Everything Sucks !

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Ces dernières années, la tendance était aux 80s, entre les comebacks à la pelle ou encore le succès de Stranger Things et de la rétrowave, je me demandais à quel moment la tendance allait basculer vers la décennie d’après.
Cela fait un moment que l’on oscille entre 80s et 90s, mais j’attendais au tournant une série de qualité qui, au même titre que Stranger Things, n’utilise sa période temporelle que comme un pretexte, un décor, et non pas comme un seul argument unique pour balancer gratuitement des références sans les justifier une seule seconde.

Et puis aujourd’hui, j’ai décidé de m’attaquer à la série Everything Sucks!, sortie le 16 février 2018 sur Netflix. Je pensais naïvement que j’allais m’égrainer les épisodes sur plusieurs jours, mais au final j’ai regardé l’intégrale de la première saison dans la nuit. Ceci dit, les épisodes faisant chacun environ 20 minutes, ça se dévore hyper vite. Pour une totalité de 10 épisodes pour le moment, comptez 5h de votre temps.

Mais avant toute chose, de quoi ça parle? Sans trop vous spoiler quoi que ce soit, même pas les découvertes de l’épisode 1. Donc :
Dans la ville de Boring, dans l’Oregon, Luke vient d’entrer au lycée, et lui et ses deux amis, McQuaid, le nerd bien trop sérieux, ainsi que Tyler, le gamin un peu en retard sur les blagues, décident de rejoindre le club audiovisuel.
Dans ce club ils feront la connaissance de Kate, une deuxième année un peu awkward, mais suffisamment jolie pour taper dans l’oeil de Luke. Celui ci va donc tenter de conquérir son cœur, alors que Kate a clairement d’autres chats à fouetter.

Voilà, ça c’est le point de départ. A partir de là, certains éléments vont clairement partir en vrille, tandis que d’autres vont au contraire se bonifier sur la durée.

J’ai lu ailleurs qu’on a reproché à la série de ne pas être suffisamment drôle. Je pense que l’erreur vient du fait de la classer dans la catégorie comédie dès le départ. En vérité, il y a pas mal de moments franchement marrants, mais c’est bien plus du comique de situation que des punchlines cinglantes.

Tous les personnages ne sont pas aussi attachants les uns que les autres, mais si on en déteste d’emblée certains ou certaines, la série prends un malin plaisir à retourner les vestes de presque tout le monde, et à inverser la tendance en un rien de temps.
Parce que c’est surtout ça la donnée importante : le temps. Comme je le dis plus haut, chaque épisode faisant 20 minutes, tout va très vite. Et même si il y a un fil rouge tout au long de cette première saison, avec une multitude de petites sous-intrigues, il est assez difficile de mesurer le passage du temps. Je n’ai pas vraiment compris si tout s’enchaînait sur deux semaines, ou si plusieurs mois s’étaient écoulés entre le début et la fin, aucune indication n’est affichée. Ou alors j’ai raté un élément, c’est possible aussi.

Côté ambiance, nous sommes en 96, et l’esthétique d’époque est assez bien respectée, même si certaines références sont assez « grossières » dans leur placement, d’autres sont au contraire plus subtiles. Pour exemple, il y a un moment où une des protagonistes sort son tamagotchi pour s’en occuper parce que celui ci sonne, mais à aucun moment elle ne dit « oula mon tamagotchi sonne », juste elle bidouille les boutons du machin en continuant sa phrase. Chacun y trouvera ou non son bonheur, selon son degré de réceptivité à toutes ces références là.
D’ailleurs, la bande son, avec du très bon comme du assez mauvais (volontaire), est plutôt bien intégrée à la série. J’irais même jusqu’à dire que la musique a un rôle à part entière dans Everything Sucks.

Du reste, les acteur·ice·s sont à peu près tou·te·s convainquant·e·s, avec une mention spéciale pour le premier rôle féminin, à savoir Kate, dont l’actrice a une façon de dire « Thanks » qui m’a beaucoup marqué. Elle a également quelques détails dans sa diction qui m’ont bien plus à l’oreille. Le personnage est hyper attachant, avec ce petit côté touchant sur les bords, et l’actrice est hyper chou, ce qui est un plus. Ça m’a même étonné d’apprendre qu’elle n’a que 14 ans, parce qu’elle fait plus mature que ça.

Enfin, cette série, qui aborde pourtant des thèmes pas forcément faciles comme la monoparentalité, la sexualité ou encore le harcèlement, le fait avec une certaine légèreté. On ne tombe pas dans le pathos pendant 3 épisodes, les choses sont parfois moches, c’est un fait, mais on ne s’éternise pas dessus pendant 8 ans.
Je pense que le format de la série ne se prête juste absolument pas aux longueurs, dans tous les cas, et ça fait souvent du bien, mais on regrette parfois également de ne pas s’attarder sur certains éléments. L’ensemble peut sembler assez expédié sur certains plans.

Pour conclure, j’ai trouvé cette série agréable, légère et plutôt rafraîchissante. J’avoue avoir esquivé un détail relativement important de mon compte rendu, mais je laisse la surprise à celleux qui regarderont Everything Sucks.
Au final, comme j’ai grandi dans les années 90, il est fort possible que l’aspect nostalgie soit bien plus présent chez moi, et que de ce fait, j’ai laissé passer bien plus de choses que Jean-Michel-Critique.
Mais moi j’ai aimé fort.

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Critères de Sélection #5

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Le 11 septembre 2016, je vous annonçais que ce serait le dernier CdS avant un long moment, et effectivement. 520 jours pour être exact, se sont écoulés depuis, et c’est en grande partie la faute à la grosse mise à jour de l’affichage des statistiques sous WP. Les mots-clés sont moins bien collectés, j’en sais rien, mais j’ai beaucoup moins de résultats, et donc de potentiels trucs rigolus sur la page dédiée à la question.

Bref, pour ceux qui ne me suivent pas depuis assez longtemps pour connaître le concept de cette série d’articles, vous trouverez en gras le mot clé de recherche goole/yahoort/bing, qui ont, je ne sais trop comment, fini par rediriger vers mon humble blog. En face de chaque mot clé foireux, une petite blague en réponse, élaborée par mes soins.

Joyeuse lecture à tou·te·s !

wallpaper sfondi trailer > Attends tu veux changer de fond d’écran ou regarder la bande annonce. FAIS UN CHOIX BOBBY.

barbie lesbian > Ça m’évoque une blague qui n’a rien à voir. Tu savais que photoshop ça existe en vrai? Ça s’appelle la chirurgie esthetique, et les deux coûtent à peu près aussi cher.

fille de 17ans nue > Pétard, mais attends juste quelques mois et au moins c’est légal quoi.

quettes velour gay > Encore un PNJ cliché. C’est pas parce qu’il veut du velours qu’il est forcément homo !

assiete nouriture deguelasse – vomi assiette > Ça apparaissait à la suite dans les stats, ça m’a fait rire. Y’a ptêt corrélation.

dakota fanning lolita malgré moi > Get in loser, on va réviser nos classiques. Elle n’est pas au générique.

justin bieber critiqué dans magazine > Le vrai challenge c’est de trouver où il n’a PAS été critiqué en fait.

pute 11 ans > Y’a plus d’jeunesse ma p’tite dame.

petit coeur en mousse > Je pensais naïvement qu’un.e autre utilisait l’expression, mais c’etait ptet une recherche littérale en fin de compte. Snuf.

lesbiennes banane > Après tout, elles ont aussi besoin de leur apport en potassium !

statistique des actrices de la zoophilie > Je ne sais pas, mais j’espère qu’elles sont grassement payés pour le boulot.

oeil de tigre animal > Foutus hippies fans de cailloux, plus moyen d’avoir des références pour dessiner !

serie lesbienne moyen age > Je sais pas mais J’ACHÈTE !

comtesse bathory figurine > J’ACHÈTE AUSSI.

catwoman est elle mechante > De base non. Mais les boules de poil dans la gorge ça rend agressif.

Molko queer theorie > Si c’est Brian, c’est un oui.

bottes gros mollets > Sache que le tarif du cordonnier équivaut au prix des grolles.

fanfiction yaoi violence conjugale > Personne n’est à l’abri, pour vous faire aider, composez le 39 19.

nue lolilol > Elle n’a pas de vêtements, c’est HILARANT. La troisième va vous étonner !

katie mcgrath taille > 1m68. J’ai ptêt pas de blague à chaque fois, mais j’ai au moins la réponse !

quels sont les témoins de jéhovah qui se masturbe images > Ceux qui s’en sont fait jeter, question suivante?

petites putes > Définissez « petites »? Si on considère que 1m60 c’est pas grand pour une travailleuse du sexe, alors j’ai éventuellement quelques contacts.

lesbienne qui se tate les sein > C’est parce qu’elle hésite sur quelle méthode pour démonter le patriarcat.

image du femme nue de écran 1366 *768 > Si j’ai pas la solution, j’ai au moins la même résolution.

defauts des temoins de jehovah > Ils tiennent absolument à vérifier si tu dors le weekend.

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C’est tout pour cette fois, à bientâl !

Doing what you like

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Au fil des années, j’ai énormément évolué, sur tout un tas de points, et notamment celui de la parentalité.
Pendant très longtemps, notamment la période adolescente, j’étais furieusement contre l’idée d’avoir des enfants, je trouvais ça nul et inutile. J’estimais que le concept d’imposer la vie à quelqu’un, pour qu’il ou elle subisse ce que j’ai pu endurer durant toute mon enfance, était un concept cruel. Et puis j’ai grandi. Et je me suis rendu compte que je devais réaligner mes idées et mes éventuelles attentes sur cette question.

Il est toujours hors de question que j’enfante de mon corps. Et j’ai fait mon deuil, il y a bien longtemps déjà, concernant le fait d’avoir biologiquement une descendance.
Pour la parenthèse, c’est un point pivot dans la transition, d’admettre que peut-être, il n’y aura pas d’enfant de son propre sang. Même si la technologie a fait des progrès et tout ça, l’accès à la grossesse peut être excessivement complexe pour les personnes trans. Et il faut savoir mettre un tas de choses de côté durant le processus. C’est la fin de la parenthèse, je retourne vous raconter ma vie.

Mon âge avançant, et ma vie évoluant, je prends conscience, lentement mais sûrement, que l’idée d’avoir un enfant n’est pas si repoussante que cela. Juste, pas dans le sens le plus « biologique » du terme.
Je deviens peu à peu adulte, et j’essaye d’être en paix avec ça. Parce que c’est terrifiant, et inattendu. L’horloge et le calendrier commencent à me rattraper, en quelque sorte. Et les envies qui vont avec.

Je souffre depuis plusieurs années de mon célibat, comme la plupart de mes proches le savent, mais ma douleur trouve ses origines différemment avec le temps qui s’écoule. D’abord c’etait l’absence de tendresse, puis l’absence de contact physique, comme j’en ai parlé il y a quelques semaines, mais à présent, c’est la frustration de ne pouvoir évoluer comme je le souhaiterais.

J’ai furieusement envie, et peut-être aussi besoin, de me poser et d’avoir des projets de vie, sur le long terme. J’en ai ras le bol de me planquer derrière le fait que mon espérance de vie est plus courte que la majorité, parce que ça ne devrait pas m’arrêter d’avoir des ambitions. Certes je ne passerais peut-être pas la retraite, mais ma fin n’est pas non plus pour demain matin. Et j’ai cette attente presque viscérale que de pouvoir encadrer mon quotidien avec un genre de routine familiale.

Bien évidemment, je ne vais pas me précipiter vers la première personne un peu jolie venue, et lui dire de me faire des enfants, ce n’est ni le but ni la démarche souhaitée. Simplement, je souhaite de tout cœur trouver mon âme sœur, s’aimer pour la vie, et construire un avenir ensembles. Que ce soit via l’adoption, être beau-parent, ou grâce à l’aide de la médecine, les possibilités sont multiples.

J’ai cette envie, possiblement égoïste, d’inculquer à un être vivant des principes, une éducation, des valeurs et une certaine force de caractère. Et je me berce peut-être très naïvement, de l’illusion que je suis capable de faire des grandes choses pour cet·te enfant, l’accompagner sur tout un tas de plans, la·e soutenir, lui procurer mon amour de parent.

J’espère sincèrement que cette envie s’accomplira, en temps et en heure. Mais je me sens enfin prêt à être un adulte responsable. Ne reste qu’à la vie de m’apporter les bonnes opportunités sur mon chemin, pour réaliser ces souhaits.

Je vous embrasse.

Guide de Jeu : Life is Strange

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Vous qui cherchez la solution à une énigme, vous qui avez perdu votre chemin, vous qui cherchez à percer tous les secrets de la saga Life is Strange : sachez que vous frappez à la mauvaise porte.
Cet article n’a aucunement pour but de dévoiler toutes les facettes de cette licence, mais simplement de vous aider à débuter. Parce qu’à chaque personne que j’ai poussé à découvrir LiS, j’ai accompagné mon discours d’un certain nombre de petits conseils de démarrage, et à force m’est venue l’idée de tous les énumérer en un seul et même lieu. Quoi de mieux donc, que mon blog afin de poser ça quelque part, une bonne fois pour toutes.

Life is Sloth

Contrairement à ce que le jeu essaie de vous faire croire, à vous rappeler fréquemment qu’il faut arrêter de niaiser et se remettre en route vers la suite, vous avez le temps.
Il n’y a que quelques moments assez spécifiques où vous devez vous dépêcher réellement, et ceux ci vous laissent encore le droit à l’erreur. Donc vous saurez rapidement quand prendre le temps d’explorer, et quand laisser parler votre instinct pour réagir rapidement.
Pour ne pas regretter par la suite d’avoir loupé un élément important, je vous conseille fortement d’y aller dans le calme, de bien tout visiter, parler à tout le monde, de parfois errer sans autre but précis que de simplement apprécier les petits éléments disposés ça et là, pour ceux qui ont la curiosité de les trouver.
Pour chaque choix majeur, libre à vous de peser le pour et le contre pendant un quart d’heure, ou de choisir en 8 secondes. Je n’ai pas mon mot à dire là dessus, chacun sa sauvegarde.

Life is Snack

Déjà, prévoyez le coup au niveau de votre emploi du temps, chaque épisode nécessitant entre 2h30 et 4h (selon votre façon de jouer) pour être plié. Je vous conseille aussi de prévoir des petits biscuits et autre bricole mangeable pendant votre partie. Pensez également aux mouchoirs, certains passages étant particulièrement intenses sur toute la palette d’émotions possibles.
N’hésitez pas non plus à faire des petites pauses. Cependant, je déconseille fortement de quitter la partie au beau milieu d’un épisode, au risque de perdre une part de l’investissement émotionnel dans le jeu.

Life is Sleep

Laissez refroidir votre cérébral et votre petit cœur en mousse entre chaque épisode. Idéalement, laissez passer quelques jours entre chaque épisode pour les encaisser avec plus de facilité, et prendre le temps de traiter toutes les informations et émotions que vous avez ingérées.
Après, rien ne vous empêche de faire un marathon sur une journée et demie. Mais personnellement je ne m’y risquerais pas, de peur de ne pas m’en relever intact : trop d’émotions d’un coup. LiS restant tout spécialement intense, selon votre degré de sensibilité, il demeure judicieux de prendre ce jeu sur la durée, et non pas chercher à le finir à tout prix le plus vite possible, au risque d’y perdre en qualité d’immersion et d’émotion.

Life is Short

Une chose est sûre : l’essentiel c’est de vous amuser, faites vos choix, assumez vos actes. Chacun vit sa partie comme iel le souhaite et comme iel y parvient. Prenez le temps de débriefer avec vos amis qui y ont joué aussi, sans spoiler les autres et avec le respect mutuel habituel.

C’est tout. Belle aventure !

I can barely breathe

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En grandissant éduqué comme une fille, et me découvrant amoureux de celles ci, j’ai pu constater que certains privilèges m’étaient refusés, notamment celui du contact physique.

Vous l’aurez peut-être remarqué, mais les filles entre elles sont plus facilement encouragées au contact que les garçons entre eux. Elles sont plus souvent vues bras dessus bras dessous que leurs camarades garçons, pour qui bien au contraire, le moindre contact les fait apparaître comme « faibles ».
A une exception près, puisque lorsqu’une fille est désignée comme lesbienne, qu’elle le soit effectivement ou non, elle devient pestiférée. Personne ne doit la toucher ni se laisser approcher par elle.

A l’adolescence, dans des contextes comme les vestiaires non-mixtes mais néanmoins communs, une fille taxée d’homosexualité a tout intérêt à regarder le sol, se dépêcher de se changer pour ne surtout pas risquer le moindre échange de regards avec une de ses homologues, sous peine de se faire embusquer dans un bizutage verbal ou physiquement violent, dans un élan de franche camaraderie.

Les garçons de leur côté, se limitent dans leurs démonstrations d’affection à de simples tapes sur l’épaule ou dans le dos, suffisamment délicatement pour s’envoyer mutuellement à l’hôpital.

Si j’ai grandi plutôt dans le premier exemple que dans le second, le résultat est le même : je n’ai absolument pas l’habitude d’être touché. J’ai d’ailleurs pour théorie que si les garçons sont « naturellement » aussi prompts à la violence, c’est pour compenser ce besoin viscéral d’être touché. Ne pouvant assouvir ce besoin naturel de contact, ils se mettent des patates dans le visage, puisque c’est le seul moyen d’obtenir un précieux effleurement de peau à peau. C’est en les observant « jouer à la bagarre » que j’ai développé cette théorie qui n’est, finalement, pas si absurde.

De ce fait, et toujours selon ma théorie personnelle, cela va ranger les garçons dans deux catégories :
– Ceux qui n’ont pas peur de prendre une salade de phalanges en pleine face, et seront vus comme les forts, à qui on pardonne cette violence, comme une forme malsaine de virilité exacerbée.
– Ceux qui préfèrent la passivité à la confrontation, comme une forme de timidité incontrôlable. On leur marche volontiers sur la gueule en les traitant de fragiles.

En vrai il existe une troisième catégorie : ceux qui ne sont pas concernés par mes conneries, et qui ont tout l’apport physique et émotionnel dont ils ont besoin.

Mais là où je voulais en venir, à l’origine en tout cas, c’est que chaque fois qu’on me fait un câlin, j’ai envie de pleurer.
Les larmes me montent aux yeux parce que j’ai été dépouillé de ce privilège qu’est le contact physique depuis bien trop longtemps. Entre la mise à l’écart parce que j’apparaissais comme « lesbienne », puis le culte de la virilité maximale de l’homme fort absolument intouchable, à tous les sens du terme, dans lequel j’ai été balancé suite à ma transition, j’ai vite perdu pied au réel, au sens du toucher.

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Je ne sais plus trop bien comment je voulais conclure. J’ai extirpé tellement de mes tripes dans ces lignes, que je me suis un peu aveuglé en route.
Mais du coup, je ne suis pas certain qu’il y ait une chute meilleure qu’une autre. Une idée en a amené une autre, le tout s’enchaînant avec plus ou moins de logique en multiples embranchements de possibles. Comme un genre de brouillon d’émotions et de sentiments pas nécessairement contradictoires, laissant transparaître mes réflexions sur la question.
Bref. Aimez-vous les uns les autres. Faites vous des câlins en tout mutuel consentement préalable.
C’est tout pour aujourd’hui !

Sous toutes les coutures #6

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Comme vous le savez peut-être, j’ai pour objectif secret de tester et trouver le meilleur binder possible. Ne pouvant pas passer sur le billard avant quelques années, il est donc dans mon plus grand intérêt que de trouver LA marque qui me correspond.
Jusqu’à présent, je ne jurais que par GC2B, et c’est toujours le cas. Cependant, j’ai eu l’opportunité de tester une nouvelle marque, dont j’avais vu passer le nom il ya environ 8 mois. Ne trouvant quasiment aucun retour en français sur ladite marque, j’ai décidé de m’y coller moi-même. Avant toute chose, je tenais à remercier sincèrement ma mécène personnelle, à savoir Jayne, qui « finance » aujourd’hui cet article. Merci donc, à cette personne incroyable, pour son amour et à sa générosité qui vont bien au delà de son simple porte-monnaie.
Mais bref, je digresse un peu.

La marque dont je vais vous parler aujourd’hui, c’est Shapeshifters.

Il s’agit d’une compagnie américaine, tout comme GC2B, qui a deux particularités :

  • Les tissus utilisés sont tous originaux, créatifs et décalés, ou juste sortant de l’ordinaire. De l’imprimé chiens, aux éclairs en passant par les écailles, il y en a pour tous les goûts.
  • Ils produisent uniquement du sur-mesure.

Mais forcément, la qualité a un coût : 50$, prix unique. Bon, plus les frais de port bien evidemment. Mais peu importe que vous fassiez du XS ou du 5XL, le tarif est le même pour tout le monde.
Je trouve ça hyper honnête parce que, vu qu’ils produisent uniquement à la commande, qu’il y ait 5 cm de plus ou de moins de tissu, ne fait pas une réelle différence tarifaire, alors que la main d’oeuvre est la même quelque soit le binder. Mais bref.

Il faut tout de même compter au minimum 4 semaines pour la confection, et environ 8 jours pour que le paquet traverse les continents. Mon exemplaire a été commandé le 29 Novembre, et je l’ai reçu ce matin.

En ouvrant le paquet, la première chose qui m’a sauté aux yeux, c’est le poids. J’ai l’habitude des GC2B qui sont plutôt légers au final, mais là le machin pèse lourd dans les mains. J’ai ensuite mis un bon 10 minutes à réussir à l’enfiler, notamment parce qu’il est neuf, et aussi parce qu’il est très ajusté, forcément.
Seconde impression lors de l’enfilage, c’est qu’il est vraiment très élastique, mais en même temps se remet immédiatement en place, très près du corps. Egalement, je suis assez étonné de la texture intérieure. Ma marque habituelle a le tissu compressif à même la peau et la partie élastique à l’extérieur et dans le dos. Ici, le shapeshifter semble avoir une triple couche : tissu un peu souple, partie compressive, tissu rigolo léger et élastique.

De ce fait, la qualité de compression est impeccable, de par l’extensibilité du bazar, et de par le fait que ça épouse vraiment ma morphologie. A voir sur la durée si il conservera ses qualités.

En revanche, et j’avais vraiment perdu l’habitude, mais en fin de journée, le corps était bien plus fatigué qu’à l’usuelle. J’ai pour habitude de garder mes binders bien plus largement que 8h d’affilée, et là après à peine 6h j’ai commencé à avoir des difficultés à l’oublier. Certes la compression est impeccable, mais j’avais vraiment zappé à quel point, quand c’est vraiment ajusté, le corps compense beaucoup, et c’est assez fatiguant.

Pour résumer, je suis vraiment très content de posséder un exemplaire de chez Shapeshifters, déjà parce que l’aspect « sur mesure » fait que j’ai bien moins à adapter le binder à mon corps, puisque c’est lui qui est adapté à ma morphologie, et ça fait une sacrée différence.
Et puis le fait qu’il soit aussi joli, même si personne ne le voit à part moi, c’est un peu comme un sous-vêtement sexy : personne ne le sait, mais on se sent canon en le portant. Ici c’est la même chose.

Voilà, c’est tout pour cette fois. Merci à vous pour votre attention, et merci à Jayne pour ce très beau cadeau !

L’année des chaussettes (Rewind 2017)

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La nouvelle année arrive à grands pas, dans quelques heures pour être exact, et à l’heure où ceci sera publié, je serais en train de me préparer pour le réveillon. Mais le 31 décembre, c’est aussi l’occasion de revenir sur l’année qui vient de s’écouler. Si le sentiment est mitigé parce que c’est une période intermédiaire étrange entre Noël et Nouvel An, il devient facile de tirer des conclusions hâtives sur le fait que l’année était nulle. Sauf que c’est faux, l’année n’était pas si pourrie que ça, et je vous propose donc ce soir, un rapide retour arrière sur mon ressenti de ces 365 jours, du point de vue du blog, puis d’un point de vue plus personnel, ou tout ça un peu mélangé, je l’ignore encore. Bref, allons y c’est parti !

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On a commencé 2017 très fort avec les chroniques Queer, si le succès n’était pas nécessairement au rendez vous, ça a été un projet qui m’a tenu fort à cœur et m’a demandé énormément de boulot, et même un an plus tard, je suis encore très satisfait du résultat, ce qui n’est pas rien.

J’ai gagné un concours de Mister d’un bar où j’allais, ce qui a été une consécration de mon identité. Une véritable victoire sur la vie, un grand moment d’émotion.
En 2017 j’ai aussi débuté les démarches de mon changement d’état civil, d’abord le prénom, ensuite le marqueur de genre. Si cette dernière étape n’est pas tout à fait conclue, le plus gros est fait. Je tenais encore une fois à remercier toutes les personnes qui ont participé à cela, par leurs témoignages, leur soutien moral, leur accompagnement, bref, leur amour inconditionnel.

En mars j’ai aussi rédigé un des plus gros articles de toute ma carrière de blogueur, plus de 5h de travail sans compter les pauses, à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes. Même si l’article est relativement passé inaperçu, ça a été un achievement personnel.

J’ai aussi fêté mon premier manniversaire en mai, et j’ai pour la première fois, publié une vidéo où je vous parlais en face-caméra, ce qui n’était pas une mince affaire là non plus. J’ai eu pas mal de retours hyper bienveillants de la part de mes proches, qui m’ont dit ne pas du tout s’attendre à me voir en visuel directement, puisque la première partie de la vidéo était constituée de photos avec ma voix en « narrateur ». Et qu’on sentait que je prenais de l’aisance au fil des mois, mis bout à bout en vidéo. Bref, une chouette expérience.

En 2017, ça a été une des premières fois de ma vie, où je me suis trouvé canon en regardant le miroir en face. J’ai même osé poster une photo de moi torse nu sur mon compte Facebook. Bon, une de dos et une coupée suffisamment haut, mais tout de même ! Et cette année, j’ai réellement commencé à m’assumer, à m’apprécier, à prendre soin de moi véritablement.

2017 c’était aussi deux trois instants vaguement polémiques. J’ai supprimé un article peu de temps après sa sortie, et ai dû apporter des corrections à un autre également quelques jours plus tard. Je ne suis pas infaillible, et mes opinions sont parfois trop influencées par ma colère et mes émotions. Mais j’assume l’entièreté de mes paroles, quitte à m’excuser publiquement par la suite.
Je me suis également beaucoup livré sur les lignes de mon blog cette année, jamais gratuitement, toujours avec pudeur et retenue. J’ai essayé de garder un aspect intimiste sans pour autant tomber dans le pathos, même si c’est un exercice d’équilibriste assez délicat par moments.

Sur un plan plus personnel, cette année j’ai changé de coloc deux fois, pour chaque fois des raisons différentes, et chaque colocataire m’a apporté son lot d’émotions mélangées, chaque expérience a été enrichissante et a apporté son quota de leçons sur la vie.
J’ai également rencontré de personnes formidables, dont certaines que je compte désormais parmi mes ami·e·s et pas juste des potes de soirée.

En 2017, tout n’était pas rose non plus, j’ai eu comme tout le monde, des périodes de doute, victime de mes angoisses, et chaque jour qui défilait n’était pas nécessairement une joie extraordinaire. Mais j’ai relevé le menton, et j’ai continué à avancer. 2018 arrive et je suis toujours en vie, et juste ça, c’est une victoire en soi.

Du coup, pour l’année qui vient, je nous souhaite, à vous comme à moi, du bonheur par brouettes entières, le minimum possible de peines, même s’il en faut pour savoir mieux apprécier les moments de joie. De la niaiserie, de l’amour, de la richesse sous toutes ses formes. Bref, que la fortune vous sourit.

Le bisou de fin d’année !

Procéder à un changement d’Etat Civil #2

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Attendre? ENCORE ??!

Suite à mon article du 12 Octobre 2017, je souhaitais revenir sur la suite de mes démarches administratives. Parce que, personne ne m’avait prévenu, mais une fois que le jugement est tombé, j’étais loin d’avoir terminé avec les papiers. Je vous balance la timeline et je reviendrais ensuite point par point sur chaque date.

Chronologie

28 Novembre : Réception de la lettre du TGI
29 Novembre : Dépôt de requête auprès de la Sécurité Sociale
12 Décembre : Accusé de réception de la Sécu
15 Décembre : Refoulé par la mairie de résidence
18 Décembre : Explications par la mairie de naissance
28 Décembre : Seconde lettre de confirmation du TGI

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La fameuse lettre de réponse du tribunal m’avait été initialement annoncée pour les environs du 16 Novembre, elle n’est arrivé que 12 jours plus tard. Ceux qui ont mon profil personnel sur les réseaux sociaux ont donc pu constater ma rage et mes angoisses pendant ces douze longues journées où je me mangeais les poings à guetter chaque matin le facteur.
Après l’avoir lu non sans tremblements, le verdict tombe : le Tribunal de Grande Instance m’accorde mon changement d’état civil. L’annonce est d’autant plus perturbante que je dispose de 15 jours pour faire appel, si j’en crois ce qui est écrit sous mes yeux. C’est la procédure je suppose. Est jointe à ce courrier, la copie du jugement, avec un déroulé de l’audience et un résumé sur trois pages des tenants et aboutissants de l’affaire, juridiquement tout du moins. Mis à part ça, pas la moindre instruction quant à la suite, je prends donc ce document comme une preuve du jugement, ce qui sera une erreur de ma part, mais j’y reviendrais.

Dès le lendemain, je profite de mon impatience pour passer voir une de mes contacts qui travaille à la Sécu proche de chez moi, elle prends mes documents, fais des photocopies et m’assure qu’elle va s’occuper personnellement de mon dossier, je la remercie, et rentre chez moi.
Et en effet, elle a bien travaillé puisque une grosse quinzaine de jours plus tard, je reçois un mail de mon compte ameli me confirmant qu’une procédure de correction de mon dossier est en cours, et que eux-même ne maîtrisant pas les délais auprès de l’Etat Civil, ils ne garantissent pas de la rapidité de traitement.

Trois jours plus tard, je me rends à ma mairie de résidence, puisque j’y avais pris rendez-vous dès la réception du document du TGI. Non content que les numéros passent dans le désordre, je suis accueilli par la personne la plus désagréable qu’il m’ait été donné de croiser dans une administration. Outre le fait que ma demande soit inhabituelle, il me manque apparemment un document. Mon extrait de naissance ne portant pas la mention de rectification, le document du tribunal n’est apparemment pas une preuve. Je repars donc bredouille et furieux.

Dès le lundi suivant, je me rends donc à ma mairie de naissance, avec pour objectif de leur faire parvenir le document du tribunal. Et comme pour bien distinguer mon expérience entre les deux mairies, le destin est facétieux, je suis accueilli avec gentillesse et patience. J’étais poli, souriant et calme dans les deux situations, mais seule la seconde me rend la pareille.
Là, les deux employées de mairie m’expliquent un certain nombre de choses, que j’aurais aimé savoir bien plus tôt, genre, à la sortie du tribunal par exemple :

Ce n’est pas à moi d’apporter les documents entre les diverses administrations, celles ci communiquent entre elles, mais juste un peu plus lentement.
S’il y a un délai de 15 jours pour que je puisse contester une décision, il faut environ un mois pour que le jugement devienne définitif, et c’est ensuite le TGI qui contacte la mairie de ma ville de naissance, pour leur transmettre les documents de rectification. Ensuite, il y a un délai supplémentaire pour que les documents soient effectivement rectifiés, et là seulement, je pourrais faire une demande d’extrait de naissance pour faire la demande de renouvellement de CNI.
Pour l’anecdote, une des deux employées se souvenait distinctement de moi, puisque c’est elle qui s’était occupée de mon dossier de changement de prénom en mars. Elle m’apprend également, que j’ai été le premier à déposer mon dossier dans cette mairie, suite à la nouvelle loi, ce qui m’amuse beaucoup, et que je trouve assez révélateur de mon côté zéro patience.

Bref, tout ça pour arriver au fait que le 28 Décembre, à quelques jours à peine de 2018, je reçois un document du Tribunal, me confirmant les dires de ces deux employées. Un courrier surprise donc, signé de la main du Procureur de la Republique, me signifiant qu’il a contacté ma mairie de naissance et fait rectifier mon dossier auprès de l’officier d’Etat Civil. Je dois donc encore patienter une quinzaine de jours et après quoi, je pourrais enfin demander mon extrait de naissance donc, et reprendre rendez-vous auprès de ma mairie de résidence.

Voilà. Je pensais cumuler toute la procédure qui va suivre en un seul et même article, mais celui ci est déjà bien long et potentiellement chiant. Du coup je vous ferais un troisième et j’espère dernier billet, concluant mes tribulations avec les administrations.

A plus !

Journal de Vitamine T #1

Par défaut

Bien le bonjour !
Suite à mon appel à témoins qui s’est rapidement transformé en superbe shitstorm des familles, j’ai décidé de rater la date anniversaire afin de laisser un peu le temps à cette thématique de refroidir, et de me baser principalement sur mon vécu, histoire de ne pas exotiser qui que ce soit si ce n’est moi. Malgré le méchant sous entendu comme quoi j’organisais un freak show, moi j’aimais à me dire qu’entre monstres, c’est plus sympa à plusieurs. Mais passons, parce que la médisance a ses propres limites, et que je suis plus mature que ça. Ah et je voulais néanmoins remercier les quelques personnes à avoir bravé la tempête pour m’envoyer leur témoignages, je ne m’en suis pas servi au sens le plus strict du terme, mais c’etait un bon post-it de départ, donc merci à vous !

Aujourd’hui donc, cela fait plus d’un an et demi que je suis sous traitement hormonal de substitution. Une fois les confettis balayés, j’ai décidé de faire un petit retour sur tous les changements physiques que j’ai rencontré jusqu’ici. Des plus évidents comme ceux auxquels on ne pense pas vraiment. Du surprenant, de l’improbable, du classique. Bref, je vais les énoncer de bas en haut, par rapport à mon corps, parce que c’est toujours en partant du bas qu’on remonte mieux la pente ! Et cette allégorie sonnait vachement mieux dans ma tête tiens.

Zone basse

Ça peut paraître con, mais j’ai vraiment vu mes pieds changer. Une des idées les plus répandues, voire attendue, c’est que la testo fait grandir les pieds, parce que les cartilages s’épaississent et tout ça. Alors, faisant moi même un 43 fillette dès le départ, j’avoue que ça m’aurait emmerdé. En revanche, j’avais des pieds patates, plutôt ronds, sans la moindre aspérité, et à présent ils se sont affinés, voire dessinés. Les veines ressortent vachement, la zone avant les orteils est plus anguleuse, bref, je ne remplis presque plus mes rangers dans le sens de la hauteur. Et ça a même altéré ma démarche, puisque j’ai à l’origine les pieds plats, ceux ci s’étant amincis, mon généraliste et moi avons pu nous rendre compte que j’avais tendance à mordre vers l’intérieur du pied, et du coup j’explose mes baskets bien plus vite, ce qui est en soi, assez nul.

Mes mollets se sont également un peu plus dessinés, il faut savoir que c’est une de mes plus grandes fiertés, ils sont massifs, au point que je ne rentre pas dans la plupart des modèles de bottes, ce qui est naze ça par contre. Mais, même sans forcément les contracter, ces deux blocs sur mes jambes commencent à laisser paraître la ligne de séparation entre la fin du mollet et la jambe, ce qui me met particulièrement en joie.

Zone intermédiaire

On parle souvent de la pilosité croissante comme effet principal de la testo, mais là où on ne m’avait pas prévenu, c’est que ça pousse à des endroits aléatoires. C’est à dire que les endroits pré-existants ne se contentent pas d’en fournir plus, mais la pousse des poils démarre également sur des zones vierges initialement. Genre, l’intérieur des cuisses. Franchement celui là je ne m’y attendais pas spécialement, mais ça me fait sourire parce que c’est comme du poil nouveau né, il est super doux tout en étant déjà très épais.
Mais sinon, comme convenu, là où il était déjà présent, il ne fait pas semblant non plus. Mes cicatrices se voient vachement plus du coup, heureusement que je n’en ai pas honte.

Un effet qui en revanche ne m’avait pas été annoncé et qui est un de ceux qui m’a le plus étonné, attention on va parler intimité, mais c’est l’odeur de mon pipi. Je me rappelle distinctement d’un matin réveil où, allant directement faire mon business aux toilettes après m’être jeté du lit, j’ai dû plisser le nez et renifler frénétiquement quelques instants en quête de l’identification de cette odeur inconnue.
Spoiler alert: ça venait de moi, et je ne m’y attendais vraiment pas.
C’est assez amusant de constater que l’odeur corporelle passe réellement par le taux hormonal. Je prends un peu d’avance sur la zone suivante mais, la transpiration aussi change de « tonalité olfactive », plus renforcée, pas forcément plus désagréable, seulement différente, moins légère. C’est difficile à expliquer je dois l’avouer. Mais vous avez l’idée générale. Et je fais partie de ces personnes qui ont un pif tel, que toute odeur est fortement attachée à son origine. Du coup, si les gens ont une odeur rattachée à leur identité, quand la mienne s’est altérée, ça a été un choc, et il m’a fallu un certain temps d’adaptation. J’ai même préféré changer de marque de déodorant, pour réellement faire une distinction, à la fois mentale, et à la fois dans mon nez.

Et je vais m’arrêter là pour la zone intermédiaire, parce que s’il y a eu d’autres changements effectifs, je ne souhaite pas en parler, par préservation de mon intimité réelle. Les forums sont là pour ça si la curiosité vous démange, car les réponses ne seront pas ici aujourd’hui.

Zone du Buste

Là encore, des poils en veux tu en voilà. Même si tu n’en veux d’ailleurs pas, personne ne t’as demandé ton avis. Genre sur les épaules, ou dans le dos. Au secours.
Mais sinon j’attendais de pied ferme les muscles sans rien bosser particulièrement, comme on peut le lire dans un post sur trois sur les groupes FTM, sauf que c’est un gros mensonge. Enfin, en ce qui me concerne particulièrement. J’ai l’impression que mes épaules ont légèrement bougé, mais c’est subtil, j’ai aussi très légèrement perdu en souplesse latérale, j’ai un peu plus de mal à me retourner en étant debout par exemple, mais c’est peut-être juste parce que je suis gros, bref, mystère.

En revanche, j’ai noté que la texture de ma peau a très légèrement bougé. Très légèrement, mais un peu quand même. En fait, suite à une méchante brûlure au soleil de quand j’étais enfant, j’ai gardé un espèce de « grain » de texture sur la peau au niveau des épaules. Et avec la testostérone, j’ai remarqué que mes bras auparavant tout doux, commençaient à doucement reproduire cette texture. J’ignore encore jusqu’à quel point ça devrait se rejoindre, pas trop j’espère, mais cela reste un détail amusant.

Ah j’allais oublier, j’ai pas mal perdu de hanches ! Mais le gras n’a pas disparu, il s’est juste déplacé. Nul. Du coup j’ai moins de formes sur les côtés, mais j’ai gagné de la bedaine, et l’ensemble est descendu très légèrement. Je vous épargne les photos comparatives mais, si mon gras de ventre était avant disséminé tout autour du bassin, maintenant le tout s’est concentré vers l’avant, et donc, vers le bas. Joie. Pas merci Newton.
J’ai également un peu fondu au niveau des fesses, je le sais parce que je flotte dans tous mes pantalons qui auparavant épousaient parfaitement le rond de mon fessier, et maintenant, ce n’est pas plat non plus, mais c’est moins rempli. Et c’est un peu chiant parce que je ne comptais pas en racheter dans l’immédiat. Tant pis, on fera avec.

Zone du Visage

Outre l’évident début des hostilités concernant la barbe et son éventuelle vitesse de pousse plus ou moins inégale, il y a clairement un changement visible sur ma face. Plusieurs en fait. Le premier, et celui qui me génère une quantité non négligeable d’angoisse, c’est la ligne des cheveux qui recule. Je vous ai mis ci-dessous deux photos ayant deux ans et demi d’écart, et des pattes se sont clairement dessinées au fil du temps, entre le front et les tempes (si quelqu’un connait le nom exact?).
J’ai également longtemps trouvé que mon nez avait changé, je trouvais qu’on aurait plus dit une patate écrasée qu’avant. Mais en farfouillant mon dossier photo, il s’avère que la patate qui me sert de pif n’a au contraire pas bougé depuis mes 3 ans. En revanche, j’ai l’impression que l’arête surplombant mes narines s’est un peu plus dessinée. Mais ça vient peut-être juste de la luminosité des photos, ou du fait que je ne me scrutais pas autant sous toutes les coutures avant d’entamer ma transition. De la même façon, j’ai l’impression que ma mâchoire ainsi que mon menton se sont subtilement renforcés, mais là aussi, c’est subtil.

Du reste, mes cheveux poussent toujours beaucoup trop vite, et ma barbe est très capricieuse dans ses décisions de zones de repousse, avec des creux distinctifs se formant au fur et à mesure. Mais tout ça n’est que le début, après tout, un an et demi ce n’est pas beaucoup.

COUCOU FUTURE CALVITIE.

CONCLUSION

La testostérone, et le traitement hormonal en général, ce n’est pas à la carte, bien malheureusement. On ne choisit pas les effets qu’on désire pour esquiver les effets nuls, ou simplement que l’on ne souhaite pas pour soi.
Je ne veux pas faire l’oncle relou et moralisateur à vous dire « les hormones c’est sérieux, faisait pas n’importe quoi ». Mais en vrai, ne prenez pas ça à la légère, y’a de vrais impacts sur le corps, en interne, que je suis incapable de mesurer à mon échelle. Donc gerez pas ça seul·e, mais de préférence avec un médecin, même un généraliste ça fait le job. Juste, pas trop à la sauvage, parce que ça peut mettre votre vie en danger. Mais je ne suis pas là pour juger après tout.

Bref. Prenez bien soin de vous, et à la prochaine !

Celui dont on ne doit pas prononcer le morinom

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Le morinom, est une très astucieuse francisation de ce qu’on appelle plus souvent le « deadname ». C’est un terme désignant le prénom de naissance d’une personne trans. Cet article y sera consacré.

Pour la plupart des personnes trans, devoir entendre son prénom de naissance est d’une violence inouïe, et une grande source de dysphorie et d’angoisse. Si on dit souvent que les mots ont du pouvoir, les prénoms en portent un d’autant plus important. Parce qu’ils sont rarement denués de sens, et c’est notamment pour cela que le choix de son prénom dans un parcours de transition est une étape clé.
Certain·e·s vont mettre du temps, en essayer plusieurs avant de trouver celui qui leur conviendra pour la vie. Tandis que d’autres personnes, vont savoir immédiatement lequel adopter.

Le problème avec le deadname, c’est qu’il peut donner l’impression à certain·e·s d’entre nous, que peu importe qui nous devenons et à quel point nous avons changé, le passé parviendra toujours à nous hanter, relativement intensément. De ce fait, de nombreuses personnes trans s’affairent à plus ou moins grande échelle à faire disparaître toute preuve de cette identité passée, quitte à y perdre des souvenirs irremplaçables, comme des photos par exemple. Parce qu’il s’agit de laisser pour seule trace l’identité réelle, et non pas celle de naissance. On ne peut pas effacer la mémoire des gens, mais on peut leur laisser le souvenir de qui nous sommes ultimement, plutôt que celui de qui nous avons pu être.
C’est une sensation très étrange et très désagréable que d’être confronté à son passé. D’autant plus quand on a eu la sensation de vivre dans un mensonge permanent depuis de longues années.

J’ai passé deux heures de ma nuit à évacuer les vieilles photos de mon ancien compte FB, et c’était vraiment un moment malaisant. Je ne me reconnaissais sur aucune des photos. J’ai certes pas mal changé physiquement au cours des deux dernières années, mais tout de même, j’ai passé bien 10 ans de ma vie avec la même tronche, malgré les aléas de la prise de poids, je me voyais tous les jours devant le miroir.

Et pourtant, c’était un instant dans ma vie vraiment pas agréable, que de trier toutes ces photos. Être ramené violemment en arrière dans ce tourbillon de mal-être, alors que ma vérité est toute autre. Ma vérité, ce n’est pas là d’où je viens, mais ce qui m’a construit pour en arriver jusqu’à aujourd’hui, et si la différence peut sembler subtile, elle est capitale.

Quand on me demande de prononcer mon deadname, ou que je l’entends, ou le lis, j’ai l’impression d’être extirpé violemment de ma bulle présente pour replonger dans les tréfonds de ma souffrance passée.

Je ne dis pas que toutes les personnes trans sont aussi mal à l’aise avec leur prénom de naissance, pour preuve certaines décident de simplement masculiniser ou féminiser celui-ci pour continuer à le porter, ou s’en foutent. Mais ce n’est pas mon cas, et encore une fois, je ne parle qu’en mon nom.
Avant même que je ne comprenne d’où venait la douleur que je portais depuis ma puberté, je détestais mon prénom de naissance. Il ne m’allait pas, il n’était pas horrible, mais ce n’était pas mon identité, même si cela en faisait, en quelque sorte partie.
Celui que je porte aujourd’hui, je l’ai choisi avec soin, il me convient, c’est le mien. C’est lui mon vrai prénom, pas celui qu’on m’a collé quand je suis né.

Pour conclure, la relation d’une personne trans à son prénom de naissance peut être autant paisible que conflictuelle, mais dans le doute, ne lui posez pas la question, histoire de faire preuve d’autant de respect que de décence.