Chroniques Queer #2 : James

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Bonjour à tou.te.s et soyez les bienvenu.e.s dans ce deuxieme épisode des Chroniques Queer !
Cette semaine, j’accueille James, une personne non-binaire AFAB. Il reviendra sur ces termes un peu plus loin dans l’article.

Photo non contractuelle.

Photo non contractuelle.

♦ Tout d’abord, comment définirait tu le cis-passing? Qu’est-ce que ça t’apporte toi personnellement?

► Pour moi, le cis-passing, c’est le fait d’être reconnu comme une personne cis dans l’espace public. Cela peut être valable pour une personne trans ayant commencé une transition et dont l’apparence reflète son genre (ou du moins quelques chose qui s’y rapproche pour les personnes non-binaires par exemple) mais ça peut aussi être valable pour les personnes trans n’ayant pas fait de démarche de transition parce qu’elles ne ressentent pas le besoin ou parce qu’elles sont obligées, un instant de leur vie, à se conformer à leur genre d’assignation.

Je suis une personne non-binaire AFAB (« Assigned Female At Birth » = Assigné fille à la naissance) sous traitement hormonal (testostérone) depuis un peu plus d’un an donc j’ai acquis un cis-passing d’homme. Quand bien même ça ne reflète pas réellement mon genre, ça s’y rapproche bien plus qu’avant et en premier lieu, je vois mon apparence se conformer davantage à l’idée que je me fais de moi depuis longtemps. Au début ça fait bizarre parce qu’en dehors de moi-même et mes ami.es, je n’étais pas habitué à ce qu’on s’adresse à moi par « Monsieur » + adjectifs au masculin etc. Quelque part, j’ai eu le sentiment que ce que je cachais dans mon petit cercle fermé commençait à s’étendre à tout le monde. C’est devenu presque… officiel. Même si bon voilà, les papiers d’identités, eux, restent inchangés.

Et puis je m’y suis habitué et ça passe quand même beaucoup mieux que si on continuait encore à s’adresser à moi au féminin. Alors ça m’apporte surtout beaucoup de joie. Chaque « Monsieur » d’inconnu.es est une petite victoire en soit !

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♦ Qu’est-ce qui as changé dans le regard/l’approche/le comportement des gens à ton égard depuis que tu est plus avancé dans ta démarche de transition?

► Un changement très flagrant c’est le fait de ne plus risquer d’agressions en fonction de mon genre. Étant perçu comme un homme dorénavant, on ne me siffle plus dans les rues, on ne fait pas de remarques sur mon physique etc…

Par contre, puisque je suis en couple avec un homme, je commence à bien ressentir les regards et surtout les insultes homophobes qui fusent. Nous ne sommes plus perçus comme un couple hétéro et ça se ressent aussi.

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♦ De quelle façon ton état d’esprit a changé quand tu te déplaces dans l’espace public? Y’a-t-il des attitudes personnelles que tu as dû changer? [Pourquoi?]

► Mon état d’esprit n’a pas changé. Je pense que j’ai acquis tellement de mécanisme de défenses face aux harcèlements dans la rue que lorsque je me retrouve seul face à un homme dans l’espace public par exemple, je peux pas m’empêcher d’avoir peur. Alors que… Je ne risque plus rien en fait.

J’ajouterai plus généralement que malgré le fait d’arriver à se « fondre dans la masse » des hommes cis, il m’est encore difficile de me sentir à l’aise au milieu d’eux. Il y a à la fois mon vécu passé où j’ai été perçu en tant que femme et mon vécu actuel d’homme perçu en tant que gay qui font qu’entendre des blagues sexistes et/ou homophobes durant des conversations lambda entre z’hommes me font vraiment tiquer. Et c’est difficile de réagir face à ça dans la mesure où quelques part, j’ai peur d’être outé en tant que personne trans et/ou homme aimant les hommes. Ce qui pourrait m’amener de gros ennuis.

Le fait d’avoir un cis-passing amène aussi d’autres soucis : l’administration et toutes situations où tu te dois de justifier ton identité par tes papiers d’identités (jusque-là non conforme à mon apparence). Je vais par exemple me retrouver avec une carte SNCF où figure une photo de monsieur barbu et un magnifique prénom féminin qui ne colle pas du tout. Les agent.es administratifs.ves aussi qui te disent « bonjour Monsieur », visionne ta carte d’identité ou ta carte vitale et font des tronches surprises et finissent par « aurevoir Madame ». Je n’ai pas encore eu affaire à cette situation mais je suis d’ores et déjà très stressé à l’idée de devoir récupérer un colis à la Poste.

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♦ Un dernier mot? Un conseil peut-être?

► J’ai juste envie d’ajouter que le cis-passing n’est pas quelque chose d’automatique ni de recherché par toutes les personnes trans. Car la transition (ou non-transition) est au choix de chacun.e. Mais je dois avouer qu’il nous protège parce que si les personnes cis dans l’espace public ne se doutent pas de notre transitude, on est moins exposé.e à une agression transphobe. On a le choix alors entre s’invisibiliser et se préserver ou être visible mais se rendre vulnérable à de possibles agressions.

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When you believe

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J’y ai souvent fait référence, mais quand j’étais enfant, ma mère était Témoin de Jéhovah. Et je voulais aujourd’hui, revenir un peu sur ce que ça impliquait, parce qu’on entend tout et son contraire sur le sujet. Je parlerais de « TJs » dans cet article, par souci de simplicité.

Un truc que j’ai beaucoup entendu étant petit, c’est que ce que l’on ne connait pas ne peut pas nous manquer. Je tends à être convaincu du contraire. Même sans savoir ce qu’impliquait fêter son anniversaire par exemple, j’effleurais quand même du bout des doigts ce que cela représentait. L’argument principal du pourquoi on ne le fête pas chez les TJs, et accrochez vous bien parce que c’est du gros gros flan : c’est qu’en fêtant son anniversaire, on est mis sur un piédestal, or c’est là la place de Dieu, et nous devons rester humbles. Donc pas de gâteau, pas de bougies, pas de chanson, pas de cadeaux.
Même si j’en suis sorti il y a longtemps, ça a laissé certaines traces, par exemple je suis tout spécialement mal à l’aise en entendant la chanson « joyeux anniversaire ». Je suis incapable de la chanter, et j’arrête promptement les gens quand ils essaient de me la chanter.

Vous allez me dire, pourquoi ne pas me rebeller plus tôt ? Pourquoi me suis-je laissé entraîner dans ces conneries jusqu’à mes 14 ans ? Quel a été l’élément déclencheur ?

Etant à l’époque socialement considéré comme une fille, le fait de moi-même avoir un crush sur une autre fille m’a fait réaliser que quelque chose clochait. Et c’est seulement à ce moment là que j’ai souhaité m’éloigner de la religion de ma mère pour commencer à réfléchir par moi-même. Bon bien évidemment, j’ai d’abord considéré être profondément un monstre pendant deux ans, et ça a été très dur. Parce que si j’étais déjà habitué à être différent des autres enfants, je n’avais jamais eu le besoin de vivre dans le mensonge vis-à-vis de ma famille.

Parce que les TJs c’est ça : l’isolement. Avec un programme étalé sur la semaine avec au moins deux réunions de 2h, plus l’étude de livre, et l’espèce de parrainage éducatif religieux dont j’ai perdu le nom, plus la prédication le weekend (quand ils viennent faire chier au porte à porte vous savez). Ça fait déjà au moins 5 jours dans la semaine où tu consacres quelques heures de la journée à cette religion. Et mine de rien, avoir une action quasiment quotidienne relative à une pensée religieuse, ça te force implicitement à centrer ta vie autour de ça. Surtout quand tu es jeune, et que tu es particulièrement sensible au regard que l’on te porte, et affecté par la pression de la congrégation (groupe de TJs local si vous préférez).

Parce qu’à force de côtoyer les mêmes personnes plusieurs fois dans la semaine, tu crées du lien, tu t’attaches plus ou moins à certain.e.s, et tu accordes du crédit à leur opinion à ton égard. Et c’est là que ça devient dangereux. Parce que eux c’est des adultes, établis depuis longtemps dans leur foi, et que leur avis est conséquemment influencé par cette religion. Et que tu as conscience que le moindre écart de ta part, t’apportera des mauvais points de réputation, non seulement à toi, mais surtout à ta famille. Et tu ne veux pas être la source de honte de ta maman.

Etre TJ, c’est avoir une sur-conscience de sa réputation, devoir faire gaffe à tout un tas de trucs qui pour les non-TJ sont bénins. Je ne vous parle pas de trucs genre avoir des rapports hors mariage ou prendre de la drogue hein, non, des trucs bien moins graves, comme fumer des cigarettes, boire de l’alcool, ou flirter. Parce que flirter c’est le premier pas glissant vers la fornication, pour finir par aller en enfer tout ça.

Et respecter Dieu passe par tout un tas de trucs tous plus absurdes les uns que les autres. Du genre ne pas lire certains contenus, ou voir certains films. Par exemple, quand le premier Harry Potter est sorti au cinéma, ma maman a refusé de signer l’autorisation de sortie de l’école, parce que la magie c’est de la sorcellerie, et la sorcellerie c’est pour les engeances du démon.
Autre exemple : les Schtroumpfs, j’avais la collection quasiment complète. Ma maman a fait un grand feu avec les BDs, à l’arrière du jardin, parce que c’est des petits lutins bleus démoniaques, et que Gargamel fait allusion à Satan. J’avais à peine 10 ans.

Je parlais plus haut de l’isolement. Quand j’étais enfant je n’avais pas vraiment d’ami. Parce que j’étais « bizarre ». Parce que les croyances de ma mère influençaient mes choix, quand il y avait un anniversaire d’un camarade fêté en classe, personne ne me surveillait pour être sûr que je ne m’implique pas dans les festivités. Parce que je m’éloignais de moi-même de toute forme de participation. Parce que j’avais la trouille que ma maman ne l’apprenne. Donc je restais au milieu des autres élèves, qui chantaient, mangeait du gâteau, partageaient les bonbons. Et moi j’attendais que ce soit fini, patiemment. Des fois j’allais même dans le couloir entre les salles de classe, à lire un livre en attendant que ça se termine.

J’étais trop petit pour être réellement croyant, mais j’avais le cerveau suffisamment brainwashé pour me tenir à carreau de moi-même. J’étais même capable de réciter des arguments appris par cœur au pourquoi je ne fêtais pas mon anniversaire, ni celui de quelqu’un d’autre.

Je me sentais effroyablement seul à l’époque. Les autres enfants se moquaient de moi, pour tout un tas de raisons, mais surtout parce que j’étais différent d’eux. Du coup, aller aux réunions des TJs, c’était me retrouver entouré de personnes qui, j’en étais convaincu, comprenaient ma différence, étaient comme moi, étaient là pour moi. Même si je savais qu’au moindre écart de comportement, ils me tourneraient le dos.

Je mentirais en disant que je n’en ai rien retiré de bon. Sur la théorie, grandir entouré par les TJs m’a apporté certains codes de conduite, certaines valeurs, certains alignements moraux.
Mais je mentirais aussi en disant que je n’en ai retiré que du positif. Ça m’a aussi construit en étant criblé de doutes, d’angoisses, de manque de confiance en moi et de la crainte du regard d’autrui.

Si je voulais écrire ce pavé imprévu aujourd’hui, c’est parce que j’estime que j’en ai besoin. Il existe déjà une foule de témoignages de personnes ayant grandi chez les TJs, mais je voulais apporter le mien, pas pour justifier quoi que ce soit, mais parce que ça me libère un peu, quelque part.

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PS : Merci de ne pas cracher sur ma maman dans les commentaires, elle a fait des erreurs, elle en a pris conscience, je lui ai pardonné depuis. Et elle est même un soutien familial dans ma transition. Donc elle aussi, elle a grandi.

Chroniques Queer #1 : Camille

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Comme annoncé avant-hier, soyez les bienvenu.e.s dans ce premier épisode des Chroniques Queer !
Pour inaugurer cette série d’article, j’ai invité Camille, une jeune femme de mon entourage, qui a accepté de répondre à mes questions. Je la remercie d’ailleurs pour sa patience et son témoignage.

Photo non contractuelle.

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♦ Tout d’abord, comment définirait tu le cispassing? Qu’est-ce que ça t’apporte toi personnellement?
► Le cis-passing littéralement, c’est le fait de « passer pour une personne cis » bien que je n’aime pas du tout cette définition. C’est simplement le fait de correspondre suffisamment aux standards du genre féminin ou masculin pour qu’on ne soupçonne pas qu’on puisse être une personne trans.

Attention, ce n’est pas le fait de correspondre ou non aux stéréotypes de son genre assigné, par exemple une femme assignée femme à la naissance et qui n’est pas très féminine selon les standards de la société ne passe pas pour une personne trans pour autant.
Le cis-passing c’est quand on a été assignée homme, qu’on est une femme, et que les gens ne voient plus qu’on ai été assignée homme, cela même si on s’habille de manière pas du tout féminine, et vice-versa pour les mecs.

Je n’aime pas la définition de « passer pour une personne cis » parce que ça impliquerai qu’en tant que personne trans, nous devrions avoir tel ou tel traits physiques qui nous différencieraient des filles ou des garçons cis, ce qui est un préjugé.
Avant ma transition et avant de pouvoir assumer dans l’espace public certaines parts de moi même, j’avais un cis-passing en tant qu’homme, et maintenant en tant que femme. Enfin, je l’espère et j’y travaille. Ce que ça m’apporte, si on met de côté le regard des autres, c’est un équilibre et une paix avec moi même et mon corps. Mon genre profond étant « femme », le fait que mon apparence extérieure et que mon genre social corresponde de plus en plus à ce que je suis, me sort de mon état de conflit d’identité que je subis depuis mon enfance.

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♦ Qu’est-ce qui as changé dans le regard/l’approche/le comportement des gens à ton égard depuis que tu est plus avancée dans ta démarche de transition?

► J’ai répondu en omettant le regard des autres et de la société à la question précédente, mais il est clair qu’il est extrêmement lourd quand on fait une transition.
Il y a plusieurs façon de faire une transition de genre socialement : On peut se cacher pour rester socialement dans son genre assigné le temps d’avoir un cis-passing dans son véritable genre et se révéler aux autres par la suite, ou alors d’abord se révéler et ensuite évoluer sur son cis-passing (ce qui n’est pas obligatoire : certaines personnes ne veulent ou ne peuvent pas avoir de cis-passing et vivent dans leur genre quand même.)

Personnellement, j’ai commencé à revendiquer mon genre féminin juste avant d’entamer mon traitement hormonal. Tout d’un coup j’ai décidé de jeter mon cis-passing masculin, ce qui m’a rendue assez visible aux yeux des autres en tant que personne trans. Le regard des autres, lorsque on est une femme trans en début de transition est particulièrement dur. J’ai vécu un véritable choc social, bien plus que lorsque j’ai appris à mon entourage que je préférais les hommes. Dans la rue, je me suis prise pas mal d’insultes, des gens qui se moquent de moi en me montrant du doigt, des gens qui me prennent en photo dans le tram, des gens qui se rapprochent de moi et qui s’écrient « ah oui c’est bien un mec ! », des gens qui ont un regard dégoûté, ou simplement les gens qui me dévisagent…

À la fac c’était énormément de choses horribles racontées sur moi (je ne suis pas sourde et dans l’amphi on entend bien), des anciens collègues qui m’évitent ou qui se tapent un fou rire quand la prof dit « ah mais c’est bizarre j’avais que 2 filles inscrites dans ce groupe » etc … Plus j’ai avancé dans ma transition, moins j’ai été visible en tant que personne trans et moins j’ai eu ce genre de soucis de la part d’inconnus.
C’est un soulagement tellement grand, quand je pense qu’il y a quelques mois tout le monde se permettait de commenter mon existence dans la rue et que maintenant les gens ne font plus gaffe à moi (malgré le fait que je subis du sexisme maintenant, mais je le gère beaucoup mieux que les « sale travelo » …). A la fac, j’ai redoublé ma M1, principalement parce qu’une partie de ma promo et que mon prof encadrant se foutaient ouvertement de moi, ce qui fait que je suis avec une promo qui m’a pas vue « avant », et j’ai aussi réussi tant bien que mal à faire changer mon prénom d’inscription. Je ne sais pas si les gens savent que je suis trans ou non mais l’ambiance est nettement moins lourde, et il y a même des gens qui osent m’approcher pour qu’on bosse ensemble!

Globalement, même si certaines personnes savent que je suis trans, je subis vraiment moins de rejet maintenant que j’atteints les 2 ans de traitement hormonal.
Quand on commence à avoir un cis-passing, il y a aussi la satisfaction de se faire genrer correctement de manière spontanée. Au début, je pleurais de joie intérieurement à chaque fois qu’un.e inconnu.e me disait «madame» ou «mademoiselle». Ce sont des petites victoires qui ont une importance énorme pour notre identité. Maintenant j’y suis habituée (ce qui est génial !), mais j’ai toujours une terrible angoisse que les gens se remettent à me dire «travelo» dans la rue, ou à me dire «monsieur». J’ai énormément gagné en confiance en moi mais ma transition est trop récente pour que je sois débarrassée de mes angoisses.

Une dernière chose : J’ai vu passer un dessin sur Twitter il y a quelques jours, qui fait assez mal parce que c’est -exactement- le regard général que les gens (surtout les mecs en fait) portent sur nous, et cette réaction là, je l’ai vécue des dizaines et des dizaines de fois par jour :

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♦ De quelle façon ton état d’esprit a changé quand tu te déplaces dans l’espace public ? Y’a-t-il des attitudes personnelles que tu as dû changer ? [Pourquoi?]
► Au début de ma transition il y a beaucoup de trucs sur lesquels j’ai travaillé pour paraître plus féminine. Je me maquillais tout le temps, je faisais attention à laisser le moins d’ambiguïté quant à mon genre vestimentaire, etc … Aujourd’hui j’ai beaucoup plus de libertés : je me maquille bien plus rarement, je porte parfois les t-shirt de mon copain, et finalement j’agis bien plus naturellement. Le cis-passing est un moyen pour moi de m’exprimer plus naturellement sans craindre la transphobie ou les remarques blessantes. J’ai encore un « souci » avec ma voix, j’en suis consciente. C’est un de mes plus gros regret, de ne pas être encore arrivée à avoir une voix très féminine. Du coup, je fais attention à ne pas trop parler au milieu d’inconnus. Mais j’ai quand même de moins en moins de problèmes liés à ça. Je ne sais pas si c’est parce que ma voix s’est adoucie naturellement (ce qui est fort possible : la voix c’est aussi énormément de mental) ou parce que mon passing physique contre-balance ma voix un peu grave. En bref je dirai qu’au début on doit beaucoup en faire pour espérer un cis-passing, mais que plus on en a un, plus nous pouvons être nous même sans crainte.

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♦ Un dernier mot? Un conseil peut-être?

► Pour finir je dirai que notre rapport avec notre cis-passing ou non, c’est quelque chose de très personnel. À moi, il me permet d’être moi même, d’exprimer mon identité, mais pour d’autres personnes, ielles ne seront peut être pas vraiment à l’aise avec un cis-passing. Je pense que le plus important c’est de faire correspondre son identité sociale à ce que l’on est au fond, et ce qu’on aime exprimer. La société est vraiment très dure envers les gens sans cis-passing et les personnes trans ou travesties (qui n’a jamais entendu de blagues sur les « travelos », sur le bois de Boulogne, les «ladyboys » évoquées dès qu’on parle de la Thaïlande…). C’est important de se protéger mais protégeons aussi nos frères et sœurs (et autres) qui n’ont pas le privilège d’être «stealth». (terme signifiant furtif, invisible [en société])

 

Don’t hold your breath

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Bon matin tout le monde ! Oui, il est 11h, vous ne l’attendiez pas, mais me revoilà deux jours de suite avec un billet. Par contre celui d’aujourd’hui est écrit à l’arrache avec à peine une relecture.

Je viens de recevoir par voie postale mon tout nouveau binder, et laissez moi vous dire que je suis très heureux. Je cache ma joie, parce que multiplier les points d’exclamation ça fait un peu kikoo.

Donc. Comme vous le savez déjà, je suis un grand fan des binders de chez GC2B. Et après plus d’un an et demi à utiliser les deux même, j’ai enfin pu en commander un nouveau, grâce à une amie dont je tairais le nom mais qui se reconnaîtra (mille merci!).

Et bah patate, j’avais oublié ce que ça fait d’enfiler un binder neuf. Mes habituels, je les enfile en 3 secondes, montre en main. Allez, disons 8 secondes le temps de l’ajuster. Mais là, le neuf, j’ai mis deux bonnes minutes à galérer les bras en l’air, à tenter d’atteindre le tissu autour de mes épaules.
Et une fois que j’ai enfin réussi à l’enfiler, pfou, j’ai redécouvert la vraie qualité de compression de cette marque. Les anciens étant carrément détendus, ça m’a fait bizarre d’avoir un torse aussi plat à nouveau. J’ai pris l’habitude d’avoir de légères bosses avec les vieux binders, comme je suis assez massif ça n’a rien de choquant d’avoir un peu de gras à cet endroit.

Mais là, c’est limite miraculeux, rien, pas un pet de mou qui dépasse. Sans compter qu’ils ont mis à jour leur gamme, du coup, les coutures sont placées différemment, il y a moins de jeu au niveau des épaules et du col, et les « bretelles » sont beaucoup plus larges que sur les anciens modèles que je possède.

Autre note intéressante, la partie en tissu épais qui plaque est désormais noire, et non plus blanche, ce qui va le rendre moins salissant à l’usage, ce qui n’est pas négligeable.
J’ai aussi l’impression que le tissu dans la partie dorsale est plus fin. Pas forcément plus fragile, mais il respire beaucoup plus. Je retrouve vraiment le confort d’un bon binder.

Pour finir, je rappelle qu’il ne faut pas dormir avec un binder, et qu’il faut éviter de porter ceux ci plus de 8h de suite, sinon gaffe au malaise. Restez à l’écoute de votre corps, et sachez faire la différence entre l’inconfort et la douleur. C’est tout pour moi, bisou !

J’oubliais, voilà une photo mal prise d’un de mes vieux binders et du nouveau côte à côte. J’ai aussi fait des photos de port comparé, mais je ne suis pas assez à l’aise avec mon corps pour les poster. Voila !

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Don’t give up

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Depuis peu, mon cispassing s’est suffisamment amélioré pour que je passe physiquement pour qui je suis dans le dedans. Je pense que la voix joue pas mal sur le sujet, mais je ne me pose pas trop la question.

De ce fait, quand je vais dans mon bar de prédilection, je suis souvent amené à discuter avec des gens que je ne connais pas, et surtout qui ne me connaissaient pas il y a encore quelques mois/années. Et les gens ne se posent pas un instant la question de savoir si je suis cisgenre ou non. Et, ça fait un bien fou en fait. Je ne suis pas juste réduit à mon identité, je ne suis pas juste « le trans de service » à qui on va pouvoir poser toutes les questions qui brûlent nos lèvres.

C’est reposant, cette invisibilité. Faire partie de la masse grouillante au lieu d’être un freak show ambulant, est d’un confort absolu. Pas besoin de se justifier pendant un quart d’heure sur le fait que oui, je suis effectivement qui je « prétends » être. Et personne pour m’engueuler parce que je suis mauvaise ambiance sous prétexte que j’en ai marre de répondre aux questions, toujours les même généralement, et fréquemment hyper intrusives.

Du coup, pour l’occasion, j’ai invitée plusieurs ami.e.s à répondre à quelques questions, que j’ai préparées à l’avance. Parce qu’elles et ils vivent la situation, plus ou moins similaire, depuis plus longtemps que moi.

C’est donc avec cette introduction de 20 kilomètres que je vous propose pour les prochaines semaines à venir, à raison d’une sortie par semaine, entre les autres billets s’il y en a, une série d’articles sur la vision personnelle du cispassing et de ses conséquences dans l’espace public. Le tout raconté par des personnes concernées, à divers degrés du spectre du genre.
Les questions seront quasiment toujours les même, à quelques mots près, mais la palette d’individus permettra de varier et d’offrir des horizons de réponses différentes, pour plus de richesse dans les opinions, afin de ne pas avoir, comme chaque fois, juste MON avis sur le sujet.

PS: A la base je voulais sortir tout ça en novembre, et appeler ça le NO-SHAME November, mais faute de motivation et dû à plusieurs contretemps, la série atterrit à l’arrache à cheval sur janvier et fevrier. Cette série d’articles devait également être publiée sur un autre site que le mien, mais l’opportunité s’est complexifiée suite à divers soucis en interne. Donc faute de meilleurs auspices, j’espère ne pas perdre mon lectorat habituel, et je publie ça à la maison.

Rendez vous donc mercredi pour le premier épisode des Chroniques Queer !

[Episode 1 : Camille
Episode 2 : James
Episode 3 : Heloïse
Episode 4 : Sacha
Episode 5 : Charlie
Episode 6 : Alix
Episode 7 : Grand Final]