At least I think I do

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J’ai de la chance, mais tout n’est pas parfait.

Concernant mes problèmes de santé, j’ai été pris en charge suffisamment tôt pour limiter les dégâts. Mais des difficultés subsistent. J’ai perdu une majeure partie de ma capacité d’attention et de mémorisation, ce qui m’empêche de pouvoir lire plus de quelques lignes d’affilée. J’ai bien évidemment quelques astuces, mais rien de miraculeux, et je suis vite contraint de stopper ma lecture d’un sujet trop long. Et ce n’est que le sommet de l’iceberg, mais je ne détaillerais pas aujourd’hui.

Concernant mon identité, j’ai la chance d’avoir une grosse partie de ma famille qui me soutient. Mais la part ne le faisant pas, est pesante, de par sa proximité affective. J’aurais pu me faire jeter dehors, mais j’étais déjà parti. J’aurais pu voir tous les ponts rompus, mais des mains m’ont été tendues.
Je ne suis pas en conflit ouvert avec ma famille non plus, mais je fais des efforts pour l’empêcher.

Je suis loin d’être isolé socialement, mais je demeure malheureux affectivement. Plus les choses avancent dans le bon sens, plus cette absence émotionnelle me pèse. Car plus ma vie s’améliore, moins il y a d’éléments pour m’en distraire.
J’ai conscience que ce n’est qu’une question de temps, mais plus celui ci s’écoule, et plus mon entourage enchaîne les compagnies agréables ou gravent celles ci dans la pierre de l’éternel. Jusqu’à que la mort vous sépare, si ma mémoire est bonne.

Plus ma vie avance, mieux les éléments s’installent. Bons comme mauvais. Je prends conscience de beaucoup de choses, je ne détourne plus les yeux. Mes vieux démons me hantent, et je leur renvoie leurs regards insistants. Un jour peut-être, parviendrais-je à m’en défaire.
Mais sans eux, serais-je aujourd’hui le même individu? Aurais-je rencontré les même personnes, vécu les choses différemment, appris les même leçons? Je l’ignore sincèrement.

Mon but n’était pas aujourd’hui de sombrer dans le mélodrame un peu tire-larmes. Simplement de faire un point, et de constater que si j’ai effectivement de la chance, tout n’est pas nécessairement parfait.

Swallowing on scars

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Boum, bébé !

Pour ceux qui le savent, plus le temps avance, et plus je suis à l’aise avec mon identité. En conséquence, ce qui m’a construit pendant des années, à savoir, mon orientation sexuelle; s’est un peu cassé la gueule.
Je me suis labellisé pendant des années comme « gay », le terme de « lesbienne » m’ayant toujours gêné à l’oreille. Ce blog en était d’ailleurs porteur dans son titre jadis.
Mais le fait est que, durant le dernier tiers de ma vie actuelle, beaucoup de choses reposaient sur cette identification personnelle. Et au moment de faire mon second coming out, j’ai un peu pété les fondations à la masse de chantier.

Le fait d’intégrer socialement comme personnellement cette « nouvelle » identité, m’a fait réaliser un paquet de trucs. Notamment le fait que, plus j’avance dans mon parcours, et moins j’estime que les gens aient des choses à redire quant à ma vie privée.
Notamment le fait que mes préférences romantiques et [éventuellement] charnelles, ne concernent que moi. Mais surtout que je ne suis pas obligé d’être hétérosexuel au sens le plus strict du terme pour être valable en tant que garçon aux yeux du monde.
On dirait que j’enfonce des portes ouvertes, mais c’est une réalisation avant tout personnelle, qui me concerne, les autres font bien ce qu’ils veulent, je m’en carre pas mal.

Tout ça pour dire que, ce que j’ai longtemps considéré comme une faute de parcours, à savoir, d’avoir couché avec un garçon cisgenre, n’en était pas forcément une, d’erreur. Bon, si, mais pas pour les raisons que vous croyez, attendez la suite, ça devient croustillant.

Avant toute chose, ne perdez jamais de vue que, l’hétérosexualité ne devrait pas être l’orientation par defaut, et qu’à partir du moment où toutes les parties sont consentantes, et aptes à consentir, alors tout le monde est content.
Bon okay, là j’enfonce vraiment des portes-fenêtres, et je ne fais que retarder le moment pop-corn.

Comme chacun le sait, je suis célibataire, et ce, depuis un paquet de temps. Et au début où j’étais sous traitement hormonal, de temps en temps, la testostérone faisait son petit effet, et j’avais des envies assourdissantes. Au point de refuser de sortir de chez moi pour voir du monde, de peur d’avoir des paroles ou des comportements dictés par mes hormones bouillonnantes.
En conséquence, je restais beaucoup chez moi, mais la magie de la technologie me laissait à portée d’autres individus via ce merveilleux biais qu’est Internet. Du coup, de temps en temps je grattais à la porte virtuelle de ce fameux garçon avec qui j’avais consommé quelques temps auparavant. Parce que je savais qu’il ne me jugerait pas, qu’il comprendrait ces pulsions pressantes, et qu’il m’aiderait à mettre en place une stratégie pour y mettre fin. (Et éventuellement fanfrelucher ensembles, soyons clairs là dessus.)
Et fluteblûte, à quel point pouvais-je me fourrer le bras dans l’œil.

(TW: Transphobie)
Après une énième piètre tentative de l’attirer jusqu’à ma chambre à coucher, il m’a avoué être moyennement à l’aise avec cette idée. Parce que, et je paraphrase sans exagérer un seul instant, après tout, il avait vu mon corps, savait à quoi je ressemblais vraiment sous mes vêtements, et que donc, il lui apparaissait comme impossible pour lui de pouvoir me considérer véritablement comme un garçon. Je serais à ses yeux toujours une fille, avec un corps de fille et tout ce qui s’en suit.

Après ma colère primaire, il a essayé de se justifier plus que de s’excuser, s’enfonçant encore plus dans ses miasmes verbaux. Je lui ai donc très judicieusement indiqué de ne plus jamais m’approcher ou chercher à me contacter. Il a respecté cette injonction, ce qui est très basique, mais bienvenu, et d’ailleurs s’il lit ceci, qu’il ait la décence de ne pas se manifester publiquement, merci d’avance.

Voilà.
Je ne sais plus exactement comment conclure, la nausée m’ayant violemment repris depuis environ deux paragraphes. Donc je finirais simplement là-dessus.
En tant que personnes transgenre, nous ne sommes pas que des corps. Les personnes cisgenre non plus ne sont pas que des corps, mais iels n’ont que bien moins à subir ces violents rappel à l’ordre sous couvert d’une prétendue biologie scientifique de bas-étage.
Et en conséquence, si vous n’êtes pas fichus de faire le détachement entre corps physique et identité de genre, ne sortez pas avec des personnes trans, ne couchez pas non plus avec des personnes trans, et par dessus tout, foutez nous la paix.
Bisou.

Walking over glass

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Ce matin, nous allons nous attaquer à une habitude simple et pourtant si problématique : celle qui consiste à dire qu’une personne homophobe refoule forcément sa propre homosexualité.
Même si des fois, c’est effectivement le cas, nous allons ensembles déconstruire cette idée nauséabonde.

Je n’ai que faire des études pseudo-scientifiques établissant que tous les homophobes sont des « tapettes » (à l’aide.), parce que ce n’est pas juste un gros tas de bullshit, mais c’est surtout une idée hyper dangereuse.
D’une part parce que c’est un postulat qui normalise la violence à l’encontre des personnes LGBT+, permettant de laisser faire trop facilement des comportements agressifs et violents. En effet, c’est le fameux argument qui consiste à pardonner une personne parce que celle ci souffre. Et je le rappelle pour la énième fois: un vécu traumatique, un passé difficile, permet éventuellement d’expliquer, mais jamais d’excuser une attitude de sombre sac à merde.

Et à celleux qui me reprochent d’être vulgaire, sachez simplement que je suis très en colère, et que franchement, je me retiens. Ne le prenez pas personnellement, vraiment.

Dire d’un homophobe notoire qu’il est probablement homosexuel, c’est super nocif, parce que ça permet d’ouvrir la porte au fait de se foutre de sa gueule parce que c’est rien d’autre qu’un pauvre homo qui assume pas. Ce n’est pas de l’humour subversif trop drôle ou quoi, c’est justement méchamment malsain. On ne se moque pas d’un homosexuel, avéré comme présumé. Parce qu’il n’y a rien d’insultant au fait d’avoir une sexualité différente de l’étouffante majorité. Il y a plein de raisons et de façons de se moquer d’un être humain parce que c’est un sale déchet, mais sa sexualité ou son genre n’en font pas partie.

Pas de « c’est de l’humour » qui tienne, parce que ce n’est pas drôle, ça ne fait rire personne, sauf peut-être les non-concerné.e.s, et auquel cas, c’est grave. Parce que ça revient à laisser les gens rire de nous, sans nous.
Des personnes valides qui se foutent de la gueule des handicapés, ça craint. Des personnes blanches qui se moquent des racisés, c’est du racisme, et ça craint tout autant.
Donc je ne vois pas pourquoi on laisse passer cette idée que des personnes agressives sont en réalité des opprimées. Non. En aucun cas.

Un point intéressant cependant, que j’emprunte après une demande de relecture à mon coloc, et qui m’inspire ce paragraphe.
Il m’a théorisé que lorsque l’on sort de la norme, les gens cherchent toujours à comprendre pourquoi, en y collant leurs propres arguments. Pour exemple, si un garçon fait du foot, ça ne pose souci à personne. Mais si ce même garçon décidé qu’il veut faire de la danse, immédiatement, ça pose problème. On cherche à comprendre pourquoi il tient absolument à mettre un justaucorps et faire des sauts de chats.
Et peut-être que c’est là le problème. Plutôt que de chercher à admettre que la société entière est homophobe, que l’oppression est systémique, on préfère pointer du doigt une extrême de cet état de fait, à savoir que les homophobes sont virulents; plutôt que de se poser la question un court instant de savoir si l’homophobie ne fait pas juste partie de la norme, et que donc, l’individu lambda l’est également en conséquence.

La « blague » serait donc de présenter l’homophobie comme un désordre mental alors que c’est simplement la suite logique d’un fonctionnement propre à la société elle-même. Mais comme toujours, que ce soit des bons comme des mauvais comportements, si on les « exagère » en sortant de cette constante, on passe alors la barrière de cette normalisation, et on s’attire les foudres du jugement.
J’en conclus donc que si l’homophobe refoule éventuellement sa propre sexualité, ce n’est pas parce qu’il aime spécialement se flageller, mais parce qu’il est lui-même victime d’un environnement qui lui est défavorable. En conséquence, il cherche à compenser en étant encore plus cruel que la société dans laquelle il évolue. Et du coup ce délire d’homophobe refoulé, ce n’est pas amusant, c’est juste tragique.

Arrêtons donc de propager cette idée puante, parce que ce n’est ni amusant, ni pertinent.

Only then can I begin to live again

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Ceux qui me connaissent un minimum m’ont déjà entendu dire que « l’exorcisme j’ai déjà donné, et en plus ça fait mal ». Et suite à une recherche internet moyennement aléatoire, j’ai enfin pu récupérer toutes les pièces pour décrypter le puzzle de cet épisode sombre de ma vie. Ce matin, on parle d’égorger des poulets et de faire sortir les esprits des corps possédés, ça va donner je l’sens…

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Il me semble que c’était durant l’année 2010. Je sortais juste de mon second séjour en hôpital psychiatrique. J’étais au plus bas de ma dépression, et mes parents étaient à la fois paniqués et en proie à un désarroi des plus total. Ils auraient pu faire n’importe quoi juste dans l’espoir que j’aille mieux, et ça tombe bien, ils en ont eu l’opportunité.

Ils étaient en effet, en contact avec un certain « Maitre Ilario », qu’on va appeler Michel, parce que de toute façon il n’utilisait pas sa véritable identité.
Michel donc, était à l’époque le patron d’un club libertin appelé La Villa Panthère, situé à Listrac, dans le Médoc. Il était aussi guérisseur-magnétiseur à ses heures perdues, mais le genre qui craint. Il prétendait pouvoir soigner tout et n’importe quoi, grâce à ses connaissances étendues et ses pouvoirs magiques quasi-divins. Mais sinon il en imposait quand même assez physiquement, plutôt grand, les cheveux noirs et longs, et un look au croisement entre le gothique et le fan de SM, ce qu’il était un peu je pense dans tous les cas.

Et donc un jour, ma maman m’a emmené voir Michel dans son « cabinet » pour que celui-ci me guérisse de tous mes maux. C’est pas super précis dans mon souvenir, mais je me rappelle néanmoins qu’il y avait des sabres japonais un peu partout dans la pièce, et qu’il me posait des questions d’un air très sérieux, et auxquelles je répondais mollement, parce que je n’avais pas envie d’être là.

Après ce rapide entretien, il m’a allongé sur un lit dans une chambre juste à côté, il a passé un sabre autour et au dessus de mon corps, tout en psalmodiant du charabia quelconque. Je me souviens que j’étais quand même pas mal terrifié, et relativement impressionné par le gars, du haut de mes 19 ans à peine. A un moment donné il a fait pression sur un point précis au niveau de ma cheville, et j’ai hurlé de douleur. J’avais la sensation qu’on m’enfonçait un clou chauffé à blanc dans la peau. Tandis que je pleurais et criait, il a passé sa main au dessus de mon visage, d’où s’est mis à couler du sang. Je ne le voyais pas, mais je sentais que du liquide coulait sur mon front, et je voyais ma mère qui pleurait, debout à coté du lit.

Il a alors expliqué que ce n’était pas moi qui était réellement possédé, mais un collier qui m’appartenait qui avait servi de transfert entre le machin démoniaque et mon corps. La joie donc.
Il s’est passé un laps de temps que je ne saurais déterminer, je soupçonne m’être évanoui d’épuisement suite à la douleur et la surcharge émotionnelle. Mais quand j’ai repris à peu près conscience de mon environnement, je me regardais dans un miroir et j’avais effectivement un voile de sang séché sur mon front qui avait coulé en biais sur la moitié de mon visage. Derrière moi, Michel discutait avec mes parents, en leur expliquant que je devrais me débarasser du fameux collier (une réplique d’un pendentif tiré d’un manga en plus), et également prendre des gélules magnétisées par ses soins jusqu’à amélioration de ma condition, et après nous sommes rentrés chez mes parents.

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Ça c’est donc mon souvenir des faits. Et je disais en haut de cet article avoir fini par découvrir toutes les pièces du puzzle, alors accrochez vous parce que ça devient encore plus absurde.

A mesure de mes recherches d’articles de journaux sur les internets, j’ai pu donc lire qu’il faisait jaillir du sang de poulet d’une de ses bagues, ce qui explique beaucoup de choses, qu’il touchait une commission du fournisseur des gélules à force d’en refourguer à tous ses « clients », et que celles ci n’étaient rien d’autre que des compléments alimentaires sans réelle incidence sur la santé.
J’ai cependant eu du bol d’être aussi jeune parce que Michel prescrivait parfois des séances de fanfreluches avec lui sous argument que « ses fluides avaient des vertus de soin ». Ouais, c’est carrément dégueulasse.
Pour ce qui est de la douleur dans ma cheville, je soupçonne une simple connaissance des points de pression, ou encore de vagues notions en acupuncture. Après tout, si Michel avait une passion pour l’Asie et le Japon, posséder des bouquins sur la question ne me choquerait pas plus que sa collection de sabres.

Enfin bref, je finis sur cette expérience relativement traumatisante, avec le fait que Michel a été condamné l’été dernier à 5 ans de prison, dont un avec sursis pour «abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la médecine ».

Et ça, c’est le karma. Enfin, si vous y croyez quoi.

Tell me about poison

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Ce matin, on s’attaque à un morceau de choix : la liberté d’expression.

Dans tous les débats, en particulier ceux qui sont stériles et/ou amènent à la haine, on entend beaucoup trop l’argument de « tout le monde a droit à la liberté d’expression ». Et il faut traduire ça par « j’ai le droit de dire à peu près tout ce que je veux ».
Sauf que ça ne fonctionne pas exactement comme ça.

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NON.

La liberté d’expression, c’est surtout pour permettre, entre autres, de laisser libre champ à la presse, pour éviter que les informations importantes ne soient muselées. C’est aussi un élément non négligeable qui permet par exemple de faire grève, ou de manifester dans la rue quand on n’est pas d’accord avec les mesures du gouvernement.
Mais la liberté d’expression ce n’est pas un article de loi qui autorise à être un.e enfoiré.e sur les internets et à cracher son venin à tout va sous couvert d’une quelconque liberté [d’absence] intellectuelle.

Bien évidemment, les gens ont le droit d’être haineux, homophobe, transphobe, raciste, bref, la brouette habituelle. Par contre ils ne sont pas tout à fait en droit de le crier sur tous les toits. Pourquoi? Parce que outre le moindre argument de décence humaine, il y a la loi. Et accessoirement j’ai le droit de ne pas vouloir en être inondé sur mon fil d’actualités.

Alors ouais, okay, peut-être que « ça ne fait de mal à personne réellement », vu que ces individus coléreux ne sont juste que des « trolls » derrière leurs écrans. Et je vais revenir sur le sujet dans un court instant.
Je voulais simplement rappeler que l’incitation à la haine est un délit, y compris sur le web. Le code civil évolue avec le temps, et internet et ses dérives existent depuis suffisamment longtemps pour qu’on se soit penché sur la question.

Mais donc oui, l’argument du fameux « troll » est devenu avec les années, l’excuse toute prête pour justifier et passer tout un tas de sales comportements. Ce sont de simples commentaires, jusqu’au harcèlement pur et simple, et en vrai, ça fait du dégât à échelle individuelle. Typiquement, on imagine facilement que le « troll » est une personne, souvent très jeune, généralement dénuée de la moindre once de savoir-vivre. Or, il s’avère que n’importe qui peut se planquer derrière cette désignation. Des gens intelligents, pas forcément mal renseignés, mais qui exercent leur méchanceté gratuitement dans le but unique de nuire, et éventuellement de satisfaire leur ego. Je caricature un peu, mais les conséquences sont là.
Certaines personnes tombent en dépression, se laissent aller à de sombres idées, jusqu’à les mettre à exécution. Le harcèlement ainsi subi peut mener, plus souvent qu’on ne le croit, à des suicides. Personne n’est vraiment à l’abri.

J’avais un jour vu sur un post sur un site, que si les commentaires anonymes sont aussi violents pour celleux qui les reçoivent, c’est parce qu’on les lit avec notre propre voix, dans notre tête. J’ignore si c’est vraiment là la raison pour que les gens internalisent le problème aussi personnellement, mais ça expliquerait beaucoup de l’impact qu’a le négatif sur les internets.

Pour conclure, je dirais très simplement que la liberté d’expression est un outil, pas un passe-droit. Et que celui de garder le silence fait partie de la palette, ce sera donc mon conseil implicite du jour. Bisou !

Youpi! La haine est finie! PARTY SNAKEY!

Youpi ! La haine est finie ! PARTY SNAKEY !!

That ain’t satisfying me

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Un truc que je n’ai jamais compris, et ne comprendrais éventuellement jamais, c’est pourquoi l’adoption est considérée comme un choix secondaire, par défaut, faute de mieux, etc.
Pour exemple, quand on est enfant, c’est une insulte assez couramment utilisée : « de toute façon t’es adopté.e ». Et si cela est un indicateur d’à quel point l’adoption est mal perçue, c’est aussi une façon de faire comprendre aux enfants adoptés, qu’ils ne sont rien d’autre que des second-choix. Et ça me fait un peu hurler.

Arrêtez moi si je me trompe hein, mais tomber enceinte et garder le bébé, ça ne demande pas des efforts colossaux, sauf cas à part de souci de fertilité ou quoi, mais je vais laisser cela de côté pour aujourd’hui. Donc, faire des gamins biologiquement, c’est assez simple en soi. Alors qu’adopter par contre, c’est une autre paire de manches. Il faut avoir un dossier béton, et voir sa vie décortiquée par des travailleurs sociaux, et tout un tas d’autres personnes, des agents de l’etat etc, afin de s’assurer que oui, vous pouvez adopter. Sans même parler de ceux de l’autre pays si vous souhaitez adopter à l’etranger.

Du coup, après tous ces efforts, après avoir désiré cet enfant pendant de longs mois, voire des années, enfin, il ou elle est là, avec vous et votre compagne/compagnon de vie. Et pourtant, les gens, les autres enfants, la société, ont décidé de vous faire comprendre que cet enfant n’est pas le votre. Il n’est pas né de vos corps joints. Ce n’est rien d’autre qu’un rajout bancal. Il est étranger à votre ADN, et sera donc forcément moins aimé que s’il venait de vous « naturellement ».

C’est ça que je ne comprends pas, sous prétexte que le gamin ne partage pas votre sang, il est donc moins légitime? Moins légitime que celui d’un autre couple, qui est tout aussi possiblement un « accident »?
Non.

Juste, non. Moi je suis pour l’adoption, pour un paquet de raisons. Avant même de réaliser que je ne pourrais pas enfanter de mon propre corps parce que coucou les hormones, j’avais déjà décidé que j’adopterais. Parce que j’ai trop de soucis de santé pour qu’il soit raisonnable de jouer à la loterie de la biologie, et risquer de les transmettre à mon futur enfant. C’est hors de question.

Ça fait des années que je campe sur cette position, si moi et ma future compagne décidons d’avoir des enfants, ceux ci seront adoptés. Et ils n’en seront pas moins aimés, pas moins désirés, pas moins une part intégrante de notre famille sous prétexte qu’ils sont nés de quelqu’un d’autre. Parce qu’ils seront voulus, depuis la première minute d’une conversation qui résulte de la décision qu’éventuellement, on devrait agrandir la famille. Même si l’on doit se battre contre les administrations, même si c’est l’ultime test de patience et de volonté, mais l’enfant ne sera jamais moins légitime que s’il partageait notre sang.

Mais je suis peut-être naïf, et mal renseigné. Cependant, je vote pour que nous arrêtions de perpétuer ce rejet de la différence, quelle qu’elle soit.

Got no weight on my shoulders

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Comme vous le savez peut-être, je connais énormément de monde. Pendant un temps, je me moquais gentiment d’une amie parce que dès qu’on faisait plus de 20 mètres dans la rue, on devait s’arrêter pour dire bonjour. Mais ces dernières années, je suis malgré moi atteint du même syndrome : je connais beaucoup de monde, et impossible de sortir de chez moi sans au moins croiser un.e pote. En soi ce n’est pas un souci, mais sur mon fil d’actualités de réseau social, se croisent et se heurtent certaines opinions, et je prends conscience que tout ce petit monde que je connais, provient d’époques différentes de ma vie, plus ou moins récentes.

Et ce matin, ça m’a frappé plus que d’habitude, mes avis sur certains débats diffèrent grandement d’il y a quelques années, parce que j’ai été éduqué à certains sujets précis, je me suis déconstruit sur d’autres, en bref, nous avons évolués, moi et mes opinions.

Et j’ai pu m’apercevoir que, contrairement à moi, certains de mes contacts n’ont pas bougés, et continuent de camper sur leurs positions depuis toutes ces années. Malgré la vie, malgré les événements, certains refusent d’adapter leur jugement.
Et cela m’est délicat à écrire aujourd’hui, parce que je sens d’avance que certain.e.s se sentiront visés alors que je ne pense à personne de précis en écrivant ceci.
Simplement, des fois je lis des commentaires sur des sujets assez spécifiques, et j’en ai la nausée. Parce que je suis violemment en désaccord avec ce que certains de mes potes écrivent. Même parmi des gens que j’estime, tout autant que parmi le cercle moins proche.

Du coup, j’en viens à me demander si c’est moi qui suis devenu trop « extrême » sur certains points bien précis, trop engagé, trop concerné directement peut-être. [Parce que comprenez bien, plus l’on est concerné directement, moins on a de recul et de lucidité sur la question.]
Ou si au contraire ce sont ces gens de mon entourage qui se sont refusés au principe d’évolution, que ce soit des opinions comme du contexte.

Je n’ai pas vraiment la réponse, mais c’est quelque chose que j’avais besoin d’évacuer.
Je conclurais sur le fait que, c’est potentiellement le prix à payer pour être conscient et éveillé à certaines questions : s’apercevoir que certaines personnes, même parmi celles que tu connais, sont des déchets, ou ont tout au plus le même mode de pensée.

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Get on the floor now

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Quand j’étais plus jeune, on se moquait de moi ouvertement parce que j’étais gros. Le problème c’est que je ne l’étais pas vraiment. A l’heure actuelle, oui, je suis effectivement en surpoids, mais pas à l’époque. Et pourtant, d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été bashé sur mon poids, par des gens de mon école, par des pseudos-amis, par ma famille.

Mais ce qui m’a toujours fait hurler, c’est que l’argument principal de ce harcèlement constant, c’était que « c’est pour [mon] bien ». Mais ma grande sœur, qui mangeait pourtant aussi mal que moi, échappait à la plupart de ces injonctions, parce qu’elle était (et est toujours d’ailleurs) assez mince.

Et c’est un constat que je fais depuis longtemps, et qui m’énerve de par son hypocrisie. On dit aux gens en surpoids qu’il faudrait qu’il perdent ledit poids, parce que la minceur signifie forcément la santé. Bah spoiler alerte: c’est des conneries. Les gens minces ne sont pas forcément en bonne santé, les gens gros ne bouffent pas forcément comme 4, et les gens maigres ne s’affament pas forcément.

Arrêtons de faire croire que la morphologie des gens est en lien direct avec leurs habitudes de vie. Présumer de l’alimentation d’une personne en se fiant à son apparence, c’est complètement crétin, et c’est surtout absurde, et basé sur des croyances populaires fausses.
Rappeler à quelqu’un qu’iel est en surpoids/sous-poids ce n’est pas l’aider. Parce que vous participez sans le savoir à un cercle constant de remarques désagréables, de la plus innocente à la plus violente.
Et à côté de ça, se planquer derrière l’excuse du « je m’inquiète pour ta santé », c’est incroyablement hypocrite. Parce que vous ne faites pas chier les gens qui sont d’un format « acceptable », et qui pourtant ne mangent pas forcément équilibré, ne boivent 2 litres d’eau quotidiennement ni ne font le moindre sport.

J’ai arrêté de compter le nombre de fois où je prends en pleine face du fat-shaming dans des contextes qui ne s’y prêtent absolument pas. J’autorise mon endocrinologue à me faire des remarques sur la question, mais pas ma psy ni mon dentiste. Tiens je vais utiliser un exemple vécu pour illustrer tout ça.
Il y a quelques années, j’ai rampé jusqu’aux urgences pour un effroyable mal de ventre. Il s’avérait à l’époque que ma vésicule était calcifiée jusqu’à la moelle, et ne traitait plus l’acidité. Et donc, quand l’interne m’a demandé mes antécédents, je les ai énoncés, et celle ci s’est permise de rajouter « obésité » à la liste. Et bah va bien jouer sur l’autoroute madame. Parce que l’obésité n’est pas un antécédent, c’est un état de poids, une condition de santé à la limite, mais pas un putain antécédent. Qui en plus n’a pas joué sur le fait que ma foutue vésicule ne fonctionnait plus.

Comprenez bien, que lorsque l’on a un physique « hors-norme », on s’en prend plein la tronche. Constamment et toujours de façon, disons, plus ou moins créative. Et que c’est lassant. Et que le rappel à l’ordre quotidien sur la question, n’aide pas la cause, nous fait éventuellement culpabiliser pour rien, et au pire nous fait développer des TCA (trouble du comportement alimentaire).

Attention, je n’écris pas tout ceci pour vous dire que j’ai une alimentation exemplaire ou quoi. Je dis simplement que, des fois, souvent même, vous n’avez pas l’historique de santé de la personne sous les yeux. Donc abstenez vous de faire des remarques désobligeantes.
Si vous vous inquiétez vraiment de la santé des gens, posez vous alors la question du pourquoi de la brutale perte/prise de poids de votre ami.e, peut-être que cette personne a eu des changements dans sa vie, ou peut-être qu’elle a fait une dépression.
Attardez vous sur les causes, et non pas les conséquences.

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Inspiré par une vidéo de Ty Turner, datée du 27.11.16

I’m all alone and I want to cry

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Bonjour à toi, peuple d’internet.
Nous sommes au matin du 9 novembre 2016, et le monde se réveille en apprenant que Trump a gagné les élections américaines.
Hillary n’était pas toute blanche non plus dans cette campagne, mais à choisir entre un petit rhume ou la malaria, voilà quoi.
Je suis présent sur un tas de réseaux sociaux, avec notamment Twitter et Tumblr, où je follow un paquet de personnes qui vivent aux Etats-Unis. Et concrètement, l’intégralité de ma timeline est en PLS.

On se demande tous comment on a pu en arriver là, et la réponse est malheureusement assez évidente. Je vais étayer mes théories au fil de cet article que j’espère plutôt court, puisque écrit totalement à chaud et sans le moindre recul. Soyez prévenus.

Tout d’abord il y a eu tout ce mouvement qui vous encourageait à aller voter. Parce que chez toute personne avec des opinions « honorables », personne ne s’attend à avoir des proches qui votent pour les extrêmes. Mais malheureusement c’est une réalité. Chacun a son droit à avoir une opinion politique. Et puisque tout le monde a le droit de vote, même ceux que vous considérez comme l’adversaire, ont des partisans. Si effectivement tout le monde votait, ce n’est pas forcément les « gentils » qui gagneraient, si réellement gentils il y a.
Ce qui m’amène à mon second point.
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Nous sommes en plein cœur d’une réalité où les gens se détestent pour tous un tas de raisons. Aussi peu valables soient-elles. Même sans aller jusqu’à regarder aux USA, ouvrez un peu les yeux sur notre jolie France. La Manif pour Tous a des partisans, et pas qu’un peu. Les manifestations se multiplient, pour un bord comme de l’autre, et tout le monde déteste la police.
La moitié de la population crache allègrement sur les migrants, à vous en donner le cancer si vous lisez les commentaires sur internet. On voit des centres d’accueil incendiés dans la capitale. On voit des zones entièrement re-cimentées avec du gros caillou pointu pour que les SDF ne puissent plus s’y installer pour dormir. On a vu des femmes voilées se faire verbaliser parce qu’elles n’étaient pas assez déshabillées sur la plage, et on argumente que d’autres femmes l’étaient trop puisqu’elles ont été violées.

Il suffit d’allumer la télévision 10 minutes pour constater que les émissions qui trustent l’audimat sont un florilège de sexisme, de racisme, et de LGBTphobie.
On en est à ce qu’en soirée avec des gens que je considère comme mes potes, on essaye de me défendre des vidéos « humoristiques » qui participent à rendre ridicule les personnes transgenres, les personnes handicapées, les personnes marginalisées etc…
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Le monde va mal. Ça ne date pas d’hier. Et ce n’est pas près de s’arrêter.
Je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, parce que j’ai la nausée.
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Dites aux gens que vous aimez, que vous les aimez. Prenez soin de vous.
Faites une sieste.

I’ve got thick skin anyway

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Because life is rough, here's a bunny.

Because life is rough, here’s a bunny.

Ces derniers mois, je vais bien. Ça faisait un paquet d’années que je ne m’étais pas senti aussi bien, aussi raccord avec moi-même, aussi en phase avec mon dedans.

Mais, car évidemment il y a un « mais », je me rends compte parfois, que passer autant d’années à aller si mal ça laisse des traces. De ce fait, il arrive de temps à autre, pendant quelques instants de déconnexion totale, généralement en fin de journée, que je laisse errer mon esprit vers des eaux plus sombres.
Ce sont quelques secondes de pseudo-doute, de questionnements existentiels soudains, de « mais qu’est-ce que je suis en train de faire? ». Et ça me prend quelques minutes pour me remettre à rationaliser, à m’auto-expliquer que mes diverses démarches ne sont que positives, et j’ai tout un tas d’exemples pour me convaincre immédiatement.

Mais ces instants de déconnexion demeurent néanmoins. Et même si je ne l’admets que rarement aux professionnels de santé qui me suivent, ils existent, et me font parfois un peu peur. Parce que lesdits professionnels de santé, je pense notamment à ceux qui me suivent pour la part psy, leur avouer un truc pareil, donnerait raison à leurs craintes. Leurs craintes que, compte tenu de mon état de santé, avec la co-morbidité et toutes ces conneries sur papier, que je suis dans le faux, dans l’illusion. Que je n’ai démarré ma transition que par lubie temporaire, et que je vais conséquemment droit dans le mur.
Alors qu’en vrai, je suis convaincu que ce ne sont que des « restes » d’angoisses latente.

De la même façon, quand je pense à mon avenir, l’angoisse remonte, et me prends aux tripes, ou plus précisément, au cérébral. Pour exemple, j’ai envoyé ma demande d’allocs y’a quelques semaines, et je n’aurais la réponse qu’en février/mars, de savoir si mon unique revenu financier, indispensable pour vivre, m’est coupé ou non.
Et quand j’y accorde quelques secondes pour savoir qu’est-ce que je vais bien faire si jamais cela arrive, qu’effectivement ma demande d’allocation est refusée, la réponse immédiate apparaît en lettres d’or dans ma tête: me foutre en l’air.

Je n’ai pas de pensées suicidaires ou particulièrement d’idées noires, mais je parlais plus haut du fait que des années à aller mal laissent des traces, bah là on est en plein dedans.
Etant ado, j’ai passé énormément de temps à planifier mon suicide comme je planifierais mes vacances, à rationaliser froidement ma propre mort. A réfléchir à toutes les lettres qu’il fallait que je rédige, aux démarches qu’il me fallait entreprendre avant mon départ, aux diverses formalités indispensables pour partir sans inquiétude. Le tout de façon excessivement détachée.

De ce fait, quand j’ai une grosse source d’angoisse, la réponse toute prête qui poppe dans ma tête, c’est toujours de mourir. Quoi que je fasse, quelque soit mes liens avec l’humanité, constamment, crever serait la solution de facilité.

Et je ne dis bien évidemment pas que je compte mettre ce potentiel plan à exécution, bien au contraire, j’affirme que cette pensée immédiate est juste fatigante, lassante.

Voilà. Je n’ai pas de conclusion réelle pour aujourd’hui. J’avais juste besoin de poser ça quelque part. Pour souffler quelques minutes. Parce que je ment effrontément quand je dis que « ça va, mais ça dépend des jours ». Cela ne dépend aucunement du jour, mais de l’heure. Mon cérébral a cette capacité à vriller pour rien, à être trigger par n’importe quoi et faire des connexions bien trop poussées. Du coup j’ai fréquemment des bouffées d’angoisse qui ne durent qu’une dizaine de minutes, une heure grand maximum. Et ça passe, jusqu’à la suivante.

Et parce que c’est épuisant d’être aussi changeant psychiquement, je voulais écrire tout ceci et le publier. Parce que même si je me décharge verbalement aujourd’hui, ça n’enlève pas totalement ce poids de mon esprit. Mais un peu, juste un peu, c’est tout ce que je demande.