Vrac #23

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C’est moi que je l’ai fait (la photo) !

C’est amusant comme l’inspiration ça tient à peu de choses. Des bribes de phrases, des morceaux de mots, des bouts d’idées et des extraits potentiels.

Et depuis quelques jours, je n’en suis rendu qu’à ça : rien. Pas l’once d’un sujet, pas l’ombre d’une thématique. Et c’est d’une frustration telle, que je me forcerais presque à l’écrire aujourd’hui. Le rien à perte de vue. J’ai l’impression de prendre mon inspiration à pleines mains et que celle ci me coule entre les doigts bien malgré moi.

De ce fait, j’ai plusieurs morceaux de début de texte qui cohabitent dans mon cérébral depuis des jours. Rien de concret, seulement des débuts de possibilités. Et si je ne les pose pas en martelant mon clavier, je pense devenir plus fou que je ne le suis déjà. Du coup, aujourd’hui, un vrac d’éléments qui auraient pu devenir, mais qui faute de mieux, n’ont pas pu aboutir. Peut-être y reviendrais-je, peut-être pas, on verra.

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Le gentil connard

Je le dis souvent, que je suis un connard, mais comme je n’ai pas une tête qui y correspond, personne ne semble y croire. Pourtant, il m’arrive parfois d’être méchant, même involontairement, ou tout simplement de laisser sortir mes mauvaises émotions. Et ça semble surprendre les gens.
J’avais pourtant prévenu que j’étais un connard, afin de niveler le terrain d’avance. Histoire de me donner plus de marche de manœuvre, baisser l’ambition dès le départ, ainsi que les attentes à mon égard.

C’est un peu comme les bonnes notes à l’école, si tu en ramènes régulièrement, c’est normal et attendu, mais si tu te vautres lamentablement, tu te fais engueuler.
Là c’est pareil. J’avais pourtant prévenu que j’étais pas toujours gentil, et quand je suis calme, tout le monde s’accorde à dire que c’est normal. Mais si je sort de mes gonds, ça surprend les gens.
Oulala, mais t’es pas trop gentil tout le temps en fait?  Non. Je vous avais dit que j’étais un connard, ce n’est pas de ma faute si personne ne voulait y croire.

Je voudrais que ce soit ça le secret : baisser les attentes des gens pour mieux les surprendre.
La seule condition c’est qu’ils y mordent dès le départ, et ce n’est pas toujours le cas en fait.
Il n’y a pas de conclusion à établir, je n’ai pas toutes les clés en main.

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Pas comme les autres

Voilà une réflexion qui mériterait que l’on s’attarde plus longtemps dessus, mais d’autres l’ont fait mieux que moi je suppose, et la page blanche me menace, donc ce sera un très rapide tour de la question.

Il y a une tendance, probablement vieille comme le monde, qui est de se détacher pour mieux cracher, le tout afin de s’élever du reste.
Concrètement, ça se traduit par toutes ces personnes, généralement des filles, qui se disent « différentes des autres (filles) ». Elles décident de se désolidariser de la moitié de la population, pour être mieux considérées, généralement par l’autre moitié, mais pas seulement.
Ça se voit aussi dans les univers dit « féministes ». En dehors du militantisme en fait, où des personnes se disent féministes mais pas vraiment féministes. Dans le sens où, elles sont pour l’égalité, mais sans « l’hystérie usuelle ».

Alors je vais pas faire un cours d’histoire, mais les suffragettes, celles qui se sont battues pour obtenir le droit de vote, bah elles posaient des bombes. Donc pour l’hystérie on repassera.

On le voit aussi dans le milieu LGB(T). Des personnes homosexuelles qui, osent déclarer qu’iels sont bien homos, mais pas non plus d’humeur Gay Pride h24.
La marche des fiertés, à l’origine, c’est les émeutes de Stonewall en 1969, et c’est une femme trans qui a lancé le premier pavé.
Du coup, le fait de se désolidariser pour mieux s’élever, c’est cracher sur la mémoire des gens qui, bien avant nous, se sont battus pour nos droits, avant même que nous ne prenions nos tripes à deux mains pour affirmer qui l’on est.

Pour conclure, ce n’est pas en écrasant les autres qu’on s’élève seul, c’est en se soutenant les un.e.s les autres qu’on progresse tou.te.s ensembles, et qu’on parvient à faire avancer les choses. L’égoïsme n’est pas adapté à toutes les circonstances.

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Manger les fleurs

Je finirais sur cette petite pensée, assez anecdotique au final. Que lorsque l’on nous formule un compliment, la réception dépend tellement de notre background personnel, que sa perception s’en verra drastiquement différente selon le contexte d’où l’on baigne initialement.
Pour exemple, si on me dit que je suis joli, je vais faire une blague pour détourner le sujet, parce que je n’y crois pas une seule seconde, parce qu’on m’a fait comprendre toute ma vie que j’étais dégueulasse à regarder. Et même si je ne suis pas si monstrueux, le matraquage a fini par me faire douter.

Autre exemple, si on dit à mon coloc, qu’il est tellement carré sur le feminisme, sur son blog, qu’on pourrait penser que c’est une nana dans la vraie vie, il va être honoré.
Si on me formule exactement la même chose, je vais être criblé par la dysphorie instantanément.

Mais voilà, je trouvais ça amusant, à y reflechir quelques instants.

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Bref, c’est tout pour aujourd’hui, j’espère que ce vrac vous aura plu, et si vous avez des éléments supplémentaires à apporter qui vous semblent pertinents ou juste rigolos, la section commentaires est ouverte !

I know that ain’t no way to live

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Hier, c’était la sixième fois en l’espace de quelques mois qu’on me demandait si j’étais homo. Et comme le gars me mettait un peu mal à l’aise par son comportement trop familier à mon égard, j’ai hésité en répondant. Non pas que je sois spécialement sensible aux charmes des messieurs, mais mon hésitation a semblé l’encourager.

Et tout cet échange, et les précédents, m’ont fait me poser cette question, de pourquoi les gens ont l’impression que je suis homosexuel.
J’ai donc demandé à mon coloc, qui m’a étayé le fait que si mon expression de genre était clairement établie comme celle d’un garçon, mon look et mon aspect général, cheveux et piercings inclus, démontrait clairement que j’étais affilié à la communauté queer.

Alors, avant toute chose, je tiens à préciser que je ne me considère pas comme queer moi-même. Car pour moi, derrière ce terme il y a une idée politique, une image de militantisme et d’actions plus ou moins concrètes.
Or, je n’essaie pas d’être politisé, mais ma simple existence, de par certaines de ses spécificités, est indirectement politique, sans que moi-même je ne cherche à revendiquer quoi que ce soit.

Mais pour moi, la théorie est toute autre. Si mon expression de genre est clairement au masculin, je ne performe pas la masculinité comme on l’entend dans les standards de la société actuelle.
Je mélange excentricité et anxiété sociale, ce qui se traduit par une tendance à être exubérant tout en m’effaçant face à un groupe. Et j’ai un look d’adolescent, à base de tee-shirts à motifs rigolos, et de jeans amples et parfois informes. Entre ça et ma puberté tardive, je fais bien moins que mon âge.

Egalement, j’estime ne pas chercher une esthétique de virilité commune. Je ne vais que rarement au conflit, et je suis plutôt délicat. Et si on se base sur tout un tas de clichés de l’esprit collectif, par A+B, tout cela me fait donc apparaître comme homo aux yeux d’un paquet de gens.

Et en soi, ce n’est pas tellement un souci, que j’ai l’air gay, ou que j’ai l’air hétéro. Au pire on s’en fout en vrai. Mais ça m’interroge quand même, de savoir d’où tous ces inconnus me posent la question, et surtout, sur quoi iels se basent?

Toujours en discutant avec Charpi, j’en suis venu à la conclusion que, peu importe notre expression de la masculinité, les gens lisent des trucs sur nos visages, notre apparence. Lui, on lui demande souvent s’il fait de l’informatique, moi on me demande si je préfère les hommes. Et je pensais naïvement que j’avais autant un physique de gros geek que lui, mais apparemment pas. Je pensais naïvement qu’on lui posait aussi souvent la question de s’il était gay, mais toujours pas non plus.
Du coup, il semblerait que je transparais des éléments sans le savoir, et je n’ai pas la moindre idée de ce qu’ils sont.
J’ai incontestablement une tronche de nerd, mais queer. Lui, il a une tête de nerd, mais qui fait des mathématiques. C’est ce qui semble ressortir de notre débat en tout les cas.

Vraiment. Je me demande. Et cela m’amuserait presque, si ça n’impliquait pas de me faire draguer par des mecs de 45 ans. Parce que j’ai conservé des restes de cette éducation précoce à se méfier des hommes, et que je suis bien embêté, de ne pas savoir comment me sortir de ce genre de situations, avec la terreur enfouie de se faire agresser sexuellement.

Enfin bref. Je voulais le poser par écrit, même si ça ne m’apporte pas la réponse au final. Peu importe.

Make a home down there

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« Je ne suis pas raciste, j’ai un ami noir. »

Ah, ce fameux ami noir, ou ami de n’importe quelle minorité visible d’ailleurs. Ce procédé de se dégager des accusations grâce à ses fréquentations porte un nom : la caution morale.

Définissons un peu grâce au dictionnaire le Gros Michel :
Caution, nom féminin du latin cautio (la prudence).
Garantie morale, soutien donnés par quelqu’un, une institution, une autorité ; personne apportant cette garantie. Ex: Agir avec la caution du gouvernement.
La caution morale est donc ici, un individu qui se porte garant des propos d’un locuteur, dans le sens où, cet individu assure l’exactitude et le bon sens des mots dudit locuteur.

Et aujourd’hui, on va essayer de se placer du côté de la caution, et non pas de celleux qui s’en servent.

Ne croyez pas qu’ils sont invisibles, ces gens du quotidien qui se servent de leurs proches comme d’une excuse pour faire passer leurs propos les plus limites auprès des gens avec qui ils conversent. Parce qu’on vous voit, en vrai, on ne dit rien, mais on sait.
Et c’est plus d’une fois qu’on a pu me rapporter qu’untel aurait tenté de se dégager d’accusations de LGBTphobie, sous couvert que nous étions amis. Sauf que moi, je ne cautionne absolument pas. Et je suis loin d’être le seul.

Je sais qu’on dit toujours de laisser la parole aux concernés. Mais rendez vous compte que si même les concernés parviennent à sortir des énormités, soyez assurés que les non-concernés ont un potentiel de bêtise encore plus titanesque.
Attention cependant, je ne dis pas qu’il faut arrêter de débattre des sujets qui ne nous concernent pas, mais au contraire, le faire avec humilité, et se remettre en question quand on pointe du doigt nos erreurs, et non pas se braquer et camper sur ses positions. Parce que c’est souvent lorsque l’on est poussé dans nos retranchements que l’on fait alors appel à la caution morale.

Le problème étant, que c’est non seulement blessant pour la personne qu’on invoque alors, mais c’est aussi particulièrement irrespectueux. A la fois pour la personne concernée, comme pour nous-mêmes.
On ne peut pas justifier tout et n’importe quoi sous couvert d’être ami.e avec des minorités. C’est là une question de respect, et de décence.

De la même façon qu’un misogyne peut avoir une compagne, un.e raciste peut avoir des amis racisés, et ainsi de suite pour toutes les spécificités hors du carcan blanc cis-hetéro valide. Sans compter que au sein des communautés, les problèmes ne se recroisent pas forcément, et on peut ainsi cumuler. Il y a des homos misogynes, des lesbiennes racistes, des trans validistes, et toute la fanfare qui s’en accompagne.

Et j’ai le sentiment qu’il y aurait encore bien des choses à dire sur le sujet, mais je vais m’arrêter là pour deux raisons : je voudrais publier avant 2h du matin, et je voulais rester simple et accessible. Disons que c’est un premier pas, comme un avant goût qui, je le souhaite sincèrement, nous poussera à y prêter plus d’attention, et à nous eveiller sur la question.

En conclusion: les minorités ne doivent pas vous servir d’excuse. Et être issu d’une minorité ne vous octroie pas tous les droits non plus.

Look at me standing

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Coucou les pipous !
En cette période de grosse chaleur, je voulais faire un rapide article pour les porteurs de binders.
Comme vous le savez certainement, un binder est principalement fait de coton et de spandex (elasthane/lycra), du coup ça tient particulièrement chaud. Surtout qu’on porte généralement des vêtements par dessus, donc on double l’effet sauna.

En ce moment à Bordeaux, au plus fort de la journée on tape dans les 38 degrés, et même à l’heure où j’écris ceci, soit environ minuit, il fait encore facilement 27 degrés. Ça nous annonce méchamment la couleur pour les trois mois à venir. Du coup, comment éviter de mourir? Voici quelques petites astuces pour vous permettre de tenir la distance durant la période estivale. Rien de bien révolutionnaire malheureusement, mais c’est toujours ça de pris.

1/ Restez à l’écoute de votre corps.
Ça peut paraître con, et moi-même je suis un des premiers à forcer. Mais en tant que porteur de binder régulier, il faut être bien attentif à ses propres limites. Quand vous sentez que vous commencez à suffoquer, à avoir la tête qui tourne, il est temps de l’enlever, car cela vous évitera un éventuel malaise.

2/ Lavage Fréquent.
Nettoyez votre binder au minimum tous les deux jours, je suis d’accord que ça demande pas mal d’organisation, notamment parce qu’un binder doit être lavé à la main, et qu’il faut idéalement en avoir plusieurs pour faire un roulement.
Mais le fait qu’il soit propre permet un certain confort supplémentaire, en terme de port et d’enfilage, comme en terme d’odeur. Parce que mine de rien, la vitamine T augmente pas mal le fait de transpirer. Et porter un binder qui daube n’est pas forcément quelque chose qui met à l’aise son porteur.

3/ Limiter le port.
Le mieux est de pouvoir ne le porter que certains jours, et pas durant la journée complète. J’ai le « privilège » de ne pas devoir aller au taff ou à l’école, et je sais que c’est compliqué lorsque l’emploi du temps est incompatible avec des pauses longues.
Mais ne portez votre binder qu’en cas de situation strictement nécessaire. Donc pas à la maison, éventuellement pas en compagnie des gens avec qui vous êtes suffisamment à l’aise pour être sans, et surtout JAMAIS quand vous dormez (mais ça c’est toute l’année). Évitez également lors de sessions de sport, où il faudrait privilégier une brassière un peu serrée, plus adaptée qu’un binder.
Si vous n’avez pas la possibilité de rester sans, faites quelques pauses, même de 5 minutes, où vous l’enlevez pour le remettre après. Histoire de respirer normalement l’espace de quelques instants.

4/Serrez vous les coudes.
Si vous avez des ami.e.s qui sont aussi porteur.se.s de binders, soutenez vous les un.e.s les autres dans cette épreuve qu’est la chaleur. N’écoutez pas les gens qui vont sans cesse vous demander pourquoi ne pas « juste l’enlever? ». Je sais combien la dysphorie c’est pas rigolo, et que c’est irrationnel. Croyez moi, je comprends, vraiment.
Mais prenez soin de vous quand même, et économisez vous, et surtout hydratez vous !

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C’est tout pour moi, je vous dis à très vite pour du nouveau contenu ! D’ici là, faites attention à vous, et aux gens qui vous entourent.

Discover something brand new

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Cet après midi, alors que je devrais être en train de m’activer à boucler mon dossier destiné au tribunal, j’ai décidé que plutôt que de tout faire dans l’urgence, je m’en occuperais dans la soirée et irais le déposer demain, et en cette fin d’après-midi, j’écris un article à la place. Mais ceci n’est pas en lien avec le sujet du jour. C’est juste ma volonté de préciser que mon sens des priorités est particulier.

Je voulais donc revenir sur une vidéo qui as beaucoup tourné sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, celle d’un certain Max Bird, intitulée « l’homosexualité expliquée scientifiquement ». Alors je vous arrête immédiatement, je me suis refusé à l’idée de regarder ladite vidéo. Et ce pour une raison très très simple que je m’en vais vous expliquer en quelques lignes.

Parce que c’est non seulement un concept absurde, mais c’est aussi un peu dangereux.
Voilà, c’est tout pour moi, bisou et générique de fin.

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Bon, d’accord, je m’étale un peu plus finalement.
Mais c’est bien parce que c’est vous et que je vous aime fort.

Alors, allons-y joyeusement. Pourquoi chercher à expliquer scientifiquement l’existence de l’homosexualité, au même titre que la transidentité, c’est complètement con?

Parce que ça revient à dire que l’hétérosexualité est forcément l’orientation sexuelle par défaut, ou que le fait d’être cisgenre c’est être nécessairement plus normal que d’être trans.
Or ce n’est pas une question de normalité, mais bien de majorité, d’un point de vue des chiffres tout du moins.

Si on considère que les personnes trans ne représentent qu’environ 1% de la population, et que donc c’est pas eux les normaux, on revient à dire que c’est le même problème pour les personnes rousses. Oh wait, on leur crache déjà à la gueule en fait.
Je vais changer d’exemple du coup.

Ça reviendrait à dire que la France, ou la Russie, ou les Etats-Unis, ça c’est des vrais pays. Mais que l’Australie c’est juste une minorité visible. Que si on ne choisis pas d’être Australien, on peut expliquer scientifiquement qu’est-ce qui nous pousse à devenir australien. La volonté de mourir plus vite à cause de la faune et la flore? Ou une préférence personnelle pour un accent à couper au couteau?
Je ne sais pas trop, mais on peut vous aider chers Australiens, il existe des groupes de thérapie, promis.

Voilà. C’est vraiment absurde. Et pourtant, c’est la rhétorique qu’on nous balance à la gueule avec ce genre de vidéos. Nous, personnes rassemblées sous l’acronyme LGBT+, ne sommes pas une erreur statistique à analyser. Nous ne sommes pas scientifiquement explicables, ni dissécables à grands coups de théories fumeuses pour justifier de notre existence en tant qu’individus.

Donc s’il vous plait, arrêtons de visibiliser ce genre de médias, que ce soit des vidéos ou des articles pseudo-éclairés, qui ont pour volonté de normaliser une violence scientifique à notre égard. Celle consistant à nous valider, de la même façon que des créatures rares et fascinantes.

Nous sommes peut-être moins nombreux que l’écrasante majorité cis-hétéro, mais nous n’en sommes pas moins une part intégrante de l’univers qui nous entoure.
Je ne suis pas une anomalie statistique.
J’existe. Et je compte bien en profiter.

Look what you started

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Le mignon avant la colère.

Il y a de ces tournures de phrases toutes faites qui m’énervent. Y’en a même un paquet. Que ce soit des expressions que je ne saisis pas, du type « une fois n’est pas coutume », ou « je dis ça, je dis rien ». Bah si tu dis rien, tu n’imposes pas ton discours quand même en fait.
Mais aujourd’hui je pense à une tournure en particulier. Celle d’employer le mot « schizophrénique » pour parler d’un élément, d’une personne, d’une idée, d’une situation, subissant ou exprimant une dualité dans son concept.
C’est une formulation que j’ai souvent croisée, que ce soit dans des articles de presse, en ligne comme papier, ou dans la bouche de mes profs pour parler d’un point de grammaire Et ça me fait doucement hurler.

Un extrait du Nouvel Obs à propos du récent scandale autour de l’autre sac à merde.

Ça me fait grincer des dents parce que c’est un abus de langage, et une subtile stigmatisation supplémentaire qui n’est vraiment pas nécessaire. Celui d’associer forcément la schizophrénie au trouble de la personnalité, ou en termes plus simples : que cette pathologie se traduirait forcément par une personnalité multiple, un dédoublement de caractère etc.
Le simple fait de l’écrire en toutes lettres me donne envie de foutre mes mains au feu.

Petit rappel des bases : la schizophrénie est une affection psychologique, qui PEUT se traduire par un trouble de la personnalité, mais ce n’est pas une généralité. Le trouble de personnalité peut affecter un individu, indépendamment d’une éventuelle autre affection psychologique. En gros on peut avoir l’un sans l’autre, et vice versa.

Il y a autant de types de schizophrénies qu’il y a de personnes atteintes de cette maladie.
Et même s’il y a plusieurs grandes classifications dans la maladie, des genres de « type » de schizophrénie, il n’y a que très rarement deux patients identiques, même si les deux personnes ont exactement le même traitement, au dosage près, leurs habitudes de vie et leurs attitudes quotidiennes sont souvent clairement distinctes.

Et outre les différents sous-genre de cette affection, il y a aussi une question de degrés, et de gestion personnelle du traitement. J’ai déjà écrit des billets à ce sujet, sur le fait qu’il faut arrêter de basher les personnes sous médicaments. Pour me paraphraser, dans ce genre de circonstances, les médocs ne sont pas une béquille, mais bien une chaise, permettant de s’asseoir et de souffler un peu plutôt que de ramper jusqu’au prochain point de sauvegarde.

J’ai suffisamment vu les dégâts que peuvent résulter d’une prise chaotique des comprimés, et ce n’est pas beau à voir. C’est aussi particulièrement irresponsable.
Cependant je ne blâme pas forcément la personne qui doit avaler les pilules, mais aussi son entourage, soignant, familial, amical, qui ne parvient pas nécessairement à déceler une carence médicamenteuse. Mais bref. Je m’éloigne beaucoup trop facilement. Je disais donc.

Il y a bien évidemment des patterns communs dans cette maladie si particulière, comme celui d’être vachement plus sujet aux addictions (alcool, tabac, drogue et compagnie…), et d’avoir une grosse tendance à la dépression.
Et pour ce qui est du cliché de la violence, des études rapportent que les malades sont plus souvent dangereux pour eux-même (auto-agressivité), que pour les autres (hétéro-agressivité). Il y a bien évidemment des cas de violences envers autrui, et généralement ça fait vite la une des journaux locaux, mais ce n’est clairement pas la majorité statistique. Une personne schizophrène est bien plus disposée à s’auto-mutiler ou tenter de mettre fin à ses jours, plutôt que de se préoccuper de celles des autres.

Ma recommandation est donc de ne pas croire tout ce que vous lisez, même si c’est dans une publication qui semble super sérieuse et tout ça, et je maintiens cet avis me concernant, remettez les choses en doute, je ne détiens pas la vérité absolue.

Mais avant que cet article ne se termine en thèse sur cette maladie ma foi aussi complexe que fascinante, je conclurais rapidement.
La schizophrénie ne devrait pas être, que ce soit dans l’esprit collectif comme dans le langage commun, un synonyme de dualité. Mettez y tous les adjectifs que vous voulez, concernant l’irrationalité, le paradoxe, l’illogique totale, peu importe. Mais pas une équivalence à une idée double quelconque. Ah et foutez la paix aux bipolaires aussi.

C’est tout pour moi aujourd’hui, le bisou.

Une bouteille en arrière

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A l’occasion du 17 Mai, soit l’IDAHOT, ou Journée Mondiale contre l’homophobie et la transphobie en français, j’ai décidé de m’écrire une lettre à mon moi de y’a 10 ans. Bon, le résultat est moins feel good que je l’espérais, mais j’ai fait mon possible pour rendre le truc pas trop mielleux sans tomber dans le larmoyant pour autant.
Mais il faut quand même se contextualiser que moi, y’a 10 ans, j’étais une boule de nerfs pétri par la colère et le mal-être. Du coup j’essaie plus de me rassurer qu’autre chose, en essayant de ne pas trop tomber dans le paternalisme, mais je dois avouer que je me suis sincèrement pris au jeu, comme si mon moi passé allait réellement recevoir cette lettre. Bref, bonne lecture, et un paisible IDAHOT à vous tou.te.s !

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Cher Petit Kao,
Tu as actuellement 15 ans, bientôt 16, et tu es à l’aube d’un tas d’événements qui vont bouleverser ta vie.
Tu n’en as pas encore conscience pour le moment, mais tu fais face à une période charnière, plusieurs même, qui vont faire que ta vie à l’heure où je t’écris, n’a plus grand chose à voir avec celle que tu vis de ton côté du temporel.

De là où je t’écris, saches que tu as fini par débloquer certains questionnements, que tu refoules encore pour le moment présent. Mais ne sois pas pressé, disons simplement que certaines personnes que tu vas rencontrer auront un effet de « déclencheur » sur certaines de ces questions qui te troublent tant ces temps ci.

Cependant, sois bien mis en garde que tu n’est pas à l’abri de perdre certaines figures clés en cours de route. Je pense à l’une d’entre elles en particulier, dont tu t’en voudras un moment de ne pas avoir eu le temps de lui montrer explicitement qui tu es véritablement.
Néanmoins, sache qu’il t’aura connu de suffisamment près pour que, sans que tu ai eu besoin de lui montrer, voire de le lui dire, il t’auras vu sous ton vrai jour et ce plus que tu ne l’espère. Il aura également un impact important sur toi, sans que vraiment tu ne t’en rendes compte.

Egalement, d’autre personnes que tu penses encore cruciales pour toi, n’auront qu’une négligeable signification sur le long terme. Mais là encore, ne t’en inquiètes pas trop, tu en rencontreras d’autres toutes aussi formidables, si ce n’est plus.
Des gens qui resteront à tes côtés quoi qu’il advienne, peu importe combien tu changes.

Car oui, le changement, c’est ce qui t’attends, et ce, sur un paquet de plans. Je sais que tu as arrêté l’école depuis peu, et saches que tu y reviendras par la suite, par challenge personnel principalement, et je te gâche un peu la surprise, mais le Bac tu finiras par l’obtenir, pour finalement te rendre compte que cela ne t’es pas indispensable, mais bon, tu en tireras quand même beaucoup de fierté, ne t’en fais pas.

Moult aventures t’attendent au tournant, toutes spécialement chargées en emotion. Bon, par contre, tu ne rencontreras pas l’amour immédiatement, enfin si, mais pour une courte durée uniquement. Je ne souhaite pas te décourager cependant, je n’en sais simplement pas beaucoup plus pour le moment.

Ah, et accroches-toi bien à tes chaussettes, parce que tu vas t’embarquer sur un sacré rollercoaster médical. Tu iras de surprises en déconvenues, mais promis, ça finira par se stabiliser, tu finiras par t’y habituer.

N’angoisses également pas trop, ton indépendance toute fraîche finira elle aussi par s’aplanir, non sans quelques gros moments d’angoisse. Mais on n’a rien sans rien, n’est-ce pas?

Pour résumer, mon petit, et je sais que tu détestes que l’on t’appelle ainsi, mais ça te passera là aussi; tu t’apprêtes à vivre énormément de changements, tu vas même déménager de plateforme concernant ton blog. Tu ne rencontreras pas le succès que tu espères, mais tu te constituera une solide base de lecteurs fidèles, toutes et tous particulièrement bienveillants. Et de temps en temps, tu produiras du contenu dont tu pourra être très fier !

Beauoup de belles choses t’attendent, de nombreux chamboulements également, qui pourront paraître insurmontables, mais chaque fois tu sauras puiser la force nécessaire pour les assimiler et en tirer profit pour continuer ta route.

Ne te décourages pas, ne perds pas espoir.
Rien n’est écrit d’avance. Moi-même je demeure l’esprit ouvert à de nouveaux horizons inattendus.
Prends soin de toi, tu finiras même par y prendre goût.

Je t’embrasse,
Stan du futur.

They want me dead

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Des fois, je réalise que mon cispassing tient à des détails, des petites choses fragiles du quotidien, et qui nécessitent de sacrés jets de bluff.
Un élément en particulier me vient immédiatement à l’esprit, celui des toilettes. On ne peut pas vraiment esquiver ce besoin là, et ça peut être une source de soucis inattendus.

Encore hier soir, je discutais avec un nouvel ami, et nous évoquions le principe d’optimisation de « l’afk bio », à savoir, la pause petit coin obligatoire durant les parties de jeu vidéo en ligne. Et quand on est en pleine instance, ou donjon, bref, une partie intense à plusieurs, le moins de temps passé sur le trône est la clé du succès.
Je lui évoquais ma technique qui consiste à se désaper/rhabiller sur la route entre l’écran et les chiottes, et lui m’a répondu d’un air interrogateur pourquoi je perdais ce temps là? Alors qu’il suffisait de « se la caler sur le côté » et courir en calbut à travers l’appartement.
Après une savante poker face de ma part, j’ai renchéri après un léger silence que j’étais très pudique, et que je portais au minimum un short.

C’est à ce moment là que j’ai réalisé que les garçons cisgenre n’ont pas la nécessité de descendre leur futal aux chevilles pour pisser. Et je me suis senti un peu bête, d’avoir oublié ce genre de détail si stupide et pourtant si révélateur.

Je suis un homme ne possédant pas de pénis, et ça me complique un peu la tâche quand il s’agit d’aller faire ses besoins. En particulier quand les toilettes publiques sont, au mieux équipées d’une seule cabine, au pire ne disposent que d’urinoirs. Je suis simplement incapable de faire mon business debout. Et quand parfois la porte de la cabine est pétée, c’est super délicat de me soulager sans crainte d’être « grillé », et éventuellement d’être agressé pour « oser » être différent. Ça serait bien loin d’être du « jamais vu » malheureusement.
Je me rappelle précisément la fois où j’ai été chahuté assez violemment pour avoir utilisé les « toilettes des filles », je ne souhaite pas réitérer l’expérience.

D’autant que, et j’espère vraiment être le seul à le remarquer mais, entre les deux types de tuyauterie intime, le son produit lorsqu’on fait pipi est distinctement différent, en fonction duquel l’on est équipé. Et ça me fout une trouille monumentale quand vient le moment d’évacuer en terrain inconnu, ou simplement hors de chez moi.
Et je ne parle même pas de l’impossibilité totale d’uriner dans la rue, qui révélerait à coup sûr mon anatomie inhabituelle pour un garçon.

Voilà. Il n’y a pas vraiment de revendication particulière derrière ce billet, si ce n’est, laissez nous pisser comme on peut, et surtout comme on veut, où on veut.
Les personnes trans ont un quota suffisant d’angoisse quotidienne, et les WC en sont une partie intégrante.

Merci de votre attention.

And I’m your dying beauty king

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Quand je me lève, j’ai une sorte de routine matinale, comme beaucoup je pense. Et la mienne inclut de me nettoyer le visage dans l’évier de ma salle de bains. Et aujourd’hui, alors que je ne faisais rien de particulier par rapport à d’habitude, quelque chose m’a sauté aux yeux, alors que j’essuyais l’eau sur mes joues. C’était très étrange, mais je me suis soudainement trouvé beau. Alors que bon, j’étais sans mon binder, à demi nu devant le miroir. Et pourtant, en faisant abstraction de mes pectoraux beaucoup trop développés, je ne sais pas, je me suis trouvé pas si dégueulasse que ça, à bien y regarder.

Je suis certes assez massif, c’est peu de le dire, mais en observant un minimum, je me rends compte que je reste plutôt musclé, si ce n’est que je suis rembourré par dessus, du coup on en a moins conscience immédiatement. Et ces derniers mois, mon corps a pas mal bougé avec le traitement hormonal. J’ai perdu un peu de hanches, ma répartition graisseuse au niveau du ventre s’est étalée autrement, et j’ai mes fesses qui ont fondu.
Je demeure néanmoins toujours gros, mais gros différemment d’avant. C’est difficile à expliquer.

Je sais aussi que, certaines personnes reprochent dans mon dos le fait que je poste 25 selfies par jour sur les réseaux sociaux. Cependant, je tiens à leur signaler un élément assez simple et pourtant si lourd de conséquences : je me réapproprie mon image.

J’ai passé au minimum les 15 dernières années à ne pas me supporter, à me trouver monstrueux, difforme, laid… Mais je ne suis rien de tout ça, heureusement. Cependant, passer plus de dix années à se détester aussi férocement, ça laisse des traces, et je ne mentionne même pas les cicatrices qui ont pu découler de cette haine autocentrée.

En conséquence de quoi, oui, je suis chiant à vous mentionner chaque petit élément qui change et que je suis probablement le seul à observer avec autant d’attention. Mais chacun de ces petits éléments, sont des petits pas de victoire dans la bonne direction, celle où mon image mentale correspondra à mon rendu physique extérieur.

Donc pour répondre à la question sous-jacente, non, je ne compte pas arrêter mes 25 selfies quotidiens, pour la simple et bonne raison que ça me fait du bien, et de nos jours, se sentir bien dans son corps est un luxe sur lequel je ne cracherais pas de sitôt.

Et chaque matin où je me trouverais beau, chaque matin où j’aurais un besoin cruel de reconnaissance sociale, chaque matin où j’aurais la nécessité d’être rassuré, je posterais en conséquence. Parce que ma survie m’apparaît plus pertinente que l’idée d’éventuellement saouler certains individus.
Et je dis ça sans la moindre once d’animosité, bien au contraire.

Voilà. J’ai un peu perdu l’angle où je voulais arriver, mais l’essentiel est là.
Je vous aime fort, tou.te.s, et vous dit à la prochaine !

Together in the grave

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Quand j’étais plus jeune, j’étais vaguement gothique. Je dis vaguement, parce que j’avais 15 ans, un manteau noir avec des boucles en métal, des rangers et des fringues variant de noir à noir foncé. Avec quelques touches de rouge par ci par là. Mais j’avais 15 ans. Et par pression sociétale, j’ai décidé de passer au côté casual de la force, pour obtenir le résultat que vous connaissez désormais, à base de jean et de t-shirts aux motifs rigolos.

Mais une insulte m’a beaucoup marqué à cette époque là, entre autres joyeusetés, c’était d’être appelé Morticia, comme la maman dans la famille Addams, univers que j’affectionne tout particulièrement. Sauf que dans leurs bouches ce n’était pas un compliment, mais passons.

Je n’ai jamais vraiment compris ce qu’on reprochait à la famille Addams au juste. C’est certes un univers très sombre, un peu glauque, et franchement goth. Mais c’est aussi une famille plutôt idéale, pourtant clairement exposée comme à l’opposée de la famille parfaite comme on l’entend dans l’esprit commun.

Certes, la famille Addams est bizarre, inhabituelle, loin des codes classiques et s’émancipe clairement de la « normalité ». Et pourtant, ils font étalage de tout ce que je recherche dans un modèle familial.
Je tiens à dire avant toute chose que je me base surtout sur les deux premiers films sortis en 91 et 93.

Concernant les parents, Gomez et Morticia, ils s’aiment, et ils ne s’en cachent pas. Mais à côté de ça, leurs démonstrations d’affection ne sont jamais « too much ». Ils se font des bisous, ils se disent des mots doux, mais jamais ne tombent dans l’indécence.
Du côté des enfants, Pugsley et Mercredi se martyrisent mais sont toujours enthousiastes à l’idée de le faire, ils jouent, ne se montrent quasiment jamais capricieux, et sont bien élevés.
D’ailleurs quand Morticia parle avec une des professeurs de Mercredi, elle lui explique qu’elle laisse le choix de son avenir à sa fille, à condition qu’elle fasse d’abord des études, parce que l’éducation c’est important. Et les parents assistent au spectacle de l’école de leur progéniture, et participent parfois à leurs jeux d’enfants. Bref, ils sont un soutien constant.

Même quand Pubert débarque dans la famille, en particulier quand il devient « normal » (blond frisé et non plus brun gominé), si cela rend Morticia triste, elle ne rejette pas son troisième enfant, elle continue de s’en occuper et de l’aimer de manière inconditionnelle, elle accepte Pubert malgré qu’il soit si normalisé.

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Parce que c’est ça la force de la famille Addams, de nous prouver que même dans l’étrangeté, en décalage complet avec la société dans laquelle on vit, on peut toujours se trouver, et être aimé, et vivre heureux non pas malgré notre différence, mais en embrassant complètement celle ci.

Mais en attendant, je suis Fester, comme exemple ci-dessous.

Oh no !