Thought I’d keep it undercover

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Il y a quelques jours de ça, je suis allé à une soirée autoproclamée (je cite) « de haut luxe pour les personnes LGBTQ+ et hétéro-friendly ». Bon déjà si le luxe c’est d’attendre 45 minutes dehors pour parvenir à rentrer, alors okay, on est dans les clous.
Mais par contre je tenais à revenir sur deux choses importantes, la première étant le flyer qui nous a été distribués à tous à l’entrée, et en second on conclura par mon expérience personnelle de cette soirée.
Je vais être sympa, je ne citerais pas directement qui est l’organisateur de cette soirée, ni où elle a eu lieu, parce que c’est les faits qui sont importants, pas le contexte.

Je m’excuse par avance de la mauvaise qualité des photos de cet article, prises avec mon téléphone parce que j’avais grave la flemme de brancher mon scanner.

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La première erreur, est pourtant classique : la présence des Allié.e.s dans l’acronyme. Non. Les allié.e.s comme leur nom l’indique si bien, ne sont que des allié.e.s, ils et elles ne subissent aucunement des oppressions particulières vis à vis de leur sexualité (hétéro) ni de leur genre (cisgenre). Ce n’est pas tellement « eux contre nous », mais plutôt le fait que cet acronyme censé être rassembleur donne une place de choix à des personnes qui, une fois sorties d’un encart militant, peuvent retourner à leurs activités quotidiennes sans la moindre poussière d’oppression et d’agressivité à leurs encontre. Parce que c’est ça la réalité : une personne transgenre et/ou non hétérosexuelle, en prends plein la gueule h24 dès qu’elle fout le nez dehors, juste parce qu’iel semble différent.e.
Donc non, vous filez pas une lettre de cet acronyme à une personne qui n’est vraiment concernée que par extension indirecte. Merci.

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On passera sur la petite « blague » sur le non-choix. Ferme bien ta gueule le flyer, merci.

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En deuxième élément (on va les faire dans l’ordre, j’suis un mec sympa), tiens, regarde ces gens bizarres, ils sont aussi vachement sympa si ils boivent avec toi ! Peut-être qu’ils n’en ont rien à foutre de ta condescendance et de tes jugements de valeur, et qu’ils vivent très bien sans ton approbation, moi j’dis ça hein…

Et enfin, conseil magnifique et absolument bullshit qui pourtant, faisait la fierté des orgas de la soirée. Oui parce que, une des personnes qui m’accompagnait à cette soirée a pu entendre dire l’un deux, combien c’était « du génie », limite que c’était un conseil révolutionnaire.
Le point du prénom. Pour ceux qui auraient du mal à lire, il est dit qu’en gros, quand tu ne sais pas quel pronom employer face à une personne trans, demande lui son prénom.
Sauf que ça ne fonctionne pas à tous les coups, dans la vraie vie. Déjà parce que certaines personnes trans utilisent des prénoms mixtes, et là, vous êtes bien emmerdés à pas savoir comment vous en dépatouiller hein?
Ensuite parce que, et je peux attester en connaitre quelques-un.e.s, certaines personnes non-binaires utilisent des prénoms typiquement assignés à un genre, mais préfèrent les pronoms de l’autre genre. Comme quoi, il est pas si miraculeux votre conseil pourri.

Mais bref, j’arrête de rager pour en finir par mon expérience de cette soirée.
Le son était sympa, y’avait des gens agréables à regarder, et la boisson était pas chère.
Par contre, quand je suis allé aux toilettes, après 20 minutes à faire la queue, en sortant de la cabine, je me suis fait littéralement engueuler parce que, d’après les personnes qui commençaient à m’agripper gentiment mais de façon désagréable, j’utilisais « les chiottes des meufs ». J’ai poliment dit aux deux personnes face à moi d’aller cordialement « se faire foutre », et je me suis barré de là pour rentrer chez moi.

Pour une soirée autoproclamée « safe et inclusive », si les gens ne sont pas foutus de comprendre que, pour des raisons de praticité, ou de confort, ou même d’équipement intime, les toilettes n’ont pas à être attribués plus à un genre que l’autre, et que, peut-être que je ne sais pas me servir d’une pissotière, ou peut-être que je voulais poser ma pêche. Bref, peut-être que je n’avais pas à me faire littéralement engueuler parce que j’ai décidé d’attendre plus longtemps pour une cabine que pour l’autre.

Pour conclure. Ce qui avait l’air d’être une excellente soirée au démarrage, s’est rapidement transformée en mauvais souvenir. Merci, on ne m’y reprendra plus.

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4 réflexions sur “Thought I’d keep it undercover

  1. tuttykroa

    Je suis… perplexe/choquée/dafuckisée.
    Comme tu le dis, pour une soirée (et un événement) qui se dit « ouverte », il y a quand même quelques barrières et ça me perturbe… comment se déclarer ouvert si derrière on lit des imbecilités pareilles oO ?
    Et je comprends parfaitement ta réaction en sortie de pipiroom. J’aurais certainement réagi de la même manière que toi ^^’

  2. Yo.
    Je suis comme toi déçu-e de ce que cette soirée a donné, je l’ai aussi quittée un peu brutalement. Pardon de t’avoir abandonné ! :(
    Je t’avoue que j’avais juste survolé le flyer, j’avais pas relevé…. et que c’est l’horreur à lire, là O.O genre, « respecte les autres et ne juge pas sur l’apparence, si tu les trouve bizarres, garde tes préjugés pour toi, merci ». Ca aurait suffit. Le truc des prénoms est complètement à la ramasse aussi.

    Pour la vanne sur « hétéro-friendly », je t’avoue l’avoir trouvée drôle sur le coup parce que je l’ai pris comme une critique/parodie de l’étiquette « gay-friendly » de certains bars et lieux, en mode « ouh on vous tolère, remerciez nous ». Mais j’peux comprendre qu’elle passe pas bien, surtout à la lumière du reste de la com.

    Sinon, j’ajoute ma pierre à l’édifice, ce soir-là je me suis pris une main au cul soudaine par un inconnu, qui quand je l’ai attrapé (littéralement sur le fait, hein) m’a dit « mais nooon, c’est pas mon genre », et n’a reconnu que lorsque j’ai menacé de le dénoncer aux mecs à l’entrée pour le faire sortir. J’aurais dû, à vrai dire, je l’ai regretté. Ce n’est pas la faute des orgas en soi, tout comme pour les gens qui t’on agressé à la sortie des chiottes… Mais le ton, au mieux malhabile, au pire mal informé, du flyer et de la com permettent aussi en partie ce genre de comportements, et font douter qu’on pourra faire dégager un mec relou ou se plaindre de qqchose.

    Mais oui, c’était relou parce que… bah se retrouver à cissexisme land dans une soirée estampillée « LGBT », c’est rageant.

    Après j’ai aussi parlé à quelques gens gentils et fun et queer, devant les chiottes notamment, où on a conclut que les toilettes devraient toujours être mixtes (la révolution, je sais), et j’ai aimé la musique, et j’étais avec des copains cool.
    J’espère qu’on aura l’occase de ressortir lors d’une soirée mieux pensée, et que tu auras une meilleure expérience…

    Bref, c’était du racontage de vie, mais merci pour l’article !

  3. Will Stochastique

    Ah ah, a la lecture de cet article, j’ai envie de me faire un gros T-shirt style Captain America avec marqué « Allié.e LGBT » xD
    NON.

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