Les yeux cernés de noir

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Une fois n’est pas coutume, le titre est en français. Je titre généralement mes articles en fonction de ce que j’écoute à ce moment là, et pour une fois, ça me semblait adapté alors que c’est du Mylene Farmer. Non je n’ai pas honte.

Je voulais revenir sur un truc qui semble tous vous faire bien marrer: le fait qu’à présent, je sois hétérosexuel, après des années à m’identifier comme gay (je n’ai jamais vraiment aimé me coller le terme de « lesbienne »).

Alors certes, ça a quelque chose d’assez drôle, mais pour moi c’est avant tout une perte totale de repères. Parce qu’en définitive, je reste exactement le même individu, avec les même goûts musicaux, le même penchant pour les rouquines, la même fascination pour les clavicules, et la même sale habitude de dormir n’importe quand.

Là où je veux en venir, et j’en ai déjà un peu parlé il y a pas si longtemps, c’est que des fois, j’ai du mal à savoir vers quoi me diriger. Et je ne parle pas seulement de mes éventuelles relations amoureuses, avec la problématique du « qui va vouloir de moi du coup? ».

Non, je parle aussi du fait que, il est devenu pour moi quelque peu délicat d’avoir cet amour des relations f/f dans les médias (série télé, bouquins, films, jeux vidéos etc.), et j’ai l’impression que mon avis aurait du coup bien moins d’impact quand il s’agit de défendre la cause LGB, avec le T volontairement mis de côté. J’ai aussi la trouille de passer pour un gros creep quand je dis porter dans mon cœur tel ou tel couple exclusivement féminin.

Sans compter que, ayant baigné volontairement toute mon adolescence et même après dans les lezmovies, une grande partie de ma culture ciné, de mes repères émotionnels, se rattachent à des filles.

Sauf que du coup, je suis un garçon hétéro. Et que du coup ça colle pas trop à mon imaginaire, celui que j’alimente avec des fanfics, avec des artworks non officiels, et j’en passe.

Et de ce fait, j’ai peur de passer pour le cliché du mec hétéro qui se paluche sur les lesbiennes. Je grossis un peu le trait mais ma crainte est véridique.

Je m’éloigne un peu du sujet mais, je sais aussi que je ne serais jamais le gars ultra macho-manly, sombre et mystérieux, et toutes ces conneries.
Non, je serais un mec sensible, qui as des « goûts de pédé », et qui sans l’avouer, aime bien les escarpins, et qui as à peu près un sens de l’esthétique vestimentaire.

Je finirais sur une note qui n’as rien à voir avec le début, mais je trouve que y’a un gros problème de normativité dans la représentation des mecs transgenre. Ce sont tous des éphèbes soit minces soit musclés, tatoués, avec des écarteurs dans les oreilles, et un regard de loveur.
Je mentirais en disant que je ne souhaite pas leur ressembler, mais dans tous les milieux, il y a de la diversité, et j’osais espérer que le milieu Trans* y fasse exception. Manque de bol, je m’etais trompé, personne n’échappe aux diktats.

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6 réflexions sur “Les yeux cernés de noir

  1. Le yaoiste masqué

    Hum…

    Pour le changement d’identité sexuelle (dans le sens passer de gay à hétéro), je peux pas trop me prononcer. Pour moi, un Kao est un Kao, et puis voilà. (je suis quelqu’un d’assez simple)

    Alors, c’est certainement mon côté yaoiste qui parle, hein, mais des filles qui fantasment sur des mecs ensemble, ça choque plus grand monde, maintenant. Alors un mec qui se palucherait sur des lesbiennes… Si c’est ce que tu aimes, pas de soucis, quoi. Puis… Quand quelqu’un sera assez proche de toi pour savoir que tu aimes lire des fanfictions où les madames elles font des choses/regarder des films de ce style/regarder des pornos comme ça (t’as vu cette pirouette pour pas utiliser trop le terme « lesbien » ?), je pense surtout aux pornos, ça sera des gens qui connaissent/connaîtront ton histoire, donc qui devraient comprendre plus facilement, si jamais ça devait être quelque chose de bizarre.

    Mais à mon sens, ça ne l’est pas. On tire une satisfaction morale, émotionnelle ou sexuelle à lire/regarder ce qu’on veut, et dans un cas comme quelque chose d’aussi clean que des couples de filles (dans le sens où ce n’est pas un fetish des gamin(e)s attachés à qui on enfonce des pieds de piano adultes dans les orifices) bah… go on, quoi, fais toi plaiz.

  2. Tristement pour toi, oui, le diktat Trans existe et est même parfois doublement plus violent. Je trouve absolument gerbant que dans ce « milieu » (si on peut appeler ça comme ça) dont le centre névralgique est bien d’être hors-norme, on s’enferme justement d’autant plus dans l’hétéronormativité. Enfin tu connais mon avis sur la question. Pour moi tout ça participe de la dysphorie de genre. C’est marrant, ça rejoint le débat que j’ai eu hier sur le chat du Twitch de Dam² sur le fait d’aimer les choses sans pour autant avoir envie de mettre son sexe dedans. Trouver une relation femme/femme belle, je ne vois pas où est le souci. Trouver une relation homme/homme, homme/femme ou whatever sur le spectre du genre, etc, belle, je ne vois pas où est le souci. Et quand bien même cela relevait du simple kink (et je sais que ce n’est pas le cas), où est le soucis? Je te garantis que tu serais probablement surpris en regardant mon historique de pr0n. Mais je m’éloigne du sujet.
    Pour en revenir à ces histoires de carcans, le problème dans tout ça c’est qu’on fait rimer sexe corporel et genre social. Et donc, cis ou trans, on en revient toujours réduit à cette même fonction de « attributs masculins = rôle d’homme », « attributs féminins = rôle de femme ». Et c’est pour ça que je trouve dommage de devoir en passer par la transformation pour se sentir bien. Parce qu’au final, on te laisse pas le choix: c’est à toi de changer pour, une fois de plus, te conformer aux normes. Parce que ça met tout le monde plus à l’aise, tu corresponds plus à ce que la société s’attend à voir.
    On va pas se mentir, j’aime bien binder, j’aime bien packer, ça me fait me sentir libre. Quelque part, c’est participer de cette hétéronormativité que je conchie. Heh, j’ai été formatée, comme tout le monde. Mais je considère que ce n’est pas à moi de changer pour m’adapter au monde. Bien sûr, je respecte ses règles, il ne s’agit pas de manquer de respect à qui que ce soit, ou de ne pas respecter les lois. Mais je considère que si je commence à me conformer à ce qu’on attend de voir de moi (que ce soit une « vraie » femme ou un « vrai » garçon, en lissant le plus possible les nuances parce que ça fait pas bien, tu comprends), c’est là que le combat est perdu, parce que c’est accepter de ne pas pouvoir être moi-même.
    Donc, en conclusion, aimer ces amours entre filles, avoir tout ce bagage socio-culturel « gay », c’est à toi, ça t’appartient. Ça ne fait de mal à personne, bien au contraire; à toi, ça te fait du bien. Alors relève la tête petit Kao, et qu’ils aillent tous se faire foutre, parce que moi, je trouve ça fabuleux.

  3. Louison

    Je ne m’exprimerai pas mieux que les gens précédents… j’ai juste à dire que si t’es pas le gars ultra macho-manly, sombre et mystérieux, c’est parce que t’es déjà occupé à être le gars que t’es et à gérer plein de choses, qui une personne vraiment cool ; et que ta culture et ton rapport à ton orientation sexuelle, ils sont à toi et personne peut te reprocher ça. Je ne suis pas dans ta situation et j’peux rien dire d’autre que « soutien et gloire », mais j’ai une idée de ce que c’est de pas se sentir légitime et c’est horrible. Sauf qu’en vrai, tu l’es, point, + TU PEUX ÊTRE TOUT CE QUE TU VEUX LIBREMENT, j’arrête IMMÉDIATEMENT ce blabla New Age. Des bisous.

    PS : la diversité c’est toi et c’est nous et on va changer l’monde.

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