Let go of everything

Par défaut

On beugle volontiers sur la course à la technologie. Je trouve au contraire que c’est une excellente chose, et je compte bien argumenter sur la question.

Je vais prendre trois exemples courants: les caisses automatiques, les selfies, et instagramer sa bouffe. Trois choses sur lesquelles je vois souvent les gens gueuler et pester comme le font les vieilles personnes. Spoiler alert: La technologie c’est pas mauvais, et Thomas Edison n’était pas une sorcière. Mais revenons en au sujet.

► Les caisses automatiques sont aussi bien un gain de temps qu’une alternative positive pour les personnes anxieuses ou très timides. Non, ça ne supprime pas l’emploi des hôtes et hôtesses de caisse, j’irais même jusqu’à dire que ça attire une clientèle supplémentaire.
Parce que des fois, t’as pas forcément envie que ta caissière elle te lance un regard que tu interprète comme du jugement, parce que ton panier n’est rempli que par de la junk food et ton stock de glace pour les 10 prochains jours.
Des fois t’es pas spécialement d’attaque pour adresser la parole à un être humain, parce que t’as pas dormi, parce que t’es pas d’humeur, quelque soit la raison qui fait que tu n’as pas envie. Mais comme il faut bien s’alimenter, bah t’es bien obligé d’aller faire tes courses. Et ces fameuses caisses te permettent de ne pas mourir de faim, et c’est pas plus mal.
D’autant que pour l’argument d’attaque principal, même quand les caisses automatiques sont ouvertes, les files d’attente de caisse classiques ne désemplissent pas.

► Les selfies, ah comme il est aisé de cracher sur toutes ces personnes qui postent fréquemment des photos d’elles-même sur les internets. Alors je tiens à vous prévenir par avance, moi je suis absolument pour, et la raison tient en un mot: self-estime.
Je me rappelle quand j’étais ado, il fallait me forcer pour obtenir le moindre cliché de moi, et rares sont les photos qui existent de cette époque. Et aujourd’hui, n’importe quel adolescent possédant un téléphone a déjà pris des photos de lui-même. Pour son plaisir, pour montrer aux autres, peu importe. Moi j’y vois là une tactique d’empowerment (« prise de pouvoir ») sur soi-même. On a enfin la possibilité d’être en contrôle total de sa propre image. Et on obtient satisfaction quand les gens cliquent sur notre photo pour « liker » ou mettre un commentaire positif. C’est gratifiant, c’est rassurant, ça nous booste notre confiance en nous. Je vois pas où est le mal.

► Poster des photos de notre plat sur Instagram. Moi je vois ça comme un compliment. Les gens estiment que le travail du préparateur, cuisinier, whatever, est suffisamment beau et accompli pour vouloir l’immortaliser. On n’en est plus à l’ère où les photos devaient être en nombre limité, parce que la pellicule coûte cher. Notre seule limite est celle de la carte mémoire, qui est généralement assez conséquente. Donc je ne saisis pas pourquoi on devrait se priver de prendre en photo des choses qu’on trouve tout simplement esthétiques.

_

Pour finir, on crache aussi sur le fait que les gens sont bloqués sur leur téléphone dans les transports par exemple, moi ça me rassure. Je me sens bien moins observé ou moqué, si les gens sont occupés sur leurs écrans. Les gens n’avaient pas l’habitude de se parler dans les transports en commun y’a 50 ans que je sache.
Ce n’est pas la faute de la technologie, c’est juste que les gens se sentent le besoin d’avoir un bouc émissaire pour se rassurer. Parce qu’ils ne sont pas foutus d’arriver à suivre le mouvement, et tout ce qui est nouveau faisant peur, il est trop facile de cracher sur ceux qui savent en faire meilleur usage qu’eux.

Je finirais là dessus, mais sans la technologie je ne serais pas en mesure de vous écrire ceci, et mes écrits resteraient dans l’ombre de mes carnets. Moi, je trouverais ça un peu dommage.

Un air de déja vu, non?

Un air de déjà vu, non?

Don’t stay up and wait for me

Par défaut
line_nb4dg5pTtA1r1a02l

On ne perd pas les bonnes habitudes…

Bien le bonjour!
Aujourd’hui, ce blog a 6 ans (!!). J’ai voulu marquer le coup, mais face au manque d’enthousiasme de la part du lectorat, je resterais, cette année encore, très classique dans mes propos. Bref, passons.

Une de mes fidèles lectrices m’a envoyé un mail cette semaine, et comme sa question était pertinente, je me suis dit que c’était là un bon sujet pour les 6 ans.
Sa question était: qu’est-ce qui m’a poussé à écrire un blog ?

Pour répondre à cela, il faut remonter sacrément en arrière, avant même les débuts de GG&G, avant même que je change de pseudonyme sur les internets. Oui, il faut remonter plus de 10 ans dans le temps. Ça ne nous rajeunit pas tout ça!

Nous sommes donc, approximativement, en 2004, j’ai 13 ans, et je découvre l’univers des blogs. Enfin, pas vraiment, on parle encore de l’époque des skyblogs là. Je n’ai jamais particulièrement écouté la radio qui sponsorise la plateforme, mais tout le monde était dessus, alors je ne suis pas allé chercher plus loin.
Jeune ado un peu marginal, j’ai rapidement compris qu’internet, c’était la porte ouverte à beaucoup de possibilités, y compris croiser des gens qui me ressemblaient. Et comme j’avais un caractère un brin présomptueux, je me suis dit que de raconter ma vie, en ligne et ouvert à tous, était sans danger. Bon je n’ai bien évidemment jamais révélé mon adresse ou mon nom de famille, mais tout de même, j’étais quand même assez naïve.

Ceci dit, l’objectif de base a bien fonctionné, c’est bel et bien via mon blog que j’ai fait la rencontre de Tcheu. Il y a eu d’autres personnes aussi, mais généralement après deux ans, je n’ai plus eu de nouvelles d’aucun d’entre eux. J’ignore encore pourquoi. Mais bref.

A chaque grand changement dans ma vie, j’ai changé de blog. Quand je suis rentré au lycée, fin 2006, j’ai ouvert un second skyblog, pour changer de pseudonyme, comme si j’avais un peu grandi, et que j’étais quelqu’un d’autre. Ça coïncidait pas mal avec mon coming out pour moi-même (mes parents l’ont appris environ un an après).

Et en juillet 2009, également pour des raisons d’avoir « grandi » soudainement, suite à mes soucis de santé, et parce que ça me travaillais depuis un moment, j’ai changé de plateforme pour atterrir sur WordPress.
Et si côté qualité je n’ai satisfaction que depuis disons, trois ans environ, je continue à déblatérer mes bêtises en ligne depuis toutes ces années. Et ce avec un minimum de contrôle sur ce que je raconte, basé sur l’auto-censure, bien qu’on me reproche souvent d’en dire trop.

Mais voilà, pour résumer, et répondre à la question de base du pourquoi?
Parce que j’ai toujours ressenti, et ressent encore aujourd’hui le besoin d’écrire. J’ai pas forcément toujours des trucs foncièrement intéressants à dire, mais j’ai cette nécessité là pour survivre.

_

Voilà, c’était l’article des 6 ans.
Je nous souhaite, à toute l’équipe (à savoir moi et mes ordis donc), une suite encore plus active, côté qualité, et côté audience.
Le bisou sur vos fronts.

I like the way I are

Par défaut

tumblr_mbai054IO81qjm9bpo1_400

Il arrive parfois qu’une simple phrase, en commentaire sur un réseau social, nous fasse faire un déclic, un retour sur nous-même, et nous fasse revenir sur des choses qui n’ont absolument aucun lien avec le contexte de base.
Cela m’est arrivé aujourd’hui. Enfin, en même temps vous vous en doutez, parce que sans ça je n’écrirais pas ceci en introduction.

Je me rappelle étant enfant, j’étais très solitaire, non pas par choix, mais bien de façon circonstancielle.
Mes camarades de classe et moi étions trop « différents »: je les trouvais bêtes, ils me trouvaient prétentieuse. Enfin, je suppose que c’était ça. Je me souviens au final assez mal de cette époque, la mémoire sélective dirons nous.

Mais comme j’avais un énorme besoin de me défouler, mes parents m’ont inscrit aux clubs de sport locaux. Et comme le village offrait assez peu de possibilités, j’ai fini par faire du football. Etant alors la seule fille de l’équipe, c’était pas tous les jours la fête du slip. En tant que tel, il me fallait toujours prouver davantage ma valeur, ou mes capacités, mais ce n’était jamais suffisant, et moi je souhaitais juste courir après la balle, au final.

Mais avant de dégouliner dans le pathos, je vais arriver directement à la conclusion.
J’étais inapte. Inapte à me fondre dans le décor, ou à me glisser dans le moule. Je n’étais qu’un bloc brut, bourré d’ambitions et de rêves.
Mais ça c’était il y a longtemps.

Aujourd’hui, et ce depuis quelques années déjà, j’ai pu rencontrer des gens de meilleure cuvée, plus éveillés, plus matures, plus accueillants.
Je suis toujours inapte sur beaucoup de plans, mais j’en fait mon effort quotidien que de chercher à dépasser mes difficultés.

J’essaie tant bien que mal de rester humble, mais mon seul parcours me laisse à penser qu’il n’y a pas de place pour tout le monde. Seuls les forts sortent victorieux. Qu’ils soient stupides ou au contraire très éclairés.
Et si je parle d’humilité, c’est parce que j’ai bien conscience que je ne suis pas non plus complètement neuneu. Mais au final à quoi ça m’avance, puisque je n’en fais pas grand chose?

Je ne sais même plus où je voulais en venir, mais je finirais sur le fait que, dans notre société on aurait dû se douter de quelque chose, quand le terme « intello » est devenu une insulte, voire un fardeau.