Run away if we must

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Oui bonjour c’est moi, la virilité.

Ces derniers mois, j’ai remarqué une nette différence de traitement par les gens plus ou moins inconnus vis à vis de moi, et particulièrement depuis que je présente différemment socialement parlant.

A l’occasion du 8 Mars, j’avais parlé de la notion de privilèges, mais aujourd’hui ce n’est pas tant une question d’avantages mais plutôt de perception, et de comportemental.

Avant, quand j’étais dans la rue tard le soir, que ce soit seul comme accompagné, il m’arrivait très fréquemment de me faire emmerder par des mecs plus ou moins ivres, plus ou moins dégénérés. Ça allait de la remarque désobligeante et/ou obscène jusqu’à me faire agripper ou simplement approcher par ces énergumènes. Si je ne me sentais pas spécialement en sécurité, il ne m’est rien arrivé de bien grave dans le contexte de la rue. Bon sauf la fois où un mec m’a suivi jusqu’à devant chez moi. Mais passons.

Mais dernièrement, depuis que mon cispassing correspond à mon identité profonde, j’ai remarqué une différence très marquée dans l’approche de ces même connards (appelons un chat, un chat).
Je suis l’un d’entre eux, enfin, pas vraiment, mais je fais partie de la race suprême des rois de la rue : le genre masculin.

Si je me fais bien moins emmerder quand je rentre de soirée, ça arrive néanmoins, mais la tactique d’abordage est subtilement grossièrement différente.
En effet, les gars se montrent beaucoup plus familiers avec moi. Je suis leur pote, leur frère, leur camarade. Donc ils ont tendance à vouloir me toucher, différemment d’avant, mais me toucher quand même. Me serrer la main, m’attraper par l’épaule, me taper dans le dos virilement.
Et je ne me sens pas spécialement plus en sécurité en attendant. Si avant j’avais la trouille de me faire violer, maintenant j’ai l’angoisse qu’on me cherche des noises gratuitement et de me faire casser la gueule sans raison.

Le problème, c’est que je n’ai pas changé de caractère entre temps. Je suis toujours ce mec timide, maladroit et gêné. Celui qui ne sait jamais trop comment réagir en société, y compris dans ce genre de circonstance.

Et pour illustrer cela, je vais relater brièvement ce qui m’est arrivé mercredi dernier.

J’étais en compagnie de Leo & Simon, et nous rentrions d’un enterrement, autant vous dire que l’état d’émotion c’était pas trop ça.
Et un mec nous a approché pour demander une clope, Simon et Leo ne fumant pas, il se tourne vers moi. Je ment en expliquant que je l’ai taxée à quelqu’un. Sauf que c’était une cigarette roulée que j’avais dans la main. Le mec ne me croit pas trop, donc j’argumente que c’est tout à fait possible de l’avoir taxée vu que quelqu’un avait du matos et que je sais rouler.
Il me demande donc de lui serrer la main parce que « c’est incroyable ». Il tend donc la main, et après quelques instants d’hésitation, je lui serre la pince assez mollement car pas trop rassuré ni spécialement convaincu par son geste.
Et alors que je rebaisse le bras, il me rétorque que ma poigne devrait etre plus ferme, donc il insiste lourdement pour que je lui re-serre la main d’une « meilleure » façon. Sauf que moi je ne voulais absolument pas, et je regrettais déjà d’être rentré dans son jeu et de l’avoir touché.

Il a donc fallu que Leo intervienne un peu violemment pour qu’il se barre et me foute la paix.

_

Et c’est là mon problème, je n’ai pas été éduqué comme un garçon, avec l’apprentissage de tous les privilèges que ça comprend. De ce fait, je suis socialement awkward (mal à l’aise/pas doué), et j’ai toujours des difficultés à me défaire de ce genre de situations.

Mais le hic c’est que je ne tiens pas spécialement à désapprendre mon caractère pour acquérir ce genre de familiarités. Certes, je souhaite obtenir plus d’aisance pour me sortir de ce type d’impasse, mais sans entièrement m’y perdre dans la foulée.
Je veux rester conscient de mes privilèges sans en abuser.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. A très vite !

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2 réflexions sur “Run away if we must

  1. Tu vois, je dis rien quand les meufs parlent de pas se sentir en sécurité dans la rue (et se faire violer, je pense que c’est une perspective bien pire que de se faire péter la tronche), mais j’ai jamais eu l’impression que mes chances de me faire agresser étaient moindres. Juste pas pour les mêmes raisons.

    Le seul moyen de se sentir en sécurité, c’est de savoir qu’on peut se défendre en cas de problème.

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