdent un fauteuil, en vrai peuvent marcher, sur des petites distances, mais sont fatigables très rapidement. Et comme je ne suis vraiment pas expert sur la question, je vous renvoie à la vidéo de la chaine Vivre Avec. Mais bref. Revenons en à mes moutons.

Ce n’est pas parce que je ne semble pas visuellement handicapé, que je suis forcément une personne valide. Je perds encore plus en visibilité, puisqu’en ce qui me concerne, tout se passe dans mon cérébral.
Mais, les organes quand ils déconnent, on ne vous dit pas que ça n’existe pas. Quand vous êtes asthmatiques par exemple, on ne vous dit pas « ouais bah respire plus fort, ça passera ». Alors pourquoi quand vous êtes en dépression par exemple, les gens vous posent des injonctions de merde comme « sort prendre l’air, fais du yoga, pense à boire beaucoup ».
Au même titre que le cœur, un organe, le cerveau est aussi un organe. Venez pas me pourrir avec des notions de biologie en commentaire si j’ai faux, c’est pas le point. Et donc au même titre que le cerveau est un organe comme le cœur, si celui ci a un dysfonctionnement, le problème est aussi réel qu’une tachycardie.
Parce que les troubles psychiques c’est juste ça : le cerveau qui fonctionne différemment. Des connexions qui se font mal, des substances qui sont absentes, ou au contraire trop présentes.

Et les médicaments pour les différents troubles psychiatriques, ne sont souvent que ces substances là, synthétisées, pour venir pallier à votre carence en sérotonine, au hasard. (Je dis probablement une connerie en utilisant la sérotonine comme exemple, mais c’est le premier qui m’est venu en tête).

Mais voilà. Je ne veux bien évidemment pas qu’on me ramène uniquement à ma condition de handicapé, mais j’aimerais qu’on ne perde tout de même pas de vue que cela reste ma réalité au quotidien.
Je ne suis pas un simulateur. Je ne suis pas un fraudeur aux allocs. Je ne suis pas un glandeur ultime qui as trouvé le bon filon pour rien foutre de ses journées.

Comprenez bien, j’ai l’air d’aller parfaitement bien uniquement parce que j’en ai décidé ainsi. Je semble n’avoir aucun souci parce que je fais en sorte que ceux ci ne se dévoilent pas en 8 secondes. J’ai juste un self control très élaboré. Mais ne me reniez pas mes difficultés, merci.

Pour reprendre un exemple utilisé dans la vidéo que je vous ai mise en lien, je suis particulièrement myope. Je suis capable de prendre ma douche sans mes verres sur le nez. Mais je n’en reste pas moins myope. On ne me retire pas ma carte de myope juste parce que j’arrive à discerner mon environnement, avec beaucoup d’efforts.
Bah là c’est pareil. Nier ma réalité, juste parce que j’ai l’air bien, c’est nier tous les efforts qu’il m’a fallu pour en être là aujourd’hui.

Et pour éloigner la conclusion de mon seul cas précis, je vous demanderait, avec le plus grand calme, d’arrêter de bondir sur des jugements hâtifs, quand des personnes vous évoquent leurs difficultés, en particulier si celles ci vous sont invisibles.
Ce n’est pas parce que ça ne se voit pas, que ce n’est pas là.

I’m free from the worries that I left behind

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J’annonce la couleur.

Bon. Ça fait quelques jours que ça me démange furieusement. Il faut que j’écrive un article à propos de Pokemon Go. Je n’ai certes pas la portée d’un site comme RondPoint89 ou 15minutes, mais ce n’est pas pour autant que je n’ai pas d’avis sur la question.
Avant toute chose je pose ici un content warning: Je suis un joueur. Et je suis très en colère.

J’ai lu des choses affreuses, des clichés éculés écrit mille fois à propos de n’importe quel jeu vidéo, des gens même issus de mes contacts qui gueulent gratuitement sur un phénomène qu’ils ne comprennent pas, allant jusqu’à la violence verbale et les menaces.
Excusez du peu, mais quand je lis qu’on veut jeter mon téléphone dans la Garonne sous prétexte que je capture des bestioles qui n’existent pas, ça me fout un peu la trouille.

L’argument principal que j’ai pu lire jusqu’à le vomir, un peu partout sur les articles anti-PoGo, c’est que le jeu nous zombifie, et nous rend dangereux lors de nos déplacements dans l’espace urbain.
Je répondrais d’emblée que ce n’est pas le jeu qui rend dangereux, c’est une minorité de joueurs, qui sont un peu cons et manquent de savoir vivre, ça je ne vous l’enlève pas. Quand je joue, mon téléphone est dans ma main, et mes yeux sont dirigés vers là où je marche. L’avantage c’est que lors de l’apparition d’un pokémon, le téléphone vibre. Je prends donc 3 secondes pour me décaler et ne pas gêner le passage. Le problème ne vient pas donc du jeu, mais de quelques individus, nuance.

Ah, et si par zombification vous parlez du fait qu’on ait les yeux rivés sur nos écrans, je ne trouve pas que cela change grandement vis à vis du reste du temps. Prenez un peu les transports en commun, combien de gens, tous âges confondus, sont collés à leur écran? Un bon gros 70% des passagers. Seulement, avant que le jeu ne sorte, personne ne savait vraiment ce que tous ces gens foutaient sur leurs téléphones. Peut-être qu’ils lisaient, peut-être qu’ils discutaient avec leurs proches, peut-être qu’ils jouaient à Candy Crash, peut-être qu’ils planifiaient leurs liste de courses. Personne ne le sait. Mais à présent? Oula, sûrement en train de s’imaginer être le meilleur dresseur? Tuons les par le feu, ces sales asociaux…

Mais bazar, moi tout ça m’énerve beaucoup, donc je vais vous exposer calmement en quoi le jeu est positif.

Il faut savoir qu’à l’origine, je suis quelqu’un d’excessivement casanier, je sors très peu de chez moi, pour certaines raisons bien précises. Je ne supporte pas le bruit ambiant, je n’aime pas voir des gens, j’ai du mal à me refréner de me jeter sous un bus, bref, l’horreur. Donc rester chez moi est bien plus qu’un confort.
Mais depuis que Pokemon Go est sorti, officieusement puis officiellement depuis peu, je sort au moins tous les deux jours. Et pas juste pour aller au bout de la rue chercher mes clopes ou racheter du café. Non. Je déambule des heures durant, à la recherche d’une créature qui, certes n’existe que dans mon téléphone, mais dont la joie procurée par sa capture est elle, bien réelle.
J’ai donc installé un podomètre sur mon téléphone, pour mesurer à quel point je me remuais. Et depuis la sortie de PoGo, je fais en moyenne 5 kilomètres par jour, ceux où je pars chasser Pikachu et ses copains.
Je vais dehors, je parle à des gens que je ne connais pas, et même parfois, je fais quelques kilomètres en leur compagnie à discuter du jeu et à chasser les pokemons en même temps.
En bref, je fais du bien à mon corps, à et mon humeur. Je combats mon anxiété sociale sans avoir l’impression de vraiment faire d’efforts. Parce qu’avec les autres joueurs, nous avons un point central de discussion, une passion commune pour un univers, bref, de quoi animer nos discussions sans être incroyablement awkward de mon côté, ou tout du moins, pas plus qu’eux.
Et ça fait un bien fou.

Donc je ne comprends vraiment pas cette haine gratuite du jeu, cette volonté de nous faire passer pour des gros abrutis sans cervelle, poussés aveuglément vers une réalité toujours plus virtuelle.

Et quand bien même il y a eu des articles à scandale du type « un joueur a trouvé un cadavre dans un parc ». Si ça avait été un classique joggeur, personne n’en aurait fait tout un foin. Mais bref.

Pour finir, et je conclurais là dessus, rager sur un truc qui ne vous effleure qu’à peine, ne vous rends pas plus matures et intelligents que le reste de la masse, bien au contraire.

I will hunt you down

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Sachez-le: je vais bien.

Je ne me suis jamais senti aussi bien que depuis que j’ai fait mon coming out à la fin de l’année dernière.
En revanche, je suis confronté bien trop fréquemment à mon goût à des opinions indésirables, des remarques qui peuvent paraître innocentes, mais qui sont d’une rare violence.

Ca fait déjà deux fois ces 10 derniers jours que j’entends que, puisque mes démarches prennent du temps, cela me laissera peut-être un délai de réflexion supplémentaire pour « changer d’avis ».
Changer d’avis? Parce que certaines personnes semblent détenir la vérité à mon sujet, et que donc SAVENT que je suis dans l’erreur? Mais qui vous a demandé votre avis tiens?!

Plus calmement, je me dois d’expliquer qu’il n’y a pas vraiment de choix ici. J’entends beaucoup que c’est très courageux et tout ça. Alors certes, mais je pourrais aussi choisir la « simplicité » et continuer à vivre dans mon genre assigné. La simplicité ne concernerait réellement que mes proches en fait, moi ça me détruirait à petit feu.

Je pense que beaucoup n’ont pas conscience que le seul choix que j’observe réellement, c’est entamer ma transition, ou me foutre en l’air. Ça économiserait de l’argent, du temps, et beaucoup, beaucoup de souffrance, que je subirais si je restais à vivre dans le genre inscrit sur mes papiers.

Donc toi qui lis ces lignes, ce n’est pas toi que je vise, parce qu’à priori si tu es encore là, c’est bien parce que t’en as strictement rien à faire que je change physiquement ou non. Et rien que pour ça, je te remercie, toi, à esquisser un sourire derrière ton clavier parce que j’te parle à la première personne.

Mais bref. Pour les autres, sachez que votre avis, il n’a pas suffisamment de valeur pour atteindre mes démarches. Mais juste assez pour me blesser.

En vrai je vais bien, mais à chaque remarque carrément déplacée, opinion mal avisée, critique non constructive, ça m’enfonce un peu plus.
C’est ma vie, c’est mon corps, j’en fais bien ce que je veux. Mais par pitié, arrêtons de parler de « choix ». Le seul choix que j’ai réellement, c’est d’avancer, et si ils continuent comme ça, j’avancerais sans eux, peu importe l’actuelle proximité.

Nothing but temptation

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Hier soir je regardais le dernier épisode en date d’une série que j’aime beaucoup. Pas souci de respect du spoil je ne dévoilerais pas de quelle série il s’agit.

Mais sachez simplement que, et d’une façon assez révolutionnaire, y était construite une relation fille/fille sur le devant de la scène, et pas juste à base de personnages secondaires dont la sexualité est le principal trait de caractère. Non, c’était au contraire traité comme on traite n’importe quelle relation amoureuse [hétéro] dans les séries.
La tension montait progressivement au fil de la saison, c’était bien écrit, il y avait des enjeux.
Et puis juste après la traditionnelle scène de consommation de la relation que l’on espérait depuis 15 épisodes, elles n’ont pas eu le temps d’être heureuses 5 minutes que le scénario en bute une des deux. Connement en plus. Pas genre plein d’héroïsme sur le champ de bataille, non, au mauvais endroit au mauvais moment. On nous a refait le coup de Tara Maclay (de Buffy Contre les Vampires ndlr).

Et ça m’a fait hurler autant que pleurer, parce que comme je l’ai déjà expliqué il y a un moment déjà, on nous ressert encore et toujours le point de scénario de la lesbienne qui meurt. Ce point qu’on à déjà eu à toutes les sauces, dans les films, dans les séries, partout, tout le temps. Et le fait qu’il doive exister une liste trop courte de films où ce n’est pas le cas démontre combien c’est un problème récurrent.

A croire que tu ne peux pas être LGBT et survivre à l’écran. A croire qu’on essaie de nous faire comprendre que notre présence est bien mignonne, mais elle est indésirable, et n’est pas digne d’être exploitée dignement dans un média.

Aujourd’hui je suis donc autant en colère qu’en deuil. Parce que même si c’était un personnage fictif, ses aventures ont rythmé mes semaines depuis plus d’un an déjà. Et que cette énième trahison de la part du créateur de la série, qui s’autoproclamait progressiste à qui voulait l’entendre, me laisse un vieux goût de réchauffé dégueulasse en bouche.

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Let go of everything

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On beugle volontiers sur la course à la technologie. Je trouve au contraire que c’est une excellente chose, et je compte bien argumenter sur la question.

Je vais prendre trois exemples courants: les caisses automatiques, les selfies, et instagramer sa bouffe. Trois choses sur lesquelles je vois souvent les gens gueuler et pester comme le font les vieilles personnes. Spoiler alert: La technologie c’est pas mauvais, et Thomas Edison n’était pas une sorcière. Mais revenons en au sujet.

► Les caisses automatiques sont aussi bien un gain de temps qu’une alternative positive pour les personnes anxieuses ou très timides. Non, ça ne supprime pas l’emploi des hôtes et hôtesses de caisse, j’irais même jusqu’à dire que ça attire une clientèle supplémentaire.
Parce que des fois, t’as pas forcément envie que ta caissière elle te lance un regard que tu interprète comme du jugement, parce que ton panier n’est rempli que par de la junk food et ton stock de glace pour les 10 prochains jours.
Des fois t’es pas spécialement d’attaque pour adresser la parole à un être humain, parce que t’as pas dormi, parce que t’es pas d’humeur, quelque soit la raison qui fait que tu n’as pas envie. Mais comme il faut bien s’alimenter, bah t’es bien obligé d’aller faire tes courses. Et ces fameuses caisses te permettent de ne pas mourir de faim, et c’est pas plus mal.
D’autant que pour l’argument d’attaque principal, même quand les caisses automatiques sont ouvertes, les files d’attente de caisse classiques ne désemplissent pas.

► Les selfies, ah comme il est aisé de cracher sur toutes ces personnes qui postent fréquemment des photos d’elles-même sur les internets. Alors je tiens à vous prévenir par avance, moi je suis absolument pour, et la raison tient en un mot: self-estime.
Je me rappelle quand j’étais ado, il fallait me forcer pour obtenir le moindre cliché de moi, et rares sont les photos qui existent de cette époque. Et aujourd’hui, n’importe quel adolescent possédant un téléphone a déjà pris des photos de lui-même. Pour son plaisir, pour montrer aux autres, peu importe. Moi j’y vois là une tactique d’empowerment (« prise de pouvoir ») sur soi-même. On a enfin la possibilité d’être en contrôle total de sa propre image. Et on obtient satisfaction quand les gens cliquent sur notre photo pour « liker » ou mettre un commentaire positif. C’est gratifiant, c’est rassurant, ça nous booste notre confiance en nous. Je vois pas où est le mal.

► Poster des photos de notre plat sur Instagram. Moi je vois ça comme un compliment. Les gens estiment que le travail du préparateur, cuisinier, whatever, est suffisamment beau et accompli pour vouloir l’immortaliser. On n’en est plus à l’ère où les photos devaient être en nombre limité, parce que la pellicule coûte cher. Notre seule limite est celle de la carte mémoire, qui est généralement assez conséquente. Donc je ne saisis pas pourquoi on devrait se priver de prendre en photo des choses qu’on trouve tout simplement esthétiques.

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Pour finir, on crache aussi sur le fait que les gens sont bloqués sur leur téléphone dans les transports par exemple, moi ça me rassure. Je me sens bien moins observé ou moqué, si les gens sont occupés sur leurs écrans. Les gens n’avaient pas l’habitude de se parler dans les transports en commun y’a 50 ans que je sache.
Ce n’est pas la faute de la technologie, c’est juste que les gens se sentent le besoin d’avoir un bouc émissaire pour se rassurer. Parce qu’ils ne sont pas foutus d’arriver à suivre le mouvement, et tout ce qui est nouveau faisant peur, il est trop facile de cracher sur ceux qui savent en faire meilleur usage qu’eux.

Je finirais là dessus, mais sans la technologie je ne serais pas en mesure de vous écrire ceci, et mes écrits resteraient dans l’ombre de mes carnets. Moi, je trouverais ça un peu dommage.

Un air de déja vu, non?

Un air de déjà vu, non?