Look at me standing

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Coucou les pipous !
En cette période de grosse chaleur, je voulais faire un rapide article pour les porteurs de binders.
Comme vous le savez certainement, un binder est principalement fait de coton et de spandex (elasthane/lycra), du coup ça tient particulièrement chaud. Surtout qu’on porte généralement des vêtements par dessus, donc on double l’effet sauna.

En ce moment à Bordeaux, au plus fort de la journée on tape dans les 38 degrés, et même à l’heure où j’écris ceci, soit environ minuit, il fait encore facilement 27 degrés. Ça nous annonce méchamment la couleur pour les trois mois à venir. Du coup, comment éviter de mourir? Voici quelques petites astuces pour vous permettre de tenir la distance durant la période estivale. Rien de bien révolutionnaire malheureusement, mais c’est toujours ça de pris.

1/ Restez à l’écoute de votre corps.
Ça peut paraître con, et moi-même je suis un des premiers à forcer. Mais en tant que porteur de binder régulier, il faut être bien attentif à ses propres limites. Quand vous sentez que vous commencez à suffoquer, à avoir la tête qui tourne, il est temps de l’enlever, car cela vous évitera un éventuel malaise.

2/ Lavage Fréquent.
Nettoyez votre binder au minimum tous les deux jours, je suis d’accord que ça demande pas mal d’organisation, notamment parce qu’un binder doit être lavé à la main, et qu’il faut idéalement en avoir plusieurs pour faire un roulement.
Mais le fait qu’il soit propre permet un certain confort supplémentaire, en terme de port et d’enfilage, comme en terme d’odeur. Parce que mine de rien, la vitamine T augmente pas mal le fait de transpirer. Et porter un binder qui daube n’est pas forcément quelque chose qui met à l’aise son porteur.

3/ Limiter le port.
Le mieux est de pouvoir ne le porter que certains jours, et pas durant la journée complète. J’ai le « privilège » de ne pas devoir aller au taff ou à l’école, et je sais que c’est compliqué lorsque l’emploi du temps est incompatible avec des pauses longues.
Mais ne portez votre binder qu’en cas de situation strictement nécessaire. Donc pas à la maison, éventuellement pas en compagnie des gens avec qui vous êtes suffisamment à l’aise pour être sans, et surtout JAMAIS quand vous dormez (mais ça c’est toute l’année). Évitez également lors de sessions de sport, où il faudrait privilégier une brassière un peu serrée, plus adaptée qu’un binder.
Si vous n’avez pas la possibilité de rester sans, faites quelques pauses, même de 5 minutes, où vous l’enlevez pour le remettre après. Histoire de respirer normalement l’espace de quelques instants.

4/Serrez vous les coudes.
Si vous avez des ami.e.s qui sont aussi porteur.se.s de binders, soutenez vous les un.e.s les autres dans cette épreuve qu’est la chaleur. N’écoutez pas les gens qui vont sans cesse vous demander pourquoi ne pas « juste l’enlever? ». Je sais combien la dysphorie c’est pas rigolo, et que c’est irrationnel. Croyez moi, je comprends, vraiment.
Mais prenez soin de vous quand même, et économisez vous, et surtout hydratez vous !

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C’est tout pour moi, je vous dis à très vite pour du nouveau contenu ! D’ici là, faites attention à vous, et aux gens qui vous entourent.

Felicitations, c’est un garçon !

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Bien le bonjour !
Aujourd’hui est un grand jour, une pierre blanche sur mon édifice personnel construit avec mes petits bras. Je fête en effet mon premier anniversaire de traitement hormonal de substitution. Un an donc, que je prends joyeusement une seringue pleine de vitamine T dans une de mes deux fesses.

Il y a eu plusieurs dates clés dans mon parcours, au choix mon coming-out officiel et définitif public (21 décembre 2015), les obtentions successives du certificat « d’aptitude » à la transition, la première ordonnance pour la vitamine, etc. Tout ça vous le savez déjà, si vous me suivez depuis tout ce temps.
Mais donc le 10 mai 2016, à 11h tapantes, j’ai reçu ma toute première injection, une piqûre pour une nouvelle vie, en quelque sorte.

Et tout au long de cette première année, y’a un paquet de gens que je dois remercier pour m’avoir supporté, à tous les sens du terme. Du coup là ça va être une longue liste de remerciements, un peu comme le générique de Dorothée où tu espérais voir ton prénom apparaître. Spoiler cependant : je n’ai jamais vu l’émission de Dorothée, j’étais trop petit, et aussi je vais sûrement oublier un paquet de gens, donc pardon par avance si vous êtes éventuellement vexés de ne pas lire le vôtre.
Ah et si vous scrollez à la fin, j’ai monté une vidéo un peu comme j’ai pu, qui retrace mois par mois, mon évolution, avec énormément de cuts sinon ça aurait fait 15 minutes et ça aurait été super chiant.

Donc, un énorme merci en premier lieu aux participants des cagnottes qui m’ont permis d’accélérer le processus d’accès aux soins :
Emma D, Charpi, Alia, Java, Bambi, Mathieu C, Marinou, Emeric, Reya A, Candice, Polina, Yeti, Simon, Manon, Firea, Louison, Emma B, Charlie, Segolene, Olivier, Ludovic, Didou, Isie S, Geoffrey F, Rebecca L, Sophie L, Mathieu M, Gabriel G, Roch, Thorfin, Gia, Lucy.

Un tout aussi massif merci à celleux qui m’ont écrit des lettres de témoignage pour l’obtention de mon changement de prénom:
Nathalie, Alice, Passy et Lili.

Et enfin pour terminer, quelques remerciements un peu plus personnalisés, parce que voilà, il fallait le souligner.

  • Marianne & Simon-Pierre : pour votre accueil chaleureux et l’amitié inconditionnelle qui s’en est accompagnée.
  • Poutchy : pour ton soutien quotidien, et ton amour indéfectible.
  • Leo : pour m’avoir poussé dans la bonne direction dès le début, et parce que t’es pas mon frère pour rien, ai-je besoin d’en dire plus?
  • Ma famille : Pour avoir su me soutenir, une majeure partie d’entre vous, et ne pas m’avoir tous rejeté en bloc.
  • Axelle : Pour m’avoir ouvert ta porte alors qu’on se connaissait à peine, et m’avoir laissé les clés  y compris après avoir appris à me connaitre.
  • Kris : Pour être un père de substitution incroyable.
  • Tcheu : Parce que même de loin, je sais que tu es encore là.

Bref, trêve de niaiserie, en avant pour la vidéo !
[Attention: suite à une erreur au montage, le son n’est pas très fort sauf pour le générique de fin. Faites gaffe pour ceux qui écouteront au casque. Egalement, la qualité vidéo est relativement médiocre, mais ma webcam n’est pas compétitive. Voilà.]

They want me dead

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Des fois, je réalise que mon cispassing tient à des détails, des petites choses fragiles du quotidien, et qui nécessitent de sacrés jets de bluff.
Un élément en particulier me vient immédiatement à l’esprit, celui des toilettes. On ne peut pas vraiment esquiver ce besoin là, et ça peut être une source de soucis inattendus.

Encore hier soir, je discutais avec un nouvel ami, et nous évoquions le principe d’optimisation de « l’afk bio », à savoir, la pause petit coin obligatoire durant les parties de jeu vidéo en ligne. Et quand on est en pleine instance, ou donjon, bref, une partie intense à plusieurs, le moins de temps passé sur le trône est la clé du succès.
Je lui évoquais ma technique qui consiste à se désaper/rhabiller sur la route entre l’écran et les chiottes, et lui m’a répondu d’un air interrogateur pourquoi je perdais ce temps là? Alors qu’il suffisait de « se la caler sur le côté » et courir en calbut à travers l’appartement.
Après une savante poker face de ma part, j’ai renchéri après un léger silence que j’étais très pudique, et que je portais au minimum un short.

C’est à ce moment là que j’ai réalisé que les garçons cisgenre n’ont pas la nécessité de descendre leur futal aux chevilles pour pisser. Et je me suis senti un peu bête, d’avoir oublié ce genre de détail si stupide et pourtant si révélateur.

Je suis un homme ne possédant pas de pénis, et ça me complique un peu la tâche quand il s’agit d’aller faire ses besoins. En particulier quand les toilettes publiques sont, au mieux équipées d’une seule cabine, au pire ne disposent que d’urinoirs. Je suis simplement incapable de faire mon business debout. Et quand parfois la porte de la cabine est pétée, c’est super délicat de me soulager sans crainte d’être « grillé », et éventuellement d’être agressé pour « oser » être différent. Ça serait bien loin d’être du « jamais vu » malheureusement.
Je me rappelle précisément la fois où j’ai été chahuté assez violemment pour avoir utilisé les « toilettes des filles », je ne souhaite pas réitérer l’expérience.

D’autant que, et j’espère vraiment être le seul à le remarquer mais, entre les deux types de tuyauterie intime, le son produit lorsqu’on fait pipi est distinctement différent, en fonction duquel l’on est équipé. Et ça me fout une trouille monumentale quand vient le moment d’évacuer en terrain inconnu, ou simplement hors de chez moi.
Et je ne parle même pas de l’impossibilité totale d’uriner dans la rue, qui révélerait à coup sûr mon anatomie inhabituelle pour un garçon.

Voilà. Il n’y a pas vraiment de revendication particulière derrière ce billet, si ce n’est, laissez nous pisser comme on peut, et surtout comme on veut, où on veut.
Les personnes trans ont un quota suffisant d’angoisse quotidienne, et les WC en sont une partie intégrante.

Merci de votre attention.

Let me out in the wild

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Coucou les p’tits mous, aujourd’hui, on fait avancer la science ! (non)
Je disais donc aujourd’hui, on va parler de binders, et pas n’importe quelle marque, puisque je teste depuis ce matin pour vos beaux yeux, la marque Pas Mon Genre, nouvelle boutique émergente sur le marché, et française de surcroît (basée à Rennes).

Je tiens avant toute chose à préciser que je n’ai aucune forme de partenariat avec les propriétaires de cette boutique, et que j’ai acheté mon exemplaire comme tout le monde, avec mes piécettes de prolétaire. Bon pas vraiment de prolétaire puisque pour ça il faudrait techniquement que j’ai un travail, mais je m’égare.

Avec mes piécettes de gros assisté de la société donc, j’ai commandé un modèle de la bien-nommée gamme « Basic », noir tout simple, avec l’option fermeture éclair. Je me suis dit, quitte à changer mes habitudes, autant y aller à fond.

Il faut savoir que la boutique fait ses binders à la main, un par un, donc ça prend forcément un peu de temps entre l’achat et l’envoi. La réception en revanche prends 2-3 jours maximum, sauf moi qui ai combiné weekend et jour férié, donc ça en a pris 5.
J’ai payé 3 euros de frais de port, et je lis sur enveloppe que le timbre a coûté 2,92e. Ça a le mérite d’être honnête. A ce prix là, pas de numéro de suivi possible, mais je suppose que si l’on demande très gentiment, PMG acceptera sûrement d’envoyer votre précieux bien avec l’assurance postale, à condition de rajouter de la monnaie sur le petit tas brillant, parce que la Poste se fait plaisir sur les tarifs, je le rappelle.

Coucou.

Comme j’aime les jolis graphiques fait sous Paint, je vous propose un test en 5 points. Vous trouverez le graphique à la fin si vous êtes décidément des gros feignants qui n’aimez pas lire mes longues explications. Mais jetez au moins un oeil à la conclusion.

■ Enfiler le bazar : Ça a été super compliqué en fait, j’me suis dit naïvement que j’allais l’enfiler et fermer le zipper. Grave erreur que voilà. C’est un binder, le zipper doit être super pratique pour l’enlever à la fin de ta journée/sortie, mais pour l’enfiler? Mauvaise idée. Donc j’ai enlevé le vêtement, fermé le zip, et enfilé à nouveau le machin à la classique, par dessus la tête, si possible en restant coincé aux épaules parce que c’est tout neuf donc encore bien serré. Donc après avoir secoué les bras pendant 2 minutes en espérant que ça passe, ça a fini par effectivement passer, non sans m’être à moitié luxé un membre.

■ Confort : Le binder est composé d’une matière élastique pour l’ensemble, et d’une partie en coton pour la partie compressive. C’est moins rugueux que sur les GC2B pour comparaison. J’ai moins l’impression de manquer de m’arracher un téton quand je replace ma viande à l’intérieur (pardon pour l’image).
En revanche, je suis entre deux tailles, donc si c’est parfaitement seyant pour le haut, la base est vachement serrée, et depuis la fin d’après-midi, j’ai un genre de point de côté permanent. Egalement, ma morphologie fait que je suis forcé de faire rouler le bas du binder à cause de ma ceinture abdominale conséquente. Vous le constaterez sur la photo juste au dessus d’ailleurs. Et le modèle de chez PMG ne fait pas exception à cette règle de « roulage » obligatoire, mais ayant choisi d’y placer stratégiquement une fermeture éclair en plein milieu du torse, je ne suis pas convaincu que le plastique apprécie de ne pouvoir rester à plat. A voir à l’usage donc.

Thermique : Par là j’entends, à quel point ça tient chaud? Pour celleux qui l’ignorent, dans un binder, tu sues, et pas qu’un peu. Surtout en plein été, hashtag mourir et tout ça.
Bon, aujourd’hui il ne fait pas spécialement chaud, donc c’est assez difficile à déterminer pour le moment. Mais vu l’épaisseur de la matière élastique, on est loin du GC2B en terme de « cage de chaleur ». Je pense donc que c’est une valeur sûre si jamais la météo dépasse les 25 degrés. Car oui, on ne vous préviens pas, mais la testo moi ça m’a rendu horriblement sensible au moindre pic de chaleur.

■ Compression : C’est très correct, compte tenu du fait que j’ai un excédent de tissu qui rebique à cause de la fermeture éclair repliée. Je suis même agréablement surpris de la capacité de ce binder à obtenir un résultat quasiment équivalent à un GC2B, pour un prix presque divisé par deux.

■ Tenue : Les coutures au niveau de l’aisselle sont un brin trop basses pour moi, mais ça c’est délicat puisque chacun.e est différent.e, et que donc ce qui moi ne me convient pas, conviendra très bien à un.e autre, et vice-versa. Dans l’ensemble, le binder ne bouge pas trop durant la journée, mais c’est le dos qui en fait les frais par contre. Ce soir, mon dorsal me lance distinctement, mais là encore, c’est un souci qui m’est propre je pense.

On ne dirait pas mais j’ai passé 1h sur ce truc.

Pour conclure : Pour de l’artisanal, je ne m’attendais pas à une telle qualité de compression. Même si j’avoue, en l’enfilant j’ai eu peur de faire exploser les coutures, où étaient encore visibles quelques fils récalcitrants. Rien qu’un coup de ciseau expert ne saurait résoudre cependant.
Pour à peine une vingtaine d’euros, c’est une alternative plus qu’intéressante au géant américain. Une entrée de gamme de qualité, à un tarif très abordable, avec derrière une équipe particulièrement réactive à mes petits messages concernant ma commande.

Retrouvez les donc sur Etsy & Facebook.

Just say my name

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Aujourd’hui , 31 Mars 2017, c’est le TDOV, ou Transgender Day of Visibility, ou Journée de Visibilité Transgenre. Et ça tombe bien parce qu’on ne va pas du tout parler de ça. Parce que je n’ai pas vraiment de coming-out à faire, en revanche, j’ai reçu ce matin la lettre de la mairie qui confirme très officiellement mon changement de prénom.
Du coup la prochaine fois qu’on me demande ce que c’est mon « vrai » prénom (de naissance donc), je pourrais fourrer ma carte d’identité dans des narines.

J’avais donc promis que je le ferais si ma demande était validée, que je détaillerais celle ci.
En soi ce n’est pas super complexe. Il faut juste un paquet de photocopies, et un peu de bonne volonté en face.

Etant né à Bègles, j’ai pu aller voir cette mairie là qui est encore sous la direction de Mr Noël Mamere, un élu écolo. J’ai soupçonné que cela passerait mieux que dans ma ville de résidence, soit Bordeaux, soit Juppé et donc une politique de droite.

C’était néanmoins rigolo puisqu’une fois dans l’office d’Etat Civil, quand j’ai dis à la dame vouloir déposer une demande de changement de prénom, celle ci m’a sorti un formulaire. Formulaire qui était déjà pré-rempli dans mon sac, et à mesure qu’elle m’annonçait les pièces à fournir, je les sortais une par une de mon dossier cartonné.

Voici donc la liste des pièces qui ont permis d’étoffer mon dossier :

(Obligatoires)
– Photocopie de la Carte D’identité actuelle
– Extrait de Naissance de moins de 3 mois
– Justificatif de Domicile récent (facture etc)

(Facultatif)
Des témoignages de plusieurs de mes proches, et notamment ma maman, avec pour chaque témoignage une photocopie de leur pièce d’identité.

Les lettres se basaient toutes sur plus ou moins le même modèle. A quelques détails près. La base c’est d’avoir leurs coordonnées en en-tête. Le classique je soussigné machin chose, demeurant à tel adresse, exerçant la profession de truc; certifie avoir été témoin des faits suivants.
Dans les faits à relater, j’ai insisté dans mes modèles proposés, sur le fait que même si les personnes me connaissaient depuis longtemps, à partir de la date où j’ai fait mon coming out, personne n’utilisait plus mon prénom de naissance, et je me présentais bien sous mon identité actuelle relative à la demande de changement.
Quelques mentions légales certifiant que je ne suis aucunement associé ou affilié à la personne qui témoigne, formule de politesse, date et signature.

Après je laissais libre à chacun.e de reformuler comme iel l’entendait. J’ai apporté un total de 7 témoignages différents, parce que je voulais autant de qualité que de quantité.

J’ai donc été déposer mon dossier complet en date du 15 Mars. La nana m’a rappelé le lendemain pour s’assurer que j’avais bien compris qu’on changeait uniquement le prénom sur les papiers et non pas le marqueur de genre. Elle m’a rassuré en me disant qu’il y avait peu de chances que cela soit refusé, Et ce matin du 31, j’ai reçu la précieuse lettre de la mairie de confirmation du changement.

Maintenant il ne me reste plus qu’à galérer à faire changer tous mes papiers et prévenir toutes les administrations concernées, et même si ça va être un foutoir sans nom, je compte bien en savourer chaque seconde.

Run away if we must

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Oui bonjour c’est moi, la virilité.

Ces derniers mois, j’ai remarqué une nette différence de traitement par les gens plus ou moins inconnus vis à vis de moi, et particulièrement depuis que je présente différemment socialement parlant.

A l’occasion du 8 Mars, j’avais parlé de la notion de privilèges, mais aujourd’hui ce n’est pas tant une question d’avantages mais plutôt de perception, et de comportemental.

Avant, quand j’étais dans la rue tard le soir, que ce soit seul comme accompagné, il m’arrivait très fréquemment de me faire emmerder par des mecs plus ou moins ivres, plus ou moins dégénérés. Ça allait de la remarque désobligeante et/ou obscène jusqu’à me faire agripper ou simplement approcher par ces énergumènes. Si je ne me sentais pas spécialement en sécurité, il ne m’est rien arrivé de bien grave dans le contexte de la rue. Bon sauf la fois où un mec m’a suivi jusqu’à devant chez moi. Mais passons.

Mais dernièrement, depuis que mon cispassing correspond à mon identité profonde, j’ai remarqué une différence très marquée dans l’approche de ces même connards (appelons un chat, un chat).
Je suis l’un d’entre eux, enfin, pas vraiment, mais je fais partie de la race suprême des rois de la rue : le genre masculin.

Si je me fais bien moins emmerder quand je rentre de soirée, ça arrive néanmoins, mais la tactique d’abordage est subtilement grossièrement différente.
En effet, les gars se montrent beaucoup plus familiers avec moi. Je suis leur pote, leur frère, leur camarade. Donc ils ont tendance à vouloir me toucher, différemment d’avant, mais me toucher quand même. Me serrer la main, m’attraper par l’épaule, me taper dans le dos virilement.
Et je ne me sens pas spécialement plus en sécurité en attendant. Si avant j’avais la trouille de me faire violer, maintenant j’ai l’angoisse qu’on me cherche des noises gratuitement et de me faire casser la gueule sans raison.

Le problème, c’est que je n’ai pas changé de caractère entre temps. Je suis toujours ce mec timide, maladroit et gêné. Celui qui ne sait jamais trop comment réagir en société, y compris dans ce genre de circonstance.

Et pour illustrer cela, je vais relater brièvement ce qui m’est arrivé mercredi dernier.

J’étais en compagnie de Leo & Simon, et nous rentrions d’un enterrement, autant vous dire que l’état d’émotion c’était pas trop ça.
Et un mec nous a approché pour demander une clope, Simon et Leo ne fumant pas, il se tourne vers moi. Je ment en expliquant que je l’ai taxée à quelqu’un. Sauf que c’était une cigarette roulée que j’avais dans la main. Le mec ne me croit pas trop, donc j’argumente que c’est tout à fait possible de l’avoir taxée vu que quelqu’un avait du matos et que je sais rouler.
Il me demande donc de lui serrer la main parce que « c’est incroyable ». Il tend donc la main, et après quelques instants d’hésitation, je lui serre la pince assez mollement car pas trop rassuré ni spécialement convaincu par son geste.
Et alors que je rebaisse le bras, il me rétorque que ma poigne devrait etre plus ferme, donc il insiste lourdement pour que je lui re-serre la main d’une « meilleure » façon. Sauf que moi je ne voulais absolument pas, et je regrettais déjà d’être rentré dans son jeu et de l’avoir touché.

Il a donc fallu que Leo intervienne un peu violemment pour qu’il se barre et me foute la paix.

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Et c’est là mon problème, je n’ai pas été éduqué comme un garçon, avec l’apprentissage de tous les privilèges que ça comprend. De ce fait, je suis socialement awkward (mal à l’aise/pas doué), et j’ai toujours des difficultés à me défaire de ce genre de situations.

Mais le hic c’est que je ne tiens pas spécialement à désapprendre mon caractère pour acquérir ce genre de familiarités. Certes, je souhaite obtenir plus d’aisance pour me sortir de ce type d’impasse, mais sans entièrement m’y perdre dans la foulée.
Je veux rester conscient de mes privilèges sans en abuser.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. A très vite !

There’s a fork in the road

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En farfouillant de vieilles photos sur FB, j’ai retrouvé des trucs, des choses qui datent de 2008, c’était un peu y’a 9 ans, et j’avais un peu 16 ans.
Et j’ai réalisé que j’étais vachement androgyne à l’époque. Ni vraiment fille, ni réellement garçon. Juste, quelque part au croisement des deux chemins.

Et ça m’a fait d’autant plus bizarre de retrouver ces photos, vu que c’était avant que ma vie ne prenne certains tournants. Médicaux pour la plupart.
Je n’étais pas particulièrement l’insouciance incarnée, puisque j’avais quand même de grosses difficultés déjà à ce moment là. Mais elles n’étaient pas vraiment liées à ma santé, enfin, je l’ignorais encore surtout, parce qu’en vrai il y avait déjà des indices le long du chemin. Je ne m’étais juste pas encore vautré la gueule pour les apercevoir.

Mais ce que je voulais souligner dans ce court article aujourd’hui, c’est qu’en fouillant mes vieilles photos, j’ai réalisé que jusqu’à un certain point, avant même ma réalisation identitaire, jusque dans mon physique, dans ma morphologie, je n’étais pas distinctement défini dans un genre ou dans l’autre.
Il y a vraiment eu un moment où, avec entre autres la prise de poids médicamenteuse, il y a eu un cap, un virage visuel si je puis dire. Et si j’ai aussi indirectement qu’explicitement essayé de lutter contre, en essayant de « faire des efforts » pour me féminiser, mon aspect physique m’envoyait quand même des fax pour me faire comprendre que je n’étais rien de moins qu’un garçon comme les autres.

Et du coup je trouve ça amusant avec le recul, en ayant toute la connaissance actuelle sur mon genre, mon identité véritable, que la si fameuse biologie, c’est du gros flan en fait. Parce que si effectivement y’a des trucs qui ont poussé à des endroits et pas à d’autres, le rendu général extérieur ne s’y conformait absolument pas.

Je repense donc avec un brin de nostalgie à tout ça, et je me dis que si j’avais su à l’époque, tellement de choses auraient été différentes, mais j’en serais probablement sorti moins grandi, si je n’avais pas vécu toutes les épreuves qui arriveraient ensuite.

Voilà. A l’origine je voulais transformer mon sentiment un peu amer en déclaration d’amour à moi-même, mais sans le savoir, j’ai altéré ça en légère introspection. Enfin, ce n’est pas bien grave, le résultat me satisfait suffisamment pour vous en faire part.

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Petit Kao deviendra grand.

Petit Kao deviendra grand.

Who do you think you are

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Aujourd’hui, un petit vrac matinal d’idées reçues et de phrases pré-faites sur la transidentité, qu’on va ensemble joyeusement déconstruire. Un point de vocabulaire en quelque sorte.

Pavé oblige, voici donc Sir Ian Mckellen en costume de fée.

Pavé oblige, voici donc Sir Ian Mckellen en costume de fée.

  • Les personnes trans changent de sexe
  • Les personnes trans deviennent des femmes/hommes
  • Les personnes trans choisissent/décident de changer

Plusieurs points similaires se cachent sous ces trois phrases que j’ai beaucoup entendu, donc comme je suis econome, je les rassemble pour éviter de me paraphraser.
Déjà, on distingue le sexe (anatomie) du genre (identité), et je vois beaucoup de gens passer largement au dessus de ce point pourtant crucial en termes de compréhension. Alors certes, grâce aux progrès de la science et de la médecine, il est effectivement possible pour une personne trans d’effectuer une chirurgie de réassignation génitale, mais dans la vraie vie véritable, ce que contient ses culottes ne vous concerne pas. On privilégie donc le terme de « genre » pour ce que vous souhaitez exprimer.

Ensuite, on ne « devient » pas une femme alors qu’on était un homme jusque là, et inversement. Pas plus que l’on ne « choisit » ce fameux « changement ». On ne se réveille pas un matin en se disant « oh tiens, j’me farcirais bien des années de combat administratif, juridique et médical, juste parce que j’me verrais mieux avec un pénis plutôt que mon actuel vagin! ». Non. Rien qu’à l’écrire je trouve ça débile, et j’espère que vous trouvez ça aussi absurde en le lisant de votre côté.
Les désaccords identitaire entre mental et apparence physique n’apparaissent pas soudainement à l’age de 28 ans. C’est souvent des sensations et ressentis plus ou moins enfouis et refoulés jusque là, parfois une souffrance depuis de longues années, parfois un énorme déclic qui nous renvoie à un pan entier de compréhension nouvelle sur notre vie passée. Il y a autant de parcours de vie différents qu’il y a de personnes trans.

  • La testo et les oestros font changer magiquement

Alors, oui et non. Il n’y a rien de magique là dedans, et le traitement hormonal n’est pas sans effets secondaires désagréables, que je ne listerais pas ici parce que c’est beaucoup trop long et que personne ne les lirait.

Les changements sont plus ou moins rapides selon les personnes, et si j’ai la chance d’avoir un cispassing correct en seulement quelques mois, ce n’est pas sans efforts non plus. L’identité sociale est avant tout une palette complète d’attitudes et de façon de parler, ou de se tenir, que l’on acquiert mais surtout que l’on analyse sans s’en rendre compte.
Et je dois bien avouer que j’ai dû ajuster certaines choses, plus ou moins naturellement, sans pour autant me fourvoyer vis à vis de ma personnalité. Mais il y a certaines choses que je ne fais plus, certains sujets de conversations que je n’aborde plus du tout, et certains éléments de mon passé que je dois altérer pour que mon discours soit cohérent par rapport à l’apparence que je renvoie.

Et si cela n’est pas forcément un effort colossal quotidien, cela demande une certaine forme de maîtrise et de contrôle constant sur mon discours. Attention, je ne dis pas que j’en perds ma spontanéité et que j’use de manipulation en permanence, je dis simplement que de temps à autre, il me faut bien rester sur mes gardes quant à mes formulations et tournures de phrases.

  • Né.e dans le mauvais corps

Ce point là est un angle de vue très personnel, et je ne dis pas que toutes les personnes transgenre le partagent.
Mais je considère que je ne suis pas né dans un « mauvais » corps, pas plus que je ne vais « changer » ledit corps. C’est une continuité, je garde la même base du début à la fin, simplement, je vais en altérer quelques détails graphiques, disons ça comme ça. Je n’ai pas le « mauvais » corps, simplement des attributs inadaptés à mon identité.
Et je vous dit ça alors que j’ai passé plus de 10 ans à haïr profondément mon enveloppe de chair, et que j’ai encore des gros triggers quand je me regarde dans un miroir. Parce que je n’aime pas ce que je vois, parce qu’il y a des éléments en trop, et je parle de ce que vous pensez autant que de ma ceinture abdominale.
A la limite, j’ai les mauvais papiers d’identité, mais pas le mauvais corps.

  • La chirurgie c’est carrément de la triche [vis à vis des personnes cisgenre]

J’ai entendu cette phrase un jour, avec pour argument suivant que les personnes trans, et spécifiquement les femmes, ont un accès privilégié à la chirurgie esthétique pour remodeler un corps pour le rendre, (je cite) pas plus féminin mais plus beau [selon les standards sociétaux].
D’une part c’est totalement faux, et d’autre part la beauté est complètement subjective. J’admets qu’il y a des critères communément admis, et encore, selon à qui et où on demande, lesdits critères bougent énormément.
Mais bref, la chirurgie pour une personne transgenre n’est pas si accessible que ça, et n’est remboursée que sous certaines conditions très spécifiques, au même titre que pour les personnes cisgenre, en fait.
Donc derrière ce faux problème, si t’es pas content.e, rien ne t’empêche de mettre la main au porte-monnaie, tu t’épargneras les années de suivi psychiatrique que subissent les personnes trans avant de pouvoir passer sous le bistouri, et surtout, tu m’épargneras ton vomi verbal.

  • Cisgenre c’est une insulte (au même titre que SJW)

Non. Ce n’est pas une insulte, pas plus que c’est un mot qui ne sert à rien. C’est tout simplement un rétronyme, c’est à dire un mot ou ensemble de mots créé pour aider à distinguer l’ancien usage d’un mot de son nouvel usage. Pour exemple, on a rajouté fixe à téléphone (téléphone fixe donc), pour le différencier du nouveau téléphone portable. Et je vous renvoie chez ma collègue Lunatopia qui m’a fait découvrir ce terme (rétronyme).

Et maintenant qu’on a la partie de grammaire, laissez moi vous dire en quelques phrases pourquoi « cisgenre » est important. Parce que ça évite d’employer d’autres mots rapidement offensant pour différencier des personnes transgenre. Des mots comme « normal », ou encore « bio ». T’as pas été élevé au grain alors la ramène pas.
Après, si des personnes détournent l’usage du mot cis pour accuser la part non-trans de la population d’être la source de tous leurs malheurs, moi je n’y suis pour rien.

En ce qui concerne le point de Social Justice Warrior, c’est une simple provocation de ma part. Parce que je ne vois pas vraiment où est le souci dans le fait de revendiquer être défenseur d’une minorité, tant que celle ci est d’accord, ou de juste prôner l’égalité et donc de remettre à leur place les personnes qui crachent trop facilement.
Moi je suis Social Justice DPS Distance, parce que je n’aime pas la classe de guerrier, mais c’est un tout autre sujet.

  • Une personne trans est plus mignonne qu’une personne cis du même genre

Ok donc en fait, ça c’est de la discrimination positive. En voulant faire une distinction même la plus gentille soit-elle, on creuse l’écart, et on marque la différence justement.
Il y a toute sortes de corps, féminins comme masculins. Pourquoi chercher à catégoriser au sein d’un groupe mais en s’appuyant sur des clichés et des idées reçues?
Je ne suis pas plus mignon qu’un mec cis parce que je suis trans, tout comme je ne suis pas plus moche qu’un autre. Je suis différent des autres parce que je suis gros, petit, brun, parce que j’ai les yeux marrons-verts. On s’en fout en fait. Trouvez des arguments plus valables que « je suis plus/moins attirant » juste parce que je suis trans.

Il y a autant de mecs trans efféminés que de mecs trans très masculins. Comme chez les cisgenre en fait. Idem du côté des femmes. Idem du côté des personnes non-binaires.
(C’était le point inspiré par Alwa. Il saura pourquoi. <3)

  • Un mec trans c’est plus doux qu’un mec cis, parce que ça a été élevé comme une fille

HAHA ! J’ai tellement de contre-exemples. Referez-vous au point précédent pour la plupart des arguments, mais sinon il y a autant de personnalités différentes qu’il y a de personnes, trans comme cis. Alors on arrête les préjugés deux minutes merci-bisou.

  • Une femme trans n’est pas une vraie femme

Allez, définis moi ce qu’est une vraie femme, je t’écoutes, bouges pas j’attrape le pop-corn.
Plus sérieusement, si on part du principe qu’une personne transgenre n’est pas une « vraie », sous prétexte qu’elle a des « morceaux » de corps différents de ce qu’on attends [par rapport à un.e cis du même genre identitaire], c’est un peu comme dire qu’une personne physiquement handicapée n’est pas une vraie personne, parce qu’elle n’a pas le packaging identique à une personne valide. C’est aussi stupide que méchant, et basé sur des concepts absurdes.
Mais bref.

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Je pense que je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. Je m’étais initialement lancé dans la rédaction de cet article en me disant que ça allait être du easy writing, et que je n’allais pas dépenser plus d’énergie que de temps dessus, et au final je viens de tuer 2h de ma vie, et on sent bien que sur la fin je manquais de concentration. Mais c’est pour la bonne cause.

 

I will stand behind you

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in_between

A présent que je possède le privilège du cispassing difficilement remis en doute, je prends conscience de nouvelles difficultés que je ne soupçonnais pas une seule seconde.

Pour prendre un exemple concret, il y a peu, j’étais à une soirée avec des amis, et parmi eux il y avait deux trois personnes qui ne me connaissent que depuis peu. L’une de ces personnes, une fille, parlait avec une autre des règles et de ses mésaventures sur le sujet, jusque là, rien d’anormal.
Je participais alors à leur conversation, avec suffisamment de recul pour ne pas dévoiler le fait que, moi aussi j’ai subi la chose durant des années. Le fait d’avoir deux sœurs dans ma fratrie a beaucoup aidé à ma « couverture ». Et à un moment donné, la nana en question a évoqué un moment particulièrement désagréable, et alors que je riais, elle m’a précisé « même si toi, tu ne peux pas vraiment comprendre ce que ça implique ». Ce n’était aucunement une attaque, juste un fait.  Et à ce moment là je n’ai pu m’empêcher de rayonner intérieurement : « mon cispassing est impeccable ».

Puis, soudainement, nous sommes le lendemain, et j’observe que la jeune femme dont je parlais la veille a laissé un commentaire sur mon instagrum. Un commentaire qui plaisante sur ma potentielle féminité. Je le supprime précipitamment.
Et je me rends alors compte que, je ne supporte pas qu’on remette en question ma condition de garçon. Et s’en suivent alors une foule de questions :

  • Si j’embrasse mon éventuelle part de féminité, suis-je moins valable? (Non)
  • Mon identité est elle remise en doute si je ne sais pas accepter une vanne? (Non plus)
  • Pour quelle raison ne puis-je supporter cette forme d’humour pourtant inoffensif ?

Et cette dernière interrogation mérite que je me penche un peu plus sur sa résolution. Peut-être parce que, mon identité a longtemps été une source de conflit au cœur de mon cérébral. J’ai mis des années à comprendre mon identité justement, et encore d’autres années à refouler celle ci, pour finir par entreprendre des changements physiques, émotionnels, psychiques, et je suis encore en plein dedans.

Je ne parviens donc pas à passer au delà d’une simple blague, parce que je suis encore trop fragile sur la question. Parce que durant tout ce temps, la blague, c’était moi. Et ma conception de ma propre vie s’est vue chamboulée quand vint le temps où je ne parvenais plus à en rire. Et parce que cette décision de prendre les choses en main de façon concrète a remué beaucoup de choses. J’ai perdu des gens dans la foulée, j’ai indirectement bousillé le peu de crédit que j’accordais à certaines personnes, y compris au sein de ma propre famille.

Mon identité est quotidiennement une source de soucis mineurs. Comme aller chercher un colis à la poste, entreprendre la moindre démarche administrative, aller au commissariat, ou encore prendre un rendez-vous médical.
Chaque fois que je dois présenter une pièce d’identité, je suis violemment ramené à une sorte de réalité biologique, sociétale, que je ne supporte pas. Que ce soit par ce qui est inscrit sur ma carte, ou par le regard de la personne qui la déchiffre, je subis simultanément l’inconfort, l’incompréhension, la réalisation gênante, le malaise général.

Donc non, comprenez bien que je ne peux que recevoir amèrement une blague qui se voulait initialement innocente, mais qui me ramène involontairement à une assignation qui ne correspond pas à ma réalité identitaire.

Peut-être que c’est juste moi qui me mange des montées de paranoïa en pleine face, ou peut-être que je correspond sans le vouloir au standard masculin implicitement imposé par une certaine forme de société patriarcale. Celui qui veut qu’il est impensable que soit remise en doute ma prétendue virilité.

Dans tous les cas, je pense qu’il faut que je respire un peu, prenne un tant soit peu de recul, et arrête de péter les plombs à la moindre insinuation que, éventuellement, j’ai un jour été perçu au féminin.

Florilège #1

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Comme le titre ne l’indique pas assez, voici pour vous une petite sélection des remarques lâchées innocemment que j’ai pu entendre ces derniers mois. Histoire que vous vous rendiez un peu compte de la violence quotidienne des gens à l’égard des personnes transgenres. Et quand je dis gens, c’est autant des individus random que des personnes que je connais et pensais plus éclairés que ça.

  • Ah mais t’es une fille en fait !
  • Mais… tu fais comment pour faire l’amour?
  • Tu ne seras jamais mon fils, parce que tu n’auras jamais de couilles.
  • Mais sinon, légalement parlant, quand est-ce qu’on pourra t’appeler par ton prénom?
  • Et c’est quoi ton vrai prénom du coup? (comprendre: nom de naissance)
  • Ah mais c’est pas le prénom que j’ai lu sur ta carte bleue !
  • Moi je ne veux pas te voir changer, pas de mon vivant, je suis contre, et je maintiens cette position.
  • Pourquoi tu ne restes pas juste lesbienne en fait?
  • Ah mais votre génération est décidément compliquée.
  • J’ai bien compris moi, tu cherches juste à être original(e).
  • Tu ne fais décidément rien comme tout le monde toi hein.
  • Et sinon… quand est-ce que tu vas faire… « l’opération »?
  • C’est pas trop cher de changer de sexe?
  • SALE PÉDÉ
  • T’as pas trop l’impression de passer à l’ennemi?
  • Et tu comptes avoir une bite à la fin du coup?
  • Tu vas mettre combien de temps à te transformer?
  • Moi j’ai mon oncle c’est un transsexuel aussi, il est devenu une femme.
  • T’as essayé de faire une thérapie?

Voilà. Chaque extrait est plus ou moins grave, et je n’ai pas la patience d’expliquer point par point en quoi c’est problématique.

Bonne nuit et bisou sur vos fronts.

Et pour se reconforter, un lapin mignon :

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