But baby don’t let them see it

Par défaut

Il y a cette croyance persistante, que la vie à l’échelle individuelle, est un combat permanent entre le bien et le mal. Que de ne pas sombrer dans la violence, la démence, c’est une victoire quotidienne sur nous-même. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ces affirmations, et ce sera notre sujet du jour.
D’ailleurs avant que l’on ne commence, je tiens à préciser, comme souvent, que cet avis n’engage que moi, et que je me base avant tout sur ma propre expérience de ce qui compose la vie, et mes propres ressentis vis à vis de tout ça. Vous avez pleinement le droit d’être en désaccord et de ne pas valider mes dires à ce sujet.

En premier lieu, la conscience du bien et du mal, avec des gros guillemets, est parfaitement relative. Que ce soit au contexte sociétal, à l’époque, à la situation géographique, ou encore au point de vue personnel. Les paramètres de cette conscience sont larges, et propres à chacun, puisque tout le monde n’en a pas exactement la même notion.

Ensuite, même avec la plus grande bienveillance, il arrive que chacun puisse avoir des épisodes de violence incontrôlable, sans vraiment parvenir à se l’expliquer. Cela n’arrive fort heureusement pas à tout le monde, mais personne n’en est vraiment à l’abri.

Ce que j’essaie d’exprimer aujourd’hui, avec probablement la plus grande des maladresses, c’est qu’il n’y a pas réellement de « partie bonne » qui s’oppose à la « partie mauvaise » de chacun. Simplement que parfois, notre capacité à rationaliser les choses, à rester droit dans nos bottes, est en conflit direct avec nos pulsions basses. Mais ces pulsions ne sont pas forcément mauvaises justement, elles sont juste bien souvent en inadéquation avec notre façon d’être.
Et que des fois, la fine limite entre les deux dérape, et nous emporte avec elle.
C’est simplement cela, selon moi, qui nous fait tomber l’espace de quelques minutes dans des accès de violence : l’incapacité à rester rationnel, l’impossibilité temporaire de raisonner calmement et de faire preuve de logique.

Je n’essaie pas aujourd’hui d’excuser la violence soudaine, j’essaie simplement de la comprendre. Comme je le dis souvent, une situation précédente peut expliquer bien des choses, que ce soit un événement traumatique, une pathologie psychiatrique, un passé compliqué etc.
Oui, cela peut expliquer, mais cela n’excuse absolument jamais le moindre acte. Puisque, si antécédent le moindre il y a, toute explication logique que ce soit, ne permet pas d’excuser un comportement de violence. Au mieux, cela nous permet de le comprendre, et de l’éviter à l’avenir, mais en aucun cas de servir de justification. Jamais. A aucun moment.

J’ai vécu, avec entre autres mon traitement hormonal, des changements brutaux dans mon humeur avec notamment des crises de colère. Et je n’irais pas prétendre que c’était uniquement dû à un déséquilibre hormonal, car j’admets qu’il y a chez moi un terrain favorable à la violence. Cependant, je n’ai pas eu la sensation de me laisser aller à mes bas instincts, mais bel et bien d’avoir perdu ma capacité de contrôle et de maintien de moi-même, même l’espace de quelques minutes. Je n’ai pas « vaincu » ma part sombre, j’ai juste repris mes esprits, histoire de ne blesser personne, moi y compris, pendant la durée de mes crises.

Je souhaitais ici en revanche, simplement mettre en relief qu’il n’y a pas de grand combat entre le bien et le mal en chacun de nous, simplement énormément de nuances et d’éléments parfois contradictoires.

Bon, je crois que je me suis perdu en route, donc on va dire que c’est tout pour aujourd’hui. Je tiens à vous présenter mes excuses pour l’aspect un peu brouillon de cet article, qui n’est évidemment pas volontaire, mais le sujet est à la fois tellement personnel et tellement glissant, que l’exercice est très délicat. Voilà !

Disobedience / Désobéissance (2018)

Par défaut

Cette nuit, j’ai regardé le film Disobedience (ou Désobéissance en France), et je pense que je n’aurais pas grand chose à en dire. Pour être plus exact, je pensais initialement lui consacrer un très long billet, mais une fois les crédits passés, je savais qu’il n’y aurait finalement pas tant de matière à en extraire, sans risquer de spoiler.
En revanche, j’annonce la couleur nuitamment : j’ai bien aimé ce film, il ne m’a cependant pas transcendé pour autant. Mais je vais y venir rapidement.

Le pitch :
Disobedience, nous plonge au cœur d’une communauté juive londonienne, où le Rabbin vient de décéder. Sa fille, Ronit, jusque là exilée à New York où elle travaille comme photographe, revient pour ses funérailles. Mais entre les retrouvailles pas tellement chaleureuses avec la communauté, ainsi que des souvenirs qui remontent, son séjour ne sera pas forcément de tout repos.

Mon avis :
Vous m’attendez au tournant, y’a des filles qui se font des bisous. En même temps ce n’est pas vraiment un secret bien gardé puisque le film nous annonce la couleur dès l’affiche (ci-dessus). Mais ce qui est réellement important, ce n’est pas tant à quel moment elles se font des bisous, mais le contexte où elles s’en font.

Ici, Ronit (Rachel Weisz) retourne dans son ancienne communauté juive où elle tombe sur ses deux amis d’enfance : Esti (Rachel McAdams) et Dovid (Alessandro Nivola). Elle n’est pas forcément accueillie à bras ouverts, et dès les premières minutes, l’ambiance est pesante. Entre les coutumes religieuses et les traditions d’un autre temps, je dois avouer que je n’étais pas super à l’aise à chaque instant du film.
Nos trois personnages principaux sont tiraillés chacun différemment, entre leur vérité et ce que l’on attend d’eux. Que ce soit une recherche individuelle ou un cheminement autour de la foi, tout le monde voit ses convictions personnelles pas mal chahutées.

A mesure que le film se déroule, on en apprend plus sur les raisons du départ de Ronit, ainsi que sur la retenue poussée à l’extrême de Esti, qui semble au bord des larmes tout le long des 2h que fait Disobedience. Le tout s’écoule avec une certaine douceur, même si c’est dans une ambiance un peu étouffante.

Sur le plan purement technique, les jeux d’acteur.ice.s sont excellents, rien à redire là dessus, chacun dévoile ses facettes au fur et à mesure, sans excès, avec une justesse imparable. Côté image, l’ensemble est très « terne », il n’y a quasiment aucune couleur vive, et cela retranscrit parfaitement l’aspect pesant de toute cette ambiance d’austérité religieuse.

Le seul point négatif que je pourrais trouver, c’est les dernières minutes du film, qui m’ont un peu laissé sur ma faim. Mais bon, il faut bien avouer que j’ai toujours eu du mal avec les conclusions trop « ouvertes ».

Voila.
C’est tout pour moi !

Let your body go with the flow

Par défaut

Aujourd’hui, j’ai décidé de m’aventurer sur un terrain glissant. Et sans plus d’introduction, sachez que l’on va parler d’en quoi les préférences dites « génitales » sont-elles ou non transphobes quand il s’agit de relations. Sachez également que cet avis n’engage que moi, et toutes les personnes en situation de transition ne le partagent pas. Pour finir, cet article risque fortement de partir dans tous les sens, celleux qui me connaissent n’en seront pas choqués.

Le programme de départ se compose de plusieurs éléments, nous allons ensuite les décortiquer.

  • Une femme trans est une femme, un homme trans est un homme.
  • Digression potentielle
  • Le sexe est-il si primordial dans une relation amoureuse ?
  • Existe-t-il un label 100% hétéro, certifié bio & élevé en plein air ?
  • Conclusion eventuelle

◄ Je reviens brièvement là dessus, mais si une personne, se présente comme femme, peu importe son apparence physique (son « passing »), ou sa quantité de chirurgies, elle est une femme. Il en va de même pour les garçons. C’est bon, tout le monde arrive à suivre?

◄ Si une femme, se proclame comme lesbienne, à priori, elle aime exclusivement les autres femmes. Sauf que dans les faits, c’est un petit peu plus complexe. Certaines femmes lesbiennes ont pu avoir des aventures avec des hommes, au passé, au présent, ou au futur. Si ces même femmes se proclament lesbiennes, personne ne vient vérifier leur quota de testostérone relationnelle.
C’est un peu ça le secret : ce que tu fais et avec qui tu le fais, ne concerne que toi. On n’envoie pas un chèque tous les ans à lobby LGBT pour conserver sa carte de membre du parti. Et en retour, ce même lobby ne vient pas vérifier avec qui on a fanfreluché. Mais je m’égare.
Certaines personnes se vantent de n’avoir jamais « dévié » de leur sexualité revendiquée, et grand bien leur fasse, parce que tout le monde s’en carre en vrai. Tu ne gagnes pas des gommettes juste parce que tu n’as jamais laissé approcher un homme de ton oreiller.

◄ On en vient donc à un point important du sujet : le sexe, est-ce vital? La réponse est bien évidemment négative. En revanche, si vous considérez que le sexe hétérosexuel c’est forcement un penis dans un vagoo, alors y’a du boulot. La sexualité c’est quelque chose de créatif, et il y a des centaines de possibilité autres que le classique schéma évoqué juste avant, sinon c’est vite chiant.
Que ce soit chez les homos, ou chez les hétéros, peu importe la configuration, qu’il n’y ait que des personnes cisgenre, un peu de personnes trans ou uniquement des personnes trans, il n’y a pas vraiment de généralité applicable. Chaque assemblage, chaque couple est différent, et même un seul individu n’aura pas les même types de rapports d’un couple à l’autre dans sa vie.
Du coup, peu importe la teneur des parties intimes de chacun, les possibilités sont infinies. D’autant que le summum d’une relation à mon sens, c’est l’affection, l’amour, pas les parties de fesses à l’air. Certaines relations peuvent s’en passer, d’autres non, soit.

◄ Ensuite, l’argument que j’ai pu voir passer, et qui est à l’origine de ce post, c’est que une personne « 100% hétéro » n’acceptera pas de coucher avec une personne trans, même de genre opposée. Et si ledit propos était entremêlé d’homophobie un peu crade dont je vous fait grâce, je dois avouer que je suis intrigué. Qui attribue le label de ce fameux 100%?

◄ Blague mise à part, je dois bien me rendre à l’évidence, ce n’est pas une question de sexualité, c’est une question d’ouverture. C’est surtout du cas par cas en fait, il y a des gens qui sont capables d’embrasser pleinement le corps de la personne qu’iels aiment, et d’autres qui ne sont pas aptes à le faire. Je veux dire, si des gens sont capables de coucher ensembles sans la moindre émotion, plus rien ne m’étonne à ce stade. Et je précise que je ne juge pas, c’est juste que je fonctionne tout à fait autrement.

► Donc, en conclusion, je n’irais pas jusqu’à dire que refuser de coucher avec une personne parce qu’elle est trans est nécessairement transphobe. C’est juste triste, et manquer de capacité d’adaptation. Mais en soi, ça reste nul et excluant. Du coup, un peu transphobe peut-être? Je veux dire, je comprends sur le papier, mais en pratique, c’est pourri quand même.

Les personnes trans fascinent comme elles écœurent, mais elles ne semblent laisser personne indifférent. De ce fait, je tiens à rappeler que nous sommes plus que nos corps. Merci.

Comme un goût d’ivresse

Par défaut

Ce matin, je vous propose trois films que j’ai vu, et mon avis sur la question. Les trois sont dispo sur Netflix, ou toute autre plateforme de streaming de votre choix, il s’avère juste que je paye mon propre abonnement, donc j’ai fait avec le catalogue français.
Vous vous en doutez bien, je suis parti du côté LGBT de la force, et plus spécifiquement la premiere lettre de l’acronyme. Donc sans plus d’introduction, passons au premier titre !

THE FEELS

Sorti en 2017. De Jenée LaMarque, avec Constance Wu et Angela Trimbur.

Le thème central de ce film c’est l’orgasme, et en l’occurrence la révélation de l’absence d’orgasme vécu, chez l’un des personnages, et ça fout bien le drame dans un weekend d’enterrement de jeune fille supposément idyllique. Rien ne se passe comme prévu, les gens couchent entre eux, et le malaise est palpable tout du long.
Il y a comme une tension dès les premières minutes du film, on sent que quelque chose ne va pas et que ça va exploser, mais on ne sait juste pas exactement quand, et ça fout une pression mentale monstre.

Et quand enfin ça explose, ce n’est pas beaucoup mieux, et on finit par avoir le dénouement de la situation aux toutes dernières minutes de ce long métrage.

Si les fanfictions m’ont bien appris quelque chose, c’est qu’une bonne communication fait des miracles, et c’est ce qui manque à nos protagonistes.
Une communication si importante, qu’elle aurait pu nous éviter « The Feels », entre l’écriture des dialogues parfois hésitante, et l’absence totale d’alchimie entre les personnages.
Sans même parler des passages d’interview des persos en individuel face caméra, et que l’on nous indique jamais le pourquoi de ces interviews qui découpent le film. Bref, c’est un trajet pas forcément super intéressant, ni pertinent.

Je lui donne donc la note de Pénible/10. J’en ai entendu du bien, et pourtant je n’ai pas aimé, alors que je ne m’attendais pas à grand-chose. Comme quoi, les goûts et les couleurs hein.

LA LUCIERNAGA / THE FIREFLY

Sorti en 2015. De Ana Maria Hermida, avec Caroline Guerra et Olga Segura.

Un long-métrage Américano-colombien qui traite du deuil et de la façon de s’en relever, en quelque sorte.
Le film s’ouvre sur deux drames : le premier est une scène qui sera aussi celle de quasi conclusion, à une scène près. Et le second sera le fil conducteur du film.
Andrès, le frère de Lucia et futur mari de Mariana décède tragiquement. D’autant plus que le frère et sa soeur ne s’étaient pas vus depuis 3 ans. Ainsi, Lucia va soutenir sa « presque » belle sœur et l’aider à se rétablir de cet événement. Et ce de manière plus intime qu’elle ne l’aurait songé.

L’ensemble se déroule avec douceur et une certaine justesse du traitement de la thématique. Si on exclut la toute dernière scène du film, que j’ai personnellement trouvée assez glauque.
Mention spéciale également au mari de Lucia, carriériste, opportuniste et détestable à souhait, en plus il mâche son chewing gum la bouche ouverte. Y’a eu des morts pour moins que ça.

Il y a également par moments, des scénettes fictives, proches de la métaphore, à grands renforts de maquillages et d’effets de lumière, on ne comprend pas toujours tout, mais ça a le mérite d’être joli.

Dans l’ensemble c’est assez doux, et parfois poétique, la musique est adaptée et l’image est travaillée. Réelle alchimie des deux actrices, même si au début tout le monde a un peu la même tronche. Au moins on évite le cliché de la blonde et la brune, comme dans les trois quarts des couples de filles de la télé.

Je lui donne la note de Correct/10. Ca aurait pu être pire et pourtant on ne partait clairement pas gagnant.
Et en vrai j’ai passé un bien meilleur moment que devant The Feels. Du coup ça m’a motivé a en regarder un troisième !

LOVESONG

Sorti en 2017. De So Yong Kim, avec Riley Keough et Jena Malone.

Lovesong nous conte une histoire en deux étapes.
Il y a Sarah, une femme dont le mari est en déplacement professionnel quasiment en permanence, sa fille Jessie, et Mindy, la meilleure amie de Sarah, avec qui elle était à la fac.

Quand Jessie a 3 ans, et que Sarah semble clairement au bord de la dépression de devoir s’occuper seule de sa fille, elle invite Mindy à venir les voir, et les trois partent en road trip. Elles ont une aventure lors de ce voyage, et Mindy décide un peu brutalement de repartir chez elle au lendemain de leur nuit ensembles.

Puis on nous projette trois ans plus tard, les deux femmes ne se sont pas vues entre temps, mais se revoient à l’occasion du mariage de Mindy avec son compagnon.
Entre l’alcool et le stress, les deux se retrouvent éventuellement le temps d’un moment d’accalmie.

Lovesong n’est pas tant une histoire d’amour mais plutôt un conte un peu triste sur le fait de devoir laisser partir celleux qu’on aime, en particulier lorsque le timing était mauvais.

Je lui donne la note de Pesant/10, parce que même si on éprouve de l’empathie pour Sarah qui regarde son amie avec des yeux pleins d’amour tout le long du film, les circonstances font que c’est super compliqué pour elles de tout quitter.

_____

Voilà, ce n’était clairement pas une expérience des plus fantastiques, mais ça m’a permis de tuer le temps et de faire un article de mes nuits sans sommeil. A bientôt pour d’autres films moyens, bisou !

Come As You Are (2018)

Par défaut

Celleux qui me connaissent depuis suffisamment longtemps savent que je me hype pour l’actrice Chloë Grace Moretz, après l’avoir vue botter des culs du haut de ses 13 ans, en Hit Girl pour le film Kick Ass. J’ai même vu un paquet de films où elle apparaissait, souvent pas très bons d’ailleurs. Pour n’en citer que quelques uns, il y a eu Let Me In (remake de Morse, film suédois), Dark Shadows de Tim Burton, le remake très moyen de Carrie ou encore Sils Maria (que j’ai trouvé assez chiant malgré la présence de Kristen Stewart que j’aime fort).
Du coup, quand j’ai appris qu’elle tenait le rôle titre d’un long-métrage indé primé au festival du film de Sundance, je n’ai pas réfléchi plus de trois secondes avant de hurler qu’il fallait que j’aille voir ça dans la minute.
Mais avant de se hyper, de quoi ça parle au juste ?

Come As You Are ou The Miseducation of Cameron Post en Version Originale (parce que quoi de mieux qu’un titre anglais pour traduire un autre titre anglais?); place notre histoire en plein cœur des années 90 aux Etats Unis.

Parenthèse : Dans tous les résumés que j’ai lu, ils disent qu’elle a 12 ans, mais quand la prof lui demande quelle année elle suit, elle parle de « Eleventh Grade », soit la Première, donc elle aurait plutôt 16 ans, et ça colle mieux avec la suite à mon humble avis.

Cameron donc, l’héroïne de notre histoire, est surprise dans les bras d’une autre fille lors du bal de promo de 93. Suite à cela, elle est envoyée au camp de conversion pour jeunes homos, sobrement appelé « God’s Promise » (La Promesse de Dieu). Et grâce à l’aide de Dieu donc, et à un savant mélange de psychologie freudienne, les pensionnaires du camp retournent miraculeusement dans le « droit chemin ».
Loin des siens, et entourée par des chrétiens finalement pas plus extrémistes que ceux qu’on croise ailleurs, mais en tout cas largement plus enthousiasmés dans leur mission divine; Cameron essaiera tant bien que mal de trouver sa place, entre mensonge et découverte de soi.
Une histoire de cheminement adolescent, au final assez universelle, et également très intemporelle, puisque toujours d’actualité concernant l’existence de ces camps de reconversion.

_____

J’ai donc été voir ce film durant mes petites vacances sur l’Île d’Oléron, parce que scandale, les cinés de ma ville ne l’ont laissé à l’affiche que trois petites semaines, et il a fallu que je m’exile sur une île pour parvenir à voir ledit film.
En revanche, je disais à l’ami qui m’accompagnait que j’espérais qu’il n’y ait pas trop de scènes un peu « graphiques », et manque de bol, à peu de choses près, le film s’ouvre sur une scène d’amour justement. Peu de nudité, fort heureusement, mais du sexe néanmoins.
Dans l’ensemble le film est assez chouette, et je pourrais m’arrêter là, mais bon, j’ai encore cinq demi feuilles pleines de ratures à vous retranscrire, donc je vais extrapoler mon propos.

Tout d’abord, la sensation du temps qui s’étire est très marquée, plusieurs scènes s’éternisent en longueur, du genre des fins de plans fixe qui ne s’arrêtent pas immédiatement après que l’action s’y soit déroulée, donnant à l’ensemble une sensation indéfinissable. On ne ressent pas le temps passer, mais pas dans le sens où tout se déroule très vite, mais bien au contraire, dans celui où l’on ne sait pas combien de temps s’en est réellement écoulé. Il n’y a aucune indication de date, beaucoup de répétitions de scènes, donnant à l’ensemble cet aspect un peu aliénant et créant ainsi une certaine forme d’empathie pour nos protagonistes.

La bande son est plutôt jolie, assez bien choisie, mais surtout franchement bien placée. Que ce soit en simple fond sonore ou quand celle ci s’arrête brusquement, la musique a un petit rôle non négligeable dans ce long-métrage.
Les passages de flash-back et de rêveries sont également plutôt bien dosés, offrant des périodes « d’entracte » à une réalité un peu affreuse.

Mon seul véritable regret concernant Come As You Are, c’est sa fin, qui est un peu trop ouverte à mon goût, et le fait qu’elle laisse certaines questions sans réponses. Toutes les « sous-intrigues » ne sont pas forcément expliquées, et certains backgrounds de personnages du second plan auraient peut-être mérité que l’on s’attarde un peu dessus.
Mais quelque part, c’est peut-être une juste retranscription du contexte du film. C’est à dire que chacun se tire plus ou moins dans les pattes pour être mieux vu par les responsables du camp, quitte à être largement égoïstes. Et quand egoïsme il y a, le destin des autres nous importe peu.
Mais à l’arrivée, c’est pourtant une forme d’entraide mutuelle qui les sauvera.

Pour conclure, Come As You Are n’est pas nécessairement le film du siècle, mais il est une touche agréable, et a au moins le mérite de faire passer un message, tenter de mettre en lumière voire de carrément dénoncer les pratiques d’un autre temps, qui ont encore lieu de nos jours.

Ce à quoi Cameron fait face est injuste et cruel, à savoir l’abandon.
Et tout le monde participe à lui faire payer cher pour le simple fait de vouloir vivre sa vérité. Deux choix lui sont offerts : se conformer à l’image que l’on attend d’elle, ou être abandonnée, encore une fois.
On peut la trouver un peu amorphe dans certaines scènes, alors qu’elle lutte intérieurement, essayant de jongler entre ce qu’on attend d’elle, et son identité véritable.
Elle essaye juste de s’en sortir sans faire de dégâts, mais personne ne lui facilite la tâche.

C’est d’autant plus touchant que c’est applicable à beaucoup de formes de différences sociales, Cameron est certes gay, mais c’est ici plus un prétexte de dénonciation qu’une fin en soi. Elle aurait aussi pu être trans, ou handicapée. Ça fait simplement partie d’elle, elle ne peut s’en défaire, et ne tient d’ailleurs pas à le faire.
Quelques unes des répliques font d’ailleurs mouche, et touchent très juste.

Ce film est d’une incroyable justesse à tout un tas de niveaux, dans son déroulement comme dans sa façon de dépeindre la nature humaine parfois imprévisible mais surtout spécifiquement crasse.
Un tableau de quotidienneté, pour une fable pas si loin de la réalité.

I’m your biggest fan

Par défaut

Ces derniers jours, j’ai vu tourner sur FB une chaîne alternative à celles des 7 à 10 films qui ont eu un impact sur soi, à savoir celle concernant les jeux vidéos. Et ça tombe bien, je suis moi-même amateur de jeu vidéal. Et comme j’ai un blog qui n’a pas été alimenté en articles depuis bien 15 jours, l’occasion était trop parfaite.
Donc aujourd’hui, on va faire un TOP 7 des jeux qui ont eu une forte importance dans ma vie, pour des raisons que je détaillerais plus ou moins chaque fois, parce que sinon ce billet serait plié en 3 secondes. L’ordre n’est d’ailleurs pas significatif.

___

1 – MASS EFFECT

Est-ce que j’ai vraiment besoin de le présenter? Surtout quand j’en ai écrit une chronique assez complète sur la trilogie du même nom il y a deux ans. Mais bref, ce que vous ignorez c’est comment je suis venu à découvrir ce petit bijou.
Il était tard et j’avais prévu une nuit jeux-vidéos chez un ami dans son appart à moitié en sous sol, avec ma vieille bécane d’ordi. Mais comme sa connexion internet était en mousse, il a fini par me lancer une copie (tout à fait légale sur CD gravé) du premier Mass Effect. Il m’a prévenu que le jeu ramait un peu et n’avait pas forcément bien vieilli, mais de m’accrocher parce que ça valait le coup.
Je l’ai donc recontacté un peu honteux moins d’une semaine plus tard parce que j’avais plié le jeu de fond en comble. Dans la foulée j’ai également torché le second, et un an plus tard je couinais comme un fanboy parce que le 3 allait sortir.
Riez et moquez vous, mais c’est grâce à Mass Effect que j’ai appris à jouer en ZQSD. Avant ça, je reconfigurais le quatuor des flèches pour mes gros doigts. Bref, jeu suivant !

_

2 – VINYL GODESS FROM MARS

Techniquement c’était un jeu à mon père, sur son PC. Mais je tapais bravement la ligne de code sous MS-DOS pour lancer le jeu, et je ne passais jamais le 3e niveau, parce que j’avais 5-6 ans et que c’était ultra difficile. Mais la musique était chouette, et je n’ai compris que bien des années plus tard pourquoi ma maman râlait quand j’y jouais. Parce que toute l’esthétique et certains bruitages (notamment de la mort du perso) étaient particulièrement sexualisés. Je jouais à la même époque à Jack JazzRabbit, un jeu complètement drogué aussi, avec un lapin qui tirait avec un pistolet laser dans l’espace, contre des ennemis tortues, le tout dans un univers totalement psychédélique.

_

3 – LES SIMS 2

Oui, vous avez bien lu, pas le premier du nom, parce que l’ordi était à mon père du coup, et je n’y avais pas forcément accès juste pour jouer plus d’une demi heure, ce qui est contraire au principe des Sims donc. Je me rappelle en revanche distinctement quand celui ci est sorti, une de mes camarades de classe l’avait et on avait pu le tester chez elle. J’ai d’ailleurs sans vraiment le chercher, fait faire des bisous entre mon sims garçon et un autre sims garçon. Et aux réactions de dégoût de mes « copines » de l’époque, j’ai compris que l’homosexualité ça craignait sévèrement. Ce fut un élément assez déclencheur de la suite des événements de ma vie, mais bref. Les Sims 2 donc ! Une licence dont on ne soupçonne pas assez l’aspect addictif et chronophage. Tu vas pour jouer deux heures et quand tu lèves le nez il est déjà 5h du matin, la base quoi.
En attendant, ce jeu m’a sauvé de longues heures d’ennui de l’époque où je bossais tôt le matin et où je n’avais pas accès à internet.

_

4 – LIFE IS STRANGE

Vous qui me suivez depuis au moins fin 2014, vous savez que je me suis hypé excessivement fort pour ce jeu. Ça a été ma plus grosse claque de ces trois dernières années, et ça a confirmé mon amour pour les aventures narratives. Il me reste toujours à boucler le dernier épisode de Before the Storm, mais ceci est une autre histoire.
Mais bref, LiS, c’est un jeu qui se doit d’être vécu (si vous aimez les jeux du genre), pas simplement d’être regardé au travers d’un stream. Mais c’est mon avis, parce que j’ai investi tellement d’énergie et d’émotions dans ce titre, que je ne m’en suis jamais vraiment relevé. Espérons que le 2 soit à la hauteur, et que la licence perdure pour les années à venir.

_

5 – SPYRO THE DRAGON

Quand j’étais enfant, dans ma famille on ne faisait pas vraiment Noël et encore moins les anniversaires, alors de temps en temps, de manière parfaitement aléatoire, des gros cadeaux pouvaient arriver dans le salon. En l’occurrence cette année là, ce fut la Playstation accompagnée du premier opus de Spyro. C’était sublime pour l’époque, alors que maintenant ça ressemble à une lasagne de polygones.
Je me souviens qu’avec ma sœur, à force de se faire engueuler parce que l’on se disputait la manette, on avait fini par se spécialiser pour s’aider entre nous. J’ai souvenir d’avoir été assez nul pour les niveaux aériens par exemple, alors que j’étais au contraire plutôt bon pour courser les lutins voleurs bleus. Mais dégommer Gnasty Gnork a été la plus grande victoire de ma grande sœur à l’époque.

_

 

6 – POKEMON 

Privé de Harry Potter, ma collection des Schtroumpfs mise au feu, j’ai pourtant pu jouer à Pokemon et mes cartouches ont survécu jusqu’ici. Mon enfance a été complexe et pétrie d’incohérences en terme de choix de ce qui était autorisé et de ce qui était proscrit. Et pourtant, Pokemon est une licence qui ne m’a jamais quitté. J’ai connu la hype d’y jouer en primaire, la honte d’y jouer au collège, le retour de la hype après le lycée. Bref, j’ai toujours adoré Pokemon et je n’ai pas l’intention de passer à côté d’un nouvel épisode !

_

7 – WORLD OF WARCRAFT / GUILD WARS

J’ai mis ces deux là au même numéro, parce que ça me permettait d’en économiser un, mais surtout parce que jouais plus ou moins aux deux durant la même période. Les deux licences m’ont permis de m’ouvrir aux autres, et d’apprendre que sur internet comme ailleurs, y’a autant de gentils que de connards intéressés. J’y aurais vécu autant d’agréables amitiés que de coups dans le dos, du harcèlement sexuel mais aussi des beaux gestes comme des dons pour me payer une souris afin que je vienne en raid. Un paquet de souvenirs, récents et anciens, bons et mauvais, mais j’y reviens toujours.

___

Voilà. J’aurais pu pousser et en rajouter deux ou trois, mais je me suis dit que ça serait me forcer plus qu’autre chose, et j’ai instinctivement sorti ces 7 noms, alors que dans ma liste de 10, j’ai mis plusieurs minutes à en trouver des supplémentaires.
Sur ces bonnes paroles, je vous souhaite une excellente fin de journée, j’ai la galaxie qui m’attends pour être sauvée !

La fièvre dans le sang

Par défaut

Le mignon avant la violence.

J’en parle très rarement, pour ne pas dire jamais, et allez savoir pourquoi j’en ressens le besoin aujourd’hui. Mais je voulais revenir ce matin sur la manière dont j’ai vécu ma toute première hospitalisation en milieu psychiatrique. C’était il y a 10 ans, et d’après mes sources, les conditions d’accueil n’ont pas tellement changé depuis.

J’avais 17 ans et demi, et j’ai fait une très grosse crise d’angoisse un soir, la veille d’une journée de travail. Le lendemain donc, il me semble que mes parents étaient avec moi, je me suis rendu au urgences psychiatriques de ma ville, où j’ai passé un genre d’entretien avec un médecin. Dans le compte rendu d’époque, ils insistent d’ailleurs assez lourdement sur mon « look gothique », et le fait que j’intellectualise et banalise le suicide.
Mais bref, suite à cet entretien ils décident de me garder pour un petit séjour au frais. Et c’est là que les ennuis commencent.

Etant alors mineur, je suis resté enfermé pendant 2-3 jours au service des Urgences Psy. Franchement je ne saurais pas dire la durée avec exactitude, puisqu’ils m’avaient confisqué ma montre (à gousset) ainsi que ma ceinture. Je n’avais pas non plus mon téléphone, donc je n’avais aucune notion du temps, à aucun moment. Je n’avais pas non plus le droit de fumer, même si heureusement je n’étais pas encore accro à l’époque. Cependant je n’avais pas le droit de sortir de cette petite chambre alors fermée à clé, et la fenêtre l’était aussi. Comme c’est les urgences, je vous laisse imaginer les hurlements, les coups dans les murs et les joyeusetés habituelles de ce genre de lieu. Bonne ambiance donc.

Un soir, on a fini par me transporter jusqu’au bâtiment où une chambre s’était libérée. Mais pas le service pour ados par manque de place, non, le service adultes. Et franchement, je n’étais pas préparé à ce que j’y ai vu et entendu.

Et en fait je vais arrêter là ma narration, parce que trop de choses me remontent à présent.
Mais ce que je souhaitais mettre en relief, c’est que je ne peux pas blâmer les gens qui diabolisent le milieu psychiatrique. Cela m’est impossible quand autant de souvenirs me remontent et vont dans le sens de leurs argumentaires.

Avant d’être interné pour la première fois, j’avais en tête ce fantasme populaire de la camisole de force et des chambres capitonnées. Mais j’ai découvert que la camisole moderne, elle est chimique. On se bave à moitié dessus, on a sommeil en permanence, et horriblement faim toute la journée. La chambre d’isolement n’a jamais été qu’une menace qu’on me lançait, mais les piqûres de force pour me calmer pendant que je hurlais et me débattais, c’était une réalité.
Moi je voulais juste dormir toute la journée, mais on me forçait à aller à la douche, et à rester éveillé. La seule chose à faire c’était de regarder la télé, bloquée sur la même chaîne pour tout le monde, probablement votée à l’avance. Et fumer des cigarettes. Parce que franchement, entre deux moments de lucidité, on s’emmerde sévèrement dans les HP.
Le contact avec les autres était également assez difficile, puisque j’étais fatalement le plus jeune, et cela suscitait autant de curiosité que de mise à l’écart. Les rares personnes avec qui j’échangeais étaient du personnel soignant, mais j’étais hyper méfiant de ma moindre parole.
Puis il y avait aussi les entretiens avec les psy qui étaient éprouvant parce que je voulais juste rentrer chez moi. Parfois c’était très orienté, parfois non, mais trop souvent sur-interprété. Je le sais, j’ai lu mes comptes-rendus.

Je prends souvent la défense du milieu psychiatrique, parce que sans lui, je serais probablement déjà mort, ou simplement inapte à la société si je n’avais pas été pris en charge si tôt.
Quand je me pointe au CMP (centre gratuit de soins dédié au psychologique), et que je croise certains patients, ça me fout un coup de réalité derrière la tête. Je me dis très égoïstement que je pourrais être comme ces gens, complètement parti dans ma tête, incapable de parler comme je vous écris aujourd’hui. Mais dans le même temps, ce n’était clairement pas gagné d’avance. Et il aura fallu que je fasse une seconde hospitalisation, dans le privé ce coup ci, pour être un minimum écouté, et que je change de psychiatre pour m’ouvrir réellement. Trouver le bon traitement aura pris des années, et poser un diagnostic définitif tout autant.

Je ne doute pas un seul instant qu’il y ait des bons soignants, parce que j’en ai croisé plein, mais leur travail est très exigeant, et les conditions pour bien faire celui ci ne sont pas idéales. De ce fait, je comprends parfaitement qu’on puisse avoir peur des psys ou des infirmièr·e·s.
Mais pour ce domaine comme pour le reste, y’a du bon comme du mauvais, et certains individus n’ont clairement pas la force de trier. Et ça me rend incroyablement triste. Parce que si mon parcours était au départ clairement une catastrophe pourtant très classique, par la suite y’a vraiment eu du mieux, et l’ensemble m’a foncièrement sauvé la vie.

Voila. Je ne sais pas tellement comment conclure, du coup je vous fais des bisous.

No place for beginners

Par défaut

J’ai longtemps cru au mythe de l’artiste maudit. J’ai longtemps pensé que si je me prenais en main, en allant mieux, en prenant bien mes médicaments, mon art en pâtirait. Et j’avais tellement tort.

Déjà on va briser une légende : la médication n’empêche pas de ressentir les choses. Elle permet au contraire d’atténuer la douleur morale, mais en aucun cas ne supprime absolument toute émotion.
Enfin ça, c’est si elle est bien adaptée à la personne qui décide de la prendre. Parce qu’il y a également des médicaments qui suppriment toute capacité émotionnelle, voire intellectuelle. Mais ça c’est quand ce n’est pas adapté, ou mal dosé, et j’en sais quelque chose. Si vous êtes dans ce cas là, parlez en à votre médecin prescripteur si les effets ne vous conviennent pas. L’avantage de la médecine moderne, lorsque vous faites face à un·e professionnel·e de santé compétent·e, c’est que tout est plus ou moins négociable, les concessions sont possibles de chaque côté.
Moi par exemple, je suis censé prendre un traitement matin et soir, mais comme le matin c’est une notion pour les autres, avec accord de ma psychiatre, je prends une plus grosse dose une seule fois par jour, à heure fixe.

Mais pour en revenir au sujet de départ, avant que je ne digresse dans tous les sens, il y a cette croyance populaire persistante comme quoi un artiste ne crée que dans la douleur. Et c’est, selon moi, une énorme connerie, en plus d’être un état d’esprit dangereux.
La souffrance est certes une émotion très forte, et pour l’avoir ressentie plus d’une fois, je sais que celle ci est un biais créateur important. Cependant, d’autres émotions sont toutes aussi « pures », et sont autant de source d’inspiration.

Je ne crée pas mieux ou moins bien en ressentant une peine immense, je crée juste différemment que lorsque je me sens bien. Ma forme artistique est différente de l’art visuel, puisque la mienne passe par les mots. Cependant, je relis parfois des choses que j’ai pu rédiger dans des états mentaux assez catastrophiques, et l’ensemble suinte tellement le désespoir qu’il m’est difficile d’en extirper les idées principales.
Il y a même eu des périodes où je m’interdisais d’écrire sur ce blog, de peur que les gens ne réalisent à quel point j’avais mal. Et cela peut vous sembler étrange de lire cela, mais je suis quand même assez pudique quand il s’agit de mes propres douleurs. Certes, je me livre beaucoup dans mes lignes, mais je ne me libère pas d’absolument tout non plus.

Tout ça pour en arriver au fait que, en ce qui me concerne en tout cas, je suis bien plus productif quand je ne vais pas bien, pour la simple raison que j’essaie de m’en sortir via mon écriture. Je tente tant bien que mal de ne pas me noyer, et quelque part de laisser une trace de mon passage, au cas où j’aurais un geste malheureux.
J’espère sincèrement avoir le temps de peaufiner mon oeuvre, plutôt que de partir précipitamment en ne laissant que de simples extraits bruts.

Je ne sais pas exactement comment conclure, alors je vais revenir sur un point sur lequel j’insiste souvent : personne n’est éternel, que ce soit contextuel ou de son fait. Alors profitez des gens qui vous entourent, prenez aussi soin d’elleux. Prenez soin de vous. Un bon artiste est aussi un artiste qui va bien. Ça se conjugue aussi au féminin ou au neutre, puisque n’importe qui peut être artiste, et ce quelque soit la discipline, selon les sensibilités de chacun·e.
Bisou.

50 Nuances de Transidentité

Par défaut

Vous me connaissez, je n’aime pas me focaliser sur un seul angle de perception. De ce fait, j’ai toujours du mal avec la médiatisation de la transidentité, qui décrit celle ci constamment par un seul et unique prisme. Que celui ci soit celui de la souffrance, ou au contraire du soulagement, je trouve cela franchement réducteur. Parce qu’une transition, qui reste propre à chacun·e, reste un savant mélange des deux, et de nuances intermédiaires.
Du coup ce matin, nous allons aborder quelques exemples de cette vaste palette d’expériences et de ressentis que peut apporter une transition. On va partir du pire, et avancer progressivement vers le meilleur. La liste n’est d’ailleurs absolument pas exhaustive.
Et je rappelle encore une fois, que je parle principalement en mon nom, et que tout le monde ne se retrouvera pas forcément dans mon vécu.

Le Sentiment de lenteur
Lorsque l’on est transgenre, nous pouvons éprouver la sensation que tout est plus lent pour nous, en particulier quand la transition se fait au début de l’âge adulte. Alors que nos anciens camarades de classes que l’on espionne sans relâche sur les réseaux sociaux, se marient et font des enfants, nous en sommes encore aux balbutiements de notre vie future.
Certain·e·s d’entre nous parviennent à cumuler les assiettes avec brio, et à jongler sans problème entre la vie professionnelle et/ou estudiantine, la vie intime, et à effectuer leur transition sans accroc.
Ce n’est cependant pas le cas pour tout le monde, et personnellement j’avais jusque là l’impression que j’allais juste me prendre les assiettes sur la gueule. Je suis du genre à prioriser les choses, et comme d’autres, j’estimais jusqu’à très récemment avoir d’autres choses à régler d’abord, avant de me lancer dans un travail ou une relation.
De ce fait, tout me semble avancer plus lentement sur le chemin de ma vie, et même en y trouvant une logique tout à fait acceptable, cela peut s’avérer frustrant.

La Dysphorie de Genre
Je l’ai déjà exprimé par le passé, mais un petit rappel ne fait jamais de mal.
La dysphorie c’est ce sentiment de malaise immédiat lorsque l’on sent une « fracture » entre un élément physique, et notre identité de genre. Ça peut être une partie du corps, autant qu’une attitude ou une façon de parler, ou simplement le timbre de voix.
Toutes les personnes trans ne la ressentent pas, mais pour celleux dont c’est le cas, c’est une souffrance immédiate, et qui est très difficile à expliquer/exprimer aux gens n’ayant jamais vécu la dysphorie.
Et le problème de cette fameuse dysphorie, c’est qu’elle est quotidienne, parfois irrationnelle, et particulièrement paralysante selon les situations. Elle n’est pas forcément insurmontable, mais peut s’avérer délicate à gérer, surtout les premières années.

L’exotisation
Ce point peut s’exprimer à différents degrés, mais c’est toujours en lien avec autrui. Cela va de la simple question gênante, voire intrusive, jusqu’aux gens qui cherchent à nous fréquenter uniquement parce que nous sommes des personnes trans. Un peu comme un fantasme en fait, parce que c’est tellement « exotique », il n’y a qu’à faire un tour sur un site de vidéos pour adultes pour s’apercevoir que les personnes trans (en particulier les femmes) ont une catégorie qui leur est dédiée.
Je n’ai rien contre les personnes dont le milieu du sexe est leur travail, au contraire, je suis juste angoissé par les dérives qui en ressortent, à savoir l’interprétation que les gens s’en font. Je n’ai pas envie d’être avec quelqu’un qui me considère uniquement comme son objet de fantasme.

Difficultés Relationnelles
Ce point est assez en lien avec le précédent. Quand on est une personne trans, la confiance en soi peut s’avérer très faible, que celle ci soit issue d’une longue période de souffrance précédant la transition, ou au contraire due à un sentiment d’illégitimité à cause du contexte sociétal exigeant.
Du coup, compte tenu de ce point là, et de pleins d’autres paramètres individuels, il est toujours assez délicat de développer des relations intimes avec d’autres gens, pour celleux que ça intéresse. Entre la terreur de se faire agresser si l’autre est intolérant, ou même le simple rejet, relationner quand on est transgenre est un exercice de subtilité pas evident pour chacun·e.

Intolérance Généralisée
Je pense ne pas vous apprendre quoi que ce soit en disant cela, mais la société dans laquelle nous évoluons n’est pas bienveillante envers les personnes qui sortent du lot.
Il n’y a qu’à regarder un peu les informations pour le constater: tabassage en groupe, agressions sexuelles, insultes, crachats, harcèlement, discriminations sous plein de formes différentes. Et ce n’est jamais très rassurant que de s’exposer volontairement ou non, parce que l’on ne sait jamais ce qui peut nous arriver. Et ça peut rester traumatisant et laisser des marques, quelque soit la proportion ou la récurrence de ces « désagréments » du quotidien.

La Conscience des réalités
Ce point là est plutôt neutre, puisque sa notion de positif ou négatif est laissé à l’appréciation de chaque individu. Le fait donc d’avoir grandi et avoir été élevé·e dans un genre différent du nôtre, permet bien souvent d’obtenir la conscience des différences de traitement de la part des autres et de la société en général.
Le problème c’est aussi qu’une fois qu’on l’intellectualise, il n’y a aucun retour arrière possible : toutes les inégalités nous sautent aux yeux. On s’aperçoit également des avantages et inconvénients de chaque côté du spectre du genre. Et ça peut être aussi réjouissant qu’effrayant.

Joie récurrente
On passe donc avec ce point là aux aspects positifs d’une transition, parce qu’il y en a plein, c’est promis.
J’ignore si c’est parce que je suis sorti de la dépression ou si cela n’a rien à voir, mais je constate que les sources de réjouissance se font plus nombreuses depuis le début de ma transition. Et par début je parle aussi de la réalisation et de tout le processus des coming-outs à répétition, d’une importance équivalente à la prise d’hormones.
Parce qu’une transition, c’est aussi des séries de victoires sur la vie, que ce soit le Changement d’Etat Civil, comme la prise en charge médicale, ou même des choses plus quotidiennes comme le fait d’être appelé·e avec le bon intitulé du premier coup, être reconnu·e sous son prénom choisi, avoir une carte de fidelité à la bonne identité, etc.
Les exemples sont nombreux, et chacun apporte son lot d’émotions intenses, et entretiennent un bien être au quotidien qui, non seulement est agréable, mais est très important pour affronter la vie.

Sincérité Relationnelle
Nos rapports avec notre entourage sont forcément bien plus teintés d’authenticité. Parce que cela permet de trier rapidement qui vaut la peine d’être fréquenté ou non, certain·e·s s’en vont d’elleux même, d’autres sont rapidement écarté·e·s à cause d’un discours jugé trop limite.
L’avantage de l’intolérance, et de la non-acceptation d’une éventuelle différence, c’est qu’elle nous permet très vite de comprendre qui sont véritablement les gens. Lancer un sujet délicat, ou juste prendre le risque de s’exposer provoque immédiatement des réactions. Vous aurez très vite la conscience de qui est « problématique » à vos yeux, et avoir autant de bonnes surprises de la part de personnes très chouettes.

Seconde Adolescence
Pour celleux qui décident de passer par le traitement hormonal, sachez que vous allez vivre une seconde adolescence, littéralement.
Mais l’avantage de ce deuxième passage, c’est que cela ne sera pas vécu au milieu d’autres adolescents aussi boutonneux que cruels. Vous pourrez prendre le temps de savourer ou subir chaque changement physique, le décortiquer, en tirer des émotions complexes. Et certains de ces changement seront bien plus simples à appréhender, puisque vous serez plus matures et mieux renseignés pour parvenir à traverser cette aventure.

Euphorie de Genre
Je parlais plus haut de la dysphorie, et celle ci possède un antonyme : l’euphorie, aussi simplement que ça. L’euphorie de genre donc, c’est par exemple un cispassing suffisant pour avoir la paix peu importe la situation, ça peut aussi être la présence de pilosité faciale pour les personnes trans-masculines, ou l’apparition de poitrine pour les personnes trans-féminines.
L’euphorie de genre, c’est ce sentiment que tout rentre dans l’ordre, et que ce vers quoi on tend à l’extérieur correspondant à qui on est à l’intérieur.

____

Et je vais m’arrêter là, parce que cet article fait déjà 20 kilomètres et que ça vous décourage potentiellement de le lire en entier.
Pour conclure, la transition, c’est une autre façon d’entreprendre sa vie, mais ça fonctionne de la même façon : chaque nouveau jour apporte son lot de surprises, et cela ne tient qu’à chaque individu de décider comment iel souhaite les disposer sur le chemin de son avenir.

I had a dream which wasn’t real

Par défaut

Ceci ne me semble pas très hygiénique.

Aujourd’hui, un article qui de risque partir un peu dans tous les sens, parce que j’ai les réponses qui m’arrivent en tête au même rythme que mes questions se succèdent. A la base, je souhaitais parler de la charge mentale, et mon cérébral en étroite collaboration avec mon petit cœur en mousse, m’ont fait partir dans une spirale introspective.

Pour poser un peu le contexte, je fais partie d’un groupe féministe sur Facebook, et je vois régulièrement passer des textes de femmes en couple, dont le partenaire est pas vraiment aidant dans les tâches quotidiennes, et donc ces femmes utilisent ce média pour lâcher un peu de lest et glaner du soutien moral. Ce que j’approuve absolument.

Pour rapide rappel, la charge mentale c’est le concept établi que les femmes [généralement] doivent très souvent penser à tout, y compris prévoir pour leur partenaire de vie, homme ou autre, et cela nécessite organisation, réflexion, et effort mental quotidien. Et c’est une source d’épuisement interminable pour ces personnes parce qu’elles n’ont pas 15 bras ni un besoin en sommeil inférieur à 2h par jour.

Mais du coup, c’est quelque chose qui me dépasse pas mal, cette notion du partenaire qui fout rien, et qui lave vaguement trois assiettes pour venir se plaindre qu’en plus il faudrait les essuyer.
Ça me dépasse, pas dans le sens où je ne l’ai jamais constaté, mais dans le sens où je ne saisis pas comment on peut en arriver à se reposer à ce point sur son ou sa partenaire.
Je suis même suffisamment observateur et paranoïaque pour avoir déjà vécu ce genre de situations.

Pour exemple, j’ai eu un coloc qui me laissait toujours ranger les verres du lave-vaisselle, sous le prétexte qu’il avait peur de les casser, vu que c’était les miens. Sur le principe je conçois cette attention délicate, cependant je me suis très souvent demandé si c’était une stratégie (consciente ou non) de sa part pour juste ne pas le faire. Je ne le saurais jamais, et ce n’est surtout pas très important puisque c’est un seul exemple parmi tant d’autres.

Je me dis simplement que c’est peut-être dû à mon parcours de vie, que j’essaie de combattre absolument cette imposition subtile de la charge mentale aux autres. D’une part parce que je suis parti assez tôt du domicile parental, vu qu’à mes 16 ans j’habitais déjà seul, donc l’autonomie j’avais tout intérêt à l’acquérir très vite. D’autre part, mon état de santé fait que j’ai cette terreur sous-jacente d’être un énorme poids pour ma future vie de famille.

Donc non, je n’oblige pas ma coloc à repasser mes chaussettes ni ne compte le faire avec la personne qui partagera ma vie. Mais peut-être que je me fourvoie, et que je fais déjà subir cette charge à mes proches sans en avoir conscience.

J’essaie également d’être constamment prévoyant au maximum de tout ce qu’il faut faire, par exemple si je pars en vacances trois jours, vous pouvez être assuré·e·s que j’ai une valise et deux gros sacs parce que on ne sait jamais, je préfère envisager toutes les éventualités. Cependant, il est possible qu’au quotidien je sois moins vaillant, parce que la flemme, ou parce que je suis aussi quelque fois désorganisé, physiquement comme cérébralement, je m’éparpille facilement. Un peu comme en ce moment en écrivant tout ça, par exemple.
Mais ça viendrait du coup peut-être de là? Une situation initiale esquivée par flemme, et une habitude qui finirait par s’installer, jusqu’à pourrir et être refilée à son ou sa partenaire. Je ne sais pas, tant de questions et si peu d’énergie.

Du coup, puisqu’il faut conclure, je dirais que, pour beaucoup de choses, et dans tout type de relations, la communication c’est la clé. Si vous ou moi avons un doute sur le poids que nous représentons pour nos proches, seule une bonne discussion éclairée saura replacer l’équilibre, ainsi que dissiper nos éventuelles pesantes angoisses.