What you gonna do later

Par défaut
DOUBLE POUCE.

DOUBLE POUCE.

Ce soir, je voulais revenir sur un sujet que j’avais déjà abordé il y a quelques mois, mais sous un angle de vue différent. Je voulais parler un peu de mon espérance de vie.

Jusqu’à il y a peu, j’étais terrorisé à l’idée de mourir. Pendant de nombreuses années, en particulier durant mon adolescence, j’étais intimement convaincu que j’allais claquer avant la fin de l’année en cours. Bon, ce n’est jamais arrivé, et je n’allais vraiment pas bien à cette époque, donc disons que ça n’aidais pas beaucoup à croire en la vie.

_

Mais deux éléments sont à mettre sur la table. Ma pathologie, et ma transition.

◄ Ce qu’il faut savoir avec le premier point, c’est que les médicaments que j’ingère quotidiennement ont des effets secondaires merdiques sur le long terme. Cela fait environ 4 ans que je prends le même traitement. Le précédent a fait faire les montagnes russes à mon poids, j’ai pris plus de 30 kilos en l’espace de 6 mois, bref, la catastrophe.

J’ai changé de traitement peu après, mais les kilos ont continué de s’aligner au compteur, plus en douceur, mais acquis néanmoins.
Le traitement actuel donc, a des effets sur le cœur. Pour exemple, j’ai développé une tendance à la tachycardie. Et ce n’est pas prévu de s’améliorer par la suite.

Outre les médicaments, il a été prouvé que les porteurs de maladies psychiques ont une tendance à être plus sensibles aux addictions que les personnes « saines ». Il n’y a qu’a voir comment je fume comme un connard, malgré mes efforts pour diminuer. Si je me laisse faire, le paquet peut partir avant la fin de la journée.

Enfin, à cause de ces problèmes d’addiction et des tendances suicidaires, l’espérance de vie a tendance à prendre bien cher, par tranches entières de plusieurs années.

◄ En second lieu, ma transition n’est pas sans conséquences. Entre les hormones et les opérations, tout cela fragilise le corps. Mon corps qui n’est déjà pas bien vaillant d’ailleurs. Les hormones peuvent abîmer certains organes sur le long terme, et les opérations ne sont pas sans risque.

_

Là où je veux en venir aujourd’hui, c’est que mon espérance de vie n’est pas extraordinaire. Je n’ai pas spécialement l’espoir de dépasser les soixante ans. Mais je suis en paix avec ça.

Quand mon ami Sylvain est décédé en février dernier, ça a fait réfléchir certains de mes proches. Notamment Poutchy, qui m’a fait un câlin, après avoir réalisé que, sauf erreur dans la matrice, je serais probablement le premier à partir. Bon, ce n’est pas avant un paquet d’années, mais ça l’a heurtée de plein fouet, et lui a fait réaliser que la vie, c’est fragile et ça tient à peu de choses.

Mais sachez simplement une chose: j’ai fait un travail sur moi-même depuis déjà un bout de temps, et je suis apaisé quant à mon départ. Ce n’est pas pour de suite. Mais je n’ai pas peur pour l’avenir. Si j’ai des choses à construire, je le ferais quand même, très égoïstement, mais mes proches seront mis au courant, de ne pas trop compter sur moi pour leurs vieux jours.

Cet état de fait m’effrayait jusqu’à il y a peu, et quand je suis en période d’angoisse, ça me revient assez violemment dans la gueule: je vais mourir, plus rapidement que ceux qui m’entourent.

Mais j’en fait mon affaire. Vraiment. Je suis calme à ce propos.
Donc le but du jeu, c’est de profiter de ma présence tant que je suis encore là. Je ne compte pas faire mes valises dans la minute, mais sachez simplement que la vie est courte, et que le temps passe très vite.

Bisou ♥

#Adulthood

Par défaut
Oui, j'ai une cuillère à mon nom.

Oui, j’ai une cuillère à mon nom.

La vie d’adulte est parsemée de responsabilités. Mais des fois, on prends conscience de toute l’étendue des possibilités que nous offre cette autonomie. A savoir: faire des trucs qu’on rêvait de faire étant enfant, mais que l’on osait pas trop parce que nos parents auraient gueulé. Cette liste non exhaustive est donc une foultitude d’exemples que j’ai vécu, ou que vous avez peut-être vécus aussi, et qui démontrent qu’au fond, grandir c’est pas si nul que ça, le temps d’une bêtise.

_

– Acheter uniquement des céréales en format familial et un pack de 6 litres de lait.

– Manger une assiette remplie uniquement de chantilly.

– Manger d’une traite un bac d’un litre de glace à s’en filer mal au ventre, parce qu’on a pas de congélateur, et ne rien regretter.

– Faire une soirée pizza/jeux vidéos tout seul.

– Se coucher aux aurores et se lever au crépuscule.

– Rester en pyjama toute la journée.

– Avoir peur du monstre sous le lit.

– Rester sous la pluie pendant 20 minutes jusqu’à être entièrement trempé, quitte à s’enrhumer.

– Acheter un gâteau « 6 parts à partager » et le manger tout seul comme un gros sale.

– Faire des bulles en soufflant dans son cocktail pour le mélanger.

– Se mettre une caisse en semaine, parce que demain y’a pas école.

– Se faire offrir des jouets, sous le regard désapprobateur/jaloux de ses petits frères et sœurs.

– Se déguiser sans que ce soit coquin ou détourné. Juste par plaisir d’être en costume.

– Boire du soda en pleine nuit, parce que dormir c’est très secondaire de toute façon.

– Regarder le film jusqu’à la fin, même s’il dure 3h, même s’il y a des pubs.

– Acheter deux calendriers de l’avent, pour dégommer le premier d’entrée et suivre sagement les jours du second.

– Passer la nuit entière à lire, et même des fois la journée qui suit.

– Grignoter entre les repas en toute impunité.

– Manger devant le PC.

– Manger des céréales à même le paquet sans que personne n’y trouve à redire.

Let me be your muse

Par défaut
12400667_861769003949837_9162598813137219072_n

Le saviez-tu que..TA GUEULE

Cet après midi, je réponds avec férocité à une image que je vois souvent passer sur les réseaux sociaux. Ma première réaction a été « HAHA, mais tellement pas putain ».

Je sais pas dans quel monde vous avez grandi, mais personnellement, c’était loin d’être cette idylle que nous dépeint ce montage photofiltre bas de gamme.
Moi quand j’etais enfant, j’avais pas d’amis. Parce que j’étais un peu différent des autres. Et ça n’a été qu’en empirant en grandissant. J’entendais souvent qu’il fallait profiter de mon adolescence, parce que ce serait mes meilleurs souvenirs. Pour ma part j’en fais encore des cauchemars, mais ça n’engage que moi…

Mais sans m’éloigner du sujet, quand j’étais enfant, y’avait déjà des castes. Des groupes. Rassemblés par un point commun pourri en général. Le groupe des futures péteuses, le groupe des mecs qui jouent au foot, le groupe de ceux qui jouent aux billes, le groupe des nerds en herbe qui parlent uniquement de Pokemon, etc etc. Et si tu ne faisais partie d’aucun groupe, bah fallait faire gaffe à tes dents.
Alors certes, je n’ai quasiment aucun souvenir d’avant mes 7-8 ans, mais je me rappelle de suffisamment de choses pour savoir combien le montage moche qui orne cet article sonne faux.

J’ai fait tous les surnoms. J’ai été tous les groupes cibles. Le gros tas alors que je faisais à peine quelques kilos de trop, le bizu ou l’intello parce que j’avais le malheur de lire pendant les récrés (faut bien s’occuper quand t’as pas d’amis), la « sale gouine » (sic.) alors que je n’avais pas encore eu mes premières émotions amoureuses. Fort heureusement j’ai quitté l’école suffisamment tôt pour pas devenir le travelo.

Arrêtez de projeter vos fantasmes sur la période de l’enfance. Parce que c’est une période charnière qui nous as tous construit en tant qu’individu, et que si vous aviez le malheur d’etre un peu en dehors de la norme, vous pouviez être certains que vous alliez bouffer dans la gueule toutes les insécurités de vos camarades de classe.

Violences physiques violences verbales, violences psychologiques. Je suis passé par à peu près tous les stades. J’en ai encore de méchantes montées d’angoisse, la nausée rien que d’écrire cet article, et des séquelles irréparables sur ma psyché.

Non. Les enfants ne sont pas des créatures merveilleuses, innocentes et sages. Ce sont des monstres. Des bourreaux qui n’ont pas encore été muselés parce que, comprenez, ils sont « trop petits pour comprendre ». A partir du moment où un gamin aborde un sujet, c’est qu’il est déjà suffisamment grand pour en entendre parler, et recevoir des leçons à ce propos.

Les yeux cernés de noir

Par défaut

13g1gf1gf4gfh4

Une fois n’est pas coutume, le titre est en français. Je titre généralement mes articles en fonction de ce que j’écoute à ce moment là, et pour une fois, ça me semblait adapté alors que c’est du Mylene Farmer. Non je n’ai pas honte.

Je voulais revenir sur un truc qui semble tous vous faire bien marrer: le fait qu’à présent, je sois hétérosexuel, après des années à m’identifier comme gay (je n’ai jamais vraiment aimé me coller le terme de « lesbienne »).

Alors certes, ça a quelque chose d’assez drôle, mais pour moi c’est avant tout une perte totale de repères. Parce qu’en définitive, je reste exactement le même individu, avec les même goûts musicaux, le même penchant pour les rouquines, la même fascination pour les clavicules, et la même sale habitude de dormir n’importe quand.

Là où je veux en venir, et j’en ai déjà un peu parlé il y a pas si longtemps, c’est que des fois, j’ai du mal à savoir vers quoi me diriger. Et je ne parle pas seulement de mes éventuelles relations amoureuses, avec la problématique du « qui va vouloir de moi du coup? ».

Non, je parle aussi du fait que, il est devenu pour moi quelque peu délicat d’avoir cet amour des relations f/f dans les médias (série télé, bouquins, films, jeux vidéos etc.), et j’ai l’impression que mon avis aurait du coup bien moins d’impact quand il s’agit de défendre la cause LGB, avec le T volontairement mis de côté. J’ai aussi la trouille de passer pour un gros creep quand je dis porter dans mon cœur tel ou tel couple exclusivement féminin.

Sans compter que, ayant baigné volontairement toute mon adolescence et même après dans les lezmovies, une grande partie de ma culture ciné, de mes repères émotionnels, se rattachent à des filles.

Sauf que du coup, je suis un garçon hétéro. Et que du coup ça colle pas trop à mon imaginaire, celui que j’alimente avec des fanfics, avec des artworks non officiels, et j’en passe.

Et de ce fait, j’ai peur de passer pour le cliché du mec hétéro qui se paluche sur les lesbiennes. Je grossis un peu le trait mais ma crainte est véridique.

Je m’éloigne un peu du sujet mais, je sais aussi que je ne serais jamais le gars ultra macho-manly, sombre et mystérieux, et toutes ces conneries.
Non, je serais un mec sensible, qui as des « goûts de pédé », et qui sans l’avouer, aime bien les escarpins, et qui as à peu près un sens de l’esthétique vestimentaire.

Je finirais sur une note qui n’as rien à voir avec le début, mais je trouve que y’a un gros problème de normativité dans la représentation des mecs transgenre. Ce sont tous des éphèbes soit minces soit musclés, tatoués, avec des écarteurs dans les oreilles, et un regard de loveur.
Je mentirais en disant que je ne souhaite pas leur ressembler, mais dans tous les milieux, il y a de la diversité, et j’osais espérer que le milieu Trans* y fasse exception. Manque de bol, je m’etais trompé, personne n’échappe aux diktats.

Repo! The Genetic Opera

Par défaut

Repo-The-Genetic-header

Aujourd’hui on déterre un de mes films préférés. Je voulais initialement publier une ancienne version de cette article pour IID, mais après plus de deux ans passé dans les brouillons, j’ai fini par abandonner cette idée et me réapproprier cette chronique en l’éditant quelque peu.

Repo! The Genetic Opera est un film sorti en 2008, et qui as malheureusement fait un flop aux USA pour finir par sortir directement en DVD en France, le film est donc du coup assez injustement méconnu. Je m’apprête donc a corriger cette erreur en vous faisant un review de cette petite perle de cinéma.

Repo!, est un opéra-rock gothique, a ne pas confondre avec Repo Men, qui est un remake de l’oeuvre, mais façon film d’action (et assez raté d’ailleurs). Cette version là à été réalisée par  Darren Lynn Bousman et est basée sur l’œuvre de  Darren Smith et Terrance Zdunich.

Synopsis : Dans un futur non lointain, une grave épidémie ravage la planète, elle touche directement aux organes internes et entraîne une dégénérescence de ceux ci. Des millions de personnes décèdent.
Dans la panique dans laquelle sont plongés les chercheurs, une société richissime émerge : GeneCo. Elle propose à la vente des organes synthétiques. Gagnant en importance, elle fait passer une loi autorisant la reposséssion. Ainsi, ceux qui n’honorent pas leur paiement dans un temps donné sous contrat ; recevront la visite des Repo Men, des assassins légaux venus récupérer lesdits organes.

Dans ce film, on suit alors les tribulations au cours d’une seule et même soirée, d’un certain nombre de personnages aux destins croisés, voire même carrément emmêlés façon écouteurs dans ta poche de jean trop serrée.
L’héroïne du film se nomme Shilo. Jeune adolescente de 17 ans absolument insupportable qui, pour des raisons que vous découvrirez en temps venu, ne peut pas aller dehors. Mais comme toute jeune fille de son âge, elle désobéit délibérément, et réussit a échapper a la surveillance de son père, pour aller assister au genetic opéra, donné par la Fondation GeneCo, et centré autour de sa figure emblématique: Blind Mag.
Comme dit plus haut, tout s’emmêle très vite, et je ne peux malheureusement pas en dire beaucoup plus sans risquer de spoiler la moitié de l’intrigue.

_

Dans l’ensemble, le casting est plutôt correct, avec même quelques grands noms comme Anthony Steward Head (aka Gilles, de Buffy the Vampire Slayer), ou encore Sarah Brightman, très célèbre chanteuse d’opéra, méconnaissable en Blind Mag. D’ailleurs si la bouille de Shilo vous est familière, c’est parce qu’il s’agit d’Alexa Vega, dont le nom ne vous dit probablement rien, mais qui interprétait un des deux enfants dans Spy Kids quelques années auparavant.
Certains personnages en revanche, sont surtout là pour la décoration et n’ont qu’un impact assez mineur sur l’intrigue, je pense notamment à Amber Sweet, fille de riche pourrie gâtée complètement addict détestable à souhait, et Paris Hilton la joue alors à merveille.

_

Inutile de vous le cacher, ça chante beaucoup, même pour une « comédie » musicale. Côté quantité de chansons on est plus proche d’Into the Woods que du Rocky Horror Picture Show. Même si l’ambiance est plus proche du second.
C’est très agréable, bien qu’un peu déroutant au début. Les morceaux sont plutôt bien intégrés à la trame narrative, et permettent également d’expliquer quelques petits détails qui sont loin d’être anodins. Les personnages se livrent littéralement en musique, et sont parfois plus proches de la parole que du chant.
Pour le reste, ce qui n’est pas expliqué par les mélodies, l’est par des planches animés façon comics, qui interviennent à chaque nouvel « acte » qui découpent le film.
Le scénario en lui-même n’est pas forcément très crédible, mais le but du film n’est pas franchement de produire dans le réaliste, et au contraire pousse clairement dans le fantastique et parfois le loufoque voire l’absurde.
D’un point de vue plus personnel, je suis tombé amoureux de ce film, autant à cause des décors, que de l’ambiance, clairement gothique, avec un soupçon de steampunk (ou plutôt SplatterPunk si j’en crois Wikipédia).

Les chansons sont sublimes, bien qu’assez spéciales à la première écoute. L’histoire est drôle, parfois touchante, parfois complètement barrée. Les scènes de reposséssion sont exagérées, le gore en est presque cartoonesque. L’ensemble du film est très agréable a regarder, quitte à fermer les yeux pendant les scènes sanglantes. Mais n’étant moi-même pas du tout amateur du genre horreur, j’ai réussi à passer outre ces passages là, parce qu’ils ne font pas dans le réalisme, loin de là. J’ai même pu rire quand un des Repo Men fait du ventriloque avec son cadavre, alors bon.

_

Pour finir, je conseille ce film a tout ceux qui aiment  « quand ça chante », avec une ambiance gothique et légèrement rock’n’roll. Une œuvre particulière, mais tellement savoureuse.

Make me feel again

Par défaut

Depuis que j’ai annoncé publiquement ma volonté de changer physiquement pour mieux correspondre à qui je suis réellement, il y a une question que j’ai beaucoup reçu.

Ça ne t’arrives jamais d’avoir des doutes quand à ton projet?

_

Aujourd’hui, j’ai donc décidé de répondre à cette question, une bonne fois pour toutes.

Tout d’abord, sachez simplement que si, il m’arrive d’éprouver de l’appréhension. Quand je vois tout le chemin qu’il me reste à parcourir, les innombrables batailles qu’il me reste à livrer, avec les administrations, avec les gens, avec la société; j’en viens à me demander si ça en vaut vraiment la peine?
Bien évidemment, la réponse est oui, oui ça en vaut la peine. Même si ça risque fortement ne pas être simple, et que rien n’est garanti, l’espérance de correspondre physiquement à qui je suis émotionnellement, c’est inestimable.

Ensuite, je me rends compte que je me suis rarement senti aussi bien que ces 6 derniers mois. Je me sens libéré d’un poids que j’ignorais porter jusque là.
En faisant un rapide retour sur le déroulement de ma vie, j’ai pris conscience que je n’avais pas eu une minute de répit depuis les toutes premières années de ma vie. Tout n’y est que douleur, rejet d’autrui, de moi-même, traumatismes et autres souffrances en tout genres.
Comme je l’ai écrit auparavant, je suis toujours à peu près parvenu à tout mettre sur le dos d’un élément qui n’avait rien demandé (le poids, ma famille, etc.), afin de continuer à avancer avec un bouc émissaire à accuser. Mais quand j’ai enfin fini par comprendre que le problème était sous mes yeux depuis le départ, tout s’est imbriqué, tout a pris du sens.

J’ai aussi entendu que c’est comme pour le reste des éléments dans ma vie, c’est une lubie temporaire, ça me passera. Comme à chaque fois que j’ai une idée un peu farfelue, j’en deviens hyper motivé, et en trois mois c’est passé.
Sauf que là on ne parle pas d’un projet professionnel, on parle de mon ressenti intime et profond. Un ressenti contre lequel j’ai lutté pendant des années parce que je ne voulais pas être concerné, jusqu’à que ça m’explose au visage.
Je ne veux pas changer physiquement pour faire joli, j’en ai besoin, ça m’est vital, c’est crucial pour ma survie proche.

Alors bien sûr, de temps en temps je me dis que peut-être je suis dans le faux, peut-être que tout ceci ne me concerne pas réellement, mais bon, je me demande aussi parfois ce que ça fait de passer sous un bus, alors bon, j’ai pris pour habitude de ne pas trop écouter mes angoisses profondes.

Mais plus sérieusement, je me sens un peu comme si je devais passer sur le billard pour une opération du cœur. Je suis terrifié à l’idée que ça merdoie en route, mais je sais que je n’en sortirais qu’en meilleur état à l’arrivée. Et je sais que je vivrais et me sentirais bien mieux au final après tout ça.

Donc pour résumer: Oui j’ai des doutes. J’ai des doutes sur le déroulement des événements, j’ai des doutes sur le futur, sur les réactions des gens, sur si je serais accepté par la société après tous ces changements physiques.
Mais aucun doute éprouvé quant au fait que je suis effectivement un garçon transgenre.

From the ashes

Par défaut

Bonjour à tous,

Un article un peu rapide pour vous raconter cette semaine passée. Je sais que beaucoup vont m’en demander des détails donc je me permets de l’écrire ici, pour me simplifier la vie et parce que j’ai horreur de répéter 50 fois la même histoire.

Commençons donc par lundi, parce que je suis français et que la semaine ne commence pas le dimanche, à aucun moment.
Lundi donc, précisément lundi soir, j’étais de concert, vu que Little BIG passait à l’I-Boat à Bordeaux. Et bien laissez moi vous dire que c’était horrible. Pas le son hein, parce que ce groupe est toujours excellent, mais l’ambiance générale et le public était tout spécialement merdique.
Avec mon BroLeo et son compagnon personnel, nous nous sommes démerdés pour arriver suffisamment à l’avance pour à la fois ne pas trop camper, mais être tout devant, au premier rang pour être exact.

Autant le premier passage du groupe dans cette même salle était un délice sans fin, autant celui là relevait du véritable cauchemar. Pour je ne sais quelle raison, les barrières ont été retirées de l’avant de la scène, barrières qui nous empêchent de mourir si ça pousse un peu derrière.
Et donc en l’absence de ces barrières, la scène m’arrivait au niveau du haut des cuisses. Et tenir debout à la force des jambes n’étant pas ma spécialité, moi et mes comparses du premier rang nous nous sommes retrouvés très fréquemment étalés sur l’avant de la scène. Genre, dans les pieds des chanteurs, et ce n’est pas spécialement agréable que de manquer de se faire piétiner les doigts pendant qu’on se fait labourer le dos.

Mon impression générale s’approchait de la peur panique d’y rester. Pourquoi donc ne suis-je pas sorti de la salle me direz-vous? Tout simplement parce que je fais 1m65, et que je suis terrifié par la foule. Et vu comment celle ci était concentrée/serrée à base de 20 personnes par mètre carré, je n’avais aucune envie de me retrouver coincé en plein milieu sans pouvoir sortir rapidement. J’ai donc subi jusqu’à la fin, des larmes de terreur sur le visage, mêlées à la sueur concentrée en plein mois de Mars.

Donc non, ce n’était pas cool, loin de là. Je suis donc rentré chez moi avec des bleus sur les cuisses et des égratignures sur les genoux, et un épouvantable mal de pieds.

_

Manque de bol je ré-enchaînais par un peu plus de 3h de train pour monter à Paris dans la matinée suivante. Ne me faisant pas assez confiance pour me réveiller dans les temps, j’ai préféré ne pas dormir d’un sommeil probablement salvateur pour mes douleurs diverses.

J’ai donc eu mon train sans soucis, et j’ai été particulièrement bien accueilli par Axelle, son compagnon et le chat de la maison.

Et donc pour en arriver à la partie qui vous intéresse, je fast-forward un peu, mais j’ai vu une endocrinologue pour la première fois de ma vie. Et celle ci, après avoir écouté mon souhait de faire une transition, m’a posé douze mille questions du genre si je dormais bien, si j’avais eu des tendances suicidaires ou fait des scarifications, si je mangeais sainement et si j’avais eu vent des divers antécédents médicaux familiaux.

Mes réponses ont dû visiblement lui convenir, puisqu’elle m’a invité à revenir avec les résultats d’un bilan sanguin à un jour bien précis de mon cycle mensuel, ainsi qu’une échographie pelvienne.
Manque de bol, ledit cycle venant tout juste de démarrer, je ne pouvais pas faire la prise de sang dans la foulée, et devrais attendre un mois supplémentaire avant de pouvoir prendre une aiguille dans le bras.

Elle m’a, comme attendu, fait une remarque sur mon poids juste avant que je ne parte, j’ai fait un chèque de 60 boules, et je suis retourné à Nation (là où j’etais logé). Ah et je tiens à préciser aussi qu’elle avait 1h30 de retard. Tant qu’à faire. Mais si j’en crois les autres gens de la salle d’attente, c’est assez classique chez elle. Donc bon.

_

Le reste de la semaine, je l’ai principalement passé à jongler entre jouer à Pokemon, boire des pintes de bonne blanche à 5 euros, et dire des bêtises avec Charlie. J’ai aussi vu Lou à un moment donné, et bien rentabilisé mon abonnement d’une semaine (de 21€ environ, soit plus cher qu’un abonnement mensuel dans ma ville natale).

Dans l’ensemble c’était un bon séjour, si ce n’est que le train de retour, a été retardé en cours de route, et suite aux 5h passées dans ce tgv de l’enfer, j’ai une sale douleur dans le pied gauche, et que je peine à marcher pour le moment.
Mais bon. A très vite pour la suite de mes aventures!

Nothing but temptation

Par défaut

Hier soir je regardais le dernier épisode en date d’une série que j’aime beaucoup. Pas souci de respect du spoil je ne dévoilerais pas de quelle série il s’agit.

Mais sachez simplement que, et d’une façon assez révolutionnaire, y était construite une relation fille/fille sur le devant de la scène, et pas juste à base de personnages secondaires dont la sexualité est le principal trait de caractère. Non, c’était au contraire traité comme on traite n’importe quelle relation amoureuse [hétéro] dans les séries.
La tension montait progressivement au fil de la saison, c’était bien écrit, il y avait des enjeux.
Et puis juste après la traditionnelle scène de consommation de la relation que l’on espérait depuis 15 épisodes, elles n’ont pas eu le temps d’être heureuses 5 minutes que le scénario en bute une des deux. Connement en plus. Pas genre plein d’héroïsme sur le champ de bataille, non, au mauvais endroit au mauvais moment. On nous a refait le coup de Tara Maclay (de Buffy Contre les Vampires ndlr).

Et ça m’a fait hurler autant que pleurer, parce que comme je l’ai déjà expliqué il y a un moment déjà, on nous ressert encore et toujours le point de scénario de la lesbienne qui meurt. Ce point qu’on à déjà eu à toutes les sauces, dans les films, dans les séries, partout, tout le temps. Et le fait qu’il doive exister une liste trop courte de films où ce n’est pas le cas démontre combien c’est un problème récurrent.

A croire que tu ne peux pas être LGBT et survivre à l’écran. A croire qu’on essaie de nous faire comprendre que notre présence est bien mignonne, mais elle est indésirable, et n’est pas digne d’être exploitée dignement dans un média.

Aujourd’hui je suis donc autant en colère qu’en deuil. Parce que même si c’était un personnage fictif, ses aventures ont rythmé mes semaines depuis plus d’un an déjà. Et que cette énième trahison de la part du créateur de la série, qui s’autoproclamait progressiste à qui voulait l’entendre, me laisse un vieux goût de réchauffé dégueulasse en bouche.

RcGG95KRi