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Ce matin, j’ai un peu de temps à perdre, alors j’ai décidé d’entreprendre la tâche de vous aiguiller sur quelques points importants concernant la transidentité. On va commencer par des choses assez basiques et même si d’autres que moi les ont déjà passées en revue, une piqûre de rappel ne fait jamais de mal. Surtout si la question ne vous préoccupait pas avant de me rencontrer.

La question du terme

Contrairement à une croyance bien trop répandue, la différence entre transsexualité et transidentité n’est pas une distinction grammaticale pour les personnes ayant été opérées. D’ailleurs parler d’opération c’est plutôt vague, vu qu’il y en a tous un tas possibles, et que chaque personne transgenre ne choisira pas forcément de toutes les effectuer, qu’importe que cette personne soit ftM (female to Male) ou mtF (male to Female). Mais je sais aussi que beaucoup de gens parlent de « l’opération » en faisant référence à la chirurgie de réassignation sexuelle, les parties génitales donc, mais nous y reviendrons un peu plus tard dans cet article.

Le terme transexuel est en fait l’ancien terme pour transgenre, et il s’agit plus spécifiquement du terme médical. Il faut savoir que celui ci a été retiré de la liste des troubles mentaux en février 2010. C’est pas loin 2010. Mais malgré tout, le terme de transsexualisme existe encore en France, notamment au niveau de la Sécurité Sociale.
On préfère donc employer le terme de transgenre, puisque on fait ainsi opposition entre le sexe (attribut physique) et le genre (relatif à la psyché). Pour reprendre le titre d’un documentaire sur la question, il est important de relever que mon sexe n’est pas mon genre.
Pour résumer, le mot transexuel a une trop forte connotation médicale, et de ce fait, on lui préfère le terme de [personne] transgenre.

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La question des pronoms

Il y a une façon de demander à quelqu’un quand on doute de son identité de genre sans la heurter. Je conçois que pour mon cas présent, ça peut, si vous êtes malvoyants, ne pas être physiquement une évidence. Et me demander frontalement si je suis « un garçon ou une fille », c’est violent. On est pas dans Pokemon et vous n’êtes pas le Professeur Chen tellement neuneu qu’il a oublié le nom de son petit fils.
Voici donc une formulation respectueuse, si jamais vous souhaitez ne pas secouer la personne pour savoir comment s’adresser à elle ou lui.
Quel pronom utilises tu / Quel est ton pronom d’usage?
On privilégiera ces formules à d’autres qui laissent sous entendre que c’est une préférence et non une vérité. C’est subtil mais ça fait toute la différence.
Quant aux personnes cisgenres qui s’offusquent quand on leur demande leurs pronoms d’usage, il va falloir apprendre que c’est mieux de demander plutôt que de se planter en estimant d’emblée le genre d’une personne. S’en foutre d’être mégenré (appelé par les mauvais pronoms) c’est un luxe que la plupart des personnes transgenres n’ont pas. Être mégenré est blessant, bousille l’estime et la confiance en soi. Donc évitons les devinettes hasardeuses.

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La question du passé

Depuis que j’ai pris conscience de mon identité, j’ai toujours estimé que ma transition n’est qu’une étape médicale. Je ne suis pas « une fille qui devient un garçon ». Je suis un garçon, avec des attributs physiques associés au genre féminin. Il n’y a pas d’avant/après. Je suis un garçon, j’étais un garçon, je mourrais en étant un garçon, c’est une continuité.
De ce fait, même pour les personnes me connaissant depuis des années, il est hors de question de m’appeler au féminin lorsque l’on évoque le passé.
Je n’étais pas une fille dans mon passé, j’ai simplement été élevé en tant que fille, et considéré socialement en tant que tel. Disons pour simplifier que j’ai vécu dans le mensonge sans réellement en avoir conscience.
En conséquence, avoir connu une personne avant sa transition médicale, n’est pas un passe-droit pour parler de cette personne avec les mauvais pronoms.

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La question des sous-vêtements

Si on pouvait arrêter de demander aux personnes transgenre si elles ont fait « l’opération », ça serait pas mal. L’intimité de leurs parties génitales ne vous concernent pas, sauf si vous comptez faire des fanfreluches avec ces personnes, et encore. Moi je vous demande pas comment vous vous branlez, alors ne me demandez pas si j’ai déjà un pénis.
D’autant que comme je le disais plus haut, la liste des opérations possibles est longue et rien n’est réellement obligatoire, mon corps = mes choix, en gros. Si une femme transgenre décide de garder ses attributs dits « masculins », c’est son choix. Si un mec trans décide qu’il ne souhaite pas avoir de pénis pour se sentir complet, c’est son droit aussi.
Le ressenti de chacun est propre à eux-même, et eux uniquement. Ne rentrons pas dans l’intimité des personnes transgenres sans leur accord, comme pour tout individu en fait.

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Voila. C’était la grosse minute éducation. Merci de votre attention!

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