Fais pas genre

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Préambule: J’ai écrit cet article en fin d’année 2013. J’ai fait du chemin depuis, beaucoup. Et il m’en reste encore à parcourir, mais pour le moment on en est là. Publier cet article m’a demandé énormément de volonté et de cran. Merci de rester respectueux dans vos éventuels commentaires.
Affaire à suivre donc.

Je ne suis pas un homme, mais je ne suis pas une femme non plus. Je suis encore enfant. Enfin, j’aimerais bien.
Quand j’étais très jeune, malgré mon mal-être pour diverses raisons, j’aimais mon corps. C’est à la puberté où ça a commencé à faire n’importe quoi. Quand mon corps n’était pas encore développé, je pouvais me permettre de me balader torse-nu. J’aimais cette sensation de liberté, ce sentiment que je pouvais être qui je voulais. Et puis les hormones ont débarqué, et des attributs féminins m’ont été imposés, même si je n’en voulais pas, je n’ai pas eu le choix. Moi je voulais rester un hybride, une chimère. Un parfait entre-deux, un savant mélange de chaque côté de la biologie.

J’ai donc essayé tant bien que mal de vivre dans ce corps qui se voulait féminin, avec mon apport de masculinité vestimentaire. Mais je n’aimais pas ce que le miroir me renvoyait. J’ai toujours été mal dans mon corps. Que ce soit à 60kg, ou au double, je me sentais mal en permanence. On m’a souvent dit que je n’étais pas suffisamment féminine, que je ne prenais pas assez soin de moi. Mais comment prendre soin d’un corps que l’on n’aime pas? Et pourquoi se forcer à aller vers une identification où l’on ne se reconnait absolument pas?
C’est après des années de refus en bloc, que je me suis dit qu’éventuellement, il y avait peut-être un souci quelque part. Que je cherchais au mauvais endroit, que les conseils que j’entendais quotidiennement n’étaient simplement pas les bons.

Où j’en suis aujourd’hui? C’est un peu la problématique dans ma tête. Mais j’ai réalisé il y a peu qu’avant de vouloir à tout prix obtenir les réponses, il fallait que je me pose les bonnes questions. Et c’est là que ça se complique. Parce que je suis terrorisé à l’idée d’obtenir des réponses qui ne correspondraient pas à certaines attentes (au choix sociales, familiales, amicales, ou ne serait-ce que personnelles).

J’espère simplement qu’avec le temps, je finirais par aimer mon corps, avec ou sans modifications, quelles qu’elles soient. Qu’il devienne simplement raccord avec ce qui se passe dans ma tête, dans une juste mesure.

Life Is Strange (episode 5)

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Attention: pour ceux qui décident de lire cet article directement dans leur boite mail, j’ignore si la mise en page a été respectée, donc si vous souhaitez éviter les spoilers, merci de venir le lire directement sur le site.

Petit retour en arrière: en fin d’année 2014, j’ai eu écho d’un jeu vidéo qui allait paraître en début d’année suivante. Ce que j’ignorais alors, c’est que ce jeu chamboulerait mon année 2015, rythmée par la sortie des épisodes 1 à 5 de Life is Strange. Je ne m’imaginais pas un seul instant que je m’investirais corps et âme dans les aventures de Maxine Caulfield et de sa quête pour sauver sa ville, Arcadia Bay, bravant des obstacles et la notion même d’espace-temps, ainsi que les conséquences qui résultent de son altération.

Cet épisode 5, intitulé « Polarized », nous plonge au cœur même du shitstorm qui nous était subtilement annoncé dans les épisodes précédents, mais par tous les dieux, jamais je n’aurais su prévoir que j’en sortirais avec le palpitant aussi secoué. C’est un véritable crescendo d’émotions pour un final à se rouler par terre en position fœtale.
On est bien dans l’épisode final qui conclue la série, fini les plaisanteries, on attaque le gros du morceau et c’est pas toujours plaisant à vivre. Il n’y a au final qu’assez peu de moments relax dans cet épisode, on est constamment aux prises de sentiments conflictuels durant les trois bonnes heures qu’il faut compter pour le plier.
On a droit à tout, du puzzle, des phases de discrétion/infiltration, quelques énigmes qui vous retournent la logique, et des choix, de plus en plus horriblement difficiles à faire. J’ai noté quelques passages un peu angoissant (à mon échelle), et des gros moments sacrément WTF.

D’un autre côté, la bande son est toujours aussi soignée et se cale à merveille avec une ambiance chargée, le tout se superposant parfaitement à des images léchées.
Cependant, ne vous fiez pas aux apparences, car ici, c’est littéralement le calme avant la tempête. Quand vous pensez vous être sortis d’affaire, il y a toujours un twist scénaristique qui vous attend au tournant.
N’oublions d’ailleurs pas que LIS n’est pas à mettre entre toutes les mains, et que certains thèmes abordées sont très adulte, et très perturbants parfois. On en avait eu la preuve durant les épisodes 3 et 4, mais ce n’est rien à côté du contenu du cinquième.

Je tiens à m’excuser pour la très petite variété dans les screenshots que j’ai à vous offrir aujourd’hui, car tout est potentiellement un spoiler pour ceux qui n’ont pas encore joué, ou sont encore en train de terminer les précédents épisodes.

Enfin, les deux endings proposées sont aussi déchirants l’un que l’autre, bien qu’une des deux offre plus de longueur, mais pas moins de larmes. Et selon vos choix au cours du jeu, l’une de ces fins offre une scène « bonus », mais je n’en dirais pas plus. Mais comme il m’est impossible de finir cet article sans exposer mon point de vue, pour ceux qui le souhaitent, il se trouve ci-dessous.

Ce que j’en pense: (SPOILERS ALERT /!\ Pour lire quand même, surlignez le texte suivant)

[Le choix final revient à choisir entre la bay et la bae (haha!). Et je suis conflit vis à vis des cinématiques qui en découlent. D’un côté sauver Chloé, on les voit partir main dans la main vers le petit matin, c’est beau et poétique tout ça, mais ça s’arrête là, c’est trop subtil. Parce que de l’autre, on a droit a un magnifique baiser d’adieu si on choisit de sauver la ville. Et la cinématique est vachement plus longue, plus détaillée, on chiale ses mille morts parce qu’on vit en même temps que Max l’inévitable mort de Chloé. Elle vit littéralement le coup de feu et l’encaisse comme elle peut. On assiste a l’enterrement et il y a cette petite note d’espoir, ce demi-sourire final, comme si tout était rentré dans l’ordre, pendant que je me mouchais bruyamment.
Je suis conflit parce que la deuxième sonne comme la « bonne » fin, et qu’on concrétise leur amour à l’écran seulement si l’une est sacrifiée. Encore une histoire de lesbiennes qui finit mal en somme. Alors certes je conçois qu’il aurait été déplacé de les faire s’embrasser alors qu’elles laissent la ville être détruite, mais une indication supplémentaire quand elles partent en voiture ça n’aurait pas été de trop.]

Du coup, je ne sais trop quoi en penser, si ce n’est que je suis bien triste que cette aventure soit finie, aventure qui aura rythmé émotionnellement cette année 2015, partant d’un jeu tout mignon et fluffy, à une fin avec des choix absolument atroces et quelques passages carrément creepy.

Et à tous ceux qui se demandent « comment je m’en remets moi maintenant? ». Je dirais que c’est là la force d’un bon jeu, d’une oeuvre réussie, on ne s’en remet jamais vraiment. Les souvenirs restent gravés dans notre mémoire, pour toujours (ou pour très longtemps tout du moins). Regardez moi, Mass Effect 3 est sorti en 2012, y’a trois ans de ça donc, et je m’en remets toujours pas. Pareil pour Harry Potter, je refuse d’admettre que c’est dans le passé.
De la même façon, même à moindre échelle, Life Is Strange a été une expérience merveilleuse, de bout en bout, et j’en garderais un souvenir beau et précieux. Une belle aventure, un jeu sublime.

Chroniques des épisodes précédents:
1
2
3 & 4

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2015-10-20_00094

Mihihi!

Mihihi!

Un choix cornélien...

Un choix cornélien…

Adieu Arcadia Bay, j'ai passé un bon moment. <3

Adieu Arcadia Bay, j’ai passé un bon moment. <3

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Well I’m not blaming you

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Hier, c’etait la journée Internationale du Coming-Out.

A ce titre, j’ai publié un court statut sur le facebique, que je m’apprête à extrapoler un peu aujourd’hui. Principalement parce que je n’ai pas sommeil et que beaucoup de choses me travaillent. Il est actuellement 3h30 du matin, je précise.

Le Coming-Out, ou « sortie du placard » en français, est un processus délicat et qui demande énormément de courage autant que de chance et/ou de hasard. Je rappelle, à ce titre, que même lorsqu’une personne affiche publiquement son orientation ou quoi que ce soit d’autre, il est de votre devoir de ne pas en parler à sa place. Outer quelqu’un est aussi irrespectueux qu’intrusif et irresponsable. Ça peut blesser. Même, et surtout dans le cadre d’une personne transgenre. Y’a toujours une meilleure façon de présenter les choses autrement que « voilà machin, il est trans ». Voilà, machin, c’est un pote et il s’appelle ainsi. Point.

Toujours est-il que le procédé du coming-out est absolument personnel et intime. La personne s’ouvre à vous, et c’est de votre devoir de réagir avec bienveillance, dans la mesure du possible. Même si vous êtes violemment contre de par vos convictions, alors cassez-vous de ce blog vous n’êtes pas en position de juger. Jamais.

Et à tous ceux qui me lisent aujourd’hui, et qui sont encore planqués, sachez simplement que rien n’est jamais facile, mais que, croyez moi, quand la vérité sort au grand jour, on se sent soulagé d’un poids énorme, que l’on ne mesurait pas jusqu’à lors. Simplement, ne vous pressez pas, prenez votre temps, saisissez les opportunités quand elles se présentent. La décision vous appartient.
Sachez également qu’on ne s’oute jamais qu’une seule fois. C’est une action qui sera répétée toute une partie de votre vie, pas forcément à chaque nouvelle personne que l’on rencontre, mais à chaque fois que l’on sent que c’est nécessaire.
Courage à chacun et chacune d’entre vous. Amour sur vos fronts.

I’m perfectly good at it

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Prends-moi pour une chaise.

Prends-moi pour une chaise.

Aujourd’hui, j’ai décidé de me plaindre. Mais pas gratuitement, je vais essayer de rendre ça constructif, mais je suis tellement en colère que j’ai besoin que ça sorte.

Je vous disais il y a peu que j’avais trouvé du travail. Mais là où ça se complique c’est que vu que j’ai la reconnaissance Travailleur Handicapé, je dois obligatoirement passer une visite médicale qui me déclare apte ou non à bosser. Et après avoir glandé pendant deux semaines à attendre mon rendez-vous à la Médecine du Travail, la doc qui m’a reçu m’a expliqué qu’elle ne souhaitais pas s’avancer à me déclarer apte sans avoir d’abord l’avis de ma psychiatre. J’ai beau tenter de lui expliquer que moi je sais pour quoi j’ai postulé et que j’en ai rien à foutre de son avis je suis en pleine conscience du boulot qui m’attend, elle me coupe la parole et m’infantilise au possible, argumentant qu’elle sait mieux que moi ce qui ME concerne. Première colère.

Et donc du coup, hier j’ai vu ma psychiatre pour en discuter avec elle. Et plus je lui expliquais, plus je sentais qu’elle tiquait, tout dans sa posture criait le refus en bloc. Pareil, je tente de lui extrapoler le fait que je m’en carre de bosser de nuit, que je dors déjà n’importe comment, et que ça changerait rien à mon rythme de vie. Mais vers la fin de notre entretien elle a marqué une pause puis m’a dit de manière un peu grave « N’oubliez pas que la décision finale ne revient qu’à moi ». Ça m’a pas trop plu. Je sentais que c’était foutu. Seconde colère.

Et là ce matin je reçois un mail de la boite qui est censé m’employer, mail qui explique qu’ils ont eu des nouvelles de la Médecine du Travail, et que visiblement un désaccord a été exprimé quant au fait que je travaille après minuit. Mais bande d’abrutis, c’est un travail DE NUIT. JE SUIS PAS CENDRILLON, PUTAIN. Bref, troisième colère.

Vers midi, je suis sortie de ma séance avec ma psychologue. Oui parce que vu que la psychiatrie c’est super mal vu, j’ai décidé d’inverser la tendance et d’en voir DEUX différentes. Yolo et tout ça. Bref. Et donc en sortant du cabinet de l’hôpital, je croise donc la première, ma psychiatre. Et ça m’a demandé une volonté phénoménale de pas lui sauter à la gorge pour l’étriper. Mais si je faisais ça c’était clairement mort pour bosser.

Vendredi qui arrive je passe à l’agence pour en discuter avec un des responsables de mon ex-future boite, mais à priori c’est foutu. Affaire à suivre, ou pas. Bazar.

Wishes carefully made in the dark

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Quand j’étais enfant, je fonctionnais de certaines façons, et bien souvent je faisais l’erreur de considérer que mes pairs fonctionnaient de la même façon. En grandissant je me suis rendue compte un nombre incalculable de fois combien cette supposition était erronée. La première erreur de débutant qui me vient à l’esprit, vient de ma façon de réfléchir, et par extension ma tendance à l’introspection.
J’ai toujours réfléchi en parlant dans ma tête. Parfois à une vitesse bien trop rapide pour être retranscrite avec des mots, parfois c’est tout un dialogue interne qui se fait à vitesse presque réelle. Mais ce n’est qu’en en discutant avec mes petits camarades de classe que je me suis aperçue que non, ce n’était pas quelque chose dans la norme. Et une raison de plus à leur offrir de me martyriser.

Le souci principal c’est qu’ils étaient pour la plupart d’énormes abrutis, donc la notion même de réfléchir ne les effleurait qu’à un niveau primaire. Enfin, je dis ça surtout histoire de me rassurer. Parce que je sais qu’ils ne pouvaient pas être tous aussi stupides.

Non, après avoir grandi de quelques années, j’ai relancé mon étude des autres êtres humains, fascinantes créatures s’il en est, et parfois si prévisibles que c’en est risible. Mais pas toujours, et ma curiosité n’en était que plus titillée encore. J’ai donc appris que quelques personnes réfléchissaient elles-aussi en se parlant dans leur tête. Mais là encore je constatais une différence nette: si elles énonçaient pour certaines, leurs idées, elles ne prenaient pas soin de se répondre, d’établir de réels dialogues avec elles-même.
Du coup j’en suis souvent venue à me demander, si j’étais toujours en avance de quelques crans vis à vis de ces personnes, dans mon évolution mentale j’entends, ou si j’avais réellement quelque chose d’hors-norme chez moi.

Ou peut-être que j’ai réellement un souci. Personne ne peut vraiment en juger si ce n’est moi.

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Mais comme je ne souhaitais pas finir mon article là dessus, je vais rajouter autre chose, de plus positif. Avoir passé des années à apprendre à observer les gens m’a fait me rendre compte de pas mal de choses, des habitudes comportementales que peuvent avoir certains, et pas d’autres. Tout n’étant au final qu’une affaire d’adaptation, je parviendrais éventuellement à me fondre dans la masse, tel un agent infiltré dans la « normalité ». Je finis par acquérir certaines attitudes en plus d’aptitudes, certaines postures avec lesquelles j’altère mon allure. Bref, une affaire teintée de mystère, pour le moment. Affaire à suivre donc.