Get on the floor now

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Quand j’étais plus jeune, on se moquait de moi ouvertement parce que j’étais gros. Le problème c’est que je ne l’étais pas vraiment. A l’heure actuelle, oui, je suis effectivement en surpoids, mais pas à l’époque. Et pourtant, d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été bashé sur mon poids, par des gens de mon école, par des pseudos-amis, par ma famille.

Mais ce qui m’a toujours fait hurler, c’est que l’argument principal de ce harcèlement constant, c’était que « c’est pour [mon] bien ». Mais ma grande sœur, qui mangeait pourtant aussi mal que moi, échappait à la plupart de ces injonctions, parce qu’elle était (et est toujours d’ailleurs) assez mince.

Et c’est un constat que je fais depuis longtemps, et qui m’énerve de par son hypocrisie. On dit aux gens en surpoids qu’il faudrait qu’il perdent ledit poids, parce que la minceur signifie forcément la santé. Bah spoiler alerte: c’est des conneries. Les gens minces ne sont pas forcément en bonne santé, les gens gros ne bouffent pas forcément comme 4, et les gens maigres ne s’affament pas forcément.

Arrêtons de faire croire que la morphologie des gens est en lien direct avec leurs habitudes de vie. Présumer de l’alimentation d’une personne en se fiant à son apparence, c’est complètement crétin, et c’est surtout absurde, et basé sur des croyances populaires fausses.
Rappeler à quelqu’un qu’iel est en surpoids/sous-poids ce n’est pas l’aider. Parce que vous participez sans le savoir à un cercle constant de remarques désagréables, de la plus innocente à la plus violente.
Et à côté de ça, se planquer derrière l’excuse du « je m’inquiète pour ta santé », c’est incroyablement hypocrite. Parce que vous ne faites pas chier les gens qui sont d’un format « acceptable », et qui pourtant ne mangent pas forcément équilibré, ne boivent 2 litres d’eau quotidiennement ni ne font le moindre sport.

J’ai arrêté de compter le nombre de fois où je prends en pleine face du fat-shaming dans des contextes qui ne s’y prêtent absolument pas. J’autorise mon endocrinologue à me faire des remarques sur la question, mais pas ma psy ni mon dentiste. Tiens je vais utiliser un exemple vécu pour illustrer tout ça.
Il y a quelques années, j’ai rampé jusqu’aux urgences pour un effroyable mal de ventre. Il s’avérait à l’époque que ma vésicule était calcifiée jusqu’à la moelle, et ne traitait plus l’acidité. Et donc, quand l’interne m’a demandé mes antécédents, je les ai énoncés, et celle ci s’est permise de rajouter « obésité » à la liste. Et bah va bien jouer sur l’autoroute madame. Parce que l’obésité n’est pas un antécédent, c’est un état de poids, une condition de santé à la limite, mais pas un putain antécédent. Qui en plus n’a pas joué sur le fait que ma foutue vésicule ne fonctionnait plus.

Comprenez bien, que lorsque l’on a un physique « hors-norme », on s’en prend plein la tronche. Constamment et toujours de façon, disons, plus ou moins créative. Et que c’est lassant. Et que le rappel à l’ordre quotidien sur la question, n’aide pas la cause, nous fait éventuellement culpabiliser pour rien, et au pire nous fait développer des TCA (trouble du comportement alimentaire).

Attention, je n’écris pas tout ceci pour vous dire que j’ai une alimentation exemplaire ou quoi. Je dis simplement que, des fois, souvent même, vous n’avez pas l’historique de santé de la personne sous les yeux. Donc abstenez vous de faire des remarques désobligeantes.
Si vous vous inquiétez vraiment de la santé des gens, posez vous alors la question du pourquoi de la brutale perte/prise de poids de votre ami.e, peut-être que cette personne a eu des changements dans sa vie, ou peut-être qu’elle a fait une dépression.
Attardez vous sur les causes, et non pas les conséquences.

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Inspiré par une vidéo de Ty Turner, datée du 27.11.16

Well I was born an original sinner

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Après avoir vu la vidéo de Lucas Wild intitulée « Je suis handicapé? », j’ai été pris d’une intense réflexion. Dans sa vidéo, Monsieur Wild explique que, étant sourd, il ne se définit pas tant comme handicapé mais plutôt comme personne sourde. Et ça m’a fait réfléchir parce que, moi c’est l’inverse, et il y a un tas de raisons à ça. Ce sera mon sujet du jour.

Vous avez remarqué comme souvent, quand on rencontre une nouvelle personne, une des premières questions qui débarque, c’est « tu fais quoi dans la vie? ». Et la réponse qui suit concerne généralement les études ou le travail. N’ayant ni l’un ni l’autre, je suis toujours bien embêté, et ne voulant pas embarrasser l’autre d’une réponse de 20 kilomètres, je m’en sort généralement avec une pirouette humoristique.

Et là les gens ont en général cette fâcheuse tendance à vouloir s’improviser conseiller en emploi. A me demander si je n’ai pas de hobby particulier ou autre centre d’intérêt pouvant s’avérer lucratif sur la durée. Alors deux choses importantes: la première est que je tiens à ce que mes passe-temps en restent, c’est à dire que je n’ai aucunement envie de m’écœurer d’un loisir en faisant de celui ci, mon boulot. La seconde étant que je n’aime pas vraiment le principe que tout le monde devrait être défini par son travail. Ou que tout le monde doive travailler d’ailleurs.

J’estime, peut-être un peu vite cependant, être du camp des créatifs. Alors certes, mes écrits n’apportent pas grand chose au monde en terme d’avancée, mais sur un plan plus large, le monde serait chiant sans les créatifs, quelque soit leurs niveaux. Les dessinateurs, les écrivains, les scénaristes et autres réalisateurs. Certes, certains en ont fait leur métier, qui rapporte, mais d’un point de vue très naïf de ma part, j’aime à croire qu’on a besoin de gens qui font de l’art pour le plaisir de faire de l’art, pour ce que ça apporte d’émerveillement, et de bouffée d’air frais. S’ils peuvent en vivre c’est encore mieux, je suis d’accord, mais je suis en train de cruellement m’éloigner de mon cadre de sujet.

Dans tous les cas, je suis considéré comme inapte au travail, que ça soit déclaré par la médecine ou par mon propre cérébral. Mais c’est pas exactement là où je voulais arriver en fait.
Le fait est que j’énonce assez facilement que je suis handicapé, ou plus subtilement que j’ai des « soucis de santé empêchant le fait de travailler ». Et là où la vidéo dont je parle au tout début m’a fait réfléchir, c’est parce que, contrairement à ce jeune homme, qui explique qu’il est sourd, je ne nomme pour ma part jamais ma maladie, ou pas avant d’avoir vraiment confiance en la personne en face de moi. Celleux qui me lisent depuis un paquet de temps ont à priori tous compris ce qui m’affecte, mais j’ai mis un point d’honneur à ne jamais nommer ma pathologie explicitement.

Pour tout un tas de raisons d’ailleurs. Par pudeur simple, par volonté de préserver ma vie privée, ou surtout parce que les gens ont tellement d’à-priori sur cette maladie, que je n’aime pas la nommer en toutes lettres. Ou aussi parce que des fois, les gens ne me croient pas, parce qu’après tout, « ça ne se voit pas », et là je vous renvoie à un paquet d’articles que j’ai déjà écrit…
Mais bref.

J’en suis venu à me demander, si je préférais dire être handicapé plutôt que de nommer ma maladie, parce que quelque part, j’en avais honte? Et après de longues délibérations mentales, la réponse est non, mais pas un non franc et immédiat, plutôt un non saupoudré d’une once d’hésitation.

Avec les années, j’ai internalisé un paquet de trucs, des craintes, de l’angoisse à foison, des doutes. Mais pas tellement de honte. En revanche, une énorme lassitude quand je lis et entends toutes les blagues sur les pathologies psychiques, qui me donnent envie de grogner en tapant furieusement sur mon clavier, ou sur la personne, pour leur expliquer à quel point iels disent vraiment n’importe quoi, et de s’éduquer sur certaines questions avant de l’ouvrir et de vomir des inepties.
Mais je me retiens, parce que c’est inutile, et parce que j’ai autre chose à faire de mon temps, que de perdre celui-ci pour éduquer les gens. J’ai quand même un lapin à nourrir et un blog à faire tourner.

Donc en conclusion, non, je n’ai pas honte, ni de ma maladie, ni du fait d’être handicapé. Ce n’est pas une tare, c’est un fait. Des difficultés supplémentaires à éventuellement prendre en considération. Ma situation n’est pas plus complexe que la votre, seulement différente, c’est pas un concours de celui qui souffre le plus.

I will stand behind you

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A présent que je possède le privilège du cispassing difficilement remis en doute, je prends conscience de nouvelles difficultés que je ne soupçonnais pas une seule seconde.

Pour prendre un exemple concret, il y a peu, j’étais à une soirée avec des amis, et parmi eux il y avait deux trois personnes qui ne me connaissent que depuis peu. L’une de ces personnes, une fille, parlait avec une autre des règles et de ses mésaventures sur le sujet, jusque là, rien d’anormal.
Je participais alors à leur conversation, avec suffisamment de recul pour ne pas dévoiler le fait que, moi aussi j’ai subi la chose durant des années. Le fait d’avoir deux sœurs dans ma fratrie a beaucoup aidé à ma « couverture ». Et à un moment donné, la nana en question a évoqué un moment particulièrement désagréable, et alors que je riais, elle m’a précisé « même si toi, tu ne peux pas vraiment comprendre ce que ça implique ». Ce n’était aucunement une attaque, juste un fait.  Et à ce moment là je n’ai pu m’empêcher de rayonner intérieurement : « mon cispassing est impeccable ».

Puis, soudainement, nous sommes le lendemain, et j’observe que la jeune femme dont je parlais la veille a laissé un commentaire sur mon instagrum. Un commentaire qui plaisante sur ma potentielle féminité. Je le supprime précipitamment.
Et je me rends alors compte que, je ne supporte pas qu’on remette en question ma condition de garçon. Et s’en suivent alors une foule de questions :

  • Si j’embrasse mon éventuelle part de féminité, suis-je moins valable? (Non)
  • Mon identité est elle remise en doute si je ne sais pas accepter une vanne? (Non plus)
  • Pour quelle raison ne puis-je supporter cette forme d’humour pourtant inoffensif ?

Et cette dernière interrogation mérite que je me penche un peu plus sur sa résolution. Peut-être parce que, mon identité a longtemps été une source de conflit au cœur de mon cérébral. J’ai mis des années à comprendre mon identité justement, et encore d’autres années à refouler celle ci, pour finir par entreprendre des changements physiques, émotionnels, psychiques, et je suis encore en plein dedans.

Je ne parviens donc pas à passer au delà d’une simple blague, parce que je suis encore trop fragile sur la question. Parce que durant tout ce temps, la blague, c’était moi. Et ma conception de ma propre vie s’est vue chamboulée quand vint le temps où je ne parvenais plus à en rire. Et parce que cette décision de prendre les choses en main de façon concrète a remué beaucoup de choses. J’ai perdu des gens dans la foulée, j’ai indirectement bousillé le peu de crédit que j’accordais à certaines personnes, y compris au sein de ma propre famille.

Mon identité est quotidiennement une source de soucis mineurs. Comme aller chercher un colis à la poste, entreprendre la moindre démarche administrative, aller au commissariat, ou encore prendre un rendez-vous médical.
Chaque fois que je dois présenter une pièce d’identité, je suis violemment ramené à une sorte de réalité biologique, sociétale, que je ne supporte pas. Que ce soit par ce qui est inscrit sur ma carte, ou par le regard de la personne qui la déchiffre, je subis simultanément l’inconfort, l’incompréhension, la réalisation gênante, le malaise général.

Donc non, comprenez bien que je ne peux que recevoir amèrement une blague qui se voulait initialement innocente, mais qui me ramène involontairement à une assignation qui ne correspond pas à ma réalité identitaire.

Peut-être que c’est juste moi qui me mange des montées de paranoïa en pleine face, ou peut-être que je correspond sans le vouloir au standard masculin implicitement imposé par une certaine forme de société patriarcale. Celui qui veut qu’il est impensable que soit remise en doute ma prétendue virilité.

Dans tous les cas, je pense qu’il faut que je respire un peu, prenne un tant soit peu de recul, et arrête de péter les plombs à la moindre insinuation que, éventuellement, j’ai un jour été perçu au féminin.

I’m all alone and I want to cry

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Bonjour à toi, peuple d’internet.
Nous sommes au matin du 9 novembre 2016, et le monde se réveille en apprenant que Trump a gagné les élections américaines.
Hillary n’était pas toute blanche non plus dans cette campagne, mais à choisir entre un petit rhume ou la malaria, voilà quoi.
Je suis présent sur un tas de réseaux sociaux, avec notamment Twitter et Tumblr, où je follow un paquet de personnes qui vivent aux Etats-Unis. Et concrètement, l’intégralité de ma timeline est en PLS.

On se demande tous comment on a pu en arriver là, et la réponse est malheureusement assez évidente. Je vais étayer mes théories au fil de cet article que j’espère plutôt court, puisque écrit totalement à chaud et sans le moindre recul. Soyez prévenus.

Tout d’abord il y a eu tout ce mouvement qui vous encourageait à aller voter. Parce que chez toute personne avec des opinions « honorables », personne ne s’attend à avoir des proches qui votent pour les extrêmes. Mais malheureusement c’est une réalité. Chacun a son droit à avoir une opinion politique. Et puisque tout le monde a le droit de vote, même ceux que vous considérez comme l’adversaire, ont des partisans. Si effectivement tout le monde votait, ce n’est pas forcément les « gentils » qui gagneraient, si réellement gentils il y a.
Ce qui m’amène à mon second point.
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Nous sommes en plein cœur d’une réalité où les gens se détestent pour tous un tas de raisons. Aussi peu valables soient-elles. Même sans aller jusqu’à regarder aux USA, ouvrez un peu les yeux sur notre jolie France. La Manif pour Tous a des partisans, et pas qu’un peu. Les manifestations se multiplient, pour un bord comme de l’autre, et tout le monde déteste la police.
La moitié de la population crache allègrement sur les migrants, à vous en donner le cancer si vous lisez les commentaires sur internet. On voit des centres d’accueil incendiés dans la capitale. On voit des zones entièrement re-cimentées avec du gros caillou pointu pour que les SDF ne puissent plus s’y installer pour dormir. On a vu des femmes voilées se faire verbaliser parce qu’elles n’étaient pas assez déshabillées sur la plage, et on argumente que d’autres femmes l’étaient trop puisqu’elles ont été violées.

Il suffit d’allumer la télévision 10 minutes pour constater que les émissions qui trustent l’audimat sont un florilège de sexisme, de racisme, et de LGBTphobie.
On en est à ce qu’en soirée avec des gens que je considère comme mes potes, on essaye de me défendre des vidéos « humoristiques » qui participent à rendre ridicule les personnes transgenres, les personnes handicapées, les personnes marginalisées etc…
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Le monde va mal. Ça ne date pas d’hier. Et ce n’est pas près de s’arrêter.
Je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, parce que j’ai la nausée.
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Dites aux gens que vous aimez, que vous les aimez. Prenez soin de vous.
Faites une sieste.

To make you stay

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headphones-greenJ’entends souvent, en particulier en ce qui concerne la musique, que « c’était mieux avant ». Et plutôt que de vous brandir combien c’est faux et pourquoi c’est moi qui ai raison, je vous propose à la place, de vous parler de, disons 5 groupes ou artistes un minimum récents.
Pour deux raisons : prouver que je n’écoute pas que de la daube des 80s, et éventuellement vous faire découvrir ou redécouvrir un truc à coté duquel vous seriez peut-être passés.
Allons y c’est parti, faisons là par ordre alphabétique!

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Caravan Palace
Groupe français d’electro-swing, ils tournent depuis 2008. Alors certes, ils utilisent des sonorités très typées des années 30-40, mais remises au goût du jour, avec des nuances franchement électroniques. Le tout habilement joint d’une voix féminine, celle de Zoé Colotis, très douce à l’oreille, mais capable d’aligner trois phrases savamment articulées, en moins de temps qu’il ne m’en faut pour dire « derp ».
De plus, une fois sur scène, le groupe a une énergie folle, en particulier sa chanteuse, qui ne se contente pas juste de te coller la tête avec son flow, mais se paye le luxe de se dandiner joyeusement entre chaque couplets, puis reprend le chant sans perdre son souffle.
Un must-have de tes soirées dansantes.
Mes deux morceaux préférés : Lone Digger, La Caravane.
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Florence and the Machine
Groupe britannique de pop baroque, leur premier album est paru en 2009. La voix puissante de Florence Welch accompagnée par des mélodies tantôt calmes, tantôt déchaînées. Des morceaux acoustiques, des morceaux avec orchestre symphonique, quelques notes, ou au contraire une composition très élaborée d’un paquet d’instruments. Toutes ces combinaisons ne font que sublimer les capacités vocales de Florence. Chaque album apporte son lot d’émotions complexes et entières.
Une formation musicale à écouter au casque, pour bien en saisir toutes ses subtilités.
Mes deux favoris : Sweet Nothing, Breath of Life.
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Ghost
Groupe suédois de gentil métal (me faites pas croire que c’est du heavy, Monsieur Wiki), leur première galette a vu le jour en 2010.
Accessoirement c’est le seul groupe de la liste que j’ai vu en concert, et laissez moi vous dire, sans mauvais jeu de mot, que c’était une expérience quasi religieuse. Le fait que j’étais au premier rang, face au chanteur a dû beaucoup participer cependant. Mais bref, Ghost a cette spécificité de souligner le métal du mot instrumental, utilisant des sons quelques fois simplement rock, mais le tout relevé de la voix suave du chanteur, Papa Emeritus, qui se « contente » de chanter dans le plus grand calme.

Là où le groupe prend de l’intérêt, c’est dans l’imagerie qu’ils utilisent, très connoté mythologie satanique, avec des clins d’œils au catholicisme. Ensuite, le chanteur porte des masques avec des maquillages très élaborés dessus, et les musiciens, ses goules, sont anonymes. Et tout ce joyeux bazar musical qui se déroule sous tes yeux, à grands renfort de costumes et du charisme du Pape, est un réel delice, autant en studio qu’en live. Mais tout particulièrement en live. Ils ont fait un passage marqué au dernier HellFest, puisque sur leur dernier morceau, il y avait un chœur local d’enfants, et un feu d’artifice. Autant vous dire qu’ils aiment bien mettre les grands plats sur la table du festin.
LE groupe de métal qui peut plaire à ta maman.
Deux TROIS morceaux que j’aime d’amour: He is, From the pinnacle to the pit, If you have ghosts.
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In This Moment
Groupe américain de métalcore, leur premier album a été commercialisé en 2007.
Je parlais pour le précédent de gentil métal, ici c’est du méchant métal. Avec du cri, de la sueur et des grognements. Ça déconne pas. Enfin je dis ça, mais un de leur morceau (Out of Hell) m’a fait chialer dans le bus sans prévenir. Avec quelques ballades mais surtout du gros son qui tâche, In this Moment est donc un groupe de vilain métal, accompagnant la voix de sa chanteuse, Maria Brink, qui sait se montrer aussi douce que violente (je parle toujours de sa voix là, hein). Ladite chanteuse a d’ailleurs pour habitude de se grimer la tronche en mode dégueulasse, avec du rouge à lèvres mal mis et du liner à outrance, pourquoi pas après tout.
Un des rares groupes du genre que j’apprécie, même quand Maria screame ; je ne les connais que depuis deux ans, mais ça a été une telle claque que j’en écoute encore fréquemment quand j’ai besoin de m’énergiser un peu.
Un groupe qui ne plaira définitivement pas à ta mamie.
Les deux chansons que j’aime écouter dès le reveil : Blood, Big Bad Wolf.
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Marina and the Diamonds
Chanteuse galloise d’electro-pop, elle a sorti son premier album en 2010.
Je vous parle souvent d’elle, et à juste titre, elle est trop peu connue en France et de ce fait je ne pourrais jamais la voir en concert, sauf si vous vous bougez le derrière ou que je gagne au loto.
Chose intrigante, son premier album, The Family Jewels, est très coloré et plutôt gai, alors que le second, Electra Heart, est beaucoup plus sombre et pétri de textes un peu déprimés. J’ignore ce qu’il s’est passé entre les deux, mais ça a énormément influencé ses textes. Et d’ailleurs, pour une chanteuse de pop actuelle, ses chansons ont beaucoup de sens, et sont bien plus sérieuses qu’il n’y paraît en simple première écoute, y compris en ce qui concerne le premier album avec ses mélodies légères et sucrées.
Même si je n’ai pas apprécié plus que ça son troisième album studio, je sais qu’elle en prépare un quatrième, que j’espère de meilleure cuvée que Froot, qui bien que moyen, n’est pas à jeter dans son intégralité.
En résumé, de la pop pas si classique ni éculée.
Les deux morceaux dont je ne me lasserais jamais : Oh No!, E.V.O.L.

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Voilà! C’est tout pour aujourd’hui. D’autant que cet article m’a demandé presque 2h de taff, donc je vais aller faire autre chose de ma vie dès à présent! A très vite pour de nouveaux articles.

I’ve got thick skin anyway

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Because life is rough, here's a bunny.

Because life is rough, here’s a bunny.

Ces derniers mois, je vais bien. Ça faisait un paquet d’années que je ne m’étais pas senti aussi bien, aussi raccord avec moi-même, aussi en phase avec mon dedans.

Mais, car évidemment il y a un « mais », je me rends compte parfois, que passer autant d’années à aller si mal ça laisse des traces. De ce fait, il arrive de temps à autre, pendant quelques instants de déconnexion totale, généralement en fin de journée, que je laisse errer mon esprit vers des eaux plus sombres.
Ce sont quelques secondes de pseudo-doute, de questionnements existentiels soudains, de « mais qu’est-ce que je suis en train de faire? ». Et ça me prend quelques minutes pour me remettre à rationaliser, à m’auto-expliquer que mes diverses démarches ne sont que positives, et j’ai tout un tas d’exemples pour me convaincre immédiatement.

Mais ces instants de déconnexion demeurent néanmoins. Et même si je ne l’admets que rarement aux professionnels de santé qui me suivent, ils existent, et me font parfois un peu peur. Parce que lesdits professionnels de santé, je pense notamment à ceux qui me suivent pour la part psy, leur avouer un truc pareil, donnerait raison à leurs craintes. Leurs craintes que, compte tenu de mon état de santé, avec la co-morbidité et toutes ces conneries sur papier, que je suis dans le faux, dans l’illusion. Que je n’ai démarré ma transition que par lubie temporaire, et que je vais conséquemment droit dans le mur.
Alors qu’en vrai, je suis convaincu que ce ne sont que des « restes » d’angoisses latente.

De la même façon, quand je pense à mon avenir, l’angoisse remonte, et me prends aux tripes, ou plus précisément, au cérébral. Pour exemple, j’ai envoyé ma demande d’allocs y’a quelques semaines, et je n’aurais la réponse qu’en février/mars, de savoir si mon unique revenu financier, indispensable pour vivre, m’est coupé ou non.
Et quand j’y accorde quelques secondes pour savoir qu’est-ce que je vais bien faire si jamais cela arrive, qu’effectivement ma demande d’allocation est refusée, la réponse immédiate apparaît en lettres d’or dans ma tête: me foutre en l’air.

Je n’ai pas de pensées suicidaires ou particulièrement d’idées noires, mais je parlais plus haut du fait que des années à aller mal laissent des traces, bah là on est en plein dedans.
Etant ado, j’ai passé énormément de temps à planifier mon suicide comme je planifierais mes vacances, à rationaliser froidement ma propre mort. A réfléchir à toutes les lettres qu’il fallait que je rédige, aux démarches qu’il me fallait entreprendre avant mon départ, aux diverses formalités indispensables pour partir sans inquiétude. Le tout de façon excessivement détachée.

De ce fait, quand j’ai une grosse source d’angoisse, la réponse toute prête qui poppe dans ma tête, c’est toujours de mourir. Quoi que je fasse, quelque soit mes liens avec l’humanité, constamment, crever serait la solution de facilité.

Et je ne dis bien évidemment pas que je compte mettre ce potentiel plan à exécution, bien au contraire, j’affirme que cette pensée immédiate est juste fatigante, lassante.

Voilà. Je n’ai pas de conclusion réelle pour aujourd’hui. J’avais juste besoin de poser ça quelque part. Pour souffler quelques minutes. Parce que je ment effrontément quand je dis que « ça va, mais ça dépend des jours ». Cela ne dépend aucunement du jour, mais de l’heure. Mon cérébral a cette capacité à vriller pour rien, à être trigger par n’importe quoi et faire des connexions bien trop poussées. Du coup j’ai fréquemment des bouffées d’angoisse qui ne durent qu’une dizaine de minutes, une heure grand maximum. Et ça passe, jusqu’à la suivante.

Et parce que c’est épuisant d’être aussi changeant psychiquement, je voulais écrire tout ceci et le publier. Parce que même si je me décharge verbalement aujourd’hui, ça n’enlève pas totalement ce poids de mon esprit. Mais un peu, juste un peu, c’est tout ce que je demande.