Don’t give up

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Depuis peu, mon cispassing s’est suffisamment amélioré pour que je passe physiquement pour qui je suis dans le dedans. Je pense que la voix joue pas mal sur le sujet, mais je ne me pose pas trop la question.

De ce fait, quand je vais dans mon bar de prédilection, je suis souvent amené à discuter avec des gens que je ne connais pas, et surtout qui ne me connaissaient pas il y a encore quelques mois/années. Et les gens ne se posent pas un instant la question de savoir si je suis cisgenre ou non. Et, ça fait un bien fou en fait. Je ne suis pas juste réduit à mon identité, je ne suis pas juste « le trans de service » à qui on va pouvoir poser toutes les questions qui brûlent nos lèvres.

C’est reposant, cette invisibilité. Faire partie de la masse grouillante au lieu d’être un freak show ambulant, est d’un confort absolu. Pas besoin de se justifier pendant un quart d’heure sur le fait que oui, je suis effectivement qui je « prétends » être. Et personne pour m’engueuler parce que je suis mauvaise ambiance sous prétexte que j’en ai marre de répondre aux questions, toujours les même généralement, et fréquemment hyper intrusives.

Du coup, pour l’occasion, j’ai invitée plusieurs ami.e.s à répondre à quelques questions, que j’ai préparées à l’avance. Parce qu’elles et ils vivent la situation, plus ou moins similaire, depuis plus longtemps que moi.

C’est donc avec cette introduction de 20 kilomètres que je vous propose pour les prochaines semaines à venir, à raison d’une sortie par semaine, entre les autres billets s’il y en a, une série d’articles sur la vision personnelle du cispassing et de ses conséquences dans l’espace public. Le tout raconté par des personnes concernées, à divers degrés du spectre du genre.
Les questions seront quasiment toujours les même, à quelques mots près, mais la palette d’individus permettra de varier et d’offrir des horizons de réponses différentes, pour plus de richesse dans les opinions, afin de ne pas avoir, comme chaque fois, juste MON avis sur le sujet.

PS: A la base je voulais sortir tout ça en novembre, et appeler ça le NO-SHAME November, mais faute de motivation et dû à plusieurs contretemps, la série atterrit à l’arrache à cheval sur janvier et fevrier. Cette série d’articles devait également être publiée sur un autre site que le mien, mais l’opportunité s’est complexifiée suite à divers soucis en interne. Donc faute de meilleurs auspices, j’espère ne pas perdre mon lectorat habituel, et je publie ça à la maison.

Rendez vous donc mercredi pour le premier épisode des Chroniques Queer !

[Episode 1 : Camille
Episode 2 : James
Episode 3 : Heloïse
Episode 4 : Sacha
Episode 5 : Charlie
Episode 6 : Alix
Episode 7 : Grand Final]

 

2016, l’année des fraises

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OUAIS C'EST ÇA, CASSE TOI !

OUAIS C’EST ÇA, CASSE TOI !

Je peux affirmer sans trop me planter, que j’ai survécu à 2016. Il y a des décès tous les ans, mais cette année tout particulièrement, m’a touché personnellement. Outre David Bowie, Alan Rickman, Pete Burns, Georges Michael et Carrie Fisher, pour n’en citer que quelques uns, 2016 a aussi apporté son lot de deuil du côté de ma vie privée. Je l’écrivais début février, mais j’ai perdu quelqu’un que j’aimais beaucoup, et aujourd’hui encore, j’en ai les larmes qui me montent aux yeux.

Mais aujourd’hui, j’ai pris la décision de relater ce qui m’est arrivé de positif cette année, parce que s’apitoyer sur son sort ne fait pas avancer la marchandise avant les bœufs, un truc du genre.

Cet article abordera deux plans : le point de vue du blog, et l’approche plus personnelle de cette cuvée 2016. Et je dois vous avouer que j’ai particulièrement séché pour trouver des trucs vraiment intéressants à dire. Notamment parce que j’ai une mauvaise mémoire, mais aussi et surtout parce que y’a des trucs dont tout le monde s’en fout un peu quand même.
Mais trêve de spoilers, attaquons.

En cette année des fraises, le blog a pas mal bougé, il a d’abord changé de nom en début d’année, une subtile lettre de changée qui a fait toute la différence. Sur la page FB dédiée au blog, pour suivre toutes mes aventures en temps réel (abonne toi !), on a gagné 39 followers, en passant de 115 à 154. Le pic a été de 156, mais des gens ont du partir en route. Chaque nouvel abonné se fait équilibrer par un départ, c’est un truc dont j’ai du mal à saisir le fonctionnement, mais soit.
Un total de 59 articles ont été rédigés, et donc 60 si on prends en compte celui que vous êtes en train de lire, soit un ratio d’un peu plus d’un article par semaine, et ce score m’enjoie assez.

En fin d’année également, un de mes articles a été relayé sur Simonae, et le lien a été retweeté par Ginger Force, une youtubeuse que j’affectionne tout spécialement. D’autant que ce fut un des articles de 2016 qui m’a demandé le plus de boulot, donc j’étais content.
Pour finir sur cette première partie, le total des visites du blog sur l’année complète a été d’environ 9600. Et c’est franchement cool.

D’un point de vue purement personnel, il m’est arrivé un paquet de trucs cette année. Bon, outre ma transition dont je vous bassine à longueur d’articles, je tiens quand même à souligner que je suis passé du coming out intégral, famille au complet incluse; à la quiétude et la tranquillité du confortable cispassing. Parce que après tout, mon intimité ne regarde que moi, tout ce qui importe pour les autres, c’est de ne pas remettre en doute mon identité de garçon.

Cette année j’ai aussi fait un peu de modification corporelle, ma sœur [de sang] (dont c’est le métier hein) m’a fait mon septum (l’anneau au milieu du pif), et j’ai fait encrer ma peau par deux fois par mon frère [de choix]. J’ai aussi pas mal bougé physiquement, en changeant ma monture de lunettes, en optant pour du bois, parce que c’est vachement confortable mine de rien. J’ai également changé de cheveux un paquet de fois, entre les coupes et les parties en couleurs. Par contre je vous rassure, ma garde-robes n’a pas perdu de sa coolitude, et cette année encore, j’ai agrandi ma collection de tee-shirts de l’awesome.
Et si j’ai dû arrêter d’aller à la salle de sport en milieu d’année, j’ai pu récupérer un vélo pour pédaler furieusement dehors, et j’ai même réussi à perdre plusieurs kilos malgré l’arrêt de la salle.

Enfin, j’ai achevé de me hipsteriser un peu plus, car après l’achat de mon appareil polaroïd en 2015, cette année j’ai acquis ma petite collection de vinyles, avec de quoi les lire bien évidemment.
Ah et maintenant, je suis en follow mutuel avec Dame Fanny sur Twitter, et c’est un peu la classe quand même.

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Pour conclure, ce fut une année difficile, riche en rebondissement, mais emplie d’amour au sein de mon cercle d’amis, très proche comme occasionnel.
Je me suis affirmé, j’ai gagné en swag et je suis toujours bien entouré.

Pour terminer pour de vrai, voici mes vœux pour 2017 :
Je vous souhaite à tou.te.s une excellente année, qu’elle vous apporte autant de joie que de niaiserie, de l’amour par brouettes pleines et des briques de bonheur.
Suffisamment pour subsister confortablement, et toujours plus de meilleures nouvelles !
Amour sur vos têtes. ♥

 

Les 7 ans du blog !

Vidéo

Aujourd’hui, mon humble blog fête ses 7 ans !

A cette occasion, j’ai décidé de mettre des bougies sur un gâteau, et puis de manger le gâteau. Et comme c’était pas un mauvais gâteau, bah j’ai fait des photos, et une petite vidéo. Et puis aussi quelques lignes de remerciement à tous mes ordis qui se sont succédé pour assurer la longévité de ce blog!

Un premier, à Charlie le Conquérant. Qui m’as été offert à mon entrée au lycée, avant même la création de Guy, Geek & Green. Et à qui je dois mes premières mises en ligne d’articles qui étaient avec le recul, assez foncièrement mauvais adolescents.

Un second, pour Frederick le Vaillant. Premier gros achat avec mon propre argent, durement gagné à la sueur de mon front. Une grande partie des premières années du blog a été rédigée sur son clavier silencieux de laptop.

Un troisième à Hubert le Sauveur. Récupéré auprès d’un copain qui changeait de PC, alors que Fred battait clairement de l’aile. Hubert qui me sert encore, alors que j’écris ces quelques lignes. Même si une grande partie de son matériel a été changée avec le temps, il n’en reste pas moins mon Sauveur des Internets.

Un quatrième à Piotr le Discret. Dernier acquis de la famille, qui bien qu’actuellement en séjour prolongé chez le Bro-Léo, a su gagner mon cœur avec son clavier doux et sa ventilation d’avion au décollage.

Et enfin un ultime merci à vous, mes lectrices et lecteurs, fans du premier jour comme derniers arrivés. Sans votre soutien et votre présence toutes ces années, je n’aurais probablement pas tenu la distance.

Je lève mon gâteau à une nouvelle année prospère et créative!
Le bisou.

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Make me feel again

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Depuis que j’ai annoncé publiquement ma volonté de changer physiquement pour mieux correspondre à qui je suis réellement, il y a une question que j’ai beaucoup reçu.

Ça ne t’arrives jamais d’avoir des doutes quand à ton projet?

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Aujourd’hui, j’ai donc décidé de répondre à cette question, une bonne fois pour toutes.

Tout d’abord, sachez simplement que si, il m’arrive d’éprouver de l’appréhension. Quand je vois tout le chemin qu’il me reste à parcourir, les innombrables batailles qu’il me reste à livrer, avec les administrations, avec les gens, avec la société; j’en viens à me demander si ça en vaut vraiment la peine?
Bien évidemment, la réponse est oui, oui ça en vaut la peine. Même si ça risque fortement ne pas être simple, et que rien n’est garanti, l’espérance de correspondre physiquement à qui je suis émotionnellement, c’est inestimable.

Ensuite, je me rends compte que je me suis rarement senti aussi bien que ces 6 derniers mois. Je me sens libéré d’un poids que j’ignorais porter jusque là.
En faisant un rapide retour sur le déroulement de ma vie, j’ai pris conscience que je n’avais pas eu une minute de répit depuis les toutes premières années de ma vie. Tout n’y est que douleur, rejet d’autrui, de moi-même, traumatismes et autres souffrances en tout genres.
Comme je l’ai écrit auparavant, je suis toujours à peu près parvenu à tout mettre sur le dos d’un élément qui n’avait rien demandé (le poids, ma famille, etc.), afin de continuer à avancer avec un bouc émissaire à accuser. Mais quand j’ai enfin fini par comprendre que le problème était sous mes yeux depuis le départ, tout s’est imbriqué, tout a pris du sens.

J’ai aussi entendu que c’est comme pour le reste des éléments dans ma vie, c’est une lubie temporaire, ça me passera. Comme à chaque fois que j’ai une idée un peu farfelue, j’en deviens hyper motivé, et en trois mois c’est passé.
Sauf que là on ne parle pas d’un projet professionnel, on parle de mon ressenti intime et profond. Un ressenti contre lequel j’ai lutté pendant des années parce que je ne voulais pas être concerné, jusqu’à que ça m’explose au visage.
Je ne veux pas changer physiquement pour faire joli, j’en ai besoin, ça m’est vital, c’est crucial pour ma survie proche.

Alors bien sûr, de temps en temps je me dis que peut-être je suis dans le faux, peut-être que tout ceci ne me concerne pas réellement, mais bon, je me demande aussi parfois ce que ça fait de passer sous un bus, alors bon, j’ai pris pour habitude de ne pas trop écouter mes angoisses profondes.

Mais plus sérieusement, je me sens un peu comme si je devais passer sur le billard pour une opération du cœur. Je suis terrifié à l’idée que ça merdoie en route, mais je sais que je n’en sortirais qu’en meilleur état à l’arrivée. Et je sais que je vivrais et me sentirais bien mieux au final après tout ça.

Donc pour résumer: Oui j’ai des doutes. J’ai des doutes sur le déroulement des événements, j’ai des doutes sur le futur, sur les réactions des gens, sur si je serais accepté par la société après tous ces changements physiques.
Mais aucun doute éprouvé quant au fait que je suis effectivement un garçon transgenre.

And they call me under

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Il était mon ami, il était mon frère.
Il était mon barman, il était mon père.

Il parlait à l’oreille des PC, il servait des godets. Un homme de talent, un confident.
Je vous prie de me pardonner ces rimes un peu faciles mais aujourd’hui, j’ai le cœur bousillé. Un ami à moi est parti, comme ça, sans prévenir. Et on lui en voudrait tellement s’il n’était pas aussi attachant. Apprécié, et pourtant si facile d’accès. Il laisse un grand vide derrière lui, irremplaçable, d’une gentillesse incommensurable.
A t’engueuler en fin de soirée parce que tu sais pas boire, mais à t’aider à te relever, parce que quand même, c’est lui qui est derrière le comptoir. A se foutre de ta gueule parce que tu commandes une pinte de sirop, mais te la servir malgré tout, car il nous aimait tous beaucoup trop.

Je ne trouve aujourd’hui que peu les mots. Et je ne cherche pas à piétiner ceux de sa famille, la vraie, celle qu’il avait choisi. Mais je tenais néanmoins à lui rendre un dernier hommage, même inutile, même maladroit.

Je sais qu’il m’aurait tapé sur la main en me disant que j’en fais encore des caisses, mais je sais qu’au fond, il etait fier de moi, de nous, et de tous ceux que nous sommes devenus. Un peu grâce à lui, un peu grâce au hasard de la vie.

Merci d’avoir fait partie de ma vie toutes ces années, et même si mes larmes semblent intarissables, tu es parti fidèle à toi même, en quelque sorte.

Dancing with the devil

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Puisque plusieurs d’entre vous me l’ont réclamé, je vais aujourd’hui vous raconter mes aventures d’hier, ou de comment j’ai obtenu mon attestation [de transidentité, ndlr.].

Je me suis donc réveillé non ça on s’en fout, passons à la partie importante!

*bruit de truc qui accélère fait à la bouche*

Il faut tout d’abord savoir que j’avais rendez-vous à 15h30. J’ai donc sonné très nerveusement à 15h25, on m’a ouvert, et j’ai été invité à entrer immédiatement dans le cabinet du psychiatre. Je me suis donc assis, en posant soigneusement ma veste et mon sac à côté de moi.

Après lui avoir communiqué mes coordonnées (allant de l’adresse jusqu’à l’âge en passant par le poids); je lui ai donc expliqué mes intentions de changement, que j’étais déjà suivi par une psychologue dans ma propre ville, mais que n’étant pas médecin, elle ne pouvait me faire l’attestation. Et que donc j’étais là pour ça.
Il m’a ensuite posé quelques questions assez bateaux du genre si je dormais bien, comment ma famille voyait « mon projet », et si j’avais des allergies particulières.
Après il a pris une feuille d’ordonnance, il y a noté ce qui me fait office d’attestation, et m’a demandé ma carte vitale et 47euros 30.
Pendant que je remplissais le chèque, il trafiquait avec ma carte vitale, et le temps m’a semblé une éternité, dans l’angoisse qu’il me demande à quoi serve mon ALD (rapport à ma pathologie) et qu’il déchire l’attestation fraîchement signée ou quoi.
Mais il n’en fut rien. Il a rangé le chèque dans son bureau, m’a serré la main, et je suis sorti.
Il était alors 15h31.

Le reste ne vous concerne pas vraiment mais pour résumer j’ai manqué de pleurer de soulagement/nerfs qui lâchent, dans la voiture de l’ami qui m’attendait en bas de l’immeuble, pour me ramener à la gare.

Tiens d’ailleurs, avant que je conclus, un petit fait amusant: à la sonnette le mec m’a appelé « madame », et une fois devant lui ce fut « bonjour monsieur ». D’ailleurs au moment d’écrire l’attestation il a eu un moment d’hésitation sur mon genre biologique, c’était rigolo.

Et donc voilà, c’etait l’histoire somme toute assez courte, de comment j’ai obtenu mon attestation. Je vous remercie de votre attention et vous dit à très bientôt!

Away from me lover

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J’en ai beaucoup entendu parmi vous me dire que j’avais une sacrée volonté, de façon fréquente et à propos de pas mal de choses, la gestion de ma santé, mon identité, mon quotidien en général. J’ai donc pris la grande décision de mettre cela à l’épreuve.

Tous ceux qui m’ont fréquenté de près ou de loin savent que je fume, et beaucoup en plus. Tous ceux qui m’ont fréquenté de plus près savent également que j’ai cette légère fâcheuse tendance à collectionner les carnets sans jamais les inaugurer, parce que je sacralise beaucoup trop les choses, et que je suis très attaché à la symbolique.
Je vous vois venir, vous allez me demander quel est le rapport?

C’est somme toute assez simple, j’ai décidé de sacrifier un de mes beaux carnets en cuir relié, pour y annoter ma consommation de cigarettes, et ce pour deux raisons. La première est que si je ne m’y tiens pas, j’aurais bousillé un carnet pour rien, et je m’en voudrais beaucoup. J’ai oublié en route quelle était la deuxième raison.

Je me permets également d’en faire l’annonce ici, pour une question de motivation. Si je me contentais de le faire dans mon coin, en « secret », si je venais à faillir, personne ne s’en rendrais compte, et je n’aurais que le poids de ma culpabilité sur les épaules. Alors qu’en l’écrivant publiquement, je m’oblige à m’y tenir, et je vous engage par la même à me soutenir (sans m’engueuler si possible).

Voilà comment les choses vont se dérouler: Aujourd’hui, jour zéro, jour d’évaluation, j’annote dans mon carnet chaque cigarette que je consomme, en stipulant l’heure. Demain, selon la quantité calculée en fin de journée (spoiler alert: un chiffre effarant), j’aviserais à combien j’essaie de me rationner par jour. Et d’ici une semaine à 10 jours, je referais un article pour faire un point de la situation, de mes potentielles crises de manque, et de mes angoisses du cendrier qui crie mon nom.

Je tiens à préciser pour finir, que ceci n’a aucun lien avec les « bonnes résolutions de début d’année ». Parce que les bonnes résolutions c’est du flan, et que personne ne s’y tient jamais. Et mon but c’est quand même d’y arriver, pas de me décourager dans trois semaines et de re-fumer what-mille clopes par jour. Ça fait un moment que ça me travaille, et j’ai besoin de croire que je peux y parvenir. Sans ça, cette « volonté de fer » elle fait bien jolie, mais elle est pas super efficace.

Bref, j’espère que cette première tentative sera couronnée de succès, et que je ne vais pas tuer quelqu’un entre temps.

Y’a rien qui rime avec 2015

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Sur ce titre très inspiré, bienvenue en 2016!

Bon, j’avoue, j’écris ce titre un peu à l’agonie de ma soirée, avec mon équivalent personnel de la gueule de bois, à savoir que mon cerveau est un peu embrumé et mon bidou un peu barbouillé. Mais ça s’arrête là, heureusement.

2015 donc, fut une année riche en émotions, bonnes comme mauvaises. Outre les événements tragiques qui se sont déroulés en France, et qui m’ont d’ailleurs assez peu affectés, parce que j’suis un sale égoïste tavu, cette année fût au contraire pour moi une succession de découvertes et de réalisations personnelles. Comme chacun le sait désormais, j’ai enfin pu mettre le doigt sur mon problème d’identification, et compte bien mettre tout en oeuvre en 2016 et au delà, pour régler cela.

2015 a aussi été une année fournie en rencontres, de celles qui changent un petit Kao. Je pense entre autres à mon bro Leo, dont l’impact sur ma vie a été positivement colossal, et je pèse mes mots. Cette année a aussi signé le départ de mon ancien appart, vous savez, le taudis, pour emménager dans un super nouvel appart tout rénové tout beau. En 2015 je suis aussi passé pour la première fois sur le billard, et ça a changé ma vie, par le biais de ma santé qui s’est enfin améliorée. Toujours dans la santé j’ai enfin décidé de m’attaquer à mes problèmes de sommeil.

Mais 2015 a aussi été synonyme de perte. J’ai perdu deux amis de longue date. Et même si leur éloignement n’est pas forcément entièrement négatif, cela continuera de m’affecter à moyen terme.
Mais l’année qui vient de s’écouler m’a aussi permis de me rendre compte que j’avais réellement su bien m’entourer, et qu’en particulier sur le dernier quart de 2015, j’ai reçu tant de preuves d’amour et d’acceptation quoi qu’il advienne, que j’ai pu prendre conscience combien j’étais aimé et entouré par des gens géniaux.

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En résumé, 2015 c’était:

  • Le début de prise en charge de ma santé
  • La prise de conscience de mon identité
  • Des rencontres, des séparations

En un mot: le début de l’âge adulte. En quelque sorte.

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Et donc mes vœux pour 2016 sont les suivants.

Une santé meilleure, toujours plus d’inspiration, de la bonne musique, des bons jeux vidéos, des petits sous en quantité, de l’amour par brouettes, et un lapin qui vous aime.
Et ça, je le souhaite autant pour moi que pour vous!

It’s taking me there

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Comme j’ai pu l’annoncer sur mon facebique personnel, à petite échelle puis à toute ma liste de contacts, je m’apprête à effectuer quelques changements majeurs dans ma vie. Il n’y a pas vraiment de façon facile d’annoncer ça alors je vais y aller frontalement.
Je vais physiquement changer pour devenir un vrai petit garçon. Enfin, pas vraiment « petit » mais c’était pour la formule. Ça fait des mois, que dis-je, des années que la chose me travaille.
Pour faire suite à un précédent article, je ne me reconnais pas dans le genre que la biologie m’a assigné, dans ce corps qui m’a été imposé. J’ai d’abord tout mis sur le dos de ma prise de poids, mais je n’ai pas pu me mentir éternellement, je savais pertinemment que le problème datait de bien avant.

Et après des années à me voiler la face, à nier en bloc que éventuellement je pouvais avoir un problème d’identification, j’ai fini par faire partie d’une association sur la transidentité. J’ai d’abord eu la trouille, parce que ce que disaient les autres membres de l’asso faisait beaucoup trop écho à mon propre vécu, et que j’avais peur, peur que ça soit aussi mon cas, qu’à ma naissance il y ait eu erreur sur la personne, erreur dans mes papiers d’identité, erreur dans mon genre assigné.

Ça m’a pris des mois pour accepter de confronter la chose, ça m’a demandé autant d’introspection que de l’aide d’amis précieux. Et j’ai fini par l’accepter, qu’en fait, je n’étais pas réellement une fille.
Au début je pleurais beaucoup quand ces quelques amis me parlaient au masculin, pas parce que ça me faisait bizarre, mais parce que je prenais peu à peu conscience qu’une autre vie m’était possible, accessible, et qu’à chaque violent retour de la réalité, celle où j’ai un corps genré au féminin, j’avais envie de le mutiler, comme s’il ne m’appartenait pas.

Du coup, j’ai décidé de réagir avant de mal finir, et j’ai pris la décision de passer le cap et d’accorder mon corps selon qui je suis réellement, même si ce n’est pas encore physiquement une évidence.

De ce fait, ce blog va changer quelque peu, pas forcément en terme de contenu, même s’il y aura évidemment quelques billets sur mon évolution et mon parcours futur; mais surtout il va changer de nom, et grâce à une pirouette linguistique, on garde le triple G.
Pas d’inquiétude outre mesure donc, vous êtes toujours en train de lire votre fidèle serviteur Petit Kao. Simplement, à présent, il vous parlera au masculin.

Sur ces bonnes paroles, je conclue cette note d’une importance toute à fait relative, et vous fait un bisou sur vos fronts.

Fais pas genre

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Préambule: J’ai écrit cet article en fin d’année 2013. J’ai fait du chemin depuis, beaucoup. Et il m’en reste encore à parcourir, mais pour le moment on en est là. Publier cet article m’a demandé énormément de volonté et de cran. Merci de rester respectueux dans vos éventuels commentaires.
Affaire à suivre donc.

Je ne suis pas un homme, mais je ne suis pas une femme non plus. Je suis encore enfant. Enfin, j’aimerais bien.
Quand j’étais très jeune, malgré mon mal-être pour diverses raisons, j’aimais mon corps. C’est à la puberté où ça a commencé à faire n’importe quoi. Quand mon corps n’était pas encore développé, je pouvais me permettre de me balader torse-nu. J’aimais cette sensation de liberté, ce sentiment que je pouvais être qui je voulais. Et puis les hormones ont débarqué, et des attributs féminins m’ont été imposés, même si je n’en voulais pas, je n’ai pas eu le choix. Moi je voulais rester un hybride, une chimère. Un parfait entre-deux, un savant mélange de chaque côté de la biologie.

J’ai donc essayé tant bien que mal de vivre dans ce corps qui se voulait féminin, avec mon apport de masculinité vestimentaire. Mais je n’aimais pas ce que le miroir me renvoyait. J’ai toujours été mal dans mon corps. Que ce soit à 60kg, ou au double, je me sentais mal en permanence. On m’a souvent dit que je n’étais pas suffisamment féminine, que je ne prenais pas assez soin de moi. Mais comment prendre soin d’un corps que l’on n’aime pas? Et pourquoi se forcer à aller vers une identification où l’on ne se reconnait absolument pas?
C’est après des années de refus en bloc, que je me suis dit qu’éventuellement, il y avait peut-être un souci quelque part. Que je cherchais au mauvais endroit, que les conseils que j’entendais quotidiennement n’étaient simplement pas les bons.

Où j’en suis aujourd’hui? C’est un peu la problématique dans ma tête. Mais j’ai réalisé il y a peu qu’avant de vouloir à tout prix obtenir les réponses, il fallait que je me pose les bonnes questions. Et c’est là que ça se complique. Parce que je suis terrorisé à l’idée d’obtenir des réponses qui ne correspondraient pas à certaines attentes (au choix sociales, familiales, amicales, ou ne serait-ce que personnelles).

J’espère simplement qu’avec le temps, je finirais par aimer mon corps, avec ou sans modifications, quelles qu’elles soient. Qu’il devienne simplement raccord avec ce qui se passe dans ma tête, dans une juste mesure.