Bien choisir son prénom

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Le rapport des personnes trans à leur prénom est toujours assez particulier. D’autant plus quand c’est celles ci qui l’ont selectionné. Comment bien choisir son prénom sans partir dans tous les sens? Ce sera mon sujet d’aujourd’hui.

Quand il s’agit de trouver des prénoms à ses enfants, tout le monde a des idées plus ou moins arrêtées, plus ou moins farfelues. Mais lorsque l’on est transgenre, le choix de notre prénom est aussi crucial que pour notre éventuelle future progéniture. Le champ des possibles est d’autant plus grand, et il est facile de vite avoir la tête qui tourne.
Comment être sûr de son choix? Comment être assuré de ne pas faire n’importe quoi? On ne change pas de prénom comme on change de slip, puisque la procédure est longue, et coûteuse en énergie.

Il y a évidemment plusieurs méthodes pour définir ce qui va être notre identité sociale. La plus attendue, et pourtant pas la plus répandue, consiste à masculiniser ou féminiser notre prénom de naissance (selon celui ci). Pour exemple, Un Mathieu peut devenir Mathilde, ou autre Patricia devenir Patrick.
Il y a, à l’opposée, celleux qui décident de réellement marquer la différence en s’éloignant le plus possible de leur deadname.

Après, en effet, les possibilités sont infinies, et ayant pour ma part lu des listes de plusieurs centaines de prénoms par ordre alphabétique, je peux en attester. Mais comment ne pas douter?
Si vous entretenez de bons rapports avec votre famille, n’hésitez pas à les solliciter pour leur demander leur avis. Et si la famille de sang ne convient pas, reste la proximité des ami·e·s, votre famille de choix donc.

Il est également tout à fait possible de fixer son choix sur un prénom mixte, rien ne vous oblige à absolument choisir le prénom le plus genré possible, la décision vous appartient à la fin, bon et aussi un peu à l’officier d’Etat Civil, mais c’est un autre débat.

En définitive, que vous fixiez votre choix par souci de signification, quelle qu’elle soit, ou que vous n’en ayez rien à carrer de l’étymologie, personne ne vous en voudra. L’essentiel, c’est de trouver, ou de conserver, le prénom qui VOUS sied, et avec lequel vous êtes assez à l’aise pour finir votre vie en le portant.
Enfin, et je m’adresse en particulier aux plus jeunes, il n’est pas interdit de « tester » un ou plusieurs prénoms avant d’en adopter un complètement. Certes, on vous fera probablement le reproche d’être trop indécis voire que c’est trop compliqué pour les autres d’arriver à suivre, mais ce n’est pas tous les jours qu’on a la possibilité de choisir comment on va s’appeler.

En ce qui me concerne, je n’ai pas tellement suivi mes propres conseils du jour, et ai fait ça un peu dans l’urgence. Ma maman souhaitait connaître mon choix afin de pouvoir s’adresser à moi, et j’ai donc lu des centaines de prénoms, en notant quelques uns dans un carnet, mais c’est finalement celui que je porte aujourd’hui qui est resté. Après l’avoir lu, je n’arrivais pas à me le sortir de la tête, un peu comme un coup de foudre. J’ai donc pendant quelques semaines, tâté le terrain pour voir s’il me convenait, en demandant à des personnes de confiance de s’adresser à moi par ce prénom là, dans l’intimité. Et, après m’être entretenu avec une partie de ma famille, qui a plus ou moins validé mon choix, j’ai décidé de faire mon coming out définitif avec ledit prénom.
Mais finalement, ce n’est que l’année suivante, lors de ma procédure de Changement d’Etat Civil, que je me suis intéressé au fait d’en avoir plusieurs sur mes papiers, et aux significations ou hommages que je pouvais porter.
Je ne regrette absolument pas mon choix, en particulier parce qu’il est relativement peu commun, et que très souvent, les gens ont des anecdotes de gens qu’iels ont connu portant mon prénom, et c’est toujours une occasion de sourire et d’être un peu nostalgique.
Mais voilà, je me permettais de vous fournir ces eventuels conseils, puisque mon CEC est finalement arrivé très vite, et qu’il est préférable d’avoir toutes les clés en main dès le départ.

En conclusion donc, mieux vaut ne pas se précipiter, pour ne pas avoir de regrets par la suite. Un prénom, c’est fort de toute la symbolique qu’on lui accorde, alors autant le choisir avec soin.

Tattoo : J’ai testé pour vous

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Ce mardi après-midi, j’ai décidé de vous parler un peu de tatouages, clairement parce que je n’ai pas d’autre idée de sujet sous la main, mais je vais néanmoins y mettre tout mon petit cœur !

Je ne peux pas dire que je suis un grand tatoué, même si je le serais probablement d’ici quelques années, mais du haut de mes gros centimètres plein d’encre, j’ai testé plusieurs méthodes de cicatrisation, et soins post-tattoo. Du coup, je vais parler de ça aujourd’hui.

/!\ ATTENTION : Cet article n’est pas exhaustif de la totalité des méthodes de cica, et je ne saurais trop vous dire de juste faire confiance en votre tatoueur et en sa méthode. Chaque artiste tatoueur a sa propre méthodologie, et chaque technique se vaut plus ou moins. Bon sauf si iel vous dit de frotter la peau avec de l’essence à zippo, auquel cas, je ne peux rien pour vous.

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Entrée en matière

Le tatouage est un art ancestral ayant plusieurs objectifs, propres à chaque personne qui décide de franchir le pas. Il peut être vécu comme un rite de passage, une représentation des expériences accomplies, une réappropriation de son propre corps, ou au contraire une façon de le rejeter etc. Il y a autant de raisons de se faire tatouer qu’il y a de personnes tatouées, à peu de choses près.

Pour ma part, je considère, et c’est un point de vue très personnel, que la douleur fait partie du jeu. Si cela ne faisait pas mal, même si la perception de la douleur est quelque chose de très individuel, cela n’aurait pas le même impact, la même symbolique. Le tatouage c’est permanent, donc autant le « mériter ». Ce ne sont que quelques heures à serrer les dents, contre le reste de sa vie avec sa peau ornée d’encre et de motifs que l’on aura choisi.

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Règles de Base

Avant toute application de quoi que ce soit sur la peau, lavez vous bien les mains, et n’hésitez pas à nettoyer la partie tatouée avec de l’eau tiède et du savon (pH neutre) et de tamponner avec du sopalin pour sécher sans danger.

La méthode Bepanthen

C’est celle que j’ai vu le plus fréquemment utilisée, et qui consiste à se tartiner la peau de Dexpanthénol (la version générique moins chere, dispo en pharmacie), et à mettre des vêtements par dessus.
Elle a un défaut tout particulier: la bepanthene, ça tâche, et j’ai dû balancer deux trois fringues suite à des périodes de cicatrisation. Entre l’encre et le gras du produit, les tâches ont du mal à partir au lavage.

La méthode artisanale

Par artisanal, comprenez que c’est le dexpanthénol qui disparaît, au profit d’un baume, très souvent vendu au salon de tatouage qui s’est occupé de vous. Il en existe énormément, mais j’ai personnellement testé la Scared Scar. Elle est très bien, mais le conditionnement était un peu petit pour le prix. Rien d’exorbitant non plus, mais après avoir vidé mon compte en banque contre un peu d’encre, j’avoue que mon porte-monnaie faisait un peu la gueule. Je me souviens également que l’odeur, pourtant très agréable pour le commun des mortels, me gênait un peu. Mais j’ai toujours eu du mal avec les huiles essentielles de fleurs, donc bon.

La méthode sèche

Je n’ai pas souhaité la tester, je suis trop fragile pour ça.
Cela consiste a ne rien mettre du tout sur la peau, et laisser le corps faire le boulot. Elle possède un défaut majeur, à savoir que si vous n’avez pas un environnement impeccable, donc typiquement si vous avez un travail, le risque de réaction voire d’infection est assez important. En effet, le tatouage est une plaie avant tout, tant que l’épiderme ne s’est pas refermé, c’est la journée porte ouvertes pour les bactéries.
Après, cette méthode a sûrement ses avantages, mais c’est la plus « violente ». A réserver à un usager averti donc.

La méthode en milieu humide

Celle ci consiste à mettre de la crème, de votre choix, puis à emballer la peau tatouée dans du cellophane. Je n’ai pas exactement les détails de durée d’emballage ou de la fréquence de son changement, parce que je n’ai pas testé celle ci.
Les seuls moments où ma peau s’est faite cellophaner, c’est en sortant du shop de tatouage, à patienter les quelques heures réglementaires avant le premier lavage délicat. Et ma peau ne respire pas, ça suinte, ça lymphe tant que ça peut, et ma peau rougissait même là où il n’y a pas d’encre, je considère donc que cette méthode ne m’est pas adaptée.

La méthode du Filet

C’est celle que j’ai le plus utilisé et qui me réussit le mieux. C’est un genre de croisement entre la méthode Bepanthen et celle en milieu humide, et cela consiste à se tartiner la plaie de pommade, puis de poser des compresses non-tissées stériles par dessus, et de faire tenir l’ensemble avec soit un filet tubulaire extensible, soit du sparadrap. Le filet n’étant pas enfilable sur une épaule typiquement, ou un dos par exemple, on dispose à la place du sparadrap pour tenir les compresses. Il faut changer le pansement avant et après toute activité sportive, valable également pour une grosse nuit de sommeil, donc ça revient vite un petit peu cher puisqu’il faut avoir un joli stock de compresses et de sparadrap. L’avantage c’est que ça ne périme pas, donc vous pourrez toujours réutiliser ces éléments pour toute autre type de blessure du quotidien.
Et là vous allez me dire « mais ho la la c’est génial! Est-ce trop beau pour être vrai? ».
Presque : pour certaines personnes, le sparadrap est relativement allergène. Et les versions dites « hypoallergéniques » sont encore pires en fait. Soit la colle ne tient pas et le pansement se barre au moindre mouvement, soit la colle tient nickel, mais la peau vient avec. Du coup cela devient tout un challenge que de trouver où poser le scotch médical sur une zone qui n’est pas encore abîmée.

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EN CONCLUSION :
Nous n’avons pas tous les même réactions et la même tolérance aux tatouages et aux différentes méthodes de cicatrisation. Chacun trouve ses petites astuces et fait sa tambouille personnelle.
Mais en règle générale, si vous avez pris le soin de choisir un·e bon·ne artiste tatoueur, faites leur confiance pour vous aiguiller dans la méthode qui vous conviendra à tou·te·s les deux !