And I’m your dying beauty king

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Quand je me lève, j’ai une sorte de routine matinale, comme beaucoup je pense. Et la mienne inclut de me nettoyer le visage dans l’évier de ma salle de bains. Et aujourd’hui, alors que je ne faisais rien de particulier par rapport à d’habitude, quelque chose m’a sauté aux yeux, alors que j’essuyais l’eau sur mes joues. C’était très étrange, mais je me suis soudainement trouvé beau. Alors que bon, j’étais sans mon binder, à demi nu devant le miroir. Et pourtant, en faisant abstraction de mes pectoraux beaucoup trop développés, je ne sais pas, je me suis trouvé pas si dégueulasse que ça, à bien y regarder.

Je suis certes assez massif, c’est peu de le dire, mais en observant un minimum, je me rends compte que je reste plutôt musclé, si ce n’est que je suis rembourré par dessus, du coup on en a moins conscience immédiatement. Et ces derniers mois, mon corps a pas mal bougé avec le traitement hormonal. J’ai perdu un peu de hanches, ma répartition graisseuse au niveau du ventre s’est étalée autrement, et j’ai mes fesses qui ont fondu.
Je demeure néanmoins toujours gros, mais gros différemment d’avant. C’est difficile à expliquer.

Je sais aussi que, certaines personnes reprochent dans mon dos le fait que je poste 25 selfies par jour sur les réseaux sociaux. Cependant, je tiens à leur signaler un élément assez simple et pourtant si lourd de conséquences : je me réapproprie mon image.

J’ai passé au minimum les 15 dernières années à ne pas me supporter, à me trouver monstrueux, difforme, laid… Mais je ne suis rien de tout ça, heureusement. Cependant, passer plus de dix années à se détester aussi férocement, ça laisse des traces, et je ne mentionne même pas les cicatrices qui ont pu découler de cette haine autocentrée.

En conséquence de quoi, oui, je suis chiant à vous mentionner chaque petit élément qui change et que je suis probablement le seul à observer avec autant d’attention. Mais chacun de ces petits éléments, sont des petits pas de victoire dans la bonne direction, celle où mon image mentale correspondra à mon rendu physique extérieur.

Donc pour répondre à la question sous-jacente, non, je ne compte pas arrêter mes 25 selfies quotidiens, pour la simple et bonne raison que ça me fait du bien, et de nos jours, se sentir bien dans son corps est un luxe sur lequel je ne cracherais pas de sitôt.

Et chaque matin où je me trouverais beau, chaque matin où j’aurais un besoin cruel de reconnaissance sociale, chaque matin où j’aurais la nécessité d’être rassuré, je posterais en conséquence. Parce que ma survie m’apparaît plus pertinente que l’idée d’éventuellement saouler certains individus.
Et je dis ça sans la moindre once d’animosité, bien au contraire.

Voilà. J’ai un peu perdu l’angle où je voulais arriver, mais l’essentiel est là.
Je vous aime fort, tou.te.s, et vous dit à la prochaine !

Walking over glass

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Ce matin, nous allons nous attaquer à une habitude simple et pourtant si problématique : celle qui consiste à dire qu’une personne homophobe refoule forcément sa propre homosexualité.
Même si des fois, c’est effectivement le cas, nous allons ensembles déconstruire cette idée nauséabonde.

Je n’ai que faire des études pseudo-scientifiques établissant que tous les homophobes sont des « tapettes » (à l’aide.), parce que ce n’est pas juste un gros tas de bullshit, mais c’est surtout une idée hyper dangereuse.
D’une part parce que c’est un postulat qui normalise la violence à l’encontre des personnes LGBT+, permettant de laisser faire trop facilement des comportements agressifs et violents. En effet, c’est le fameux argument qui consiste à pardonner une personne parce que celle ci souffre. Et je le rappelle pour la énième fois: un vécu traumatique, un passé difficile, permet éventuellement d’expliquer, mais jamais d’excuser une attitude de sombre sac à merde.

Et à celleux qui me reprochent d’être vulgaire, sachez simplement que je suis très en colère, et que franchement, je me retiens. Ne le prenez pas personnellement, vraiment.

Dire d’un homophobe notoire qu’il est probablement homosexuel, c’est super nocif, parce que ça permet d’ouvrir la porte au fait de se foutre de sa gueule parce que c’est rien d’autre qu’un pauvre homo qui assume pas. Ce n’est pas de l’humour subversif trop drôle ou quoi, c’est justement méchamment malsain. On ne se moque pas d’un homosexuel, avéré comme présumé. Parce qu’il n’y a rien d’insultant au fait d’avoir une sexualité différente de l’étouffante majorité. Il y a plein de raisons et de façons de se moquer d’un être humain parce que c’est un sale déchet, mais sa sexualité ou son genre n’en font pas partie.

Pas de « c’est de l’humour » qui tienne, parce que ce n’est pas drôle, ça ne fait rire personne, sauf peut-être les non-concerné.e.s, et auquel cas, c’est grave. Parce que ça revient à laisser les gens rire de nous, sans nous.
Des personnes valides qui se foutent de la gueule des handicapés, ça craint. Des personnes blanches qui se moquent des racisés, c’est du racisme, et ça craint tout autant.
Donc je ne vois pas pourquoi on laisse passer cette idée que des personnes agressives sont en réalité des opprimées. Non. En aucun cas.

Un point intéressant cependant, que j’emprunte après une demande de relecture à mon coloc, et qui m’inspire ce paragraphe.
Il m’a théorisé que lorsque l’on sort de la norme, les gens cherchent toujours à comprendre pourquoi, en y collant leurs propres arguments. Pour exemple, si un garçon fait du foot, ça ne pose souci à personne. Mais si ce même garçon décidé qu’il veut faire de la danse, immédiatement, ça pose problème. On cherche à comprendre pourquoi il tient absolument à mettre un justaucorps et faire des sauts de chats.
Et peut-être que c’est là le problème. Plutôt que de chercher à admettre que la société entière est homophobe, que l’oppression est systémique, on préfère pointer du doigt une extrême de cet état de fait, à savoir que les homophobes sont virulents; plutôt que de se poser la question un court instant de savoir si l’homophobie ne fait pas juste partie de la norme, et que donc, l’individu lambda l’est également en conséquence.

La « blague » serait donc de présenter l’homophobie comme un désordre mental alors que c’est simplement la suite logique d’un fonctionnement propre à la société elle-même. Mais comme toujours, que ce soit des bons comme des mauvais comportements, si on les « exagère » en sortant de cette constante, on passe alors la barrière de cette normalisation, et on s’attire les foudres du jugement.
J’en conclus donc que si l’homophobe refoule éventuellement sa propre sexualité, ce n’est pas parce qu’il aime spécialement se flageller, mais parce qu’il est lui-même victime d’un environnement qui lui est défavorable. En conséquence, il cherche à compenser en étant encore plus cruel que la société dans laquelle il évolue. Et du coup ce délire d’homophobe refoulé, ce n’est pas amusant, c’est juste tragique.

Arrêtons donc de propager cette idée puante, parce que ce n’est ni amusant, ni pertinent.

Just say my name

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Aujourd’hui , 31 Mars 2017, c’est le TDOV, ou Transgender Day of Visibility, ou Journée de Visibilité Transgenre. Et ça tombe bien parce qu’on ne va pas du tout parler de ça. Parce que je n’ai pas vraiment de coming-out à faire, en revanche, j’ai reçu ce matin la lettre de la mairie qui confirme très officiellement mon changement de prénom.
Du coup la prochaine fois qu’on me demande ce que c’est mon « vrai » prénom (de naissance donc), je pourrais fourrer ma carte d’identité dans des narines.

J’avais donc promis que je le ferais si ma demande était validée, que je détaillerais celle ci.
En soi ce n’est pas super complexe. Il faut juste un paquet de photocopies, et un peu de bonne volonté en face.

Etant né à Bègles, j’ai pu aller voir cette mairie là qui est encore sous la direction de Mr Noël Mamere, un élu écolo. J’ai soupçonné que cela passerait mieux que dans ma ville de résidence, soit Bordeaux, soit Juppé et donc une politique de droite.

C’était néanmoins rigolo puisqu’une fois dans l’office d’Etat Civil, quand j’ai dis à la dame vouloir déposer une demande de changement de prénom, celle ci m’a sorti un formulaire. Formulaire qui était déjà pré-rempli dans mon sac, et à mesure qu’elle m’annonçait les pièces à fournir, je les sortais une par une de mon dossier cartonné.

Voici donc la liste des pièces qui ont permis d’étoffer mon dossier :

(Obligatoires)
– Photocopie de la Carte D’identité actuelle
– Extrait de Naissance de moins de 3 mois
– Justificatif de Domicile récent (facture etc)

(Facultatif)
Des témoignages de plusieurs de mes proches, et notamment ma maman, avec pour chaque témoignage une photocopie de leur pièce d’identité.

Les lettres se basaient toutes sur plus ou moins le même modèle. A quelques détails près. La base c’est d’avoir leurs coordonnées en en-tête. Le classique je soussigné machin chose, demeurant à tel adresse, exerçant la profession de truc; certifie avoir été témoin des faits suivants.
Dans les faits à relater, j’ai insisté dans mes modèles proposés, sur le fait que même si les personnes me connaissaient depuis longtemps, à partir de la date où j’ai fait mon coming out, personne n’utilisait plus mon prénom de naissance, et je me présentais bien sous mon identité actuelle relative à la demande de changement.
Quelques mentions légales certifiant que je ne suis aucunement associé ou affilié à la personne qui témoigne, formule de politesse, date et signature.

Après je laissais libre à chacun.e de reformuler comme iel l’entendait. J’ai apporté un total de 7 témoignages différents, parce que je voulais autant de qualité que de quantité.

J’ai donc été déposer mon dossier complet en date du 15 Mars. La nana m’a rappelé le lendemain pour s’assurer que j’avais bien compris qu’on changeait uniquement le prénom sur les papiers et non pas le marqueur de genre. Elle m’a rassuré en me disant qu’il y avait peu de chances que cela soit refusé, Et ce matin du 31, j’ai reçu la précieuse lettre de la mairie de confirmation du changement.

Maintenant il ne me reste plus qu’à galérer à faire changer tous mes papiers et prévenir toutes les administrations concernées, et même si ça va être un foutoir sans nom, je compte bien en savourer chaque seconde.

Premiers pas dans ME : Andromeda

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Bonjour aux gens qui jouent, et aussi aux gens qui ne jouent pas, mais cet article devrait moins les intéresser. Le titre vous avance déjà un peu sur le contenu de ce billet, parce qu’aujourd’hui je tire des conclusions hâtives sur Mass Effect Andromeda à peine quelques jours après sa sortie en Europe. Je n’ai, au moment d’écrire ceci, que 15h de jeu, et je vais faire en sorte de ne rien divulgâcher, parce que ce n’est pas dans ma ligne éditoriale habituelle, et parce que je déteste les spoilers.

Cet article sera donc une succession d’impressions personnelles classées en trois catégories : Positives, Négatives, et Anecdotiques (ou inclassables); et finira sur une petite conclusion générale. Voilà. Comme c’est un premier ressenti du jeu, l’article devrait être plutôt court (whoopsie).

Heeeeeh j’ai comme un doute soudainement.

Les points chouettes !

▲ La possibilité de sauter grâce au jet-pack
Ça a l’air stupide dit comme ça, mais dans les autres c’était chose impossible, et par moments, c’était rageant de devoir faire tout le tour pour atteindre un endroit inaccessible ou juste un peu haut.

▲ Un système de sauvegardes plus large
Moi qui suis un taré de la sauvegarde, j’ai beaucoup de mal avec les sauvegardes automatiques, et je suis toujours angoissé lorsque je ne peux pas faire de save manuelle. Fort heureusement, le jeu prends mon inquiétude en compte, et non content de me laisser avoir 12 sauvegardes différentes pour un seul perso, il offre aussi plusieurs sauvegardes automatiques, et propose de choisir entre différents points clés de retour en arrière. Au contraire des précédents épisodes où chaque save auto écrasait la précédente, ici, il s’en accumule toujours au moins deux ou trois différentes, et c’est bien pratique.

▲ Les combats
Le système des combats a été entièrement refait. Bon la base est toujours là : viser & shooter, évidemment. Mais grâce au jet-pack et aux différentes façons d’esquiver et de se planquer, les combats deviennent un peu plus dynamiques que juste foncer dans le tas et espérer survivre en martelant la même touche. Egalement, le panel des compétences où maxxer ses points est bien plus ouvert qu’avant, permettant vraiment d’optimiser son personnage comme on préfère le jouer.

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Les points vraiment nazes.

▼ Le scan des planètes
Pour ceux qui ont fait la première trilogie, vous savez que c’est un incontournable de la licence. Répétitif voir aliénant (Mass Effect 2 je hurle ton nom), que vaut la version d’Andromeda ?
Et bien à chaque déplacement entre les planètes, il y a une animation plutôt léchée visuellement. Si au début on se dit que oulala c’est super joli, à la dixième de suite, ça gave déjà. Je suis du genre à optimiser mon temps et faire des sessions uniquement à scanner des systèmes. Et j’ai l’impression de perdre un temps fou avec ces foutues animations chatoyantes, qui au final bouffent un temps précieux, donc on s’en cogne que ça soit joli.
Mais du reste, le scan est simpliste et prends 8 secondes, donc c’est cool, mais les animations en prennent au moins 12. Donc c’est pas optimal.

▼ Le Crafting
Il est assez bordélique, j’ai mis beaucoup trop de temps à comprendre comment ça fonctionnait. Ce n’est en soi pas très complexe, mais c’est mal rangé, et un bouton pour avoir plusieurs types de classement ne serait pas de trop.

▼ L’inventaire
J’ignore encore s’il est extensible par l’achat d’améliorations, mais 50 emplacements, c’est peu. Il faut donc apprendre à voyager léger, et c’est pas trop mon truc. Donc adieu le sac rempli d’armures différentes, il faudra se contenter d’en emporter une ou deux maximum, une arme de rechange et les compos. Le reste ça part à la revente. Cependant, je note l’effort d’un bouton « vendre tout mon bazar inutile » chez les marchands.

▼ Le nomade
C’est un digne successeur du Mako, que je qualifiais à l’époque de parfait croisement entre une savonnette et un jouet Kinder.
Le Nomade donc, est un brin plus maniable, il est même améliorable, mais la prise en main initiale n’en est pas plus aisée que pour le véhicule terrestre du premier Mass Effect.
Ce n’est pas vraiment un point « négatif », mais je ne suis pas forcément super jouasse de passer ma vie à conduire tank avec la tenue de route d’une voiture de karting.

▼ La création de Personnage.
Elle n’est pas aussi complète que dans les autres Mass Effect j’ai l’impression. Par exemple je n’ai pas réussi à régler la grandeur des yeux de mon héroïne. Ça semble débile dit comme ça mais du coup elle a l’air asiatique bien malgré elle. Ce n’est pas tant un problème en soi, mais je n’ai pas réussi à faire exactement ce que je voulais, malgré 45 minutes passées sur cet écran là.

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Les points plus anecdotiques

◄ Le jeu est super exigeant
Même si mon PC n’est pas une foudre de guerre, il n’a même pas deux ans, du coup que le jeu soit aussi violemment gourmand, ça m’embête un peu. Bon ça tourne hein, mais en « moche » quoi.

◄ La roue des dialogues
Le principe de réponses iconiques de la trilogie ME d’origine a été entièrement repensé, et je dois avouer qu’il m’a fallu un certain temps d’adaptation pour m’y habituer. J’ai joué avec un petit post-it à côté de moi pour ne pas me planter dans la correspondance entre les symboles et le « ton » de mon perso.

◄ Les bugs graphiques.
J’ai vu passer des dizaines de critiques énervées de gens mécontents concernant les glitchs et les foirages visuels de Andromeda. Je n’en ai pour ma part constaté que quelques uns, mais ils sont pour la plupart assez rigolos, donc ça ne m’a pas empêché de m’immerger dans le jeu. Il y a juste des PNJ qui se mettent à courir sans raison, ou mon perso qui descend l’escalier comme si elle venait de fanfrelucher avec un éléphant, ou d’avoir les yeux qui se révulsent soudainement alors qu’elle est en train de parler. Rien de bien méchant jusque là, rien de bien gênant pour le gameplay surtout, juste cette impossibilité de mettre en pause pour ne pas rater un dialogue parce que je m’étouffe de rire.

◄ L’héroïne elle-même
Comme dans tout jeu vidéo qui se respecte, on peut choisir d’entrée si on veut jouer une fille ou un garçon. J’ai donc choisi la nana, et j’ignore si c’est la même chose pour son frère, mais elle est super awkward socialement. Elle passe son temps à dire des conneries et à draguer maladroitement. C’est aussi drôle que gênant. Mais en même temps je me sens plus proche d’elle, parce que dans la vraie vie, je suis moi aussi très nul pour faire du charme.

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Pour finir :

Si le jeu démarre assez vite, et l’on est lancé très rapidement dans l’action sans trop avoir le temps de réaliser ce qu’il se passe, il me semble néanmoins trop tôt pour tirer des conclusions sur la qualité du scénario.

Jusque là j’apprécie grandement le jeu, et j’en savoure une grande partie malgré de gros points à améliorer extrapolés ci-dessus.
Le jeu s’annonce plein de potentiel, et j’espère que sa conclusion sera aussi grandiose qu’on nous l’a promis.

Run away if we must

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Oui bonjour c’est moi, la virilité.

Ces derniers mois, j’ai remarqué une nette différence de traitement par les gens plus ou moins inconnus vis à vis de moi, et particulièrement depuis que je présente différemment socialement parlant.

A l’occasion du 8 Mars, j’avais parlé de la notion de privilèges, mais aujourd’hui ce n’est pas tant une question d’avantages mais plutôt de perception, et de comportemental.

Avant, quand j’étais dans la rue tard le soir, que ce soit seul comme accompagné, il m’arrivait très fréquemment de me faire emmerder par des mecs plus ou moins ivres, plus ou moins dégénérés. Ça allait de la remarque désobligeante et/ou obscène jusqu’à me faire agripper ou simplement approcher par ces énergumènes. Si je ne me sentais pas spécialement en sécurité, il ne m’est rien arrivé de bien grave dans le contexte de la rue. Bon sauf la fois où un mec m’a suivi jusqu’à devant chez moi. Mais passons.

Mais dernièrement, depuis que mon cispassing correspond à mon identité profonde, j’ai remarqué une différence très marquée dans l’approche de ces même connards (appelons un chat, un chat).
Je suis l’un d’entre eux, enfin, pas vraiment, mais je fais partie de la race suprême des rois de la rue : le genre masculin.

Si je me fais bien moins emmerder quand je rentre de soirée, ça arrive néanmoins, mais la tactique d’abordage est subtilement grossièrement différente.
En effet, les gars se montrent beaucoup plus familiers avec moi. Je suis leur pote, leur frère, leur camarade. Donc ils ont tendance à vouloir me toucher, différemment d’avant, mais me toucher quand même. Me serrer la main, m’attraper par l’épaule, me taper dans le dos virilement.
Et je ne me sens pas spécialement plus en sécurité en attendant. Si avant j’avais la trouille de me faire violer, maintenant j’ai l’angoisse qu’on me cherche des noises gratuitement et de me faire casser la gueule sans raison.

Le problème, c’est que je n’ai pas changé de caractère entre temps. Je suis toujours ce mec timide, maladroit et gêné. Celui qui ne sait jamais trop comment réagir en société, y compris dans ce genre de circonstance.

Et pour illustrer cela, je vais relater brièvement ce qui m’est arrivé mercredi dernier.

J’étais en compagnie de Leo & Simon, et nous rentrions d’un enterrement, autant vous dire que l’état d’émotion c’était pas trop ça.
Et un mec nous a approché pour demander une clope, Simon et Leo ne fumant pas, il se tourne vers moi. Je ment en expliquant que je l’ai taxée à quelqu’un. Sauf que c’était une cigarette roulée que j’avais dans la main. Le mec ne me croit pas trop, donc j’argumente que c’est tout à fait possible de l’avoir taxée vu que quelqu’un avait du matos et que je sais rouler.
Il me demande donc de lui serrer la main parce que « c’est incroyable ». Il tend donc la main, et après quelques instants d’hésitation, je lui serre la pince assez mollement car pas trop rassuré ni spécialement convaincu par son geste.
Et alors que je rebaisse le bras, il me rétorque que ma poigne devrait etre plus ferme, donc il insiste lourdement pour que je lui re-serre la main d’une « meilleure » façon. Sauf que moi je ne voulais absolument pas, et je regrettais déjà d’être rentré dans son jeu et de l’avoir touché.

Il a donc fallu que Leo intervienne un peu violemment pour qu’il se barre et me foute la paix.

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Et c’est là mon problème, je n’ai pas été éduqué comme un garçon, avec l’apprentissage de tous les privilèges que ça comprend. De ce fait, je suis socialement awkward (mal à l’aise/pas doué), et j’ai toujours des difficultés à me défaire de ce genre de situations.

Mais le hic c’est que je ne tiens pas spécialement à désapprendre mon caractère pour acquérir ce genre de familiarités. Certes, je souhaite obtenir plus d’aisance pour me sortir de ce type d’impasse, mais sans entièrement m’y perdre dans la foulée.
Je veux rester conscient de mes privilèges sans en abuser.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. A très vite !

Les Chroniques Queer #7 : Grand Final

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En ce mercredi 15 Mars 2017, c’est la fin de notre grand feuilleton de l’hiver, et oui, c’est le dernier épisode des Chroniques Queer! Mais ne pleurez pas, on finit en beauté avec une question collective qui était formulée ainsi :

Quel est ton avis sur la « Fierté Trans »? Te sens tu concerné-e?

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▼ CAMILLE
Je pense que la « fierté trans » est quelque chose d’important. Je ne me sens pas concernée directement parce que le fait que je sois trans n’est pas une partie centrale dans mon identité. Je suis une fille qui s’avère être trans. Mais que je le veuille ou non, je suis confrontée à toutes les problématiques trans, tous les ennuis sociaux, la transphobie, les médecins qui nous baladent…

Je trouve que la société est extrêmement dure envers nous, et je parle en tant que femme trans hétéro pré-op. J’ai l’impression que le monde me traite comme le plus grand cauchemar des mecs, le « piège », que je suis un monstre ou alors un fantasme sexuel bizarre et inavouable. Je ne pense pas être plus forte que la moyenne des gens par rapport aux jugements, je pense même y être très sensible.
J’ai pris conscience ces derniers temps, à quel point j’avais internalisé tout ça. Je ne rejette plus mon corps, en fait j’ai jamais été aussi bien dans ma peau, mais je suis toujours dans la détresse à cause de l’attente de mon opération, et je pense qu’une très grande partie des complexes que j’ai par rapport à ce qu’il y a entre mes jambes est dû à ce que les gens et surtout les mecs pensent globalement de moi et des filles comme moi.

Je ne revendique pas moi même la fierté d’être trans, pour moi ce mot représente une masse de problèmes et de stigmatisation que je subis. Cependant, je pense que la société a besoin de changer ses discours et ses préjugés sur nous, car ça nous détruit. Je comprends les gens qui revendiquent leur transidentité, je pense que c’est un mécanisme de survie face à tout ça, comme ma stratégie à moi est de devenir invisible en tant que transgenre.

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▼ JAMES
On vit dans une société où ne pas être cis, ça ne doit pas se voir. Le mot cisgenre lui-même n’existe pas en dehors des milieux trans / queer / féministe. On lui préférera les termes « gens normaux » ou « non-trans ». Ça en dit long sur le chemin qu’il nous reste à parcourir en terme d’acceptation et à quel point il est difficile de se sentir fier.e d’être une personne trans.
Où qu’on aille, quoiqu’on lise, regarde, écoute, que ce soit les journaux, les magazines, les films, les séries, les émissions de TV, il y aura toujours une blague censée être drôle sur nous et/ou des théories sur nous sans nous. Sans même parler du cissexisme partout, tout le temps.

Personnellement, je n’ai pas honte d’être trans. Et même si j’ai pu le penser il y a quelques temps, je suis content de ne pas être cis et d’avoir appris tout ce que je sais. C’est à double tranchant car, en contrepartie, cela m’a ouvert les yeux sur l’aspect systématique des oppressions envers les personnes trans. Mais je n’aurais pas été qui je suis à l’heure actuelle.
Maintenant, je dois reconnaître que je n’ai pas beaucoup subi de transphobie de façon directe et peut-être que si ça avait été le cas, je serais plus frileux à me promener dans les rues avec mon sac plein de badges sur mes identités de genre et orientations (par exemple).

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▼ HELOÏSE
Pour moi, la fierté trans est essentielle. Je suis une femme d’abord mais je suis aussi une femme trans. Et je suis fière de mon parcours, de ma vie, de ce que je suis. Il faut savoir affirmer d’où l’on vient quand cela est nécessaire.

Je peux avoir un cis-passing et être fière d’être trans. Cela me semble hyper logique et cohérent. Surtout, c’est cette fierté modeste (inutile de le crier partout) qui aide doucement à faire évoluer les mentalités : je ne me cache pas mais je ne ressens aucun besoin de provoquer ni de m’affirmer plus que ça. Par exemple, j’ai un cis-passing et je ne dis jamais à personne que je suis une femme trans, mais j’assume d’avoir écrit un bouquin clairement trans et qui me grille direct. J’en écris un autre qui va me griller encore plus. Et c’est cool.

Dans le fond, ma superficialité est devenue cis et je l’assume. Mon ressenti profond est trans et je l’assume aussi.

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▼ SACHA
Je pense que c’est important d’être fier de son identité, quelle qu’elle soit, parce qu’on ne choisit pas ce qu’on est, et en être fier fait à mon avis partie d’un processus de paix avec soi-même (qui n’est pas évident dans le contexte culturel.)

Quant à la fierté trans, je trouve juste dommage qu’elle existe essentiellement à cause de rejets sociaux et de crises identitaires. Surtout que la transidentité serait dans l’idéal un état transitaire voué à disparaître avec les progrès de la médecine, de la société et de la légalité. Un état transitaire entre deux genres
Après, personnellement, comme je rejette pour moi même les labels de genre autant que j’évite de trop me foutre dans des groupes sociaux labellisés, c’est vraiment le label qui me dérange plus on a tendance à me foutre dans des cases plus ça m’emmerde. Mon état d’agenre est un état, pas un label. Je ne me bats pas plus pour mon état que pour ma couleur de cheveux.

Et plus personnellement encore, les personnes trans que j’ai pu rencontrer pour le moment, dans leur grande majorité, peuvent pas me blairer parce que je refuse de me battre pour un genre et ne comprennent pas du tout une démarche qui est totalement inverse à la leur.
Donc, oui, je trouve ça important d’affirmer qui on est, de pouvoir en être fier sans honte, et je me battrais pour ça. Mais pas plus pour la fierté trans que pour n’importe quelle autre fierté.

Je tiens cependant à souligner, que je ne souhaite pas être condescendant ou quoi que ce soit, je ne méprise pas les personnes transgenres, j’aime les gens quels que soient leur genre. Je ne déteste personne, c’est simplement que je n’y attache aucune importance.

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▼ ALIX
Politiquement c’est tellement important que l’on apprenne à ne plus s’excuser d’être des personnes trans, et aussi de pouvoir parler de ce qui fait la richesse de nos vies ; donc collectivement la formule me parle. Cela dit personnellement je ne suis pas encore au stade « fierté », je verrai bien comment j’appréhende la chose dans l’avenir ; déjà je n’ai plus honte c’est un grand pas !

Enfin, pour conclure, mon avis personnel de petit Kao sur la question, c’est que je suis assez partagé.

D’un côté, j’assume pleinement ma transidentité sur les lignes de ce blog, et si on me pose la question dans la vraie vie, je ne vais pas le nier. Mais à côté de ça, je ne le proclame pas haut et fort à qui veux bien l’entendre. Parce que je considère que c’est aussi ma vie privée, et qu’en vrai j’ai toujours un peu la trouille que les derniers arrivés dans mon cercle de potes, l’apprennent et commencent à me considérer différemment à partir du moment où ils et elles seraient au courant.
Vous allez me dire que c’est absurde, parce que s’iels me traitent effectivement différemment à partir du « point de connaissance », ces gens là ne méritent alors pas mes faveurs, et vous auriez sûrement raison à ce propos. Cependant, je ne peux m’empêcher d’avoir cette crainte profonde que les gens ne soient pas aussi bienveillants que j’aime à le penser. Paradoxal, je sais.
Mais bref.

Ainsi s’achève notre grande saga hivernale, j’espère que cela vous aura plu.
Pas d’inquiétudes cependant, ce blog n’est pas terminé.
A très vite pour de nouvelles aventures tou.te.s ensembles !!

Together in the grave

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Quand j’étais plus jeune, j’étais vaguement gothique. Je dis vaguement, parce que j’avais 15 ans, un manteau noir avec des boucles en métal, des rangers et des fringues variant de noir à noir foncé. Avec quelques touches de rouge par ci par là. Mais j’avais 15 ans. Et par pression sociétale, j’ai décidé de passer au côté casual de la force, pour obtenir le résultat que vous connaissez désormais, à base de jean et de t-shirts aux motifs rigolos.

Mais une insulte m’a beaucoup marqué à cette époque là, entre autres joyeusetés, c’était d’être appelé Morticia, comme la maman dans la famille Addams, univers que j’affectionne tout particulièrement. Sauf que dans leurs bouches ce n’était pas un compliment, mais passons.

Je n’ai jamais vraiment compris ce qu’on reprochait à la famille Addams au juste. C’est certes un univers très sombre, un peu glauque, et franchement goth. Mais c’est aussi une famille plutôt idéale, pourtant clairement exposée comme à l’opposée de la famille parfaite comme on l’entend dans l’esprit commun.

Certes, la famille Addams est bizarre, inhabituelle, loin des codes classiques et s’émancipe clairement de la « normalité ». Et pourtant, ils font étalage de tout ce que je recherche dans un modèle familial.
Je tiens à dire avant toute chose que je me base surtout sur les deux premiers films sortis en 91 et 93.

Concernant les parents, Gomez et Morticia, ils s’aiment, et ils ne s’en cachent pas. Mais à côté de ça, leurs démonstrations d’affection ne sont jamais « too much ». Ils se font des bisous, ils se disent des mots doux, mais jamais ne tombent dans l’indécence.
Du côté des enfants, Pugsley et Mercredi se martyrisent mais sont toujours enthousiastes à l’idée de le faire, ils jouent, ne se montrent quasiment jamais capricieux, et sont bien élevés.
D’ailleurs quand Morticia parle avec une des professeurs de Mercredi, elle lui explique qu’elle laisse le choix de son avenir à sa fille, à condition qu’elle fasse d’abord des études, parce que l’éducation c’est important. Et les parents assistent au spectacle de l’école de leur progéniture, et participent parfois à leurs jeux d’enfants. Bref, ils sont un soutien constant.

Même quand Pubert débarque dans la famille, en particulier quand il devient « normal » (blond frisé et non plus brun gominé), si cela rend Morticia triste, elle ne rejette pas son troisième enfant, elle continue de s’en occuper et de l’aimer de manière inconditionnelle, elle accepte Pubert malgré qu’il soit si normalisé.

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Parce que c’est ça la force de la famille Addams, de nous prouver que même dans l’étrangeté, en décalage complet avec la société dans laquelle on vit, on peut toujours se trouver, et être aimé, et vivre heureux non pas malgré notre différence, mais en embrassant complètement celle ci.

Mais en attendant, je suis Fester, comme exemple ci-dessous.

Oh no !

Who could love you more

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Pour vous motiver, un chat de Noël. Au mois de Mars. YOLO

Pour vous motiver, un chat de Noël. Au mois de Mars. YOLO

Aujourd’hui 7 Mars, nous sommes la veille de la journée internationale des droit des femmes. Et je me hype les oreilles avec du Conchita Wurst en boucle, autant dire que je suis moyennement dans le thème.
Ah et avant que quelqu’un fasse la blague selon laquelle la journée des hommes c’est le reste du temps, soyez pas trop jaloux, parce qu’en vrai, la journée mondiale des hommes c’est le 19 Novembre. Voila.

Et là, magie du backstage, mais ça fait 25 minutes que je cherche mon sujet du jour.
Mais je pense avoir une petite idée. Alors allons y let’s go c’est parti les amis, aujourd’hui on va aborder la notion de privilèges!

Tout d’abord, un privilège c’est quoi? C’est un avantage de n’importe quelle forme possible, induit par une caractéristique incontrôlable. Comme c’est pas clair, prenons un exemple : ne pas devoir se demander si il y aura un ascenseur ou un emplacement de fauteuil dans un bus, c’est un privilège de personne physiquement valide, ou encore pouvoir oublier sa carte d’identité à la maison sans craindre les contrôles de police, c’est un privilège de personne blanche.

Et c’est important de connaitre ses privilèges, parce que ça nous permet de rester humbles, et de se rendre compte que notre condition d’être humain est potentiellement et/ou naturellement avantagée par rapport à un autre individu.

Et comme aujourd’hui c’est la veille du 8 Mars, je pensais aborder les privilèges que j’ai pu constater de près, dans le cadre de ma transition physique et sociale de garçon.
On va catégoriser tout ça, sinon ça va vite être un foutoir sans nom.

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■ Let’s get Physical !

Et ce en trois points : le poids, les poils, et la performance esthétique.
Il est plus communément admis qu’un garçon puisse être gros plutôt qu’une femme ne le soit. Vous ne me croyez pas? Allez donc faire un tour du côté des grands magasins type Kiabu et autres Haine&Martine. Dans le rayon grande tailles femmes, se battent en duel deux pulls aux couleurs infâmes, des hauts informes et trois pauvres pantalons à peine différents. Chez les hommes? Des modèles variés, de la sobriété comme du flashy, bref, du choix. Même du côté des slogans y’a pas photo.
Au hasard de google rapide, pour les nanas on peut lire « pour toutes les morphologies », face à « pour les hommes extraordinaires ». Pour une gamme de prix similaire, j’ai trouvé jusqu’au 58 chez les femmes, et chez les messieurs… du 74. Je pense qu’on se moque de vous. Clairement.
Sans même aborder le sujet des poches vers l’infini et l’au delà des pantalons d’homme, contre celles des femmes où tu ranges un briquet, en tassant bien.

Concernant les poils je ne pense rien vous apprendre en vous disant que les hommes peuvent afficher leur fourrure sans souci, même si ça fait écureuil mort sous les bras, alors que chez les dames, même dans les pubs censés vous vendre des rasoirs et épilateurs pour se débarrasser des vilains poils, ceux ci n’apparaissent jamais.

Enfin, quand je parle de « performance esthétique », je parle de deux choses. La beauté tout d’abord, dans un cadre purement hétérosexuel, on pardonne plus facilement à un homme d’être vilain, lui trouvant d’autres qualités telles que le charisme ou l’humour, tandis qu’une femme si elle n’est pas « bonne », elle n’a rien pour elle et finira seule mangée par ses chats. C’est triste, mais c’est une réalité d’opinion répandue.
Ah et personne ne demandera jamais à un homme de sourire 20 fois par jour, ou de lui faire des reproches s’il semble faire la gueule. Au pire on lui trouvera son côté grumpy « carrément cute », jusqu’au « mystérieux et ténébreux caractère ». A l’aide.

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■ Super Social, tu perds ton sang frais.

Deux mots : sexualité et expression. Mais sans les lier hein, sinon c’est bâclé.
Le premier point donc, en cache en fait deux. Pour commencer, contrairement aux hommes, les femmes sont hyper sexualisées très tôt, souvent contre leur volonté. Quand des scandales éclatent dans les écoles de niveau collège/lycée, c’est parfois parce qu’une élève s’est faite sortir de cours pour sa tenue trop suggestive, à savoir qu’elle portait une jupe ou un haut un peu ample, et du coup on voyait son soutien gorge. On fait comprendre à ces jeunes femmes que les pulsions « incontrôlables » des jeunes garçons, leurs camarades de classe, sont plus importantes que l’éducation de ces jeunes filles. Y’a énormément de cas aux USA par exemple.

Moi j’vais vous dire un truc, si j’ai réussi à passer toute ma scolarité à partager le vestiaire des filles sans jamais en toucher une seule de manière inappropriée, ce n’était pas parce que je n’avais pas des envies, mais parce que je sais conserver ma libido sous clé. Et savoir se tenir c’est à la portée de n’importe qui. Les hommes ne sont pas des animaux hors de contrôle, arrêtez de nous excuser quand ça dérape, ça nuit à tout le monde.
Je prends littéralement un shoot de testostérone deux à trois fois par mois, et je n’ai agressé personne que je sache, donc aucune excuse possible.

Le deuxième alinéa du premier point (vous suivez toujours ?), c’est celui du « mérite » sexuel. Exemple concret, un mec avec plein de conquêtes est un Don Juan, une nana avec autant voire moins de conquêtes est une intenable catin.
Tandis que l’on fait du slut-shaming à tour de bras, on excuse également certains comportements masculins sous couvert de leur prétendue « misère sexuelle ». Ces deux exemples contenant énormément d’informations sont révélateurs du fait qu’on privilégie bien trop facilement la sexualité des hommes face à celle des femmes.
Dans le même ordre d’idée, si les hommes se plaignent parfois d’un éventuel « virgin-shaming », où le fait d’être puceau ou peu actif sexuellement est une tare, laissez moi vous dire que ce n’est RIEN comparé à ce que subissent les femmes de leur côté dès qu’elles mettent le nez dehors.

Et enfin le deuxième point avec ce long sous-sujet, le privilège de la parole. Un homme sera toujours considéré plus légitime qu’une femme pour parler, de n’importe quel sujet, à n’importe qui, dans n’importe quel contexte, y compris si le gars n’est même pas concerné.
A tel point que le terme mansplaining a émergé. Il s’agit de l’action d’un homme, d’expliquer la vie à une ou plusieurs femmes, si possible avec un maximum de condescendance, parce qu’elle n’y connait rien vu que c’est une femme. Je grossis vaguement le trait, mais lancez le mot « féminisme » en soirée, et vous pouvez sortir votre planche de Bingo Féministe et vous préparer à gueuler QUINE dans les 10 prochaines minutes. Sans même détailler sur ce problème dans le cadre de l’entreprise, où la parole d’un homme aura toujours naturellement plus de poids que celle d’une de ses collègues. Mais nous reviendrons sur le sujet du boulot un peu plus bas.

Exemple de Bingo Féministe. (source: Blogspot des Furies.

Exemple de Bingo Féministe. (source: Blogspot des Furies.

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■ Ennemi Public #1

Bon, sur ce point je ne vous apprendrais pas grand chose en vous disant qu’une femme seule dans la rue si possible de nuit, a un pourcentage de se faire agresser qui dépasse l’entendement. Je n’ai pas les chiffres sous les yeux donc je ne vais pas en inventer, mais je dirais d’un point de vue personnel que depuis que j’ai un bon cispassing, je ne me fais réellement emmerder dans la rue (généralement pour une clope) qu’une fois toutes les deux semaines environ. Contre quasiment chaque fois que je mettais le nez dehors avant, soit plusieurs fois par semaine.

Les hommes se comportent comme les rois de la rue, et ils en ont à peine conscience. Un autre exemple de cet état de fait, c’est qu’en marchant droit devant vous, si vous êtes une femme, la grande majorité des hommes ne se pousseront jamais. Vous finirez soit par vous écarter naturellement de vous même, soit par leur rentrer dedans. Moi qui n’aime pas le contact humain, je me pousse largement avant impact, mais j’ai regardé que les nanas s’écartent assez rapidement de moi quand j’arrive à leur hauteur lorsque je marche dans la rue. Et je trouve ça tellement triste quelque part. Parce que laisser passer l’autre est un acte commun, il ne devrait pas être unilatéral.

Ah, on enchaîne avec mon préféré : le Jean-Michel Couilles de Cristal. Ce délire qu’ont les hommes de tout âge, peu importe leur origine, de prendre toute la place dans les transports en commun, dans les allées, sur les sièges, partout, tout le temps. Ça porte un nom d’ailleurs, ça s’appelle le manspreading. Le fait de prendre un maximum de place sous prétexte que le monde nous appartient. C’est souvent inconscient, autant que c’est parce que les gens sont des vieux sacs à merde.

Pour ma part je suis forcé de garder un minimum d’écart entre mes cuisses, parce que celles ci étant épaisses, les conserver serrées est très inconfortable. Mais y’a une grosse différence entre avoir un léger écart inter-cuisseaux, et prendre la moitié du siège d’à coté.

On te voit faire, Jean-Mich'.

On te voit faire, Jean-Mich’.

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■ Travail, Famille, Pâté.

J’avais dit que je reviendrais sur la question du travail, et bien même en la matière, le sexisme n’épargne aucun milieu. Il n’y a qu’a constater la prolifération de blogs type Paye Ta ___ , qui sont des florilèges de remarques misogynes et souvent super limites, classées par milieu professionnels.
Egalement, il pèse sur les hommes certaines exigences de travail qui se répercutent sur la condition féminine. Je ne parle pas du fait que les femmes doivent prouver qu’elles sont compétentes, tandis que les hommes sont compétents de base jusqu’à preuve du contraire. Non ce dont je voulais parler c’était des exigences plus fourbes que ça. Un homme ne subira pas ou si peu, lors d’un entretien, des questions du type « envisagez vous une grossesse future? », qui détermine si la personne est « digne » que l’on investisse le temps, et l’argent de la compagnie qui l’embauchera.

Ainsi, un homme sera, pour la même base de travail, en moyenne mieux payé, et gravira les échelons plus vite. Sa vie de famille, s’il en a une, pâtira de cette exigence sociétale, parce qu’on pardonne plus facilement aux hommes de rentrer très tard après le travail, de moins s’occuper des enfants, de ne pas prendre de congé parental etc.
Après tout, l’enfant, ce n’est pas lui qui l’a pondu, donc on considère un peu facilement qu’il n’a que moins de responsabilités et de temps à consacrer pour s’investir dans la vie de ses gamins.

Enfin, un homme n’entendra pas un employé du rayon bricolage lui expliquer qu’il faudra l’aide de son compagnon pour monter tel meuble, parce que tout le monde sait que ça s’installe mieux avec un pénis.
Je parle de magasin de brico, mais ça marche aussi avec le garagiste, ou tout ce qui touche de près ou de loin à un hobby considéré comme « masculin ». Y compris quand le gars n’y connait rien, et que c’est sa femme qui bricole. Un peu comme au restau, on conclura toujours que c’est l’homme qui paye, qu’il est la personne responsable et tout ça.

Le bon goût.

Le bon goût.

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■ The Internet is for Boys.

Ah, les jeux vidéos. C’est vachement bien non? Alors oui, mais quand on est un garçon. Et je vous voir arriver, à base de « ouais mais les meufs elles ont plein d’avantage sur les MMOs! ». Ce qui est vrai, en partie seulement. Sur cinq mecs sympas qui vont l’aider, et éventuellement lui filer de la thune virtuelle gagnée à la sueur de leur clavier, quatre vont se montrer super lourds et chercher à obtenir des faveurs en échange de cette monnaie virtuelle. Les gens sont très rarement altruistes, et le jeu vidéo, monde peuplé de nerds et autres marginaux rejetés par leurs pairs n’y fait pas exception. D’autant plus d’ailleurs, que souvent dans le milieu du jeu, les gars sont des frustrés en puissance, dans plein de domaines, et qu’ils ont été tellement rejetés pendant des années, qu’ils considèrent que ici c’est leur terrain, et que derrière l’ecran on se sent toujours plus fort. Je caricature à peine.

Si vous vous plaignez que y’a pas assez de nanas qui jouent, peut-être est-ce parce que la moitié d’entre elles n’avouent pas être des filles, pour avoir la paix, pour ne pas être harcelées, pour pouvoir juste jouer en fait. Et aussi parce que dès qu’une demoiselle dit aimer tel ou tel univers, elle se fait alpaguer de questions toutes plus improbables les unes que les autres, pour qu’elle puisse « prouver » qu’elle est une « vraie » fan, et non pas une énième « fake geek girl ».

Ce qui nous fait arriver à l’argument intéressant du « ouais mais les streameuses elles montrent leurs seins et elles se font grave de la thune en vendant leur image au plus offrant! ». Bah, si y’a des gens assez frustrés pour payer, elles auraient tort de se priver. Elles auraient tort de ne pas chercher à monnayer leur image tout en restant dans une parfaite maîtrise de leurs limites.

Après, et c’est une réalité morphologique, les filles ont, en règle général, des seins, c’est un fait. Et près d’un ordi il fait chaud, donc elles ne vont pas jouer en pull juste pour satisfaire votre pudeur mal placée.

Cependant, la vie de personne féminine sur le net a aussi ses gros désavantages. Prenez n’importe quelle youtubeuse un peu connue, elle en prend plein la gueule quotidiennement juste pour le fait d’apparaître sur un média public.
Certes, certains mecs en prennent aussi pour leur grade, parfois de façon justifiée, parfois pas du tout, mais il n’y a jamais de hordes de 200 personnes qui font des appels au meurtre, au viol, à la punition généralement violente de leur entourage, juste parce que le gars a dit un truc qui ne passait pas.

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■ Et les désavantages dans tout ça?

Bah j’en ai trouvé. Trois, enfin, deux et demi pour être exact. C’est plutôt maigre en comparaison, mais on va les aborder, histoire de rigoler un peu.

Les gens, la société, notre famille parfois, a des exigences différentes selon notre genre. Comme celui de la virilité exacerbée. Quand on est un homme, pas question de montrer de signes de faiblesse, ou d’émotion, et surtout pas de « féminité ». Moi je dis bullshit, j’ai le droit de pleurer et d’être niais, d’être considéré comme « fragile », et je m’en tartine les intercostales avec du pâté dans l’allégresse la plus totale.

Il existe évidemment quelques standards issus du fameux diktat de la beauté, mais concrètement ça s’applique bien moins violemment chez les hommes que ce que vivent les femmes. Je ne suis pas un canon de beauté, je porte des lunettes, j’ai peu de barbe (pour l’instant), et je ne suis pas un monstre de muscles. Malgré cela, on m’accepte en tant que tel, et mis à part quelques reflexions de merde vis à vis de mon surpoids, dans l’ensemble on me fout relativement la paix. Ce n’etait pas le cas auparavant, avant ma transition.
Ceci comptant comme un point et demi, passons au second, et dernier.

Je ne peux plus faire des compliments aux gens que je ne connais pas ou peu, sous réserve de leur donner l’impression que je les drague.
Et même si c’est un micro privilège qui me manque un peu, de dire aux gens qu’iells sont joli.e.s, ou particulierement bien sappé.e.s, je m’y ferais à l’usage, à devoir fermer ma gueule pour ne pas les mettre mal à l’aise. Même si je sais que il y en a que cette considération n’effleure pas. Mais je ne suis pas associé à ces gens là.

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En conclusion, nous les hommes, avons un sacré paquet de privilèges, et encore, je n’ai traité que les plus rapides évidents à exposer.
Ce faisant, demain 8 Mars, Journée Internationale des droits des femmes, je leur laisserais la parole, et ce blog sera silencieux pour la journée. Parce que je ne suis pas une femme, et si j’ai moins de droits qu’un garçon cisgenre, de par ma condition, et aussi de par tout un tas d’autres raisons opposées à tout un tas d’autres catégories de personnes, je suis quand même un privilégié. Et c’est une bonne chose que d’en avoir conscience.

Donc demain, pensez à vos privilèges et écoutez ce que les femmes ont à dire, pour une fois, ce qui ne vous empêche pas de les écouter le reste de l’année, hein, restons humbles.

Bisou !

Chroniques Queer #6 : Alix

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Pour ce premier mercredi du mois de Mars, voici pour vous un autre épisode des Chroniques Queer! Nous recevons Alix, qui encore une fois, se présente tout seul comme un grand. Ah, c’est bien quand j’ai rien à faire moi-même hein?

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Photo non contractuelle.

Photo non contractuelle.

► J’ai 24 ans et même si je sais depuis mes 12-13 ans que je suis trans je n’ai appris l’existence de la multiplicité des genres et de la non-binarité que depuis environ 2 ans. De fait, longtemps je me suis défini comme « garçon » par défaut  tout en n’étant pas très à l’aise avec l’idée ; depuis que j’ai pu d’avantage poser des mots précis sur mon genre le terme qui colle le plus à mon ressenti et « agenre ». Tel que je le ressens, cela veut dire que je ne me sens pas concerné personnellement par les genres que la société reconnait (homme et femme du coup), et que je n’arrive pas à appliquer à moi-même le concept  de genre (pour m’expliquer : politiquement et d’un point de vu militant je comprends ce qu’est un genre, mais disons que ça ne fait pas écho en moi, je n’arrive pas à ressentir une appartenance à un genre en particulier, ni a comprendre ce que cela peut faire de se sentir appartenir à tel ou tel genre).

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♦ As-tu effectué des modifications notables dans ton apparence/attitude après avoir pris conscience de ton identité? Ou au contraire n’a touché à rien, parce que tu te sentais suffisamment bien tel quel?

► J’ai eu une mammectomie récemment. Le binder m’aidait bien et j’avais appris à ne plus détester ma poitrine (c’était (re)devenu de l’indifférence) mais je ne supportais plus le fait d’être comprimé donc j’ai sauté le pas de l’opération dès que j’ai pu.

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♦ Y’a-t-il eu des changements dans l’approche/le comportement/le regard des gens à ton égard depuis lesdits modifications?

► De manière générale, je sens des regards plus longs et plus appuyés quand mon apparence est plus « ambiguë », mais le fait d’avoir un torse plat à renforcé le phénomène je crois (surtout en fonction des vêtements choisis). Sinon plus précisément, cet été c’est la première fois que je suis allé à la plage juste en maillot de bain, du coup les cicatrices font un élément que les gens remarquent, et comme je n’ai pas de cispassing masculin je vois bien que cela interroge (au mieux…). De même les médecins me demandent maintenant si j’ai eu un soucis (illes pensent à cancer du sein généralement), ce qui fait un élément que je dois maintenant justifier tandis qu’auparavant je pouvais, si je ne voulais pas de complications sur le moment, laisser croire aux gens que j’étais une femme cis sans qu’on me pose trop de questions.

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♦ Ton état d’esprit a-t-il changé quand tu te déplaces dans l’espace public ? Y’a-t-il des attitudes personnelles que tu as dû/souhaité changer?

► Je n’ai jamais été à l’aise dans l’espace publique pour d’autres raisons ; le sexisme me vient à l’esprit de suite, mais pas seulement. Pour plusieurs raisons, je n’ai jamais tellement vu l’espace public comme un espace accueillant pour moi, c’est plutôt un lieu de passage à gérer au mieux. Mais, du coup, oui la question de la transphobie ou NBphobie rajoute de la gène et/ou angoisse (suivant les situations).

J’ai un moment essayé d’avoir des attitudes et vêtements plus masculin-e-s ou, du moins, moins féminin-e-s pour ne pas être mégenré (j’utilise le pronom « il »). Mais d’une part ça ne marchait pas tellement, en plus je n’étais pas à l’aise parce que ce n’était pas « moi », et pour finir cela me rappelait tout le temps que j’étais trans, que je devais agir de telle ou telle manière pour que les gens perçoivent telle ou telle attitude comme un signe pour bien me genrer. Je ne m’en sortais pas, ça finissait par me rendre plus mal qu’autre chose. Du coup j’essaie maintenant de revenir à des attitudes avec lesquelles je suis à l’aise, plutôt que de penser à comment les gens vont me percevoir (mais c’est loin d’être gagné !).

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♦ Un dernier mot à formuler peut-être?

► Je suis agenre, mais ayant tout de même passé plusieurs années à me définir « garçon » et à le revendiquer fortement (avec mes parents ou différents psys notamment), cela fait que je suis dans un entre-deux permanent entre mon ressenti actuel et la manière dont j’ai longtemps envisagé ma transition (sociale notamment). Ce n’est pas forcément évident à gérer, et ne serait-ce qu’au sein de la communauté, je me sens  un peu entre deux ressentis niveau prise de conscience et parcours de vie : entre les expériences des personnes qui sont hommes ou femmes ou celles des personnes non-binaires j’ai du mal à me sentir plus proche des un-e-s ou des autres (et je me sens un peu alien dans tout les cas). C’est quelque chose que j’apprends encore à appréhender/démêler. D’où l’importance de laisser la parole à toutes sortes de vécus, sans comparer systématiquement avec ce qui serait un « parcours type ».

Par rapport à mon expérience je trouve important de faire un petit rappel :  attention à ne pas confondre quelqu’un-e qui a besoin de temps pour se définir par rapport à la binarité de la société, avec quelqu’un-e qui serait «  juste confus » ou « juste une personne cis en questionnement » (formules que j’ai pas mal entendues, alors que j’étais bien plus au clair avec mon genre que quand – par manque d’informations – je me définissais « garçon » par défaut). Le manque de mots ou l’impression de ne pas être légitime à se définir hors de la binarité homme-femme ne veut pas dire qu’on ne sait pas qui on n’est ; seulement ça demande parfois plus du temps pour arriver à le dire clairement.

Only then can I begin to live again

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Ceux qui me connaissent un minimum m’ont déjà entendu dire que « l’exorcisme j’ai déjà donné, et en plus ça fait mal ». Et suite à une recherche internet moyennement aléatoire, j’ai enfin pu récupérer toutes les pièces pour décrypter le puzzle de cet épisode sombre de ma vie. Ce matin, on parle d’égorger des poulets et de faire sortir les esprits des corps possédés, ça va donner je l’sens…

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Il me semble que c’était durant l’année 2010. Je sortais juste de mon second séjour en hôpital psychiatrique. J’étais au plus bas de ma dépression, et mes parents étaient à la fois paniqués et en proie à un désarroi des plus total. Ils auraient pu faire n’importe quoi juste dans l’espoir que j’aille mieux, et ça tombe bien, ils en ont eu l’opportunité.

Ils étaient en effet, en contact avec un certain « Maitre Ilario », qu’on va appeler Michel, parce que de toute façon il n’utilisait pas sa véritable identité.
Michel donc, était à l’époque le patron d’un club libertin appelé La Villa Panthère, situé à Listrac, dans le Médoc. Il était aussi guérisseur-magnétiseur à ses heures perdues, mais le genre qui craint. Il prétendait pouvoir soigner tout et n’importe quoi, grâce à ses connaissances étendues et ses pouvoirs magiques quasi-divins. Mais sinon il en imposait quand même assez physiquement, plutôt grand, les cheveux noirs et longs, et un look au croisement entre le gothique et le fan de SM, ce qu’il était un peu je pense dans tous les cas.

Et donc un jour, ma maman m’a emmené voir Michel dans son « cabinet » pour que celui-ci me guérisse de tous mes maux. C’est pas super précis dans mon souvenir, mais je me rappelle néanmoins qu’il y avait des sabres japonais un peu partout dans la pièce, et qu’il me posait des questions d’un air très sérieux, et auxquelles je répondais mollement, parce que je n’avais pas envie d’être là.

Après ce rapide entretien, il m’a allongé sur un lit dans une chambre juste à côté, il a passé un sabre autour et au dessus de mon corps, tout en psalmodiant du charabia quelconque. Je me souviens que j’étais quand même pas mal terrifié, et relativement impressionné par le gars, du haut de mes 19 ans à peine. A un moment donné il a fait pression sur un point précis au niveau de ma cheville, et j’ai hurlé de douleur. J’avais la sensation qu’on m’enfonçait un clou chauffé à blanc dans la peau. Tandis que je pleurais et criait, il a passé sa main au dessus de mon visage, d’où s’est mis à couler du sang. Je ne le voyais pas, mais je sentais que du liquide coulait sur mon front, et je voyais ma mère qui pleurait, debout à coté du lit.

Il a alors expliqué que ce n’était pas moi qui était réellement possédé, mais un collier qui m’appartenait qui avait servi de transfert entre le machin démoniaque et mon corps. La joie donc.
Il s’est passé un laps de temps que je ne saurais déterminer, je soupçonne m’être évanoui d’épuisement suite à la douleur et la surcharge émotionnelle. Mais quand j’ai repris à peu près conscience de mon environnement, je me regardais dans un miroir et j’avais effectivement un voile de sang séché sur mon front qui avait coulé en biais sur la moitié de mon visage. Derrière moi, Michel discutait avec mes parents, en leur expliquant que je devrais me débarasser du fameux collier (une réplique d’un pendentif tiré d’un manga en plus), et également prendre des gélules magnétisées par ses soins jusqu’à amélioration de ma condition, et après nous sommes rentrés chez mes parents.

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Ça c’est donc mon souvenir des faits. Et je disais en haut de cet article avoir fini par découvrir toutes les pièces du puzzle, alors accrochez vous parce que ça devient encore plus absurde.

A mesure de mes recherches d’articles de journaux sur les internets, j’ai pu donc lire qu’il faisait jaillir du sang de poulet d’une de ses bagues, ce qui explique beaucoup de choses, qu’il touchait une commission du fournisseur des gélules à force d’en refourguer à tous ses « clients », et que celles ci n’étaient rien d’autre que des compléments alimentaires sans réelle incidence sur la santé.
J’ai cependant eu du bol d’être aussi jeune parce que Michel prescrivait parfois des séances de fanfreluches avec lui sous argument que « ses fluides avaient des vertus de soin ». Ouais, c’est carrément dégueulasse.
Pour ce qui est de la douleur dans ma cheville, je soupçonne une simple connaissance des points de pression, ou encore de vagues notions en acupuncture. Après tout, si Michel avait une passion pour l’Asie et le Japon, posséder des bouquins sur la question ne me choquerait pas plus que sa collection de sabres.

Enfin bref, je finis sur cette expérience relativement traumatisante, avec le fait que Michel a été condamné l’été dernier à 5 ans de prison, dont un avec sursis pour «abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la médecine ».

Et ça, c’est le karma. Enfin, si vous y croyez quoi.