Tuto : Ne pas s’ouvrir le visage

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Vous l’avez peut-être constaté, le dernier article, sorti en date du 17 septembre dernier a été supprimé. Je ne m’étalerais pas sur le pourquoi du comment cependant, mais du coup, après un incident en interne, et une longue réflexion, j’ai pris la décision de vous produire aujourd’hui, un contenu un peu plus léger. Aussi bien pour vous que pour moi.

Aujourd’hui donc : un tutoriel de rasage ! Je dois avouer que les photos sont foireuses, mais j’avais besoin de m’amuser un peu. Et en vrai, je m’étais déjà rasé le matin même, donc il n’y a effectivement rien à couper sur les photos de présentation.
Concernant le choix du rasoir, il faut avouer que c’est une affaire de goûts assez personnels. Je possède un Wilkinson Hydro 5 ainsi qu’un Gillette Sensor Excel que l’on m’a offert, c’est ce dernier que j’ai utilisé pour les photos.

Pour réaliser ce tuto chez vous, il vous faudra :
– 1 rasoir
– de la mousse à raser
– Un bol et un blaireau (optionnel)
– 1 serviette propre
– Un lavabo
– de l’après-rasage sans alcool
– des poils sur le visage (là aussi, optionnel)

En premier lieu, il est important, d’avoir les mains et le visage propres pour éviter toute infection ou éventuelle irritation, nettoyez vous donc la face avec un savon non abrasif et de l’eau tiède à chaude, mais pas brûlante non plus; et les mains avec le savon qui vous convient.

Faites mousser le savon de rasage dans le bol à l’aide du blaireau, pour ensuite l’appliquer sur votre visage mouillé. Si vous ne possédez pas de blaireau, tartinez vous délicatement le visage de crème sur une peau encore humide.

Vient donc la partie du rasage pur, qui là aussi, n’est pas si simple que l’on pourrait le penser. Pensez à tendre votre peau à l’aide de votre main libre, pour raser avec efficacité de votre main directrice (selon que vous soyez droitier·e ou gaucher·e).
Le truc c’est de raser dans le sens du poil, et par petites zones. Évitez de vouloir vous précipiter partout en même temps, ce n’est ni efficace, ni sans danger.
Il s’agit également de raser par « à-coups », et non pas de faire passer les lames sur toute la longueur de la joue d’un seul passage.

Pensez à regulierement rincer la lame, que ce soit dans un fond d’eau froide dans le lavabo, ou directement sous le robinet. Tapotez egalement la tête du rasoir sur le rebord pour faire tomber les poils coincés sous les lames.

Une fois le rasage complété dans toutes les zones qui vous intéressent, rincez une première fois à l’eau tiede, puis effectuez les éventuelles retouches de petits poils cachés.

Terminez par un second rinçage, à l’eau froide cette fois, et tamponnez gentiment votre visage avec la serviette propre.

Enfin, et c’est ma partie préférée, appliquez délicatement de la lotion d’après-rasage en massant légèrement les zones qui ont été rasées. Privilegiez une lotion sans alcool, histoire de ne pas hurler parce que ça brûle, mais une dont l’odeur vous plait, parce que vous allez l’avoir dans le nez au moins pendant une petite demi-heure.

N’oubliez pas de ranger la salle de bains, faites un selfie de vainqueur, et repartez conquérir le monde avec votre peau douce !

Bisou !

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La demisexualité, ce n’est pas ce que vous croyez

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Que je suis drôle !

Après avoir vu passer un article plusieurs fois relayé par mes contacts sur « la demisexualité, cette orientation méconnue », et un sacré festival de commentaires de gros beaufs en dessous, j’ai décidé de m’attaquer en toute humilité à ce sujet.

Avant toute chose, comme d’habitude, je ne possède pas la vérité absolue etc etc, faites vos contre-recherches aussi hein.

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Demisexuel·le : Définit une personne pour qui il est impossible d’avoir la moindre attirance sexuelle pour quelqu’un sans avoir au préalable une forte connexion émotionnelle.
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La demisexualité, véritable orientation pour les uns, gros bullshit pour les autres, est avant tout une façon d’appréhender les relations, amoureuses comme charnelles. Il s’agit d’une sous catégorie sur le spectre de l’asexualité (l’absence totale d’attirance ou d’intérêt pour ces questions là), spectre qui va jusqu’à ce qui semblerait s’appeler l’allosexualité (l’attirance au sens le plus commun).

Et là où cela devient intéressant, c’est que la demisexualité n’est pas une orientation au sens strict du terme, dans la mesure où c’est un indicateur de sa propre capacité à entretenir des relations qui mènent à faire des fanfreluches. Il s’agirait plutôt d’un adjectif, à coller avec sa propre orientation (hétéro/homo/bi-pan…), permettant de préciser un peu plus son mode de fonctionnement.

En soi, ce n’est pas indispensable de le préciser, puisque cela ne détermine pas par qui vous serez attirés, mais plutôt de comment vous serez attiré vers les autres.

Le seul point de doute sur la classification des demis, c’est que, au même titre qu’une orientation sexuelle/romantique, il n’y a aucun choix de fait. On ne choisit pas de ne pas pouvoir concevoir les coups d’un soir, on ne choisit pas non plus de ne pas pouvoir envisager quoi que ce soit sans une forte relation amicale pré-établie. Du coup, le terme de demisexuel a émergé, parce que des gens se reconnaissaient dans ce mode de fonctionnement instinctif pour elleux.

Et là vous allez me dire « mais ça sert à rien de faire rentrer des gens dans des cases toujours plus petites! ».
Et je vous répondrais que vous n’avez pas nécessairement raison, mais pas seulement.

Les étiquettes, ont cet avantage là, qu’elles rassemblent, qu’elles nous font savoir que nous ne sommes pas seuls à fonctionner de telle ou telle manière, et c’est aussi vrai pour les pathologies psy et leurs myriade de symptômes, que pour la vie amoureuse.
Je ne suis pas en train de dire que la vie privée est un handicap et que la sexualité est une maladie. Alerte terrain glissant. Non, là où je veux en venir, c’est que s’il n’y a pas 50 orientations sexuelles différentes au sens strict, il y a plein de façons d’envisager celles-ci individuellement. Et également, que si les cases ont cet aspect rassurant, il y a une différence entre se revendiquer de tel ou tel bord, et se voir affublé d’une étiquette par les autres.

Les cases ce n’est pas foncièrement mauvais, tant qu’on n’essaie pas de réduire au maximum, à être le plus précis possible. L’intérêt de la manœuvre, c’est de se multi-classer, parce que l’on peut facilement être présent dans plusieurs boites sans posséder le moindre don d’ubiquité.
C’est ça la force de l’être humain, celui ci est multiple, tant dans le fond que dans sa forme.

Pour conclure, si la demisexualité n’est pas une orientation sexuelle et/ou romantique à proprement parler, elle reste une manière de concevoir les relations qui n’en demeure pas moins réelle et légitime.

Send me a pulse

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Toute la semaine passée, j’étais à Paris, aussi bien pour un rendez-vous médical que pour le plaisir. Et lors de cette semaine à voir tout un tas de gens formidables, j’en ai rencontré des nouveaux, tout aussi formidables. J’ai également été confronté à cette éternelle question de ce que je fais dans la vie.
Et encore une fois, j’y ai longuement réfléchi après coup.
Je ne peux pas dire que je vis réellement de mon écriture, même si, ne nous le cachons pas, c’est un peu mon rêve de vie.

Je n’écris pas parce que vous êtes plusieurs à m’attendre au tournant si j’arrêtais de produire du contenu. J’écris parce que j’en ai le besoin vital. Même si, bien malgré moi, je me colle une pression terrible lorsque je dépasse les 10 jours sans le moindre billet.
J’ai également un projet hors ligne, sur papier, que je projette depuis plusieurs années, et qui m’en prendra encore de nombreuses avant d’être totalement abouti.

Je n’ai jamais été particulièrement doué pour m’astreindre à écrire régulièrement, encore moins à forcer l’inspiration. J’ai besoin de conditions très particulières pour produire mon art, si je puis le formuler ainsi.
Parce que c’est ça le twist : je ne me considère pas réellement comme un artiste. Parce que le contenu que je produit, je ne l’invente pas vraiment de toutes pièces, il n’y a rien de fictionnel dans mon style d’écriture.

Malgré tout, je sais que ma façon de rédiger nécessite une certaine aptitude d’analyse et de synthèse. J’essaie, en toute humilité, de produire un savant mélange d’intimiste un minimum détaillé, sans jamais tomber dans le pathos. Je m’y évertue chaque ligne, en tout cas.

De ce fait, j’ai tendance à privilégier la qualité à la quantité, malgré la pression que je m’inflige à moi-même. Parce que j’estime que lorsque je force le crayon, cela se ressent, rien ne sonne naturel, et le plaisir de me lire se perd totalement.

En bref, pour me retenir de partir dans tous les sens comme souvent, je vais résumer mon dilemme cérébral en quelques mots : je suis paradoxal.
Que ce soit vis à vis de mes envies en terme de contenu, en terme de fréquence comme en terme d’essence.

Je voudrais écrire souvent, mais je ne peux rien forcer pour toujours garder un seuil de qualité. Je voudrais écrire des choses puissantes, mais je n’en ai pas nécessairement la capacité. Et par dessus tout, j’ai un terrible manque de reconnaissance qui se traduit par mon envie de toucher plus de monde. Mais comme je n’ai pas vraiment de pivot central, de thématique unique dans ce blog, moins de monde s’y retrouve instinctivement.

Pour conclure, je me torture inutilement sur pas grand chose, et paf, ça fait un article. Mais j’avais besoin de poser tout ça quelque part.

Je vais mieux à présent. Merci de votre attention.

Nothing but your boots

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SUPER LAPIN, TO THE RESCUE !

Ce matin, on s’attaque à ce fameux Jean Michel Colorblind, ou en français dans le texte, Jean Michel Je-ne-vois-pas-les-couleurs !

Il s’agit, pour ceux qui l’ignorent, d’un mouvement supposément anti-raciste à la base, qui part du principe que tout le monde est logé à la même enseigne, peu importe sa couleur de peau. Le problème du délire « colorblind », c’est qu’il a aussi tendance à passer sous silence l’existence d’une différence.

Outre la nuance évidente de Pantone, il existe des différences de traitement des personnes racisées et ce de façon systémique. Que ce soit les violences policières à base de délit de faciès et autres contrôles des papiers pas si aléatoires.

Mais n’étant pas un individu racisé, je ne vais pas m’étendre sur la question, parce que en vrai, je ne l’ai jamais vécu. En revanche je peux m’étaler sur le fait que cette histoire de « colorblindness » s’étend à quasiment toutes les minorités. Que ce soit le handicap ou les questions de genre, personne n’est à l’abri de faire face à des « aveugles » en matière de conformité.

Que vous souffriez de douleurs chroniques, ayez un handicap visible, soyez racisé·e·s, êtes une femme, êtes en dépression, êtes trans, ou encore ayez une quelconque particularité visible; vous avez déjà forcément entendu quelqu’un vous dire que votre différence n’est pas importante, puisque à leurs yeux, vous êtes normal·e.

Et pétard, je ne suis tellement pas d’accord avec ce point là en particulier.
Sans même aborder plus que ça le fait que la normalité c’est chiant & surfait & secondaire & moissonneuse & batteuse.
Cette différence fait partie de vous, c’est ce qui fait que vous êtes uniques, entre autres détails croustillant à votre sujet. Donc j’envoie balader celleux qui tentent d’invisibiliser vos spécificités.

Si cela fait partie de vous, c’est que ça a de l’importance. Toutes les différences sont importantes. Vous êtes important·e·s. Ne laissez jamais personne vous dire qu’ils sont aveugles de vos différences, parce que celle·s ci vous rend·ent singulier·e·s !

Tout ce qui peut rendre différent·e est à porter avec fierté. Parce que cela peut vous rendre distinct·e des autres, et de là, il faut tirer toute sa force.

Ne nions pas la différence, parce que celle ci nous rend incomparables au reste de l’humanité.

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Ceci était un billet sponsorisé par l’Association des Gens qui t’Aiment.
Et aussi par le dictionnaire des Synonymes. Merci pour lui.

Vrac #23

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C’est moi que je l’ai fait (la photo) !

C’est amusant comme l’inspiration ça tient à peu de choses. Des bribes de phrases, des morceaux de mots, des bouts d’idées et des extraits potentiels.

Et depuis quelques jours, je n’en suis rendu qu’à ça : rien. Pas l’once d’un sujet, pas l’ombre d’une thématique. Et c’est d’une frustration telle, que je me forcerais presque à l’écrire aujourd’hui. Le rien à perte de vue. J’ai l’impression de prendre mon inspiration à pleines mains et que celle ci me coule entre les doigts bien malgré moi.

De ce fait, j’ai plusieurs morceaux de début de texte qui cohabitent dans mon cérébral depuis des jours. Rien de concret, seulement des débuts de possibilités. Et si je ne les pose pas en martelant mon clavier, je pense devenir plus fou que je ne le suis déjà. Du coup, aujourd’hui, un vrac d’éléments qui auraient pu devenir, mais qui faute de mieux, n’ont pas pu aboutir. Peut-être y reviendrais-je, peut-être pas, on verra.

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Le gentil connard

Je le dis souvent, que je suis un connard, mais comme je n’ai pas une tête qui y correspond, personne ne semble y croire. Pourtant, il m’arrive parfois d’être méchant, même involontairement, ou tout simplement de laisser sortir mes mauvaises émotions. Et ça semble surprendre les gens.
J’avais pourtant prévenu que j’étais un connard, afin de niveler le terrain d’avance. Histoire de me donner plus de marche de manœuvre, baisser l’ambition dès le départ, ainsi que les attentes à mon égard.

C’est un peu comme les bonnes notes à l’école, si tu en ramènes régulièrement, c’est normal et attendu, mais si tu te vautres lamentablement, tu te fais engueuler.
Là c’est pareil. J’avais pourtant prévenu que j’étais pas toujours gentil, et quand je suis calme, tout le monde s’accorde à dire que c’est normal. Mais si je sort de mes gonds, ça surprend les gens.
Oulala, mais t’es pas trop gentil tout le temps en fait?  Non. Je vous avais dit que j’étais un connard, ce n’est pas de ma faute si personne ne voulait y croire.

Je voudrais que ce soit ça le secret : baisser les attentes des gens pour mieux les surprendre.
La seule condition c’est qu’ils y mordent dès le départ, et ce n’est pas toujours le cas en fait.
Il n’y a pas de conclusion à établir, je n’ai pas toutes les clés en main.

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Pas comme les autres

Voilà une réflexion qui mériterait que l’on s’attarde plus longtemps dessus, mais d’autres l’ont fait mieux que moi je suppose, et la page blanche me menace, donc ce sera un très rapide tour de la question.

Il y a une tendance, probablement vieille comme le monde, qui est de se détacher pour mieux cracher, le tout afin de s’élever du reste.
Concrètement, ça se traduit par toutes ces personnes, généralement des filles, qui se disent « différentes des autres (filles) ». Elles décident de se désolidariser de la moitié de la population, pour être mieux considérées, généralement par l’autre moitié, mais pas seulement.
Ça se voit aussi dans les univers dit « féministes ». En dehors du militantisme en fait, où des personnes se disent féministes mais pas vraiment féministes. Dans le sens où, elles sont pour l’égalité, mais sans « l’hystérie usuelle ».

Alors je vais pas faire un cours d’histoire, mais les suffragettes, celles qui se sont battues pour obtenir le droit de vote, bah elles posaient des bombes. Donc pour l’hystérie on repassera.

On le voit aussi dans le milieu LGB(T). Des personnes homosexuelles qui, osent déclarer qu’iels sont bien homos, mais pas non plus d’humeur Gay Pride h24.
La marche des fiertés, à l’origine, c’est les émeutes de Stonewall en 1969, et c’est une femme trans qui a lancé le premier pavé.
Du coup, le fait de se désolidariser pour mieux s’élever, c’est cracher sur la mémoire des gens qui, bien avant nous, se sont battus pour nos droits, avant même que nous ne prenions nos tripes à deux mains pour affirmer qui l’on est.

Pour conclure, ce n’est pas en écrasant les autres qu’on s’élève seul, c’est en se soutenant les un.e.s les autres qu’on progresse tou.te.s ensembles, et qu’on parvient à faire avancer les choses. L’égoïsme n’est pas adapté à toutes les circonstances.

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Manger les fleurs

Je finirais sur cette petite pensée, assez anecdotique au final. Que lorsque l’on nous formule un compliment, la réception dépend tellement de notre background personnel, que sa perception s’en verra drastiquement différente selon le contexte d’où l’on baigne initialement.
Pour exemple, si on me dit que je suis joli, je vais faire une blague pour détourner le sujet, parce que je n’y crois pas une seule seconde, parce qu’on m’a fait comprendre toute ma vie que j’étais dégueulasse à regarder. Et même si je ne suis pas si monstrueux, le matraquage a fini par me faire douter.

Autre exemple, si on dit à mon coloc, qu’il est tellement carré sur le feminisme, sur son blog, qu’on pourrait penser que c’est une nana dans la vraie vie, il va être honoré.
Si on me formule exactement la même chose, je vais être criblé par la dysphorie instantanément.

Mais voilà, je trouvais ça amusant, à y reflechir quelques instants.

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Bref, c’est tout pour aujourd’hui, j’espère que ce vrac vous aura plu, et si vous avez des éléments supplémentaires à apporter qui vous semblent pertinents ou juste rigolos, la section commentaires est ouverte !

I know that ain’t no way to live

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Hier, c’était la sixième fois en l’espace de quelques mois qu’on me demandait si j’étais homo. Et comme le gars me mettait un peu mal à l’aise par son comportement trop familier à mon égard, j’ai hésité en répondant. Non pas que je sois spécialement sensible aux charmes des messieurs, mais mon hésitation a semblé l’encourager.

Et tout cet échange, et les précédents, m’ont fait me poser cette question, de pourquoi les gens ont l’impression que je suis homosexuel.
J’ai donc demandé à mon coloc, qui m’a étayé le fait que si mon expression de genre était clairement établie comme celle d’un garçon, mon look et mon aspect général, cheveux et piercings inclus, démontrait clairement que j’étais affilié à la communauté queer.

Alors, avant toute chose, je tiens à préciser que je ne me considère pas comme queer moi-même. Car pour moi, derrière ce terme il y a une idée politique, une image de militantisme et d’actions plus ou moins concrètes.
Or, je n’essaie pas d’être politisé, mais ma simple existence, de par certaines de ses spécificités, est indirectement politique, sans que moi-même je ne cherche à revendiquer quoi que ce soit.

Mais pour moi, la théorie est toute autre. Si mon expression de genre est clairement au masculin, je ne performe pas la masculinité comme on l’entend dans les standards de la société actuelle.
Je mélange excentricité et anxiété sociale, ce qui se traduit par une tendance à être exubérant tout en m’effaçant face à un groupe. Et j’ai un look d’adolescent, à base de tee-shirts à motifs rigolos, et de jeans amples et parfois informes. Entre ça et ma puberté tardive, je fais bien moins que mon âge.

Egalement, j’estime ne pas chercher une esthétique de virilité commune. Je ne vais que rarement au conflit, et je suis plutôt délicat. Et si on se base sur tout un tas de clichés de l’esprit collectif, par A+B, tout cela me fait donc apparaître comme homo aux yeux d’un paquet de gens.

Et en soi, ce n’est pas tellement un souci, que j’ai l’air gay, ou que j’ai l’air hétéro. Au pire on s’en fout en vrai. Mais ça m’interroge quand même, de savoir d’où tous ces inconnus me posent la question, et surtout, sur quoi iels se basent?

Toujours en discutant avec Charpi, j’en suis venu à la conclusion que, peu importe notre expression de la masculinité, les gens lisent des trucs sur nos visages, notre apparence. Lui, on lui demande souvent s’il fait de l’informatique, moi on me demande si je préfère les hommes. Et je pensais naïvement que j’avais autant un physique de gros geek que lui, mais apparemment pas. Je pensais naïvement qu’on lui posait aussi souvent la question de s’il était gay, mais toujours pas non plus.
Du coup, il semblerait que je transparais des éléments sans le savoir, et je n’ai pas la moindre idée de ce qu’ils sont.
J’ai incontestablement une tronche de nerd, mais queer. Lui, il a une tête de nerd, mais qui fait des mathématiques. C’est ce qui semble ressortir de notre débat en tout les cas.

Vraiment. Je me demande. Et cela m’amuserait presque, si ça n’impliquait pas de me faire draguer par des mecs de 45 ans. Parce que j’ai conservé des restes de cette éducation précoce à se méfier des hommes, et que je suis bien embêté, de ne pas savoir comment me sortir de ce genre de situations, avec la terreur enfouie de se faire agresser sexuellement.

Enfin bref. Je voulais le poser par écrit, même si ça ne m’apporte pas la réponse au final. Peu importe.

Make a home down there

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« Je ne suis pas raciste, j’ai un ami noir. »

Ah, ce fameux ami noir, ou ami de n’importe quelle minorité visible d’ailleurs. Ce procédé de se dégager des accusations grâce à ses fréquentations porte un nom : la caution morale.

Définissons un peu grâce au dictionnaire le Gros Michel :
Caution, nom féminin du latin cautio (la prudence).
Garantie morale, soutien donnés par quelqu’un, une institution, une autorité ; personne apportant cette garantie. Ex: Agir avec la caution du gouvernement.
La caution morale est donc ici, un individu qui se porte garant des propos d’un locuteur, dans le sens où, cet individu assure l’exactitude et le bon sens des mots dudit locuteur.

Et aujourd’hui, on va essayer de se placer du côté de la caution, et non pas de celleux qui s’en servent.

Ne croyez pas qu’ils sont invisibles, ces gens du quotidien qui se servent de leurs proches comme d’une excuse pour faire passer leurs propos les plus limites auprès des gens avec qui ils conversent. Parce qu’on vous voit, en vrai, on ne dit rien, mais on sait.
Et c’est plus d’une fois qu’on a pu me rapporter qu’untel aurait tenté de se dégager d’accusations de LGBTphobie, sous couvert que nous étions amis. Sauf que moi, je ne cautionne absolument pas. Et je suis loin d’être le seul.

Je sais qu’on dit toujours de laisser la parole aux concernés. Mais rendez vous compte que si même les concernés parviennent à sortir des énormités, soyez assurés que les non-concernés ont un potentiel de bêtise encore plus titanesque.
Attention cependant, je ne dis pas qu’il faut arrêter de débattre des sujets qui ne nous concernent pas, mais au contraire, le faire avec humilité, et se remettre en question quand on pointe du doigt nos erreurs, et non pas se braquer et camper sur ses positions. Parce que c’est souvent lorsque l’on est poussé dans nos retranchements que l’on fait alors appel à la caution morale.

Le problème étant, que c’est non seulement blessant pour la personne qu’on invoque alors, mais c’est aussi particulièrement irrespectueux. A la fois pour la personne concernée, comme pour nous-mêmes.
On ne peut pas justifier tout et n’importe quoi sous couvert d’être ami.e avec des minorités. C’est là une question de respect, et de décence.

De la même façon qu’un misogyne peut avoir une compagne, un.e raciste peut avoir des amis racisés, et ainsi de suite pour toutes les spécificités hors du carcan blanc cis-hetéro valide. Sans compter que au sein des communautés, les problèmes ne se recroisent pas forcément, et on peut ainsi cumuler. Il y a des homos misogynes, des lesbiennes racistes, des trans validistes, et toute la fanfare qui s’en accompagne.

Et j’ai le sentiment qu’il y aurait encore bien des choses à dire sur le sujet, mais je vais m’arrêter là pour deux raisons : je voudrais publier avant 2h du matin, et je voulais rester simple et accessible. Disons que c’est un premier pas, comme un avant goût qui, je le souhaite sincèrement, nous poussera à y prêter plus d’attention, et à nous eveiller sur la question.

En conclusion: les minorités ne doivent pas vous servir d’excuse. Et être issu d’une minorité ne vous octroie pas tous les droits non plus.

Look at me standing

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Coucou les pipous !
En cette période de grosse chaleur, je voulais faire un rapide article pour les porteurs de binders.
Comme vous le savez certainement, un binder est principalement fait de coton et de spandex (elasthane/lycra), du coup ça tient particulièrement chaud. Surtout qu’on porte généralement des vêtements par dessus, donc on double l’effet sauna.

En ce moment à Bordeaux, au plus fort de la journée on tape dans les 38 degrés, et même à l’heure où j’écris ceci, soit environ minuit, il fait encore facilement 27 degrés. Ça nous annonce méchamment la couleur pour les trois mois à venir. Du coup, comment éviter de mourir? Voici quelques petites astuces pour vous permettre de tenir la distance durant la période estivale. Rien de bien révolutionnaire malheureusement, mais c’est toujours ça de pris.

1/ Restez à l’écoute de votre corps.
Ça peut paraître con, et moi-même je suis un des premiers à forcer. Mais en tant que porteur de binder régulier, il faut être bien attentif à ses propres limites. Quand vous sentez que vous commencez à suffoquer, à avoir la tête qui tourne, il est temps de l’enlever, car cela vous évitera un éventuel malaise.

2/ Lavage Fréquent.
Nettoyez votre binder au minimum tous les deux jours, je suis d’accord que ça demande pas mal d’organisation, notamment parce qu’un binder doit être lavé à la main, et qu’il faut idéalement en avoir plusieurs pour faire un roulement.
Mais le fait qu’il soit propre permet un certain confort supplémentaire, en terme de port et d’enfilage, comme en terme d’odeur. Parce que mine de rien, la vitamine T augmente pas mal le fait de transpirer. Et porter un binder qui daube n’est pas forcément quelque chose qui met à l’aise son porteur.

3/ Limiter le port.
Le mieux est de pouvoir ne le porter que certains jours, et pas durant la journée complète. J’ai le « privilège » de ne pas devoir aller au taff ou à l’école, et je sais que c’est compliqué lorsque l’emploi du temps est incompatible avec des pauses longues.
Mais ne portez votre binder qu’en cas de situation strictement nécessaire. Donc pas à la maison, éventuellement pas en compagnie des gens avec qui vous êtes suffisamment à l’aise pour être sans, et surtout JAMAIS quand vous dormez (mais ça c’est toute l’année). Évitez également lors de sessions de sport, où il faudrait privilégier une brassière un peu serrée, plus adaptée qu’un binder.
Si vous n’avez pas la possibilité de rester sans, faites quelques pauses, même de 5 minutes, où vous l’enlevez pour le remettre après. Histoire de respirer normalement l’espace de quelques instants.

4/Serrez vous les coudes.
Si vous avez des ami.e.s qui sont aussi porteur.se.s de binders, soutenez vous les un.e.s les autres dans cette épreuve qu’est la chaleur. N’écoutez pas les gens qui vont sans cesse vous demander pourquoi ne pas « juste l’enlever? ». Je sais combien la dysphorie c’est pas rigolo, et que c’est irrationnel. Croyez moi, je comprends, vraiment.
Mais prenez soin de vous quand même, et économisez vous, et surtout hydratez vous !

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C’est tout pour moi, je vous dis à très vite pour du nouveau contenu ! D’ici là, faites attention à vous, et aux gens qui vous entourent.

Discover something brand new

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Cet après midi, alors que je devrais être en train de m’activer à boucler mon dossier destiné au tribunal, j’ai décidé que plutôt que de tout faire dans l’urgence, je m’en occuperais dans la soirée et irais le déposer demain, et en cette fin d’après-midi, j’écris un article à la place. Mais ceci n’est pas en lien avec le sujet du jour. C’est juste ma volonté de préciser que mon sens des priorités est particulier.

Je voulais donc revenir sur une vidéo qui as beaucoup tourné sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, celle d’un certain Max Bird, intitulée « l’homosexualité expliquée scientifiquement ». Alors je vous arrête immédiatement, je me suis refusé à l’idée de regarder ladite vidéo. Et ce pour une raison très très simple que je m’en vais vous expliquer en quelques lignes.

Parce que c’est non seulement un concept absurde, mais c’est aussi un peu dangereux.
Voilà, c’est tout pour moi, bisou et générique de fin.

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Bon, d’accord, je m’étale un peu plus finalement.
Mais c’est bien parce que c’est vous et que je vous aime fort.

Alors, allons-y joyeusement. Pourquoi chercher à expliquer scientifiquement l’existence de l’homosexualité, au même titre que la transidentité, c’est complètement con?

Parce que ça revient à dire que l’hétérosexualité est forcément l’orientation sexuelle par défaut, ou que le fait d’être cisgenre c’est être nécessairement plus normal que d’être trans.
Or ce n’est pas une question de normalité, mais bien de majorité, d’un point de vue des chiffres tout du moins.

Si on considère que les personnes trans ne représentent qu’environ 1% de la population, et que donc c’est pas eux les normaux, on revient à dire que c’est le même problème pour les personnes rousses. Oh wait, on leur crache déjà à la gueule en fait.
Je vais changer d’exemple du coup.

Ça reviendrait à dire que la France, ou la Russie, ou les Etats-Unis, ça c’est des vrais pays. Mais que l’Australie c’est juste une minorité visible. Que si on ne choisis pas d’être Australien, on peut expliquer scientifiquement qu’est-ce qui nous pousse à devenir australien. La volonté de mourir plus vite à cause de la faune et la flore? Ou une préférence personnelle pour un accent à couper au couteau?
Je ne sais pas trop, mais on peut vous aider chers Australiens, il existe des groupes de thérapie, promis.

Voilà. C’est vraiment absurde. Et pourtant, c’est la rhétorique qu’on nous balance à la gueule avec ce genre de vidéos. Nous, personnes rassemblées sous l’acronyme LGBT+, ne sommes pas une erreur statistique à analyser. Nous ne sommes pas scientifiquement explicables, ni dissécables à grands coups de théories fumeuses pour justifier de notre existence en tant qu’individus.

Donc s’il vous plait, arrêtons de visibiliser ce genre de médias, que ce soit des vidéos ou des articles pseudo-éclairés, qui ont pour volonté de normaliser une violence scientifique à notre égard. Celle consistant à nous valider, de la même façon que des créatures rares et fascinantes.

Nous sommes peut-être moins nombreux que l’écrasante majorité cis-hétéro, mais nous n’en sommes pas moins une part intégrante de l’univers qui nous entoure.
Je ne suis pas une anomalie statistique.
J’existe. Et je compte bien en profiter.

Look what you started

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Le mignon avant la colère.

Il y a de ces tournures de phrases toutes faites qui m’énervent. Y’en a même un paquet. Que ce soit des expressions que je ne saisis pas, du type « une fois n’est pas coutume », ou « je dis ça, je dis rien ». Bah si tu dis rien, tu n’imposes pas ton discours quand même en fait.
Mais aujourd’hui je pense à une tournure en particulier. Celle d’employer le mot « schizophrénique » pour parler d’un élément, d’une personne, d’une idée, d’une situation, subissant ou exprimant une dualité dans son concept.
C’est une formulation que j’ai souvent croisée, que ce soit dans des articles de presse, en ligne comme papier, ou dans la bouche de mes profs pour parler d’un point de grammaire Et ça me fait doucement hurler.

Un extrait du Nouvel Obs à propos du récent scandale autour de l’autre sac à merde.

Ça me fait grincer des dents parce que c’est un abus de langage, et une subtile stigmatisation supplémentaire qui n’est vraiment pas nécessaire. Celui d’associer forcément la schizophrénie au trouble de la personnalité, ou en termes plus simples : que cette pathologie se traduirait forcément par une personnalité multiple, un dédoublement de caractère etc.
Le simple fait de l’écrire en toutes lettres me donne envie de foutre mes mains au feu.

Petit rappel des bases : la schizophrénie est une affection psychologique, qui PEUT se traduire par un trouble de la personnalité, mais ce n’est pas une généralité. Le trouble de personnalité peut affecter un individu, indépendamment d’une éventuelle autre affection psychologique. En gros on peut avoir l’un sans l’autre, et vice versa.

Il y a autant de types de schizophrénies qu’il y a de personnes atteintes de cette maladie.
Et même s’il y a plusieurs grandes classifications dans la maladie, des genres de « type » de schizophrénie, il n’y a que très rarement deux patients identiques, même si les deux personnes ont exactement le même traitement, au dosage près, leurs habitudes de vie et leurs attitudes quotidiennes sont souvent clairement distinctes.

Et outre les différents sous-genre de cette affection, il y a aussi une question de degrés, et de gestion personnelle du traitement. J’ai déjà écrit des billets à ce sujet, sur le fait qu’il faut arrêter de basher les personnes sous médicaments. Pour me paraphraser, dans ce genre de circonstances, les médocs ne sont pas une béquille, mais bien une chaise, permettant de s’asseoir et de souffler un peu plutôt que de ramper jusqu’au prochain point de sauvegarde.

J’ai suffisamment vu les dégâts que peuvent résulter d’une prise chaotique des comprimés, et ce n’est pas beau à voir. C’est aussi particulièrement irresponsable.
Cependant je ne blâme pas forcément la personne qui doit avaler les pilules, mais aussi son entourage, soignant, familial, amical, qui ne parvient pas nécessairement à déceler une carence médicamenteuse. Mais bref. Je m’éloigne beaucoup trop facilement. Je disais donc.

Il y a bien évidemment des patterns communs dans cette maladie si particulière, comme celui d’être vachement plus sujet aux addictions (alcool, tabac, drogue et compagnie…), et d’avoir une grosse tendance à la dépression.
Et pour ce qui est du cliché de la violence, des études rapportent que les malades sont plus souvent dangereux pour eux-même (auto-agressivité), que pour les autres (hétéro-agressivité). Il y a bien évidemment des cas de violences envers autrui, et généralement ça fait vite la une des journaux locaux, mais ce n’est clairement pas la majorité statistique. Une personne schizophrène est bien plus disposée à s’auto-mutiler ou tenter de mettre fin à ses jours, plutôt que de se préoccuper de celles des autres.

Ma recommandation est donc de ne pas croire tout ce que vous lisez, même si c’est dans une publication qui semble super sérieuse et tout ça, et je maintiens cet avis me concernant, remettez les choses en doute, je ne détiens pas la vérité absolue.

Mais avant que cet article ne se termine en thèse sur cette maladie ma foi aussi complexe que fascinante, je conclurais rapidement.
La schizophrénie ne devrait pas être, que ce soit dans l’esprit collectif comme dans le langage commun, un synonyme de dualité. Mettez y tous les adjectifs que vous voulez, concernant l’irrationalité, le paradoxe, l’illogique totale, peu importe. Mais pas une équivalence à une idée double quelconque. Ah et foutez la paix aux bipolaires aussi.

C’est tout pour moi aujourd’hui, le bisou.