Mika & les GLOKdoll

Par défaut

Bien le bonjour.

Il faut savoir que moi dans la vie, je dis que je n’aime pas les gens, mais qu’en vrai, j’aime bien les gens quand même un peu. Et de ce fait, je commence à en connaitre un bon paquet, de gens justement. Et si je ne suis qu’un humble manipulateur du verbe, et que je crée du contenu au final plutôt virtuellement, certains de mes contacts eux, sont en revanche créateurs et créatrices de contenu tout à fait palpable.
Je vous ai déjà présenté Coffin, ainsi que la très touche-à-tout-mais-avec-talent Leo, et aujourd’hui, c’est Mika que j’ai décidé de mettre à l’honneur!

Mika donc, a son univers bien à elle, le petit monde des GLOKdoll, poupées malicieuses se déclinant sous tout un tas de formes: broches, barrettes pour gens chevelus (pas moi donc), peluches, poupées de chiffon, porte-clés etc; le tout, toujours avec la patte inimitable de l’experte en la matière, et unique créatrice, j’ai nommé Mika.

Le principe même des GLOKdoll, par le biais de petits personnages créés de toutes pièces avec des matériaux de récupération (chutes de tissu, boutons anciens etc.), c’est de renvoyer à l’enfance, au temps des terreurs nocturnes et du réconfort de peluches qu’on imaginait s’animer. Le concept des GLOK est donc de mixer un peu ces deux éléments, pour obtenir des créations à la fois un peu vintage et en même temps aussi fascinantes que dérangeantes. Parce que l’univers de Mika, n’est clairement pas pour les enfants, enfin, en principe, mais nous allons y revenir un peu après.

Donc Mika, bonjour tout d’abord.
Mika: Hello!

Kao: Pour démarrer d’entrée, je voulais savoir comment t’es venu le design des GLOKdoll? Car j’ai remarqué qu’elles ont toutes des traits communs, que ce soit dans les yeux, ou l’aspect général. Même uniques, elles portent toutes ta « patte ».

Mika: Les GLOKdoll sont toutes fabriquées sur le même modèle, elles sont dessinées à partir des mêmes patrons de couture. C’est une volonté d’unité, comme pour créer une nouvelle espèce d’êtres. Nous les humains avons à peu près tous des traits communs qui nous font appartenir à l’espèce humaine. Et bien les GLOKdoll c’est pareil: elles ont des signes caractéristiques qui fait qu’on ne peut pas les confondre avec une autre espèce!
Je les ai voulu petites, trapues, avec un petit ventre dodu et des fesses rebondies qui tiennent dans la main. Je voulais clairement me différencier des autres poupées d’Art ou Ragdoll qui sont plutôt fines et élancées, tout en longueur.
(ndlr: les artdoll et ragdoll sont des termes génériques de poupées.)

Ce qui est drôle c’est que la toute première GLOKdoll que j’ai fabriquée, avec juste un vieux drap en coton blanc tout mité et tout doux qui appartenait à « ma » grand-mère, avait déjà ce corps petit et trapu. Le patron n’a que très peu évolué, juste pour répondre aux impératifs de facilité de couture. C’est juste ce vieux drap que je trouvais magnifique parce qu’il avait vécu beaucoup de choses et portait donc une histoire qui a été le point de départ de mes créations.
Au tout début les GLOKdoll portaient des masques en tissu, avec un sourire GLOK dessiné. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’elles ont eu un véritable visage au sourire cousu.

Kao: D’accord d’accord. Du coup ça soulève une autre question! Savais tu déjà coudre avant de démarrer ou as tu appris sur le tas?

Mika: Non, pas particulièrement. Je suis une enfant des années 80 donc ma mère m’a appris les trucs qui peuvent servir à une fille en grandissant: la cuisine, le tricot, la couture, etc… des choses qui je trouve se perdent un peu aujourd’hui (mais c’est mon petit côté « vieille conne » qui me fait dire ça! Haha!)
J’ai donc complété mes connaissances au fur et à mesure, à force de tests et d’expériences, et aussi grâce à ce fameux Internet (qui n’existait pas quand j’étais ado, je tiens à le rappeler aux plus jeunes!).
J’essai de bien réaliser mes coutures car pour moi c’est très important la solidité. Je ne suis bien sûr pas infaillible mais j’accorde beaucoup d’importance au travail bien fait et qui va durer dans le temps.

Kao: Entendu. Aurais tu une anecdote de création peut-être? Un événement qui t’aurait marqué en particulier?

Mika: Il y a beaucoup de rencontres et de discussions qui m’ont marquée!
Je raconte toujours l’histoire de la GLOKdoll Franck qui, au moment de sa sortie annoncée, a fait planter mon site internet parce que plusieurs GLOKfans hargneux l’attendaient et voulaient l’adopter. Ils ont commandés tous à la même seconde ce qui a provoqué un plantage mémorable et m’a appris beaucoup sur ma capacité à réunir des personnes autour de mon univers, même si je ne m’attendais pas du tout à autant de fougue!

Le Franck en question.

Le Franck en question.

Les anecdotes qui me marquent sont celles qui touchent aux sentiments, même si elles peuvent paraître un peu banales.
Lors d’un salon de créateurs à Tours, une petite fille d’environ 10 ans a découvert mon univers et craqué pour un petit personnage, le serrant fort dans ses bras comme si c’était son nouvel ami (certains seront étonnés que je sois émue par une enfant, sachant que je suis complètement allergique aux gamins, haha!).
Et bien cette petite fille est revenue l’année suivante à ce même marché, cherchant le stand des GLOKdoll pour y adopter un nouvel ami. Puis l’année suivante aussi! Devenant adolescente, elle est restée GLOK et en voulait toujours plus: jusqu’à adopter une GLOKdoll Giant. J’en ai déduis que quand on est GLOK, on est GLOK, peu importe l’age!

Kao: Ça ferait une superbe conclusion à mon article ça, du coup aurais tu un mot pour conclure éventuellement?

Mika: Mon petit mot de la fin sera pour les futurs GLOKfans, ceux qui ne connaissent pas encore mon univers.
Je voudrais vous inviter à venir faire un petit tour dans le GLOKland (par ici): vous y rencontrerez des personnages étranges, aux allures parfois trash ou malsaines mais dont l’aspect de petite créatures trapues vous fera peut être craquer. Chez nous tout est GLOK: pas vraiment horrifique, pas vraiment adorable, mais pile poil entre les deux. Venez rencontrer les GLOKdoll, elles ne mordent pas!… enfin, pas que je sache!

Kao: Haha! Merci à toi donc pour cette petite entrevue, c’était chouette, sur ce je file écrire la fin!

_

Pour conclure donc , je sais aussi que Mika s’est récemment faite tatouer une de ses GLOKdoll fétiches, on peut donc dire qu’elle a ça dans la peau HAHA! Allez, je suis drôle, si si.

Ma GLOKdoll personnelle, en bonne compagnie.

Ma GLOKdoll personnelle, en bonne compagnie.

J’ai beaucoup pensé à toi

Par défaut

rainbow-tayvay

Entre deux chapitres de ma dernière trouvaille de fanfic, j’écoutais des vieux trucs qui étaient dans mon lecteur mp3 quand j’avais 15 ans. En sachant qu’il faisait 250 mega-octets, j’avais intérêt à aimer très fort les même pas 20 chansons contenues dedans, moi et mes 2h de trajet quotidien pour le lycée. Entre autres daubes du début des années 2000, il y avait du t.A.T.u., et oui je l’écris encore correctement, chut. D’ailleurs j’ai déterré hier les deux premiers albums d’un carton en rangeant ma chambre. Mais je m’égare.

Entre autres merdes musicales que j’affectionnais tant donc, il y avait « Lola » de Superbus. Que j’écoute donc en boucle actuellement, pour les besoins de cet article.

Là où je voulais en venir aujourd’hui, c’est vous extrapoler pourquoi la représentation positive des LGBT+ dans les médias, c’est super important.
Parce que quand j’étais ado, j’étais convaincu d’être un monstre, à cause de mon attirance pour les filles. Et ça peut paraître stupide avec le recul, parce que le groupe t.A.T.u. n’était qu’un gros flan médiatique, mais ça m’a rassuré en un sens, de savoir que l’homosexualité était possible à ce moment là. Et si on ne peut pas vraiment dire que l’homosexualité est un « thème » et encore moins « à la mode », il n’empêche que les éléments médiatiques positifs sur la question y’a 10 ans de ça, émergeaient à peine sur nos écrans et nos radios.

Je me rappelle par exemple d’une série bien perrave que je regardais en douce parce que ça passait à 22h30, « Hex la Malédiction ». Alors si je ne me souviens pas bien du déroulé, y’avait une fantôme lesbienne dedans, et il lui arrivait tout un tas de conneries, mais les scènes fantasmées étaient assez cool. Et puis y’avait un Michael Fassbender pas encore connu dedans. Et même si j’avais déjà conscience que c’etait vraiment nul, ça me mettait des papillons dans le ventre de voir des personnages de fiction auxquels je parvenais à peu près à me raccrocher. Du coup je m’enfourguais des tonnes de séries nazes de cette époque parce que je crevais d’envie d’avoir des représentations mentales issues de séries pas juste underground, pour me rassurer quant à ma condition de je-ne-suis-pas-un-monstre.

Je me rappelle aussi dans ces années là avoir mis la main sur l’intégrale de Buffy the Vampire Slayer. Et même si on dira ce qu’on voudra sur la disparition de Tara, il n’empêche que ce n’était pas si « gratuit » que ça, même si je ne m’en suis jamais remis, la relation entre elle et Willow était saine, et même si la scène finale de l’épisode Seeing Red est absolument choquante et inattendue, les ficelles scénaristiques étaient là depuis un moment. Rageons tant qu’on veux, mais pour l’époque, une relation aussi longuement établie entre deux nanas, c’était relativement révolutionnaire. Parce qu’elles n’étaient pas définies par leur relation commune, ça faisait partie de leurs personnages, mais ça ne s’arrêtait pas qu’à ce détail.

Là où je veux arriver, c’est que la représentation c’est super important. Parce que ça permet à des gens, surtout aux plus jeunes, de s’identifier à autre chose qu’au mec cis blanc comme un cul, hétéro qui occupe 80% de nos écrans (les 19% restant étant pour son acolyte féminine qui lui fait aussi office de love interest).

Et pourtant j’en vois encore s’offusquer que l’agenda LGBT+ prends de plus en plus de place sur nos écrans. J’ai envie de dire cry me a river, parce que ça tombe bien, nous sommes aussi très présent dans la vraie vie réelle. Donc je vois pas pourquoi nous n’aurions pas autant d’espace visuel que les cis-het?

Plus sérieusement, et plus calmement, la représentation, non contente d’être effective, devrait aussi être positive. Je reviens souvent là dessus mais y’en a assez de voir que les queers crèvent rapidement, à partir du moment où ils apparaissent plus de deux épisodes consécutifs dans une série. C’est quoi cette espèce de croyance populaire que sous prétexte que « ces gens là » sont hors normes, ils n’ont pas droit à leur part de bonheur? Parce que à vivre différemment, il nous faut forcément une fin tragique/brutale/rapide?
Alors certes en étant LGBT++ y’a d’autant plus de chances qu’il nous arrive des bricoles, mais j’ai bien envie de souligner que les séries/films/jeux/bouquins sont fait pour s’évader, pas pour nous rappeler qu’on a un trop gros pourcentage de potentialité de se faire harceler/casser la gueule/pousser au suicide.

Je dis stop. Il suffit. Moi j’ai envie d’être heureux pour prouver à tous ces clichés et ceux qui les colportent qu’ils sont dans le faux.
J’ai envie de dire à tous les jeunes queers, bi, trans, gays, lezgirls, non binaires et autres agenres, et j’en oublie probablement dans mon listing; d’arrêter de croire ce que vous dit la télé. Vous pouvez, vous SEREZ heureux putain. Même si ça prend du temps, même si les gens sont des cons. Prouvez leur qu’ils ont tort à ces connards de merde.

Pour finir, je dirais que si le fond de cet article vous pose problème, si vous pensez qu’il n’y a pas réellement de problème de représentation, c’est peut-être parce que vous êtes déjà sur-représentés.

I will hunt you down

Par défaut

Sachez-le: je vais bien.

Je ne me suis jamais senti aussi bien que depuis que j’ai fait mon coming out à la fin de l’année dernière.
En revanche, je suis confronté bien trop fréquemment à mon goût à des opinions indésirables, des remarques qui peuvent paraître innocentes, mais qui sont d’une rare violence.

Ca fait déjà deux fois ces 10 derniers jours que j’entends que, puisque mes démarches prennent du temps, cela me laissera peut-être un délai de réflexion supplémentaire pour « changer d’avis ».
Changer d’avis? Parce que certaines personnes semblent détenir la vérité à mon sujet, et que donc SAVENT que je suis dans l’erreur? Mais qui vous a demandé votre avis tiens?!

Plus calmement, je me dois d’expliquer qu’il n’y a pas vraiment de choix ici. J’entends beaucoup que c’est très courageux et tout ça. Alors certes, mais je pourrais aussi choisir la « simplicité » et continuer à vivre dans mon genre assigné. La simplicité ne concernerait réellement que mes proches en fait, moi ça me détruirait à petit feu.

Je pense que beaucoup n’ont pas conscience que le seul choix que j’observe réellement, c’est entamer ma transition, ou me foutre en l’air. Ça économiserait de l’argent, du temps, et beaucoup, beaucoup de souffrance, que je subirais si je restais à vivre dans le genre inscrit sur mes papiers.

Donc toi qui lis ces lignes, ce n’est pas toi que je vise, parce qu’à priori si tu es encore là, c’est bien parce que t’en as strictement rien à faire que je change physiquement ou non. Et rien que pour ça, je te remercie, toi, à esquisser un sourire derrière ton clavier parce que j’te parle à la première personne.

Mais bref. Pour les autres, sachez que votre avis, il n’a pas suffisamment de valeur pour atteindre mes démarches. Mais juste assez pour me blesser.

En vrai je vais bien, mais à chaque remarque carrément déplacée, opinion mal avisée, critique non constructive, ça m’enfonce un peu plus.
C’est ma vie, c’est mon corps, j’en fais bien ce que je veux. Mais par pitié, arrêtons de parler de « choix ». Le seul choix que j’ai réellement, c’est d’avancer, et si ils continuent comme ça, j’avancerais sans eux, peu importe l’actuelle proximité.