Look at me standing

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Coucou les pipous !
En cette période de grosse chaleur, je voulais faire un rapide article pour les porteurs de binders.
Comme vous le savez certainement, un binder est principalement fait de coton et de spandex (elasthane/lycra), du coup ça tient particulièrement chaud. Surtout qu’on porte généralement des vêtements par dessus, donc on double l’effet sauna.

En ce moment à Bordeaux, au plus fort de la journée on tape dans les 38 degrés, et même à l’heure où j’écris ceci, soit environ minuit, il fait encore facilement 27 degrés. Ça nous annonce méchamment la couleur pour les trois mois à venir. Du coup, comment éviter de mourir? Voici quelques petites astuces pour vous permettre de tenir la distance durant la période estivale. Rien de bien révolutionnaire malheureusement, mais c’est toujours ça de pris.

1/ Restez à l’écoute de votre corps.
Ça peut paraître con, et moi-même je suis un des premiers à forcer. Mais en tant que porteur de binder régulier, il faut être bien attentif à ses propres limites. Quand vous sentez que vous commencez à suffoquer, à avoir la tête qui tourne, il est temps de l’enlever, car cela vous évitera un éventuel malaise.

2/ Lavage Fréquent.
Nettoyez votre binder au minimum tous les deux jours, je suis d’accord que ça demande pas mal d’organisation, notamment parce qu’un binder doit être lavé à la main, et qu’il faut idéalement en avoir plusieurs pour faire un roulement.
Mais le fait qu’il soit propre permet un certain confort supplémentaire, en terme de port et d’enfilage, comme en terme d’odeur. Parce que mine de rien, la vitamine T augmente pas mal le fait de transpirer. Et porter un binder qui daube n’est pas forcément quelque chose qui met à l’aise son porteur.

3/ Limiter le port.
Le mieux est de pouvoir ne le porter que certains jours, et pas durant la journée complète. J’ai le « privilège » de ne pas devoir aller au taff ou à l’école, et je sais que c’est compliqué lorsque l’emploi du temps est incompatible avec des pauses longues.
Mais ne portez votre binder qu’en cas de situation strictement nécessaire. Donc pas à la maison, éventuellement pas en compagnie des gens avec qui vous êtes suffisamment à l’aise pour être sans, et surtout JAMAIS quand vous dormez (mais ça c’est toute l’année). Évitez également lors de sessions de sport, où il faudrait privilégier une brassière un peu serrée, plus adaptée qu’un binder.
Si vous n’avez pas la possibilité de rester sans, faites quelques pauses, même de 5 minutes, où vous l’enlevez pour le remettre après. Histoire de respirer normalement l’espace de quelques instants.

4/Serrez vous les coudes.
Si vous avez des ami.e.s qui sont aussi porteur.se.s de binders, soutenez vous les un.e.s les autres dans cette épreuve qu’est la chaleur. N’écoutez pas les gens qui vont sans cesse vous demander pourquoi ne pas « juste l’enlever? ». Je sais combien la dysphorie c’est pas rigolo, et que c’est irrationnel. Croyez moi, je comprends, vraiment.
Mais prenez soin de vous quand même, et économisez vous, et surtout hydratez vous !

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C’est tout pour moi, je vous dis à très vite pour du nouveau contenu ! D’ici là, faites attention à vous, et aux gens qui vous entourent.

Discover something brand new

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Cet après midi, alors que je devrais être en train de m’activer à boucler mon dossier destiné au tribunal, j’ai décidé que plutôt que de tout faire dans l’urgence, je m’en occuperais dans la soirée et irais le déposer demain, et en cette fin d’après-midi, j’écris un article à la place. Mais ceci n’est pas en lien avec le sujet du jour. C’est juste ma volonté de préciser que mon sens des priorités est particulier.

Je voulais donc revenir sur une vidéo qui as beaucoup tourné sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, celle d’un certain Max Bird, intitulée « l’homosexualité expliquée scientifiquement ». Alors je vous arrête immédiatement, je me suis refusé à l’idée de regarder ladite vidéo. Et ce pour une raison très très simple que je m’en vais vous expliquer en quelques lignes.

Parce que c’est non seulement un concept absurde, mais c’est aussi un peu dangereux.
Voilà, c’est tout pour moi, bisou et générique de fin.

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Bon, d’accord, je m’étale un peu plus finalement.
Mais c’est bien parce que c’est vous et que je vous aime fort.

Alors, allons-y joyeusement. Pourquoi chercher à expliquer scientifiquement l’existence de l’homosexualité, au même titre que la transidentité, c’est complètement con?

Parce que ça revient à dire que l’hétérosexualité est forcément l’orientation sexuelle par défaut, ou que le fait d’être cisgenre c’est être nécessairement plus normal que d’être trans.
Or ce n’est pas une question de normalité, mais bien de majorité, d’un point de vue des chiffres tout du moins.

Si on considère que les personnes trans ne représentent qu’environ 1% de la population, et que donc c’est pas eux les normaux, on revient à dire que c’est le même problème pour les personnes rousses. Oh wait, on leur crache déjà à la gueule en fait.
Je vais changer d’exemple du coup.

Ça reviendrait à dire que la France, ou la Russie, ou les Etats-Unis, ça c’est des vrais pays. Mais que l’Australie c’est juste une minorité visible. Que si on ne choisis pas d’être Australien, on peut expliquer scientifiquement qu’est-ce qui nous pousse à devenir australien. La volonté de mourir plus vite à cause de la faune et la flore? Ou une préférence personnelle pour un accent à couper au couteau?
Je ne sais pas trop, mais on peut vous aider chers Australiens, il existe des groupes de thérapie, promis.

Voilà. C’est vraiment absurde. Et pourtant, c’est la rhétorique qu’on nous balance à la gueule avec ce genre de vidéos. Nous, personnes rassemblées sous l’acronyme LGBT+, ne sommes pas une erreur statistique à analyser. Nous ne sommes pas scientifiquement explicables, ni dissécables à grands coups de théories fumeuses pour justifier de notre existence en tant qu’individus.

Donc s’il vous plait, arrêtons de visibiliser ce genre de médias, que ce soit des vidéos ou des articles pseudo-éclairés, qui ont pour volonté de normaliser une violence scientifique à notre égard. Celle consistant à nous valider, de la même façon que des créatures rares et fascinantes.

Nous sommes peut-être moins nombreux que l’écrasante majorité cis-hétéro, mais nous n’en sommes pas moins une part intégrante de l’univers qui nous entoure.
Je ne suis pas une anomalie statistique.
J’existe. Et je compte bien en profiter.

At least I think I do

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J’ai de la chance, mais tout n’est pas parfait.

Concernant mes problèmes de santé, j’ai été pris en charge suffisamment tôt pour limiter les dégâts. Mais des difficultés subsistent. J’ai perdu une majeure partie de ma capacité d’attention et de mémorisation, ce qui m’empêche de pouvoir lire plus de quelques lignes d’affilée. J’ai bien évidemment quelques astuces, mais rien de miraculeux, et je suis vite contraint de stopper ma lecture d’un sujet trop long. Et ce n’est que le sommet de l’iceberg, mais je ne détaillerais pas aujourd’hui.

Concernant mon identité, j’ai la chance d’avoir une grosse partie de ma famille qui me soutient. Mais la part ne le faisant pas, est pesante, de par sa proximité affective. J’aurais pu me faire jeter dehors, mais j’étais déjà parti. J’aurais pu voir tous les ponts rompus, mais des mains m’ont été tendues.
Je ne suis pas en conflit ouvert avec ma famille non plus, mais je fais des efforts pour l’empêcher.

Je suis loin d’être isolé socialement, mais je demeure malheureux affectivement. Plus les choses avancent dans le bon sens, plus cette absence émotionnelle me pèse. Car plus ma vie s’améliore, moins il y a d’éléments pour m’en distraire.
J’ai conscience que ce n’est qu’une question de temps, mais plus celui ci s’écoule, et plus mon entourage enchaîne les compagnies agréables ou gravent celles ci dans la pierre de l’éternel. Jusqu’à que la mort vous sépare, si ma mémoire est bonne.

Plus ma vie avance, mieux les éléments s’installent. Bons comme mauvais. Je prends conscience de beaucoup de choses, je ne détourne plus les yeux. Mes vieux démons me hantent, et je leur renvoie leurs regards insistants. Un jour peut-être, parviendrais-je à m’en défaire.
Mais sans eux, serais-je aujourd’hui le même individu? Aurais-je rencontré les même personnes, vécu les choses différemment, appris les même leçons? Je l’ignore sincèrement.

Mon but n’était pas aujourd’hui de sombrer dans le mélodrame un peu tire-larmes. Simplement de faire un point, et de constater que si j’ai effectivement de la chance, tout n’est pas nécessairement parfait.

Look what you started

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Le mignon avant la colère.

Il y a de ces tournures de phrases toutes faites qui m’énervent. Y’en a même un paquet. Que ce soit des expressions que je ne saisis pas, du type « une fois n’est pas coutume », ou « je dis ça, je dis rien ». Bah si tu dis rien, tu n’imposes pas ton discours quand même en fait.
Mais aujourd’hui je pense à une tournure en particulier. Celle d’employer le mot « schizophrénique » pour parler d’un élément, d’une personne, d’une idée, d’une situation, subissant ou exprimant une dualité dans son concept.
C’est une formulation que j’ai souvent croisée, que ce soit dans des articles de presse, en ligne comme papier, ou dans la bouche de mes profs pour parler d’un point de grammaire Et ça me fait doucement hurler.

Un extrait du Nouvel Obs à propos du récent scandale autour de l’autre sac à merde.

Ça me fait grincer des dents parce que c’est un abus de langage, et une subtile stigmatisation supplémentaire qui n’est vraiment pas nécessaire. Celui d’associer forcément la schizophrénie au trouble de la personnalité, ou en termes plus simples : que cette pathologie se traduirait forcément par une personnalité multiple, un dédoublement de caractère etc.
Le simple fait de l’écrire en toutes lettres me donne envie de foutre mes mains au feu.

Petit rappel des bases : la schizophrénie est une affection psychologique, qui PEUT se traduire par un trouble de la personnalité, mais ce n’est pas une généralité. Le trouble de personnalité peut affecter un individu, indépendamment d’une éventuelle autre affection psychologique. En gros on peut avoir l’un sans l’autre, et vice versa.

Il y a autant de types de schizophrénies qu’il y a de personnes atteintes de cette maladie.
Et même s’il y a plusieurs grandes classifications dans la maladie, des genres de « type » de schizophrénie, il n’y a que très rarement deux patients identiques, même si les deux personnes ont exactement le même traitement, au dosage près, leurs habitudes de vie et leurs attitudes quotidiennes sont souvent clairement distinctes.

Et outre les différents sous-genre de cette affection, il y a aussi une question de degrés, et de gestion personnelle du traitement. J’ai déjà écrit des billets à ce sujet, sur le fait qu’il faut arrêter de basher les personnes sous médicaments. Pour me paraphraser, dans ce genre de circonstances, les médocs ne sont pas une béquille, mais bien une chaise, permettant de s’asseoir et de souffler un peu plutôt que de ramper jusqu’au prochain point de sauvegarde.

J’ai suffisamment vu les dégâts que peuvent résulter d’une prise chaotique des comprimés, et ce n’est pas beau à voir. C’est aussi particulièrement irresponsable.
Cependant je ne blâme pas forcément la personne qui doit avaler les pilules, mais aussi son entourage, soignant, familial, amical, qui ne parvient pas nécessairement à déceler une carence médicamenteuse. Mais bref. Je m’éloigne beaucoup trop facilement. Je disais donc.

Il y a bien évidemment des patterns communs dans cette maladie si particulière, comme celui d’être vachement plus sujet aux addictions (alcool, tabac, drogue et compagnie…), et d’avoir une grosse tendance à la dépression.
Et pour ce qui est du cliché de la violence, des études rapportent que les malades sont plus souvent dangereux pour eux-même (auto-agressivité), que pour les autres (hétéro-agressivité). Il y a bien évidemment des cas de violences envers autrui, et généralement ça fait vite la une des journaux locaux, mais ce n’est clairement pas la majorité statistique. Une personne schizophrène est bien plus disposée à s’auto-mutiler ou tenter de mettre fin à ses jours, plutôt que de se préoccuper de celles des autres.

Ma recommandation est donc de ne pas croire tout ce que vous lisez, même si c’est dans une publication qui semble super sérieuse et tout ça, et je maintiens cet avis me concernant, remettez les choses en doute, je ne détiens pas la vérité absolue.

Mais avant que cet article ne se termine en thèse sur cette maladie ma foi aussi complexe que fascinante, je conclurais rapidement.
La schizophrénie ne devrait pas être, que ce soit dans l’esprit collectif comme dans le langage commun, un synonyme de dualité. Mettez y tous les adjectifs que vous voulez, concernant l’irrationalité, le paradoxe, l’illogique totale, peu importe. Mais pas une équivalence à une idée double quelconque. Ah et foutez la paix aux bipolaires aussi.

C’est tout pour moi aujourd’hui, le bisou.