Make Me Feel Safe

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Après presque deux mois d’absence, je reviens sur le devant de ma toute petite scène, pour discuter de l’invisibilité des personnes trans-masculines. Sujet délicat s’il en est.
Je tiens d’ailleurs à signifier que je n’ai pas réellement rien fichu pendant ces deux mois, mais c’est un résultat surprise que je vous réserve pour plus tard.

Aujourd’hui donc, nous allons essayer ensembles (surtout moi), de comprendre pourquoi les garçons trans ont si peu de visibilité face aux femmes trans.
Et avant toute chose, je rappelle que cet avis n’engage pour le moment que moi, et que le contenu de cet article sera théorique avant d’être pratique.

Mise en Contexte

En grandissant, j’avais plus ou moins pleinement conscience que quelque chose n’allait pas chez moi. Je l’ai déjà évoqué par le passé, j’attribuais ce malaise généralisé à tout un tas de choses, et notamment mon poids.
Pourtant quand j’étais petit, je n’étais pas encore gros (j’ai vérifié sur les photos). Mais les autres enfants s’acharnant tellement à me le faire comprendre, j’ai fini par l’intégrer.

Par la suite, j’ai tout construit autour de mon orientation sexuelle, que j’ai moi-même cloisonnée pour assurer des fondations solides. Mais ce n’est qu’en rencontrant d’autres garçons en situation de transition que j’ai réussi à comprendre. Non pas que cela me concernait, mais que cela existait, avant toute chose. Pour moi ce fut une révélation : il est possible de transitionner dans les deux sens du spectre masculin-féminin.
Ça parait idiot, mais à l’époque ça a pété les fondations de mon existence à la masse de chantier.

Les personnes trans féminines sont très visibles, et éclipsent presque les personnes trans masculines. On n’en entendais quasiment jamais parler, avant l’ère du Saint Internet, et ce n’est finalement que depuis moins de 10 ans, avec l’explosion de YahourTube, que les mecs trans sortent de l’ombre. Ils existent pourtant depuis aussi longtemps que leurs consœurs, avant même la modernité du traitement hormonal et des chirurgies, il y a plein de livres sur le sujet.

Alors, pourquoi ce silence pendant si longtemps?

Argumentation

Ce silence est, à mon humble avis, dû à plusieurs facteurs croisés. Non, aucun lien avec la personne qui t’apporte tes colis de chez la Chine.
Et il faut que j’arrête de faire des blagues, parce que je perds moi-même le fil de mon raisonnement, avançons donc.

Chaque parcours est évidemment différent, d’un côté comme de l’autre sur le spectre, mais si je dois faire des généralités, je dirais que le cispassing s’acquière bien plus vite pour les garçons que pour les filles. Tandis que les filles doivent parfois passer par plusieurs types de médication hormonale, et éventuellement faire de la rééducation vocale ; les garçons eux, quelques piqûres régulières dans les fesses et en 8 mois c’est plié.

Je grossis effectivement beaucoup le trait, mais la testostérone de synthèse étant particulièrement puissante, elle remue tout le corps en même temps, pas tout à la même vitesse, mais dans l’ensemble, les changements peuvent être très rapides.

Et cela, engendre plusieurs éléments. Je parle en généralités toujours, parce que si je commence au cas par cas, mon article va durer 8 jours, et personne ne le lira.
Plusieurs éléments donc :

1/ La visibilité sociale en tant que personne trans peut être plus longue pour les personnes féminines, de ce fait leur présence est plus facilement notable. Les personnes masculines vont plus vite tomber dans l’anonymat du cispassing.

2/ L’exotisation sociale et sociétale. On entend toute sorte de « blagues » à propos des femmes trans, rarement à propos de leurs confrères. Les « blagues » en question tournant très souvent autour du fait que les femmes trans ne sont que des pièges pour les hommes cisgenre hétérosexuels. Un peu comme si on affirmait que toutes les femmes trans sont forcément attirées par les hommes… hein?
Les seules remarques qu’on entend sur les garçons trans sont généralement faites par les TERFs.

Parenthèse de vocabulaire : les TERFs pour Trans-Exclusionary Radical Feminist, sont des « féministes » qui fondent leur mouvement sur la prétendue biologie des individus, c’est à dire que si t’es né·e avec un pénis, tu es forcément un garçon, alors que les faits leur donne tort. Elles considèrent que la transidentité est un mensonge, que les femmes trans sont des hommes en robe qui vont les agresser, et que les hommes trans sont des traîtres à la cause passés à l’ennemi (les autres hommes donc). Notez que je n’ai pas utilisé « iels », puisque les TERFs ne considèrent pas qu’un homme puisse être féministe ou au minimum un allié de la cause.

3/ De par cette potentielle attente d’un cispassing, le temps parait bien plus long pour les filles trans que pour les garçons trans. Beaucoup se tournent alors vers la communauté (trans et/ou LGBTQ+), et plus le temps passé est conséquent, plus les personnes se sentent plus ou moins redevables envers ladite communauté. Mais cette affirmation est purement théorique par contre. Je ne me base sur rien, si ce n’est mon ressenti, et un constat de loin.

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Evidemment, le militantisme constant n’est par pour tout le monde, et je conçois tout à fait que lorsqu’une personne a atteint le stade (émotionnel autant que physique) où elle se sent bien, elle lâche totalement la lutte permanente. Après tout, une personne transitionne pour être en meilleur accord avec son ressenti profond, et chacun n’a pas pour ambition de faire de son quotidien un combat pour faire valoir les droits de toute une communauté.

Et pour ce qui est du point de vue purement trans-masculin, on a très souvent grandi socialement et familialement en tant que fille, et donc été éduqué avec le principe de fermer sa gueule rester dans le cadre et s’effacer pour laisser la place de parole aux hommes. De ce fait, même après une transition, les principes qui nous ont modelés restent gravés dans notre cérébral, dans nos émotions, dans nos rapports au monde.
Certes, nous gagnons des privilèges certains, mais très souvent, nous en avons aussi pleinement conscience, et tentons de redistribuer la parole aux femmes, souvent laissées de côté dans la plupart des domaines.
Il s’avère également que la culture transféminine est bien plus ancrée dans le temps, tandis que la culture transmasculine se fait plus discrète. Il n’y a qu’à voir la quantité astronomique de (mauvais) films sur la question, beaucoup de femmes trans, très peu d’hommes trans, il en va de même à travers l’Histoire.
Du coup, cette absence de repère peut aussi participer au fait que les filles sont davantage sur le devant de la scène, par choix ou par force des choses.

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En Conclusion

Comme je l’ai élaboré, c’est un ensemble de beaucoup d’éléments, parfois hasardeux, d’autres fois très concrets. Ou peut-être que j’ai dit n’importe quoi et que je n’ai juste aucun sens de l’observation.
Il n’en demeure pas moins que les garçons trans sont bien moins visibles, au point qu’il m’est déjà arrivé au moment de préciser ma transidentité, que l’on me demande quand est-ce que j’allais commencer à me féminiser.

C’est pour cela que, même si je n’annonce pas clairement mon identité civile sur ce blog, je ne cesse de vous écrire, mois après mois, non seulement pour garder une trace écrite de mon évolution, mais aussi et surtout dans une tentative d’être éducatif dans mon parcours. Et peut-être aider à visibiliser nos existences, à mon humble échelle.

10 Years Challenge

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Vous en avez sûrement déjà vu passer plein ces jours ci, des photos comparatives à 10 ans d’écart, sur les réseaux sociaux.
Fatalement, il m’est douloureux que de comparer ma tronche à celle de y’a dix ans. En revanche, cela me semblait intéressant de faire une rapide comparaison de ma situation entre aujourd’hui et il y a dix ans, justement.

Parce que 2009, c’était une année chargée de mon côté. Mais vous allez le constater rapidement.

En 2009 donc, je travaillais déjà depuis deux ans, du haut de mes 17 ans et demi. J’étais payé au lance-pierres à raison d’environ 500 euros par mois au plus haut de mon salaire, vu que j’étais mineur en apprentissage. Mais avec un loyer de 430 à payer, autant dire que je galérais.
J’avais d’ailleurs emménagé dans mon tout premier appartement, après avoir vécu en foyer. Bon, c’était un taudis absolument pas aux normes, et j’y resterais environ 7 ans. Mais il m’a dépanné le temps que je rebondisse un peu dans ma vie.

Ma vie sentimentale était une catastrophe, et je continuais sur ma lancée post-collège, à me faire harceler au Centre de Formation des Apprentis et sur mon lieu de travail. Ma vie sociale était principalement en ligne, avec notamment ma meilleure amie de l’époque, Marianne, qui vivait à Montpellier où elle faisait un peu de musique. Au mois de juillet, je me décidais à changer de plateforme, pour passer de skyblog à WordPress, sans vraiment d’ambition de durée particulière.

Je me disais également, qu’il faudrait que j’écrive mon autobiographie, parce que je suis quelqu’un d’absolument présomptueux. J’avais des petits problèmes de santé, qui commençaient tout juste à s’installer. Bref, c’était pas trop la fête dans ma vie. J’étais en lourde dépression et j’avais commencé à planifier mon suicide pour l’été qui arrivait.

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Nous sommes donc désormais en 2019, et je peux faire un petit point sur ma vie, un brin plus positif.

Je ne travaille plus depuis des années déjà, pour inaptitude à cause de soucis de santé multiples et cumulés. En revanche je m’en sors tous les mois grâce aux aides sociales, et je parviens à payer mon loyer et mes factures de façon autonome.
J’ai déménagé de mon taudis il y a maintenant presque 4 ans, et même si j’ai un peu collectionné les colocs à la même adresse, je suis heureux de mon appartement actuel, qui est lumineux et bien placé.

Ma vie sentimentale étant complexe, je ne m’étendrais pas sur cette question particulièrement. En revanche ma vie sociale est bien plus établie, pour exemple, je peux difficilement passer plus de 10 minutes dehors sans croiser quelqu’un que je connais. Je suis largement plus populaire maintenant qu’à l’époque, outre parce que je me suis épanoui et ai évolué, mais aussi parce que j’ai su multiplier les occasions de rencontrer de nouvelles personnes.
J’ai d’ailleurs recroisé Marianne l’été dernier, elle est devenue DJ, et elle a même sorti un EP et fait régulièrement des dates ici et là en France.

Je ne pensais sincèrement pas qu’après 10 ans à écrire mes bêtises sur Internet, des gens continueraient à me suivre et me lire régulièrement. Je me suis depuis, sensibilisé à certaines questions comme le féminisme ou les luttes LGBT+, et ce blog a pris une direction que je n’aurais pas su prévoir, même si celle ci est au final, parfaitement logique.

Entre temps, mon projet d’autobiographie a lui aussi pris une toute autre tournure, plus sérieuse, plus pertinente peut-être, mais toujours en construction à ce jour.
Egalement, après des années d’errance médicale, j’ai fini par avoir des réponses à mes différentes interrogations, diagnostic par ci, solutions par là, petit à petit on avance gentiment.

J’ai plus que jamais des choses à accomplir avant de me laisser partir, et il est hors de question que je lâche l’affaire avant d’avoir réalisé tout ce que j’ai prévu de faire.

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Pour conclure, clairement y’a du mieux, et même si tout n’est pas absolument parfait, on s’en rapproche quand même pas trop mal.
Merci de m’avoir lu, et de suivre mes aventures depuis peut-être tout ce temps !
Bisou.

L’année des Frites (Rewind 2018)

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Nous voici comme en chaque 31 décembre, à l’aube d’une nouvelle année, ou plus précisément au crépuscule de celle en cours. Et c’est précisément cette optique là qui nous intéresse, à condition que vous utilisiez le calendrier grégorien, sinon relisez cet article à votre propre réveillon, je n’ai pas vraiment de solution.

Mais trêve de plaisanteries, car finalement, 2018 aura été plus calme que prévu. Enfin, je vous dit cela mais en vrai, j’ai des difficultés à réellement me remémorer ma propre vision de l’année qui vient de s’écouler. Je pourrais faire du mois par mois, mais finalement ça serait juste relativement chiant, et il vous suffirait de faire l’inventaire des articles vous-même. Du coup je vais faire exactement cela, l’inventaire, en ajoutant des infos supplémentaires, mais en m’orientant vers une liste non exhaustive mais plus orientée par thématiques, le tout résumé brièvement (on l’espère).

Vie Militante

Cette année, j’ai notamment collaboré à deux reprises avec Yuffy (de la chaîne YouTube « Tipoui »), une première fois autour d’un article où elle m’a aidé à rédiger une définition un peu sérieuse. Une seconde fois lors de la présentation du film Coby, où nous avons ensemble plus ou mois aidé à animer une séance de débat après ledit film. Même si j’avoue m’en être assez mal sorti, puisque je galère toujours pour m’exprimer en public. J’ai d’ailleurs également participé en mon nom à un autre débat sur la transidentité lors d’un séminaire sur la santé des LGBTI, mais là encore, je n’ai pas vraiment su me faire comprendre.
J’ai en effet appuyé le fait que parler de la transition uniquement sous le prisme de la souffrance était un peu dommage, et la personne du public a renchéri en disant qu’en effet, la transition c’est formidable et que la souffrance n’était pas pertinente dans les débats. Ce n’était pas exactement mon intention que d’établir cette conclusion là, donc bon.

Mais sinon, 33 articles auront été mis en ligne en 2018, sans compter celui ci. Ce n’est pas nécessairement mon année la plus prolifique, mais j’ai essayé de tenir une certaine forme de qualité tout au long de l’année, qui je l’espère, s’est ressentie.

Vie Privée

Cette année a été placée sous le signe de la réappropriation corporelle, en ce qui me concerne en tout cas. Je suis en effet repassé par trois fois sous les aiguilles de tatoueurs, faisant monter le total à 7 pièces qui ornent mon corps. Cette année nous avons fait les deux épaules et la seconde partie de ma jambe gauche. Si tout se déroule comme prévu, dans le premier ou second tiers de 2019, je devrais d’ailleurs finir mon triptyque animalier sur ce même mollet.

Egalement, je suis parti un gros weekend en vacances sur l’île d’Oléron, où j’ai pu me baigner dans la mer, et également dans l’océan quelques semaines avant, du côté de Lège-Cap-Ferret. Ça m’a fait un bien fou, puisque je n’avais pas pu réellement me baigner depuis de longues années, et j’avais oublié la sensation d’être complètement immergé dans l’eau.

Vie Administrative

En 2018, j’ai fini de compléter mon changement d’Etat Civil. Carte d’identité, Carte Vitale, chéquier bancaire et tout le reste. Il ne me reste réellement que mes diplômes à faire modifier, mais cela s’avère assez complexe, puisqu’il y a une date limite avant que ceux ci ne soient totalement archivés, et ladite date a été dépassée, du coup si il y a un·e expert·e dans la salle, envoyez moi un mail.

Vie Sociale

Cette année a été riche en rencontres de nouvelles personnes, toutes plus chouettes les unes que les autres. Ça a aussi été des tensions qui émergent, du drama à régler au kilomètre, et la consolidation de relations déjà pré-établies.
Plus récemment, une embrouille sur les internets avec des inconnus m’a permis de constater que mes proches et même mon cercle plus éloigné, me soutiennent dans mes mésaventures. J’ai été submergé par l’amour et la compassion, et cela m’a rappelé que je ne suis pas seul, et que beaucoup de personnes que j’ai choisi pour m’entourer, m’aiment et m’apprécient au point de prendre ma défense.
Bref, de l’amour par brouettes entières.

Conclusion

Ce qu’on peut dire à propos de 2018, c’est que ce fut une année remplie d’émotions, bonnes comme mauvaises d’ailleurs. Entre les rebondissements qu’on a pas vu venir, ou au contraire des bonnes surprises qu’on n’espérait plus.
Bref, une année mouvementée sur plus d’un plan, bien que je la soupçonnais d’avance d’être très chargée, et elle ne l’a finalement pas été tant que cela, mais elle ne fut pas nécessairement de tout repos pour autant. Et cette phrase est très alambiquée.
Je vous dit tout ça mais en vrai là, il est actuellement 4h du matin tandis que je martèle mon clavier, alors je suis au bord de l’agonie de fatigue, donc je boucle un peu plus vite que prévu mon article. Parce que si 2018 m’a bien appris un truc, c’est que je ne sais toujours pas respecter mes propres délais !

Allez, bisou et bon réveillon !

Fosse Commune

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En 2013, j’étais en plein dans le creux de la vague de ma dépression. Je sortais à peine d’une grosse rechute suite à la séparation avec mon ex.
Très ironiquement, c’est une autre ex (et également amie) qui m’a parlé d’un appel à contributions pour un projet artistique autour de la mort.

Il s’agissait dans un premier temps de rédiger un courrier postal où l’on devait décrire, raconter, avec peu de mots ou au contraire à grand renfort de détails et autres longues phrases alambiquées, la façon dont on visualisait sa propre fin. Entre le fantasme ou l’angoisse véritable,  chaque participant était assez libre de ses choix.

Et après réception de ce courrier, l’artiste LMG « Nevroplasticienne » comme elle se nomme elle-même, après numérotation de chaque lettre, classement et moult référencement individuels, produisait une interprétation visuelle sous la forme d’un dessin au graphite et à la mine de plomb.
Enfin, une fois les 365 courriers transmutés par la force créatrice en dessins, ils ont été rassemblés en un livre. Le projet Épitaphes est devenu l’ouvrage Fosse Commune.

Si je finis par vous en parler seulement aujourd’hui, environ 5 ans plus tard, c’est parce que je l’ai finalement rencontrée cette artiste.

Suite à la sortie du livre, il a été annoncé une date limite d’un an ou deux (j’ai oublié), pour que chaque participant·e récupère l’original de son dessin, ainsi que le livre si iel le souhaitait.
J’ai donc rencontré LMG, et laissez moi vous dire que j’ai été (agréablement) surpris !
Bien loin de l’image de l’artiste froide et ultra sérieuse que je m’imaginais, non pas qu’elle ne soit pas sérieuse, mais elle ne portait pas cette espèce d’aura qui laisse sans voix par crainte de dire une bêtise face à elle.

LMG est quelqu’un qui m’a immédiatement mis à l’aise et rassuré, très chaleureuse, accessible et pleine d’humour. Elle m’a raconté que beaucoup des participant·e·s lui avaient fait la même remarque que moi : cette surprise, de ne pas du tout correspondre à l’image mentale de chacun·e, à savoir potentiellement distante, un peu gothique, l’artiste torturée classique quoi. Après tout, elle a entre autres réalisé des pièces avec du sang et des matières fécales, donc bon, on s’attend à tout !

Au lieu de ça, elle s’est réellement intéressée à mes tribulations, ma vie en général, et avait suivi avec attention mon Changement d’Etat Civil, pour lequel elle m’avait même proposé de témoigner. Sauf que, à cause d’une embrouille postale, je n’ai jamais reçu le sien, mais passons.
En tout cas, elle se souvenait précisément du contenu de ma lettre, même 5 ans plus tard, et j’ai donc pu la rassurer le fait que, quand même, j’allais bien mieux dans ma vie actuelle. Rien n’est encore gagné, mais on y arrivera doucement, et nous sommes bien loin de mon état mental de 2013.

Notre entrevue fut malheureusement assez brève, par souci de planning de chacun, mais m’a néanmoins beaucoup touché, et je tenais aujourd’hui à en parler.

Ceci étant dit, l’ouvrage Fosse Commune n’est pas à mettre entre toutes les mains. Déjà parce qu’il pèse une tonne et qu’en trimballer deux dans le RER a failli achever mon sac à dos. Mais blague à part, parmi les 365 dessins, tous ne sont pas nécessairement si abstraits, il y a notamment pas mal de penis et de vulves en gros plan, anatomiquement très réalistes. Il y a également pas mal d’animaux dont plusieurs très beaux chats, quelques lapins, des cerfs et j’en passe.
Dans l’ensemble des choses graphiquement très intéressantes, mais à consulter avec un esprit un minimum averti.

Le livre en lui même est assez massif, et fait 1,8 kilos. La préface est, comme on s’y attend, très spéciale, à mi-chemin entre le mystique et le glauque, histoire de se mettre dans l’ambiance. Mais comme me l’a dit LMG, avant de partir pour d’autres aventures : « On finit tous par mourir, quoi qu’il advienne ».
Et cet ouvrage est probablement plus à son image que je ne me l’imagine. Plein de très belles choses, malgré la thématique qui reste encore aujourd’hui assez tabou. Une espèce d’Ode à la mort pour mieux savourer le temps qu’il nous reste à chacun.

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Grosse Ambiance dans ma chambre ! (épitaphe à droite)

Bouquin massif et traces de doigts.

Tous pour un et un pour cent

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Encore aujourd’hui, je ne parle que rarement de ma maladie, quasiment jamais ouvertement, et encore moins ne la nomme. Parce que, encore aujourd’hui, j’ai peur de la réaction des gens.

Que ce soit la stigmatisation quasi omniprésente, les diverses « blagues » sur la question qui continuent de perpétuer la propagation de fausses informations à ce propos, ou même trop souvent le personnel soignant qui n’est pas éduqué à ce sujet.
Je n’ai aucune honte à en être atteint, mais la société, les médecins, certains personnes que je côtoie, tous essaient de m’en convaincre. De ce fait, je garde le silence.

Je n’ai pas l’audience suffisante pour juger utile de m’exprimer sur ma maladie, et j’ai probablement tort. Du coup, pour esquiver cela, je parle autour de la maladie, et donc de ses conséquences : la médication, les hospitalisations, la maltraitance humaine etc.
Vous ne me verrez jamais la nommer ici, sauf si mon audimat explose un jour. Mais j’estime qu’il n’est pas nécessaire d’écrire son nom pour que chacun·e comprenne, et même si vous ne devinez pas, ce n’est pas crucial. Ce qui me tient à cœur, c’est que vous en compreniez les conséquences, les points à améliorer, comment venir en aide aux autres personnes qui en sont atteintes, et pas seulement comment j’orthographie ma maladie.

Je suis presque un cas d’école, entre mon identité de genre, mes différentes pathologies et mon surpoids. Je suis ce mec qui décide d’acheter 48 melons mais qui en perds 9 en route, dans les problèmes de mathématiques : je suis une anomalie statistique, et pourtant, j’existe bel et bien.

Jadis, il m’est arrivé de me bercer de l’illusion que les personnes qui étaient alors au courant l’acceptaient parfaitement, mais il a fallu que j’ai des crises face à elleux. Et ce que j’ai lu dans leurs yeux n’était pas l’incompréhension ou la gêne, mais la terreur que ça recommence. Et ce fut incroyablement blessant, du coup je suis devenu méfiant.

Je ne sais plus exactement où je voulais en venir avec ce billet, mais j’avais néanmoins besoin d’écrire tout ça. De relater ce que c’est de vivre quotidiennement avec un « secret », voire même plusieurs en ce qui me concerne. Tout comme pour mon identité de genre, je garde pour moi un certain nombre de choses, et je n’en expose qu’une infime part, même en pleine confiance face à quelqu’un.

Chaque jour est une victoire sur la vie, d’être parvenu à me lever le matin, de ne pas avoir fait de rechute dans la journée malgré les différents symptômes, et de m’être endormi avec l’illusion que ma journée pouvait sembler commune, normalisée. C’est un effort de tous les instants, mais je ne tiens pas à ce que l’on m’en félicite, et je ne tiens pas non plus à être un exemple à suivre.
En revanche, je voudrais juste être pris en compte, dans mon intégralité, ce qui est paradoxal puisque je ne l’évoque jamais, cette entièreté justement.

Peut-être qu’un jour, j’aurais le courage d’affronter mes angoisses profondes et parfois traumatiques, et je vous exposerais en détails ce qui m’affecte. Mais pas aujourd’hui malheureusement, parce que je ne m’en sens pas encore la force.
Prenez soin de vous.

We will not be silent

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Pendant très longtemps, j’étais en première ligne dans la bataille pour comprendre ma propre identité. Il m’a fallu rencontrer d’autres garçons trans pour concevoir ce qu’était la transidentité, et réaliser que la question me concernait de près.

Si j’ai effectivement eu des ami·e·s assez proches qui vivaient la même chose que moi, la plupart des informations concernant le parcours, qu’il soit médical ou administratif, j’ai dû les trouver seul.

Si vous je dis tout ça, c’est entre autres parce qu’il y a quelques jours j’ai rencontré un jeune homme en tout début de parcours. Et notre conversation m’a confirmé ce pour quoi je vous écrit régulièrement.
Je me dis parfois que je dois saouler mon lectorat à raconter les tribulations de ma propre transition. Et d’autres fois, je me rappelle que je ne fais pas ça uniquement pour moi. Même si j’enfonce parfois des portes ouvertes, à grand renfort de niaiserie et d’espoir en l’avenir, mes mots touchent parfois juste, et c’est loin d’être ma seule illusion qui me permet de l’affirmer.

En début de transition, je n’avais pas vraiment de « modèle » dans la vraie vie, qui me permettait d’affirmer que la suite serait agréable. Je suivais pourtant quelques hommes transgenre sur les internets, mais ça me rendait plus triste qu’autre chose, parce que j’avais la sensation que jamais je n’arriverais jusque là. Tous étaient à plus de 5 ans de parcours hormonal, déjà opérés, tous musclés et bien loin de ma réalité.
Du coup, je me suis donné pour objectif d’être un éventuel « modèle » de proximité, pour les jeunes gars trans qui croiseraient mon chemin. Comme un oncle sympa, un voisin moustachu.

En conclusion, ce message s’adresse à tous les petits garçons en devenir, qui pensent que le cispassing prends 10 ans, et qu’être musclé est forcément un impératif.
Quelque soit votre carrure, quelque soit votre voix pour le moment, quelque soit votre taille, rien n’est impossible.
Je fais 1m65, j’ai un IMC de 45. Ça ne fait pas encore trois ans que j’ai commencé la vitamine T, aucune chirurgie d’effectuée, et pourtant je défie quiconque de deviner que je suis trans.

Levez de la fonte si ça vous chante, faites surtout du sport parce que ça vous fait du bien. Cheveux longs, cheveux courts, aucune obligation là dessus, prenez surtout soin de vous.
Si votre entourage est méchant, changez-en. Moi j’leur pète les genoux.

Bisou !

Holding myself too tight

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A l’adolescence, rien n’apparaît comme légitime, en particulier les choses sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle.
Cet article qui s’annonce d’ores et déjà casse gueule, parlera de la quête individuelle de vérité avant l’âge adulte.
Dans ce billet, je vais tenter d’extrapoler sur le fait que les ados sont loin d’être des créatures dénuées d’intellect, et que très souvent, ils et elles détiennent déjà des indices sur ce qu’iels vivent quotidiennement, en terme de ressentis physiques et émotionnels. Lisez jusqu’au bout, la lumière fait son oeuvre.

Lorsque l’on traverse la période charnière de l’adolescence, nous sommes en proie à nos hormones, mais pas seulement. Il faut parvenir à avancer chaque jour alors que le monde entier semble contre nous, personne ne nous comprend, et surtout, personne n’essaie vraiment de le faire.
Un problème de communication? Votre enfant est juste timide. Un petit coup de mou? C’est qu’iel est fainéant·e. Des douleurs récurrentes? Pas assez de sport. Et si iel ne sort jamais de sa chambre? C’est sa crise d’adolescence.
Alors que derrière toutes ces affirmations se cache parfois une souffrance réelle, et des éléments qui pourraient éventuellement être régularisés par une aide médicale ou encore de la thérapie.

Lors de ma propre adolescence, il y a eu un paquet de signes annonciateurs de la suite concernant mon état de santé, mais tout le monde est passé à côté.
Phobie scolaire, violence, crises de colère, automutilation, j’en passe et des meilleurs. Je ne faisais pas ma crise d’ado, j’étais « juste » en profonde dépression. Et les choses n’étaient pas prêtes de s’arranger.
Je dis souvent que j’ai eu la chance d’être pris en charge suffisamment tôt par le système médical, mais j’en ai quand même pas mal bavé avant d’avoir un diagnostic. Et malgré cela, ça a été un effondrement pour ma famille. Entre la recherche de ce qui a été « mal fait », et autres « personne ne l’a vu arriver », c’était pourtant annoncé dès le départ, en regardant correctement.
Je ne blâme absolument pas ma famille, mais durant une courte période, je n’avais aucune envie de vérifier s’il y avait des réponses aux nombreux « pourquoi », je tenais juste à ce que l’on me soutienne, et que l’on s’occupe de moi.
Mais je digresse.

Je voulais juste mettre le doigt sur le fait qu’une fois adultes, lorsque nous obtenons un diagnostic, s’il y en a un à poser, c’est un soulagement, parce que beaucoup de choses prennent du sens, et plusieurs événements trouvent leur explication.
Mais jamais lorsqu’on est adolescent·e­·s, parce que personne ne nous prend au sérieux dans cette période là. Et c’est bien dommage.

De la même façon, lorsque l’on sort du modèle cisgenre-hétérosexuel, beaucoup d’événements de l’enfance prennent sens une fois adultes, si l’on n’avait pas conscience de notre éventuelle spécificité avant cela.
Tout comme à l’inverse, si l’on en a parfaitement notion de notre « différence », d’un point de vue sociétal, personne ne nous prend au sérieux non plus.
Quand votre enfant vous annonce qu’il est gay, ou transgenre, très souvent iel s’entendra dire que « ce n’est qu’une phase », et si c’est effectivement une possibilité, cela ne fait pas la majorité. En grandissant, cette « phase » prendra probablement de l’ampleur jusqu’à en devenir étouffante si l’on lutte contre.

Si je n’avais pas nécessairement connaissance de la notion de transidentité jusqu’à l’âge adulte, j’avais pourtant profondément conscience que quelque chose me gênait dans mon identité. Et le fameux « ce n’est qu’une passade », c’est à moi même que je l’ai maintes fois répété. Mais à essayer de noyer cette vérité indéfiniment, j’ai fini par me retrouver face au choix d’affronter les autres, la société, mes proches, et me révéler véritablement au monde; ou alors de mettre fin à mes jours. On a connu des décisions plus agréables.

Tout cela pour en arriver au fait que, même si lorsque l’on est ados, on est un peu stupides, un peu niais·e·s, et pas forcément éclairé·e·s sur tous les plans, nous n’en demeurons pas moins en pleine possession de notre propre vérité.
Il suffit juste de trouver les bons termes pour mettre les mots sur nos douleurs. Qu’elles soient physiques ou morales. Et de trouver des personnes possédant suffisamment de bienveillance pour nous écouter, nous aiguiller, et nous rassurer.

Prenez soin de vous.

Life is Strange : Before the Storm #3

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Bon, j’ai pleinement conscience que j’ai largement 11 mois de retard sur cet épisode, puisque entre temps ont été annoncés Life is Strange 2 ainsi que Captain Spirit qui lui a été mis a disposition peu après l’E3 2018.
Je suis aussi plus généralement en rogne, puisque j’avais pré-écrit une assez longue introduction que j’ai malencontreusement effacée de mon ordinateur. Ça m’apprendra à vouloir écrire hors ligne aussi.

Bref, j’ai mis donc presque un an à jouer à cet épisode, parce que d’abord je savais qu’on attendais mon avis au tournant, mais aussi parce que je ne me sentais pas nécessairement apte mentalement à le clôturer. Dès que je me disais « allez, c’est maintenant, je le lance », j’avais une espèce de boule au ventre indescriptible et une sorte d’angoisse irrationnelle à l’idée de boucler Before the Storm.
Alors, est-ce que vraiment ça valait le coup d’attendre quasiment une année complète? Voyons ça tout de suite.

Cet épisode est très délicat à traiter, parce que je me mets un point d’honneur à ne jamais rien spoiler ici. Et comment parler de l’épisode 3 sans révéler le contenu des deux précédents, ni ce qui nous attend dans Life is Strange classique ?

Mais je peux dire sans trop en avancer, que cette troisième partie était riche en révélations.
On pars dans tous les sens, toujours en gardant cette cohérence propre à l’univers de LiS. Mais les choses vont vite, très vite, et on peine à reprendre son souffle. Toujours aux commandes de Chloé, qui parvient toujours à se fourrer dans les situations les plus absurdes sans vraiment le chercher. On revient parfois à choisir le choix le moins pire, parce que c’est une tête brûlée, et qu’on ne sait jamais réellement ce qu’elle nous prépare.

Il y a de nombreuses références au jeu originel, et si certaines font sourire par leur aspect « clin d’œil », d’autres sont un brin plus rudes. Si la palette d’émotions est vaste, la réalité nous rattrape assez vite, et l’étouffante vérité de ce que contient la suite de ce préquel (dans LiS classique donc), vient rapidement nous mordre le cul.

L’épisode joue encore une fois avec nos petits cœurs en mousse, nos douleurs profondes et nos émotions diverses. Que ce soit par des éléments inhérents à Before the Storm, ou par le biais des références à sa suite, comme expliqué juste avant.
Bien souvent, j’ai retenu mon souffle face aux cinématiques ou aux choix à effectuer, tandis qu’à d’autres moments, j’ai dû retenir mes larmes.

Le tout est mené avec une certaine délicatesse, et nous narre les aventures de nos héroïnes avec une justesse incroyable. Les sujets abordés sont loin d’être légers, mais cette licence en a déjà pris l’habitude.

Je ne peux malheureusement en dire plus sans risquer de révéler le pot aux fleurs, de ce fait, il faudra vous contenter de cette [courte] chronique sur le sujet.

Du reste, l’image est encore une fois superbe, même si mon ordi a manqué de faire de la combustion spontanée après que j’ai poussé les graphismes à fond. Les choix musicaux d’accompagnement sont soignés, l’ensemble est excellent.
Clairement nous tenons là une magnifique chialade sur 10, et je savais que je prendrais cher en finissant ce troisième pan de l’histoire. Laissez moi quelques semaines avant de me replonger dans l’épisode bonus « Farewell », et on aura plié la licence jusqu’à que j’ai des sous pour faire Life is Strange 2. Mais rien d’urgent cependant.

Voilà, quelques screenshots pour illustrer, et c’est plié !
Bisou.

Y’a de l’amour dans l’air…

Sexy Time !

De la lesbienne de qualité.

Garagiste Simulator : Chloé Edition.

Le bouquin pas du tout référencé…

But baby don’t let them see it

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Il y a cette croyance persistante, que la vie à l’échelle individuelle, est un combat permanent entre le bien et le mal. Que de ne pas sombrer dans la violence, la démence, c’est une victoire quotidienne sur nous-même. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ces affirmations, et ce sera notre sujet du jour.
D’ailleurs avant que l’on ne commence, je tiens à préciser, comme souvent, que cet avis n’engage que moi, et que je me base avant tout sur ma propre expérience de ce qui compose la vie, et mes propres ressentis vis à vis de tout ça. Vous avez pleinement le droit d’être en désaccord et de ne pas valider mes dires à ce sujet.

En premier lieu, la conscience du bien et du mal, avec des gros guillemets, est parfaitement relative. Que ce soit au contexte sociétal, à l’époque, à la situation géographique, ou encore au point de vue personnel. Les paramètres de cette conscience sont larges, et propres à chacun, puisque tout le monde n’en a pas exactement la même notion.

Ensuite, même avec la plus grande bienveillance, il arrive que chacun puisse avoir des épisodes de violence incontrôlable, sans vraiment parvenir à se l’expliquer. Cela n’arrive fort heureusement pas à tout le monde, mais personne n’en est vraiment à l’abri.

Ce que j’essaie d’exprimer aujourd’hui, avec probablement la plus grande des maladresses, c’est qu’il n’y a pas réellement de « partie bonne » qui s’oppose à la « partie mauvaise » de chacun. Simplement que parfois, notre capacité à rationaliser les choses, à rester droit dans nos bottes, est en conflit direct avec nos pulsions basses. Mais ces pulsions ne sont pas forcément mauvaises justement, elles sont juste bien souvent en inadéquation avec notre façon d’être.
Et que des fois, la fine limite entre les deux dérape, et nous emporte avec elle.
C’est simplement cela, selon moi, qui nous fait tomber l’espace de quelques minutes dans des accès de violence : l’incapacité à rester rationnel, l’impossibilité temporaire de raisonner calmement et de faire preuve de logique.

Je n’essaie pas aujourd’hui d’excuser la violence soudaine, j’essaie simplement de la comprendre. Comme je le dis souvent, une situation précédente peut expliquer bien des choses, que ce soit un événement traumatique, une pathologie psychiatrique, un passé compliqué etc.
Oui, cela peut expliquer, mais cela n’excuse absolument jamais le moindre acte. Puisque, si antécédent le moindre il y a, toute explication logique que ce soit, ne permet pas d’excuser un comportement de violence. Au mieux, cela nous permet de le comprendre, et de l’éviter à l’avenir, mais en aucun cas de servir de justification. Jamais. A aucun moment.

J’ai vécu, avec entre autres mon traitement hormonal, des changements brutaux dans mon humeur avec notamment des crises de colère. Et je n’irais pas prétendre que c’était uniquement dû à un déséquilibre hormonal, car j’admets qu’il y a chez moi un terrain favorable à la violence. Cependant, je n’ai pas eu la sensation de me laisser aller à mes bas instincts, mais bel et bien d’avoir perdu ma capacité de contrôle et de maintien de moi-même, même l’espace de quelques minutes. Je n’ai pas « vaincu » ma part sombre, j’ai juste repris mes esprits, histoire de ne blesser personne, moi y compris, pendant la durée de mes crises.

Je souhaitais ici en revanche, simplement mettre en relief qu’il n’y a pas de grand combat entre le bien et le mal en chacun de nous, simplement énormément de nuances et d’éléments parfois contradictoires.

Bon, je crois que je me suis perdu en route, donc on va dire que c’est tout pour aujourd’hui. Je tiens à vous présenter mes excuses pour l’aspect un peu brouillon de cet article, qui n’est évidemment pas volontaire, mais le sujet est à la fois tellement personnel et tellement glissant, que l’exercice est très délicat. Voilà !

Disobedience / Désobéissance (2018)

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Cette nuit, j’ai regardé le film Disobedience (ou Désobéissance en France), et je pense que je n’aurais pas grand chose à en dire. Pour être plus exact, je pensais initialement lui consacrer un très long billet, mais une fois les crédits passés, je savais qu’il n’y aurait finalement pas tant de matière à en extraire, sans risquer de spoiler.
En revanche, j’annonce la couleur nuitamment : j’ai bien aimé ce film, il ne m’a cependant pas transcendé pour autant. Mais je vais y venir rapidement.

Le pitch :
Disobedience, nous plonge au cœur d’une communauté juive londonienne, où le Rabbin vient de décéder. Sa fille, Ronit, jusque là exilée à New York où elle travaille comme photographe, revient pour ses funérailles. Mais entre les retrouvailles pas tellement chaleureuses avec la communauté, ainsi que des souvenirs qui remontent, son séjour ne sera pas forcément de tout repos.

Mon avis :
Vous m’attendez au tournant, y’a des filles qui se font des bisous. En même temps ce n’est pas vraiment un secret bien gardé puisque le film nous annonce la couleur dès l’affiche (ci-dessus). Mais ce qui est réellement important, ce n’est pas tant à quel moment elles se font des bisous, mais le contexte où elles s’en font.

Ici, Ronit (Rachel Weisz) retourne dans son ancienne communauté juive où elle tombe sur ses deux amis d’enfance : Esti (Rachel McAdams) et Dovid (Alessandro Nivola). Elle n’est pas forcément accueillie à bras ouverts, et dès les premières minutes, l’ambiance est pesante. Entre les coutumes religieuses et les traditions d’un autre temps, je dois avouer que je n’étais pas super à l’aise à chaque instant du film.
Nos trois personnages principaux sont tiraillés chacun différemment, entre leur vérité et ce que l’on attend d’eux. Que ce soit une recherche individuelle ou un cheminement autour de la foi, tout le monde voit ses convictions personnelles pas mal chahutées.

A mesure que le film se déroule, on en apprend plus sur les raisons du départ de Ronit, ainsi que sur la retenue poussée à l’extrême de Esti, qui semble au bord des larmes tout le long des 2h que fait Disobedience. Le tout s’écoule avec une certaine douceur, même si c’est dans une ambiance un peu étouffante.

Sur le plan purement technique, les jeux d’acteur.ice.s sont excellents, rien à redire là dessus, chacun dévoile ses facettes au fur et à mesure, sans excès, avec une justesse imparable. Côté image, l’ensemble est très « terne », il n’y a quasiment aucune couleur vive, et cela retranscrit parfaitement l’aspect pesant de toute cette ambiance d’austérité religieuse.

Le seul point négatif que je pourrais trouver, c’est les dernières minutes du film, qui m’ont un peu laissé sur ma faim. Mais bon, il faut bien avouer que j’ai toujours eu du mal avec les conclusions trop « ouvertes ».

Voila.
C’est tout pour moi !