I’ve got thick skin anyway

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Because life is rough, here's a bunny.

Because life is rough, here’s a bunny.

Ces derniers mois, je vais bien. Ça faisait un paquet d’années que je ne m’étais pas senti aussi bien, aussi raccord avec moi-même, aussi en phase avec mon dedans.

Mais, car évidemment il y a un « mais », je me rends compte parfois, que passer autant d’années à aller si mal ça laisse des traces. De ce fait, il arrive de temps à autre, pendant quelques instants de déconnexion totale, généralement en fin de journée, que je laisse errer mon esprit vers des eaux plus sombres.
Ce sont quelques secondes de pseudo-doute, de questionnements existentiels soudains, de « mais qu’est-ce que je suis en train de faire? ». Et ça me prend quelques minutes pour me remettre à rationaliser, à m’auto-expliquer que mes diverses démarches ne sont que positives, et j’ai tout un tas d’exemples pour me convaincre immédiatement.

Mais ces instants de déconnexion demeurent néanmoins. Et même si je ne l’admets que rarement aux professionnels de santé qui me suivent, ils existent, et me font parfois un peu peur. Parce que lesdits professionnels de santé, je pense notamment à ceux qui me suivent pour la part psy, leur avouer un truc pareil, donnerait raison à leurs craintes. Leurs craintes que, compte tenu de mon état de santé, avec la co-morbidité et toutes ces conneries sur papier, que je suis dans le faux, dans l’illusion. Que je n’ai démarré ma transition que par lubie temporaire, et que je vais conséquemment droit dans le mur.
Alors qu’en vrai, je suis convaincu que ce ne sont que des « restes » d’angoisses latente.

De la même façon, quand je pense à mon avenir, l’angoisse remonte, et me prends aux tripes, ou plus précisément, au cérébral. Pour exemple, j’ai envoyé ma demande d’allocs y’a quelques semaines, et je n’aurais la réponse qu’en février/mars, de savoir si mon unique revenu financier, indispensable pour vivre, m’est coupé ou non.
Et quand j’y accorde quelques secondes pour savoir qu’est-ce que je vais bien faire si jamais cela arrive, qu’effectivement ma demande d’allocation est refusée, la réponse immédiate apparaît en lettres d’or dans ma tête: me foutre en l’air.

Je n’ai pas de pensées suicidaires ou particulièrement d’idées noires, mais je parlais plus haut du fait que des années à aller mal laissent des traces, bah là on est en plein dedans.
Etant ado, j’ai passé énormément de temps à planifier mon suicide comme je planifierais mes vacances, à rationaliser froidement ma propre mort. A réfléchir à toutes les lettres qu’il fallait que je rédige, aux démarches qu’il me fallait entreprendre avant mon départ, aux diverses formalités indispensables pour partir sans inquiétude. Le tout de façon excessivement détachée.

De ce fait, quand j’ai une grosse source d’angoisse, la réponse toute prête qui poppe dans ma tête, c’est toujours de mourir. Quoi que je fasse, quelque soit mes liens avec l’humanité, constamment, crever serait la solution de facilité.

Et je ne dis bien évidemment pas que je compte mettre ce potentiel plan à exécution, bien au contraire, j’affirme que cette pensée immédiate est juste fatigante, lassante.

Voilà. Je n’ai pas de conclusion réelle pour aujourd’hui. J’avais juste besoin de poser ça quelque part. Pour souffler quelques minutes. Parce que je ment effrontément quand je dis que « ça va, mais ça dépend des jours ». Cela ne dépend aucunement du jour, mais de l’heure. Mon cérébral a cette capacité à vriller pour rien, à être trigger par n’importe quoi et faire des connexions bien trop poussées. Du coup j’ai fréquemment des bouffées d’angoisse qui ne durent qu’une dizaine de minutes, une heure grand maximum. Et ça passe, jusqu’à la suivante.

Et parce que c’est épuisant d’être aussi changeant psychiquement, je voulais écrire tout ceci et le publier. Parce que même si je me décharge verbalement aujourd’hui, ça n’enlève pas totalement ce poids de mon esprit. Mais un peu, juste un peu, c’est tout ce que je demande.

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