Lundi sanglant lundi.

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Oui, le titre est honteusement pompé de la chanson de U2. Oui. On est lundi matin et j’ai -encore- pas dormi. Je vois pas le rapport. Tant que j’y pense cet article n’aura pas d’image d’illustration, je n’ai rien trouvé qui convenait à mon humeur aujourd’hui.

Et sinon le sujet du jour est à la fois une explication comme un questionnement.

Je suis quelqu’un qui anticipe toujours les pires scénarios, surtout quand ils n’ont pas lieu d’être. Que ce soit en matière de relation, ou tout simplement au quotidien, à chaque instant. Pour prendre un exemple concret, quand je suis allée me servir mon énième thé nocturne tout à l’heure, j’ai senti que je marchais un peu trop sur mon pantalon, et l’image est allée très vite dans ma tête: je trébuche, me prends les pieds dans mes jambes, me vautre au sol, et au choix:
1) m’éclate les dents par terre
2) passe à travers la vitre de la porte séparatrice inter-pièces
3) m’explose le menton sur le rebord du clic-clac encore ouvert
4) lâche la tasse dans la foulée et m’ouvre le haut du corps sur les débris tout en m’ébouillantant par la même occasion.

Je pourrais continuer longtemps à donner des exemples de tout ce que j’ai visualisé dans mes 8 secondes me séparant de l’évier au PC. Mais c’était juste pour illustrer. La question que je me pose, c’est si tout le monde fait ça, à savoir, s’imaginer tout ce qui pourrait arriver de pire, en sélectionnant l’issue la plus atroce, et la repassant en boucle dans sa tête jusqu’à que la situation prenne fin? Ou c’est juste moi?

Je vois par exemple quand je traverse un pont, ou le passage piéton, ou attends à l’arrêt de tram/bus/train. Je me vois toujours en boucle sauter dudit pont, ou sous les roues de la voiture/bus qui arrive, sous le tram, sous le train. Toujours. Constamment. Sans arrêt. Et quand je suis fatiguée ça devient une obsession. Ce n’est plus « tiens, et si jamais? », mais plutôt « tiens, et pourquoi pas? ». La différence est subtile, mais suffisante pour me faire flipper outre-mesure.

Du coup, je me demande.
Mais sinon ça va.

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I switch back into the light.

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Ce soir, j’ai très envie d’écrire un article. Mais j’ai pas vraiment de sujet, ce qui peut éventuellement poser problème (bien que j’ai prouvé par le passé que j’arrive à broder à partir de rien).

Je tirerais bien un sujet tout prêt de mon Fedora magique à sujets, mais je ne le ferais pas pour deux raisons. D’une parce que le Fedora c’est un chapeau de blaireau et que donc j’ai filé le mien à un abruti, histoire que ça serve à conserver vos virginités intactes, et de deux parce que ça fait un peu plagiat de PV Nova, sur les bords, un peu.

Sinon, cette nuit, Ellen Page a fait son coming out lors d’une conférence pour les droits LGBT, dans un discours poignant, juste et aussi très émouvant de 8 minutes (que je vous conseille fortement d’aller regarder). Bah autant vous dire qu’au réveil ça fout de sacrément bonne humeur directe. Je tiens aussi à dire que je m’en doutais gros comme un feu de chantier depuis déjà plusieurs années, que je n’étais pas la seule, et que ceci ne fait que confirmer les capacités de mon gaydar à retardement (salut Hana!). J’attends avec impatience que Kristen Stewart fasse la même chose d’ailleurs. Et oui, critiquez tant que vous voudrez, moi j’aime bien Kristen Stewart.

Mais pour en revenir à Ellen Page, j’ai lu ici et là des gens pas forcément « déçus », mais qui disaient que ça servait pas à grand chose. Alors que bien au contraire, si vous osez dire ça c’est que vous avez pas pris le temps d’écouter ce qu’elle raconte dans son discours. Un coming out de plus est toujours, TOUJOURS utile. C’est faire avancer la visibilité autrement qu’en mettant des plumes dans son cul au mois de juin en remuant chaque fesse séparément sur du Mylene Farmer (je parle de la Gay Pride pour ceux qui ont du mal à saisir). Après vous faites ce que vous voulez avec votre rectum hein, mais c’est pas super positif en public. Mais nous en reparlerons en début d’été prochain plutôt. Il est encore un peu tôt pour ça.
Et parce qu’un coming out de plus, ça fout non seulement la larme de joie à l’oeil, mais surtout ça fait un modèle supplémentaire de courage à suivre, de personne qui malgré qu’elle/il voit sa vie décortiquée par les tabloïds, donne un os à ronger à ces morts de faim, et envoie se faire foutre ce qu’en disent les « bien-pensants ».
Tout ça pour dire, qu’aujourd’hui, je vous l’annonce solennellement, je suis gay. Oh wait, c’est déjà dans le titre du blog non? Bon, tant pis. Je ne serais pas votre future icone lesbienne, damned.

Plus sérieusement, qu’on parle de phénomène de mode ou de sur-visibilité, moi je trouve ça vachement bien au contraire, et j’emmerde les détracteurs. Ils ont essayé de tuer Harry Potter alors on sait que c’est des connards encapuchonnés de toute façon. (Décidément j’arrive pas à garder mon sérieux aujourd’hui…).

Pour conclure ce court article, je vous laisse sur une image de l’héroïne du jour. Et je me rends soudainement compte, entre deux Maalox goût craie, que je dis toujours ça alors que techniquement vous avez l’image au début. Mais c’est parce que, secret-de-coulisse, je finis toujours par l’image dans mon procédé d’écriture. Tant pis!

Fuis pour ta vie!

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Aujourd’hui 14 février, y’a un truc à fêter il parait.
Je n’ai personnellement jamais été vraiment concernée. Les seules fois où je l’ai « fêté », c’était la fois avec Alixe au restau où j’étais en garçon, et en 2012 où j’étais tout nouvellement en couple, et que je l’ai donc conséquemment passé avec Liara sur la démo de Mass Effect 3. Tout est logique donc.

Cette année j’aurais donc passé ma journée à courir. D’abord passer un test d’évaluation d’anglais (pour une formation de remise à niveau qui commence bientôt), puis été faire des courses, puis enfin suis allée à un rdv médical, pour finir par passer à la pharmacie et aller embêter Alixe chez elle une petite heure. Rien de bien tribulationnant donc.

Je suis juste un peu déception, j’ai commandé y’a 10 jours un énième t-shirt awesome, mais il n’est pas encore arrivé, j’aurais bien aimé passer la journée avec. Oui, on a les plaisirs qu’on peut.

Du coup, parce que c’est censé être la fête des amoureux, j’aurais pu publier une photo d’une ancienne amie nue, histoire de l’humilier et de vous faire un peu plaisir des yeux. Mais mon degré de connasse à ses limites, je vais donc m’abstenir, et vous mettre à la place une photo particulièrement canon de Helena Bonham Carter. J’ignore qui est le ou la photographe par contre.

En vous souhaitant à tous, une bonne Saint Lamantin.

Chto Ne Hvatayet Tebe. (russe approximatif)

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Lave toi bien les mains après toute activité salissante.

Nous sommes donc samedi. Le 8 février pour être exacte. Soyez émerveillés par ma capacité de lecture du calendrier, merci merci.
C’est donc un anniversaire pour moi. De quelque chose dont je nous ai jamais vraiment parlé à l’époque. J’avais préparé un poème tout pourri et plein de mélodrame et tout ça, mais au final je me dis que c’est pas une super bonne idée parce que ça révèle trop de choses à des personnes proches qui ne sont pas censées être au courant.

Aujourd’hui 8 février, c’est donc l’anniversaire d’un début de relation, qui s’est aujourd’hui terminée il y a déjà un moment de ça. Mais la date m’a frappé, parce que je me rappelle encore de mes mots pétris de timidité ce jour là, un baiser maladroit, ma bague que j’ai retourné, et le démarrage de nombreux mois de bonheur à l’état brut.
Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, je devrais (en théorie du moins) arrêter d’y penser et de me torturer inutilement. Non sérieusement, je suis super douée en auto-torture, surtout mentale. Offrez moi une médaille.

Bref, tout ça pour dire que je voulais marquer le coup, sans forcément vraiment marquer le coup. Appelle le docteur, on a un paradoxe sur les bras.

Du coup je fais un article pour en parler sans réellement évoquer grand chose. Oui. Toi aussi, sers à rien, maintenant disponible sur les internets.

Mais sinon en vrai ça va hein, c’est juste que, comme tout le monde, à certaines dates, c’est moyennement la fête du slip. Simplement ma mémoire défaillante a pour spécialité de retenir uniquement les choses qui me font mal. Beaucoup. En quantité industrielle. Du coup j’ai plus de dates que les autres, enfin, je suppose.

Comme à l’accoutumée, je vous ai mis en haut d’article une image sans lien avec le texte, et comme à l’accoutumée, avec plein de sang. J’aime bien. Ça me détend, c’est important.

We must be mistaken.

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L’article qui va suivre, a en fait été écrit à la base, pas du tout pour le blog. Il s’agit d’un complément écrit d’un entretien que j’ai effectué auprès d’une charmante demoiselle qui fait son mémoire pour la fac sur l’intégration sociale des LGBT. Je n’ai plus l’intitulé exact, et je ne vais pas chercher à le retrouver histoire de laisser planer son anonymat. Bref, toujours est-il que j’ai, lors de l’entretien, expliqué que moi personnellement, la communauté gay c’était pas trop mon truc. Elle m’a donc demandé de préciser par écrit sur quelques questions en particulier. Vous trouverez donc les questions en gras, et mes réponses en dessous. Le rendu risque d’être un peu déstructuré puisque j’ai répondu à tout d’affilée, et que je publie cet article en cassant les jointures par placement des questions à même le texte. En espérant que ce soit clair pour tout le monde, alors c’est parti!

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• Par quel moyen tu es entré dans la communauté gay la première fois?
J’ai abordé la communauté gay pour la première fois via Internet, j’avais environ 15/16 ans, principalement via des forums, pas nécessairement dédiés à la question LGBT, mais où une grande majorité des utilisateurs étaient homos. J’ai choisi ce moyen là par facilité, à la fois d’accès (j’habitais à l’époque encore chez mes parents, dans la banlieue campagnarde bordelaise), et aussi parce que ça garantissait mon anonymat. Je lisais principalement les témoignages des autres personnes, en réagissant aux posts sans en dire trop sur moi-même.

• Avec quelles idées en tête ? Et pourquoi un tel moyen plutôt qu’un autre?
J’avais dans l’idée de rencontrer des gens « comme moi », avec leurs doutes, leurs peurs, leurs histoires à la fois fascinantes et riches en émotions (parfois bonnes, souvent mauvaises).
Mon but principal était de me rassurer moi-même de cette « normalité » dans la déviance.
Attention cependant, j’emploie le mot déviance, mais dans le sens où ce n’est pas dans l’ordre naturel des choses, et pas dans le sens où c’est forcément mal pour autant. La seconde raison de l’emploi de ce terme, est aussi de tirer de la force dans les mots qu’on a utilisé contre moi, de la même façon que les gays garçons utilisent parfois le terme « pédé » pour s’auto-designer. Mais c’est un point de vue purement personnel que de faire usage du terme « déviance ». Bref.

 • Qu’est ce que tu as trouvé dedans qui t’a plu ? Qui t’a déplu ?
J’ai donc été agréablement surprise de trouver des parcours relativement similaires au mien (le rejet, l’incompréhension, le refus dans son propre esprit…), mais également, et malheureusement, de constater qu’une fois encore, sur internet, on trouve tout et surtout n’importe quoi. En l’occurrence : des gens malsains, manipulateurs, ou tout simplement stupides. Je me suis donc rendue compte qu’être gay n’empêche pas d’être un abruti, et que, au même titre que les abrutis sont légion, ils sont d’autant plus nombreux dans une communauté restreinte et également plus « concentrée ».

• Comment et pourquoi en es tu en quelque sorte « sorti » ?
Ce n’est que des années plus tard, après avoir emménagé à Bordeaux centre, que j’ai mes premiers pas réels dans des lieux dits gay-friendly, tels que des bars ou encore le centre LGBT local.

Manque de bol, mes constatations personnelles précédentes (sur la bêtise des gens) s’est révélée encore plus concrète. Non seulement les gens n’avaient clairement pas inventé l’eau chaude, mais en plus de ça, dans ces fameux « lieux gays », il y a tout un cas de codes implicites et explicites à respecter. Ne serait-ce que par l’apparence vestimentaire ou capillaire.
J’ai donc décidé de fuir comme la peste ce genre d’endroits. Parce que si je me suis battue afin de sortir du « moule hétéro-normatif », ce n’est pas pour tomber de plus belle dans le « moule lesbien ». Au secours quoi.

• Avec le recul, ça t’a apporté quoi ce passage dans la communauté ?
Avec le recul, la période sur les forums m’a permis de certes m’aider à m’assumer plus pleinement, mais m’a surtout embarquée dans des scénarios un peu glauques de gens qui n’avaient visiblement rien de mieux à faire que de manipuler la jeune ado en détresse que j’étais.

Et la phase IRL m’a juste permis de glaner des infos plus ou moins utiles (notamment que le genre lesbien est sous-représenté au profit des garçons gays, ou encore des trucs déjà plus importants comme le fait que la prévention pour les homosexuelles, ça existe aussi, même si c’est passé sous silence à l’école).

Du coup, après ces mésaventures, je suis donc revenue à mes habitudes premières, à savoir la vie sur le web, où j’ai pu faire de vraies belles rencontres, et ce, en dehors du « système » (par d’autres moyens que les sites de rencontres donc).

Pour conclure, je dirais que ce passage dans la communauté était nécessaire pour m’aider à me construire en tant que personne gay, mais que sur le long terme, leur utilité ne m’a été que temporaire, et je préfère continuer à paver le chemin avec mes propres briques, ça prend certes plus de temps, mais ça a le mérite d’être bien plus personnalisé, et conforme à mes désirs.

Our work is never over.

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J’ai toujours eu du mal avec la notion de « meilleur ami(e) ». Doit-il forcément n’y en avoir qu’un seul? Et sur quels critères concrets peut-on se baser pour quantifier la qualité d’une amitié avec quelqu’un? Faut-il à la fois être proche de la personne émotionnellement et géographiquement? Y’a-t’il une notion d’équivalence pour quoi que ce soit?
Pour ma part, chaque fois que j’ai statué qu’une personne était effectivement ma « meilleure » amie, je finissais par éventuellement prendre un bon gros backstab pas si longtemps que ça après.
Il y a aussi le fait que, la vie est faite de changements, dans mon cas généralement assez brutaux. J’ai une théorie à ce sujet d’ailleurs. On dit souvent que « la roue tourne ». Ma roue à moi, elle est carrée. Du coup lesdits changements mettent pas mal de temps à arriver, mais quand ils le font effectivement, c’est violent, c’est sans retour possible, ça fait du dégât, ou du ménage, ça dépend de l’angle de perspective.

Toujours est-il que, je mentirais en disant que je n’ai pas de « meilleur » ami. Mais je mentirais aussi en disant que j’accepte de me contenter de cette limite de vocabulaire, en disant qu’elle est juste « meilleure » que les autres. Elle a simplement toujours été là pour moi, m’a vue dans tout mes états, les meilleurs, mais surtout les pires. Elle m’a aussi observée à tout mes paliers de poids, sans jamais juger ou critiquer. Ça peut vous sembler futile, mais c’est hyper important pour moi. Et peu importe à quel passage de ma vie, important ou non, elle a toujours été là pour me tendre la main, depuis le bord du chemin, le sourire aux lèvres. Cette personne, c’est Tcheu. Quelque soit son vrai prénom, on s’en fout, c’est pas important, le mien non plus n’est pas important.

Et même si tu ne remportes pas le premier prix de gentillesse, ou de patience, ou quelque qualité que tu possèdes sans forcément en être la première du classement. Mais tu est sans aucun doute la personne la plus importante dans ma vie. Passée, présente, et j’espère future.
Parce que je t’aime, à ma façon, cette façon inégale, déséquilibrée, un peu farfelue. Mais tout ça tu le sais déjà.
J’espère seulement pouvoir continuer à faire partie intégrante de ta vie, et toi de la mienne. A t’écouter fangirler, à te monologuer mes inepties, à rire sous des arrêts de bus parce que je vais rater mon train, à shooter dans des bancs SNCF à m’en péter le pied parce que je ne savais pas comment exorciser ma nervosité, à s’échanger des regards entendus quand personne ne fait attention, à te dire des choses maladroites à l’arrière d’une voiture lancée toute berzingue en rase campagne. Bref, tout un tas de choses que je ne peux partager qu’avec toi.

Ça fait donc 6 ans aujourd’hui. Bon anniversaire.