Scandale dans l’armoire.

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bo_tamsin01

Oui, c’est presque gratuit.

Comme beaucoup d’autres gens de ma génération, je suis une grosse consommatrice de séries, de films, et de fanfictions. Sur ce dernier point je fais partie d’une minorité invisible. Puisqu’il n’existe pas la moindre statistique sur le sujet, dans la mesure où personne n’avoue réellement en lire.
Mais mon sujet du jour n’est pas centré autour de la fanfic et de mes préférences souvent douteuses en la matière.

Je voulais revenir sur les séries, et sur combien cela me procure des attentes irréalistes, des exigences improbables, bref, combien tous ces petits couples fictifs chers à mon cœur, me créent des standards revus un peu trop à la hausse. Comme tous les gens élevés à la série anglaise, moi aussi j’ai mes fantasmes de baisers sous la pluie et autre romances surréalistes. Là où ça pèche en revanche, c’est en matière de représentation. A chaque rare fois où il y a un couple fille/fille, ça finit quasiment toujours mal. Je pourrais vous en dresser une très (trop?) longue liste d’exemples où ça part rapidement en sucette avant la fin, mais je vais plutôt vous exposer les trois grands cas de figures de personnage lesbien dans les séries TV. Attention, risque de gros spoilers sur des séries de maintenant à y’a 10 ans.

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1) Le kinder surprise.

Je n’ai jamais vraiment compris ce besoin d’hétéronormaliser les groupes gays en leur collant des chiards. Mais c’est l’un des scénarios les plus courants quand les scénaristes décident de coller une happy ending. Enfin je dis ça, mais il y a aussi parfois le cas où y’a un gamin mais que ça finit mal quand même.
>Exemples immédiats: South of Nowhere, The L Word, FlashForward…

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2) La mort subite inexpliquée

Un des personnages meurt, comme ça, totalement gratuitement. Ou se contente de disparaître dans des circonstances rarement exposées. C’est parfois justifié par le scénario, et parfois pas du tout.
>Exemples immédiats: Buffy The Vampire Slayer, Lip Service, Hex la Malediction, Skins, True Blood…

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3) Le changement de garde-robes. 
Un de membres du duo décide que finalement non, elle n’est pas gay en fait, et hop! Retour au pays merveilleux de Straight-Land, où tout est chiant mais bien plus simple (enfin il parait).
>Exemples immédiats: Faking It, Newport Beach, Mistresses…

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Il existe aussi quelques cas où les choses restent en suspens, faute de devoir attendre la saison suivante où je ne peux donc pas encore me prononcer, comme Rookie Blue, Orphan Black ou encore Black Sails. Il y a par contre le cas où on ne saura finalement jamais, parce que la série a été annulée, comme pour Heroes par exemple.

Tout ça pour dire que, malgré mes attentes surréalistes, j’ai toujours cette angoisse qu’en tant que personne gay, jamais je ne pourrais finir réellement heureuse. Parce qu’à chaque fois que nous sommes représentées à l’écran, c’est un véritable sac de fèves et ça finit en boucherie émotionnelle.

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Pour conclure, et c’est sur cette petite note d’espoir avec laquelle je finirais, nous pouvons heureusement nous rabattre sur les quelques films qui ont en général un plus gros pourcentage de fin heureuse (même si c’est pas systématique), mais comme il en sort un tous les milles ans, forcément en attendant on a pas grand chose à se mettre sous la dent. C’est donc pour ça que je remercie chaque jour les auteurs de fanfics, source de soulagement et de frustration tout à la fois.

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Ps: L’image provient de la série Lost Girl, dont je n’ai pas parlé parce que c’est pour le moment la seule qui déroge à cette règle de 3.
Affaire à suivre donc…