L’année des Frites (Rewind 2018)

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Nous voici comme en chaque 31 décembre, à l’aube d’une nouvelle année, ou plus précisément au crépuscule de celle en cours. Et c’est précisément cette optique là qui nous intéresse, à condition que vous utilisiez le calendrier grégorien, sinon relisez cet article à votre propre réveillon, je n’ai pas vraiment de solution.

Mais trêve de plaisanteries, car finalement, 2018 aura été plus calme que prévu. Enfin, je vous dit cela mais en vrai, j’ai des difficultés à réellement me remémorer ma propre vision de l’année qui vient de s’écouler. Je pourrais faire du mois par mois, mais finalement ça serait juste relativement chiant, et il vous suffirait de faire l’inventaire des articles vous-même. Du coup je vais faire exactement cela, l’inventaire, en ajoutant des infos supplémentaires, mais en m’orientant vers une liste non exhaustive mais plus orientée par thématiques, le tout résumé brièvement (on l’espère).

Vie Militante

Cette année, j’ai notamment collaboré à deux reprises avec Yuffy (de la chaîne YouTube « Tipoui »), une première fois autour d’un article où elle m’a aidé à rédiger une définition un peu sérieuse. Une seconde fois lors de la présentation du film Coby, où nous avons ensemble plus ou mois aidé à animer une séance de débat après ledit film. Même si j’avoue m’en être assez mal sorti, puisque je galère toujours pour m’exprimer en public. J’ai d’ailleurs également participé en mon nom à un autre débat sur la transidentité lors d’un séminaire sur la santé des LGBTI, mais là encore, je n’ai pas vraiment su me faire comprendre.
J’ai en effet appuyé le fait que parler de la transition uniquement sous le prisme de la souffrance était un peu dommage, et la personne du public a renchéri en disant qu’en effet, la transition c’est formidable et que la souffrance n’était pas pertinente dans les débats. Ce n’était pas exactement mon intention que d’établir cette conclusion là, donc bon.

Mais sinon, 33 articles auront été mis en ligne en 2018, sans compter celui ci. Ce n’est pas nécessairement mon année la plus prolifique, mais j’ai essayé de tenir une certaine forme de qualité tout au long de l’année, qui je l’espère, s’est ressentie.

Vie Privée

Cette année a été placée sous le signe de la réappropriation corporelle, en ce qui me concerne en tout cas. Je suis en effet repassé par trois fois sous les aiguilles de tatoueurs, faisant monter le total à 7 pièces qui ornent mon corps. Cette année nous avons fait les deux épaules et la seconde partie de ma jambe gauche. Si tout se déroule comme prévu, dans le premier ou second tiers de 2019, je devrais d’ailleurs finir mon triptyque animalier sur ce même mollet.

Egalement, je suis parti un gros weekend en vacances sur l’île d’Oléron, où j’ai pu me baigner dans la mer, et également dans l’océan quelques semaines avant, du côté de Lège-Cap-Ferret. Ça m’a fait un bien fou, puisque je n’avais pas pu réellement me baigner depuis de longues années, et j’avais oublié la sensation d’être complètement immergé dans l’eau.

Vie Administrative

En 2018, j’ai fini de compléter mon changement d’Etat Civil. Carte d’identité, Carte Vitale, chéquier bancaire et tout le reste. Il ne me reste réellement que mes diplômes à faire modifier, mais cela s’avère assez complexe, puisqu’il y a une date limite avant que ceux ci ne soient totalement archivés, et ladite date a été dépassée, du coup si il y a un·e expert·e dans la salle, envoyez moi un mail.

Vie Sociale

Cette année a été riche en rencontres de nouvelles personnes, toutes plus chouettes les unes que les autres. Ça a aussi été des tensions qui émergent, du drama à régler au kilomètre, et la consolidation de relations déjà pré-établies.
Plus récemment, une embrouille sur les internets avec des inconnus m’a permis de constater que mes proches et même mon cercle plus éloigné, me soutiennent dans mes mésaventures. J’ai été submergé par l’amour et la compassion, et cela m’a rappelé que je ne suis pas seul, et que beaucoup de personnes que j’ai choisi pour m’entourer, m’aiment et m’apprécient au point de prendre ma défense.
Bref, de l’amour par brouettes entières.

Conclusion

Ce qu’on peut dire à propos de 2018, c’est que ce fut une année remplie d’émotions, bonnes comme mauvaises d’ailleurs. Entre les rebondissements qu’on a pas vu venir, ou au contraire des bonnes surprises qu’on n’espérait plus.
Bref, une année mouvementée sur plus d’un plan, bien que je la soupçonnais d’avance d’être très chargée, et elle ne l’a finalement pas été tant que cela, mais elle ne fut pas nécessairement de tout repos pour autant. Et cette phrase est très alambiquée.
Je vous dit tout ça mais en vrai là, il est actuellement 4h du matin tandis que je martèle mon clavier, alors je suis au bord de l’agonie de fatigue, donc je boucle un peu plus vite que prévu mon article. Parce que si 2018 m’a bien appris un truc, c’est que je ne sais toujours pas respecter mes propres délais !

Allez, bisou et bon réveillon !

Life is Strange : Before the Storm #2

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Vu que j’avais du retard sur ma prise en main du second épisode de Before the Storm, j’ai pu constater que le fandom présent sur Tumblr a implosé. J’ai donc réussi à me faire très légèrement spoiler sur la teneur de ce second morceau. Alors, est-ce que cet espace-temps avant la tempête était si calme que ça ? Plongeons dedans dès à présent, le tout garanti sans rien vous gâcher du contenu.

On reprend donc les commandes de Chloé, au lendemain des événements du premier épisode. Bien évidemment je ne peux pas vraiment vous dire de quoi il s’agit ni quelles en sont les conséquences sans rompre ma promesse de ne rien divulguer. Et c’est là un exercice d’écriture particulièrement délicat, de trouver comment dépeindre l’essence de chaque épisode sans rien spoiler du précédent, mais je vais m’y essayer, une fois encore.

Vous trouviez le premier épisode riche en événements ? Vous n’êtes clairement pas prêts pour le second. Et moi non plus, je n’étais pas prêt. Car malgré ma connaissance d’un élément clé de cet épisode avant même d’y jouer, je ne m’attendais pas à ce que celui-ci soit aussi riche en rebondissements et en émotions diverses.
On passe par toutes les facettes des possibilités en matière de sensations. Accrochez vous à vos petits cœurs en mousse, parce que vous allez prendre super cher. En bien comme en douloureux.

Ce second numéro nous apporte avec justesse des moments d’effervescence, d’angoisses comme de bouleversements savamment dosés, le tout chahutant nos petits palpitants, et laissant en bouche une saveur indescriptible.

Pour la toute première fois depuis que je joue à Life is Strange, j’ai dû faire une pause en cours d’épisode, parce que ce que je vivais était trop dense pour parvenir à tout encaisser d’un seul bloc.
Si je devais utiliser un seul mot pour décrire cet épisode, c’est qu’il est intense. Genre, vraiment. Je dis ça maintenant, mais peut-être que le troisième, concluant Before The Storm sera encore plus terrible, à tous les sens du terme. Mais pour le moment, je vous rédige ceci encore en transe du final de cet épisode intermédiaire.

Mais pour résumer, et parce que je commence à être à court de synonymes pour l’intensité et l’émotionnel, sachez que l’on retrouve dans cet épisode toute l’essence de ce qui fait la licence LIS : cette capacité de nous faire couiner comme des petits lapins sur toute une palette d’émotions différentes, le tout soutenu par une bande son aux petits oignons, un cadre léché et des personnages riches en complexité.
Et je suis prêt à parier que Before the Storm n’a pas encore dévoilé toutes les cartes qu’il a dans les mains.

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Ma tête pendant tout l’épisode.

Du manspreading de qualité.

De bien jolies scènes.

 

Le dilemme des Transgenres : Debriefing

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Il y a quelques jours à peine, a été diffusée sur M6, un reportage sur les personnes trans dans le cadre de leur émission Zone Interdite. Je me suis donc sacrifié pour la cause et j’ai regardé ladite émission, pour savoir. J’ai au préalable élaboré un petit « bingo » pour savoir combien de cases clichés j’allais cocher, résultat en fin d’article.
Pour le reste, j’ai pris énormement de notes sur papier, totalement decontextualisées la plupart du temps, et sans minutage. Du coup plutôt que de vous faire la liste de mes impressions, ce qui serait somme toute assez chiant à lire, j’ai décidé de faire un resumé de mes notes, ce qui donnera un article à l’arrivée plutôt court (whoopsie!).

El Bingo, si !

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Outre le fait que je vais avoir le jingle de Zone Interdite dans la tête pendant 8 jours, sur les 1h35 que durait l’émission, il s’est passé un paquet de trucs. Déjà nous avons 6 témoignants, trois nanas et trois mecs, dont la moitié (trois donc) a vachement plus de temps de reportage que l’autre moitié.
Les trois personnes au temps d’image réduite sont Cedric, un jeune de 18 ans, Jackie, une femme à la retraite, et Arno, un père flic qui apparaît vraiment très très peu.
Les trois têtes d’affiche sont donc Iris et Laura, qui sont toutes deux des jeunes femmes de moins de 30 ans, et Isaac, un p’tit mec de 14 ans.

Laura, qui est apparemment une youtubeuse à succès, semble plutôt calé sur le vocabulaire, car très fréquemment, on l’entend corriger la personne qui l’interviewe. Notamment sur tout l’aspect « avant vous êtiez un homme et maintenant une femme » et autre « du coup avant vous etiez un couple gay avec votre compagnon? ». Elle est très réactive pour replacer immédiatement les choses, et insiste correctement sur le « y’a pas de avant/après, j’ai toujours été une fille ».
Et si Laura ne souhaite pas spécialement la chirurgie génitale, c’est en revanche le cas d’Iris, et c’est pas mal de faire le parallèle sur le fait que chaque personne trans fait bien ce qu’iel désire, et adapte son parcours à ses envies/possibilités/contraintes diverses.

La mise en comparaison se pose aussi sur un autre aspect important, si Laura est en couple depuis des années, est heureuse et tout ça, Iris est célibataire, et galère un peu pour trouver l’amour. Cette dernière extrapole sur les difficultés des personnes trans à trouver des compagnes/compagnons de vie, et la souffrance d’autant plus prégnante que la solitude est une thématique que les personnes trans connaissent assez bien.

Enfin, le gros du morceau: Isaac. Je conçois qu’il est jeune, qu’il n’a pas encore toutes les clés en main, et que faire son coming-out à son âge c’est super dur.
Cependant, j’ai fréquemment serré la mâchoire quand le reportage revenait auprès de lui. Déjà parce qu’il parle plusieurs fois du fait qu’être trans, c’est ne rentrer ni dans la case fille ni dans la case garçon. Il est bien un mec, mais surtout il est trans. Sauf que ce n’est pas un troisième genre en fait, du coup ça m’a mis hyper malaise. Sa maman dit à un moment quelque chose de très chouette par rapport à l’envie de son fils de prendre des hormones par la suite: « C’est pas la question de ce qu’il veut, mais de ce qu’il est ».
Mais sinon concrètement c’est un ado de 14 ans qui se comporte et parle comme un ado de 14 ans, et c’est une tranche d’âge avec laquelle j’ai naturellement du mal, donc abrégeons.

Mis face au témoignage d’Isaac, il y a celui, plus court mais plus touchant de Cédric, qui à ses 18 ans a reçu un ultimatum parental : reste comme tu es déjà ou prends la porte.
C’est une triste réalité qu’il était aussi important de mettre en lumière, parce que ça contraste énormement avec la vie d’Isaac dont tout le monde semble maladroit mais bienveillant autour de lui.

Y’a par moments, entre les témoignages des mini-parties intéressantes pour faire les jointures entre chaque intervenant, notamment des infos par rapport à la Loi changée récemment, qui est censée faciliter le Changement d’Etat Civil en supprimant l’obligation de stérilité, et la voix off se permet même de préciser que c’est encore malheureusement trop laissé à l’appréciation du juge. Y’a aussi par moment des statistiques sur le suicide bien plus fréquent chez les jeunes trans.

A un moment, dans le dernier tiers on fait un tour du côté de ces charmants personnages que sont les médecins de la SOFECT, et grands dieux, j’ai noté deux trois pépites.
« C’est délicat, parce qu’à partir de corps sains qu’on opère, on crée des corps imparfaits au final. Parce qu’on peut pas implanter d’utérus, et on supprime la fertilité. ». Mais du coup les personnes cis stériles, c’est pas des gens entiers aussi? Comment ça marche?
Ah et aussi le magnifique emploi du terme « femmes BIOLOGIQUES », genre, élevées au grain et en plein air, n’est-ce pas.

Bref, trève de plaisanteries, je relance le bingo complété et on conclue cette histoire. Alors alors? Va-t-on pouvoir gueuler QUINE?

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Bon, deux lignes, c’est au moins le panier garni ça !
Plus sérieusement, si la voix off était toujours respectueuse des pronoms, les prénoms de naissance (« Deadname ») ont quasiment tous été balancés. Et en ce qui concerne la fausse distinction entre transgenre et transexuel via la chirurgie, elle n’étais pas présente dans le reportage en lui-même mais uniquement dans les espèces de « vidéos promo » avant la diffusion.
Si la phrase « né·e dans le mauvais corps » n’a pas exactement été prononcée ainsi, il y a eu beaucoup trop de rappel au « passage » du corps de untel-genre à genre-opposé.

Dans l’ensemble, en vrai, ce reportage est potentiellement dans le top 3 des moins pires dans ce que propose la France ces dernières années, mais après, il faut bien rappeler que le niveau n’est de base pas très élevé. Y’a des moments touchants, des moments vraiment cringe/malaisants, mais dans l’ensemble, ça aurait pu être largement pire si quelques un·e·s des intervenant·e·s n’était pas aussi prompt·e·s à corriger des points de vocabulaire.

L’ensemble est assez inégal au final. Pas franchement militant, mais qui ne tombe pas non plus trop dans le pathos pour autant. En somme, un reportage abordable pour les personnes non-concernées, plutôt bien pour démarrer la thématique dans le cérébral des gens. Mais pas révolutionnaire non plus pour quiconque d’un minimum informé.

Voilà. C’est tout pour moi !

La demisexualité, ce n’est pas ce que vous croyez

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Que je suis drôle !

Après avoir vu passer un article plusieurs fois relayé par mes contacts sur « la demisexualité, cette orientation méconnue », et un sacré festival de commentaires de gros beaufs en dessous, j’ai décidé de m’attaquer en toute humilité à ce sujet.

Avant toute chose, comme d’habitude, je ne possède pas la vérité absolue etc etc, faites vos contre-recherches aussi hein.

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Demisexuel·le : Définit une personne pour qui il est impossible d’avoir la moindre attirance sexuelle pour quelqu’un sans avoir au préalable une forte connexion émotionnelle.
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La demisexualité, véritable orientation pour les uns, gros bullshit pour les autres, est avant tout une façon d’appréhender les relations, amoureuses comme charnelles. Il s’agit d’une sous catégorie sur le spectre de l’asexualité (l’absence totale d’attirance ou d’intérêt pour ces questions là), spectre qui va jusqu’à ce qui semblerait s’appeler l’allosexualité (l’attirance au sens le plus commun).

Et là où cela devient intéressant, c’est que la demisexualité n’est pas une orientation au sens strict du terme, dans la mesure où c’est un indicateur de sa propre capacité à entretenir des relations qui mènent à faire des fanfreluches. Il s’agirait plutôt d’un adjectif, à coller avec sa propre orientation (hétéro/homo/bi-pan…), permettant de préciser un peu plus son mode de fonctionnement.

En soi, ce n’est pas indispensable de le préciser, puisque cela ne détermine pas par qui vous serez attirés, mais plutôt de comment vous serez attiré vers les autres.

Le seul point de doute sur la classification des demis, c’est que, au même titre qu’une orientation sexuelle/romantique, il n’y a aucun choix de fait. On ne choisit pas de ne pas pouvoir concevoir les coups d’un soir, on ne choisit pas non plus de ne pas pouvoir envisager quoi que ce soit sans une forte relation amicale pré-établie. Du coup, le terme de demisexuel a émergé, parce que des gens se reconnaissaient dans ce mode de fonctionnement instinctif pour elleux.

Et là vous allez me dire « mais ça sert à rien de faire rentrer des gens dans des cases toujours plus petites! ».
Et je vous répondrais que vous n’avez pas nécessairement raison, mais pas seulement.

Les étiquettes, ont cet avantage là, qu’elles rassemblent, qu’elles nous font savoir que nous ne sommes pas seuls à fonctionner de telle ou telle manière, et c’est aussi vrai pour les pathologies psy et leurs myriade de symptômes, que pour la vie amoureuse.
Je ne suis pas en train de dire que la vie privée est un handicap et que la sexualité est une maladie. Alerte terrain glissant. Non, là où je veux en venir, c’est que s’il n’y a pas 50 orientations sexuelles différentes au sens strict, il y a plein de façons d’envisager celles-ci individuellement. Et également, que si les cases ont cet aspect rassurant, il y a une différence entre se revendiquer de tel ou tel bord, et se voir affublé d’une étiquette par les autres.

Les cases ce n’est pas foncièrement mauvais, tant qu’on n’essaie pas de réduire au maximum, à être le plus précis possible. L’intérêt de la manœuvre, c’est de se multi-classer, parce que l’on peut facilement être présent dans plusieurs boites sans posséder le moindre don d’ubiquité.
C’est ça la force de l’être humain, celui ci est multiple, tant dans le fond que dans sa forme.

Pour conclure, si la demisexualité n’est pas une orientation sexuelle et/ou romantique à proprement parler, elle reste une manière de concevoir les relations qui n’en demeure pas moins réelle et légitime.

Together in the grave

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Quand j’étais plus jeune, j’étais vaguement gothique. Je dis vaguement, parce que j’avais 15 ans, un manteau noir avec des boucles en métal, des rangers et des fringues variant de noir à noir foncé. Avec quelques touches de rouge par ci par là. Mais j’avais 15 ans. Et par pression sociétale, j’ai décidé de passer au côté casual de la force, pour obtenir le résultat que vous connaissez désormais, à base de jean et de t-shirts aux motifs rigolos.

Mais une insulte m’a beaucoup marqué à cette époque là, entre autres joyeusetés, c’était d’être appelé Morticia, comme la maman dans la famille Addams, univers que j’affectionne tout particulièrement. Sauf que dans leurs bouches ce n’était pas un compliment, mais passons.

Je n’ai jamais vraiment compris ce qu’on reprochait à la famille Addams au juste. C’est certes un univers très sombre, un peu glauque, et franchement goth. Mais c’est aussi une famille plutôt idéale, pourtant clairement exposée comme à l’opposée de la famille parfaite comme on l’entend dans l’esprit commun.

Certes, la famille Addams est bizarre, inhabituelle, loin des codes classiques et s’émancipe clairement de la « normalité ». Et pourtant, ils font étalage de tout ce que je recherche dans un modèle familial.
Je tiens à dire avant toute chose que je me base surtout sur les deux premiers films sortis en 91 et 93.

Concernant les parents, Gomez et Morticia, ils s’aiment, et ils ne s’en cachent pas. Mais à côté de ça, leurs démonstrations d’affection ne sont jamais « too much ». Ils se font des bisous, ils se disent des mots doux, mais jamais ne tombent dans l’indécence.
Du côté des enfants, Pugsley et Mercredi se martyrisent mais sont toujours enthousiastes à l’idée de le faire, ils jouent, ne se montrent quasiment jamais capricieux, et sont bien élevés.
D’ailleurs quand Morticia parle avec une des professeurs de Mercredi, elle lui explique qu’elle laisse le choix de son avenir à sa fille, à condition qu’elle fasse d’abord des études, parce que l’éducation c’est important. Et les parents assistent au spectacle de l’école de leur progéniture, et participent parfois à leurs jeux d’enfants. Bref, ils sont un soutien constant.

Même quand Pubert débarque dans la famille, en particulier quand il devient « normal » (blond frisé et non plus brun gominé), si cela rend Morticia triste, elle ne rejette pas son troisième enfant, elle continue de s’en occuper et de l’aimer de manière inconditionnelle, elle accepte Pubert malgré qu’il soit si normalisé.

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Parce que c’est ça la force de la famille Addams, de nous prouver que même dans l’étrangeté, en décalage complet avec la société dans laquelle on vit, on peut toujours se trouver, et être aimé, et vivre heureux non pas malgré notre différence, mais en embrassant complètement celle ci.

Mais en attendant, je suis Fester, comme exemple ci-dessous.

Oh no !

Who could love you more

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Pour vous motiver, un chat de Noël. Au mois de Mars. YOLO

Pour vous motiver, un chat de Noël. Au mois de Mars. YOLO

Aujourd’hui 7 Mars, nous sommes la veille de la journée internationale des droit des femmes. Et je me hype les oreilles avec du Conchita Wurst en boucle, autant dire que je suis moyennement dans le thème.
Ah et avant que quelqu’un fasse la blague selon laquelle la journée des hommes c’est le reste du temps, soyez pas trop jaloux, parce qu’en vrai, la journée mondiale des hommes c’est le 19 Novembre. Voila.

Et là, magie du backstage, mais ça fait 25 minutes que je cherche mon sujet du jour.
Mais je pense avoir une petite idée. Alors allons y let’s go c’est parti les amis, aujourd’hui on va aborder la notion de privilèges!

Tout d’abord, un privilège c’est quoi? C’est un avantage de n’importe quelle forme possible, induit par une caractéristique incontrôlable. Comme c’est pas clair, prenons un exemple : ne pas devoir se demander si il y aura un ascenseur ou un emplacement de fauteuil dans un bus, c’est un privilège de personne physiquement valide, ou encore pouvoir oublier sa carte d’identité à la maison sans craindre les contrôles de police, c’est un privilège de personne blanche.

Et c’est important de connaitre ses privilèges, parce que ça nous permet de rester humbles, et de se rendre compte que notre condition d’être humain est potentiellement et/ou naturellement avantagée par rapport à un autre individu.

Et comme aujourd’hui c’est la veille du 8 Mars, je pensais aborder les privilèges que j’ai pu constater de près, dans le cadre de ma transition physique et sociale de garçon.
On va catégoriser tout ça, sinon ça va vite être un foutoir sans nom.

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■ Let’s get Physical !

Et ce en trois points : le poids, les poils, et la performance esthétique.
Il est plus communément admis qu’un garçon puisse être gros plutôt qu’une femme ne le soit. Vous ne me croyez pas? Allez donc faire un tour du côté des grands magasins type Kiabu et autres Haine&Martine. Dans le rayon grande tailles femmes, se battent en duel deux pulls aux couleurs infâmes, des hauts informes et trois pauvres pantalons à peine différents. Chez les hommes? Des modèles variés, de la sobriété comme du flashy, bref, du choix. Même du côté des slogans y’a pas photo.
Au hasard de google rapide, pour les nanas on peut lire « pour toutes les morphologies », face à « pour les hommes extraordinaires ». Pour une gamme de prix similaire, j’ai trouvé jusqu’au 58 chez les femmes, et chez les messieurs… du 74. Je pense qu’on se moque de vous. Clairement.
Sans même aborder le sujet des poches vers l’infini et l’au delà des pantalons d’homme, contre celles des femmes où tu ranges un briquet, en tassant bien.

Concernant les poils je ne pense rien vous apprendre en vous disant que les hommes peuvent afficher leur fourrure sans souci, même si ça fait écureuil mort sous les bras, alors que chez les dames, même dans les pubs censés vous vendre des rasoirs et épilateurs pour se débarrasser des vilains poils, ceux ci n’apparaissent jamais.

Enfin, quand je parle de « performance esthétique », je parle de deux choses. La beauté tout d’abord, dans un cadre purement hétérosexuel, on pardonne plus facilement à un homme d’être vilain, lui trouvant d’autres qualités telles que le charisme ou l’humour, tandis qu’une femme si elle n’est pas « bonne », elle n’a rien pour elle et finira seule mangée par ses chats. C’est triste, mais c’est une réalité d’opinion répandue.
Ah et personne ne demandera jamais à un homme de sourire 20 fois par jour, ou de lui faire des reproches s’il semble faire la gueule. Au pire on lui trouvera son côté grumpy « carrément cute », jusqu’au « mystérieux et ténébreux caractère ». A l’aide.

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■ Super Social, tu perds ton sang frais.

Deux mots : sexualité et expression. Mais sans les lier hein, sinon c’est bâclé.
Le premier point donc, en cache en fait deux. Pour commencer, contrairement aux hommes, les femmes sont hyper sexualisées très tôt, souvent contre leur volonté. Quand des scandales éclatent dans les écoles de niveau collège/lycée, c’est parfois parce qu’une élève s’est faite sortir de cours pour sa tenue trop suggestive, à savoir qu’elle portait une jupe ou un haut un peu ample, et du coup on voyait son soutien gorge. On fait comprendre à ces jeunes femmes que les pulsions « incontrôlables » des jeunes garçons, leurs camarades de classe, sont plus importantes que l’éducation de ces jeunes filles. Y’a énormément de cas aux USA par exemple.

Moi j’vais vous dire un truc, si j’ai réussi à passer toute ma scolarité à partager le vestiaire des filles sans jamais en toucher une seule de manière inappropriée, ce n’était pas parce que je n’avais pas des envies, mais parce que je sais conserver ma libido sous clé. Et savoir se tenir c’est à la portée de n’importe qui. Les hommes ne sont pas des animaux hors de contrôle, arrêtez de nous excuser quand ça dérape, ça nuit à tout le monde.
Je prends littéralement un shoot de testostérone deux à trois fois par mois, et je n’ai agressé personne que je sache, donc aucune excuse possible.

Le deuxième alinéa du premier point (vous suivez toujours ?), c’est celui du « mérite » sexuel. Exemple concret, un mec avec plein de conquêtes est un Don Juan, une nana avec autant voire moins de conquêtes est une intenable catin.
Tandis que l’on fait du slut-shaming à tour de bras, on excuse également certains comportements masculins sous couvert de leur prétendue « misère sexuelle ». Ces deux exemples contenant énormément d’informations sont révélateurs du fait qu’on privilégie bien trop facilement la sexualité des hommes face à celle des femmes.
Dans le même ordre d’idée, si les hommes se plaignent parfois d’un éventuel « virgin-shaming », où le fait d’être puceau ou peu actif sexuellement est une tare, laissez moi vous dire que ce n’est RIEN comparé à ce que subissent les femmes de leur côté dès qu’elles mettent le nez dehors.

Et enfin le deuxième point avec ce long sous-sujet, le privilège de la parole. Un homme sera toujours considéré plus légitime qu’une femme pour parler, de n’importe quel sujet, à n’importe qui, dans n’importe quel contexte, y compris si le gars n’est même pas concerné.
A tel point que le terme mansplaining a émergé. Il s’agit de l’action d’un homme, d’expliquer la vie à une ou plusieurs femmes, si possible avec un maximum de condescendance, parce qu’elle n’y connait rien vu que c’est une femme. Je grossis vaguement le trait, mais lancez le mot « féminisme » en soirée, et vous pouvez sortir votre planche de Bingo Féministe et vous préparer à gueuler QUINE dans les 10 prochaines minutes. Sans même détailler sur ce problème dans le cadre de l’entreprise, où la parole d’un homme aura toujours naturellement plus de poids que celle d’une de ses collègues. Mais nous reviendrons sur le sujet du boulot un peu plus bas.

Exemple de Bingo Féministe. (source: Blogspot des Furies.

Exemple de Bingo Féministe. (source: Blogspot des Furies.

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■ Ennemi Public #1

Bon, sur ce point je ne vous apprendrais pas grand chose en vous disant qu’une femme seule dans la rue si possible de nuit, a un pourcentage de se faire agresser qui dépasse l’entendement. Je n’ai pas les chiffres sous les yeux donc je ne vais pas en inventer, mais je dirais d’un point de vue personnel que depuis que j’ai un bon cispassing, je ne me fais réellement emmerder dans la rue (généralement pour une clope) qu’une fois toutes les deux semaines environ. Contre quasiment chaque fois que je mettais le nez dehors avant, soit plusieurs fois par semaine.

Les hommes se comportent comme les rois de la rue, et ils en ont à peine conscience. Un autre exemple de cet état de fait, c’est qu’en marchant droit devant vous, si vous êtes une femme, la grande majorité des hommes ne se pousseront jamais. Vous finirez soit par vous écarter naturellement de vous même, soit par leur rentrer dedans. Moi qui n’aime pas le contact humain, je me pousse largement avant impact, mais j’ai regardé que les nanas s’écartent assez rapidement de moi quand j’arrive à leur hauteur lorsque je marche dans la rue. Et je trouve ça tellement triste quelque part. Parce que laisser passer l’autre est un acte commun, il ne devrait pas être unilatéral.

Ah, on enchaîne avec mon préféré : le Jean-Michel Couilles de Cristal. Ce délire qu’ont les hommes de tout âge, peu importe leur origine, de prendre toute la place dans les transports en commun, dans les allées, sur les sièges, partout, tout le temps. Ça porte un nom d’ailleurs, ça s’appelle le manspreading. Le fait de prendre un maximum de place sous prétexte que le monde nous appartient. C’est souvent inconscient, autant que c’est parce que les gens sont des vieux sacs à merde.

Pour ma part je suis forcé de garder un minimum d’écart entre mes cuisses, parce que celles ci étant épaisses, les conserver serrées est très inconfortable. Mais y’a une grosse différence entre avoir un léger écart inter-cuisseaux, et prendre la moitié du siège d’à coté.

On te voit faire, Jean-Mich'.

On te voit faire, Jean-Mich’.

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■ Travail, Famille, Pâté.

J’avais dit que je reviendrais sur la question du travail, et bien même en la matière, le sexisme n’épargne aucun milieu. Il n’y a qu’a constater la prolifération de blogs type Paye Ta ___ , qui sont des florilèges de remarques misogynes et souvent super limites, classées par milieu professionnels.
Egalement, il pèse sur les hommes certaines exigences de travail qui se répercutent sur la condition féminine. Je ne parle pas du fait que les femmes doivent prouver qu’elles sont compétentes, tandis que les hommes sont compétents de base jusqu’à preuve du contraire. Non ce dont je voulais parler c’était des exigences plus fourbes que ça. Un homme ne subira pas ou si peu, lors d’un entretien, des questions du type « envisagez vous une grossesse future? », qui détermine si la personne est « digne » que l’on investisse le temps, et l’argent de la compagnie qui l’embauchera.

Ainsi, un homme sera, pour la même base de travail, en moyenne mieux payé, et gravira les échelons plus vite. Sa vie de famille, s’il en a une, pâtira de cette exigence sociétale, parce qu’on pardonne plus facilement aux hommes de rentrer très tard après le travail, de moins s’occuper des enfants, de ne pas prendre de congé parental etc.
Après tout, l’enfant, ce n’est pas lui qui l’a pondu, donc on considère un peu facilement qu’il n’a que moins de responsabilités et de temps à consacrer pour s’investir dans la vie de ses gamins.

Enfin, un homme n’entendra pas un employé du rayon bricolage lui expliquer qu’il faudra l’aide de son compagnon pour monter tel meuble, parce que tout le monde sait que ça s’installe mieux avec un pénis.
Je parle de magasin de brico, mais ça marche aussi avec le garagiste, ou tout ce qui touche de près ou de loin à un hobby considéré comme « masculin ». Y compris quand le gars n’y connait rien, et que c’est sa femme qui bricole. Un peu comme au restau, on conclura toujours que c’est l’homme qui paye, qu’il est la personne responsable et tout ça.

Le bon goût.

Le bon goût.

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■ The Internet is for Boys.

Ah, les jeux vidéos. C’est vachement bien non? Alors oui, mais quand on est un garçon. Et je vous voir arriver, à base de « ouais mais les meufs elles ont plein d’avantage sur les MMOs! ». Ce qui est vrai, en partie seulement. Sur cinq mecs sympas qui vont l’aider, et éventuellement lui filer de la thune virtuelle gagnée à la sueur de leur clavier, quatre vont se montrer super lourds et chercher à obtenir des faveurs en échange de cette monnaie virtuelle. Les gens sont très rarement altruistes, et le jeu vidéo, monde peuplé de nerds et autres marginaux rejetés par leurs pairs n’y fait pas exception. D’autant plus d’ailleurs, que souvent dans le milieu du jeu, les gars sont des frustrés en puissance, dans plein de domaines, et qu’ils ont été tellement rejetés pendant des années, qu’ils considèrent que ici c’est leur terrain, et que derrière l’ecran on se sent toujours plus fort. Je caricature à peine.

Si vous vous plaignez que y’a pas assez de nanas qui jouent, peut-être est-ce parce que la moitié d’entre elles n’avouent pas être des filles, pour avoir la paix, pour ne pas être harcelées, pour pouvoir juste jouer en fait. Et aussi parce que dès qu’une demoiselle dit aimer tel ou tel univers, elle se fait alpaguer de questions toutes plus improbables les unes que les autres, pour qu’elle puisse « prouver » qu’elle est une « vraie » fan, et non pas une énième « fake geek girl ».

Ce qui nous fait arriver à l’argument intéressant du « ouais mais les streameuses elles montrent leurs seins et elles se font grave de la thune en vendant leur image au plus offrant! ». Bah, si y’a des gens assez frustrés pour payer, elles auraient tort de se priver. Elles auraient tort de ne pas chercher à monnayer leur image tout en restant dans une parfaite maîtrise de leurs limites.

Après, et c’est une réalité morphologique, les filles ont, en règle général, des seins, c’est un fait. Et près d’un ordi il fait chaud, donc elles ne vont pas jouer en pull juste pour satisfaire votre pudeur mal placée.

Cependant, la vie de personne féminine sur le net a aussi ses gros désavantages. Prenez n’importe quelle youtubeuse un peu connue, elle en prend plein la gueule quotidiennement juste pour le fait d’apparaître sur un média public.
Certes, certains mecs en prennent aussi pour leur grade, parfois de façon justifiée, parfois pas du tout, mais il n’y a jamais de hordes de 200 personnes qui font des appels au meurtre, au viol, à la punition généralement violente de leur entourage, juste parce que le gars a dit un truc qui ne passait pas.

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■ Et les désavantages dans tout ça?

Bah j’en ai trouvé. Trois, enfin, deux et demi pour être exact. C’est plutôt maigre en comparaison, mais on va les aborder, histoire de rigoler un peu.

Les gens, la société, notre famille parfois, a des exigences différentes selon notre genre. Comme celui de la virilité exacerbée. Quand on est un homme, pas question de montrer de signes de faiblesse, ou d’émotion, et surtout pas de « féminité ». Moi je dis bullshit, j’ai le droit de pleurer et d’être niais, d’être considéré comme « fragile », et je m’en tartine les intercostales avec du pâté dans l’allégresse la plus totale.

Il existe évidemment quelques standards issus du fameux diktat de la beauté, mais concrètement ça s’applique bien moins violemment chez les hommes que ce que vivent les femmes. Je ne suis pas un canon de beauté, je porte des lunettes, j’ai peu de barbe (pour l’instant), et je ne suis pas un monstre de muscles. Malgré cela, on m’accepte en tant que tel, et mis à part quelques reflexions de merde vis à vis de mon surpoids, dans l’ensemble on me fout relativement la paix. Ce n’etait pas le cas auparavant, avant ma transition.
Ceci comptant comme un point et demi, passons au second, et dernier.

Je ne peux plus faire des compliments aux gens que je ne connais pas ou peu, sous réserve de leur donner l’impression que je les drague.
Et même si c’est un micro privilège qui me manque un peu, de dire aux gens qu’iells sont joli.e.s, ou particulierement bien sappé.e.s, je m’y ferais à l’usage, à devoir fermer ma gueule pour ne pas les mettre mal à l’aise. Même si je sais que il y en a que cette considération n’effleure pas. Mais je ne suis pas associé à ces gens là.

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En conclusion, nous les hommes, avons un sacré paquet de privilèges, et encore, je n’ai traité que les plus rapides évidents à exposer.
Ce faisant, demain 8 Mars, Journée Internationale des droits des femmes, je leur laisserais la parole, et ce blog sera silencieux pour la journée. Parce que je ne suis pas une femme, et si j’ai moins de droits qu’un garçon cisgenre, de par ma condition, et aussi de par tout un tas d’autres raisons opposées à tout un tas d’autres catégories de personnes, je suis quand même un privilégié. Et c’est une bonne chose que d’en avoir conscience.

Donc demain, pensez à vos privilèges et écoutez ce que les femmes ont à dire, pour une fois, ce qui ne vous empêche pas de les écouter le reste de l’année, hein, restons humbles.

Bisou !

Life couldn’t get much sweeter

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Comme vous le savez peut-être, tous les dimanches, je me rends au Café des Moines pour le karaoké hebdomadaire. Et l’équipe en charge d’animer ledit karaoké, fait aussi des événements ponctuels dans ce même bar. Et donc hier, avait lieu l’élection de Mister Moines, faisant suite à Miss Moines à la mi décembre dernier.
Bon, je vous spoile un peu l’article, mais j’ai gagné le glorieux titre de Mister Café des Moines, ainsi que la superbe ceinture du vainqueur confectionné par l’équipe d’animation en charge de la soirée (Rick Huntertainment).

Du coup, avant de donner mes impressions, je vais vous faire un détail des épreuves de la soirée.

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#1 : Va mettre une culotte !
Il s’agissait d’exposer son plus beau dessous, anonymement, à la vue de tous, mais surtout du jury prestigieux (composé notamment des candidates et lauréates de Miss Moines, et quelques extras). J’avais donc judicieusement choisi un boxer Jurassic World assez badass, qui as beaucoup plu, et que voici :

Agrougrou

Agrougrou

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#2 : He’s got the look
Un classique défilé pour présenter son costume, j’étais un espèce de croisement entre un scout, un enfant de chœur, coiffure à la sortie des jeunesses hitlériennes, et un bras en écharpe parce que j’ai une tendinite. Le tout avec une grosse croix autour du cou, et une bible massive faite maison, qui renfermait en vrai un traité sur les serial-killers.

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#3 X Factor
Il s’agissait de faire preuve d’un talent particulier. Histoire d’être sûr que personne n’ait le même, j’ai choisi de mettre mon poing dans ma bouche de manière violente, ça a marché parce que les gens étaient plutôt impressionnés, et plusieurs m’ont, après coup, demandé comment j’avais découvert ma particularité.
Les autres ont dans le désordre, fait une gorge profonde un peu faiblarde (no offense), une choré improbable, un très classieux tourné de nippies (les cache-tétons), une imitation très convaincante de Renaud, et un cul sec de pichet de bière.

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#4 & #5 Sixième Sens
Deux épreuves consécutives, avec dégustation de trois bières à reconnaître, où j’ai un peu galéré parce qu’avec un seul bras c’était délicat d’écrire et de boire en même temps, donc j’ai mis un peu au pif, mais apparemment c’était à peu près ça. Y’en a qu’une dont j’étais sûr, et les deux autres c’était une chance sur deux quoi.
L’autre c’était un blind-test de plusieurs morceaux. J’ai mis en gras ceux que j’ai reconnu.
Madonna – Vogue
Le générique de Monk
Genesis – Jesus He Knows Me
une chanson extraite des 12 Apôtres – Pascal Obispo
Tori Amos – Crucify
Je crois qu’il y avait un 6e mais j’ai déjà oublié.

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#6 Profession de Foi
Il fallait expliquer pourquoi l’on méritait de gagner, de façon préparée ou improvisée, au choix du candidat. Sur les six candidats, seuls moi et Benjo (terminant premier dauphin) avions préparé à l’avance. Je vous pose ci dessous un extrait de mon discours, où j’ai préféré jouer la sincérité que la lettre de motivation amusante. Même si j’ai inséré un peu d’humour quand même, faut pas déconner. (j’ai changé les prénoms par contre pour préserver l’anonymat de mes potes)

>>> Je tenais à concourir ce soir pour une raison très précise. Certes je n’ai pas le charisme de Michel, ou l’esthétique de Bobby, ou encore l’audace de Kevin. Je ne chante pas Let it Go comme Chantal, et je ne gagnerais probablement pas ce soir la ceinture tant convoitée, même si je soupçonne que la plupart des participants espèrent gagner le mois de consos.
Ce n’est même pas de la fausse humilité, mais une simple conscience d’une certaine réalité.
Mais je tenais simplement à dire, pour rester simple, que le seul fait de pouvoir concourir ce soir, est une sorte de victoire personnelle sur la vie, et que ça me tenait du coup beaucoup à cœur.
[Mots de remerciements à l’équipe, le bar, les copains du dimanche.]

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I WON, BICHES.

Enfin, et seulement enfin, c’était l’annonce des résultats. A mesure que mon prénom ne tombait pas, ma panique montait. Et quand le premier dauphin a été annoncé, que ce n’était pas moi, ce qui signifiait que j’avais gagné, ma joie a explosé. Et j’ai pleuré comme un enfant. Et mon frère Leo m’a pris dans ses bras et m’a dit combien il me félicitait et combien je lui avais apporté encore plus d’honneur qu’il n’espérait.
Beaucoup m’ont exprimé combien ils étaient fiers de moi. Notamment Marianne, moitié du binôme en charge de l’orga, qui était contente que j’ai gagné, parce que deux ans en arrière quand j’ai commencé à venir au karaoké, j’étais une boule d’angoisse et de timidité, et jamais je n’aurais osé ne serait-ce que me présenter à un concours de « beauté ».

Parce que c’est ça qui m’a fait irradier de joie, même si pour beaucoup c’est juste une animation de bar rigolote ou un peu beauf, pour moi c’est une consécration. C’est hyper symbolique d’avoir gagné un concours dans la catégorie homme. D’être publiquement reconnu en tant que tel, sans que personne ne trouve à y redire.

Donc voilà. C’était ma minute gloire personnelle, désolé pour le pavé de 20 km hyper ego-centré. Merci de votre attention !

 

L’année des fraises (Rewind 2016)

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OUAIS C'EST ÇA, CASSE TOI !

OUAIS C’EST ÇA, CASSE TOI !

Je peux affirmer sans trop me planter, que j’ai survécu à 2016. Il y a des décès tous les ans, mais cette année tout particulièrement, m’a touché personnellement. Outre David Bowie, Alan Rickman, Pete Burns, Georges Michael et Carrie Fisher, pour n’en citer que quelques uns, 2016 a aussi apporté son lot de deuil du côté de ma vie privée. Je l’écrivais début février, mais j’ai perdu quelqu’un que j’aimais beaucoup, et aujourd’hui encore, j’en ai les larmes qui me montent aux yeux.

Mais aujourd’hui, j’ai pris la décision de relater ce qui m’est arrivé de positif cette année, parce que s’apitoyer sur son sort ne fait pas avancer la marchandise avant les bœufs, un truc du genre.

Cet article abordera deux plans : le point de vue du blog, et l’approche plus personnelle de cette cuvée 2016. Et je dois vous avouer que j’ai particulièrement séché pour trouver des trucs vraiment intéressants à dire. Notamment parce que j’ai une mauvaise mémoire, mais aussi et surtout parce que y’a des trucs dont tout le monde s’en fout un peu quand même.
Mais trêve de spoilers, attaquons.

En cette année des fraises, le blog a pas mal bougé, il a d’abord changé de nom en début d’année, une subtile lettre de changée qui a fait toute la différence. Sur la page FB dédiée au blog, pour suivre toutes mes aventures en temps réel (abonne toi !), on a gagné 39 followers, en passant de 115 à 154. Le pic a été de 156, mais des gens ont du partir en route. Chaque nouvel abonné se fait équilibrer par un départ, c’est un truc dont j’ai du mal à saisir le fonctionnement, mais soit.
Un total de 59 articles ont été rédigés, et donc 60 si on prends en compte celui que vous êtes en train de lire, soit un ratio d’un peu plus d’un article par semaine, et ce score m’enjoie assez.

En fin d’année également, un de mes articles a été relayé sur Simonae, et le lien a été retweeté par Ginger Force, une youtubeuse que j’affectionne tout spécialement. D’autant que ce fut un des articles de 2016 qui m’a demandé le plus de boulot, donc j’étais content.
Pour finir sur cette première partie, le total des visites du blog sur l’année complète a été d’environ 9600. Et c’est franchement cool.

D’un point de vue purement personnel, il m’est arrivé un paquet de trucs cette année. Bon, outre ma transition dont je vous bassine à longueur d’articles, je tiens quand même à souligner que je suis passé du coming out intégral, famille au complet incluse; à la quiétude et la tranquillité du confortable cispassing. Parce que après tout, mon intimité ne regarde que moi, tout ce qui importe pour les autres, c’est de ne pas remettre en doute mon identité de garçon.

Cette année j’ai aussi fait un peu de modification corporelle, ma sœur [de sang] (dont c’est le métier hein) m’a fait mon septum (l’anneau au milieu du pif), et j’ai fait encrer ma peau par deux fois par mon frère [de choix]. J’ai aussi pas mal bougé physiquement, en changeant ma monture de lunettes, en optant pour du bois, parce que c’est vachement confortable mine de rien. J’ai également changé de cheveux un paquet de fois, entre les coupes et les parties en couleurs. Par contre je vous rassure, ma garde-robes n’a pas perdu de sa coolitude, et cette année encore, j’ai agrandi ma collection de tee-shirts de l’awesome.
Et si j’ai dû arrêter d’aller à la salle de sport en milieu d’année, j’ai pu récupérer un vélo pour pédaler furieusement dehors, et j’ai même réussi à perdre plusieurs kilos malgré l’arrêt de la salle.

Enfin, j’ai achevé de me hipsteriser un peu plus, car après l’achat de mon appareil polaroïd en 2015, cette année j’ai acquis ma petite collection de vinyles, avec de quoi les lire bien évidemment.
Ah et maintenant, je suis en follow mutuel avec Dame Fanny sur Twitter, et c’est un peu la classe quand même.

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Pour conclure, ce fut une année difficile, riche en rebondissement, mais emplie d’amour au sein de mon cercle d’amis, très proche comme occasionnel.
Je me suis affirmé, j’ai gagné en swag et je suis toujours bien entouré.

Pour terminer pour de vrai, voici mes vœux pour 2017 :
Je vous souhaite à tou.te.s une excellente année, qu’elle vous apporte autant de joie que de niaiserie, de l’amour par brouettes pleines et des briques de bonheur.
Suffisamment pour subsister confortablement, et toujours plus de meilleures nouvelles !
Amour sur vos têtes. ♥

 

I won’t think twice

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Joyeux Automne.

Joyeux Automne.

Ces derniers temps, je suis partagé. Partagé entre ma raison et mes envies.
Pour prendre un exemple concret, j’ai envie d’être tout tatoué. Parce que d’un côté, je me dis que je n’ai pas tant de temps à vivre que ça, et ce n’est pas comme si j’avais un travail bientôt.
Mais d’un autre côté, je sais que je ne vais pas claquer demain dès l’aube, et que peut-être qu’un jour je me déciderais à faire un truc de ma vie. Un truc qui paie les factures j’entends. Je ne pourrais pas décemment rester aux crochets de la société ad vitam æternam.

Au final, tout n’est qu’une question de patience. J’ai seulement 25 ans, et les tatouages, j’aurais bien le temps d’en faire au cours de ma vie.

C’est un peu comme pour ma transition, j’en ai encore pour plusieurs longues années avant d’obtenir le résultat que je veux. Hier je fêtais mon 5e mois de traitement, et je suis physiquement plus avancé que d’autres garçons dans le même cas de figure. Mais je ne suis pas les autres. Moi je n’ai aucune patience justement, et je voudrais déjà tout plein de poils sur la face, alors qu’en réalité je n’en ai pour le moment pas tant que ça. Même si je sais que pour 5 mois de vitamine T, j’en ai déjà beaucoup. Mais je suis avide, moi. Je ne trouve pas ça suffisant.

En revanche, je ne suis pas raisonnable, je voudrais les avantages sans les inconvénients. Parce que si la pilosité fait surface, les à-cotés de la puberté aussi. Et mon acné est douloureuse. Pas seulement psychologiquement. Je n’avais pas souvenir que les boutons faisaient aussi mal quand j’étais ado. Mais là encore, je ne me souviens que de ce qui m’arrange je suppose. En toute sincérité je ne m’en rappelle pas vraiment. J’étais trop occupé à  devoir gérer avec ma vie, alors en chantier. La dépression, le harcèlement, tout ça tout ça. Je n’ai pas spécialement pris de notes sur le degré de souffrance des trois boutons que j’avais sur la gueule.

Mais bref. Je ne sais pas où va cet article aujourd’hui, nul part je suppose. Juste un petit défouloir verbal, parce que j’en avais besoin.
Merci de votre attention, et à très vite pour des articles de meilleure qualité.

I might have said too much

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Closeup a blue toned calendar page with drawing-pins

Ça peut paraître bête, mais je suis une grosse quichasse en mathématiques.
Du coup quand j’ai réalisé que 2012 c’était y’a déjà 4 ans, ça m’a frappé en pleine tête avec une brique.
Parce que ça veut dire que ça fait 4 ans que je vis mon célibat. Enfin, ça fera très exactement 4 ans début août, mais qui fête ce genre d’anniversaires sincèrement…?

Le problème aussi, c’est les circonstances, parce qu’en sortant de cette relation alors tenue secrète, je me suis effondré, j’ai pas supporté, ça m’a rendu fou, et j’ai fini en clinique psychiatrique pour quelques mois.
Le problème c’est que j’ai réellement mis des années à me sortir cette nana du crâne. Et puis quand quelqu’un qui m’était proche a commencé à sortir avec elle, ça a un peu accéléré les choses.

Forcément je l’ai vécu comme une trahison, j’ai donné dans le drama dans mon coin, vu que personne ne comprenait la situation, bref, c’était un joyeux bordel, dont je vous épargne les détails.

Mais du coup, en l’espace de 4 ans, il s’est passé pas mal de choses en fait. J’ai bien dû changer de coloc 3 ou 4 fois. J’ai même déménagé. J’ai changé de PC. J’ai été opéré en urgence parce que j’ai manqué de crever. J’ai aussi réalisé qui j’étais, et j’ai rencontré tout un tas de gens très très chouettes.

Mais en dehors de moi, j’ai surtout vu ma longue liste de personnes à qui je tiens, enchaîner les relations. Avoir des enfants pour certains. Se marier pour d’autres. Partir pour l’un.
Bref, faire le cycle complet de la vie en l’espace de pas mal de temps au final.

Et je me vois assis à faire une pause sur le bas-côté, à vous regarder passer dans vos voitures à deux, trois, quatre places, parfois même cinq, soyons fous. Alors que je dois y aller à pieds. Faire mon chemin, paver ma vie dans mon coin.

Cet article ne se veut pas mélodramatique, c’est simplement un constat que j’avais besoin de poser quelque part.
Et je sais que la vie vaut la peine d’être vécue, qu’il ne faut pas désespérer, que tout vient à point à qui sait attendre et que de toute façon ça arrive quand on s’y attends le moins.
Moi je crois assez moyennement à cette ribambelle de phrases toutes faites qui se contredisent parfois, mais bon, faut bien s’accrocher à quelque chose. Et je ne vous en veux pas de me les sortir à peu près 15 fois par mois.

Je sais aussi que j’ai d’abord pas mal de choses à régler, mais que bon, ça pourrait aussi aider, je suppose. Mais je suppose aussi que de toute façon je n’ai pas le choix, et que je continuerais d’avancer quand bien même.

Mais je crois surtout que l’amour te tombe pas dessus quand c’est le bon moment, ça tombe un peu n’importe comment, n’importe quand. Ca fait autant de bien que de mal, et c’est une sacrée aventure quand t’as la chance de la vivre.

Allez, bisou.