Y’a pas de honte à être cisgenre

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Pour la première fois depuis bien longtemps, le titre de cet article va correspondre à son contenu. On a aujourd’hui, revenir ensembles sur la définition du mot cisgenre, et en quoi celui ci n’est aucunement une insulte.

« Mais en fait ça veut dire quoi cisgenre? »

C’est une question que l’on me pose beaucoup, parce que le terme est très pratique et que donc je l’emploie pas mal dans mes articles et aussi en conversations de la vraie vie véritable. J’ai déjà dû en donner la définition par le passé, mais comme cet article ne servira qu’à ça, je la replace ici.
Cisgenre, ça désigne une personne qui se sent en adéquation avec le genre qu’on lui a assigné à la naissance.
Son contraire (antonyme) est transgenre, puisque le terme désigne une personne qui ressent son genre profond comme différent de celui qu’on lui a assigné à la naissance.

Le mot cisgenre est ce que l’on appelle un rétronyme. C’est à dire un mot que l’on a altéré, ou auquel on a rajouté un préfixe ou suffixe, pour en améliorer son sens, et/ou le différencier d’un autre très similaire. Les rétronymes apparaissent très souvent en conséquence des avancées de la technologie.
Pour reprendre le même exemple que ma comparse Luna dans son article sur le même thème, le mot téléphone. Avec l’arrivée des téléphones portables, il a fallu accoler le mot « fixe » à téléphone pour le distinguer de celui qu’on emporte avec soi (le portable donc). Et c’est aussi simple que ça.

De ce fait, le terme de cisgenre a été créé pour nommer les individus « non-trans » et ainsi éviter les classiques horreurs de personne « biologique » ou « normale », qui sont des façons de formuler tout particulièrement violentes.

« J’ai déjà été traité de sale cisgenre ! »

Nous arrivons donc à la seconde partie de cet article, qui sera plus courte, de pourquoi cisgenre n’est aucunement insultant.

Être cisgenre n’est pas plus insultant qu’être blanc, ou qu’être hétérosexuel ou encore valide. C’est simplement faire partie d’une majorité statistique (et encore, je parle de la France uniquement).

Et ce n’est pas parce que des gens l’utilisent de manière insultante que ça l’est, en fait. Si quelqu’un te traite de « sale noir », cela ne fait pas du mot « noir » une insulte, c’est un état de faits, et c’est l’insulteur qui est raciste en fait. De la même manière que des gens détournent des mots de leur définition première, des personnes peuvent être agressives sans justification sur l’instant, et balancer des termes qui s’adaptent à leur interlocuteur, donc à ce moment là, cela peut être le mot cis.

Être cisgenre n’est pas une insulte, c’est au mieux un privilège, au pire une assimilation à un paquet de vieux sacs qui n’ont pas la moindre once de décence et qui harcèlent les nanas dans la rue.
Chaque catégorie d’individu souffre des clichés à son égard, et celui des mecs cisgenre, c’est d’être des agresseurs.

Ma solution : si vous vous sentez insultés en entendant le mot cis lancé sur votre visage, arrêtez de faire des blagues sur le viol, ou de les cautionner, arrêtez de féliciter vos potes quand ils ont des comportements de merde. Et peut-être que le cliché disparaîtra en même temps que vos angoisses.

Suite à une longue réflexion en interne, cet article a une nouvelle conclusion, que voici :

Mes écrits ne sont pas gravés dans le marbre, et des fois, il faut savoir mettre sa fierté de côté et assumer la responsabilité de ses erreurs, suffisamment pour pouvoir les corriger.

Comme souvent, j’ai lancé en presse un article sous le coup d’une forte émotion, et ce billet en apparence éducative n’y fait pas exception. C’est avec de la bile au bord des lèvres que je me suis lancé dans la rédaction de ce sujet, parce que j’ai encore fait l’erreur de lire les commentaires des gens sur l’internet, des contacts de mes propres amis pour être exact.
Mais j’ai fait une erreur. Celle de croire que tous les gens se valent, ou que tous les avis sont pertinents. Entre Jean-Michel raciste du PMU du coin, et random gentil garçon, il y a un gouffre, celui de la décence.

C’est pourquoi, je tiens à présenter mes excuses aujourd’hui, à toutes les personnes, cisgenres ou non, que j’ai pu heurter.
Parce que répondre aux abruti.e.s avec leurs propres armes, c’est s’abaisser à un niveau indigne.
« Ne pas reproduire la haine, c’est valoir mieux que ça. »
La colère est normale, mais il est inutile de croire qu’en répondant à la violence par autant de violence, on fait avancer le débat. Je ne vaux pas mieux que les gens abjects si je généralise autant qu’eux. Si je suis incapable de ne pas reproduire ce que je reproche à ceux d’en face, je ne vaux pas mieux que ceux contre qui je m’indigne.

Dès lors que l’on passe de victime au beau rôle de l’oppresseur, de par la majorité statistique d’un milieu; dans le sens où l’on en adopte les comportements, nous sommes non seulement aussi bas moralement que ceux qu’on fustige mais aussi une partie du problème qui alimente la haine.
Ce n’est pas parce que la vengeance est compréhensible qu’elle est excusable ni qu’elle doit nous salir.

Tout ça pour dire que, ce n’est pas ce que le mot cisgenre signifie qui est un problème, c’est l’intention avec laquelle il est lancé. Tout comme les mots « homosexuel », ou « noir ». Tout n’est qu’une question de sentiment. N’importe quel mot balancé dans le but de faire du mal, que ce soit « pédé », « cisgenre » ou « crudités », peu importe, du moment qu’il est envoyé au visage avec dégoût et violence, il fera du dégât.

Pour toutes ces raisons, je regrette d’avoir laissé passer ma conclusion initiale, malgré plusieurs relectures, y compris extérieures.

Je la corrige en disant « simplement » ceci :

Car toutes les personnes ne se valent pas, y’en a des mauvaises, y’en a des bonnes. Ne faites pas l’erreur de coller tout le monde dans le même panier sous prétexte qu’ils ont une étiquette commune.
Y’a des gens bien, y’a des gens moins bien, et entre les deux, tout un nuancier.
Et je suis triste que les personnes cisgenre subissent désormais le même traitement que les minorités quelque soit leur catégorie, à savoir, prendre des gros clichés dégueulasses dans la gueule, et que tout le monde trouve ça normal.
Non. Sous prétexte que l’on est censé faire partie de la classification des privilégiés, ne signifie pas que l’on est vraiment à l’abri de subir des violences de toutes sortes.

Ma solution : détachez vous de vos à-priori, ne partez pas convaincu.e.s d’avoir tout anticipé. Laissez-vous surprendre. Des fois les gens, ils sont réellement chouettes.

Souffle donc tes bougies !

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Aujourd’hui, cela fait 8 ans que ce blog existe.
Soit 2922 jours, en comptant les années bissextiles.

Et les chiffres sont assez hallucinants : Plus de 560 articles en ligne, plus environ 250 qui ont été supprimés avec le temps. Et il en reste encore un paquet à dégager.
Car, et j’ai l’impression de dire ça tous les ans, mais je n’ai gagné en qualité qu’après plusieurs années. Cela doit faire environ 3 ans, que la ligne éditoriale s’est réellement améliorée, et est devenue plus qualitative (on essaye en tout cas).

Je ne poste plus juste pour le principe de raconter ma vie, j’essaie au maximum de dire des vrais trucs, si possible intéressants, et dont on peut tirer des leçons, ou au minimum avoir une opinion sur la question.
Non pas que j’ai déjà menti, ou raconté des cracks, mais qu’on se le dise, c’était aussi chiant qu’inutile.

Et je dois dire que, je ne pensais pas écrire aussi longtemps. Enfin, je ne pensais pas vivre aussi longuement surtout, mais c’est un autre sujet.
Mais il faut bien avouer que, s’il est facile d’ouvrir un blog pour l’été, le tenir sur la durée est un exercice bien plus délicat. Continuer à tenir ce blog ouvert, alors que ma vie change, évolue, bouge dans tous les sens, ce n’est pas chose simple. Entre les périodes de dépression à répétition, et les différents changements de direction qu’ont pris les thématiques abordées, je suis étonné de ne pas tou.te.s vous avoir perdus en route.

Et le fait que cette plateforme ait survécu à tous ces événements pas toujours évidents à gérer, me rend assez fier. Et cela a fonctionné dans les deux sens. Parce que durant certaines périodes, écrire m’a clairement permis de tenir la distance, si je passais huit jours sans sortir de chez moi, au fond du gouffre et en pyjama, je me disais qu’au moins, j’avais produit du contenu, et ça me laissait entrevoir un peu la lumière au bout du rouleau.

Du coup, même si mon lectorat a évolué lui aussi avec le temps, je tiens à vous remercier tou.te.s pour m’avoir soutenu tout ce temps. Que vous soyez lecteurice de la première heure, nouveau venu ou quelque part entre les deux, merci à chacun.e d’entre vous pour toutes ces belles années, et ces milliasses de lignes de texte, lues comme rédigées.

Cela sonne comme un au revoir, alors que bien au contraire, le parcours ne s’arrête pas là, le chemin est encore bien long, je l’espère en tout cas.
A vous comme à moi, je nous souhaite encore de belles années à venir, ensembles.

Merci.

Don’t give up

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Depuis peu, mon cispassing s’est suffisamment amélioré pour que je passe physiquement pour qui je suis dans le dedans. Je pense que la voix joue pas mal sur le sujet, mais je ne me pose pas trop la question.

De ce fait, quand je vais dans mon bar de prédilection, je suis souvent amené à discuter avec des gens que je ne connais pas, et surtout qui ne me connaissaient pas il y a encore quelques mois/années. Et les gens ne se posent pas un instant la question de savoir si je suis cisgenre ou non. Et, ça fait un bien fou en fait. Je ne suis pas juste réduit à mon identité, je ne suis pas juste « le trans de service » à qui on va pouvoir poser toutes les questions qui brûlent nos lèvres.

C’est reposant, cette invisibilité. Faire partie de la masse grouillante au lieu d’être un freak show ambulant, est d’un confort absolu. Pas besoin de se justifier pendant un quart d’heure sur le fait que oui, je suis effectivement qui je « prétends » être. Et personne pour m’engueuler parce que je suis mauvaise ambiance sous prétexte que j’en ai marre de répondre aux questions, toujours les même généralement, et fréquemment hyper intrusives.

Du coup, pour l’occasion, j’ai invitée plusieurs ami.e.s à répondre à quelques questions, que j’ai préparées à l’avance. Parce qu’elles et ils vivent la situation, plus ou moins similaire, depuis plus longtemps que moi.

C’est donc avec cette introduction de 20 kilomètres que je vous propose pour les prochaines semaines à venir, à raison d’une sortie par semaine, entre les autres billets s’il y en a, une série d’articles sur la vision personnelle du cispassing et de ses conséquences dans l’espace public. Le tout raconté par des personnes concernées, à divers degrés du spectre du genre.
Les questions seront quasiment toujours les même, à quelques mots près, mais la palette d’individus permettra de varier et d’offrir des horizons de réponses différentes, pour plus de richesse dans les opinions, afin de ne pas avoir, comme chaque fois, juste MON avis sur le sujet.

PS: A la base je voulais sortir tout ça en novembre, et appeler ça le NO-SHAME November, mais faute de motivation et dû à plusieurs contretemps, la série atterrit à l’arrache à cheval sur janvier et fevrier. Cette série d’articles devait également être publiée sur un autre site que le mien, mais l’opportunité s’est complexifiée suite à divers soucis en interne. Donc faute de meilleurs auspices, j’espère ne pas perdre mon lectorat habituel, et je publie ça à la maison.

Rendez vous donc mercredi pour le premier épisode des Chroniques Queer !

[Episode 1 : Camille
Episode 2 : James
Episode 3 : Heloïse
Episode 4 : Sacha
Episode 5 : Charlie
Episode 6 : Alix
Episode 7 : Grand Final]

 

2016, l’année des fraises

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OUAIS C'EST ÇA, CASSE TOI !

OUAIS C’EST ÇA, CASSE TOI !

Je peux affirmer sans trop me planter, que j’ai survécu à 2016. Il y a des décès tous les ans, mais cette année tout particulièrement, m’a touché personnellement. Outre David Bowie, Alan Rickman, Pete Burns, Georges Michael et Carrie Fisher, pour n’en citer que quelques uns, 2016 a aussi apporté son lot de deuil du côté de ma vie privée. Je l’écrivais début février, mais j’ai perdu quelqu’un que j’aimais beaucoup, et aujourd’hui encore, j’en ai les larmes qui me montent aux yeux.

Mais aujourd’hui, j’ai pris la décision de relater ce qui m’est arrivé de positif cette année, parce que s’apitoyer sur son sort ne fait pas avancer la marchandise avant les bœufs, un truc du genre.

Cet article abordera deux plans : le point de vue du blog, et l’approche plus personnelle de cette cuvée 2016. Et je dois vous avouer que j’ai particulièrement séché pour trouver des trucs vraiment intéressants à dire. Notamment parce que j’ai une mauvaise mémoire, mais aussi et surtout parce que y’a des trucs dont tout le monde s’en fout un peu quand même.
Mais trêve de spoilers, attaquons.

En cette année des fraises, le blog a pas mal bougé, il a d’abord changé de nom en début d’année, une subtile lettre de changée qui a fait toute la différence. Sur la page FB dédiée au blog, pour suivre toutes mes aventures en temps réel (abonne toi !), on a gagné 39 followers, en passant de 115 à 154. Le pic a été de 156, mais des gens ont du partir en route. Chaque nouvel abonné se fait équilibrer par un départ, c’est un truc dont j’ai du mal à saisir le fonctionnement, mais soit.
Un total de 59 articles ont été rédigés, et donc 60 si on prends en compte celui que vous êtes en train de lire, soit un ratio d’un peu plus d’un article par semaine, et ce score m’enjoie assez.

En fin d’année également, un de mes articles a été relayé sur Simonae, et le lien a été retweeté par Ginger Force, une youtubeuse que j’affectionne tout spécialement. D’autant que ce fut un des articles de 2016 qui m’a demandé le plus de boulot, donc j’étais content.
Pour finir sur cette première partie, le total des visites du blog sur l’année complète a été d’environ 9600. Et c’est franchement cool.

D’un point de vue purement personnel, il m’est arrivé un paquet de trucs cette année. Bon, outre ma transition dont je vous bassine à longueur d’articles, je tiens quand même à souligner que je suis passé du coming out intégral, famille au complet incluse; à la quiétude et la tranquillité du confortable cispassing. Parce que après tout, mon intimité ne regarde que moi, tout ce qui importe pour les autres, c’est de ne pas remettre en doute mon identité de garçon.

Cette année j’ai aussi fait un peu de modification corporelle, ma sœur [de sang] (dont c’est le métier hein) m’a fait mon septum (l’anneau au milieu du pif), et j’ai fait encrer ma peau par deux fois par mon frère [de choix]. J’ai aussi pas mal bougé physiquement, en changeant ma monture de lunettes, en optant pour du bois, parce que c’est vachement confortable mine de rien. J’ai également changé de cheveux un paquet de fois, entre les coupes et les parties en couleurs. Par contre je vous rassure, ma garde-robes n’a pas perdu de sa coolitude, et cette année encore, j’ai agrandi ma collection de tee-shirts de l’awesome.
Et si j’ai dû arrêter d’aller à la salle de sport en milieu d’année, j’ai pu récupérer un vélo pour pédaler furieusement dehors, et j’ai même réussi à perdre plusieurs kilos malgré l’arrêt de la salle.

Enfin, j’ai achevé de me hipsteriser un peu plus, car après l’achat de mon appareil polaroïd en 2015, cette année j’ai acquis ma petite collection de vinyles, avec de quoi les lire bien évidemment.
Ah et maintenant, je suis en follow mutuel avec Dame Fanny sur Twitter, et c’est un peu la classe quand même.

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Pour conclure, ce fut une année difficile, riche en rebondissement, mais emplie d’amour au sein de mon cercle d’amis, très proche comme occasionnel.
Je me suis affirmé, j’ai gagné en swag et je suis toujours bien entouré.

Pour terminer pour de vrai, voici mes vœux pour 2017 :
Je vous souhaite à tou.te.s une excellente année, qu’elle vous apporte autant de joie que de niaiserie, de l’amour par brouettes pleines et des briques de bonheur.
Suffisamment pour subsister confortablement, et toujours plus de meilleures nouvelles !
Amour sur vos têtes. ♥

 

Les 7 ans du blog !

Vidéo

Aujourd’hui, mon humble blog fête ses 7 ans !

A cette occasion, j’ai décidé de mettre des bougies sur un gâteau, et puis de manger le gâteau. Et comme c’était pas un mauvais gâteau, bah j’ai fait des photos, et une petite vidéo. Et puis aussi quelques lignes de remerciement à tous mes ordis qui se sont succédé pour assurer la longévité de ce blog!

Un premier, à Charlie le Conquérant. Qui m’as été offert à mon entrée au lycée, avant même la création de Guy, Geek & Green. Et à qui je dois mes premières mises en ligne d’articles qui étaient avec le recul, assez foncièrement mauvais adolescents.

Un second, pour Frederick le Vaillant. Premier gros achat avec mon propre argent, durement gagné à la sueur de mon front. Une grande partie des premières années du blog a été rédigée sur son clavier silencieux de laptop.

Un troisième à Hubert le Sauveur. Récupéré auprès d’un copain qui changeait de PC, alors que Fred battait clairement de l’aile. Hubert qui me sert encore, alors que j’écris ces quelques lignes. Même si une grande partie de son matériel a été changée avec le temps, il n’en reste pas moins mon Sauveur des Internets.

Un quatrième à Piotr le Discret. Dernier acquis de la famille, qui bien qu’actuellement en séjour prolongé chez le Bro-Léo, a su gagner mon cœur avec son clavier doux et sa ventilation d’avion au décollage.

Et enfin un ultime merci à vous, mes lectrices et lecteurs, fans du premier jour comme derniers arrivés. Sans votre soutien et votre présence toutes ces années, je n’aurais probablement pas tenu la distance.

Je lève mon gâteau à une nouvelle année prospère et créative!
Le bisou.

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Make me feel again

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Depuis que j’ai annoncé publiquement ma volonté de changer physiquement pour mieux correspondre à qui je suis réellement, il y a une question que j’ai beaucoup reçu.

Ça ne t’arrives jamais d’avoir des doutes quand à ton projet?

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Aujourd’hui, j’ai donc décidé de répondre à cette question, une bonne fois pour toutes.

Tout d’abord, sachez simplement que si, il m’arrive d’éprouver de l’appréhension. Quand je vois tout le chemin qu’il me reste à parcourir, les innombrables batailles qu’il me reste à livrer, avec les administrations, avec les gens, avec la société; j’en viens à me demander si ça en vaut vraiment la peine?
Bien évidemment, la réponse est oui, oui ça en vaut la peine. Même si ça risque fortement ne pas être simple, et que rien n’est garanti, l’espérance de correspondre physiquement à qui je suis émotionnellement, c’est inestimable.

Ensuite, je me rends compte que je me suis rarement senti aussi bien que ces 6 derniers mois. Je me sens libéré d’un poids que j’ignorais porter jusque là.
En faisant un rapide retour sur le déroulement de ma vie, j’ai pris conscience que je n’avais pas eu une minute de répit depuis les toutes premières années de ma vie. Tout n’y est que douleur, rejet d’autrui, de moi-même, traumatismes et autres souffrances en tout genres.
Comme je l’ai écrit auparavant, je suis toujours à peu près parvenu à tout mettre sur le dos d’un élément qui n’avait rien demandé (le poids, ma famille, etc.), afin de continuer à avancer avec un bouc émissaire à accuser. Mais quand j’ai enfin fini par comprendre que le problème était sous mes yeux depuis le départ, tout s’est imbriqué, tout a pris du sens.

J’ai aussi entendu que c’est comme pour le reste des éléments dans ma vie, c’est une lubie temporaire, ça me passera. Comme à chaque fois que j’ai une idée un peu farfelue, j’en deviens hyper motivé, et en trois mois c’est passé.
Sauf que là on ne parle pas d’un projet professionnel, on parle de mon ressenti intime et profond. Un ressenti contre lequel j’ai lutté pendant des années parce que je ne voulais pas être concerné, jusqu’à que ça m’explose au visage.
Je ne veux pas changer physiquement pour faire joli, j’en ai besoin, ça m’est vital, c’est crucial pour ma survie proche.

Alors bien sûr, de temps en temps je me dis que peut-être je suis dans le faux, peut-être que tout ceci ne me concerne pas réellement, mais bon, je me demande aussi parfois ce que ça fait de passer sous un bus, alors bon, j’ai pris pour habitude de ne pas trop écouter mes angoisses profondes.

Mais plus sérieusement, je me sens un peu comme si je devais passer sur le billard pour une opération du cœur. Je suis terrifié à l’idée que ça merdoie en route, mais je sais que je n’en sortirais qu’en meilleur état à l’arrivée. Et je sais que je vivrais et me sentirais bien mieux au final après tout ça.

Donc pour résumer: Oui j’ai des doutes. J’ai des doutes sur le déroulement des événements, j’ai des doutes sur le futur, sur les réactions des gens, sur si je serais accepté par la société après tous ces changements physiques.
Mais aucun doute éprouvé quant au fait que je suis effectivement un garçon transgenre.

And they call me under

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Il était mon ami, il était mon frère.
Il était mon barman, il était mon père.

Il parlait à l’oreille des PC, il servait des godets. Un homme de talent, un confident.
Je vous prie de me pardonner ces rimes un peu faciles mais aujourd’hui, j’ai le cœur bousillé. Un ami à moi est parti, comme ça, sans prévenir. Et on lui en voudrait tellement s’il n’était pas aussi attachant. Apprécié, et pourtant si facile d’accès. Il laisse un grand vide derrière lui, irremplaçable, d’une gentillesse incommensurable.
A t’engueuler en fin de soirée parce que tu sais pas boire, mais à t’aider à te relever, parce que quand même, c’est lui qui est derrière le comptoir. A se foutre de ta gueule parce que tu commandes une pinte de sirop, mais te la servir malgré tout, car il nous aimait tous beaucoup trop.

Je ne trouve aujourd’hui que peu les mots. Et je ne cherche pas à piétiner ceux de sa famille, la vraie, celle qu’il avait choisi. Mais je tenais néanmoins à lui rendre un dernier hommage, même inutile, même maladroit.

Je sais qu’il m’aurait tapé sur la main en me disant que j’en fais encore des caisses, mais je sais qu’au fond, il etait fier de moi, de nous, et de tous ceux que nous sommes devenus. Un peu grâce à lui, un peu grâce au hasard de la vie.

Merci d’avoir fait partie de ma vie toutes ces années, et même si mes larmes semblent intarissables, tu es parti fidèle à toi même, en quelque sorte.

Dancing with the devil

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Puisque plusieurs d’entre vous me l’ont réclamé, je vais aujourd’hui vous raconter mes aventures d’hier, ou de comment j’ai obtenu mon attestation [de transidentité, ndlr.].

Je me suis donc réveillé non ça on s’en fout, passons à la partie importante!

*bruit de truc qui accélère fait à la bouche*

Il faut tout d’abord savoir que j’avais rendez-vous à 15h30. J’ai donc sonné très nerveusement à 15h25, on m’a ouvert, et j’ai été invité à entrer immédiatement dans le cabinet du psychiatre. Je me suis donc assis, en posant soigneusement ma veste et mon sac à côté de moi.

Après lui avoir communiqué mes coordonnées (allant de l’adresse jusqu’à l’âge en passant par le poids); je lui ai donc expliqué mes intentions de changement, que j’étais déjà suivi par une psychologue dans ma propre ville, mais que n’étant pas médecin, elle ne pouvait me faire l’attestation. Et que donc j’étais là pour ça.
Il m’a ensuite posé quelques questions assez bateaux du genre si je dormais bien, comment ma famille voyait « mon projet », et si j’avais des allergies particulières.
Après il a pris une feuille d’ordonnance, il y a noté ce qui me fait office d’attestation, et m’a demandé ma carte vitale et 47euros 30.
Pendant que je remplissais le chèque, il trafiquait avec ma carte vitale, et le temps m’a semblé une éternité, dans l’angoisse qu’il me demande à quoi serve mon ALD (rapport à ma pathologie) et qu’il déchire l’attestation fraîchement signée ou quoi.
Mais il n’en fut rien. Il a rangé le chèque dans son bureau, m’a serré la main, et je suis sorti.
Il était alors 15h31.

Le reste ne vous concerne pas vraiment mais pour résumer j’ai manqué de pleurer de soulagement/nerfs qui lâchent, dans la voiture de l’ami qui m’attendait en bas de l’immeuble, pour me ramener à la gare.

Tiens d’ailleurs, avant que je conclus, un petit fait amusant: à la sonnette le mec m’a appelé « madame », et une fois devant lui ce fut « bonjour monsieur ». D’ailleurs au moment d’écrire l’attestation il a eu un moment d’hésitation sur mon genre biologique, c’était rigolo.

Et donc voilà, c’etait l’histoire somme toute assez courte, de comment j’ai obtenu mon attestation. Je vous remercie de votre attention et vous dit à très bientôt!

Away from me lover

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smoking mentos

J’en ai beaucoup entendu parmi vous me dire que j’avais une sacrée volonté, de façon fréquente et à propos de pas mal de choses, la gestion de ma santé, mon identité, mon quotidien en général. J’ai donc pris la grande décision de mettre cela à l’épreuve.

Tous ceux qui m’ont fréquenté de près ou de loin savent que je fume, et beaucoup en plus. Tous ceux qui m’ont fréquenté de plus près savent également que j’ai cette légère fâcheuse tendance à collectionner les carnets sans jamais les inaugurer, parce que je sacralise beaucoup trop les choses, et que je suis très attaché à la symbolique.
Je vous vois venir, vous allez me demander quel est le rapport?

C’est somme toute assez simple, j’ai décidé de sacrifier un de mes beaux carnets en cuir relié, pour y annoter ma consommation de cigarettes, et ce pour deux raisons. La première est que si je ne m’y tiens pas, j’aurais bousillé un carnet pour rien, et je m’en voudrais beaucoup. J’ai oublié en route quelle était la deuxième raison.

Je me permets également d’en faire l’annonce ici, pour une question de motivation. Si je me contentais de le faire dans mon coin, en « secret », si je venais à faillir, personne ne s’en rendrais compte, et je n’aurais que le poids de ma culpabilité sur les épaules. Alors qu’en l’écrivant publiquement, je m’oblige à m’y tenir, et je vous engage par la même à me soutenir (sans m’engueuler si possible).

Voilà comment les choses vont se dérouler: Aujourd’hui, jour zéro, jour d’évaluation, j’annote dans mon carnet chaque cigarette que je consomme, en stipulant l’heure. Demain, selon la quantité calculée en fin de journée (spoiler alert: un chiffre effarant), j’aviserais à combien j’essaie de me rationner par jour. Et d’ici une semaine à 10 jours, je referais un article pour faire un point de la situation, de mes potentielles crises de manque, et de mes angoisses du cendrier qui crie mon nom.

Je tiens à préciser pour finir, que ceci n’a aucun lien avec les « bonnes résolutions de début d’année ». Parce que les bonnes résolutions c’est du flan, et que personne ne s’y tient jamais. Et mon but c’est quand même d’y arriver, pas de me décourager dans trois semaines et de re-fumer what-mille clopes par jour. Ça fait un moment que ça me travaille, et j’ai besoin de croire que je peux y parvenir. Sans ça, cette « volonté de fer » elle fait bien jolie, mais elle est pas super efficace.

Bref, j’espère que cette première tentative sera couronnée de succès, et que je ne vais pas tuer quelqu’un entre temps.

Y’a rien qui rime avec 2015

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Sur ce titre très inspiré, bienvenue en 2016!

Bon, j’avoue, j’écris ce titre un peu à l’agonie de ma soirée, avec mon équivalent personnel de la gueule de bois, à savoir que mon cerveau est un peu embrumé et mon bidou un peu barbouillé. Mais ça s’arrête là, heureusement.

2015 donc, fut une année riche en émotions, bonnes comme mauvaises. Outre les événements tragiques qui se sont déroulés en France, et qui m’ont d’ailleurs assez peu affectés, parce que j’suis un sale égoïste tavu, cette année fût au contraire pour moi une succession de découvertes et de réalisations personnelles. Comme chacun le sait désormais, j’ai enfin pu mettre le doigt sur mon problème d’identification, et compte bien mettre tout en oeuvre en 2016 et au delà, pour régler cela.

2015 a aussi été une année fournie en rencontres, de celles qui changent un petit Kao. Je pense entre autres à mon bro Leo, dont l’impact sur ma vie a été positivement colossal, et je pèse mes mots. Cette année a aussi signé le départ de mon ancien appart, vous savez, le taudis, pour emménager dans un super nouvel appart tout rénové tout beau. En 2015 je suis aussi passé pour la première fois sur le billard, et ça a changé ma vie, par le biais de ma santé qui s’est enfin améliorée. Toujours dans la santé j’ai enfin décidé de m’attaquer à mes problèmes de sommeil.

Mais 2015 a aussi été synonyme de perte. J’ai perdu deux amis de longue date. Et même si leur éloignement n’est pas forcément entièrement négatif, cela continuera de m’affecter à moyen terme.
Mais l’année qui vient de s’écouler m’a aussi permis de me rendre compte que j’avais réellement su bien m’entourer, et qu’en particulier sur le dernier quart de 2015, j’ai reçu tant de preuves d’amour et d’acceptation quoi qu’il advienne, que j’ai pu prendre conscience combien j’étais aimé et entouré par des gens géniaux.

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En résumé, 2015 c’était:

  • Le début de prise en charge de ma santé
  • La prise de conscience de mon identité
  • Des rencontres, des séparations

En un mot: le début de l’âge adulte. En quelque sorte.

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Et donc mes vœux pour 2016 sont les suivants.

Une santé meilleure, toujours plus d’inspiration, de la bonne musique, des bons jeux vidéos, des petits sous en quantité, de l’amour par brouettes, et un lapin qui vous aime.
Et ça, je le souhaite autant pour moi que pour vous!