That ain’t satisfying me

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Un truc que je n’ai jamais compris, et ne comprendrais éventuellement jamais, c’est pourquoi l’adoption est considérée comme un choix secondaire, par défaut, faute de mieux, etc.
Pour exemple, quand on est enfant, c’est une insulte assez couramment utilisée : « de toute façon t’es adopté.e ». Et si cela est un indicateur d’à quel point l’adoption est mal perçue, c’est aussi une façon de faire comprendre aux enfants adoptés, qu’ils ne sont rien d’autre que des second-choix. Et ça me fait un peu hurler.

Arrêtez moi si je me trompe hein, mais tomber enceinte et garder le bébé, ça ne demande pas des efforts colossaux, sauf cas à part de souci de fertilité ou quoi, mais je vais laisser cela de côté pour aujourd’hui. Donc, faire des gamins biologiquement, c’est assez simple en soi. Alors qu’adopter par contre, c’est une autre paire de manches. Il faut avoir un dossier béton, et voir sa vie décortiquée par des travailleurs sociaux, et tout un tas d’autres personnes, des agents de l’etat etc, afin de s’assurer que oui, vous pouvez adopter. Sans même parler de ceux de l’autre pays si vous souhaitez adopter à l’etranger.

Du coup, après tous ces efforts, après avoir désiré cet enfant pendant de longs mois, voire des années, enfin, il ou elle est là, avec vous et votre compagne/compagnon de vie. Et pourtant, les gens, les autres enfants, la société, ont décidé de vous faire comprendre que cet enfant n’est pas le votre. Il n’est pas né de vos corps joints. Ce n’est rien d’autre qu’un rajout bancal. Il est étranger à votre ADN, et sera donc forcément moins aimé que s’il venait de vous « naturellement ».

C’est ça que je ne comprends pas, sous prétexte que le gamin ne partage pas votre sang, il est donc moins légitime? Moins légitime que celui d’un autre couple, qui est tout aussi possiblement un « accident »?
Non.

Juste, non. Moi je suis pour l’adoption, pour un paquet de raisons. Avant même de réaliser que je ne pourrais pas enfanter de mon propre corps parce que coucou les hormones, j’avais déjà décidé que j’adopterais. Parce que j’ai trop de soucis de santé pour qu’il soit raisonnable de jouer à la loterie de la biologie, et risquer de les transmettre à mon futur enfant. C’est hors de question.

Ça fait des années que je campe sur cette position, si moi et ma future compagne décidons d’avoir des enfants, ceux ci seront adoptés. Et ils n’en seront pas moins aimés, pas moins désirés, pas moins une part intégrante de notre famille sous prétexte qu’ils sont nés de quelqu’un d’autre. Parce qu’ils seront voulus, depuis la première minute d’une conversation qui résulte de la décision qu’éventuellement, on devrait agrandir la famille. Même si l’on doit se battre contre les administrations, même si c’est l’ultime test de patience et de volonté, mais l’enfant ne sera jamais moins légitime que s’il partageait notre sang.

Mais je suis peut-être naïf, et mal renseigné. Cependant, je vote pour que nous arrêtions de perpétuer ce rejet de la différence, quelle qu’elle soit.

2 réflexions sur “That ain’t satisfying me

  1. Dren

    Tout d’abord, je suis pour l’adoption, je ne pense pas qu’un enfant adopté soit moins aimé qu’un autre, ceci dit, je pense que ça touche à l’animalité, et aux moments forts vécus par le couple avec l’enfant lors de la grossesse, l’accouchement et les premiers mois, de la même manière que les gens qui vivent des traumatismes et des moments de bonheur ensemble se rapprochent. Je pense que c’est juste à considérer comme une différence, pas un manque ou une honte, mais un fait indéniable. De la même manière, le vécu de parents adoptants et d’enfants adoptés comportera des choses qu’un enfant « naturel » n’aura pas.

  2. o/
    Précision utile : une grossesse c’est pas si compliqué quand on est valide :)
    Quand on a commencé à envisager de nous reproduire, je pensais que ça allait être une super galère (à raison) et du coup j’ai commencé à me renseigner.
    Sauf que j’ai découvert que pour obtenir le fameux agrément pour adopter fallait se lever de bonne heure. Et que visiblement, le handicap était une raison bloquante, ou au moins de galère supplémentaire. Puis on doit avoir un logement « adapté » et assez grand (notre deux pièces n’est pas assez grand pour un enfant selon ces personnes). Puis faut de la thune, sa mère, comment ça coûte cher (idem pour les parcours PMA).
    Je ne regrette pas d’avoir renoncé pour porter l’Enfant, qui est un chouette individu, mais j’ai vécu 9 mois de calvaire, en me disant « non mais attends, il paraît que le deuxième trimestre c’est cool, j’attends, J’ATTENDS » entre douleurs physiques violentes, sans possibilité de prendre autre chose que du Doliprane et du Spasfon, un foetus qui avait déjà du mal à s’endormir sans faire de saut périlleux arrière en double flip, et un utérus hyper contractile qui m’a fait avoir de « fausses » contractions entre le 5ème et 9ème mois.
    C’est difficile aujourd’hui de dire que j’aurais préféré adopter parce qu’il est présentement sur mes genoux avec son doudou, heureusement qu’il ne sait pas encore lire.

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