Disobedience / Désobéissance (2018)

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Cette nuit, j’ai regardé le film Disobedience (ou Désobéissance en France), et je pense que je n’aurais pas grand chose à en dire. Pour être plus exact, je pensais initialement lui consacrer un très long billet, mais une fois les crédits passés, je savais qu’il n’y aurait finalement pas tant de matière à en extraire, sans risquer de spoiler.
En revanche, j’annonce la couleur nuitamment : j’ai bien aimé ce film, il ne m’a cependant pas transcendé pour autant. Mais je vais y venir rapidement.

Le pitch :
Disobedience, nous plonge au cœur d’une communauté juive londonienne, où le Rabbin vient de décéder. Sa fille, Ronit, jusque là exilée à New York où elle travaille comme photographe, revient pour ses funérailles. Mais entre les retrouvailles pas tellement chaleureuses avec la communauté, ainsi que des souvenirs qui remontent, son séjour ne sera pas forcément de tout repos.

Mon avis :
Vous m’attendez au tournant, y’a des filles qui se font des bisous. En même temps ce n’est pas vraiment un secret bien gardé puisque le film nous annonce la couleur dès l’affiche (ci-dessus). Mais ce qui est réellement important, ce n’est pas tant à quel moment elles se font des bisous, mais le contexte où elles s’en font.

Ici, Ronit (Rachel Weisz) retourne dans son ancienne communauté juive où elle tombe sur ses deux amis d’enfance : Esti (Rachel McAdams) et Dovid (Alessandro Nivola). Elle n’est pas forcément accueillie à bras ouverts, et dès les premières minutes, l’ambiance est pesante. Entre les coutumes religieuses et les traditions d’un autre temps, je dois avouer que je n’étais pas super à l’aise à chaque instant du film.
Nos trois personnages principaux sont tiraillés chacun différemment, entre leur vérité et ce que l’on attend d’eux. Que ce soit une recherche individuelle ou un cheminement autour de la foi, tout le monde voit ses convictions personnelles pas mal chahutées.

A mesure que le film se déroule, on en apprend plus sur les raisons du départ de Ronit, ainsi que sur la retenue poussée à l’extrême de Esti, qui semble au bord des larmes tout le long des 2h que fait Disobedience. Le tout s’écoule avec une certaine douceur, même si c’est dans une ambiance un peu étouffante.

Sur le plan purement technique, les jeux d’acteur.ice.s sont excellents, rien à redire là dessus, chacun dévoile ses facettes au fur et à mesure, sans excès, avec une justesse imparable. Côté image, l’ensemble est très « terne », il n’y a quasiment aucune couleur vive, et cela retranscrit parfaitement l’aspect pesant de toute cette ambiance d’austérité religieuse.

Le seul point négatif que je pourrais trouver, c’est les dernières minutes du film, qui m’ont un peu laissé sur ma faim. Mais bon, il faut bien avouer que j’ai toujours eu du mal avec les conclusions trop « ouvertes ».

Voila.
C’est tout pour moi !

Comme un goût d’ivresse

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Ce matin, je vous propose trois films que j’ai vu, et mon avis sur la question. Les trois sont dispo sur Netflix, ou toute autre plateforme de streaming de votre choix, il s’avère juste que je paye mon propre abonnement, donc j’ai fait avec le catalogue français.
Vous vous en doutez bien, je suis parti du côté LGBT de la force, et plus spécifiquement la premiere lettre de l’acronyme. Donc sans plus d’introduction, passons au premier titre !

THE FEELS

Sorti en 2017. De Jenée LaMarque, avec Constance Wu et Angela Trimbur.

Le thème central de ce film c’est l’orgasme, et en l’occurrence la révélation de l’absence d’orgasme vécu, chez l’un des personnages, et ça fout bien le drame dans un weekend d’enterrement de jeune fille supposément idyllique. Rien ne se passe comme prévu, les gens couchent entre eux, et le malaise est palpable tout du long.
Il y a comme une tension dès les premières minutes du film, on sent que quelque chose ne va pas et que ça va exploser, mais on ne sait juste pas exactement quand, et ça fout une pression mentale monstre.

Et quand enfin ça explose, ce n’est pas beaucoup mieux, et on finit par avoir le dénouement de la situation aux toutes dernières minutes de ce long métrage.

Si les fanfictions m’ont bien appris quelque chose, c’est qu’une bonne communication fait des miracles, et c’est ce qui manque à nos protagonistes.
Une communication si importante, qu’elle aurait pu nous éviter « The Feels », entre l’écriture des dialogues parfois hésitante, et l’absence totale d’alchimie entre les personnages.
Sans même parler des passages d’interview des persos en individuel face caméra, et que l’on nous indique jamais le pourquoi de ces interviews qui découpent le film. Bref, c’est un trajet pas forcément super intéressant, ni pertinent.

Je lui donne donc la note de Pénible/10. J’en ai entendu du bien, et pourtant je n’ai pas aimé, alors que je ne m’attendais pas à grand-chose. Comme quoi, les goûts et les couleurs hein.

LA LUCIERNAGA / THE FIREFLY

Sorti en 2015. De Ana Maria Hermida, avec Caroline Guerra et Olga Segura.

Un long-métrage Américano-colombien qui traite du deuil et de la façon de s’en relever, en quelque sorte.
Le film s’ouvre sur deux drames : le premier est une scène qui sera aussi celle de quasi conclusion, à une scène près. Et le second sera le fil conducteur du film.
Andrès, le frère de Lucia et futur mari de Mariana décède tragiquement. D’autant plus que le frère et sa soeur ne s’étaient pas vus depuis 3 ans. Ainsi, Lucia va soutenir sa « presque » belle sœur et l’aider à se rétablir de cet événement. Et ce de manière plus intime qu’elle ne l’aurait songé.

L’ensemble se déroule avec douceur et une certaine justesse du traitement de la thématique. Si on exclut la toute dernière scène du film, que j’ai personnellement trouvée assez glauque.
Mention spéciale également au mari de Lucia, carriériste, opportuniste et détestable à souhait, en plus il mâche son chewing gum la bouche ouverte. Y’a eu des morts pour moins que ça.

Il y a également par moments, des scénettes fictives, proches de la métaphore, à grands renforts de maquillages et d’effets de lumière, on ne comprend pas toujours tout, mais ça a le mérite d’être joli.

Dans l’ensemble c’est assez doux, et parfois poétique, la musique est adaptée et l’image est travaillée. Réelle alchimie des deux actrices, même si au début tout le monde a un peu la même tronche. Au moins on évite le cliché de la blonde et la brune, comme dans les trois quarts des couples de filles de la télé.

Je lui donne la note de Correct/10. Ca aurait pu être pire et pourtant on ne partait clairement pas gagnant.
Et en vrai j’ai passé un bien meilleur moment que devant The Feels. Du coup ça m’a motivé a en regarder un troisième !

LOVESONG

Sorti en 2017. De So Yong Kim, avec Riley Keough et Jena Malone.

Lovesong nous conte une histoire en deux étapes.
Il y a Sarah, une femme dont le mari est en déplacement professionnel quasiment en permanence, sa fille Jessie, et Mindy, la meilleure amie de Sarah, avec qui elle était à la fac.

Quand Jessie a 3 ans, et que Sarah semble clairement au bord de la dépression de devoir s’occuper seule de sa fille, elle invite Mindy à venir les voir, et les trois partent en road trip. Elles ont une aventure lors de ce voyage, et Mindy décide un peu brutalement de repartir chez elle au lendemain de leur nuit ensembles.

Puis on nous projette trois ans plus tard, les deux femmes ne se sont pas vues entre temps, mais se revoient à l’occasion du mariage de Mindy avec son compagnon.
Entre l’alcool et le stress, les deux se retrouvent éventuellement le temps d’un moment d’accalmie.

Lovesong n’est pas tant une histoire d’amour mais plutôt un conte un peu triste sur le fait de devoir laisser partir celleux qu’on aime, en particulier lorsque le timing était mauvais.

Je lui donne la note de Pesant/10, parce que même si on éprouve de l’empathie pour Sarah qui regarde son amie avec des yeux pleins d’amour tout le long du film, les circonstances font que c’est super compliqué pour elles de tout quitter.

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Voilà, ce n’était clairement pas une expérience des plus fantastiques, mais ça m’a permis de tuer le temps et de faire un article de mes nuits sans sommeil. A bientôt pour d’autres films moyens, bisou !

Come As You Are (2018)

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Celleux qui me connaissent depuis suffisamment longtemps savent que je me hype pour l’actrice Chloë Grace Moretz, après l’avoir vue botter des culs du haut de ses 13 ans, en Hit Girl pour le film Kick Ass. J’ai même vu un paquet de films où elle apparaissait, souvent pas très bons d’ailleurs. Pour n’en citer que quelques uns, il y a eu Let Me In (remake de Morse, film suédois), Dark Shadows de Tim Burton, le remake très moyen de Carrie ou encore Sils Maria (que j’ai trouvé assez chiant malgré la présence de Kristen Stewart que j’aime fort).
Du coup, quand j’ai appris qu’elle tenait le rôle titre d’un long-métrage indé primé au festival du film de Sundance, je n’ai pas réfléchi plus de trois secondes avant de hurler qu’il fallait que j’aille voir ça dans la minute.
Mais avant de se hyper, de quoi ça parle au juste ?

Come As You Are ou The Miseducation of Cameron Post en Version Originale (parce que quoi de mieux qu’un titre anglais pour traduire un autre titre anglais?); place notre histoire en plein cœur des années 90 aux Etats Unis.

Parenthèse : Dans tous les résumés que j’ai lu, ils disent qu’elle a 12 ans, mais quand la prof lui demande quelle année elle suit, elle parle de « Eleventh Grade », soit la Première, donc elle aurait plutôt 16 ans, et ça colle mieux avec la suite à mon humble avis.

Cameron donc, l’héroïne de notre histoire, est surprise dans les bras d’une autre fille lors du bal de promo de 93. Suite à cela, elle est envoyée au camp de conversion pour jeunes homos, sobrement appelé « God’s Promise » (La Promesse de Dieu). Et grâce à l’aide de Dieu donc, et à un savant mélange de psychologie freudienne, les pensionnaires du camp retournent miraculeusement dans le « droit chemin ».
Loin des siens, et entourée par des chrétiens finalement pas plus extrémistes que ceux qu’on croise ailleurs, mais en tout cas largement plus enthousiasmés dans leur mission divine; Cameron essaiera tant bien que mal de trouver sa place, entre mensonge et découverte de soi.
Une histoire de cheminement adolescent, au final assez universelle, et également très intemporelle, puisque toujours d’actualité concernant l’existence de ces camps de reconversion.

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J’ai donc été voir ce film durant mes petites vacances sur l’Île d’Oléron, parce que scandale, les cinés de ma ville ne l’ont laissé à l’affiche que trois petites semaines, et il a fallu que je m’exile sur une île pour parvenir à voir ledit film.
En revanche, je disais à l’ami qui m’accompagnait que j’espérais qu’il n’y ait pas trop de scènes un peu « graphiques », et manque de bol, à peu de choses près, le film s’ouvre sur une scène d’amour justement. Peu de nudité, fort heureusement, mais du sexe néanmoins.
Dans l’ensemble le film est assez chouette, et je pourrais m’arrêter là, mais bon, j’ai encore cinq demi feuilles pleines de ratures à vous retranscrire, donc je vais extrapoler mon propos.

Tout d’abord, la sensation du temps qui s’étire est très marquée, plusieurs scènes s’éternisent en longueur, du genre des fins de plans fixe qui ne s’arrêtent pas immédiatement après que l’action s’y soit déroulée, donnant à l’ensemble une sensation indéfinissable. On ne ressent pas le temps passer, mais pas dans le sens où tout se déroule très vite, mais bien au contraire, dans celui où l’on ne sait pas combien de temps s’en est réellement écoulé. Il n’y a aucune indication de date, beaucoup de répétitions de scènes, donnant à l’ensemble cet aspect un peu aliénant et créant ainsi une certaine forme d’empathie pour nos protagonistes.

La bande son est plutôt jolie, assez bien choisie, mais surtout franchement bien placée. Que ce soit en simple fond sonore ou quand celle ci s’arrête brusquement, la musique a un petit rôle non négligeable dans ce long-métrage.
Les passages de flash-back et de rêveries sont également plutôt bien dosés, offrant des périodes « d’entracte » à une réalité un peu affreuse.

Mon seul véritable regret concernant Come As You Are, c’est sa fin, qui est un peu trop ouverte à mon goût, et le fait qu’elle laisse certaines questions sans réponses. Toutes les « sous-intrigues » ne sont pas forcément expliquées, et certains backgrounds de personnages du second plan auraient peut-être mérité que l’on s’attarde un peu dessus.
Mais quelque part, c’est peut-être une juste retranscription du contexte du film. C’est à dire que chacun se tire plus ou moins dans les pattes pour être mieux vu par les responsables du camp, quitte à être largement égoïstes. Et quand egoïsme il y a, le destin des autres nous importe peu.
Mais à l’arrivée, c’est pourtant une forme d’entraide mutuelle qui les sauvera.

Pour conclure, Come As You Are n’est pas nécessairement le film du siècle, mais il est une touche agréable, et a au moins le mérite de faire passer un message, tenter de mettre en lumière voire de carrément dénoncer les pratiques d’un autre temps, qui ont encore lieu de nos jours.

Ce à quoi Cameron fait face est injuste et cruel, à savoir l’abandon.
Et tout le monde participe à lui faire payer cher pour le simple fait de vouloir vivre sa vérité. Deux choix lui sont offerts : se conformer à l’image que l’on attend d’elle, ou être abandonnée, encore une fois.
On peut la trouver un peu amorphe dans certaines scènes, alors qu’elle lutte intérieurement, essayant de jongler entre ce qu’on attend d’elle, et son identité véritable.
Elle essaye juste de s’en sortir sans faire de dégâts, mais personne ne lui facilite la tâche.

C’est d’autant plus touchant que c’est applicable à beaucoup de formes de différences sociales, Cameron est certes gay, mais c’est ici plus un prétexte de dénonciation qu’une fin en soi. Elle aurait aussi pu être trans, ou handicapée. Ça fait simplement partie d’elle, elle ne peut s’en défaire, et ne tient d’ailleurs pas à le faire.
Quelques unes des répliques font d’ailleurs mouche, et touchent très juste.

Ce film est d’une incroyable justesse à tout un tas de niveaux, dans son déroulement comme dans sa façon de dépeindre la nature humaine parfois imprévisible mais surtout spécifiquement crasse.
Un tableau de quotidienneté, pour une fable pas si loin de la réalité.

Coby, de Christian Sonderegger (2017)

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Je devais à l’origine, seulement être présent à l’avant-première de ma ville pour participer au débat post-visionnage. Mais en faisant quelques recherches au préalable sur le film et ce que les Internets en ont pensé, je suis tombé de haut. Bon, pas de si haut puisque en ce qui concerne la transidentité, les médias sont toujours complètement aux fraises.
Mais j’ai pu lire les erreurs habituelles sur la question, à toutes les sauces possibles : mauvais emploi des termes, vocabulaire daté, fausse bienveillance, obsession pour l’intimité et autres condescendance marquée. Du coup, j’ai voulu corriger le tir, à ma petite échelle, car ici, ni deadname ni « changement de sexe » ou autres « transexuel ».
Donc allons-y pour une critique rapide de Coby, un film documentaire de Christian Sonderegger.

Synopsis

En plein coeur du Middle-West (USA), nous est racontée la transition d’un jeune homme, Coby, et comment son parcours a pu chambouler son entourage, et notamment sa famille.

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Structure

Le film s’ouvre sur une séquence d’une dizaine de minutes, où la caméra suit un jeune homme dans son quotidien (spoiler: c’est lui Coby), on le voit donc intervenir dans son travail d’urgentiste, rentrer du boulot et croiser brièvement sa compagne, se réveiller plus tard dans la journée et vaquer a ses occupations, et notamment se passer le crâne  à la tondeuse (illustration ci dessus). C’est ensuite qu’intervient le premier extrait de vidéo YouTube, et on entre enfin dans le vif du sujet qui va être décortiqué pendant une heure et quart : la transition de Coby, et son impact chez ses proches.

Le documentaire est composé de plusieurs segments:

  • des extraits de la chaîne YouTube de Coby, où il détaille les étapes de sa transition (comme je le peux le faire avec ce blog par exemple), sorte de journal intime en vidéo.
  • Des entretiens avec sa famille et ses proches en face-caméra.
  • Des séquences du quotidien, des conversations par exemple.
  • Des séquences purement illustratives comme des plans sur la neige ou encore quand Coby tond la pelouse.

L’ensemble se déroule visuellement sur deux saisons, le grand froid de l’hiver, et le plein été ensoleillé. Et cette dichotomie est intéressante aussi bien sur un plan esthétique que pour le message implicite qu’elle laisse transparaître : celui du changement.

Mon avis (subjectif)

Le film, aussi bien dans son discours que dans sa structure, nous permet de comprendre pas à pas ce que traverse son protagoniste, de manière calme et progressive. Ce documentaire ne nous bouscule pas brutalement, et au contraire, prends le temps de nous expliquer, par étapes croissantes, ce que vivent Coby et sa famille.
Une certaine douceur se dégage de ce long-métrage, où, même si tous les propos ne sont pas nécessairement bienveillants, ils sont malgré tout toujours énoncés avec une certaine forme d’humilité, et certaines phrases touchent profondément, en bien comme en plus douloureux.

Du côté de l’image, j’ai trouvé assez bien rendue, cette « obsession » de Coby vis à vis de son propre corps, puisque, à plusieurs reprises, on le voit torse nu, quand il tond la pelouse, ou les fesses à l’air quand il reçoit son injection de testostérone. Et c’est d’autant plus convainquant qu’il en parle lui-même dans ses extraits YouTube. Et c’est logique puisque lors de la transition, le corps change, et on le redécouvre jour après jour, et il convient de s’adapter en se réappropriant sa propre image. De ce fait, je trouve que les prises de vue sont intelligemment utilisées. Ce qui pourrait passer pour un genre de léger « voyeurisme » prend au contraire tout son sens replacé dans ce contexte.

Le réalisateur l’a dit lui même dans plusieurs interviews, son documentaire n’est pas tant destiné que ça au public LGBT+, mais au contraire orienté vers le grand public, celui qui ne s’intéresse pas spécialement vraiment de près à ces questions là. De ce fait, ce n’est pas « révolutionnaire » pour les habitué·e·s du mouvement Queer, mais cela reste une bonne entrée en matière pour les néophytes.

En conclusion, que vous soyez un·e habitué·e de la « question Trans », ou que le sujet vous intéresse juste vaguement, vous devriez trouver un élément marquant dans Coby. Que ce soit une phrase lancée à la volée comme tout un discours construit, quelque chose devrait normalement faire écho dans votre petit cœur en mousse.
L’ensemble de ce documentaire est d’une justesse assez rare, dès lors que l’on prends un peu de recul, surtout comparativement à ce qui s’est fait jusqu’ici.

Voilà. La critique de ce film est terminée.
Mais j’avais pris pas mal de notes pendant le visionnage du film, et j’en ai tiré quelques conclusions personnelles, et comme j’ignorais où les mettre, je vous les propose juste ci-dessous. Si cela vous intéresse, vous pouvez continuer votre lecture, ou au contraire vous arrêter là, le choix est votre !

Balancer mes annotations au milieu de ma chronique n’avait que peu d’intérêt, mais il y a 3 petits passages en particulier, qui m’ont profondément touché, et je souhaitais les développer brièvement ici.

1/ Quand sa maman demande à Coby pourquoi il a décidé de changer, il explique très simplement que, avant sa transition, se croiser dans le miroir était quelque chose de surprenant, puisqu’il ne se reconnaissait pas, et entre chaque passage face à un miroir, il en venait à oublier à quoi il ressemblait.
Et c’est une sensation très particulière, mais qui est loin de m’être étrangère. J’ai souvent entendu, formulé comme un reproche, que j’allais détruire l’image que les gens avaient de moi, alors que c’est tout le contraire. Transitionner, c’est très justement se réapproprier sa propre image, et la façonner à notre besoin profond, d’être raccord entre notre ressenti intime et la réalité physique. Certaines personnes appellent cela changer, moi j’appelle ça me rapprocher de la vérité qui est mienne, et qui au final, n’appartient qu’à moi de définir.

2/  Le père explique à un moment donné, que oui, effectivement, prendre des hormones a des conséquences à long terme sur le corps et qu’il faut bien y réflechir. Et il rajoute que egalement, décider de ne pas en prendre, ou tout du moins dans ce genre de cas, se voir interdit d’en prendre, a également des conséquences par la suite, que ce soit sur le mental, sur le corps, sur la vie.
J’ignore s’il fait référence à quelque chose en particulier, mais ça m’a assez marqué, et je trouvais cela d’une justesse incroyable. Effectivement, il faut bien mesurer le pour et le contre quand il s’agit d’un traitement, hormonal ou non d’ailleurs, car les conséquences peuvent être très rapides.
Mais on voit suffisamment passer de suicides de personnes transgenre, pour savoir que oui, être écarté d’une prise en charge médicale a des conséquences directes sur les gens. J’ai passé suffisamment d’années à vouloir mourir, pour mesurer ma chance aujourd’hui : je revis, littéralement, et c’est autant grâce aux hormones que grâce au soutien de mes proches.

3/ Vers la fin du film, la compagne de Coby fait un petit encart sur le fait qu’elle se sente un peu délaissée, parce que la transition de ce dernier a pris tellement de place dans leur vie, que c’en est devenu le seul sujet de conversation, toujours, tout le temps, et j’ai trouvé ça ultra triste.
Je conçois bien les deux côtés de cet argument, le pourquoi et les conséquences, mais j’ai trouvé ça triste néanmoins.
Une transition, ça prend effectivement beaucoup de place, et ça se répercute sur la famille comme sur les amis très proche. Et je n’ai pas la chance d’avoir quelqu’un d’aussi intimement présent dans ma vie pour pouvoir lui accorder ce temps de parole. Simplement, je trouve vraiment dommage que l’on mette l’accent sur le côté contraignant d’une transition. Oui, cela se vit aussi individuellement que collectivement, et c’est un « événement » extrêmement important, comme une renaissance. Tout n’est pas que joie et paillettes, évidemment, mais chaque étape se vit intensément, et cela ne prendrait pas autant de place si la société était plus avancée sur la question.
Du coup, j’entends bien qu’une personne qui transitionne « prenne de la place », mais je me dis que ce n’est pas tant sa faute que celle du contexte dans lequel nous évoluons.

C’est ENFIN tout pour aujourd’hui. A très vite !

Supplément Sel #1

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Fallait que ça arrive, mais je me suis encore farci un pseudo « reportage » sur la transidentité. C’est ma collègue Yuffy (sa chaine Youtube) qui en as parlé sur Twitter, et j’ai décidé de me lancer dans le visionnage d’un énième gros tas de caca encart télé sur les questions queer, et franchement, je n’aurais pas dû.
Aujourd’hui, nous allons donc essayer de décortiquer ensemble mes notes, pour savoir à quel point c’était problématique. Mais on va rendre tout ça ludique, sinon autant se jeter par la fenêtre. Je me permets, j’habite au rez-de-chaussée.

Hier donc, j’ai décidé de m’infliger le visionnage d’un épisode de « Je t’aime Etc », une émission passant sur France 2 en milieu d’après-midi. L’émission, dure une heure, et environ 20 minutes étaient consacrées au sujet de première page, intitulé pour l’occasion : « Transexualité, un autre visage de l’amour ».
Il s’agit donc d’un micro-reportage sur un couple de deux femmes un peu âgées, dont l’une d’elle s’avère être transgenre. Leur témoignage est coupé en plusieurs morceaux, pour permettre aux chroniqueurs d’intervenir et de donner leurs impressions.

J’ai donc ressorti mon fidèle bingo, et je vous le mets tel qu’il a été annoté durant l’émission. Et concrètement, c’est pas glorieux.

Alors, deux lignes et demi sur quatre, je pense que j’ai gagné le jambon de pays là. Plus sérieusement, on va attaquer par le plus gros du morceau : le vocabulaire.
Je sais que c’est chiant, les milieux queers et féministes ont toute une sémantique qui leur est propre. Mais c’est aussi le cas pour le milieu informatique, ou encore le management, et pourtant tout le monde s’adapte sans me briser les roudoudoux sans broncher plus que ça.
Le truc c’est qu’on est en 2018, et qu’il existe une pelletée de blogs, médias divers, articles de presse papier comme en ligne, vidéastes etc etc, qui se sont tou·te·s cassé le caillou à vous expliquer en détail et calmement quels termes utiliser et pourquoi, et dans quels circonstances et de quelles manières. Donc aucune excuse n’est possible en fait. Il suffit de taper des mots intelligents sur votre moteur de recherche favori, et vous aurez une grande partie des clés dans les mains.

Donc pour résumer très brièvement la compilation d’erreurs de l’émission, juste pour la partie vocabulaire hein.
■ Trans s’utilise comme un adjectif, pas comme une qualité : une PERSONNE trans, pas un·e trans.

■ On parle d’identité de genre et non pas d’identité de sexe. On pourrait dire que le sexe n’est qu’un attribut corporel et/ou physique, mais c’est peu pertinent puisque les biologistes s’accordent à dire, pour simplifier, que le sexe est bien plus un spectre que deux cases opposées à savoir mâle et femelle. Mais je ne vais pas vous faire un cours de bio aujourd’hui, là n’est pas mon rôle, disons simplement que la séparation mâle/femelle est un abus de langage.
Le genre lui en revanche, est un attribut intime, il peut être aussi bien émotionnel que psychique. Disons qu’il peut être comme une sorte d’interface entre l’individu et la société qui l’entoure, aussi bien qu’une façon de s’accepter en exprimant celui ci. Le genre peut s’exprimer via un corps, souvent altéré (tatouages, modifications corporelles diverses, chirurgie esthétique etc…) aussi bien que par des codes genrés (tenue vestimentaire, maquillage, attitudes, postures…).
On distingue l’un de l’autre puisque le sexe ne fait pas le genre, mais en revanche, on peut se réapproprier des élément de son corps traditionnellement associé·e·s à un genre différent du notre. Yuffy par exemple, qui m’autorise à écrire ceci, n’aurait aucun mal à déclarer qu’elle a « un pénis de nana ».

■ On préfère les termes de transition, et parcours, plutôt que transformation ou changement de sexe. Nous ne sommes pas des joyeuses chenilles qui devenons des fabuleux papillons.

■ Il faut vraiment arrêter de parler de « L’OPÉRATION™ ». Comme si il n’y en avait qu’une seule de possible, envisageable, validée par l’Académie Française. Il y a tout un tas de chirurgies possibles, que ce soit au niveau du visage, de la pomme d’adam ou encore de la poitrine. Mais quitte à parler de la chirurgie génitale, dites chirurgie génitale, ou son terme médical « Sex Reassignment Surgery / SRS » (en français dans le texte : Chirurgie de Réassignation Sexuelle).

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Ensuite, comme mes fiches sont rapidement devenues un medley de notes vaguement contextualisées, je vais faire un TOP 10 des moments les plus malaisants, histoire d’y rajouter du fun.

#10
On attaque ce top avec quelques mots à propos des « parcours officiels » et de la Sofect (qui n’est heureusement pas nommée), alors que le bout de reportage ne se passe absolument pas en France. C’est beau.

#9
Le mot « fascinant » revient plusieurs fois, avec ce je ne sais quoi d’exotisation dans la bouche, parce que après tout, « c’est atypique, pas commun du tout! ».

#8
La présentatrice à un moment se félicite elle-même d’avoir utilisé le bon pronom pour une femme trans chinoise, qui est présentatrice et anciennement danseuse de haut niveau. Elle dit un truc du style « elle, car oui, j’ai bien dit elle! » et elle semble hyper satisfaite de sa phrase.

#7
Toujours dans les « célébrités trans », on parle quelques instants de l’artiste Dana International, chanteuse israélienne qui a remporté le concours de l’Eurovision de 1998. Mais en vrai c’est uniquement pour rappeler que l’Eurovision est diffusé bientôt sur France 2, chaine qui diffuse l’emission que je décortique aujourd’hui donc.

#6
On a droit à un moment « Jean-Michel Colorblind », ou plus exactement, un mec qui se lance dans une longue tirade sur le fait que « c’est juste deux êtres qui s’aiment, au sens le plus strict (…) comme décrit par Platon en son temps ». J’entends bien l’intention de focaliser cette histoire sur le spirituel, mais le reste est tellement dur à digérer que cette remarque tombe totalement à plat.

#5
Il y a une blague sur le pénis de Michelle, la personne trans interviewée. C’est à dire que sa compagne raconte que plusieurs nuits de suite, Michelle s’est reveillée pour aller faire pipi et « ne savais pas comment procéder ». On suppose que c’est juste après sa chirurgie génitale donc.

#4
« A l’issu de l’opération, il y a beaucoup de suicides ». La déclaration sort de nulle part, sans chiffre pour l’appuyer ou de sources avérées. Ça essaie peut-être de sous entendre que les personnes trans regrettent de s’être faites opérer. Ou peut-être que ça sous entend que les chirurgiens français sont des gros bouchers. Ou peut-être que ça sous entend que le suivi est mal fichu. Personne ne le saura jamais. Mystere.

#3
Les invités/chroniqueurs insistent beaucoup trop sur le fait que Aline ai rencontrée Michelle APRES le début de sa transition, alors que ça n’est pas vraiment si pertinent que ça. Peut-être que l’on essaie de nous mettre en relief qu’être mis devant le fait déjà accompli, et voir la personne évoluer depuis même avant son coming-out, sont deux choses très distinctes, comme si ça faisait une grosse différence. Comme si l’un etait compréhensible tandis que l’autre est inacceptable et valide totalement la possibilité d’être rejeté. Mais j’extrapole probablement.

#2
A un moment il est raconté que Aline a laissé Michelle partir « explorer son nouveau corps » avec un autre homme. Un peu comme si l’hétérosexualité était la dernière étape de validation du genre d’une personne trans, fanfreluches incluses. Mais heureusement, leur amour était plus fort que tout alors elles se sont retrouvées avant de faire des bêtises.

#1
Vers la fin, ça partait bien, une sociologue reprend un chroniqueur en lui expliquant que la sexualité et le genre sont deux choses bien distinctes, et que en vrai l’hétéronormativité ça craint du cul. Sauf qu’elle ruine toute son explication pourtant sensée, en rassurant sur le fait que l’opération est tellement bien réussie de nos jours, que l’on peut avoir des sensations, lors d’un acte sexuel.

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Voilà. Je vais conclure parce que tout ce flûteblûte devient bien trop long et que j’ai déjà perdu la moitié de mon lectorat.

J’ai vu les intentions, je voyais où ça tentait de nous emmener, mais l’ensemble se vautrait tellement dans les clichés et tout etait si maladroit, que c’était véritablement douloureux à regarder. Le témoignage de ces deux femmes est en soi assez mignon, plein de bons sentiments et tout ça, mais tout est rapidement démoli par les chroniqueurs et leurs remarques franchement déplacées.
Tout le monde applaudit bien fort Aline et son courage, parce que c’est tellement une épreuve hardcore de la vie que d’être en couple avec une personne trans. Ca me fout une nausée terrible. Les phases d’interview étaient surtout centrées sur l’entourage de Michelle, et on l’entend assez peu s’exprimer sur un sujet qui la concerne directement, et j’ai trouvé ça un peu triste.

« Moi j’en serais incapable » lance un invité en ouverture de l’émission, quand on lui demande s’il pourrait rester avec une personne qui décide d’entamer sa transition.
Et moi j’ai un peu envie de me jeter sous un bus à la fin du visionnage. Ça ne durait que 20 minutes, mais c’était un concentré de transphobie ordinaire, et de mots vraiment très mal choisis.

La présentatrice finit sur cette phrase « Ce témoignage est d’une douceur, alors que ça a dû être extrêmement violent! ». Vous par contre, la brutalité de vos propos, personne ne semble la remettre en cause.
Ce genre d’émissions, qui semblait partir d’une bonne idée, un format court qui empêche de sombrer dans le pathos, et de patauger joyeusement dans les clichés; finit par se vautrer sur lui-même.

Les propos tenus sont d’une violence rare, et tout le monde applaudit.

Everything Sucks !

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Ces dernières années, la tendance était aux 80s, entre les comebacks à la pelle ou encore le succès de Stranger Things et de la rétrowave, je me demandais à quel moment la tendance allait basculer vers la décennie d’après.
Cela fait un moment que l’on oscille entre 80s et 90s, mais j’attendais au tournant une série de qualité qui, au même titre que Stranger Things, n’utilise sa période temporelle que comme un pretexte, un décor, et non pas comme un seul argument unique pour balancer gratuitement des références sans les justifier une seule seconde.

Et puis aujourd’hui, j’ai décidé de m’attaquer à la série Everything Sucks!, sortie le 16 février 2018 sur Netflix. Je pensais naïvement que j’allais m’égrainer les épisodes sur plusieurs jours, mais au final j’ai regardé l’intégrale de la première saison dans la nuit. Ceci dit, les épisodes faisant chacun environ 20 minutes, ça se dévore hyper vite. Pour une totalité de 10 épisodes pour le moment, comptez 5h de votre temps.

Mais avant toute chose, de quoi ça parle? Sans trop vous spoiler quoi que ce soit, même pas les découvertes de l’épisode 1. Donc :
Dans la ville de Boring, dans l’Oregon, Luke vient d’entrer au lycée, et lui et ses deux amis, McQuaid, le nerd bien trop sérieux, ainsi que Tyler, le gamin un peu en retard sur les blagues, décident de rejoindre le club audiovisuel.
Dans ce club ils feront la connaissance de Kate, une deuxième année un peu awkward, mais suffisamment jolie pour taper dans l’oeil de Luke. Celui ci va donc tenter de conquérir son cœur, alors que Kate a clairement d’autres chats à fouetter.

Voilà, ça c’est le point de départ. A partir de là, certains éléments vont clairement partir en vrille, tandis que d’autres vont au contraire se bonifier sur la durée.

J’ai lu ailleurs qu’on a reproché à la série de ne pas être suffisamment drôle. Je pense que l’erreur vient du fait de la classer dans la catégorie comédie dès le départ. En vérité, il y a pas mal de moments franchement marrants, mais c’est bien plus du comique de situation que des punchlines cinglantes.

Tous les personnages ne sont pas aussi attachants les uns que les autres, mais si on en déteste d’emblée certains ou certaines, la série prends un malin plaisir à retourner les vestes de presque tout le monde, et à inverser la tendance en un rien de temps.
Parce que c’est surtout ça la donnée importante : le temps. Comme je le dis plus haut, chaque épisode faisant 20 minutes, tout va très vite. Et même si il y a un fil rouge tout au long de cette première saison, avec une multitude de petites sous-intrigues, il est assez difficile de mesurer le passage du temps. Je n’ai pas vraiment compris si tout s’enchaînait sur deux semaines, ou si plusieurs mois s’étaient écoulés entre le début et la fin, aucune indication n’est affichée. Ou alors j’ai raté un élément, c’est possible aussi.

Côté ambiance, nous sommes en 96, et l’esthétique d’époque est assez bien respectée, même si certaines références sont assez « grossières » dans leur placement, d’autres sont au contraire plus subtiles. Pour exemple, il y a un moment où une des protagonistes sort son tamagotchi pour s’en occuper parce que celui ci sonne, mais à aucun moment elle ne dit « oula mon tamagotchi sonne », juste elle bidouille les boutons du machin en continuant sa phrase. Chacun y trouvera ou non son bonheur, selon son degré de réceptivité à toutes ces références là.
D’ailleurs, la bande son, avec du très bon comme du assez mauvais (volontaire), est plutôt bien intégrée à la série. J’irais même jusqu’à dire que la musique a un rôle à part entière dans Everything Sucks.

Du reste, les acteur·ice·s sont à peu près tou·te·s convainquant·e·s, avec une mention spéciale pour le premier rôle féminin, à savoir Kate, dont l’actrice a une façon de dire « Thanks » qui m’a beaucoup marqué. Elle a également quelques détails dans sa diction qui m’ont bien plus à l’oreille. Le personnage est hyper attachant, avec ce petit côté touchant sur les bords, et l’actrice est hyper chou, ce qui est un plus. Ça m’a même étonné d’apprendre qu’elle n’a que 14 ans, parce qu’elle fait plus mature que ça.

Enfin, cette série, qui aborde pourtant des thèmes pas forcément faciles comme la monoparentalité, la sexualité ou encore le harcèlement, le fait avec une certaine légèreté. On ne tombe pas dans le pathos pendant 3 épisodes, les choses sont parfois moches, c’est un fait, mais on ne s’éternise pas dessus pendant 8 ans.
Je pense que le format de la série ne se prête juste absolument pas aux longueurs, dans tous les cas, et ça fait souvent du bien, mais on regrette parfois également de ne pas s’attarder sur certains éléments. L’ensemble peut sembler assez expédié sur certains plans.

Pour conclure, j’ai trouvé cette série agréable, légère et plutôt rafraîchissante. J’avoue avoir esquivé un détail relativement important de mon compte rendu, mais je laisse la surprise à celleux qui regarderont Everything Sucks.
Au final, comme j’ai grandi dans les années 90, il est fort possible que l’aspect nostalgie soit bien plus présent chez moi, et que de ce fait, j’ai laissé passer bien plus de choses que Jean-Michel-Critique.
Mais moi j’ai aimé fort.

Le dilemme des Transgenres : Debriefing

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Il y a quelques jours à peine, a été diffusée sur M6, un reportage sur les personnes trans dans le cadre de leur émission Zone Interdite. Je me suis donc sacrifié pour la cause et j’ai regardé ladite émission, pour savoir. J’ai au préalable élaboré un petit « bingo » pour savoir combien de cases clichés j’allais cocher, résultat en fin d’article.
Pour le reste, j’ai pris énormement de notes sur papier, totalement decontextualisées la plupart du temps, et sans minutage. Du coup plutôt que de vous faire la liste de mes impressions, ce qui serait somme toute assez chiant à lire, j’ai décidé de faire un resumé de mes notes, ce qui donnera un article à l’arrivée plutôt court (whoopsie!).

El Bingo, si !

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Outre le fait que je vais avoir le jingle de Zone Interdite dans la tête pendant 8 jours, sur les 1h35 que durait l’émission, il s’est passé un paquet de trucs. Déjà nous avons 6 témoignants, trois nanas et trois mecs, dont la moitié (trois donc) a vachement plus de temps de reportage que l’autre moitié.
Les trois personnes au temps d’image réduite sont Cedric, un jeune de 18 ans, Jackie, une femme à la retraite, et Arno, un père flic qui apparaît vraiment très très peu.
Les trois têtes d’affiche sont donc Iris et Laura, qui sont toutes deux des jeunes femmes de moins de 30 ans, et Isaac, un p’tit mec de 14 ans.

Laura, qui est apparemment une youtubeuse à succès, semble plutôt calé sur le vocabulaire, car très fréquemment, on l’entend corriger la personne qui l’interviewe. Notamment sur tout l’aspect « avant vous êtiez un homme et maintenant une femme » et autre « du coup avant vous etiez un couple gay avec votre compagnon? ». Elle est très réactive pour replacer immédiatement les choses, et insiste correctement sur le « y’a pas de avant/après, j’ai toujours été une fille ».
Et si Laura ne souhaite pas spécialement la chirurgie génitale, c’est en revanche le cas d’Iris, et c’est pas mal de faire le parallèle sur le fait que chaque personne trans fait bien ce qu’iel désire, et adapte son parcours à ses envies/possibilités/contraintes diverses.

La mise en comparaison se pose aussi sur un autre aspect important, si Laura est en couple depuis des années, est heureuse et tout ça, Iris est célibataire, et galère un peu pour trouver l’amour. Cette dernière extrapole sur les difficultés des personnes trans à trouver des compagnes/compagnons de vie, et la souffrance d’autant plus prégnante que la solitude est une thématique que les personnes trans connaissent assez bien.

Enfin, le gros du morceau: Isaac. Je conçois qu’il est jeune, qu’il n’a pas encore toutes les clés en main, et que faire son coming-out à son âge c’est super dur.
Cependant, j’ai fréquemment serré la mâchoire quand le reportage revenait auprès de lui. Déjà parce qu’il parle plusieurs fois du fait qu’être trans, c’est ne rentrer ni dans la case fille ni dans la case garçon. Il est bien un mec, mais surtout il est trans. Sauf que ce n’est pas un troisième genre en fait, du coup ça m’a mis hyper malaise. Sa maman dit à un moment quelque chose de très chouette par rapport à l’envie de son fils de prendre des hormones par la suite: « C’est pas la question de ce qu’il veut, mais de ce qu’il est ».
Mais sinon concrètement c’est un ado de 14 ans qui se comporte et parle comme un ado de 14 ans, et c’est une tranche d’âge avec laquelle j’ai naturellement du mal, donc abrégeons.

Mis face au témoignage d’Isaac, il y a celui, plus court mais plus touchant de Cédric, qui à ses 18 ans a reçu un ultimatum parental : reste comme tu es déjà ou prends la porte.
C’est une triste réalité qu’il était aussi important de mettre en lumière, parce que ça contraste énormement avec la vie d’Isaac dont tout le monde semble maladroit mais bienveillant autour de lui.

Y’a par moments, entre les témoignages des mini-parties intéressantes pour faire les jointures entre chaque intervenant, notamment des infos par rapport à la Loi changée récemment, qui est censée faciliter le Changement d’Etat Civil en supprimant l’obligation de stérilité, et la voix off se permet même de préciser que c’est encore malheureusement trop laissé à l’appréciation du juge. Y’a aussi par moment des statistiques sur le suicide bien plus fréquent chez les jeunes trans.

A un moment, dans le dernier tiers on fait un tour du côté de ces charmants personnages que sont les médecins de la SOFECT, et grands dieux, j’ai noté deux trois pépites.
« C’est délicat, parce qu’à partir de corps sains qu’on opère, on crée des corps imparfaits au final. Parce qu’on peut pas implanter d’utérus, et on supprime la fertilité. ». Mais du coup les personnes cis stériles, c’est pas des gens entiers aussi? Comment ça marche?
Ah et aussi le magnifique emploi du terme « femmes BIOLOGIQUES », genre, élevées au grain et en plein air, n’est-ce pas.

Bref, trève de plaisanteries, je relance le bingo complété et on conclue cette histoire. Alors alors? Va-t-on pouvoir gueuler QUINE?

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Bon, deux lignes, c’est au moins le panier garni ça !
Plus sérieusement, si la voix off était toujours respectueuse des pronoms, les prénoms de naissance (« Deadname ») ont quasiment tous été balancés. Et en ce qui concerne la fausse distinction entre transgenre et transexuel via la chirurgie, elle n’étais pas présente dans le reportage en lui-même mais uniquement dans les espèces de « vidéos promo » avant la diffusion.
Si la phrase « né·e dans le mauvais corps » n’a pas exactement été prononcée ainsi, il y a eu beaucoup trop de rappel au « passage » du corps de untel-genre à genre-opposé.

Dans l’ensemble, en vrai, ce reportage est potentiellement dans le top 3 des moins pires dans ce que propose la France ces dernières années, mais après, il faut bien rappeler que le niveau n’est de base pas très élevé. Y’a des moments touchants, des moments vraiment cringe/malaisants, mais dans l’ensemble, ça aurait pu être largement pire si quelques un·e·s des intervenant·e·s n’était pas aussi prompt·e·s à corriger des points de vocabulaire.

L’ensemble est assez inégal au final. Pas franchement militant, mais qui ne tombe pas non plus trop dans le pathos pour autant. En somme, un reportage abordable pour les personnes non-concernées, plutôt bien pour démarrer la thématique dans le cérébral des gens. Mais pas révolutionnaire non plus pour quiconque d’un minimum informé.

Voilà. C’est tout pour moi !

Seven Sisters

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Il y a quelques jours, j’ai eu l’occasion d’aller voir Seven Sisters, ou « What Happened to Monday? » en version originale. Personnellement je ne comprends pas l’intérêt de traduire un titre anglais pour un autre titre en anglais, mais passons.
En voyant la bande annonce, je me suis demandé si c’etait un genre de Orphan Black dans un monde dystopique, mais il n’en est rien.

Synopsis
Dans un futur pas si éloigné, suite à la résolution de la crise alimentaire grâce aux OGM, des mutations se sont manifestés chez les humains, donnant résultat à une augmentation des naissances multiples (jumeaux, triplés etc.), plongeant le monde dans une crise de surpopulation catastrophique. Pour régler cela, les autorités européennes ont mis en place une politique de l’enfant unique, sur une idée du Dr Nicolette Cayman (Glenn Close). Manque de bol, la fille de Terrance Settman (Willem Dafoe) met au monde sept enfants d’un coup, et celui ci décide qu’elles porteront chacune un jour de la semaine en guise de prénom, et seront autorisés à sortir de l’appartement en fonction de leur jour assigné. Chaque enfant, incarnera donc l’identité de Karen Settman (Noomi Rapace), jusqu’à l’âge adulte. Mais un beau jour, Monday disparaît, et ses sœurs vont tenter de découvrir ce qui lui est arrivé.

Une performance?
J’aime bien Noomi Rapace, je l’avais notamment adoré dans Passion de Brian de Palma, et si je n’ai pas eu les tripes de voir Millenium, je voulais la voir s’attaquer à ce challenge qui est d’incarner plusieurs personnes à l’écran, en distinguant bien chacune. Est-ce une réussite au final? Alors, oui et non.
A la fois oui, parce que toutes ont passé 30 ans de leur vie à être Karen, du coup, peu importe quelle Jour l’incarne, Karen reste Karen. Mais en même temps non parce que les scènes où elles sont ensembles, j’ai eu beaucoup de mal à les discerner les unes des autres, malgré leurs différentes coupes de cheveux, quand chacune parle en même temps qu’une autre, c’était rapidement complexe de savoir qui disait quoi.

En revanche, une fois prises individuellement, chacune des jeunes femmes est cohérente avec elle-même, et on a presque le temps d’avoir sa préférée.

L’avis général
J’avais vu les affiches dans le métro parisien, où il était dit « vous ne devinerez jamais la fin! ». Non seulement c’est hyper présomptueux, mais en plus c’est pas complètement vrai. Si j’avais le tableau final une demi-heure avant, il y a juste deux trois détails qu’effectivement, je ne pouvais pas deviner. Des détails qui peuvent expliquer, éventuellement, certains comportements des sœurs, mais pas entièrement non plus.
Un truc m’a cependant fait tiquer, comme si le film jouait avec nos cerveaux. Certaines ficelles sont assez rapidement faciles à deviner, et j’avais l’impression que le film me tapotait gentiment sur le crâne en me disant, c’est bien, tu l’as vu arriver, mais ÇA LÀ, tu l’avais pas vu hein? HEIN?
Du coup je ne sais pas trop s’il y a un manque d’équilibre dans les twists ou si c’est fait exprès pour nous faire nous auto-congratuler dans nos découvertes pour mieux être bernés derrière.

Le petit plus?
J’ai noté un gros effort d’ambiance sonore au niveau des moments de foule. Quand on est dans l’appartement, c’est cosy et agréable, le calme est présent. Mais dès qu’il s’agit de mettre le nez dehors, surtout au début du film, l’ambiance est assourdissante. Le côté angoissant de la foule est hyper bien retranscrit, avec tous les bruits environnants, toutes les bribes de voix que l’on entend toutes en même temps sans vraiment pouvoir distinguer quoi que ce soit. En dehors de ça, les scènes d’action ont de la musique adéquate, ainsi que les moments dramatiques ou d’émotions quelles qu’elles soient. Je n’ai pas vraiment noté de thème récurrent spécifique, mais il n’est pas impossible qu’il y en ait eu un, il était juste discret.

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Le mot de la fin
Le premier mot qui m’a échappé quand le générique se déroulait, c’est que ce film est INTENSE. A tous les sens du terme d’ailleurs. Il est intense aussi bien dans son rythme que dans son déroulement, que ce soient les scènes d’actions ou les scènes de flashback, tout s’enchaîne assez vite et on a à peine le temps de respirer, voire de se remettre de ce qui vient de se passer. Ce n’est pas mauvais en soi, mais ça fait beaucoup à encaisser en à peine 2h que font le film.
Mais sinon, je crois que j’ai oublié de le spécifier, mais j’ai beaucoup beaucoup aimé. C’est joli, on en prend plein la gueule en terme d’émotions et de twists, y’a des scènes vraiment marquantes, et de jolies trouvailles.
Voilà.

Je lui mets un joli Noomi Rapace sur dix. Parce que bon, faut pas déconner quoi.
Mais très sérieusement, c’était chouette. Même si je suis bon public, donc ne vous fiez pas qu’à mon avis.

Orphan Black

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En ce début d’après-midi, allez, on va dire que je publierais ça une après-midi, soyons fous. En vrai là nous sommes en pleine nuit et j’écoute Pierre & le Loup pour rester concentré, et en allemand pour ne pas comprendre le narrateur. Mais comme ça n’a absolument aucun lien avec mon article, je vais arrêter de marmonner inutilement et rentrer dans le vif du sujet. Bref.

Je me suis enfin décidé, après avoir clôturé le visionnage de cette série il y a quelques jours, de supprimer mon premier article où je spoilais la moitié de l’intrigue de la saison 1, et de (re)faire un petit article de conclusion pour l’ensemble de la série, le tout, spoiler-free.

La série Orphan Black donc, a été diffusée aux USA puis en France de 2013 à 2017, pour un total de cinq saisons soit 50 épisodes, à raison de 10 par saisons, oui, je fais des maths des fois. Je recommande cependant de la regarder en version originale, pour la qualité du jeu d’acteurs, car le niveau est vraiment présent.

De quoi ça parle ?
Dans cette série, tout tourne autour de Sarah Manning, jeune femme un brin paumée qui retourne dans sa ville natale pour retrouver son frère Felix, et sa fille Kira. Mais au moment de prendre le train, elle croise une autre jeune femme sur le quai de la gare, qui va indirectement boulverser sa vie toute entière.
Par un concours de circonstances que je ne dévoilerais pas, Sarah en vient à tirer le sac à main de l’inconnue afin d’usurper son identité, car par un heureux hasard, les deux femmes ont un physique assez similaire.

Et à partir de là, s’en suit une avalanche de twists scénaristiques qui font un peu l’effet tempête dans un verre d’eau, mais qui, sur le long terme, s’imbriquent de façon assez cohérente.

Pourquoi c’est chouette ?
Outre le fait que l’ensemble de la série vous prend aux tripes et vous retournent aussi bien le palpitant que le cérébral, la narration sait trouver un rythme justement dosé entre action intense et moments d’accalmie propices aux retrouvailles entre divers personnages par exemple. Il y a suffisamment de retournements de situation pour nous maintenir en haleine sans trop nous surcharger d’éléments dès le départ. Même si OB comporte quelques moments assez WTF, ceux ci finissent par être expliqués avec plus ou moins de logique.

En outre, la série comporte un panel assez conséquent de personnages aux horizons divers et variés, qui sont introduits au fur et à mesure, histoire de ne pas faire trop d’un coup, parce que croyez moi, il y a du monde à l’arrivée. L’avantage cependant, de cette quantité qui peut sembler astronomique avec le recul, c’est que chacun trouve son bonheur, et aura forcément ses petits chouchoux.

Le petit plus non négligeable?
J’en noterais deux. Même s’ils sont relativement anecdotiques, mais c’est histoire d’etoffer mon article, chut.
Le générique : il est chouette, et plutôt court, ce qui me permet de ne pas le zapper systématiquement. C’est important les génériques pas chiants, c’est un point qu’on néglige trop facilement.
D’ailleurs en note de coin de table, sachez que la bande sonore de la série dans son entièreté est assez soignée.

Le second point c’est que, vu que la série est canadienne, et que visiblement le Canada n’a pas un catalogue d’acteur·ices immense non plus, on peut au fil des cinq saisons, s’amuser à trouver dans quelle autre série a-t’on croisé tel ou tel personnage. J’ai personnellement noté deux trois têtes issues de Lost Girl, Rookie Blue ou encore Wynonna Earp, juste comme ça, de mémoire. Ou alors c’est juste moi qui regarde beaucoup trop de séries canadiennes, c’est possible aussi.

En résumé, Orphan Black c’est vachement bien, mangez-en.

Sous toutes les coutures #5

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Coucou les p’tits mous, aujourd’hui, on fait avancer la science ! (non)
Je disais donc aujourd’hui, on va parler de binders, et pas n’importe quelle marque, puisque je teste depuis ce matin pour vos beaux yeux, la marque Pas Mon Genre, nouvelle boutique émergente sur le marché, et française de surcroît (basée à Rennes).

Je tiens avant toute chose à préciser que je n’ai aucune forme de partenariat avec les propriétaires de cette boutique, et que j’ai acheté mon exemplaire comme tout le monde, avec mes piécettes de prolétaire. Bon pas vraiment de prolétaire puisque pour ça il faudrait techniquement que j’ai un travail, mais je m’égare.

Avec mes piécettes de gros assisté de la société donc, j’ai commandé un modèle de la bien-nommée gamme « Basic », noir tout simple, avec l’option fermeture éclair. Je me suis dit, quitte à changer mes habitudes, autant y aller à fond.

Il faut savoir que la boutique fait ses binders à la main, un par un, donc ça prend forcément un peu de temps entre l’achat et l’envoi. La réception en revanche prends 2-3 jours maximum, sauf moi qui ai combiné weekend et jour férié, donc ça en a pris 5.
J’ai payé 3 euros de frais de port, et je lis sur enveloppe que le timbre a coûté 2,92e. Ça a le mérite d’être honnête. A ce prix là, pas de numéro de suivi possible, mais je suppose que si l’on demande très gentiment, PMG acceptera sûrement d’envoyer votre précieux bien avec l’assurance postale, à condition de rajouter de la monnaie sur le petit tas brillant, parce que la Poste se fait plaisir sur les tarifs, je le rappelle.

Coucou.

Comme j’aime les jolis graphiques fait sous Paint, je vous propose un test en 5 points. Vous trouverez le graphique à la fin si vous êtes décidément des gros feignants qui n’aimez pas lire mes longues explications. Mais jetez au moins un oeil à la conclusion.

■ Enfiler le bazar : Ça a été super compliqué en fait, j’me suis dit naïvement que j’allais l’enfiler et fermer le zipper. Grave erreur que voilà. C’est un binder, le zipper doit être super pratique pour l’enlever à la fin de ta journée/sortie, mais pour l’enfiler? Mauvaise idée. Donc j’ai enlevé le vêtement, fermé le zip, et enfilé à nouveau le machin à la classique, par dessus la tête, si possible en restant coincé aux épaules parce que c’est tout neuf donc encore bien serré. Donc après avoir secoué les bras pendant 2 minutes en espérant que ça passe, ça a fini par effectivement passer, non sans m’être à moitié luxé un membre.

■ Confort : Le binder est composé d’une matière élastique pour l’ensemble, et d’une partie en coton pour la partie compressive. C’est moins rugueux que sur les GC2B pour comparaison. J’ai moins l’impression de manquer de m’arracher un téton quand je replace ma viande à l’intérieur (pardon pour l’image).
En revanche, je suis entre deux tailles, donc si c’est parfaitement seyant pour le haut, la base est vachement serrée, et depuis la fin d’après-midi, j’ai un genre de point de côté permanent. Egalement, ma morphologie fait que je suis forcé de faire rouler le bas du binder à cause de ma ceinture abdominale conséquente. Vous le constaterez sur la photo juste au dessus d’ailleurs. Et le modèle de chez PMG ne fait pas exception à cette règle de « roulage » obligatoire, mais ayant choisi d’y placer stratégiquement une fermeture éclair en plein milieu du torse, je ne suis pas convaincu que le plastique apprécie de ne pouvoir rester à plat. A voir à l’usage donc.

Thermique : Par là j’entends, à quel point ça tient chaud? Pour celleux qui l’ignorent, dans un binder, tu sues, et pas qu’un peu. Surtout en plein été, hashtag mourir et tout ça.
Bon, aujourd’hui il ne fait pas spécialement chaud, donc c’est assez difficile à déterminer pour le moment. Mais vu l’épaisseur de la matière élastique, on est loin du GC2B en terme de « cage de chaleur ». Je pense donc que c’est une valeur sûre si jamais la météo dépasse les 25 degrés. Car oui, on ne vous préviens pas, mais la testo moi ça m’a rendu horriblement sensible au moindre pic de chaleur.

■ Compression : C’est très correct, compte tenu du fait que j’ai un excédent de tissu qui rebique à cause de la fermeture éclair repliée. Je suis même agréablement surpris de la capacité de ce binder à obtenir un résultat quasiment équivalent à un GC2B, pour un prix presque divisé par deux.

■ Tenue : Les coutures au niveau de l’aisselle sont un brin trop basses pour moi, mais ça c’est délicat puisque chacun.e est différent.e, et que donc ce qui moi ne me convient pas, conviendra très bien à un.e autre, et vice-versa. Dans l’ensemble, le binder ne bouge pas trop durant la journée, mais c’est le dos qui en fait les frais par contre. Ce soir, mon dorsal me lance distinctement, mais là encore, c’est un souci qui m’est propre je pense.

On ne dirait pas mais j’ai passé 1h sur ce truc.

Pour conclure : Pour de l’artisanal, je ne m’attendais pas à une telle qualité de compression. Même si j’avoue, en l’enfilant j’ai eu peur de faire exploser les coutures, où étaient encore visibles quelques fils récalcitrants. Rien qu’un coup de ciseau expert ne saurait résoudre cependant.
Pour à peine une vingtaine d’euros, c’est une alternative plus qu’intéressante au géant américain. Une entrée de gamme de qualité, à un tarif très abordable, avec derrière une équipe particulièrement réactive à mes petits messages concernant ma commande.

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