Une bouteille en arrière

Par défaut

A l’occasion du 17 Mai, soit l’IDAHOT, ou Journée Mondiale contre l’homophobie et la transphobie en français, j’ai décidé de m’écrire une lettre à mon moi de y’a 10 ans. Bon, le résultat est moins feel good que je l’espérais, mais j’ai fait mon possible pour rendre le truc pas trop mielleux sans tomber dans le larmoyant pour autant.
Mais il faut quand même se contextualiser que moi, y’a 10 ans, j’étais une boule de nerfs pétri par la colère et le mal-être. Du coup j’essaie plus de me rassurer qu’autre chose, en essayant de ne pas trop tomber dans le paternalisme, mais je dois avouer que je me suis sincèrement pris au jeu, comme si mon moi passé allait réellement recevoir cette lettre. Bref, bonne lecture, et un paisible IDAHOT à vous tou.te.s !

_
Cher Petit Kao,
Tu as actuellement 15 ans, bientôt 16, et tu es à l’aube d’un tas d’événements qui vont bouleverser ta vie.
Tu n’en as pas encore conscience pour le moment, mais tu fais face à une période charnière, plusieurs même, qui vont faire que ta vie à l’heure où je t’écris, n’a plus grand chose à voir avec celle que tu vis de ton côté du temporel.

De là où je t’écris, saches que tu as fini par débloquer certains questionnements, que tu refoules encore pour le moment présent. Mais ne sois pas pressé, disons simplement que certaines personnes que tu vas rencontrer auront un effet de « déclencheur » sur certaines de ces questions qui te troublent tant ces temps ci.

Cependant, sois bien mis en garde que tu n’est pas à l’abri de perdre certaines figures clés en cours de route. Je pense à l’une d’entre elles en particulier, dont tu t’en voudras un moment de ne pas avoir eu le temps de lui montrer explicitement qui tu es véritablement.
Néanmoins, sache qu’il t’aura connu de suffisamment près pour que, sans que tu ai eu besoin de lui montrer, voire de le lui dire, il t’auras vu sous ton vrai jour et ce plus que tu ne l’espère. Il aura également un impact important sur toi, sans que vraiment tu ne t’en rendes compte.

Egalement, d’autre personnes que tu penses encore cruciales pour toi, n’auront qu’une négligeable signification sur le long terme. Mais là encore, ne t’en inquiètes pas trop, tu en rencontreras d’autres toutes aussi formidables, si ce n’est plus.
Des gens qui resteront à tes côtés quoi qu’il advienne, peu importe combien tu changes.

Car oui, le changement, c’est ce qui t’attends, et ce, sur un paquet de plans. Je sais que tu as arrêté l’école depuis peu, et saches que tu y reviendras par la suite, par challenge personnel principalement, et je te gâche un peu la surprise, mais le Bac tu finiras par l’obtenir, pour finalement te rendre compte que cela ne t’es pas indispensable, mais bon, tu en tireras quand même beaucoup de fierté, ne t’en fais pas.

Moult aventures t’attendent au tournant, toutes spécialement chargées en emotion. Bon, par contre, tu ne rencontreras pas l’amour immédiatement, enfin si, mais pour une courte durée uniquement. Je ne souhaite pas te décourager cependant, je n’en sais simplement pas beaucoup plus pour le moment.

Ah, et accroches-toi bien à tes chaussettes, parce que tu vas t’embarquer sur un sacré rollercoaster médical. Tu iras de surprises en déconvenues, mais promis, ça finira par se stabiliser, tu finiras par t’y habituer.

N’angoisses également pas trop, ton indépendance toute fraîche finira elle aussi par s’aplanir, non sans quelques gros moments d’angoisse. Mais on n’a rien sans rien, n’est-ce pas?

Pour résumer, mon petit, et je sais que tu détestes que l’on t’appelle ainsi, mais ça te passera là aussi; tu t’apprêtes à vivre énormément de changements, tu vas même déménager de plateforme concernant ton blog. Tu ne rencontreras pas le succès que tu espères, mais tu te constituera une solide base de lecteurs fidèles, toutes et tous particulièrement bienveillants. Et de temps en temps, tu produiras du contenu dont tu pourra être très fier !

Beauoup de belles choses t’attendent, de nombreux chamboulements également, qui pourront paraître insurmontables, mais chaque fois tu sauras puiser la force nécessaire pour les assimiler et en tirer profit pour continuer ta route.

Ne te décourages pas, ne perds pas espoir.
Rien n’est écrit d’avance. Moi-même je demeure l’esprit ouvert à de nouveaux horizons inattendus.
Prends soin de toi, tu finiras même par y prendre goût.

Je t’embrasse,
Stan du futur.

And I’m your dying beauty king

Par défaut

Quand je me lève, j’ai une sorte de routine matinale, comme beaucoup je pense. Et la mienne inclut de me nettoyer le visage dans l’évier de ma salle de bains. Et aujourd’hui, alors que je ne faisais rien de particulier par rapport à d’habitude, quelque chose m’a sauté aux yeux, alors que j’essuyais l’eau sur mes joues. C’était très étrange, mais je me suis soudainement trouvé beau. Alors que bon, j’étais sans mon binder, à demi nu devant le miroir. Et pourtant, en faisant abstraction de mes pectoraux beaucoup trop développés, je ne sais pas, je me suis trouvé pas si dégueulasse que ça, à bien y regarder.

Je suis certes assez massif, c’est peu de le dire, mais en observant un minimum, je me rends compte que je reste plutôt musclé, si ce n’est que je suis rembourré par dessus, du coup on en a moins conscience immédiatement. Et ces derniers mois, mon corps a pas mal bougé avec le traitement hormonal. J’ai perdu un peu de hanches, ma répartition graisseuse au niveau du ventre s’est étalée autrement, et j’ai mes fesses qui ont fondu.
Je demeure néanmoins toujours gros, mais gros différemment d’avant. C’est difficile à expliquer.

Je sais aussi que, certaines personnes reprochent dans mon dos le fait que je poste 25 selfies par jour sur les réseaux sociaux. Cependant, je tiens à leur signaler un élément assez simple et pourtant si lourd de conséquences : je me réapproprie mon image.

J’ai passé au minimum les 15 dernières années à ne pas me supporter, à me trouver monstrueux, difforme, laid… Mais je ne suis rien de tout ça, heureusement. Cependant, passer plus de dix années à se détester aussi férocement, ça laisse des traces, et je ne mentionne même pas les cicatrices qui ont pu découler de cette haine autocentrée.

En conséquence de quoi, oui, je suis chiant à vous mentionner chaque petit élément qui change et que je suis probablement le seul à observer avec autant d’attention. Mais chacun de ces petits éléments, sont des petits pas de victoire dans la bonne direction, celle où mon image mentale correspondra à mon rendu physique extérieur.

Donc pour répondre à la question sous-jacente, non, je ne compte pas arrêter mes 25 selfies quotidiens, pour la simple et bonne raison que ça me fait du bien, et de nos jours, se sentir bien dans son corps est un luxe sur lequel je ne cracherais pas de sitôt.

Et chaque matin où je me trouverais beau, chaque matin où j’aurais un besoin cruel de reconnaissance sociale, chaque matin où j’aurais la nécessité d’être rassuré, je posterais en conséquence. Parce que ma survie m’apparaît plus pertinente que l’idée d’éventuellement saouler certains individus.
Et je dis ça sans la moindre once d’animosité, bien au contraire.

Voilà. J’ai un peu perdu l’angle où je voulais arriver, mais l’essentiel est là.
Je vous aime fort, tou.te.s, et vous dit à la prochaine !

That ain’t satisfying me

Par défaut

acd636421cfa5febe0f081bc1e23464c

Un truc que je n’ai jamais compris, et ne comprendrais éventuellement jamais, c’est pourquoi l’adoption est considérée comme un choix secondaire, par défaut, faute de mieux, etc.
Pour exemple, quand on est enfant, c’est une insulte assez couramment utilisée : « de toute façon t’es adopté.e ». Et si cela est un indicateur d’à quel point l’adoption est mal perçue, c’est aussi une façon de faire comprendre aux enfants adoptés, qu’ils ne sont rien d’autre que des second-choix. Et ça me fait un peu hurler.

Arrêtez moi si je me trompe hein, mais tomber enceinte et garder le bébé, ça ne demande pas des efforts colossaux, sauf cas à part de souci de fertilité ou quoi, mais je vais laisser cela de côté pour aujourd’hui. Donc, faire des gamins biologiquement, c’est assez simple en soi. Alors qu’adopter par contre, c’est une autre paire de manches. Il faut avoir un dossier béton, et voir sa vie décortiquée par des travailleurs sociaux, et tout un tas d’autres personnes, des agents de l’etat etc, afin de s’assurer que oui, vous pouvez adopter. Sans même parler de ceux de l’autre pays si vous souhaitez adopter à l’etranger.

Du coup, après tous ces efforts, après avoir désiré cet enfant pendant de longs mois, voire des années, enfin, il ou elle est là, avec vous et votre compagne/compagnon de vie. Et pourtant, les gens, les autres enfants, la société, ont décidé de vous faire comprendre que cet enfant n’est pas le votre. Il n’est pas né de vos corps joints. Ce n’est rien d’autre qu’un rajout bancal. Il est étranger à votre ADN, et sera donc forcément moins aimé que s’il venait de vous « naturellement ».

C’est ça que je ne comprends pas, sous prétexte que le gamin ne partage pas votre sang, il est donc moins légitime? Moins légitime que celui d’un autre couple, qui est tout aussi possiblement un « accident »?
Non.

Juste, non. Moi je suis pour l’adoption, pour un paquet de raisons. Avant même de réaliser que je ne pourrais pas enfanter de mon propre corps parce que coucou les hormones, j’avais déjà décidé que j’adopterais. Parce que j’ai trop de soucis de santé pour qu’il soit raisonnable de jouer à la loterie de la biologie, et risquer de les transmettre à mon futur enfant. C’est hors de question.

Ça fait des années que je campe sur cette position, si moi et ma future compagne décidons d’avoir des enfants, ceux ci seront adoptés. Et ils n’en seront pas moins aimés, pas moins désirés, pas moins une part intégrante de notre famille sous prétexte qu’ils sont nés de quelqu’un d’autre. Parce qu’ils seront voulus, depuis la première minute d’une conversation qui résulte de la décision qu’éventuellement, on devrait agrandir la famille. Même si l’on doit se battre contre les administrations, même si c’est l’ultime test de patience et de volonté, mais l’enfant ne sera jamais moins légitime que s’il partageait notre sang.

Mais je suis peut-être naïf, et mal renseigné. Cependant, je vote pour que nous arrêtions de perpétuer ce rejet de la différence, quelle qu’elle soit.

It’s not gonna happen

Par défaut

no-intimacy

Aujourd’hui, on écarte les jeunes yeux de cet article, parce qu’on va parler de fesses! Bon, pas tout à fait en vrai. Mais on va parler de mon rapport à ce sujet. Allons-y, c’est parti !

Pour être tout à fait honnête, la sexualité, c’est quelque chose de délicat pour moi. Outre le fait que je n’ai pas d’activité fréquemment de ce côté là, plus le temps avance, et plus je suis mal à l’aise avec le sujet.

Je ne m’auto-proclame pas ace (asexuel), mais je soupçonne d’être dans la zone grise, pour deux raisons principales. En premier, parce que je supporte assez mal d’entendre parler de la sexualité des autres. Et en second parce que si j’ai effectivement des envies, des pulsions, elles ne sont jamais ciblées. Ce n’est pas extérieur, ça vient uniquement de moi. Et si soudainement une personne que j’apprécie me dit « viens on fait des fanfreluches! », je vais sûrement préférer me resservir une deuxième tasse de café, en tremblant comme un blender.

Je me suis souvent dit que si je n’aimais pas, mais alors vraiment pas, entendre parler des aventures des autres, c’était par jalousie de ma part. Mais le sentiment n’est pas là. Ça me met simplement très mal à l’aise. Le pire étant quand je suis dans une situation où j’entends des gens fanfrelucher. Je ne sais pas où me mettre, je n’arrive pas à garder le fil de la conversation, et j’ai juste envie de partir loin du bruit. Il m’est déjà arrivé d’être coincé dans un lieu où des gens faisaient du bruit dans la pièce à coté, et de me mettre à silencieusement pleurer de longues minutes, par sentiment d’être pris au piège.

Et plus les années avancent, et plus c’est pire. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai une mauvaise relation avec mon propre corps, ou si c’est parce que je ne supporte plus la pression implicite de la société selon laquelle il faut impérativement avoir des rapports pour être normal. Parce qu’on m’a déjà fait comprendre que de ne pas vouloir entendre parler de la vie sexuelle de tes potes, c’est bizarre.

Alors certes, je dis souvent que je me sens seul. Mais c’est à moitié mentir. Pas que je ne me sente pas seul, mais parce que les gens comprennent que j’ai des besoins à assouvir. Et ce n’est pas les besoins que les gens pensent. Moi j’en veux, des bisous et des câlins, mais pas beaucoup plus loin.
Si j’ai effectivement des envies sur la question, je n’ai pas nécessairement envie de les mettre à exécution. Je ne sais pas si je suis très clair?

Les rares fois où j’ai été dans une situation intime, mon objectif c’était de faire plaisir à ma partenaire, et je me laissais entraîner dans le jeu de recevoir. Mais ce fut rarement une expérience agréable. Parce que je ne supporte pas de perdre le contrôle, parce que j’ai du mal à être touché. On m’a demandé si c’était parce que je ne m’autorisais pas à prendre ma part de gâteau, parce que je ne porte pas un amour fou à mon corps. Je pense que ce n’est pas ça. Je pense juste que je n’aime pas ça. Je préfère plutôt offrir du gâteau que d’en manger. C’est subtil mais c’est différent.

D’autant que, j’en parle plusieurs fois au dessus, mais j’ai effectivement un rapport conflictuel avec mon corps. Ça va mieux depuis quelques mois, mais de temps en temps je prends un rappel à l’ordre, comme quoi mon apparence physique ne correspond pas à ce que l’on attend d’un garçon lambda. Parce que je ne suis pas cisgenre. Parce que j’ai des morceaux en trop et des morceaux en moins. Et c’est douloureux à entendre. J’arrive à peine à passer outre au quotidien, mais me le prendre dans la gueule dans un cadre intime, c’est vraiment délicat.
J’ose espérer tomber un jour proche sur quelqu’un qui comprendra tout ça. Et qui ne fera pas juste « avec », mais qui m’aimeras tel quel. Parce que je ne suis pas qu’un corps.

_

Mais bref, pour résumer, parce que cet article est un sacré pêle-mêle d’informations en vrac, oui je veux une relation amoureuse, non je ne veux pas entendre parler des détails de votre vie intime, peut-être voudrais-je manger du cake, mais il va me falloir beaucoup de temps et de confiance avant de me livrer entièrement. Et en attendant, les câlins c’est vachement bien.

Merci de votre écoute. Le bisou, et à très vite!

The fun ain’t got no end

Par défaut

1_7U97J

Ces derniers mois, beaucoup d’entre eux m’ont exprimé leur admiration face à mon courage, concernant le fait de faire une transition.
Je suis le premier à souhaiter bien du courage à mes proches, mais en l’occurrence, je ne sais pas vraiment si c’est réellement du courage, et ce sera mon sujet du jour.

Je ne sais pas si c’est du courage, parce que je ne le ressens pas ainsi. Je l’ai souvent dit, je l’ai parfois écrit, mais j’ai surtout eu le choix entre entamer le processus médical ou me foutre en l’air. Il n’y a rien de très courageux à vouloir égoïstement rester en vie.

Croyez le bien, si j’avais réellement eu le choix, je serais resté dans mon identité sociale telle qu’elle est inscrite sur mes papiers. Je ne dis pas que ça aurait été facile, je ne dis pas que j’y aurais survécu bien longtemps, je dis simplement que ça aurait demandé bien plus de tripes pour tenir la longueur.
Si j’ai décidé d’aller contre mon assignation de naissance, c’est uniquement parce que j’avais besoin de pouvoir me regarder dans un miroir sans avoir la nausée.

Le courage c’est un concept un peu fourre tout, et on l’appose sur beaucoup trop de trucs à mon goût.
On ne dis pas à un gamin qui se bat contre un cancer qu’il est courageux. Il n’a pas le choix, il fait juste en sorte d’essayer de rester en vie.

Bah pour moi c’est pareil. Je maximise juste mes chances, de sorte qu’en étant plus en adéquation avec moi-même, j’aurais davantage l’envie de rester vivant un peu plus longtemps.

J’ai mené un certain nombre de combats dans ma vie, dont certains que je mène encore aujourd’hui et pour les années à venir. Et pourtant, on ne m’a jamais dit que j’étais courageux alors que je luttais férocement contre ma dépression. On ne m’a jamais dit que j’étais courageux parce que je prenais bien mes médicaments tous les jours. On ne m’a jamais dit que j’étais courageux parce que j’arrivais à sortir de chez moi, malgré une violente envie de me jeter sous un bus ou d’égorger les passants.
Pourquoi? Parce que tout ces exemples sont des luttes invisibles, personnelles, et que c’est ce qu’on attends de nous. De nous en sortir. De continuer à vivre. D’avancer sans relâche. De ne jamais lâcher le morceau.
C’est là même le concept de vie et de survie.

Sans même parler du fait que me dire que j’ai du courage me ramène constamment à ma lutte personnelle pour faire valoir mon identité. Je n’ai pas spécialement plus de courage que les personnes cisgenres du fait d’affirmer ainsi qui je suis. J’ai du mérite, à la limite. Parce que je n’ai pas été assigné à la naissance sur un pied d’égalité avec la majorité de la population. Mais qu’il ne faudra pas compter sur moi pour me laisser abattre par le poids de la difficulté. Moi comme d’autres.

Pour toutes ces raisons, et d’autres encore, j’aimerais que l’on arrête de me dire que je suis courageux.
Vous pouvez me dire que vous êtes fiers de tout ce que j’ai accompli, et du fait que je garde la tête droite face à tout ce qu’il me reste à accomplir.
Vous pouvez m’exprimer tout votre amour de plein de façon différentes.

Mais pas en me disant que je suis courageux. Car je ne le suis pas. J’essaie juste de rester en vie. On n’a pas tous le même plateau à porter, certes, mais si tout le monde est courageux, alors personne ne l’est vraiment.

Dancing with the devil

Par défaut

Puisque plusieurs d’entre vous me l’ont réclamé, je vais aujourd’hui vous raconter mes aventures d’hier, ou de comment j’ai obtenu mon attestation [de transidentité, ndlr.].

Je me suis donc réveillé non ça on s’en fout, passons à la partie importante!

*bruit de truc qui accélère fait à la bouche*

Il faut tout d’abord savoir que j’avais rendez-vous à 15h30. J’ai donc sonné très nerveusement à 15h25, on m’a ouvert, et j’ai été invité à entrer immédiatement dans le cabinet du psychiatre. Je me suis donc assis, en posant soigneusement ma veste et mon sac à côté de moi.

Après lui avoir communiqué mes coordonnées (allant de l’adresse jusqu’à l’âge en passant par le poids); je lui ai donc expliqué mes intentions de changement, que j’étais déjà suivi par une psychologue dans ma propre ville, mais que n’étant pas médecin, elle ne pouvait me faire l’attestation. Et que donc j’étais là pour ça.
Il m’a ensuite posé quelques questions assez bateaux du genre si je dormais bien, comment ma famille voyait « mon projet », et si j’avais des allergies particulières.
Après il a pris une feuille d’ordonnance, il y a noté ce qui me fait office d’attestation, et m’a demandé ma carte vitale et 47euros 30.
Pendant que je remplissais le chèque, il trafiquait avec ma carte vitale, et le temps m’a semblé une éternité, dans l’angoisse qu’il me demande à quoi serve mon ALD (rapport à ma pathologie) et qu’il déchire l’attestation fraîchement signée ou quoi.
Mais il n’en fut rien. Il a rangé le chèque dans son bureau, m’a serré la main, et je suis sorti.
Il était alors 15h31.

Le reste ne vous concerne pas vraiment mais pour résumer j’ai manqué de pleurer de soulagement/nerfs qui lâchent, dans la voiture de l’ami qui m’attendait en bas de l’immeuble, pour me ramener à la gare.

Tiens d’ailleurs, avant que je conclus, un petit fait amusant: à la sonnette le mec m’a appelé « madame », et une fois devant lui ce fut « bonjour monsieur ». D’ailleurs au moment d’écrire l’attestation il a eu un moment d’hésitation sur mon genre biologique, c’était rigolo.

Et donc voilà, c’etait l’histoire somme toute assez courte, de comment j’ai obtenu mon attestation. Je vous remercie de votre attention et vous dit à très bientôt!

Funeral Rave (Little Big)

Par défaut

Comme je l’avais annoncé sur mon facebique personnel, une des premières choses que je ferais en récupérant mon pc, serait d’écouter le dernier album de Little BIG.
Pour ceux qui l’ignorent, je suis pas mal fan de ce groupe, que j’ai découvert AVANT que ça fasse le tour des internets grâce à Antoine Daniel. Mais genre quinze jours avant à peine comme en atteste le screenshot de mon fil FB ci dessous.

preuveparloeuf

Mais outre mon petit côté hipster et le bide total qu’a fait mon post avant la deferlante des internets, je tiens à remercier Mr Daniel sans qui, le groupe n’aurait pas fait autant de foin en France. Et sans quoi, je n’aurais pu les voir en concert dans mon humble ville bordelaise. Même que j’etais au premier rang. J’me la pète un peu, vous m’excuserez. Mais le plus drôle c’est que mon BroLéo était aussi au premier rang, et qu’à l’époque on était pas encore super bros, du coup moi je trouve ça rigolo.

phtowconcert02

Bref, je vais essayer de rendre cet article le plus distrayant possible, même si je vous avoue m’être rarement lancé dans des critiques d’album. Je connais assez mal les critères par rapport à celle d’un film ou d’un jeu, du coup c’est moyennement évident.

_

La première chanson, intitulée To Party, commence doucement avec des voix qui montent doucement jusqu’à nos oreilles. La mélodie commence à peine à s’installer, qu’on nous balance un beat pas délicat, mais en même temps on est pas là pour ça. Instinctivement mon pied et ma tête battent le rythme, et les paroles débarquent. Ca y est, c’est foutu, je remue les bras n’importe comment. Refrain. La présence vocale d’Olympia est bienvenue, toujours agréable, et qui tranche avec la voix grave de Ilya (le chanteur). La chanson passe si bien dans mes oreilles que déjà, elle se termine, à mon grand désarroi, et on enchaîne sur la suivante.

Brighton Beach. Le démarrage est très hip hop déjà. Plutôt lent, avec une mélodie qui rappelle des « déjà-entendus » américains. Le reste de la chanson est de la même trempe, pas forcément ma préférée.

En troisième morceau on attaque Give Me Your Money, un featuring avec Tommy Cash que j’ai déjà écouté en boucle pendant des heures lors de la sortie. Là encore, la voix d’Olympia est pas mal présente en répétition/retour de refrain, enfin, plus que dans le premier album disons. Les espèces de chœurs à la russe sont très très bien intégrés dans la chanson, avec un bon casque les basses sont très présentes, et Tommy Cash s’en sort aussi très bien, même si je n’ai pas la moindre idée de s’il est déjà connu ou pas. Donc difficile de se faire un avis.

The Sign. Outre les moult blagues que je pourrais faire avec mes vieilles références (coucou Ace of Base), attaquons le quatrième morceau de cet album.
Un démarrage progressif dans la première minute, qui démarre tout doux avec le beat qui se laisse entendre au loin, s’installe, la voix commence a égrainer des trucs, et boum, ça te pète gentiment à la gueule. Ça reste assez soft ceci dit, la voix est plutôt lente quand on sort de GMYM, presque trop douce. Ah ! Olympia ! Décidément toi je t’aime. On t’offre même tout un pont avec des genre de cloches, c’est plutôt cool. Et ça ré-explose dans mes oreilles. Alterner la lenteur de la voix et la rapidité des basses, c’est plutôt bien foutu. Bon bien évidemment ce ne sont pas des précurseurs, mais dans cette chanson, je trouve ça bien agrémenté. Passons à la suite.

Big Dick ? Bon, euh, j’ose pas appuyer sur Play… Allons y quand même.
Une rythmique lente, mais lourde, et les paroles sont… l’absence de finesse, mais bon, si on tend l’oreille c’est drôle par moments (it touch the sky […] it will be our president).
Une fois qu’on enlève les paroles, la mélodie est plutôt sympa, mais entendre bite bite bite c’est pas trop mon truc quand même. Bref, enchainons.

Fucking Asshole, un démarrage ambiance film d’horreur qui m’a fait me retourner croyant que ma porte d’entrée s’ouvrait pour de vrai. Outre l’intro, je la trouve vachement répétitive, avec une mélodie trainante façon carnival. La partie pitchée m’a foutu la trouille vu que je ne m’y attendais absolument pas. Une ambiance choisie, plutôt réussie, mais la chanson en elle-même est un peu plate. Caw caw caw !

Concernant Kind Inside Hard Outside, un genre d’ode au libre choix sur fond de musique à taper du pied par terre, la chanson est sorti depuis un bout de temps, et le clip vaut le détour pour ceux qui ne l’ont pas vu. Je n’ai jamais specialement accroché à ce morceau, je le trouve plutôt moyen contrairement au reste de la discographie. Le clip est scandaleux, mais la musique est limite… niaise ? Ou alors c’est moi qui ai mal compris, c’est possible aussi.

En revanche pour Dead Unicorn, qui est sorti il y a un moment aussi, j’ai du mal à rester neutre. C’etait mon morceau préféré quand on as été au concert, il est progressif tout en restant entrainant dans sa violence, le rythme est justement dosé, le refrain donne envie d’être hurlé en sautant partout. Mais y’a sûrement une grosse part du souvenir qui parle, vu que sur CD c’est presque…plat, alors qu’en fait c’est du génie.

Allons-y pour Hateful Love. Je m’attends à tout avec un nom pareil.
Le début me rappelle un générique de manga si on fait abstraction des paroles, encore taper du pied, les quelques instruments s’ajoutent les uns après les autres, et… ah ? J’ai reconnu un effet sonore Mylene Farmer, ça fait super bizarre (les voix dans l’intro de « Sans Logique »). Ca m’a tellement perturbé que je ne trouve rien à rajouter,

Funeral Rave, qui donne son nom à l’album, et qui as intérêt à être bon!
Déjà on oublie la finesse dès l’introduction, pas mal pas mal, un rythme répété sans être répétitif, qui accompagne le roulement des deux (trois?) voix, une montée en puissance au milieu, qui n’explose pas, avec un pont, Olympia qui mets en doute ma sexualité, deuxième montée, qui elle pète gentiment, dans le calme. Je pense que ce morceau fait partie de ceux qui sont excellents en concerts, mais qui en studio ont moins de punch.

Et enfin on achève notre écoute avec Polyushko Polye, dont mon jugement sera probablement faussé. J’adore les sonorités de la langue russe, donc s’il y en a un minimum dans ce morceau, je vais simplement fondre.
On commence donc avec une intro classique de la la la et des grosses basses dans le casque.
Quand soudain, une voix russe dans mes oreilles, qui n’est pas Olympia, enfin je crois pas, qui me chante des mots doux, ou peut-être des horreurs, mais peu m’importe si elle insulte ma descendance, je fonds, j’avais prévenu. La mélodie me dit vaguement quelque chose, mais je n’arrive pas à faire de lien logique, y’a trop de basses pour ma concentration.

Le final est étonnamment doux, on entend même la neige et le vent pendant bien 15 secondes, c’est… particulier, pourquoi pas.

_

En conclusion : quelques belles perles, des morceaux qui tâchent à condition d’aimer l’electro. Comme c’est mon cas, cette experience fut particulièrement agréable, même si surement très chiante pour vous à lire, vu que c’est tapé à mesure que l’album défile. Je précise cependant que j’ai écouté chaque morceau au moins deux fois intégralement pendant que je relisais chaque segment.

Je retiens deux nouveaux morceaux très très chouettes : To Party et The Sign, qui vont de ce pas rejoindre ma playlist de soirées.

Merci à tous d’avoir lu ou survolé jusqu’à la fin ! A plus mes petits caoutchoucs !

funeraveHEADER

Only got one life to live

Par défaut

Bonjour à tous, aujourd’hui, je vais raconter ma vie, mais comme ça faisait longtemps que je ne l’avais pas réellement fait, j’espère que vous saurez me pardonner…

En effet, j’ai fini par m’occuper d’une partie de ma santé que je négligeais, à savoir mon sommeil. Tous ceux chez qui j’ai dormi s’accorderont à vous dire que je ronfle, et fort en plus. J’ai donc fini par prendre rendez-vous chez un docteur du sommeil, après des années à savoir que je dormais super mal. Entre les insomnies, l’hypersomnie et les divers troubles autour du dodo, autant vous dire que y’avait matière.

Il s’avère, après avoir fait une nuit test câblée à un appareil qui enregistrait tous mes faits et gestes, que je fais effectivement de l’apnée du sommeil, et pas qu’un peu.
Une personne classique fait entre 0 et 5 phases d’apnées par heure. C’est considéré comme « sévère » au delà de 30. Je suis à 76 sur le côté et 134 sur le dos. Donc on a pas affaire à du petit joueur ici.
Le diagnostic est sans appel: il faut m’appareiller pour les nuits à venir, pour une durée indéterminée (comprendre: longtemps).

La machine en elle-même, et j’ai eu droit au tout dernier modèle sorti, se compose d’un premier bloc, le filtreur d’air ambiant, qui est propulsé dans un second bloc, l’humidificateur, qui lui, comme son nom l’indique, humidifie l’air, pour un meilleur confort. Le tout est relié par un câble jusqu’à un masque très laid qui peut être au choix pour le pif, la bouche, ou les deux. J’ai un modèle nez, avec lequel j’ai fait un selfie ridicule que vous verrez plus bas.

L’appareil ne fait au final pas tant de bruit que ça, en comparaison avec d’autres modèles qui font un boucan d’enfer. Le truc c’est de ne pas se caler sur la machine, parce que la machine se cale sur notre respiration, du coup on finit par ne plus respirer du tout. C’est un coup à prendre au début, et on finit éventuellement par s’habituer au léger ronronnement du bazar.

Le souci c’est que les premiers temps ça demande de faire revenir le technicien tous les 4 matins parce que les réglages sont à revoir.

Fort heureusement, après moult recalibrations (Garrus style wesh), quelques ajouts façon pimp mon sommeil, j’ai fini par faire quelques nuits complètes avec l’appareil.
J’ai donc au final, accès à 3 réglages différents, à savoir:

  • Le niveau d’humidité de l’air soufflé
  • La température dudit air soufflé, grâce à un tuyau chauffant, pour éviter le désagréable effet « nez froid »
  • Un retardateur variant de 5 à 45 min

Et c’est réellement ce dernier réglage qui as tout débloqué. En effet, je mets un certain temps à m’endormir, pouvant aller au delà d’une heure, et la machine monte en pression toute seule par crans. Le retardateur a donc un effet de bloqueur de cette montée en puissance du souffle, me laissant ainsi tout loisir de m’endormir avant que la machine ne se mette à cracher avec plus d’intensité.

Le seul souci qui demeure vient de moi: j’ai souvent tendance à me réveiller au milieu de la nuit et à éteindre la machine et retirer le masque… pour mieux me rendormir comme un caca juste après. Mais dans l’ensemble je dors désormais mieux, toujours aussi longtemps, mais je suis bien moins la fatigue incarnée durant la journée, et ça, c’est plutôt cool.

Pour finir, comme je suis censé l’emporter en voyage avec moi, c’est livré avec sa petite sacoche toute mignonne qui fait un peu penser à une sacoche d’ordinateur, mais en moins gros.
D’ailleurs info pratique pour ceux qui prennent l’avion, l’entreprise qui s’occupe de m’envoyer des techniciens, délivre aussi des documents officiels puisque la machine ne doit pas voyager en soute, mais en cabine. Et donc on a droit à un papier pour obtenir le droit d’avoir DEUX bagages à main en cabine. Une astuce sympa pour planquer des petits gâteaux supplémentaires dans la sacoche. Mais bref.

J’ai écrit cet article principalement parce que quand le diagnostic m’est tombé dessus, j’étais un peu en panique et j’ai lu très peu de témoignages positifs sur le sujet. Du coup, comme j’me suis potentiellement sauvé la vie en allant voir un médecin, je vous encourage à faire de même si vous avez le moindre doute.

Merci la médecine moderne!

L'appareil, sur ma table de chevet on ne peut mieux rangée.

L’appareil, sur ma table de chevet on ne peut mieux rangée.

I'm sexy and I know it.

I’m sexy and I know it.

Vrac #21

Par défaut

Un petit vrac, parce que ça faisait longtemps. Quelques news un peu mélangées donc (à la cuillère, pas au shaker).

Pour la première fois de ma vie, dans maintenant 10 jours, je passe sur le billard. Rien de grave ni de sportif, on m’enlève la vésicule biliaire parce qu’elle n’est plus qu’un gros calcul tout vilain. J’espère pouvoir la conserver dans un bocal plein de formol, mais ça me semble pas très faisable. Et puis c’est quand même un peu dégueulasse aussi.

J’ai fait l’acquisition d’un Instax, le petit frère du Polaroid (qui n’existe plus, pour rappel), et j’ai déjà commencé à prendre des photos stupides mais vintage de mes amis et un peu de moi aussi. Jusqu’ici la prise en main se fait assez facilement, et j’adore le rendu des couleurs très 90’s.

Mes examens blancs se sont bien déroulés, si ce n’est un superbe hors sujet en philo mais où j’ai quand même réussi à grappiller 6 points, pour un hors sujet, c’est pas trop mal je trouve. Ensuite une caisse en histoire mais je m’y attendais, et un magnifique 15 en français et 17 en anglais. Heh, les langues, c’est un peu mon truc vu que je suis gay. On espère faire aussi bien voire même mieux pour l’examen final!

Je déménage bientôt aussi, si tout va bien on signe avant la fin du mois. Ce sera plus grand, plus optimisé, plus mieux sur la plupart des points. Après 6 ans et demi dans ce taudis, je me casse! Youpi! Ça aura duré le temps de dépanner, mais voyons les choses en face: cet appart n’est sympa que 4 mois par an. (Quand il fait ni trop chaud ni trop froid. Pas souvent donc.)
Ah et j’emménage avec Sainte Alixe, histoire d’avoir une coloc avec des lapins dans tous les recoins.

Sur ces bonnes paroles, je file enfiler un pantalon de dehors, parce que j’ai soirée, alors que je me reveille à peine! Bisou.

You and me could write a bad romance.

Par défaut
C'est totalement gratuit.

Je pourrais regarder ce gif pendant des heures.

Moquez vous tant que vous voulez, mais il y a quelques semaines de ça, je me suis inscrite sur un site de rencontres. Parce que bon, j’ai rien à perdre si ce n’est mon temps, et comme je le passe déjà quasiment intégralement sur les internets, je me suis dit qu’après tout, pourquoi pas.

Et j’avais envie de vous en parler brièvement, parce que ça rentrait pas dans un statut facebook, et parce que ça alimente un peu mon blog. Contrairement à Tcheu, moi je culpabilise quand je passe plus de 10 jours sans publier quoi que ce soit. (c’est un taunt gratuit, chou.)

Déjà je constate que 90% des personnes qui me sont proposées, habitent soit à Paris, soit à Brighton. A croire qu’il n’y a que deux villes dans le monde. Quelques exceptions avec des villes inconnues au bataillon, ou des espagnoles. (Et vous connaissez tous mon « amour » des espagnols. [A quelques exceptions près.])

Ensuite, pour les seules qui habitent sur Bordeaux, ma ville de prédilection (et celle où je vis, accessoirement), je les connais déjà. Et si en théorie, statistiquement ça match, en réalité c’est des gens que je ne peux pas m’encadrer, ou qui me détestent sans raison (oui c’est de toi que je parle, regard-de-veau-mort).

Ensuite quand je regarde un peu le profil de près, dès que je vois « film préféré: La vie d’Adèle », je NOPE tellement fort que mes voisins doivent m’entendre.

C'est pas une blague.

C’est pas une blague.

Sinon j’ai croisé une de mes amies de Tumblr, avec un joli taux de compatibilité, mais j’ai pas osé lui envoyer de message. Et de toute façon elle habite à l’autre bout de la France…
Bref, jusqu’ici mon profil n’a pas eu un succès fulgurant, mais bon, je m’y attendais un peu quoi.

Pour finir, je vous souhaite à tous une bonne fin de soirée, moi faut que j’aille réviser ma philo.