Look what you started

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Le mignon avant la colère.

Il y a de ces tournures de phrases toutes faites qui m’énervent. Y’en a même un paquet. Que ce soit des expressions que je ne saisis pas, du type « une fois n’est pas coutume », ou « je dis ça, je dis rien ». Bah si tu dis rien, tu n’imposes pas ton discours quand même en fait.
Mais aujourd’hui je pense à une tournure en particulier. Celle d’employer le mot « schizophrénique » pour parler d’un élément, d’une personne, d’une idée, d’une situation, subissant ou exprimant une dualité dans son concept.
C’est une formulation que j’ai souvent croisée, que ce soit dans des articles de presse, en ligne comme papier, ou dans la bouche de mes profs pour parler d’un point de grammaire Et ça me fait doucement hurler.

Un extrait du Nouvel Obs à propos du récent scandale autour de l’autre sac à merde.

Ça me fait grincer des dents parce que c’est un abus de langage, et une subtile stigmatisation supplémentaire qui n’est vraiment pas nécessaire. Celui d’associer forcément la schizophrénie au trouble de la personnalité, ou en termes plus simples : que cette pathologie se traduirait forcément par une personnalité multiple, un dédoublement de caractère etc.
Le simple fait de l’écrire en toutes lettres me donne envie de foutre mes mains au feu.

Petit rappel des bases : la schizophrénie est une affection psychologique, qui PEUT se traduire par un trouble de la personnalité, mais ce n’est pas une généralité. Le trouble de personnalité peut affecter un individu, indépendamment d’une éventuelle autre affection psychologique. En gros on peut avoir l’un sans l’autre, et vice versa.

Il y a autant de types de schizophrénies qu’il y a de personnes atteintes de cette maladie.
Et même s’il y a plusieurs grandes classifications dans la maladie, des genres de « type » de schizophrénie, il n’y a que très rarement deux patients identiques, même si les deux personnes ont exactement le même traitement, au dosage près, leurs habitudes de vie et leurs attitudes quotidiennes sont souvent clairement distinctes.

Et outre les différents sous-genre de cette affection, il y a aussi une question de degrés, et de gestion personnelle du traitement. J’ai déjà écrit des billets à ce sujet, sur le fait qu’il faut arrêter de basher les personnes sous médicaments. Pour me paraphraser, dans ce genre de circonstances, les médocs ne sont pas une béquille, mais bien une chaise, permettant de s’asseoir et de souffler un peu plutôt que de ramper jusqu’au prochain point de sauvegarde.

J’ai suffisamment vu les dégâts que peuvent résulter d’une prise chaotique des comprimés, et ce n’est pas beau à voir. C’est aussi particulièrement irresponsable.
Cependant je ne blâme pas forcément la personne qui doit avaler les pilules, mais aussi son entourage, soignant, familial, amical, qui ne parvient pas nécessairement à déceler une carence médicamenteuse. Mais bref. Je m’éloigne beaucoup trop facilement. Je disais donc.

Il y a bien évidemment des patterns communs dans cette maladie si particulière, comme celui d’être vachement plus sujet aux addictions (alcool, tabac, drogue et compagnie…), et d’avoir une grosse tendance à la dépression.
Et pour ce qui est du cliché de la violence, des études rapportent que les malades sont plus souvent dangereux pour eux-même (auto-agressivité), que pour les autres (hétéro-agressivité). Il y a bien évidemment des cas de violences envers autrui, et généralement ça fait vite la une des journaux locaux, mais ce n’est clairement pas la majorité statistique. Une personne schizophrène est bien plus disposée à s’auto-mutiler ou tenter de mettre fin à ses jours, plutôt que de se préoccuper de celles des autres.

Ma recommandation est donc de ne pas croire tout ce que vous lisez, même si c’est dans une publication qui semble super sérieuse et tout ça, et je maintiens cet avis me concernant, remettez les choses en doute, je ne détiens pas la vérité absolue.

Mais avant que cet article ne se termine en thèse sur cette maladie ma foi aussi complexe que fascinante, je conclurais rapidement.
La schizophrénie ne devrait pas être, que ce soit dans l’esprit collectif comme dans le langage commun, un synonyme de dualité. Mettez y tous les adjectifs que vous voulez, concernant l’irrationalité, le paradoxe, l’illogique totale, peu importe. Mais pas une équivalence à une idée double quelconque. Ah et foutez la paix aux bipolaires aussi.

C’est tout pour moi aujourd’hui, le bisou.

Just hold my hand

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En vrai c'est des piqûres dans les fesses.

En vrai c’est des piqûres dans les fesses.

Bien le bonjour.

Aujourd’hui un article rapide, pour résumer l’issue de mon rendez-vous avec ma nouvelle endocrinologue. Un récit qui sera un tantinet personnel, mais je me le permets pour une fois, car c’est notamment grâce à certains d’entre vous que cela a été possible, mais j’y reviendrais en fin d’article.

Donc mardi dernier, j’ai pris la (longue) route pour Paris par le bus, 8h de longueur d’autoroute, dont une pause de 45 minutes en pleine cagnard en plein milieu de la journée, au milieu de nul part. La joie donc.
Mais outre le trajet plus ou moins chiant, surtout en sachant que j’ai le mal des transports; je suis arrivé entier à la Capitale. J’ai été réceptionné sans encombres et j’ai pu manger à ma faim. Ce qui nous amène au mercredi, jour tant redouté du rendez-vous avec l’endoc.

D’une part, mon cispassing s’étant bien amélioré, j’ai eu droit à un sonore « bonjour monsieur » de la part de la secrétaire, ce qui est toujours agréable. J’ai donc été aiguillé vers la salle d’attente la plus fancy qu’il m’ait été donné de voir, avec fauteuils et canapés a l’ancienne, en bois et velours vers méga confortable. J’ai donc judicieusement pris la seule chaise un peu basique de la pièce, pour rester bien droit, parce que pour une raison qui m’échappe, ça me rassurait.
L’endoc me reçoit donc, je lui expose ma situation, et alors que je commence à peine à lui sortir les comptes-rendus de mes examens sanguins, elle répond au téléphone et explique qu’elle est actuellement avec un patient, donc de ne pas la déranger pour la prochaine demie heure. Ça peut sembler con que je sois alors aussi jouasse du respect de mes pronoms, mais la première endoc ne prenait pas cette peine, donc déjà ça m’a apaisé.

Mais bref, elle m’explique en lisant mon dernier taux de testostérone en date, qu’il est beaucoup trop élevé et que ça pourrait être dangereux. Elle me demande donc quel dosage avais-je jusqu’à présent, et à ma réponse elle me demande en riant doucement si cela n’a pas été trop difficile pour mes proches jusqu’à présent. Parenthèse d’ailleurs, en discutant avec lesdits proches, j’ai apparemment été effroyable et imbouffable ces derniers mois. Je n’en avais juste pas conscience parce que bouillon d’hormones quoi.

Mais donc pour en revenir à mon histoire de testo, il s’avère qu’en principe on est censés commencer le traitement de façon progressive, alors que j’ai eu droit à un dosage un peu fort d’entrée de jeu. De ce fait la masculinisation du corps a été très rapide et un peu violente. D’où le fait que ma voix est tombée d’un coup par exemple.
Du coup je change de fréquence d’injection et de dosage. Ça équivaut du coup à la même chose mais les prises seront donc plus régulières et ainsi plus douces pour l’organisme et mon corps devrait à priori prendre bien moins cher.

Mis à part ça, l’endocrinologue a été super chouette, posant ici et là explications simples et petits conseils éclairés. Sans une seule seconde apposer de jugement ou de critique gratuite. Elle n’a pas tiqué quand j’ai brièvement expliqué pour ma pathologie, et ne m’a pas fait de remarque désobligeante, à aucun moment. Elle a été respectueuse de mes pronoms et m’a immédiatement demandé mon prénom d’usage pour me parler sans utiliser mon deadname.

Bref, que du parfait en résumé en fait. Ça m’a fait du bien, après avoir été « maltraité » par la précédente.
Je dois donc revoir celle ci courant mi-décembre, tandis qu’elle m’a écrite une prescription pour les 4 prochains mois. Je dois apporter de nouveaux résultats d’examens et si tout va bien, je ne la verrais plus que deux fois l’an après cela.

Voila.
Je tenais à remercier les quelques personnes qui ont participé à ma seconde cagnotte, ce qui m’a permis de pouvoir me déplacer dans Paris, ainsi que de payer le médecin sans creuser mon découvert jusqu’à la moelle.
Je me permets de préciser que la cagnotte reste ouverte jusqu’à la prochaine prise de rendez-vous, de façon à pouvoir racheter un binder et financer le prochain séjour sur Paris. En voici le lien.
Je ne vous force bien évidemment à rien, mais si vous y tenez, voilà, le lien reste actif.

Merci à tou.te.s de votre attention.
Bisou !

Vrac #9

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Parce qu’il faut bien que je mette mon blog a jour, et surtout, que je vous raconte mes dernieres tribulations avec le corps médical (non, je n’ai pas couché avec une infirmiere, badum tsss ~). Bref, j’ai reçu mes resultats d’un bilan général, et à la page gynecologie, test non effectué, il y a ecrit « virginité ». Je crois que la reponse « oui mais pas avec des garçons » à la question « avez vous deja des rapports seksuelz » a été mal interprété. Les gars, je vais pas vous faire un dessin, mais ma petite fleurz (oui, fleurz, parfaitement), ça fait un certain temps que je ne l’ai plus hein, meme si je fais des bébés avec des filles tout les 36 du mois, je suis pas spécialement encore sous garantie quoi. Bref, sur ces détails de ma vie ma foi tres delectables, passons au sujet suivant.

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Toujours dans les blagues médicales, j’ai encore lu la notice de mes medicaments à 120e la boite (veridique), et parmi les effets secondaires flippos, il y avait ce magnifique « mort subite inexpliquée« , le truc qui te fout pas du tout la frousse. Moi, ça m’a fait beaucoup rire. Et comme personne me croit jamais, j’ai fait une photo, que voici:

Vous pouvez cliquer pour voir en plus grand et lire les autres effets eux aussi pleins de lolz insoupçonné.

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Un autre truc que j’ai oublié de vous raconter, dans le cadre de mon travail, j’ai assisté à une cérémonie avec notamment le maire de Bordeaux (Juppé, pour les mauvais), au cours de laquelle, l’asso pour qui je bosse a reçu le prix d’innovation associative 2011 (la classe quoi). Là où ca devient drôle, c’est que l’info et une de nos photos prises, ont été utilisées par un site de mecs un peu radicaux, et où nous avons été traités, attention, c’est beau, d’ « activistes homosexuels ». Sur le moment j’ai un peu flippé, mais apres coup, c’est super marrant. Activiste homosexuel quoi, ça en jette. Bon là où c’est moins drole, c’est qu’ils ont indiqué le lieu de travail de mon boss. Pas tres tres sympa de leur part. Voici d’ailleurs la photo utilisée, que j’ai flouté apres coup, parce que j’ai demandé l’autorisation à personne. Le maire a d’ailleurs l’air un peu constipé, mais chut, faut pas le dire, je vais me faire taper.

Ouais je sais, je floute super bien. Paint tout ça.

On nous avait dit pour l’occasion « tenue correcte exigée ». En même temps, fallait pas s’attendre à ce que j’y aille en jupe hein. C’est tres mal me connaitre.

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Pour finir, toujours une image, un petit troll made in woloc’, où nous trouvons toujours de nouveaux noms de wifi foireux. Celui ci en particulier, me fait toujours rire, meme apres deux mois d’existence. Oui, j’ai un humour un peu facile, chut.

Sur quoi, bonne soirée a tous, je retourne à mes occupations inintéressantes.

Edit: En publiant cet article, j’ai débloqué un espece de succes WordPress, celui du 450e article posté. Cela fait donc 450 articles que je raconte nimporte quoi, YOUPI!

Please enter, I’m already disturbed.

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Ce vendredi, je suis sortie de chez ma psy avec un diagnostic, enfin, un vrai, apres tout de meme plus de 2 ans de suivi (je suis pas sure que je suis censée dire ça publiquement, mais bref, salut jeune inconnue). Enfin bref, le diagnostic en lui meme ne vous concerne absolument pas, mais là où c’est amusant, c’est que dans mon dossier, lors de ma première visite chez les gens en blanc (qui en realité, sont en bleu), ils ont tout de meme pensé a preciser dans le compte rendu que j’arborais un « look gothique ». J’ai littéralement eclaté de rire devant ma psy, tout ça parce que ce jour là je portais mes rangers et un pauvre vieux sweet de metalleux. Look « gothique », nan mais sans deconner, je vois pas en quoi ca a son importance quoi. Seriously.

Enfin bref. Même en calant deux blagues sur le sujet, aussi bien dans le titre que dans l’image (qui est trop cool), je tiens quand même a préciser que les blagues types « on est plusieurs dans ma tête mais c’est moi qui contrôle lolilol », ou autres « avant j’étais plusieurs mais maintenant nous allons mieux », ne me font toujours pas rire (sauf si elles sont vraiment recherchées, ce qui est rarement le cas). Parce que c’est pas un sujet qui me fend vraiment la poire, j’en connais, et c’est pas rigolo tout les jours. Et prétendre souffrir de ce genre de choses n’a rien de « cool », le prochain qui fais semblant c’est ma main dans sa gueule. Je vous aurais prévenus.