Come As You Are (2018)

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Celleux qui me connaissent depuis suffisamment longtemps savent que je me hype pour l’actrice Chloë Grace Moretz, après l’avoir vue botter des culs du haut de ses 13 ans, en Hit Girl pour le film Kick Ass. J’ai même vu un paquet de films où elle apparaissait, souvent pas très bons d’ailleurs. Pour n’en citer que quelques uns, il y a eu Let Me In (remake de Morse, film suédois), Dark Shadows de Tim Burton, le remake très moyen de Carrie ou encore Sils Maria (que j’ai trouvé assez chiant malgré la présence de Kristen Stewart que j’aime fort).
Du coup, quand j’ai appris qu’elle tenait le rôle titre d’un long-métrage indé primé au festival du film de Sundance, je n’ai pas réfléchi plus de trois secondes avant de hurler qu’il fallait que j’aille voir ça dans la minute.
Mais avant de se hyper, de quoi ça parle au juste ?

Come As You Are ou The Miseducation of Cameron Post en Version Originale (parce que quoi de mieux qu’un titre anglais pour traduire un autre titre anglais?); place notre histoire en plein cœur des années 90 aux Etats Unis.

Parenthèse : Dans tous les résumés que j’ai lu, ils disent qu’elle a 12 ans, mais quand la prof lui demande quelle année elle suit, elle parle de « Eleventh Grade », soit la Première, donc elle aurait plutôt 16 ans, et ça colle mieux avec la suite à mon humble avis.

Cameron donc, l’héroïne de notre histoire, est surprise dans les bras d’une autre fille lors du bal de promo de 93. Suite à cela, elle est envoyée au camp de conversion pour jeunes homos, sobrement appelé « God’s Promise » (La Promesse de Dieu). Et grâce à l’aide de Dieu donc, et à un savant mélange de psychologie freudienne, les pensionnaires du camp retournent miraculeusement dans le « droit chemin ».
Loin des siens, et entourée par des chrétiens finalement pas plus extrémistes que ceux qu’on croise ailleurs, mais en tout cas largement plus enthousiasmés dans leur mission divine; Cameron essaiera tant bien que mal de trouver sa place, entre mensonge et découverte de soi.
Une histoire de cheminement adolescent, au final assez universelle, et également très intemporelle, puisque toujours d’actualité concernant l’existence de ces camps de reconversion.

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J’ai donc été voir ce film durant mes petites vacances sur l’Île d’Oléron, parce que scandale, les cinés de ma ville ne l’ont laissé à l’affiche que trois petites semaines, et il a fallu que je m’exile sur une île pour parvenir à voir ledit film.
En revanche, je disais à l’ami qui m’accompagnait que j’espérais qu’il n’y ait pas trop de scènes un peu « graphiques », et manque de bol, à peu de choses près, le film s’ouvre sur une scène d’amour justement. Peu de nudité, fort heureusement, mais du sexe néanmoins.
Dans l’ensemble le film est assez chouette, et je pourrais m’arrêter là, mais bon, j’ai encore cinq demi feuilles pleines de ratures à vous retranscrire, donc je vais extrapoler mon propos.

Tout d’abord, la sensation du temps qui s’étire est très marquée, plusieurs scènes s’éternisent en longueur, du genre des fins de plans fixe qui ne s’arrêtent pas immédiatement après que l’action s’y soit déroulée, donnant à l’ensemble une sensation indéfinissable. On ne ressent pas le temps passer, mais pas dans le sens où tout se déroule très vite, mais bien au contraire, dans celui où l’on ne sait pas combien de temps s’en est réellement écoulé. Il n’y a aucune indication de date, beaucoup de répétitions de scènes, donnant à l’ensemble cet aspect un peu aliénant et créant ainsi une certaine forme d’empathie pour nos protagonistes.

La bande son est plutôt jolie, assez bien choisie, mais surtout franchement bien placée. Que ce soit en simple fond sonore ou quand celle ci s’arrête brusquement, la musique a un petit rôle non négligeable dans ce long-métrage.
Les passages de flash-back et de rêveries sont également plutôt bien dosés, offrant des périodes « d’entracte » à une réalité un peu affreuse.

Mon seul véritable regret concernant Come As You Are, c’est sa fin, qui est un peu trop ouverte à mon goût, et le fait qu’elle laisse certaines questions sans réponses. Toutes les « sous-intrigues » ne sont pas forcément expliquées, et certains backgrounds de personnages du second plan auraient peut-être mérité que l’on s’attarde un peu dessus.
Mais quelque part, c’est peut-être une juste retranscription du contexte du film. C’est à dire que chacun se tire plus ou moins dans les pattes pour être mieux vu par les responsables du camp, quitte à être largement égoïstes. Et quand egoïsme il y a, le destin des autres nous importe peu.
Mais à l’arrivée, c’est pourtant une forme d’entraide mutuelle qui les sauvera.

Pour conclure, Come As You Are n’est pas nécessairement le film du siècle, mais il est une touche agréable, et a au moins le mérite de faire passer un message, tenter de mettre en lumière voire de carrément dénoncer les pratiques d’un autre temps, qui ont encore lieu de nos jours.

Ce à quoi Cameron fait face est injuste et cruel, à savoir l’abandon.
Et tout le monde participe à lui faire payer cher pour le simple fait de vouloir vivre sa vérité. Deux choix lui sont offerts : se conformer à l’image que l’on attend d’elle, ou être abandonnée, encore une fois.
On peut la trouver un peu amorphe dans certaines scènes, alors qu’elle lutte intérieurement, essayant de jongler entre ce qu’on attend d’elle, et son identité véritable.
Elle essaye juste de s’en sortir sans faire de dégâts, mais personne ne lui facilite la tâche.

C’est d’autant plus touchant que c’est applicable à beaucoup de formes de différences sociales, Cameron est certes gay, mais c’est ici plus un prétexte de dénonciation qu’une fin en soi. Elle aurait aussi pu être trans, ou handicapée. Ça fait simplement partie d’elle, elle ne peut s’en défaire, et ne tient d’ailleurs pas à le faire.
Quelques unes des répliques font d’ailleurs mouche, et touchent très juste.

Ce film est d’une incroyable justesse à tout un tas de niveaux, dans son déroulement comme dans sa façon de dépeindre la nature humaine parfois imprévisible mais surtout spécifiquement crasse.
Un tableau de quotidienneté, pour une fable pas si loin de la réalité.

I’m your biggest fan

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Ces derniers jours, j’ai vu tourner sur FB une chaîne alternative à celles des 7 à 10 films qui ont eu un impact sur soi, à savoir celle concernant les jeux vidéos. Et ça tombe bien, je suis moi-même amateur de jeu vidéal. Et comme j’ai un blog qui n’a pas été alimenté en articles depuis bien 15 jours, l’occasion était trop parfaite.
Donc aujourd’hui, on va faire un TOP 7 des jeux qui ont eu une forte importance dans ma vie, pour des raisons que je détaillerais plus ou moins chaque fois, parce que sinon ce billet serait plié en 3 secondes. L’ordre n’est d’ailleurs pas significatif.

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1 – MASS EFFECT

Est-ce que j’ai vraiment besoin de le présenter? Surtout quand j’en ai écrit une chronique assez complète sur la trilogie du même nom il y a deux ans. Mais bref, ce que vous ignorez c’est comment je suis venu à découvrir ce petit bijou.
Il était tard et j’avais prévu une nuit jeux-vidéos chez un ami dans son appart à moitié en sous sol, avec ma vieille bécane d’ordi. Mais comme sa connexion internet était en mousse, il a fini par me lancer une copie (tout à fait légale sur CD gravé) du premier Mass Effect. Il m’a prévenu que le jeu ramait un peu et n’avait pas forcément bien vieilli, mais de m’accrocher parce que ça valait le coup.
Je l’ai donc recontacté un peu honteux moins d’une semaine plus tard parce que j’avais plié le jeu de fond en comble. Dans la foulée j’ai également torché le second, et un an plus tard je couinais comme un fanboy parce que le 3 allait sortir.
Riez et moquez vous, mais c’est grâce à Mass Effect que j’ai appris à jouer en ZQSD. Avant ça, je reconfigurais le quatuor des flèches pour mes gros doigts. Bref, jeu suivant !

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2 – VINYL GODESS FROM MARS

Techniquement c’était un jeu à mon père, sur son PC. Mais je tapais bravement la ligne de code sous MS-DOS pour lancer le jeu, et je ne passais jamais le 3e niveau, parce que j’avais 5-6 ans et que c’était ultra difficile. Mais la musique était chouette, et je n’ai compris que bien des années plus tard pourquoi ma maman râlait quand j’y jouais. Parce que toute l’esthétique et certains bruitages (notamment de la mort du perso) étaient particulièrement sexualisés. Je jouais à la même époque à Jack JazzRabbit, un jeu complètement drogué aussi, avec un lapin qui tirait avec un pistolet laser dans l’espace, contre des ennemis tortues, le tout dans un univers totalement psychédélique.

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3 – LES SIMS 2

Oui, vous avez bien lu, pas le premier du nom, parce que l’ordi était à mon père du coup, et je n’y avais pas forcément accès juste pour jouer plus d’une demi heure, ce qui est contraire au principe des Sims donc. Je me rappelle en revanche distinctement quand celui ci est sorti, une de mes camarades de classe l’avait et on avait pu le tester chez elle. J’ai d’ailleurs sans vraiment le chercher, fait faire des bisous entre mon sims garçon et un autre sims garçon. Et aux réactions de dégoût de mes « copines » de l’époque, j’ai compris que l’homosexualité ça craignait sévèrement. Ce fut un élément assez déclencheur de la suite des événements de ma vie, mais bref. Les Sims 2 donc ! Une licence dont on ne soupçonne pas assez l’aspect addictif et chronophage. Tu vas pour jouer deux heures et quand tu lèves le nez il est déjà 5h du matin, la base quoi.
En attendant, ce jeu m’a sauvé de longues heures d’ennui de l’époque où je bossais tôt le matin et où je n’avais pas accès à internet.

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4 – LIFE IS STRANGE

Vous qui me suivez depuis au moins fin 2014, vous savez que je me suis hypé excessivement fort pour ce jeu. Ça a été ma plus grosse claque de ces trois dernières années, et ça a confirmé mon amour pour les aventures narratives. Il me reste toujours à boucler le dernier épisode de Before the Storm, mais ceci est une autre histoire.
Mais bref, LiS, c’est un jeu qui se doit d’être vécu (si vous aimez les jeux du genre), pas simplement d’être regardé au travers d’un stream. Mais c’est mon avis, parce que j’ai investi tellement d’énergie et d’émotions dans ce titre, que je ne m’en suis jamais vraiment relevé. Espérons que le 2 soit à la hauteur, et que la licence perdure pour les années à venir.

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5 – SPYRO THE DRAGON

Quand j’étais enfant, dans ma famille on ne faisait pas vraiment Noël et encore moins les anniversaires, alors de temps en temps, de manière parfaitement aléatoire, des gros cadeaux pouvaient arriver dans le salon. En l’occurrence cette année là, ce fut la Playstation accompagnée du premier opus de Spyro. C’était sublime pour l’époque, alors que maintenant ça ressemble à une lasagne de polygones.
Je me souviens qu’avec ma sœur, à force de se faire engueuler parce que l’on se disputait la manette, on avait fini par se spécialiser pour s’aider entre nous. J’ai souvenir d’avoir été assez nul pour les niveaux aériens par exemple, alors que j’étais au contraire plutôt bon pour courser les lutins voleurs bleus. Mais dégommer Gnasty Gnork a été la plus grande victoire de ma grande sœur à l’époque.

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6 – POKEMON 

Privé de Harry Potter, ma collection des Schtroumpfs mise au feu, j’ai pourtant pu jouer à Pokemon et mes cartouches ont survécu jusqu’ici. Mon enfance a été complexe et pétrie d’incohérences en terme de choix de ce qui était autorisé et de ce qui était proscrit. Et pourtant, Pokemon est une licence qui ne m’a jamais quitté. J’ai connu la hype d’y jouer en primaire, la honte d’y jouer au collège, le retour de la hype après le lycée. Bref, j’ai toujours adoré Pokemon et je n’ai pas l’intention de passer à côté d’un nouvel épisode !

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7 – WORLD OF WARCRAFT / GUILD WARS

J’ai mis ces deux là au même numéro, parce que ça me permettait d’en économiser un, mais surtout parce que jouais plus ou moins aux deux durant la même période. Les deux licences m’ont permis de m’ouvrir aux autres, et d’apprendre que sur internet comme ailleurs, y’a autant de gentils que de connards intéressés. J’y aurais vécu autant d’agréables amitiés que de coups dans le dos, du harcèlement sexuel mais aussi des beaux gestes comme des dons pour me payer une souris afin que je vienne en raid. Un paquet de souvenirs, récents et anciens, bons et mauvais, mais j’y reviens toujours.

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Voilà. J’aurais pu pousser et en rajouter deux ou trois, mais je me suis dit que ça serait me forcer plus qu’autre chose, et j’ai instinctivement sorti ces 7 noms, alors que dans ma liste de 10, j’ai mis plusieurs minutes à en trouver des supplémentaires.
Sur ces bonnes paroles, je vous souhaite une excellente fin de journée, j’ai la galaxie qui m’attends pour être sauvée !

La fièvre dans le sang

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Le mignon avant la violence.

J’en parle très rarement, pour ne pas dire jamais, et allez savoir pourquoi j’en ressens le besoin aujourd’hui. Mais je voulais revenir ce matin sur la manière dont j’ai vécu ma toute première hospitalisation en milieu psychiatrique. C’était il y a 10 ans, et d’après mes sources, les conditions d’accueil n’ont pas tellement changé depuis.

J’avais 17 ans et demi, et j’ai fait une très grosse crise d’angoisse un soir, la veille d’une journée de travail. Le lendemain donc, il me semble que mes parents étaient avec moi, je me suis rendu au urgences psychiatriques de ma ville, où j’ai passé un genre d’entretien avec un médecin. Dans le compte rendu d’époque, ils insistent d’ailleurs assez lourdement sur mon « look gothique », et le fait que j’intellectualise et banalise le suicide.
Mais bref, suite à cet entretien ils décident de me garder pour un petit séjour au frais. Et c’est là que les ennuis commencent.

Etant alors mineur, je suis resté enfermé pendant 2-3 jours au service des Urgences Psy. Franchement je ne saurais pas dire la durée avec exactitude, puisqu’ils m’avaient confisqué ma montre (à gousset) ainsi que ma ceinture. Je n’avais pas non plus mon téléphone, donc je n’avais aucune notion du temps, à aucun moment. Je n’avais pas non plus le droit de fumer, même si heureusement je n’étais pas encore accro à l’époque. Cependant je n’avais pas le droit de sortir de cette petite chambre alors fermée à clé, et la fenêtre l’était aussi. Comme c’est les urgences, je vous laisse imaginer les hurlements, les coups dans les murs et les joyeusetés habituelles de ce genre de lieu. Bonne ambiance donc.

Un soir, on a fini par me transporter jusqu’au bâtiment où une chambre s’était libérée. Mais pas le service pour ados par manque de place, non, le service adultes. Et franchement, je n’étais pas préparé à ce que j’y ai vu et entendu.

Et en fait je vais arrêter là ma narration, parce que trop de choses me remontent à présent.
Mais ce que je souhaitais mettre en relief, c’est que je ne peux pas blâmer les gens qui diabolisent le milieu psychiatrique. Cela m’est impossible quand autant de souvenirs me remontent et vont dans le sens de leurs argumentaires.

Avant d’être interné pour la première fois, j’avais en tête ce fantasme populaire de la camisole de force et des chambres capitonnées. Mais j’ai découvert que la camisole moderne, elle est chimique. On se bave à moitié dessus, on a sommeil en permanence, et horriblement faim toute la journée. La chambre d’isolement n’a jamais été qu’une menace qu’on me lançait, mais les piqûres de force pour me calmer pendant que je hurlais et me débattais, c’était une réalité.
Moi je voulais juste dormir toute la journée, mais on me forçait à aller à la douche, et à rester éveillé. La seule chose à faire c’était de regarder la télé, bloquée sur la même chaîne pour tout le monde, probablement votée à l’avance. Et fumer des cigarettes. Parce que franchement, entre deux moments de lucidité, on s’emmerde sévèrement dans les HP.
Le contact avec les autres était également assez difficile, puisque j’étais fatalement le plus jeune, et cela suscitait autant de curiosité que de mise à l’écart. Les rares personnes avec qui j’échangeais étaient du personnel soignant, mais j’étais hyper méfiant de ma moindre parole.
Puis il y avait aussi les entretiens avec les psy qui étaient éprouvant parce que je voulais juste rentrer chez moi. Parfois c’était très orienté, parfois non, mais trop souvent sur-interprété. Je le sais, j’ai lu mes comptes-rendus.

Je prends souvent la défense du milieu psychiatrique, parce que sans lui, je serais probablement déjà mort, ou simplement inapte à la société si je n’avais pas été pris en charge si tôt.
Quand je me pointe au CMP (centre gratuit de soins dédié au psychologique), et que je croise certains patients, ça me fout un coup de réalité derrière la tête. Je me dis très égoïstement que je pourrais être comme ces gens, complètement parti dans ma tête, incapable de parler comme je vous écris aujourd’hui. Mais dans le même temps, ce n’était clairement pas gagné d’avance. Et il aura fallu que je fasse une seconde hospitalisation, dans le privé ce coup ci, pour être un minimum écouté, et que je change de psychiatre pour m’ouvrir réellement. Trouver le bon traitement aura pris des années, et poser un diagnostic définitif tout autant.

Je ne doute pas un seul instant qu’il y ait des bons soignants, parce que j’en ai croisé plein, mais leur travail est très exigeant, et les conditions pour bien faire celui ci ne sont pas idéales. De ce fait, je comprends parfaitement qu’on puisse avoir peur des psys ou des infirmièr·e·s.
Mais pour ce domaine comme pour le reste, y’a du bon comme du mauvais, et certains individus n’ont clairement pas la force de trier. Et ça me rend incroyablement triste. Parce que si mon parcours était au départ clairement une catastrophe pourtant très classique, par la suite y’a vraiment eu du mieux, et l’ensemble m’a foncièrement sauvé la vie.

Voila. Je ne sais pas tellement comment conclure, du coup je vous fais des bisous.

No place for beginners

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J’ai longtemps cru au mythe de l’artiste maudit. J’ai longtemps pensé que si je me prenais en main, en allant mieux, en prenant bien mes médicaments, mon art en pâtirait. Et j’avais tellement tort.

Déjà on va briser une légende : la médication n’empêche pas de ressentir les choses. Elle permet au contraire d’atténuer la douleur morale, mais en aucun cas ne supprime absolument toute émotion.
Enfin ça, c’est si elle est bien adaptée à la personne qui décide de la prendre. Parce qu’il y a également des médicaments qui suppriment toute capacité émotionnelle, voire intellectuelle. Mais ça c’est quand ce n’est pas adapté, ou mal dosé, et j’en sais quelque chose. Si vous êtes dans ce cas là, parlez en à votre médecin prescripteur si les effets ne vous conviennent pas. L’avantage de la médecine moderne, lorsque vous faites face à un·e professionnel·e de santé compétent·e, c’est que tout est plus ou moins négociable, les concessions sont possibles de chaque côté.
Moi par exemple, je suis censé prendre un traitement matin et soir, mais comme le matin c’est une notion pour les autres, avec accord de ma psychiatre, je prends une plus grosse dose une seule fois par jour, à heure fixe.

Mais pour en revenir au sujet de départ, avant que je ne digresse dans tous les sens, il y a cette croyance populaire persistante comme quoi un artiste ne crée que dans la douleur. Et c’est, selon moi, une énorme connerie, en plus d’être un état d’esprit dangereux.
La souffrance est certes une émotion très forte, et pour l’avoir ressentie plus d’une fois, je sais que celle ci est un biais créateur important. Cependant, d’autres émotions sont toutes aussi « pures », et sont autant de source d’inspiration.

Je ne crée pas mieux ou moins bien en ressentant une peine immense, je crée juste différemment que lorsque je me sens bien. Ma forme artistique est différente de l’art visuel, puisque la mienne passe par les mots. Cependant, je relis parfois des choses que j’ai pu rédiger dans des états mentaux assez catastrophiques, et l’ensemble suinte tellement le désespoir qu’il m’est difficile d’en extirper les idées principales.
Il y a même eu des périodes où je m’interdisais d’écrire sur ce blog, de peur que les gens ne réalisent à quel point j’avais mal. Et cela peut vous sembler étrange de lire cela, mais je suis quand même assez pudique quand il s’agit de mes propres douleurs. Certes, je me livre beaucoup dans mes lignes, mais je ne me libère pas d’absolument tout non plus.

Tout ça pour en arriver au fait que, en ce qui me concerne en tout cas, je suis bien plus productif quand je ne vais pas bien, pour la simple raison que j’essaie de m’en sortir via mon écriture. Je tente tant bien que mal de ne pas me noyer, et quelque part de laisser une trace de mon passage, au cas où j’aurais un geste malheureux.
J’espère sincèrement avoir le temps de peaufiner mon oeuvre, plutôt que de partir précipitamment en ne laissant que de simples extraits bruts.

Je ne sais pas exactement comment conclure, alors je vais revenir sur un point sur lequel j’insiste souvent : personne n’est éternel, que ce soit contextuel ou de son fait. Alors profitez des gens qui vous entourent, prenez aussi soin d’elleux. Prenez soin de vous. Un bon artiste est aussi un artiste qui va bien. Ça se conjugue aussi au féminin ou au neutre, puisque n’importe qui peut être artiste, et ce quelque soit la discipline, selon les sensibilités de chacun·e.
Bisou.

50 Nuances de Transidentité

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Vous me connaissez, je n’aime pas me focaliser sur un seul angle de perception. De ce fait, j’ai toujours du mal avec la médiatisation de la transidentité, qui décrit celle ci constamment par un seul et unique prisme. Que celui ci soit celui de la souffrance, ou au contraire du soulagement, je trouve cela franchement réducteur. Parce qu’une transition, qui reste propre à chacun·e, reste un savant mélange des deux, et de nuances intermédiaires.
Du coup ce matin, nous allons aborder quelques exemples de cette vaste palette d’expériences et de ressentis que peut apporter une transition. On va partir du pire, et avancer progressivement vers le meilleur. La liste n’est d’ailleurs absolument pas exhaustive.
Et je rappelle encore une fois, que je parle principalement en mon nom, et que tout le monde ne se retrouvera pas forcément dans mon vécu.

Le Sentiment de lenteur
Lorsque l’on est transgenre, nous pouvons éprouver la sensation que tout est plus lent pour nous, en particulier quand la transition se fait au début de l’âge adulte. Alors que nos anciens camarades de classes que l’on espionne sans relâche sur les réseaux sociaux, se marient et font des enfants, nous en sommes encore aux balbutiements de notre vie future.
Certain·e·s d’entre nous parviennent à cumuler les assiettes avec brio, et à jongler sans problème entre la vie professionnelle et/ou estudiantine, la vie intime, et à effectuer leur transition sans accroc.
Ce n’est cependant pas le cas pour tout le monde, et personnellement j’avais jusque là l’impression que j’allais juste me prendre les assiettes sur la gueule. Je suis du genre à prioriser les choses, et comme d’autres, j’estimais jusqu’à très récemment avoir d’autres choses à régler d’abord, avant de me lancer dans un travail ou une relation.
De ce fait, tout me semble avancer plus lentement sur le chemin de ma vie, et même en y trouvant une logique tout à fait acceptable, cela peut s’avérer frustrant.

La Dysphorie de Genre
Je l’ai déjà exprimé par le passé, mais un petit rappel ne fait jamais de mal.
La dysphorie c’est ce sentiment de malaise immédiat lorsque l’on sent une « fracture » entre un élément physique, et notre identité de genre. Ça peut être une partie du corps, autant qu’une attitude ou une façon de parler, ou simplement le timbre de voix.
Toutes les personnes trans ne la ressentent pas, mais pour celleux dont c’est le cas, c’est une souffrance immédiate, et qui est très difficile à expliquer/exprimer aux gens n’ayant jamais vécu la dysphorie.
Et le problème de cette fameuse dysphorie, c’est qu’elle est quotidienne, parfois irrationnelle, et particulièrement paralysante selon les situations. Elle n’est pas forcément insurmontable, mais peut s’avérer délicate à gérer, surtout les premières années.

L’exotisation
Ce point peut s’exprimer à différents degrés, mais c’est toujours en lien avec autrui. Cela va de la simple question gênante, voire intrusive, jusqu’aux gens qui cherchent à nous fréquenter uniquement parce que nous sommes des personnes trans. Un peu comme un fantasme en fait, parce que c’est tellement « exotique », il n’y a qu’à faire un tour sur un site de vidéos pour adultes pour s’apercevoir que les personnes trans (en particulier les femmes) ont une catégorie qui leur est dédiée.
Je n’ai rien contre les personnes dont le milieu du sexe est leur travail, au contraire, je suis juste angoissé par les dérives qui en ressortent, à savoir l’interprétation que les gens s’en font. Je n’ai pas envie d’être avec quelqu’un qui me considère uniquement comme son objet de fantasme.

Difficultés Relationnelles
Ce point est assez en lien avec le précédent. Quand on est une personne trans, la confiance en soi peut s’avérer très faible, que celle ci soit issue d’une longue période de souffrance précédant la transition, ou au contraire due à un sentiment d’illégitimité à cause du contexte sociétal exigeant.
Du coup, compte tenu de ce point là, et de pleins d’autres paramètres individuels, il est toujours assez délicat de développer des relations intimes avec d’autres gens, pour celleux que ça intéresse. Entre la terreur de se faire agresser si l’autre est intolérant, ou même le simple rejet, relationner quand on est transgenre est un exercice de subtilité pas evident pour chacun·e.

Intolérance Généralisée
Je pense ne pas vous apprendre quoi que ce soit en disant cela, mais la société dans laquelle nous évoluons n’est pas bienveillante envers les personnes qui sortent du lot.
Il n’y a qu’à regarder un peu les informations pour le constater: tabassage en groupe, agressions sexuelles, insultes, crachats, harcèlement, discriminations sous plein de formes différentes. Et ce n’est jamais très rassurant que de s’exposer volontairement ou non, parce que l’on ne sait jamais ce qui peut nous arriver. Et ça peut rester traumatisant et laisser des marques, quelque soit la proportion ou la récurrence de ces « désagréments » du quotidien.

La Conscience des réalités
Ce point là est plutôt neutre, puisque sa notion de positif ou négatif est laissé à l’appréciation de chaque individu. Le fait donc d’avoir grandi et avoir été élevé·e dans un genre différent du nôtre, permet bien souvent d’obtenir la conscience des différences de traitement de la part des autres et de la société en général.
Le problème c’est aussi qu’une fois qu’on l’intellectualise, il n’y a aucun retour arrière possible : toutes les inégalités nous sautent aux yeux. On s’aperçoit également des avantages et inconvénients de chaque côté du spectre du genre. Et ça peut être aussi réjouissant qu’effrayant.

Joie récurrente
On passe donc avec ce point là aux aspects positifs d’une transition, parce qu’il y en a plein, c’est promis.
J’ignore si c’est parce que je suis sorti de la dépression ou si cela n’a rien à voir, mais je constate que les sources de réjouissance se font plus nombreuses depuis le début de ma transition. Et par début je parle aussi de la réalisation et de tout le processus des coming-outs à répétition, d’une importance équivalente à la prise d’hormones.
Parce qu’une transition, c’est aussi des séries de victoires sur la vie, que ce soit le Changement d’Etat Civil, comme la prise en charge médicale, ou même des choses plus quotidiennes comme le fait d’être appelé·e avec le bon intitulé du premier coup, être reconnu·e sous son prénom choisi, avoir une carte de fidelité à la bonne identité, etc.
Les exemples sont nombreux, et chacun apporte son lot d’émotions intenses, et entretiennent un bien être au quotidien qui, non seulement est agréable, mais est très important pour affronter la vie.

Sincérité Relationnelle
Nos rapports avec notre entourage sont forcément bien plus teintés d’authenticité. Parce que cela permet de trier rapidement qui vaut la peine d’être fréquenté ou non, certain·e·s s’en vont d’elleux même, d’autres sont rapidement écarté·e·s à cause d’un discours jugé trop limite.
L’avantage de l’intolérance, et de la non-acceptation d’une éventuelle différence, c’est qu’elle nous permet très vite de comprendre qui sont véritablement les gens. Lancer un sujet délicat, ou juste prendre le risque de s’exposer provoque immédiatement des réactions. Vous aurez très vite la conscience de qui est « problématique » à vos yeux, et avoir autant de bonnes surprises de la part de personnes très chouettes.

Seconde Adolescence
Pour celleux qui décident de passer par le traitement hormonal, sachez que vous allez vivre une seconde adolescence, littéralement.
Mais l’avantage de ce deuxième passage, c’est que cela ne sera pas vécu au milieu d’autres adolescents aussi boutonneux que cruels. Vous pourrez prendre le temps de savourer ou subir chaque changement physique, le décortiquer, en tirer des émotions complexes. Et certains de ces changement seront bien plus simples à appréhender, puisque vous serez plus matures et mieux renseignés pour parvenir à traverser cette aventure.

Euphorie de Genre
Je parlais plus haut de la dysphorie, et celle ci possède un antonyme : l’euphorie, aussi simplement que ça. L’euphorie de genre donc, c’est par exemple un cispassing suffisant pour avoir la paix peu importe la situation, ça peut aussi être la présence de pilosité faciale pour les personnes trans-masculines, ou l’apparition de poitrine pour les personnes trans-féminines.
L’euphorie de genre, c’est ce sentiment que tout rentre dans l’ordre, et que ce vers quoi on tend à l’extérieur correspondant à qui on est à l’intérieur.

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Et je vais m’arrêter là, parce que cet article fait déjà 20 kilomètres et que ça vous décourage potentiellement de le lire en entier.
Pour conclure, la transition, c’est une autre façon d’entreprendre sa vie, mais ça fonctionne de la même façon : chaque nouveau jour apporte son lot de surprises, et cela ne tient qu’à chaque individu de décider comment iel souhaite les disposer sur le chemin de son avenir.

I had a dream which wasn’t real

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Ceci ne me semble pas très hygiénique.

Aujourd’hui, un article qui de risque partir un peu dans tous les sens, parce que j’ai les réponses qui m’arrivent en tête au même rythme que mes questions se succèdent. A la base, je souhaitais parler de la charge mentale, et mon cérébral en étroite collaboration avec mon petit cœur en mousse, m’ont fait partir dans une spirale introspective.

Pour poser un peu le contexte, je fais partie d’un groupe féministe sur Facebook, et je vois régulièrement passer des textes de femmes en couple, dont le partenaire est pas vraiment aidant dans les tâches quotidiennes, et donc ces femmes utilisent ce média pour lâcher un peu de lest et glaner du soutien moral. Ce que j’approuve absolument.

Pour rapide rappel, la charge mentale c’est le concept établi que les femmes [généralement] doivent très souvent penser à tout, y compris prévoir pour leur partenaire de vie, homme ou autre, et cela nécessite organisation, réflexion, et effort mental quotidien. Et c’est une source d’épuisement interminable pour ces personnes parce qu’elles n’ont pas 15 bras ni un besoin en sommeil inférieur à 2h par jour.

Mais du coup, c’est quelque chose qui me dépasse pas mal, cette notion du partenaire qui fout rien, et qui lave vaguement trois assiettes pour venir se plaindre qu’en plus il faudrait les essuyer.
Ça me dépasse, pas dans le sens où je ne l’ai jamais constaté, mais dans le sens où je ne saisis pas comment on peut en arriver à se reposer à ce point sur son ou sa partenaire.
Je suis même suffisamment observateur et paranoïaque pour avoir déjà vécu ce genre de situations.

Pour exemple, j’ai eu un coloc qui me laissait toujours ranger les verres du lave-vaisselle, sous le prétexte qu’il avait peur de les casser, vu que c’était les miens. Sur le principe je conçois cette attention délicate, cependant je me suis très souvent demandé si c’était une stratégie (consciente ou non) de sa part pour juste ne pas le faire. Je ne le saurais jamais, et ce n’est surtout pas très important puisque c’est un seul exemple parmi tant d’autres.

Je me dis simplement que c’est peut-être dû à mon parcours de vie, que j’essaie de combattre absolument cette imposition subtile de la charge mentale aux autres. D’une part parce que je suis parti assez tôt du domicile parental, vu qu’à mes 16 ans j’habitais déjà seul, donc l’autonomie j’avais tout intérêt à l’acquérir très vite. D’autre part, mon état de santé fait que j’ai cette terreur sous-jacente d’être un énorme poids pour ma future vie de famille.

Donc non, je n’oblige pas ma coloc à repasser mes chaussettes ni ne compte le faire avec la personne qui partagera ma vie. Mais peut-être que je me fourvoie, et que je fais déjà subir cette charge à mes proches sans en avoir conscience.

J’essaie également d’être constamment prévoyant au maximum de tout ce qu’il faut faire, par exemple si je pars en vacances trois jours, vous pouvez être assuré·e·s que j’ai une valise et deux gros sacs parce que on ne sait jamais, je préfère envisager toutes les éventualités. Cependant, il est possible qu’au quotidien je sois moins vaillant, parce que la flemme, ou parce que je suis aussi quelque fois désorganisé, physiquement comme cérébralement, je m’éparpille facilement. Un peu comme en ce moment en écrivant tout ça, par exemple.
Mais ça viendrait du coup peut-être de là? Une situation initiale esquivée par flemme, et une habitude qui finirait par s’installer, jusqu’à pourrir et être refilée à son ou sa partenaire. Je ne sais pas, tant de questions et si peu d’énergie.

Du coup, puisqu’il faut conclure, je dirais que, pour beaucoup de choses, et dans tout type de relations, la communication c’est la clé. Si vous ou moi avons un doute sur le poids que nous représentons pour nos proches, seule une bonne discussion éclairée saura replacer l’équilibre, ainsi que dissiper nos éventuelles pesantes angoisses.

I’m getting tired of the disrespect

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Source : Europe1

Alors que je glandais sur Touittère, j’ai vu passer ce screenshot, qui correspond à une réponse « à chaud » de Raphaël Enthoven par rapport à un des sujets du Bac qui est tombé ce matin pour les terminales S.
Alors tout à fait entre nous, le gars, je sais même pas qui c’est. J’ai vu passer son nom deux trois fois, mais comme j’en avais pas grand chose à carrer, j’ai jamais googlé le bonhomme, et ça ne m’intéresse pas vraiment de savoir surtout.
Ca ne m’intéresse pas vraiment, parce que même si c’est un mec important, je ne saurais être plus en désaccord avec son propos sur la question.

Si jamais l’image est « cassée », voila son contenu :

Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ? (Sujet 2, série S)

« C’est un sujet qui peut être débattu, par exemple, chaque fois que des « racisés » dénient à quiconque le droit de parler du racisme. Ce sentiment que l’on ne parle bien que de ce que l’on connaît ou dont on est la victime repose sur le postulat que l’on ne parle que de ce qu’on éprouve. Les gens qui parlent pas sans éprouver n’ont qu’une connaissance abstraite. Mais en même temps, ceux qui éprouvent ont des œillères. Leur jugement est altéré par leurs sensations. Ils ne voient que ça, ils sont myopes par leurs problèmes. Pour l’éviter, il faut la capacité à souffrir des douleurs qui nous sont épargnés. L’empathie permet d’apporter une alternative. »

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Déjà les guillemets à racisés, ça craint un peu, il suffisait de dire PERSONNES racisées, sans le moindre guillemet, boum bébé.
Ensuite, quelque soit la minorité, il n’est pas proscrit absolument aux non-concerné·e·s de donner leur avis, mais simplement de ne pas prendre l’espace de parole aux personnes concernées justement. La règle qu’on entend souvent c’est « écoutez les concerné·e·s », et non pas « fermez bien vos gueules ». La distinction étant que vous avez pleinement le droit d’avoir un avis, et même de l’exprimer, à la seule condition de ne pas couvrir la voix des gens qui sont bien plus pleinement conscients d’un contexte discriminant.

Ensuite, et c’est le cœur du problème, que j’étais pourtant convaincu d’avoir adressé par le passé, c’est la notion de proximité.
On m’a déjà dit un jour, plusieurs autres fois aussi mais cet épisode m’a marqué; que je ne pouvais pas comprendre qu’on puisse défendre un connard transphobe médiatisé, puisque j’étais concerné directement par le problème, et donc trop proche pour prendre du recul.
Et moi je dis Alerte au Flan, puisque c’est justement parce que je vis la situation jour après jour, je suis parfaitement placé pour concevoir à quel point la personne et ses propos sont problématiques.

Ce que je reproche donc à Mr Enthoven du coup, c’est de nier qu’il est tout à fait possible de ressentir pleinement un problème, tout en ayant suffisamment de conscience de soi et des alentours pour parvenir à faire la part des choses.
Il propose alors comme solution miracle l’empathie. Laissez moi poser une alerte au spoiler : tout le monde n’en est pas capable. De la même façon que tout le monde n’est pas apte à faire trois pas en arrière pour mieux cerner le contexte et ses enjeux.
Y’a des extrêmes de chaque côté de la barrière. Sachons modérer nos propos, ne soyons pas si catégoriques.

Moi j’ai fait seulement un an de philo mais en accéléré pour passer mon Bac, du coup je vous propose ma correction très rapide, et probablement tout aussi pertinente.

« Eprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste? »
Non, pas obligatoirement, mais ça aide néanmoins. C’est en embrassant l’humilité que l’on acquiert pleinement la connaissance nécessaire pour savoir quand l’ouvrir sans se couvrir de ridicule. De rien, bisou.

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PS: Cet article a été écrit après une nuit blanche, sans vraiment le temps de laisser refroidir ni de relire 14 fois. Il est possible que j’ai dit n’importe quoi. YOLO.

Every time we meet

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Plusieurs fois, que ce soit au cours de ma vie ou même plus récemment, on m’a reproché de ne pas avoir réagi « comme il faut », de n’avoir pas eu la bonne approche d’une situation voire d’un conflit.

Je pense en toute sincérité, que ces gens justement, ont tendance à ignorer, ou ont tout simplement oublié d’où je viens. Parce que je n’en parle pas si souvent que ça, d’une part parce que cela ne regarde que moi ou mon cercle très proche, d’autre part parce que je n’aime pas me réduire seulement à ça ou m’en servir de justification.
Mais ce que la plupart du temps les gens semblent ne pas prendre en compte, c’est mon handicap.

J’éprouve des difficultés plus ou moins importantes, que celles-ci soient sociales, émotionnelles, voire affectives. Je ne sais pas toujours comment me comporter en communauté. Je ne possède pas tous les codes, toutes les clés ne m’ont pas été fournies dans les mains dès le départ.

Les gens ne s’en aperçoivent pas, parce que je « présente bien ». Et c’est le cas uniquement parce que c’est un effort quotidien. C’est également dû à des années d’observations humaines, de thérapie, d’introspection personnelle et d’apprentissage individuel.

Très concrètement, j’ai ce souci de gestion de mes propres émotions, je les ressent, j’ai du mal à les comprendre parfois, du coup je les intellectualise, je les verbalise et mets des mots très spécifiques dessus. De ce fait, cet article peut sembler froid et manquant de franche émotions, mais c’est une bonne représentation de ma façon de fonctionner, quelque part. Ne parvenant à ressentir intégralement une émotion bien trop complexe et bien trop entière, je la synthétise pour ne pas être totalement submergé non plus.
Cela s’exprime assez bien dans ma manière d’écrire, que ce soit cet article comme en général. Je suis incapable de me plonger dans ce que je ressens viscéralement, et j’ai ce besoin de le mettre à distance, de le décortiquer plus ou moins rationnellement, pour pleinement l’entendre et le concevoir.

Et je pense qu’il est aujourd’hui important de le préciser, plus que jamais.

Je suis, et ce depuis plusieurs années déjà, adulte et relativement indépendant du foyer familial. Et dans certains cas de figure, je suis bien obligé de compter sur mes proches pour me sortir de situations désagréables. Mais lorsque je me retrouve seul, des gens me marchent sur la gueule, au minimum verbalement. Je n’en fais pas forcément état, je souris et ne laisse quasiment rien paraître. Sauf que j’en ai totalement conscience, je suis loin d’être idiot, et c’est excessivement blessant sur le moment comme sur la durée.

Si j’écris tout cela ce matin, c’est parce que j’en ai pleuré une fois de trop. J’ai eu la «mauvaise» idée, l’espace de quelques minutes, de réellement exprimer cette gêne. Le fait que des gens abusent de ma « gentillesse », quand ce n’est ni plus ni moins que l’expression indirecte de ma pathologie.
Je ne suis pas gentil. Je ne suis pas complètement con. Je ne suis pas si naïf que ça.
Je suis juste en situation de handicap. Tout simplement.

Soyez prévenant·e·s avec les gens, parce que bien souvent, vous ignorez tout de leurs origines comportementales comme contextuelles.

Le cas de l’invisibilité

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Si vous me lisez depuis suffisamment longtemps, vous vous souvenez peut-être que j’avais fait une série d’articles intitulée Les Chroniques Queer, il y a un an de ça. Je parlais entre autre de la visibilité de personnes du milieu LGBT, en particulier les personnes transgenre et non-binaires, et je m’affaire sur ce blog, depuis plusieurs années déjà, à articuler une certaine forme de visibilité, parce que ça fait du bien, et que ça a une utilité « éducative » pour les gens non-concernés mais interessés par ces questions là.

Mais ça, c’est en ligne, parce que dans la vraie vie véritable, j’ai choisi d’être invisible, en jouant sur mon cis-passing*, pour être tranquille. Mais la vérité, c’est que ce n’est pas de tout repos. Je l’ai évoqué par petites anecdotes au fil de mes articles, mais aujourd’hui, celui ci y sera consacré.

Lorsque l’on est une personne transgenre, activement en transition depuis un certain temps, on acquiert ce que l’on appelle le CIS-PASSING, à savoir, le fait d’apparaître visuellement, comme une personne cisgenre. C’est à dire que si personne ne prévient votre interlocuteur·ice, iel ne pourra pas « deviner » que vous êtes trans.

Et il y a généralement deux camps dans ce cas là. Les gens qui choisissent d’être ouvertement visibles, et les gens qui ne souhaitent pas que cela se sache. Chacune de ces positions est parfaitement valide, mais je vais m’attarder aujourd’hui sur la seconde possibilité.
Déjà parce que le fait de choisir d’être « stealth » (terme spécifique, se traduisant littéralement par furtif) est lourdement critiqué par certains individus désagréables, j’y reviendrais juste après; mais aussi parce que c’est bien moins facile que l’on pourrait le croire. La discrétion, c’est un effort de tous les jours, aussi bien physiquement, que mentalement, et aussi pas mal verbalement.

Des fois j’ai l’impression d’être un infiltré chez les personnes cisgenre, surtout quand les gens ne me sont pas émotionnellement proche. Ça demande un niveau de contrôle ahurissant, sur ce que l’on dit, sur les mots que l’on emploie, ainsi qu’une paranoïa de tous les instants.
Et je me permets d’ailleurs de préciser que si j’ai utilisé le mot paranoïa, c’est que je suis intimement concerné, donc bon, la comparaison n’est pas faite à la légère.

En bref, il faut rester en alerte tout les instants, et faire constamment attention à qui nous entoure socialement pendant une conversation, même légère. Pour exemple, je discutais il y a quelques jours avec mon frère, qui évoquait mon cycle [d’humeur], dû à la prise de testostérone. Et comme sa collègue de travail était juste à coté, je m’attendais à tout instant à ce qu’elle me demande ce que c’était que cette histoire de cycle.
Pour cette raison, j’ai toujours un petit stock d’explications détournées prêtes à l’emploi, afin d’esquiver une éventuelle révélation de ma transidentité.

De la même façon, il faut très souvent altérer certaines histoires, en particulier lorsque l’on parle au passé, pour que les expériences de notre vie ne dénotent pas une notion, même cliché, du genre opposé. Typiquement, j’ai déjà porté des robes quand j’etais enfant, du coup lorsque l’on me dit que le kilt ça m’irait bien, j’explique que je déteste porter des robes. Mais je me sens l’obligation de justifier sur le comment je sais quel effet ça fait de porter des robes, après plusieurs regards interrogés, en modifiant l’aspect « quand j’etais petit » par « quand j’etais ado et qu’on voulait déconner avec des potes ».
Et c’est juste un exemple. Des fois, il faut aussi s’asseoir sur le fait de pouvoir ressortir une anecdote, parce qu’elle serait tellement altérée qu’elle en perdrait toute son essence, et aussi parce que même par omission de certains détails, cela reste une forme de mensonge, et que je n’ai pas toujours la foi de le faire.

Être invisible concernant sa transidentité, c’est aussi faire une croix sur le fait de montrer des photos de nous quelques années auparavant, ou juste lorsque l’on était enfant justement. Quelque part, c’est donc sacrifier une majeure partie de sa vie et de ses souvenirs, par sentiment de sécurité personnelle.
Choisir d’être stealth, c’est un effort constant, d’énormes sacrifices, et beaucoup de censure verbale.

Du coup, quand des gens essaient de m’expliquer que les personnes trans qui font le choix d’être invisibles, sont des traîtres à la cause, qui ont pris la voie de la facilité, et qui sont juste des planqués profitant des privilèges d’un système binaire oppressif, j’ai un peu envie de leur cracher au visage.

Tout le monde ne souhaite pas faire de sa vie quotidienne un combat politique de tous les instants, des fois, nous voulons juste vivre, le plus simplement du monde, comme n’importe qui d’autre.

(Matteo Pugliese)

Ca veut dire quoi LGBT ?

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Hier soir, j’ai vu passer une énième vidéo sur la signification du sigle LGBT, et comme une fois sur deux, la vidéo disait des bêtises. Et vu que le sujet semble super à la mode dernièrement, moi aussi je vais vous proposer mes propres définitions, histoire de trouver la gloire au coin de la rue des internets.

Avant toute chose, je me permets de préciser que lorsque j’emploie les termes de femme ou homme, je prends bien évidemment en compte les personnes trans, puisque je ne cherche pas à faire la distinction entre personne trans ou personne cis pour ce qui est de la sexualité. Et aussi pour éviter d’alourdir mes phrases, soyons honnêtes.

L comme Lesbienne

Une personne lesbienne, est une femme qui est principalement attirée par les autres femmes.
Notez que je préfère employer le terme « principalement » plutôt que « exclusivement », puisque la sexualité a cet avantage, de pouvoir être fluide, et de pouvoir être revendiqué par qui le souhaite. De ce fait, une personne qui se définit comme lesbienne mais ayant parfois des aventures avec des hommes, n’en est pas moins lesbienne. L’identité est une chose qui ne peut être déterminée que par l’individu, non pas par ses pairs.

G comme Gay

Dans l’acronyme, le G designe les hommes homosexuels, à savoir des hommes attirés principalement par les autres hommes.
Il est à noter que certaines femmes homosexuelles emploient également le terme pour se désigner à la place du mot « lesbienne ».

B comme Bisexuel·le

Une personne bisexuelle est attirée aussi bien par les hommes que par les femmes.
Il y a un débat dans les communautés pour savoir si pansexuel·le est un synonyme ou est au contraire plus inclusif des personnes non-binaires par exemple.
Je considère pour ma part que le terme est surtout générationnel, puisqu’il a emergé assez récemment, et que donc les personnes âgées ne l’utilisent pas, mais que concrètement, c’est la même chose.

T comme Trans

Une personne trans est une personne dont l’assignation de naissance (fille ou garçon) ne correspond pas à son genre véritable. Son mot contraire (antonyme) est « cisgenre », soit une personne qui se reconnait dans le genre assigné à sa naissance.

Contrairement à une idée reçue, une personne transsexuelle n’est pas une personne transgenre qui a fait de la chirurgie. Et c’est même assez absurde puisque l’on ne cherche pas à distinguer une personne trans d’une autre, selon le nombre de chirurgies qu’elle a pu effectuer, la rendant ainsi « meilleure trans » qu’une autre qui n’aurait fait aucune modification corporelle.
Transsexuel·le est simplement l’ancien terme, issu du milieu médical, et faisant lourdement référence au transsexualisme, alors considéré comme une maladie mentale jusqu’aux années 2010 (retiré de la liste des affections psychiatriques fin 2009 en France, puis le terme sera changé en 2013 dans le DSM ou Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, au profit de Dysphorie de Genre).

Le terme de « transgenre » ayant lui aussi émergé plus récemment, les seules personnes que vous verrez utiliser le terme de transsexuel, sont généralement les non-concerné·e·s, ainsi que les personnes trans des anciennes générations, pour qui le terme n’existait simplement pas.

+ pour les autres

L’acronyme LGBT a évolué au fil du temps, s’adaptant à son époque. J’ai tendance à dire simplement LGBT+, mais derrière ce petit symbole plus, se cache la moitié de l’alphabet. On va rapidement passer en revue quelques uns d’entre eux, mais pas absolument tous, sinon demain on y est encore.

Q pour Queer : La définition change selon à qui vous demandez, mais en gros, le terme désigne une personne se retrouvant dans l’une ou plusieurs des lettres de l’acronyme LGBT+, mais avec un aspect plus politique.

I pour Intersexe : Le terme désigne une personne dont les caractéristiques sexuelles principales ne correspondent pas au schéma binaire pénis/vulve. Je ne suis clairement pas expert sur le sujet donc ce n’est malheureusement pas ici que vous trouverez des infos pertinentes sur la question.

A pour Asexuel : Les personnes asexuelles se définissent par l’absence d’attirance sexuelle pour qui que ce soit. Il y a tout un spectre de l’asexualité, qui du coup varie d’une personne à l’autre. Certaines personnes sont parfaitement capables et désirantes d’aimer quelqu’un sans la notion charnelle, tandis que d’autres n’ont aucune envie de relation amoureuse de quelque manière que ce soit.

A pour Agenre : Une personne qui ne se reconnait pas dans les définitions homme et femme. Ni quelque part entre les deux ni particulièrement fluide, juste, sans genre revendiqué. Ou au contraire revendiquant son absence de genre, mais cela dépend des personnes.

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En conclusion, il existe une quantité non négligeable de termes spécifiques, je n’ai évoqué que les principaux, et je ne peux que vous conseiller de pousser vos recherches au delà de cet article, si cette thématique vous intéresse.
A plus !