La fièvre dans le sang

Par défaut

Le mignon avant la violence.

J’en parle très rarement, pour ne pas dire jamais, et allez savoir pourquoi j’en ressens le besoin aujourd’hui. Mais je voulais revenir ce matin sur la manière dont j’ai vécu ma toute première hospitalisation en milieu psychiatrique. C’était il y a 10 ans, et d’après mes sources, les conditions d’accueil n’ont pas tellement changé depuis.

J’avais 17 ans et demi, et j’ai fait une très grosse crise d’angoisse un soir, la veille d’une journée de travail. Le lendemain donc, il me semble que mes parents étaient avec moi, je me suis rendu au urgences psychiatriques de ma ville, où j’ai passé un genre d’entretien avec un médecin. Dans le compte rendu d’époque, ils insistent d’ailleurs assez lourdement sur mon « look gothique », et le fait que j’intellectualise et banalise le suicide.
Mais bref, suite à cet entretien ils décident de me garder pour un petit séjour au frais. Et c’est là que les ennuis commencent.

Etant alors mineur, je suis resté enfermé pendant 2-3 jours au service des Urgences Psy. Franchement je ne saurais pas dire la durée avec exactitude, puisqu’ils m’avaient confisqué ma montre (à gousset) ainsi que ma ceinture. Je n’avais pas non plus mon téléphone, donc je n’avais aucune notion du temps, à aucun moment. Je n’avais pas non plus le droit de fumer, même si heureusement je n’étais pas encore accro à l’époque. Cependant je n’avais pas le droit de sortir de cette petite chambre alors fermée à clé, et la fenêtre l’était aussi. Comme c’est les urgences, je vous laisse imaginer les hurlements, les coups dans les murs et les joyeusetés habituelles de ce genre de lieu. Bonne ambiance donc.

Un soir, on a fini par me transporter jusqu’au bâtiment où une chambre s’était libérée. Mais pas le service pour ados par manque de place, non, le service adultes. Et franchement, je n’étais pas préparé à ce que j’y ai vu et entendu.

Et en fait je vais arrêter là ma narration, parce que trop de choses me remontent à présent.
Mais ce que je souhaitais mettre en relief, c’est que je ne peux pas blâmer les gens qui diabolisent le milieu psychiatrique. Cela m’est impossible quand autant de souvenirs me remontent et vont dans le sens de leurs argumentaires.

Avant d’être interné pour la première fois, j’avais en tête ce fantasme populaire de la camisole de force et des chambres capitonnées. Mais j’ai découvert que la camisole moderne, elle est chimique. On se bave à moitié dessus, on a sommeil en permanence, et horriblement faim toute la journée. La chambre d’isolement n’a jamais été qu’une menace qu’on me lançait, mais les piqûres de force pour me calmer pendant que je hurlais et me débattais, c’était une réalité.
Moi je voulais juste dormir toute la journée, mais on me forçait à aller à la douche, et à rester éveillé. La seule chose à faire c’était de regarder la télé, bloquée sur la même chaîne pour tout le monde, probablement votée à l’avance. Et fumer des cigarettes. Parce que franchement, entre deux moments de lucidité, on s’emmerde sévèrement dans les HP.
Le contact avec les autres était également assez difficile, puisque j’étais fatalement le plus jeune, et cela suscitait autant de curiosité que de mise à l’écart. Les rares personnes avec qui j’échangeais étaient du personnel soignant, mais j’étais hyper méfiant de ma moindre parole.
Puis il y avait aussi les entretiens avec les psy qui étaient éprouvant parce que je voulais juste rentrer chez moi. Parfois c’était très orienté, parfois non, mais trop souvent sur-interprété. Je le sais, j’ai lu mes comptes-rendus.

Je prends souvent la défense du milieu psychiatrique, parce que sans lui, je serais probablement déjà mort, ou simplement inapte à la société si je n’avais pas été pris en charge si tôt.
Quand je me pointe au CMP (centre gratuit de soins dédié au psychologique), et que je croise certains patients, ça me fout un coup de réalité derrière la tête. Je me dis très égoïstement que je pourrais être comme ces gens, complètement parti dans ma tête, incapable de parler comme je vous écris aujourd’hui. Mais dans le même temps, ce n’était clairement pas gagné d’avance. Et il aura fallu que je fasse une seconde hospitalisation, dans le privé ce coup ci, pour être un minimum écouté, et que je change de psychiatre pour m’ouvrir réellement. Trouver le bon traitement aura pris des années, et poser un diagnostic définitif tout autant.

Je ne doute pas un seul instant qu’il y ait des bons soignants, parce que j’en ai croisé plein, mais leur travail est très exigeant, et les conditions pour bien faire celui ci ne sont pas idéales. De ce fait, je comprends parfaitement qu’on puisse avoir peur des psys ou des infirmièr·e·s.
Mais pour ce domaine comme pour le reste, y’a du bon comme du mauvais, et certains individus n’ont clairement pas la force de trier. Et ça me rend incroyablement triste. Parce que si mon parcours était au départ clairement une catastrophe pourtant très classique, par la suite y’a vraiment eu du mieux, et l’ensemble m’a foncièrement sauvé la vie.

Voila. Je ne sais pas tellement comment conclure, du coup je vous fais des bisous.

No place for beginners

Par défaut

J’ai longtemps cru au mythe de l’artiste maudit. J’ai longtemps pensé que si je me prenais en main, en allant mieux, en prenant bien mes médicaments, mon art en pâtirait. Et j’avais tellement tort.

Déjà on va briser une légende : la médication n’empêche pas de ressentir les choses. Elle permet au contraire d’atténuer la douleur morale, mais en aucun cas ne supprime absolument toute émotion.
Enfin ça, c’est si elle est bien adaptée à la personne qui décide de la prendre. Parce qu’il y a également des médicaments qui suppriment toute capacité émotionnelle, voire intellectuelle. Mais ça c’est quand ce n’est pas adapté, ou mal dosé, et j’en sais quelque chose. Si vous êtes dans ce cas là, parlez en à votre médecin prescripteur si les effets ne vous conviennent pas. L’avantage de la médecine moderne, lorsque vous faites face à un·e professionnel·e de santé compétent·e, c’est que tout est plus ou moins négociable, les concessions sont possibles de chaque côté.
Moi par exemple, je suis censé prendre un traitement matin et soir, mais comme le matin c’est une notion pour les autres, avec accord de ma psychiatre, je prends une plus grosse dose une seule fois par jour, à heure fixe.

Mais pour en revenir au sujet de départ, avant que je ne digresse dans tous les sens, il y a cette croyance populaire persistante comme quoi un artiste ne crée que dans la douleur. Et c’est, selon moi, une énorme connerie, en plus d’être un état d’esprit dangereux.
La souffrance est certes une émotion très forte, et pour l’avoir ressentie plus d’une fois, je sais que celle ci est un biais créateur important. Cependant, d’autres émotions sont toutes aussi « pures », et sont autant de source d’inspiration.

Je ne crée pas mieux ou moins bien en ressentant une peine immense, je crée juste différemment que lorsque je me sens bien. Ma forme artistique est différente de l’art visuel, puisque la mienne passe par les mots. Cependant, je relis parfois des choses que j’ai pu rédiger dans des états mentaux assez catastrophiques, et l’ensemble suinte tellement le désespoir qu’il m’est difficile d’en extirper les idées principales.
Il y a même eu des périodes où je m’interdisais d’écrire sur ce blog, de peur que les gens ne réalisent à quel point j’avais mal. Et cela peut vous sembler étrange de lire cela, mais je suis quand même assez pudique quand il s’agit de mes propres douleurs. Certes, je me livre beaucoup dans mes lignes, mais je ne me libère pas d’absolument tout non plus.

Tout ça pour en arriver au fait que, en ce qui me concerne en tout cas, je suis bien plus productif quand je ne vais pas bien, pour la simple raison que j’essaie de m’en sortir via mon écriture. Je tente tant bien que mal de ne pas me noyer, et quelque part de laisser une trace de mon passage, au cas où j’aurais un geste malheureux.
J’espère sincèrement avoir le temps de peaufiner mon oeuvre, plutôt que de partir précipitamment en ne laissant que de simples extraits bruts.

Je ne sais pas exactement comment conclure, alors je vais revenir sur un point sur lequel j’insiste souvent : personne n’est éternel, que ce soit contextuel ou de son fait. Alors profitez des gens qui vous entourent, prenez aussi soin d’elleux. Prenez soin de vous. Un bon artiste est aussi un artiste qui va bien. Ça se conjugue aussi au féminin ou au neutre, puisque n’importe qui peut être artiste, et ce quelque soit la discipline, selon les sensibilités de chacun·e.
Bisou.

I’m getting tired of the disrespect

Par défaut

Source : Europe1

Alors que je glandais sur Touittère, j’ai vu passer ce screenshot, qui correspond à une réponse « à chaud » de Raphaël Enthoven par rapport à un des sujets du Bac qui est tombé ce matin pour les terminales S.
Alors tout à fait entre nous, le gars, je sais même pas qui c’est. J’ai vu passer son nom deux trois fois, mais comme j’en avais pas grand chose à carrer, j’ai jamais googlé le bonhomme, et ça ne m’intéresse pas vraiment de savoir surtout.
Ca ne m’intéresse pas vraiment, parce que même si c’est un mec important, je ne saurais être plus en désaccord avec son propos sur la question.

Si jamais l’image est « cassée », voila son contenu :

Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ? (Sujet 2, série S)

« C’est un sujet qui peut être débattu, par exemple, chaque fois que des « racisés » dénient à quiconque le droit de parler du racisme. Ce sentiment que l’on ne parle bien que de ce que l’on connaît ou dont on est la victime repose sur le postulat que l’on ne parle que de ce qu’on éprouve. Les gens qui parlent pas sans éprouver n’ont qu’une connaissance abstraite. Mais en même temps, ceux qui éprouvent ont des œillères. Leur jugement est altéré par leurs sensations. Ils ne voient que ça, ils sont myopes par leurs problèmes. Pour l’éviter, il faut la capacité à souffrir des douleurs qui nous sont épargnés. L’empathie permet d’apporter une alternative. »

___

Déjà les guillemets à racisés, ça craint un peu, il suffisait de dire PERSONNES racisées, sans le moindre guillemet, boum bébé.
Ensuite, quelque soit la minorité, il n’est pas proscrit absolument aux non-concerné·e·s de donner leur avis, mais simplement de ne pas prendre l’espace de parole aux personnes concernées justement. La règle qu’on entend souvent c’est « écoutez les concerné·e·s », et non pas « fermez bien vos gueules ». La distinction étant que vous avez pleinement le droit d’avoir un avis, et même de l’exprimer, à la seule condition de ne pas couvrir la voix des gens qui sont bien plus pleinement conscients d’un contexte discriminant.

Ensuite, et c’est le cœur du problème, que j’étais pourtant convaincu d’avoir adressé par le passé, c’est la notion de proximité.
On m’a déjà dit un jour, plusieurs autres fois aussi mais cet épisode m’a marqué; que je ne pouvais pas comprendre qu’on puisse défendre un connard transphobe médiatisé, puisque j’étais concerné directement par le problème, et donc trop proche pour prendre du recul.
Et moi je dis Alerte au Flan, puisque c’est justement parce que je vis la situation jour après jour, je suis parfaitement placé pour concevoir à quel point la personne et ses propos sont problématiques.

Ce que je reproche donc à Mr Enthoven du coup, c’est de nier qu’il est tout à fait possible de ressentir pleinement un problème, tout en ayant suffisamment de conscience de soi et des alentours pour parvenir à faire la part des choses.
Il propose alors comme solution miracle l’empathie. Laissez moi poser une alerte au spoiler : tout le monde n’en est pas capable. De la même façon que tout le monde n’est pas apte à faire trois pas en arrière pour mieux cerner le contexte et ses enjeux.
Y’a des extrêmes de chaque côté de la barrière. Sachons modérer nos propos, ne soyons pas si catégoriques.

Moi j’ai fait seulement un an de philo mais en accéléré pour passer mon Bac, du coup je vous propose ma correction très rapide, et probablement tout aussi pertinente.

« Eprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste? »
Non, pas obligatoirement, mais ça aide néanmoins. C’est en embrassant l’humilité que l’on acquiert pleinement la connaissance nécessaire pour savoir quand l’ouvrir sans se couvrir de ridicule. De rien, bisou.

_

PS: Cet article a été écrit après une nuit blanche, sans vraiment le temps de laisser refroidir ni de relire 14 fois. Il est possible que j’ai dit n’importe quoi. YOLO.

Doing what you like

Par défaut

Au fil des années, j’ai énormément évolué, sur tout un tas de points, et notamment celui de la parentalité.
Pendant très longtemps, notamment la période adolescente, j’étais furieusement contre l’idée d’avoir des enfants, je trouvais ça nul et inutile. J’estimais que le concept d’imposer la vie à quelqu’un, pour qu’il ou elle subisse ce que j’ai pu endurer durant toute mon enfance, était un concept cruel. Et puis j’ai grandi. Et je me suis rendu compte que je devais réaligner mes idées et mes éventuelles attentes sur cette question.

Il est toujours hors de question que j’enfante de mon corps. Et j’ai fait mon deuil, il y a bien longtemps déjà, concernant le fait d’avoir biologiquement une descendance.
Pour la parenthèse, c’est un point pivot dans la transition, d’admettre que peut-être, il n’y aura pas d’enfant de son propre sang. Même si la technologie a fait des progrès et tout ça, l’accès à la grossesse peut être excessivement complexe pour les personnes trans. Et il faut savoir mettre un tas de choses de côté durant le processus. C’est la fin de la parenthèse, je retourne vous raconter ma vie.

Mon âge avançant, et ma vie évoluant, je prends conscience, lentement mais sûrement, que l’idée d’avoir un enfant n’est pas si repoussante que cela. Juste, pas dans le sens le plus « biologique » du terme.
Je deviens peu à peu adulte, et j’essaye d’être en paix avec ça. Parce que c’est terrifiant, et inattendu. L’horloge et le calendrier commencent à me rattraper, en quelque sorte. Et les envies qui vont avec.

Je souffre depuis plusieurs années de mon célibat, comme la plupart de mes proches le savent, mais ma douleur trouve ses origines différemment avec le temps qui s’écoule. D’abord c’etait l’absence de tendresse, puis l’absence de contact physique, comme j’en ai parlé il y a quelques semaines, mais à présent, c’est la frustration de ne pouvoir évoluer comme je le souhaiterais.

J’ai furieusement envie, et peut-être aussi besoin, de me poser et d’avoir des projets de vie, sur le long terme. J’en ai ras le bol de me planquer derrière le fait que mon espérance de vie est plus courte que la majorité, parce que ça ne devrait pas m’arrêter d’avoir des ambitions. Certes je ne passerais peut-être pas la retraite, mais ma fin n’est pas non plus pour demain matin. Et j’ai cette attente presque viscérale que de pouvoir encadrer mon quotidien avec un genre de routine familiale.

Bien évidemment, je ne vais pas me précipiter vers la première personne un peu jolie venue, et lui dire de me faire des enfants, ce n’est ni le but ni la démarche souhaitée. Simplement, je souhaite de tout cœur trouver mon âme sœur, s’aimer pour la vie, et construire un avenir ensembles. Que ce soit via l’adoption, être beau-parent, ou grâce à l’aide de la médecine, les possibilités sont multiples.

J’ai cette envie, possiblement égoïste, d’inculquer à un être vivant des principes, une éducation, des valeurs et une certaine force de caractère. Et je me berce peut-être très naïvement, de l’illusion que je suis capable de faire des grandes choses pour cet·te enfant, l’accompagner sur tout un tas de plans, la·e soutenir, lui procurer mon amour de parent.

J’espère sincèrement que cette envie s’accomplira, en temps et en heure. Mais je me sens enfin prêt à être un adulte responsable. Ne reste qu’à la vie de m’apporter les bonnes opportunités sur mon chemin, pour réaliser ces souhaits.

Je vous embrasse.

I can barely breathe

Par défaut

En grandissant éduqué comme une fille, et me découvrant amoureux de celles ci, j’ai pu constater que certains privilèges m’étaient refusés, notamment celui du contact physique.

Vous l’aurez peut-être remarqué, mais les filles entre elles sont plus facilement encouragées au contact que les garçons entre eux. Elles sont plus souvent vues bras dessus bras dessous que leurs camarades garçons, pour qui bien au contraire, le moindre contact les fait apparaître comme « faibles ».
A une exception près, puisque lorsqu’une fille est désignée comme lesbienne, qu’elle le soit effectivement ou non, elle devient pestiférée. Personne ne doit la toucher ni se laisser approcher par elle.

A l’adolescence, dans des contextes comme les vestiaires non-mixtes mais néanmoins communs, une fille taxée d’homosexualité a tout intérêt à regarder le sol, se dépêcher de se changer pour ne surtout pas risquer le moindre échange de regards avec une de ses homologues, sous peine de se faire embusquer dans un bizutage verbal ou physiquement violent, dans un élan de franche camaraderie.

Les garçons de leur côté, se limitent dans leurs démonstrations d’affection à de simples tapes sur l’épaule ou dans le dos, suffisamment délicatement pour s’envoyer mutuellement à l’hôpital.

Si j’ai grandi plutôt dans le premier exemple que dans le second, le résultat est le même : je n’ai absolument pas l’habitude d’être touché. J’ai d’ailleurs pour théorie que si les garçons sont « naturellement » aussi prompts à la violence, c’est pour compenser ce besoin viscéral d’être touché. Ne pouvant assouvir ce besoin naturel de contact, ils se mettent des patates dans le visage, puisque c’est le seul moyen d’obtenir un précieux effleurement de peau à peau. C’est en les observant « jouer à la bagarre » que j’ai développé cette théorie qui n’est, finalement, pas si absurde.

De ce fait, et toujours selon ma théorie personnelle, cela va ranger les garçons dans deux catégories :
– Ceux qui n’ont pas peur de prendre une salade de phalanges en pleine face, et seront vus comme les forts, à qui on pardonne cette violence, comme une forme malsaine de virilité exacerbée.
– Ceux qui préfèrent la passivité à la confrontation, comme une forme de timidité incontrôlable. On leur marche volontiers sur la gueule en les traitant de fragiles.

En vrai il existe une troisième catégorie : ceux qui ne sont pas concernés par mes conneries, et qui ont tout l’apport physique et émotionnel dont ils ont besoin.

Mais là où je voulais en venir, à l’origine en tout cas, c’est que chaque fois qu’on me fait un câlin, j’ai envie de pleurer.
Les larmes me montent aux yeux parce que j’ai été dépouillé de ce privilège qu’est le contact physique depuis bien trop longtemps. Entre la mise à l’écart parce que j’apparaissais comme « lesbienne », puis le culte de la virilité maximale de l’homme fort absolument intouchable, à tous les sens du terme, dans lequel j’ai été balancé suite à ma transition, j’ai vite perdu pied au réel, au sens du toucher.

___

Je ne sais plus trop bien comment je voulais conclure. J’ai extirpé tellement de mes tripes dans ces lignes, que je me suis un peu aveuglé en route.
Mais du coup, je ne suis pas certain qu’il y ait une chute meilleure qu’une autre. Une idée en a amené une autre, le tout s’enchaînant avec plus ou moins de logique en multiples embranchements de possibles. Comme un genre de brouillon d’émotions et de sentiments pas nécessairement contradictoires, laissant transparaître mes réflexions sur la question.
Bref. Aimez-vous les uns les autres. Faites vous des câlins en tout mutuel consentement préalable.
C’est tout pour aujourd’hui !

Unending Masquerade

Par défaut

Attention, le contenu de ce billet, comme tous les autres en vrai mais pour une fois je le précise, n’engage que moi. Vous allez le droit d’être en désaccord, mais je vous remercierais de ne pas faire une levée de torches ou toute autre forme de tentative de me brûler sur la place publique. C’est un point de vue très personnel, et je conçois qu’on ne le partage pas, mais je n’attaque personne à titre individuel. Je souhaite cependant ne pas blesser qui que ce soit dans la foulée. Merci de votre attention. 

___

Comme vous le savez probablement, je connais beaucoup de monde, et parmi cette foultitude de gens de tous les horizons, y’a un certain nombre de personnes poly-amoureuses. Et en tant que monogame, y’a un certain nombre de choses qui me gênent dans le polyamour, mais pas exactement les points qui vous viennent immédiatement en tête, à mon humble avis. Vous allez le constater rapidement.

Le polyamour à la base, c’est une libération des possibilités en terme de relations amoureuses avec d’autres gens, et conséquemment, la multiplication de celles ci. Sur le papier, c’est chouette. Sauf que, y’a énormément de dérives qui découlent de ce mode de vie là. Et oui, je spécifie bien « mode de vie », mais je reviendrais là dessus un peu plus loin.

En premier lieu, celui que j’ai le plus constaté, c’est cette volonté de conversion de son entourage. Entre la promotion et la propagande, la ligne est assez mince. Ça doit venir de mon passif avec les mouvements d’ordre religieux, mais je suis franchement méfiant face au prosélytisme.
En ce qui me concerne, je suis très à l’aise avec ma propre façon d’envisager les relations, et je n’aime pas l’idée de devoir « partager » mes éventuels compagnons de route avec d’autres gens. Ce qui vous apparaît probablement comme un délire de « posséder » l’autre, n’est pour moi qu’une simple histoire d’exclusivité intime.
Je n’ai pas de problème avec le fait de savoir que d’autres ont connu mon aimé·e avant moi, et potentiellement après moi. C’est juste en même temps que moi que ça me gêne profondément.

La conception monogame d’un couple n’est pas une prison, c’est avant tout une question de communication et de respect mutuel. Vous allez me dire « comme chez les polys du coup ». Ce à quoi je répondrais oui, mais dans tout type de relation en fait, même simplement amicale ou professionnelle, mais on rate mon point. Si pour vous, s’offrir corps et âme à une seule et même personne est une description du dernier cercle de l’enfer, alors la monogamie n’est pas pour vous.
Au même titre que me dire que quelqu’un d’autre pose les mains sur mon ou ma partenaire, alors que je suis absent, ou même présent, m’est intolérable. Pas parce que la personne m’appartient, mais parce que c’est un manque total de décence si cela vient de l’extérieur, de quelqu’un cherchant à s’immiscer dans mon couple. Et parce que c’est une trahison si l’initiative est à la personne qui partage ma vie.

Un autre point qui me semble important, dans le cas de figure d’un couple hétérosexuel, c’est que le garçon n’est pas automatiquement l’incarnation du mâle patriarcal oppresseur sous prétexte que le couple est monogame. Déjà parce que chaque couple a ses propres codes de fonctionnement, et aussi parce qu’il n’y a pas besoin d’être un couple pour être effectivement un gros sac oppresseur. J’estime qu’à moins d’une souffrance réelle, physique comme émotionnelle, nous n’avons pas à nous immiscer dans l’intimité d’un couple qui n’est pas le nôtre.

Alors oui, je conçois que lorsqu’on est effectivement poly, le découvrir peut être une sacrée révélation et on ressent le besoin de se dire que c’est fait pour tout le monde parce que c’est révolutionnaire. Sauf qu’en fait, absolument pas. Y’a des gens à qui ça conviendrais réellement et qui sont dans le déni, mais y’a aussi des gens très heureux avec une seule personne à la fois. Et si je parlais plus haut de « choix » c’est tout simplement parce que, il y a une décision qui est prise à un moment donné. On ne lutte pas férocement contre son identité, on décide simplement de se limiter ou non en terme de quantité, selon son ressenti et ses éventuelles envies. Il n’y a pas de besoin de forcément prendre des snacks en extra, il n’y a juste qu’une volonté de s’abstenir ou pas. Si je peux tenir des années sans la moindre fanfreluche sans faire de combustion spontanée, je ne vois pas pourquoi d’autres se planquent derrière une histoire de nécessité, alors qu’il ne s’agit là qu’au mieux une envie sincère de diversifier, au pire une absence totale de maîtrise de soi.

Egalement, on ne subit pas de discrimination au sens propre du terme lorsqu’on est poly, juste de l’incompréhension et d’éventuelles remarques désobligeantes. Mais personne n’ira te casser la gueule parce que tu as trois petites-amies. C’est un inconfort, pas une haine féroce et dangereuse pour ton essence profonde.

Bref, je suis un peu parti dans tous les sens, mais je tenais à revenir sur quelques éléments très importants, et surtout nécessitant moins de mots.

► Je n’ai rien contre le polyamour. C’est face aux dérives de ses partisans que je suis gêné.

► Il y a une importante distinction entre choisir qu’on a des limites moins strictes que les autres, et interdire les autres d’avoir des limites plus strictes que les siennes.

► Si la monogamie n’est pas pour toi, n’empêche pas les autres de la vivre si cela leur convient. Ce n’est pas parce que l’on n’aime pas quelque chose qu’on doit forcément essayer d’en écœurer les autres.

► Le consentement ça fonctionne dans les deux sens. Ne forcez la main de personne pour tester absolument le polyamour, surtout si ce n’est pas leur conception du bonheur.

Ma conclusion sera donc : la monogamie, c’est chouette aussi.

Maybe I shouldn’t bother

Par défaut

Vous l’aurez peut-être remarqué, mais les gens ne savent pas se retenir sur Internet. A croire que les mots n’ont aucune conséquence, aucun poids, et qu’on peut dire n’importe quoi sous couvert de la liberté d’expression.
Sauf que la liberté d’expression ça marche pas ainsi, mais c’est un sujet que j’ai déjà abordé précédemment. Non, ce sur quoi je souhaitais déblatérer aujourd’hui, c’est le sujet du harcelement. Dans les grandes lignes, je ne suis pas là pour faire une thèse, et j’ai surtout pas le niveau.

Je me pose sincèrement la question, mais tous ces gens qui crachent leur venin en ligne, ils faisaient quoi de leur vie avant? Ils faisaient quoi de toute cette haine? Très sincèrement je n’en sais rien. Ce que je sais en revanche, c’est que le harcèlement a pris une toute nouvelle forme avec l’arrivée du web.
Je suis suffisamment « âgé » pour avoir connu l’explosion d’internet et sa démocratisation, même si j’étais pas bien grand. Mais je me souviens distinctement qu’on m’a tapé sur la gueule avant internet, tout autant qu’on m’a tapé dessus bien après son installation. La différence, n’est pas tant dans la quantité que dans la manière de faire.

Avec internet, tout va bien plus vite, c’est un fait. Mais si la méthodologie de la violence est différente, le résultat est le même : les gamins vont mal et se foutent en l’air à la première occasion de craquer sous le poids de ce qu’on leur a infligé.

Le web, c’est deux revers d’une seule et même médaille. D’un côté, les gens ne savent pas se comporter et vomissent leurs injures à tous les coins de commentaires, d’un autre, internet a su nous montrer que nous ne sommes jamais réellement seuls. Chercher et trouver des communautés, se rassembler virtuellement, mine de rien, ça sauve des vies tous les jours.

Alors oui, tout va plus vite, que ce soit les rumeurs comme les pires montages crasses visant les victimes de harcèlement. Mais également le soutien, l’entraide, à toute heure sur internet, y’aura des personnes pour te parler de tout et de rien, te changer les idées.

Sans internet, je n’en serais pas là aujourd’hui, et je parle autant du fait de vous raconter mes bêtises, que le fait d’être encore en vie, en fait. Parce qu’à une époque lointaine, celle des skyblogs, de MySpace et de MSN, j’ai rencontré en ligne des gens formidables, qui m’ont fait comprendre que j’avais de la valeur, que je pouvais m’en sortir. Certaines de ces personnes sont encore à mes côtés à ce jour, même un peu de loin.

Du coup, je ne sais pas exactement où je voulais arriver, j’ai un peu niaisé en route, et là il faut que je boucle mon affaire.
Je dirais simplement ceci : les nouvelles technologies, ce n’est pas que des mauvaises choses, il faut juste savoir s’en servir. Même si l’on peut toujours se faire tabasser à l’abri des regards indiscrets, à présent, les choses finissent par se savoir bien plus rapidement qu’avant.
Agissons. Éduquons-nous les uns et les autres. Et arrêtons d’être aussi cons sur les internets. Les mots ont du sens, qu’ils soient prononcés à voix haute autant que dans notre tête.

At least I think I do

Par défaut

J’ai de la chance, mais tout n’est pas parfait.

Concernant mes problèmes de santé, j’ai été pris en charge suffisamment tôt pour limiter les dégâts. Mais des difficultés subsistent. J’ai perdu une majeure partie de ma capacité d’attention et de mémorisation, ce qui m’empêche de pouvoir lire plus de quelques lignes d’affilée. J’ai bien évidemment quelques astuces, mais rien de miraculeux, et je suis vite contraint de stopper ma lecture d’un sujet trop long. Et ce n’est que le sommet de l’iceberg, mais je ne détaillerais pas aujourd’hui.

Concernant mon identité, j’ai la chance d’avoir une grosse partie de ma famille qui me soutient. Mais la part ne le faisant pas, est pesante, de par sa proximité affective. J’aurais pu me faire jeter dehors, mais j’étais déjà parti. J’aurais pu voir tous les ponts rompus, mais des mains m’ont été tendues.
Je ne suis pas en conflit ouvert avec ma famille non plus, mais je fais des efforts pour l’empêcher.

Je suis loin d’être isolé socialement, mais je demeure malheureux affectivement. Plus les choses avancent dans le bon sens, plus cette absence émotionnelle me pèse. Car plus ma vie s’améliore, moins il y a d’éléments pour m’en distraire.
J’ai conscience que ce n’est qu’une question de temps, mais plus celui ci s’écoule, et plus mon entourage enchaîne les compagnies agréables ou gravent celles ci dans la pierre de l’éternel. Jusqu’à que la mort vous sépare, si ma mémoire est bonne.

Plus ma vie avance, mieux les éléments s’installent. Bons comme mauvais. Je prends conscience de beaucoup de choses, je ne détourne plus les yeux. Mes vieux démons me hantent, et je leur renvoie leurs regards insistants. Un jour peut-être, parviendrais-je à m’en défaire.
Mais sans eux, serais-je aujourd’hui le même individu? Aurais-je rencontré les même personnes, vécu les choses différemment, appris les même leçons? Je l’ignore sincèrement.

Mon but n’était pas aujourd’hui de sombrer dans le mélodrame un peu tire-larmes. Simplement de faire un point, et de constater que si j’ai effectivement de la chance, tout n’est pas nécessairement parfait.

Swallowing on scars

Par défaut

Boum, bébé !

Pour ceux qui le savent, plus le temps avance, et plus je suis à l’aise avec mon identité. En conséquence, ce qui m’a construit pendant des années, à savoir, mon orientation sexuelle; s’est un peu cassé la gueule.
Je me suis labellisé pendant des années comme « gay », le terme de « lesbienne » m’ayant toujours gêné à l’oreille. Ce blog en était d’ailleurs porteur dans son titre jadis.
Mais le fait est que, durant le dernier tiers de ma vie actuelle, beaucoup de choses reposaient sur cette identification personnelle. Et au moment de faire mon second coming out, j’ai un peu pété les fondations à la masse de chantier.

Le fait d’intégrer socialement comme personnellement cette « nouvelle » identité, m’a fait réaliser un paquet de trucs. Notamment le fait que, plus j’avance dans mon parcours, et moins j’estime que les gens aient des choses à redire quant à ma vie privée.
Notamment le fait que mes préférences romantiques et [éventuellement] charnelles, ne concernent que moi. Mais surtout que je ne suis pas obligé d’être hétérosexuel au sens le plus strict du terme pour être valable en tant que garçon aux yeux du monde.
On dirait que j’enfonce des portes ouvertes, mais c’est une réalisation avant tout personnelle, qui me concerne, les autres font bien ce qu’ils veulent, je m’en carre pas mal.

Tout ça pour dire que, ce que j’ai longtemps considéré comme une faute de parcours, à savoir, d’avoir couché avec un garçon cisgenre, n’en était pas forcément une, d’erreur. Bon, si, mais pas pour les raisons que vous croyez, attendez la suite, ça devient croustillant.

Avant toute chose, ne perdez jamais de vue que, l’hétérosexualité ne devrait pas être l’orientation par defaut, et qu’à partir du moment où toutes les parties sont consentantes, et aptes à consentir, alors tout le monde est content.
Bon okay, là j’enfonce vraiment des portes-fenêtres, et je ne fais que retarder le moment pop-corn.

Comme chacun le sait, je suis célibataire, et ce, depuis un paquet de temps. Et au début où j’étais sous traitement hormonal, de temps en temps, la testostérone faisait son petit effet, et j’avais des envies assourdissantes. Au point de refuser de sortir de chez moi pour voir du monde, de peur d’avoir des paroles ou des comportements dictés par mes hormones bouillonnantes.
En conséquence, je restais beaucoup chez moi, mais la magie de la technologie me laissait à portée d’autres individus via ce merveilleux biais qu’est Internet. Du coup, de temps en temps je grattais à la porte virtuelle de ce fameux garçon avec qui j’avais consommé quelques temps auparavant. Parce que je savais qu’il ne me jugerait pas, qu’il comprendrait ces pulsions pressantes, et qu’il m’aiderait à mettre en place une stratégie pour y mettre fin. (Et éventuellement fanfrelucher ensembles, soyons clairs là dessus.)
Et fluteblûte, à quel point pouvais-je me fourrer le bras dans l’œil.

(TW: Transphobie)
Après une énième piètre tentative de l’attirer jusqu’à ma chambre à coucher, il m’a avoué être moyennement à l’aise avec cette idée. Parce que, et je paraphrase sans exagérer un seul instant, après tout, il avait vu mon corps, savait à quoi je ressemblais vraiment sous mes vêtements, et que donc, il lui apparaissait comme impossible pour lui de pouvoir me considérer véritablement comme un garçon. Je serais à ses yeux toujours une fille, avec un corps de fille et tout ce qui s’en suit.

Après ma colère primaire, il a essayé de se justifier plus que de s’excuser, s’enfonçant encore plus dans ses miasmes verbaux. Je lui ai donc très judicieusement indiqué de ne plus jamais m’approcher ou chercher à me contacter. Il a respecté cette injonction, ce qui est très basique, mais bienvenu, et d’ailleurs s’il lit ceci, qu’il ait la décence de ne pas se manifester publiquement, merci d’avance.

Voilà.
Je ne sais plus exactement comment conclure, la nausée m’ayant violemment repris depuis environ deux paragraphes. Donc je finirais simplement là-dessus.
En tant que personnes transgenre, nous ne sommes pas que des corps. Les personnes cisgenre non plus ne sont pas que des corps, mais iels n’ont que bien moins à subir ces violents rappel à l’ordre sous couvert d’une prétendue biologie scientifique de bas-étage.
Et en conséquence, si vous n’êtes pas fichus de faire le détachement entre corps physique et identité de genre, ne sortez pas avec des personnes trans, ne couchez pas non plus avec des personnes trans, et par dessus tout, foutez nous la paix.
Bisou.

Walking over glass

Par défaut

Ce matin, nous allons nous attaquer à une habitude simple et pourtant si problématique : celle qui consiste à dire qu’une personne homophobe refoule forcément sa propre homosexualité.
Même si des fois, c’est effectivement le cas, nous allons ensembles déconstruire cette idée nauséabonde.

Je n’ai que faire des études pseudo-scientifiques établissant que tous les homophobes sont des « tapettes » (à l’aide.), parce que ce n’est pas juste un gros tas de bullshit, mais c’est surtout une idée hyper dangereuse.
D’une part parce que c’est un postulat qui normalise la violence à l’encontre des personnes LGBT+, permettant de laisser faire trop facilement des comportements agressifs et violents. En effet, c’est le fameux argument qui consiste à pardonner une personne parce que celle ci souffre. Et je le rappelle pour la énième fois: un vécu traumatique, un passé difficile, permet éventuellement d’expliquer, mais jamais d’excuser une attitude de sombre sac à merde.

Et à celleux qui me reprochent d’être vulgaire, sachez simplement que je suis très en colère, et que franchement, je me retiens. Ne le prenez pas personnellement, vraiment.

Dire d’un homophobe notoire qu’il est probablement homosexuel, c’est super nocif, parce que ça permet d’ouvrir la porte au fait de se foutre de sa gueule parce que c’est rien d’autre qu’un pauvre homo qui assume pas. Ce n’est pas de l’humour subversif trop drôle ou quoi, c’est justement méchamment malsain. On ne se moque pas d’un homosexuel, avéré comme présumé. Parce qu’il n’y a rien d’insultant au fait d’avoir une sexualité différente de l’étouffante majorité. Il y a plein de raisons et de façons de se moquer d’un être humain parce que c’est un sale déchet, mais sa sexualité ou son genre n’en font pas partie.

Pas de « c’est de l’humour » qui tienne, parce que ce n’est pas drôle, ça ne fait rire personne, sauf peut-être les non-concerné.e.s, et auquel cas, c’est grave. Parce que ça revient à laisser les gens rire de nous, sans nous.
Des personnes valides qui se foutent de la gueule des handicapés, ça craint. Des personnes blanches qui se moquent des racisés, c’est du racisme, et ça craint tout autant.
Donc je ne vois pas pourquoi on laisse passer cette idée que des personnes agressives sont en réalité des opprimées. Non. En aucun cas.

Un point intéressant cependant, que j’emprunte après une demande de relecture à mon coloc, et qui m’inspire ce paragraphe.
Il m’a théorisé que lorsque l’on sort de la norme, les gens cherchent toujours à comprendre pourquoi, en y collant leurs propres arguments. Pour exemple, si un garçon fait du foot, ça ne pose souci à personne. Mais si ce même garçon décidé qu’il veut faire de la danse, immédiatement, ça pose problème. On cherche à comprendre pourquoi il tient absolument à mettre un justaucorps et faire des sauts de chats.
Et peut-être que c’est là le problème. Plutôt que de chercher à admettre que la société entière est homophobe, que l’oppression est systémique, on préfère pointer du doigt une extrême de cet état de fait, à savoir que les homophobes sont virulents; plutôt que de se poser la question un court instant de savoir si l’homophobie ne fait pas juste partie de la norme, et que donc, l’individu lambda l’est également en conséquence.

La « blague » serait donc de présenter l’homophobie comme un désordre mental alors que c’est simplement la suite logique d’un fonctionnement propre à la société elle-même. Mais comme toujours, que ce soit des bons comme des mauvais comportements, si on les « exagère » en sortant de cette constante, on passe alors la barrière de cette normalisation, et on s’attire les foudres du jugement.
J’en conclus donc que si l’homophobe refoule éventuellement sa propre sexualité, ce n’est pas parce qu’il aime spécialement se flageller, mais parce qu’il est lui-même victime d’un environnement qui lui est défavorable. En conséquence, il cherche à compenser en étant encore plus cruel que la société dans laquelle il évolue. Et du coup ce délire d’homophobe refoulé, ce n’est pas amusant, c’est juste tragique.

Arrêtons donc de propager cette idée puante, parce que ce n’est ni amusant, ni pertinent.