2016, l’année des fraises

Par défaut
OUAIS C'EST ÇA, CASSE TOI !

OUAIS C’EST ÇA, CASSE TOI !

Je peux affirmer sans trop me planter, que j’ai survécu à 2016. Il y a des décès tous les ans, mais cette année tout particulièrement, m’a touché personnellement. Outre David Bowie, Alan Rickman, Pete Burns, Georges Michael et Carrie Fisher, pour n’en citer que quelques uns, 2016 a aussi apporté son lot de deuil du côté de ma vie privée. Je l’écrivais début février, mais j’ai perdu quelqu’un que j’aimais beaucoup, et aujourd’hui encore, j’en ai les larmes qui me montent aux yeux.

Mais aujourd’hui, j’ai pris la décision de relater ce qui m’est arrivé de positif cette année, parce que s’apitoyer sur son sort ne fait pas avancer la marchandise avant les bœufs, un truc du genre.

Cet article abordera deux plans : le point de vue du blog, et l’approche plus personnelle de cette cuvée 2016. Et je dois vous avouer que j’ai particulièrement séché pour trouver des trucs vraiment intéressants à dire. Notamment parce que j’ai une mauvaise mémoire, mais aussi et surtout parce que y’a des trucs dont tout le monde s’en fout un peu quand même.
Mais trêve de spoilers, attaquons.

En cette année des fraises, le blog a pas mal bougé, il a d’abord changé de nom en début d’année, une subtile lettre de changée qui a fait toute la différence. Sur la page FB dédiée au blog, pour suivre toutes mes aventures en temps réel (abonne toi !), on a gagné 39 followers, en passant de 115 à 154. Le pic a été de 156, mais des gens ont du partir en route. Chaque nouvel abonné se fait équilibrer par un départ, c’est un truc dont j’ai du mal à saisir le fonctionnement, mais soit.
Un total de 59 articles ont été rédigés, et donc 60 si on prends en compte celui que vous êtes en train de lire, soit un ratio d’un peu plus d’un article par semaine, et ce score m’enjoie assez.

En fin d’année également, un de mes articles a été relayé sur Simonae, et le lien a été retweeté par Ginger Force, une youtubeuse que j’affectionne tout spécialement. D’autant que ce fut un des articles de 2016 qui m’a demandé le plus de boulot, donc j’étais content.
Pour finir sur cette première partie, le total des visites du blog sur l’année complète a été d’environ 9600. Et c’est franchement cool.

D’un point de vue purement personnel, il m’est arrivé un paquet de trucs cette année. Bon, outre ma transition dont je vous bassine à longueur d’articles, je tiens quand même à souligner que je suis passé du coming out intégral, famille au complet incluse; à la quiétude et la tranquillité du confortable cispassing. Parce que après tout, mon intimité ne regarde que moi, tout ce qui importe pour les autres, c’est de ne pas remettre en doute mon identité de garçon.

Cette année j’ai aussi fait un peu de modification corporelle, ma sœur [de sang] (dont c’est le métier hein) m’a fait mon septum (l’anneau au milieu du pif), et j’ai fait encrer ma peau par deux fois par mon frère [de choix]. J’ai aussi pas mal bougé physiquement, en changeant ma monture de lunettes, en optant pour du bois, parce que c’est vachement confortable mine de rien. J’ai également changé de cheveux un paquet de fois, entre les coupes et les parties en couleurs. Par contre je vous rassure, ma garde-robes n’a pas perdu de sa coolitude, et cette année encore, j’ai agrandi ma collection de tee-shirts de l’awesome.
Et si j’ai dû arrêter d’aller à la salle de sport en milieu d’année, j’ai pu récupérer un vélo pour pédaler furieusement dehors, et j’ai même réussi à perdre plusieurs kilos malgré l’arrêt de la salle.

Enfin, j’ai achevé de me hipsteriser un peu plus, car après l’achat de mon appareil polaroïd en 2015, cette année j’ai acquis ma petite collection de vinyles, avec de quoi les lire bien évidemment.
Ah et maintenant, je suis en follow mutuel avec Dame Fanny sur Twitter, et c’est un peu la classe quand même.

_

Pour conclure, ce fut une année difficile, riche en rebondissement, mais emplie d’amour au sein de mon cercle d’amis, très proche comme occasionnel.
Je me suis affirmé, j’ai gagné en swag et je suis toujours bien entouré.

Pour terminer pour de vrai, voici mes vœux pour 2017 :
Je vous souhaite à tou.te.s une excellente année, qu’elle vous apporte autant de joie que de niaiserie, de l’amour par brouettes pleines et des briques de bonheur.
Suffisamment pour subsister confortablement, et toujours plus de meilleures nouvelles !
Amour sur vos têtes. ♥

 

Publicités

Firewatch

Par défaut

Après en avoir entendu parler pendant des semaines sans parvenir à savoir de quoi ça parlait exactement, j’ai acquis une copie du jeu Firewatch début Juillet 2016. Là où je me rends compte que je me lance constamment sur beaucoup trop de jeux vidéos à la fois, c’est que j’ai fini le titre il y a une demi heure à peine, au moment où j’ecris cet article tout du moins.
Pour un run total de 5h, que vaut donc Firewatch, du studio Campo Santo ?

firewatch-600x250

Le pitch : Nous sommes durant l’été 1989, vous incarnez Henry, qui suite à des tribulations expliquées durant l’intro que je ne spoilerais pas, se retrouve à jouer les garde-forestier dans une zone sauvage du Wyoming.
Votre seul contact avec le monde extérieur se trouve être votre supérieure hiérarchique, qui communique avec vous par talkie-walkie. Alors que l’été devait s’avérer assez calme, une série d’événements étranges commencent à mettre tout le monde à cran.

Les caractéristiques principales : C’est un croisement entre un simulateur de randonnée et un générateur de dialogues absurdes, le tout en vue à la première personne. Ça sonne nul comme ça mais laissez moi élaborer.
A l’aide de votre carte de la zone et d’une boussole, libre à vous de vous perdre, ou de suivre à la lettre les indications d’objectif communiqués par votre boss, mais en vous perdant quand même au passage hein, parce que les boussoles ça vaut pas un bon GPS. A chaque élément inhabituel que vous croiserez, vous pouvez en tenir informée votre patronne, qui ne se privera pas d’une remarque particulièrement sarcastique. Comme vous êtes nouveau dans le métier, elle se permet même quelques piques acides de temps à autre, face à votre étonnement sur des choses quotidiennes pour elle.
Au fur et à mesure que les jours avancent, les événements se font plus nombreux, et le mystère autour des lieux s’épaissit. Serez vous à la hauteur pour en dénouer les raisons? Peut-être. Allez-vous vous péter une cheville parce que vous êtes une quichasse en escalade? Peut-être.

extra65156L’avis général : Firewatch est un jeu où le temps semble s’égrainer tout doucement par moments, ou au contraire vous coller un stress pas possible à d’autres. Alliant les moments de calme et d’admiration des différents paysages plutôt agréables, aux légères énigmes à résoudre avant de courir pour sa vie jusqu’au poste d’observation. Mais dans l’ensemble on passe surtout son temps à se promener en espérant ne pas se faire attaquer par un ours au coin d’un buisson. Je spoile mais on ne croise pas d’ours en vrai.
J’ignore si c’est mon investissement personnel dans les jeux en général, mais plus l’histoire avançait, plus je flippais comme un abruti au moindre bruit de branche. Le fait que le jeu soit en vue à la première personne n’aide pas, et a cette tendance à me faire angoisser pour rien et me retourner en permanence, au point de courir en longeant les murs.

L’intérêt du jeu : Il réside surtout dans les dialogues avec votre boss, qui ne manquent clairement pas de sel. L’histoire en elle-même ne casse pas des briques, mais sait instaurer une ambiance tout du long, de plus en plus prenante et en même temps assez pesante. La musique aide beaucoup, un certain passage dans un environnement où ça ne capte plus m’a filé des petits frissons.

Mais dans l’ensemble, pour ceux qui se demandent, le jeu ne fait pas particulièrement flipper en soi, et il n’y a pas de jumpscare.

_

Le mot de la fin : D’un point de vue purement pécunier, le jeu ne vaut pas les 20 balles qu’il en coûte en full tarif sur Steam. Ok la musique est sympa et l’ambiance général est très cool. Mais 20 balles pour 5h de jeu, on est du même niveau d’abus financier que pour Gone Home.
Mais si vous le voyez passer en solde et que vous cherchez un moment de calme vidéo ludique, procurez vous Firewatch sans hésitation.

Prenez le temps d'admirer la vue.

Prenez le temps d’admirer la vue.

It’s not gonna happen

Par défaut

no-intimacy

Aujourd’hui, on écarte les jeunes yeux de cet article, parce qu’on va parler de fesses! Bon, pas tout à fait en vrai. Mais on va parler de mon rapport à ce sujet. Allons-y, c’est parti !

Pour être tout à fait honnête, la sexualité, c’est quelque chose de délicat pour moi. Outre le fait que je n’ai pas d’activité fréquemment de ce côté là, plus le temps avance, et plus je suis mal à l’aise avec le sujet.

Je ne m’auto-proclame pas ace (asexuel), mais je soupçonne d’être dans la zone grise, pour deux raisons principales. En premier, parce que je supporte assez mal d’entendre parler de la sexualité des autres. Et en second parce que si j’ai effectivement des envies, des pulsions, elles ne sont jamais ciblées. Ce n’est pas extérieur, ça vient uniquement de moi. Et si soudainement une personne que j’apprécie me dit « viens on fait des fanfreluches! », je vais sûrement préférer me resservir une deuxième tasse de café, en tremblant comme un blender.

Je me suis souvent dit que si je n’aimais pas, mais alors vraiment pas, entendre parler des aventures des autres, c’était par jalousie de ma part. Mais le sentiment n’est pas là. Ça me met simplement très mal à l’aise. Le pire étant quand je suis dans une situation où j’entends des gens fanfrelucher. Je ne sais pas où me mettre, je n’arrive pas à garder le fil de la conversation, et j’ai juste envie de partir loin du bruit. Il m’est déjà arrivé d’être coincé dans un lieu où des gens faisaient du bruit dans la pièce à coté, et de me mettre à silencieusement pleurer de longues minutes, par sentiment d’être pris au piège.

Et plus les années avancent, et plus c’est pire. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai une mauvaise relation avec mon propre corps, ou si c’est parce que je ne supporte plus la pression implicite de la société selon laquelle il faut impérativement avoir des rapports pour être normal. Parce qu’on m’a déjà fait comprendre que de ne pas vouloir entendre parler de la vie sexuelle de tes potes, c’est bizarre.

Alors certes, je dis souvent que je me sens seul. Mais c’est à moitié mentir. Pas que je ne me sente pas seul, mais parce que les gens comprennent que j’ai des besoins à assouvir. Et ce n’est pas les besoins que les gens pensent. Moi j’en veux, des bisous et des câlins, mais pas beaucoup plus loin.
Si j’ai effectivement des envies sur la question, je n’ai pas nécessairement envie de les mettre à exécution. Je ne sais pas si je suis très clair?

Les rares fois où j’ai été dans une situation intime, mon objectif c’était de faire plaisir à ma partenaire, et je me laissais entraîner dans le jeu de recevoir. Mais ce fut rarement une expérience agréable. Parce que je ne supporte pas de perdre le contrôle, parce que j’ai du mal à être touché. On m’a demandé si c’était parce que je ne m’autorisais pas à prendre ma part de gâteau, parce que je ne porte pas un amour fou à mon corps. Je pense que ce n’est pas ça. Je pense juste que je n’aime pas ça. Je préfère plutôt offrir du gâteau que d’en manger. C’est subtil mais c’est différent.

D’autant que, j’en parle plusieurs fois au dessus, mais j’ai effectivement un rapport conflictuel avec mon corps. Ça va mieux depuis quelques mois, mais de temps en temps je prends un rappel à l’ordre, comme quoi mon apparence physique ne correspond pas à ce que l’on attend d’un garçon lambda. Parce que je ne suis pas cisgenre. Parce que j’ai des morceaux en trop et des morceaux en moins. Et c’est douloureux à entendre. J’arrive à peine à passer outre au quotidien, mais me le prendre dans la gueule dans un cadre intime, c’est vraiment délicat.
J’ose espérer tomber un jour proche sur quelqu’un qui comprendra tout ça. Et qui ne fera pas juste « avec », mais qui m’aimeras tel quel. Parce que je ne suis pas qu’un corps.

_

Mais bref, pour résumer, parce que cet article est un sacré pêle-mêle d’informations en vrac, oui je veux une relation amoureuse, non je ne veux pas entendre parler des détails de votre vie intime, peut-être voudrais-je manger du cake, mais il va me falloir beaucoup de temps et de confiance avant de me livrer entièrement. Et en attendant, les câlins c’est vachement bien.

Merci de votre écoute. Le bisou, et à très vite!

Got no weight on my shoulders

Par défaut

Comme vous le savez peut-être, je connais énormément de monde. Pendant un temps, je me moquais gentiment d’une amie parce que dès qu’on faisait plus de 20 mètres dans la rue, on devait s’arrêter pour dire bonjour. Mais ces dernières années, je suis malgré moi atteint du même syndrome : je connais beaucoup de monde, et impossible de sortir de chez moi sans au moins croiser un.e pote. En soi ce n’est pas un souci, mais sur mon fil d’actualités de réseau social, se croisent et se heurtent certaines opinions, et je prends conscience que tout ce petit monde que je connais, provient d’époques différentes de ma vie, plus ou moins récentes.

Et ce matin, ça m’a frappé plus que d’habitude, mes avis sur certains débats diffèrent grandement d’il y a quelques années, parce que j’ai été éduqué à certains sujets précis, je me suis déconstruit sur d’autres, en bref, nous avons évolués, moi et mes opinions.

Et j’ai pu m’apercevoir que, contrairement à moi, certains de mes contacts n’ont pas bougés, et continuent de camper sur leurs positions depuis toutes ces années. Malgré la vie, malgré les événements, certains refusent d’adapter leur jugement.
Et cela m’est délicat à écrire aujourd’hui, parce que je sens d’avance que certain.e.s se sentiront visés alors que je ne pense à personne de précis en écrivant ceci.
Simplement, des fois je lis des commentaires sur des sujets assez spécifiques, et j’en ai la nausée. Parce que je suis violemment en désaccord avec ce que certains de mes potes écrivent. Même parmi des gens que j’estime, tout autant que parmi le cercle moins proche.

Du coup, j’en viens à me demander si c’est moi qui suis devenu trop « extrême » sur certains points bien précis, trop engagé, trop concerné directement peut-être. [Parce que comprenez bien, plus l’on est concerné directement, moins on a de recul et de lucidité sur la question.]
Ou si au contraire ce sont ces gens de mon entourage qui se sont refusés au principe d’évolution, que ce soit des opinions comme du contexte.

Je n’ai pas vraiment la réponse, mais c’est quelque chose que j’avais besoin d’évacuer.
Je conclurais sur le fait que, c’est potentiellement le prix à payer pour être conscient et éveillé à certaines questions : s’apercevoir que certaines personnes, même parmi celles que tu connais, sont des déchets, ou ont tout au plus le même mode de pensée.

_

d68qr4h8

Who do you think you are

Par défaut

Aujourd’hui, un petit vrac matinal d’idées reçues et de phrases pré-faites sur la transidentité, qu’on va ensemble joyeusement déconstruire. Un point de vocabulaire en quelque sorte.

Pavé oblige, voici donc Sir Ian Mckellen en costume de fée.

Pavé oblige, voici donc Sir Ian Mckellen en costume de fée.

  • Les personnes trans changent de sexe
  • Les personnes trans deviennent des femmes/hommes
  • Les personnes trans choisissent/décident de changer

Plusieurs points similaires se cachent sous ces trois phrases que j’ai beaucoup entendu, donc comme je suis econome, je les rassemble pour éviter de me paraphraser.
Déjà, on distingue le sexe (anatomie) du genre (identité), et je vois beaucoup de gens passer largement au dessus de ce point pourtant crucial en termes de compréhension. Alors certes, grâce aux progrès de la science et de la médecine, il est effectivement possible pour une personne trans d’effectuer une chirurgie de réassignation génitale, mais dans la vraie vie véritable, ce que contient ses culottes ne vous concerne pas. On privilégie donc le terme de « genre » pour ce que vous souhaitez exprimer.

Ensuite, on ne « devient » pas une femme alors qu’on était un homme jusque là, et inversement. Pas plus que l’on ne « choisit » ce fameux « changement ». On ne se réveille pas un matin en se disant « oh tiens, j’me farcirais bien des années de combat administratif, juridique et médical, juste parce que j’me verrais mieux avec un pénis plutôt que mon actuel vagin! ». Non. Rien qu’à l’écrire je trouve ça débile, et j’espère que vous trouvez ça aussi absurde en le lisant de votre côté.
Les désaccords identitaire entre mental et apparence physique n’apparaissent pas soudainement à l’age de 28 ans. C’est souvent des sensations et ressentis plus ou moins enfouis et refoulés jusque là, parfois une souffrance depuis de longues années, parfois un énorme déclic qui nous renvoie à un pan entier de compréhension nouvelle sur notre vie passée. Il y a autant de parcours de vie différents qu’il y a de personnes trans.

  • La testo et les oestros font changer magiquement

Alors, oui et non. Il n’y a rien de magique là dedans, et le traitement hormonal n’est pas sans effets secondaires désagréables, que je ne listerais pas ici parce que c’est beaucoup trop long et que personne ne les lirait.

Les changements sont plus ou moins rapides selon les personnes, et si j’ai la chance d’avoir un cispassing correct en seulement quelques mois, ce n’est pas sans efforts non plus. L’identité sociale est avant tout une palette complète d’attitudes et de façon de parler, ou de se tenir, que l’on acquiert mais surtout que l’on analyse sans s’en rendre compte.
Et je dois bien avouer que j’ai dû ajuster certaines choses, plus ou moins naturellement, sans pour autant me fourvoyer vis à vis de ma personnalité. Mais il y a certaines choses que je ne fais plus, certains sujets de conversations que je n’aborde plus du tout, et certains éléments de mon passé que je dois altérer pour que mon discours soit cohérent par rapport à l’apparence que je renvoie.

Et si cela n’est pas forcément un effort colossal quotidien, cela demande une certaine forme de maîtrise et de contrôle constant sur mon discours. Attention, je ne dis pas que j’en perds ma spontanéité et que j’use de manipulation en permanence, je dis simplement que de temps à autre, il me faut bien rester sur mes gardes quant à mes formulations et tournures de phrases.

  • Né.e dans le mauvais corps

Ce point là est un angle de vue très personnel, et je ne dis pas que toutes les personnes transgenre le partagent.
Mais je considère que je ne suis pas né dans un « mauvais » corps, pas plus que je ne vais « changer » ledit corps. C’est une continuité, je garde la même base du début à la fin, simplement, je vais en altérer quelques détails graphiques, disons ça comme ça. Je n’ai pas le « mauvais » corps, simplement des attributs inadaptés à mon identité.
Et je vous dit ça alors que j’ai passé plus de 10 ans à haïr profondément mon enveloppe de chair, et que j’ai encore des gros triggers quand je me regarde dans un miroir. Parce que je n’aime pas ce que je vois, parce qu’il y a des éléments en trop, et je parle de ce que vous pensez autant que de ma ceinture abdominale.
A la limite, j’ai les mauvais papiers d’identité, mais pas le mauvais corps.

  • La chirurgie c’est carrément de la triche [vis à vis des personnes cisgenre]

J’ai entendu cette phrase un jour, avec pour argument suivant que les personnes trans, et spécifiquement les femmes, ont un accès privilégié à la chirurgie esthétique pour remodeler un corps pour le rendre, (je cite) pas plus féminin mais plus beau [selon les standards sociétaux].
D’une part c’est totalement faux, et d’autre part la beauté est complètement subjective. J’admets qu’il y a des critères communément admis, et encore, selon à qui et où on demande, lesdits critères bougent énormément.
Mais bref, la chirurgie pour une personne transgenre n’est pas si accessible que ça, et n’est remboursée que sous certaines conditions très spécifiques, au même titre que pour les personnes cisgenre, en fait.
Donc derrière ce faux problème, si t’es pas content.e, rien ne t’empêche de mettre la main au porte-monnaie, tu t’épargneras les années de suivi psychiatrique que subissent les personnes trans avant de pouvoir passer sous le bistouri, et surtout, tu m’épargneras ton vomi verbal.

  • Cisgenre c’est une insulte (au même titre que SJW)

Non. Ce n’est pas une insulte, pas plus que c’est un mot qui ne sert à rien. C’est tout simplement un rétronyme, c’est à dire un mot ou ensemble de mots créé pour aider à distinguer l’ancien usage d’un mot de son nouvel usage. Pour exemple, on a rajouté fixe à téléphone (téléphone fixe donc), pour le différencier du nouveau téléphone portable. Et je vous renvoie chez ma collègue Lunatopia qui m’a fait découvrir ce terme (rétronyme).

Et maintenant qu’on a la partie de grammaire, laissez moi vous dire en quelques phrases pourquoi « cisgenre » est important. Parce que ça évite d’employer d’autres mots rapidement offensant pour différencier des personnes transgenre. Des mots comme « normal », ou encore « bio ». T’as pas été élevé au grain alors la ramène pas.
Après, si des personnes détournent l’usage du mot cis pour accuser la part non-trans de la population d’être la source de tous leurs malheurs, moi je n’y suis pour rien.

En ce qui concerne le point de Social Justice Warrior, c’est une simple provocation de ma part. Parce que je ne vois pas vraiment où est le souci dans le fait de revendiquer être défenseur d’une minorité, tant que celle ci est d’accord, ou de juste prôner l’égalité et donc de remettre à leur place les personnes qui crachent trop facilement.
Moi je suis Social Justice DPS Distance, parce que je n’aime pas la classe de guerrier, mais c’est un tout autre sujet.

  • Une personne trans est plus mignonne qu’une personne cis du même genre

Ok donc en fait, ça c’est de la discrimination positive. En voulant faire une distinction même la plus gentille soit-elle, on creuse l’écart, et on marque la différence justement.
Il y a toute sortes de corps, féminins comme masculins. Pourquoi chercher à catégoriser au sein d’un groupe mais en s’appuyant sur des clichés et des idées reçues?
Je ne suis pas plus mignon qu’un mec cis parce que je suis trans, tout comme je ne suis pas plus moche qu’un autre. Je suis différent des autres parce que je suis gros, petit, brun, parce que j’ai les yeux marrons-verts. On s’en fout en fait. Trouvez des arguments plus valables que « je suis plus/moins attirant » juste parce que je suis trans.

Il y a autant de mecs trans efféminés que de mecs trans très masculins. Comme chez les cisgenre en fait. Idem du côté des femmes. Idem du côté des personnes non-binaires.
(C’était le point inspiré par Alwa. Il saura pourquoi. <3)

  • Un mec trans c’est plus doux qu’un mec cis, parce que ça a été élevé comme une fille

HAHA ! J’ai tellement de contre-exemples. Referez-vous au point précédent pour la plupart des arguments, mais sinon il y a autant de personnalités différentes qu’il y a de personnes, trans comme cis. Alors on arrête les préjugés deux minutes merci-bisou.

  • Une femme trans n’est pas une vraie femme

Allez, définis moi ce qu’est une vraie femme, je t’écoutes, bouges pas j’attrape le pop-corn.
Plus sérieusement, si on part du principe qu’une personne transgenre n’est pas une « vraie », sous prétexte qu’elle a des « morceaux » de corps différents de ce qu’on attends [par rapport à un.e cis du même genre identitaire], c’est un peu comme dire qu’une personne physiquement handicapée n’est pas une vraie personne, parce qu’elle n’a pas le packaging identique à une personne valide. C’est aussi stupide que méchant, et basé sur des concepts absurdes.
Mais bref.

_

Je pense que je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. Je m’étais initialement lancé dans la rédaction de cet article en me disant que ça allait être du easy writing, et que je n’allais pas dépenser plus d’énergie que de temps dessus, et au final je viens de tuer 2h de ma vie, et on sent bien que sur la fin je manquais de concentration. Mais c’est pour la bonne cause.