Some ask me questions

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Cette nuit, je suis donc sorti promener plusieurs heures avec un groupe de 7 mecs que je ne connaissais pas, tous joueurs de Pokemon Go.
Et comme mon cispassing s’est nettement amélioré depuis peu, aucun ne m’a posé de question quant à mon genre.
Et c’était une expérience à la fois fascinante et déroutante. J’étais l’un d’entre eux, mais j’étais en même temps terrifié à l’idée que soit remise en question mon identité. La peur d’être « découvert » en tant que personne transgenre, en somme.
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J’ai donc passé près de 3h avec ces messieurs, tous âges confondus, mais une grosse majorité autour des 25-30 ans. Et c’était assez irréaliste. C’est passé de la tape dans l’épaule quand on faisait des blagues nulles, à se serrer la main pour se saluer, aux insinuations quant à une potentielle homosexualité présumée, pour conclure par quelques blagues à la limite du sexiste.
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Et j’avais la trouille. La peur que si je ne riais pas à leurs blagues parfois limite, j’allais être détecté, parce que différent d’eux. Et que forcément il allait m’arriver des bricoles si tel était le cas. Mais ça c’est mon cérébral qui pars parfois trop loin dans la paranoïa.
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Je n’ai pas été élevé avec ce privilège masculin, du coup j’étais en permanence sur mes gardes, quand quelqu’un en dehors du groupe de visiblement ivre nous approchait un peu trop. J’étais le seul à réellement craindre de me faire agresser, à serrer mon téléphone contre mon torse, au cas où quelqu’un essaye de me le tirer. J’étais le seul à ne pas être totalement insouciant, à ne pas juste être content d’être dehors, à capturer des pokémons à 4h du matin.
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Du coup, même si c’était une sortie très chouette et un sentiment d’acceptation plus que bienvenu, j’ai quand même ressenti ce décalage comportemental, et cette terreur enfouie de tous un tas de trucs relatés ci dessus. Parce que je suis différent. Et parce que je prends conscience que oui, quand les garçons sont laissés loin des filles, leurs attitudes sont bien différentes, et leurs propos bien moins censurés.
Je le savais, mais je n’avais jamais pu le vérifier jusqu’ici, et c’est assez troublant.
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J’ignore si je souhaite réellement m’y habituer, ou si je m’y refuse, parce que combattre le patriarcat ça commence aussi par ça.
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I’m free from the worries that I left behind

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J’annonce la couleur.

Bon. Ça fait quelques jours que ça me démange furieusement. Il faut que j’écrive un article à propos de Pokemon Go. Je n’ai certes pas la portée d’un site comme RondPoint89 ou 15minutes, mais ce n’est pas pour autant que je n’ai pas d’avis sur la question.
Avant toute chose je pose ici un content warning: Je suis un joueur. Et je suis très en colère.

J’ai lu des choses affreuses, des clichés éculés écrit mille fois à propos de n’importe quel jeu vidéo, des gens même issus de mes contacts qui gueulent gratuitement sur un phénomène qu’ils ne comprennent pas, allant jusqu’à la violence verbale et les menaces.
Excusez du peu, mais quand je lis qu’on veut jeter mon téléphone dans la Garonne sous prétexte que je capture des bestioles qui n’existent pas, ça me fout un peu la trouille.

L’argument principal que j’ai pu lire jusqu’à le vomir, un peu partout sur les articles anti-PoGo, c’est que le jeu nous zombifie, et nous rend dangereux lors de nos déplacements dans l’espace urbain.
Je répondrais d’emblée que ce n’est pas le jeu qui rend dangereux, c’est une minorité de joueurs, qui sont un peu cons et manquent de savoir vivre, ça je ne vous l’enlève pas. Quand je joue, mon téléphone est dans ma main, et mes yeux sont dirigés vers là où je marche. L’avantage c’est que lors de l’apparition d’un pokémon, le téléphone vibre. Je prends donc 3 secondes pour me décaler et ne pas gêner le passage. Le problème ne vient pas donc du jeu, mais de quelques individus, nuance.

Ah, et si par zombification vous parlez du fait qu’on ait les yeux rivés sur nos écrans, je ne trouve pas que cela change grandement vis à vis du reste du temps. Prenez un peu les transports en commun, combien de gens, tous âges confondus, sont collés à leur écran? Un bon gros 70% des passagers. Seulement, avant que le jeu ne sorte, personne ne savait vraiment ce que tous ces gens foutaient sur leurs téléphones. Peut-être qu’ils lisaient, peut-être qu’ils discutaient avec leurs proches, peut-être qu’ils jouaient à Candy Crash, peut-être qu’ils planifiaient leurs liste de courses. Personne ne le sait. Mais à présent? Oula, sûrement en train de s’imaginer être le meilleur dresseur? Tuons les par le feu, ces sales asociaux…

Mais bazar, moi tout ça m’énerve beaucoup, donc je vais vous exposer calmement en quoi le jeu est positif.

Il faut savoir qu’à l’origine, je suis quelqu’un d’excessivement casanier, je sors très peu de chez moi, pour certaines raisons bien précises. Je ne supporte pas le bruit ambiant, je n’aime pas voir des gens, j’ai du mal à me refréner de me jeter sous un bus, bref, l’horreur. Donc rester chez moi est bien plus qu’un confort.
Mais depuis que Pokemon Go est sorti, officieusement puis officiellement depuis peu, je sort au moins tous les deux jours. Et pas juste pour aller au bout de la rue chercher mes clopes ou racheter du café. Non. Je déambule des heures durant, à la recherche d’une créature qui, certes n’existe que dans mon téléphone, mais dont la joie procurée par sa capture est elle, bien réelle.
J’ai donc installé un podomètre sur mon téléphone, pour mesurer à quel point je me remuais. Et depuis la sortie de PoGo, je fais en moyenne 5 kilomètres par jour, ceux où je pars chasser Pikachu et ses copains.
Je vais dehors, je parle à des gens que je ne connais pas, et même parfois, je fais quelques kilomètres en leur compagnie à discuter du jeu et à chasser les pokemons en même temps.
En bref, je fais du bien à mon corps, à et mon humeur. Je combats mon anxiété sociale sans avoir l’impression de vraiment faire d’efforts. Parce qu’avec les autres joueurs, nous avons un point central de discussion, une passion commune pour un univers, bref, de quoi animer nos discussions sans être incroyablement awkward de mon côté, ou tout du moins, pas plus qu’eux.
Et ça fait un bien fou.

Donc je ne comprends vraiment pas cette haine gratuite du jeu, cette volonté de nous faire passer pour des gros abrutis sans cervelle, poussés aveuglément vers une réalité toujours plus virtuelle.

Et quand bien même il y a eu des articles à scandale du type « un joueur a trouvé un cadavre dans un parc ». Si ça avait été un classique joggeur, personne n’en aurait fait tout un foin. Mais bref.

Pour finir, et je conclurais là dessus, rager sur un truc qui ne vous effleure qu’à peine, ne vous rends pas plus matures et intelligents que le reste de la masse, bien au contraire.

Just hold my hand

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En vrai c'est des piqûres dans les fesses.

En vrai c’est des piqûres dans les fesses.

Bien le bonjour.

Aujourd’hui un article rapide, pour résumer l’issue de mon rendez-vous avec ma nouvelle endocrinologue. Un récit qui sera un tantinet personnel, mais je me le permets pour une fois, car c’est notamment grâce à certains d’entre vous que cela a été possible, mais j’y reviendrais en fin d’article.

Donc mardi dernier, j’ai pris la (longue) route pour Paris par le bus, 8h de longueur d’autoroute, dont une pause de 45 minutes en pleine cagnard en plein milieu de la journée, au milieu de nul part. La joie donc.
Mais outre le trajet plus ou moins chiant, surtout en sachant que j’ai le mal des transports; je suis arrivé entier à la Capitale. J’ai été réceptionné sans encombres et j’ai pu manger à ma faim. Ce qui nous amène au mercredi, jour tant redouté du rendez-vous avec l’endoc.

D’une part, mon cispassing s’étant bien amélioré, j’ai eu droit à un sonore « bonjour monsieur » de la part de la secrétaire, ce qui est toujours agréable. J’ai donc été aiguillé vers la salle d’attente la plus fancy qu’il m’ait été donné de voir, avec fauteuils et canapés a l’ancienne, en bois et velours vers méga confortable. J’ai donc judicieusement pris la seule chaise un peu basique de la pièce, pour rester bien droit, parce que pour une raison qui m’échappe, ça me rassurait.
L’endoc me reçoit donc, je lui expose ma situation, et alors que je commence à peine à lui sortir les comptes-rendus de mes examens sanguins, elle répond au téléphone et explique qu’elle est actuellement avec un patient, donc de ne pas la déranger pour la prochaine demie heure. Ça peut sembler con que je sois alors aussi jouasse du respect de mes pronoms, mais la première endoc ne prenait pas cette peine, donc déjà ça m’a apaisé.

Mais bref, elle m’explique en lisant mon dernier taux de testostérone en date, qu’il est beaucoup trop élevé et que ça pourrait être dangereux. Elle me demande donc quel dosage avais-je jusqu’à présent, et à ma réponse elle me demande en riant doucement si cela n’a pas été trop difficile pour mes proches jusqu’à présent. Parenthèse d’ailleurs, en discutant avec lesdits proches, j’ai apparemment été effroyable et imbouffable ces derniers mois. Je n’en avais juste pas conscience parce que bouillon d’hormones quoi.

Mais donc pour en revenir à mon histoire de testo, il s’avère qu’en principe on est censés commencer le traitement de façon progressive, alors que j’ai eu droit à un dosage un peu fort d’entrée de jeu. De ce fait la masculinisation du corps a été très rapide et un peu violente. D’où le fait que ma voix est tombée d’un coup par exemple.
Du coup je change de fréquence d’injection et de dosage. Ça équivaut du coup à la même chose mais les prises seront donc plus régulières et ainsi plus douces pour l’organisme et mon corps devrait à priori prendre bien moins cher.

Mis à part ça, l’endocrinologue a été super chouette, posant ici et là explications simples et petits conseils éclairés. Sans une seule seconde apposer de jugement ou de critique gratuite. Elle n’a pas tiqué quand j’ai brièvement expliqué pour ma pathologie, et ne m’a pas fait de remarque désobligeante, à aucun moment. Elle a été respectueuse de mes pronoms et m’a immédiatement demandé mon prénom d’usage pour me parler sans utiliser mon deadname.

Bref, que du parfait en résumé en fait. Ça m’a fait du bien, après avoir été « maltraité » par la précédente.
Je dois donc revoir celle ci courant mi-décembre, tandis qu’elle m’a écrite une prescription pour les 4 prochains mois. Je dois apporter de nouveaux résultats d’examens et si tout va bien, je ne la verrais plus que deux fois l’an après cela.

Voila.
Je tenais à remercier les quelques personnes qui ont participé à ma seconde cagnotte, ce qui m’a permis de pouvoir me déplacer dans Paris, ainsi que de payer le médecin sans creuser mon découvert jusqu’à la moelle.
Je me permets de préciser que la cagnotte reste ouverte jusqu’à la prochaine prise de rendez-vous, de façon à pouvoir racheter un binder et financer le prochain séjour sur Paris. En voici le lien.
Je ne vous force bien évidemment à rien, mais si vous y tenez, voilà, le lien reste actif.

Merci à tou.te.s de votre attention.
Bisou !

The fun ain’t got no end

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Ces derniers mois, beaucoup d’entre eux m’ont exprimé leur admiration face à mon courage, concernant le fait de faire une transition.
Je suis le premier à souhaiter bien du courage à mes proches, mais en l’occurrence, je ne sais pas vraiment si c’est réellement du courage, et ce sera mon sujet du jour.

Je ne sais pas si c’est du courage, parce que je ne le ressens pas ainsi. Je l’ai souvent dit, je l’ai parfois écrit, mais j’ai surtout eu le choix entre entamer le processus médical ou me foutre en l’air. Il n’y a rien de très courageux à vouloir égoïstement rester en vie.

Croyez le bien, si j’avais réellement eu le choix, je serais resté dans mon identité sociale telle qu’elle est inscrite sur mes papiers. Je ne dis pas que ça aurait été facile, je ne dis pas que j’y aurais survécu bien longtemps, je dis simplement que ça aurait demandé bien plus de tripes pour tenir la longueur.
Si j’ai décidé d’aller contre mon assignation de naissance, c’est uniquement parce que j’avais besoin de pouvoir me regarder dans un miroir sans avoir la nausée.

Le courage c’est un concept un peu fourre tout, et on l’appose sur beaucoup trop de trucs à mon goût.
On ne dis pas à un gamin qui se bat contre un cancer qu’il est courageux. Il n’a pas le choix, il fait juste en sorte d’essayer de rester en vie.

Bah pour moi c’est pareil. Je maximise juste mes chances, de sorte qu’en étant plus en adéquation avec moi-même, j’aurais davantage l’envie de rester vivant un peu plus longtemps.

J’ai mené un certain nombre de combats dans ma vie, dont certains que je mène encore aujourd’hui et pour les années à venir. Et pourtant, on ne m’a jamais dit que j’étais courageux alors que je luttais férocement contre ma dépression. On ne m’a jamais dit que j’étais courageux parce que je prenais bien mes médicaments tous les jours. On ne m’a jamais dit que j’étais courageux parce que j’arrivais à sortir de chez moi, malgré une violente envie de me jeter sous un bus ou d’égorger les passants.
Pourquoi? Parce que tout ces exemples sont des luttes invisibles, personnelles, et que c’est ce qu’on attends de nous. De nous en sortir. De continuer à vivre. D’avancer sans relâche. De ne jamais lâcher le morceau.
C’est là même le concept de vie et de survie.

Sans même parler du fait que me dire que j’ai du courage me ramène constamment à ma lutte personnelle pour faire valoir mon identité. Je n’ai pas spécialement plus de courage que les personnes cisgenres du fait d’affirmer ainsi qui je suis. J’ai du mérite, à la limite. Parce que je n’ai pas été assigné à la naissance sur un pied d’égalité avec la majorité de la population. Mais qu’il ne faudra pas compter sur moi pour me laisser abattre par le poids de la difficulté. Moi comme d’autres.

Pour toutes ces raisons, et d’autres encore, j’aimerais que l’on arrête de me dire que je suis courageux.
Vous pouvez me dire que vous êtes fiers de tout ce que j’ai accompli, et du fait que je garde la tête droite face à tout ce qu’il me reste à accomplir.
Vous pouvez m’exprimer tout votre amour de plein de façon différentes.

Mais pas en me disant que je suis courageux. Car je ne le suis pas. J’essaie juste de rester en vie. On n’a pas tous le même plateau à porter, certes, mais si tout le monde est courageux, alors personne ne l’est vraiment.

Les 7 ans du blog !

Vidéo

Aujourd’hui, mon humble blog fête ses 7 ans !

A cette occasion, j’ai décidé de mettre des bougies sur un gâteau, et puis de manger le gâteau. Et comme c’était pas un mauvais gâteau, bah j’ai fait des photos, et une petite vidéo. Et puis aussi quelques lignes de remerciement à tous mes ordis qui se sont succédé pour assurer la longévité de ce blog!

Un premier, à Charlie le Conquérant. Qui m’as été offert à mon entrée au lycée, avant même la création de Guy, Geek & Green. Et à qui je dois mes premières mises en ligne d’articles qui étaient avec le recul, assez foncièrement mauvais adolescents.

Un second, pour Frederick le Vaillant. Premier gros achat avec mon propre argent, durement gagné à la sueur de mon front. Une grande partie des premières années du blog a été rédigée sur son clavier silencieux de laptop.

Un troisième à Hubert le Sauveur. Récupéré auprès d’un copain qui changeait de PC, alors que Fred battait clairement de l’aile. Hubert qui me sert encore, alors que j’écris ces quelques lignes. Même si une grande partie de son matériel a été changée avec le temps, il n’en reste pas moins mon Sauveur des Internets.

Un quatrième à Piotr le Discret. Dernier acquis de la famille, qui bien qu’actuellement en séjour prolongé chez le Bro-Léo, a su gagner mon cœur avec son clavier doux et sa ventilation d’avion au décollage.

Et enfin un ultime merci à vous, mes lectrices et lecteurs, fans du premier jour comme derniers arrivés. Sans votre soutien et votre présence toutes ces années, je n’aurais probablement pas tenu la distance.

Je lève mon gâteau à une nouvelle année prospère et créative!
Le bisou.

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Turn the radio on

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Ce matin, j’ai un peu de temps à perdre, alors j’ai décidé d’entreprendre la tâche de vous aiguiller sur quelques points importants concernant la transidentité. On va commencer par des choses assez basiques et même si d’autres que moi les ont déjà passées en revue, une piqûre de rappel ne fait jamais de mal. Surtout si la question ne vous préoccupait pas avant de me rencontrer.

La question du terme

Contrairement à une croyance bien trop répandue, la différence entre transsexualité et transidentité n’est pas une distinction grammaticale pour les personnes ayant été opérées. D’ailleurs parler d’opération c’est plutôt vague, vu qu’il y en a tous un tas possibles, et que chaque personne transgenre ne choisira pas forcément de toutes les effectuer, qu’importe que cette personne soit ftM (female to Male) ou mtF (male to Female). Mais je sais aussi que beaucoup de gens parlent de « l’opération » en faisant référence à la chirurgie de réassignation sexuelle, les parties génitales donc, mais nous y reviendrons un peu plus tard dans cet article.

Le terme transexuel est en fait l’ancien terme pour transgenre, et il s’agit plus spécifiquement du terme médical. Il faut savoir que celui ci a été retiré de la liste des troubles mentaux en février 2010. C’est pas loin 2010. Mais malgré tout, le terme de transsexualisme existe encore en France, notamment au niveau de la Sécurité Sociale.
On préfère donc employer le terme de transgenre, puisque on fait ainsi opposition entre le sexe (attribut physique) et le genre (relatif à la psyché). Pour reprendre le titre d’un documentaire sur la question, il est important de relever que mon sexe n’est pas mon genre.
Pour résumer, le mot transexuel a une trop forte connotation médicale, et de ce fait, on lui préfère le terme de [personne] transgenre.

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La question des pronoms

Il y a une façon de demander à quelqu’un quand on doute de son identité de genre sans la heurter. Je conçois que pour mon cas présent, ça peut, si vous êtes malvoyants, ne pas être physiquement une évidence. Et me demander frontalement si je suis « un garçon ou une fille », c’est violent. On est pas dans Pokemon et vous n’êtes pas le Professeur Chen tellement neuneu qu’il a oublié le nom de son petit fils.
Voici donc une formulation respectueuse, si jamais vous souhaitez ne pas secouer la personne pour savoir comment s’adresser à elle ou lui.
Quel pronom utilises tu / Quel est ton pronom d’usage?
On privilégiera ces formules à d’autres qui laissent sous entendre que c’est une préférence et non une vérité. C’est subtil mais ça fait toute la différence.
Quant aux personnes cisgenres qui s’offusquent quand on leur demande leurs pronoms d’usage, il va falloir apprendre que c’est mieux de demander plutôt que de se planter en estimant d’emblée le genre d’une personne. S’en foutre d’être mégenré (appelé par les mauvais pronoms) c’est un luxe que la plupart des personnes transgenres n’ont pas. Être mégenré est blessant, bousille l’estime et la confiance en soi. Donc évitons les devinettes hasardeuses.

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La question du passé

Depuis que j’ai pris conscience de mon identité, j’ai toujours estimé que ma transition n’est qu’une étape médicale. Je ne suis pas « une fille qui devient un garçon ». Je suis un garçon, avec des attributs physiques associés au genre féminin. Il n’y a pas d’avant/après. Je suis un garçon, j’étais un garçon, je mourrais en étant un garçon, c’est une continuité.
De ce fait, même pour les personnes me connaissant depuis des années, il est hors de question de m’appeler au féminin lorsque l’on évoque le passé.
Je n’étais pas une fille dans mon passé, j’ai simplement été élevé en tant que fille, et considéré socialement en tant que tel. Disons pour simplifier que j’ai vécu dans le mensonge sans réellement en avoir conscience.
En conséquence, avoir connu une personne avant sa transition médicale, n’est pas un passe-droit pour parler de cette personne avec les mauvais pronoms.

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La question des sous-vêtements

Si on pouvait arrêter de demander aux personnes transgenre si elles ont fait « l’opération », ça serait pas mal. L’intimité de leurs parties génitales ne vous concernent pas, sauf si vous comptez faire des fanfreluches avec ces personnes, et encore. Moi je vous demande pas comment vous vous branlez, alors ne me demandez pas si j’ai déjà un pénis.
D’autant que comme je le disais plus haut, la liste des opérations possibles est longue et rien n’est réellement obligatoire, mon corps = mes choix, en gros. Si une femme transgenre décide de garder ses attributs dits « masculins », c’est son choix. Si un mec trans décide qu’il ne souhaite pas avoir de pénis pour se sentir complet, c’est son droit aussi.
Le ressenti de chacun est propre à eux-même, et eux uniquement. Ne rentrons pas dans l’intimité des personnes transgenres sans leur accord, comme pour tout individu en fait.

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Voila. C’était la grosse minute éducation. Merci de votre attention!