Les Chroniques Queer #7 : Grand Final

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En ce mercredi 15 Mars 2017, c’est la fin de notre grand feuilleton de l’hiver, et oui, c’est le dernier épisode des Chroniques Queer! Mais ne pleurez pas, on finit en beauté avec une question collective qui était formulée ainsi :

Quel est ton avis sur la « Fierté Trans »? Te sens tu concerné-e?

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▼ CAMILLE
Je pense que la « fierté trans » est quelque chose d’important. Je ne me sens pas concernée directement parce que le fait que je sois trans n’est pas une partie centrale dans mon identité. Je suis une fille qui s’avère être trans. Mais que je le veuille ou non, je suis confrontée à toutes les problématiques trans, tous les ennuis sociaux, la transphobie, les médecins qui nous baladent…

Je trouve que la société est extrêmement dure envers nous, et je parle en tant que femme trans hétéro pré-op. J’ai l’impression que le monde me traite comme le plus grand cauchemar des mecs, le « piège », que je suis un monstre ou alors un fantasme sexuel bizarre et inavouable. Je ne pense pas être plus forte que la moyenne des gens par rapport aux jugements, je pense même y être très sensible.
J’ai pris conscience ces derniers temps, à quel point j’avais internalisé tout ça. Je ne rejette plus mon corps, en fait j’ai jamais été aussi bien dans ma peau, mais je suis toujours dans la détresse à cause de l’attente de mon opération, et je pense qu’une très grande partie des complexes que j’ai par rapport à ce qu’il y a entre mes jambes est dû à ce que les gens et surtout les mecs pensent globalement de moi et des filles comme moi.

Je ne revendique pas moi même la fierté d’être trans, pour moi ce mot représente une masse de problèmes et de stigmatisation que je subis. Cependant, je pense que la société a besoin de changer ses discours et ses préjugés sur nous, car ça nous détruit. Je comprends les gens qui revendiquent leur transidentité, je pense que c’est un mécanisme de survie face à tout ça, comme ma stratégie à moi est de devenir invisible en tant que transgenre.

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▼ JAMES
On vit dans une société où ne pas être cis, ça ne doit pas se voir. Le mot cisgenre lui-même n’existe pas en dehors des milieux trans / queer / féministe. On lui préférera les termes « gens normaux » ou « non-trans ». Ça en dit long sur le chemin qu’il nous reste à parcourir en terme d’acceptation et à quel point il est difficile de se sentir fier.e d’être une personne trans.
Où qu’on aille, quoiqu’on lise, regarde, écoute, que ce soit les journaux, les magazines, les films, les séries, les émissions de TV, il y aura toujours une blague censée être drôle sur nous et/ou des théories sur nous sans nous. Sans même parler du cissexisme partout, tout le temps.

Personnellement, je n’ai pas honte d’être trans. Et même si j’ai pu le penser il y a quelques temps, je suis content de ne pas être cis et d’avoir appris tout ce que je sais. C’est à double tranchant car, en contrepartie, cela m’a ouvert les yeux sur l’aspect systématique des oppressions envers les personnes trans. Mais je n’aurais pas été qui je suis à l’heure actuelle.
Maintenant, je dois reconnaître que je n’ai pas beaucoup subi de transphobie de façon directe et peut-être que si ça avait été le cas, je serais plus frileux à me promener dans les rues avec mon sac plein de badges sur mes identités de genre et orientations (par exemple).

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▼ HELOÏSE
Pour moi, la fierté trans est essentielle. Je suis une femme d’abord mais je suis aussi une femme trans. Et je suis fière de mon parcours, de ma vie, de ce que je suis. Il faut savoir affirmer d’où l’on vient quand cela est nécessaire.

Je peux avoir un cis-passing et être fière d’être trans. Cela me semble hyper logique et cohérent. Surtout, c’est cette fierté modeste (inutile de le crier partout) qui aide doucement à faire évoluer les mentalités : je ne me cache pas mais je ne ressens aucun besoin de provoquer ni de m’affirmer plus que ça. Par exemple, j’ai un cis-passing et je ne dis jamais à personne que je suis une femme trans, mais j’assume d’avoir écrit un bouquin clairement trans et qui me grille direct. J’en écris un autre qui va me griller encore plus. Et c’est cool.

Dans le fond, ma superficialité est devenue cis et je l’assume. Mon ressenti profond est trans et je l’assume aussi.

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▼ SACHA
Je pense que c’est important d’être fier de son identité, quelle qu’elle soit, parce qu’on ne choisit pas ce qu’on est, et en être fier fait à mon avis partie d’un processus de paix avec soi-même (qui n’est pas évident dans le contexte culturel.)

Quant à la fierté trans, je trouve juste dommage qu’elle existe essentiellement à cause de rejets sociaux et de crises identitaires. Surtout que la transidentité serait dans l’idéal un état transitaire voué à disparaître avec les progrès de la médecine, de la société et de la légalité. Un état transitaire entre deux genres
Après, personnellement, comme je rejette pour moi même les labels de genre autant que j’évite de trop me foutre dans des groupes sociaux labellisés, c’est vraiment le label qui me dérange plus on a tendance à me foutre dans des cases plus ça m’emmerde. Mon état d’agenre est un état, pas un label. Je ne me bats pas plus pour mon état que pour ma couleur de cheveux.

Et plus personnellement encore, les personnes trans que j’ai pu rencontrer pour le moment, dans leur grande majorité, peuvent pas me blairer parce que je refuse de me battre pour un genre et ne comprennent pas du tout une démarche qui est totalement inverse à la leur.
Donc, oui, je trouve ça important d’affirmer qui on est, de pouvoir en être fier sans honte, et je me battrais pour ça. Mais pas plus pour la fierté trans que pour n’importe quelle autre fierté.

Je tiens cependant à souligner, que je ne souhaite pas être condescendant ou quoi que ce soit, je ne méprise pas les personnes transgenres, j’aime les gens quels que soient leur genre. Je ne déteste personne, c’est simplement que je n’y attache aucune importance.

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▼ ALIX
Politiquement c’est tellement important que l’on apprenne à ne plus s’excuser d’être des personnes trans, et aussi de pouvoir parler de ce qui fait la richesse de nos vies ; donc collectivement la formule me parle. Cela dit personnellement je ne suis pas encore au stade « fierté », je verrai bien comment j’appréhende la chose dans l’avenir ; déjà je n’ai plus honte c’est un grand pas !

Enfin, pour conclure, mon avis personnel de petit Kao sur la question, c’est que je suis assez partagé.

D’un côté, j’assume pleinement ma transidentité sur les lignes de ce blog, et si on me pose la question dans la vraie vie, je ne vais pas le nier. Mais à côté de ça, je ne le proclame pas haut et fort à qui veux bien l’entendre. Parce que je considère que c’est aussi ma vie privée, et qu’en vrai j’ai toujours un peu la trouille que les derniers arrivés dans mon cercle de potes, l’apprennent et commencent à me considérer différemment à partir du moment où ils et elles seraient au courant.
Vous allez me dire que c’est absurde, parce que s’iels me traitent effectivement différemment à partir du « point de connaissance », ces gens là ne méritent alors pas mes faveurs, et vous auriez sûrement raison à ce propos. Cependant, je ne peux m’empêcher d’avoir cette crainte profonde que les gens ne soient pas aussi bienveillants que j’aime à le penser. Paradoxal, je sais.
Mais bref.

Ainsi s’achève notre grande saga hivernale, j’espère que cela vous aura plu.
Pas d’inquiétudes cependant, ce blog n’est pas terminé.
A très vite pour de nouvelles aventures tou.te.s ensembles !!

Together in the grave

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Quand j’étais plus jeune, j’étais vaguement gothique. Je dis vaguement, parce que j’avais 15 ans, un manteau noir avec des boucles en métal, des rangers et des fringues variant de noir à noir foncé. Avec quelques touches de rouge par ci par là. Mais j’avais 15 ans. Et par pression sociétale, j’ai décidé de passer au côté casual de la force, pour obtenir le résultat que vous connaissez désormais, à base de jean et de t-shirts aux motifs rigolos.

Mais une insulte m’a beaucoup marqué à cette époque là, entre autres joyeusetés, c’était d’être appelé Morticia, comme la maman dans la famille Addams, univers que j’affectionne tout particulièrement. Sauf que dans leurs bouches ce n’était pas un compliment, mais passons.

Je n’ai jamais vraiment compris ce qu’on reprochait à la famille Addams au juste. C’est certes un univers très sombre, un peu glauque, et franchement goth. Mais c’est aussi une famille plutôt idéale, pourtant clairement exposée comme à l’opposée de la famille parfaite comme on l’entend dans l’esprit commun.

Certes, la famille Addams est bizarre, inhabituelle, loin des codes classiques et s’émancipe clairement de la « normalité ». Et pourtant, ils font étalage de tout ce que je recherche dans un modèle familial.
Je tiens à dire avant toute chose que je me base surtout sur les deux premiers films sortis en 91 et 93.

Concernant les parents, Gomez et Morticia, ils s’aiment, et ils ne s’en cachent pas. Mais à côté de ça, leurs démonstrations d’affection ne sont jamais « too much ». Ils se font des bisous, ils se disent des mots doux, mais jamais ne tombent dans l’indécence.
Du côté des enfants, Pugsley et Mercredi se martyrisent mais sont toujours enthousiastes à l’idée de le faire, ils jouent, ne se montrent quasiment jamais capricieux, et sont bien élevés.
D’ailleurs quand Morticia parle avec une des professeurs de Mercredi, elle lui explique qu’elle laisse le choix de son avenir à sa fille, à condition qu’elle fasse d’abord des études, parce que l’éducation c’est important. Et les parents assistent au spectacle de l’école de leur progéniture, et participent parfois à leurs jeux d’enfants. Bref, ils sont un soutien constant.

Même quand Pubert débarque dans la famille, en particulier quand il devient « normal » (blond frisé et non plus brun gominé), si cela rend Morticia triste, elle ne rejette pas son troisième enfant, elle continue de s’en occuper et de l’aimer de manière inconditionnelle, elle accepte Pubert malgré qu’il soit si normalisé.

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Parce que c’est ça la force de la famille Addams, de nous prouver que même dans l’étrangeté, en décalage complet avec la société dans laquelle on vit, on peut toujours se trouver, et être aimé, et vivre heureux non pas malgré notre différence, mais en embrassant complètement celle ci.

Mais en attendant, je suis Fester, comme exemple ci-dessous.

Oh no !

Who could love you more

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Pour vous motiver, un chat de Noël. Au mois de Mars. YOLO

Pour vous motiver, un chat de Noël. Au mois de Mars. YOLO

Aujourd’hui 7 Mars, nous sommes la veille de la journée internationale des droit des femmes. Et je me hype les oreilles avec du Conchita Wurst en boucle, autant dire que je suis moyennement dans le thème.
Ah et avant que quelqu’un fasse la blague selon laquelle la journée des hommes c’est le reste du temps, soyez pas trop jaloux, parce qu’en vrai, la journée mondiale des hommes c’est le 19 Novembre. Voila.

Et là, magie du backstage, mais ça fait 25 minutes que je cherche mon sujet du jour.
Mais je pense avoir une petite idée. Alors allons y let’s go c’est parti les amis, aujourd’hui on va aborder la notion de privilèges!

Tout d’abord, un privilège c’est quoi? C’est un avantage de n’importe quelle forme possible, induit par une caractéristique incontrôlable. Comme c’est pas clair, prenons un exemple : ne pas devoir se demander si il y aura un ascenseur ou un emplacement de fauteuil dans un bus, c’est un privilège de personne physiquement valide, ou encore pouvoir oublier sa carte d’identité à la maison sans craindre les contrôles de police, c’est un privilège de personne blanche.

Et c’est important de connaitre ses privilèges, parce que ça nous permet de rester humbles, et de se rendre compte que notre condition d’être humain est potentiellement et/ou naturellement avantagée par rapport à un autre individu.

Et comme aujourd’hui c’est la veille du 8 Mars, je pensais aborder les privilèges que j’ai pu constater de près, dans le cadre de ma transition physique et sociale de garçon.
On va catégoriser tout ça, sinon ça va vite être un foutoir sans nom.

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■ Let’s get Physical !

Et ce en trois points : le poids, les poils, et la performance esthétique.
Il est plus communément admis qu’un garçon puisse être gros plutôt qu’une femme ne le soit. Vous ne me croyez pas? Allez donc faire un tour du côté des grands magasins type Kiabu et autres Haine&Martine. Dans le rayon grande tailles femmes, se battent en duel deux pulls aux couleurs infâmes, des hauts informes et trois pauvres pantalons à peine différents. Chez les hommes? Des modèles variés, de la sobriété comme du flashy, bref, du choix. Même du côté des slogans y’a pas photo.
Au hasard de google rapide, pour les nanas on peut lire « pour toutes les morphologies », face à « pour les hommes extraordinaires ». Pour une gamme de prix similaire, j’ai trouvé jusqu’au 58 chez les femmes, et chez les messieurs… du 74. Je pense qu’on se moque de vous. Clairement.
Sans même aborder le sujet des poches vers l’infini et l’au delà des pantalons d’homme, contre celles des femmes où tu ranges un briquet, en tassant bien.

Concernant les poils je ne pense rien vous apprendre en vous disant que les hommes peuvent afficher leur fourrure sans souci, même si ça fait écureuil mort sous les bras, alors que chez les dames, même dans les pubs censés vous vendre des rasoirs et épilateurs pour se débarrasser des vilains poils, ceux ci n’apparaissent jamais.

Enfin, quand je parle de « performance esthétique », je parle de deux choses. La beauté tout d’abord, dans un cadre purement hétérosexuel, on pardonne plus facilement à un homme d’être vilain, lui trouvant d’autres qualités telles que le charisme ou l’humour, tandis qu’une femme si elle n’est pas « bonne », elle n’a rien pour elle et finira seule mangée par ses chats. C’est triste, mais c’est une réalité d’opinion répandue.
Ah et personne ne demandera jamais à un homme de sourire 20 fois par jour, ou de lui faire des reproches s’il semble faire la gueule. Au pire on lui trouvera son côté grumpy « carrément cute », jusqu’au « mystérieux et ténébreux caractère ». A l’aide.

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■ Super Social, tu perds ton sang frais.

Deux mots : sexualité et expression. Mais sans les lier hein, sinon c’est bâclé.
Le premier point donc, en cache en fait deux. Pour commencer, contrairement aux hommes, les femmes sont hyper sexualisées très tôt, souvent contre leur volonté. Quand des scandales éclatent dans les écoles de niveau collège/lycée, c’est parfois parce qu’une élève s’est faite sortir de cours pour sa tenue trop suggestive, à savoir qu’elle portait une jupe ou un haut un peu ample, et du coup on voyait son soutien gorge. On fait comprendre à ces jeunes femmes que les pulsions « incontrôlables » des jeunes garçons, leurs camarades de classe, sont plus importantes que l’éducation de ces jeunes filles. Y’a énormément de cas aux USA par exemple.

Moi j’vais vous dire un truc, si j’ai réussi à passer toute ma scolarité à partager le vestiaire des filles sans jamais en toucher une seule de manière inappropriée, ce n’était pas parce que je n’avais pas des envies, mais parce que je sais conserver ma libido sous clé. Et savoir se tenir c’est à la portée de n’importe qui. Les hommes ne sont pas des animaux hors de contrôle, arrêtez de nous excuser quand ça dérape, ça nuit à tout le monde.
Je prends littéralement un shoot de testostérone deux à trois fois par mois, et je n’ai agressé personne que je sache, donc aucune excuse possible.

Le deuxième alinéa du premier point (vous suivez toujours ?), c’est celui du « mérite » sexuel. Exemple concret, un mec avec plein de conquêtes est un Don Juan, une nana avec autant voire moins de conquêtes est une intenable catin.
Tandis que l’on fait du slut-shaming à tour de bras, on excuse également certains comportements masculins sous couvert de leur prétendue « misère sexuelle ». Ces deux exemples contenant énormément d’informations sont révélateurs du fait qu’on privilégie bien trop facilement la sexualité des hommes face à celle des femmes.
Dans le même ordre d’idée, si les hommes se plaignent parfois d’un éventuel « virgin-shaming », où le fait d’être puceau ou peu actif sexuellement est une tare, laissez moi vous dire que ce n’est RIEN comparé à ce que subissent les femmes de leur côté dès qu’elles mettent le nez dehors.

Et enfin le deuxième point avec ce long sous-sujet, le privilège de la parole. Un homme sera toujours considéré plus légitime qu’une femme pour parler, de n’importe quel sujet, à n’importe qui, dans n’importe quel contexte, y compris si le gars n’est même pas concerné.
A tel point que le terme mansplaining a émergé. Il s’agit de l’action d’un homme, d’expliquer la vie à une ou plusieurs femmes, si possible avec un maximum de condescendance, parce qu’elle n’y connait rien vu que c’est une femme. Je grossis vaguement le trait, mais lancez le mot « féminisme » en soirée, et vous pouvez sortir votre planche de Bingo Féministe et vous préparer à gueuler QUINE dans les 10 prochaines minutes. Sans même détailler sur ce problème dans le cadre de l’entreprise, où la parole d’un homme aura toujours naturellement plus de poids que celle d’une de ses collègues. Mais nous reviendrons sur le sujet du boulot un peu plus bas.

Exemple de Bingo Féministe. (source: Blogspot des Furies.

Exemple de Bingo Féministe. (source: Blogspot des Furies.

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■ Ennemi Public #1

Bon, sur ce point je ne vous apprendrais pas grand chose en vous disant qu’une femme seule dans la rue si possible de nuit, a un pourcentage de se faire agresser qui dépasse l’entendement. Je n’ai pas les chiffres sous les yeux donc je ne vais pas en inventer, mais je dirais d’un point de vue personnel que depuis que j’ai un bon cispassing, je ne me fais réellement emmerder dans la rue (généralement pour une clope) qu’une fois toutes les deux semaines environ. Contre quasiment chaque fois que je mettais le nez dehors avant, soit plusieurs fois par semaine.

Les hommes se comportent comme les rois de la rue, et ils en ont à peine conscience. Un autre exemple de cet état de fait, c’est qu’en marchant droit devant vous, si vous êtes une femme, la grande majorité des hommes ne se pousseront jamais. Vous finirez soit par vous écarter naturellement de vous même, soit par leur rentrer dedans. Moi qui n’aime pas le contact humain, je me pousse largement avant impact, mais j’ai regardé que les nanas s’écartent assez rapidement de moi quand j’arrive à leur hauteur lorsque je marche dans la rue. Et je trouve ça tellement triste quelque part. Parce que laisser passer l’autre est un acte commun, il ne devrait pas être unilatéral.

Ah, on enchaîne avec mon préféré : le Jean-Michel Couilles de Cristal. Ce délire qu’ont les hommes de tout âge, peu importe leur origine, de prendre toute la place dans les transports en commun, dans les allées, sur les sièges, partout, tout le temps. Ça porte un nom d’ailleurs, ça s’appelle le manspreading. Le fait de prendre un maximum de place sous prétexte que le monde nous appartient. C’est souvent inconscient, autant que c’est parce que les gens sont des vieux sacs à merde.

Pour ma part je suis forcé de garder un minimum d’écart entre mes cuisses, parce que celles ci étant épaisses, les conserver serrées est très inconfortable. Mais y’a une grosse différence entre avoir un léger écart inter-cuisseaux, et prendre la moitié du siège d’à coté.

On te voit faire, Jean-Mich'.

On te voit faire, Jean-Mich’.

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■ Travail, Famille, Pâté.

J’avais dit que je reviendrais sur la question du travail, et bien même en la matière, le sexisme n’épargne aucun milieu. Il n’y a qu’a constater la prolifération de blogs type Paye Ta ___ , qui sont des florilèges de remarques misogynes et souvent super limites, classées par milieu professionnels.
Egalement, il pèse sur les hommes certaines exigences de travail qui se répercutent sur la condition féminine. Je ne parle pas du fait que les femmes doivent prouver qu’elles sont compétentes, tandis que les hommes sont compétents de base jusqu’à preuve du contraire. Non ce dont je voulais parler c’était des exigences plus fourbes que ça. Un homme ne subira pas ou si peu, lors d’un entretien, des questions du type « envisagez vous une grossesse future? », qui détermine si la personne est « digne » que l’on investisse le temps, et l’argent de la compagnie qui l’embauchera.

Ainsi, un homme sera, pour la même base de travail, en moyenne mieux payé, et gravira les échelons plus vite. Sa vie de famille, s’il en a une, pâtira de cette exigence sociétale, parce qu’on pardonne plus facilement aux hommes de rentrer très tard après le travail, de moins s’occuper des enfants, de ne pas prendre de congé parental etc.
Après tout, l’enfant, ce n’est pas lui qui l’a pondu, donc on considère un peu facilement qu’il n’a que moins de responsabilités et de temps à consacrer pour s’investir dans la vie de ses gamins.

Enfin, un homme n’entendra pas un employé du rayon bricolage lui expliquer qu’il faudra l’aide de son compagnon pour monter tel meuble, parce que tout le monde sait que ça s’installe mieux avec un pénis.
Je parle de magasin de brico, mais ça marche aussi avec le garagiste, ou tout ce qui touche de près ou de loin à un hobby considéré comme « masculin ». Y compris quand le gars n’y connait rien, et que c’est sa femme qui bricole. Un peu comme au restau, on conclura toujours que c’est l’homme qui paye, qu’il est la personne responsable et tout ça.

Le bon goût.

Le bon goût.

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■ The Internet is for Boys.

Ah, les jeux vidéos. C’est vachement bien non? Alors oui, mais quand on est un garçon. Et je vous voir arriver, à base de « ouais mais les meufs elles ont plein d’avantage sur les MMOs! ». Ce qui est vrai, en partie seulement. Sur cinq mecs sympas qui vont l’aider, et éventuellement lui filer de la thune virtuelle gagnée à la sueur de leur clavier, quatre vont se montrer super lourds et chercher à obtenir des faveurs en échange de cette monnaie virtuelle. Les gens sont très rarement altruistes, et le jeu vidéo, monde peuplé de nerds et autres marginaux rejetés par leurs pairs n’y fait pas exception. D’autant plus d’ailleurs, que souvent dans le milieu du jeu, les gars sont des frustrés en puissance, dans plein de domaines, et qu’ils ont été tellement rejetés pendant des années, qu’ils considèrent que ici c’est leur terrain, et que derrière l’ecran on se sent toujours plus fort. Je caricature à peine.

Si vous vous plaignez que y’a pas assez de nanas qui jouent, peut-être est-ce parce que la moitié d’entre elles n’avouent pas être des filles, pour avoir la paix, pour ne pas être harcelées, pour pouvoir juste jouer en fait. Et aussi parce que dès qu’une demoiselle dit aimer tel ou tel univers, elle se fait alpaguer de questions toutes plus improbables les unes que les autres, pour qu’elle puisse « prouver » qu’elle est une « vraie » fan, et non pas une énième « fake geek girl ».

Ce qui nous fait arriver à l’argument intéressant du « ouais mais les streameuses elles montrent leurs seins et elles se font grave de la thune en vendant leur image au plus offrant! ». Bah, si y’a des gens assez frustrés pour payer, elles auraient tort de se priver. Elles auraient tort de ne pas chercher à monnayer leur image tout en restant dans une parfaite maîtrise de leurs limites.

Après, et c’est une réalité morphologique, les filles ont, en règle général, des seins, c’est un fait. Et près d’un ordi il fait chaud, donc elles ne vont pas jouer en pull juste pour satisfaire votre pudeur mal placée.

Cependant, la vie de personne féminine sur le net a aussi ses gros désavantages. Prenez n’importe quelle youtubeuse un peu connue, elle en prend plein la gueule quotidiennement juste pour le fait d’apparaître sur un média public.
Certes, certains mecs en prennent aussi pour leur grade, parfois de façon justifiée, parfois pas du tout, mais il n’y a jamais de hordes de 200 personnes qui font des appels au meurtre, au viol, à la punition généralement violente de leur entourage, juste parce que le gars a dit un truc qui ne passait pas.

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■ Et les désavantages dans tout ça?

Bah j’en ai trouvé. Trois, enfin, deux et demi pour être exact. C’est plutôt maigre en comparaison, mais on va les aborder, histoire de rigoler un peu.

Les gens, la société, notre famille parfois, a des exigences différentes selon notre genre. Comme celui de la virilité exacerbée. Quand on est un homme, pas question de montrer de signes de faiblesse, ou d’émotion, et surtout pas de « féminité ». Moi je dis bullshit, j’ai le droit de pleurer et d’être niais, d’être considéré comme « fragile », et je m’en tartine les intercostales avec du pâté dans l’allégresse la plus totale.

Il existe évidemment quelques standards issus du fameux diktat de la beauté, mais concrètement ça s’applique bien moins violemment chez les hommes que ce que vivent les femmes. Je ne suis pas un canon de beauté, je porte des lunettes, j’ai peu de barbe (pour l’instant), et je ne suis pas un monstre de muscles. Malgré cela, on m’accepte en tant que tel, et mis à part quelques reflexions de merde vis à vis de mon surpoids, dans l’ensemble on me fout relativement la paix. Ce n’etait pas le cas auparavant, avant ma transition.
Ceci comptant comme un point et demi, passons au second, et dernier.

Je ne peux plus faire des compliments aux gens que je ne connais pas ou peu, sous réserve de leur donner l’impression que je les drague.
Et même si c’est un micro privilège qui me manque un peu, de dire aux gens qu’iells sont joli.e.s, ou particulierement bien sappé.e.s, je m’y ferais à l’usage, à devoir fermer ma gueule pour ne pas les mettre mal à l’aise. Même si je sais que il y en a que cette considération n’effleure pas. Mais je ne suis pas associé à ces gens là.

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En conclusion, nous les hommes, avons un sacré paquet de privilèges, et encore, je n’ai traité que les plus rapides évidents à exposer.
Ce faisant, demain 8 Mars, Journée Internationale des droits des femmes, je leur laisserais la parole, et ce blog sera silencieux pour la journée. Parce que je ne suis pas une femme, et si j’ai moins de droits qu’un garçon cisgenre, de par ma condition, et aussi de par tout un tas d’autres raisons opposées à tout un tas d’autres catégories de personnes, je suis quand même un privilégié. Et c’est une bonne chose que d’en avoir conscience.

Donc demain, pensez à vos privilèges et écoutez ce que les femmes ont à dire, pour une fois, ce qui ne vous empêche pas de les écouter le reste de l’année, hein, restons humbles.

Bisou !

Chroniques Queer #6 : Alix

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Pour ce premier mercredi du mois de Mars, voici pour vous un autre épisode des Chroniques Queer! Nous recevons Alix, qui encore une fois, se présente tout seul comme un grand. Ah, c’est bien quand j’ai rien à faire moi-même hein?

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Photo non contractuelle.

Photo non contractuelle.

► J’ai 24 ans et même si je sais depuis mes 12-13 ans que je suis trans je n’ai appris l’existence de la multiplicité des genres et de la non-binarité que depuis environ 2 ans. De fait, longtemps je me suis défini comme « garçon » par défaut  tout en n’étant pas très à l’aise avec l’idée ; depuis que j’ai pu d’avantage poser des mots précis sur mon genre le terme qui colle le plus à mon ressenti et « agenre ». Tel que je le ressens, cela veut dire que je ne me sens pas concerné personnellement par les genres que la société reconnait (homme et femme du coup), et que je n’arrive pas à appliquer à moi-même le concept  de genre (pour m’expliquer : politiquement et d’un point de vu militant je comprends ce qu’est un genre, mais disons que ça ne fait pas écho en moi, je n’arrive pas à ressentir une appartenance à un genre en particulier, ni a comprendre ce que cela peut faire de se sentir appartenir à tel ou tel genre).

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♦ As-tu effectué des modifications notables dans ton apparence/attitude après avoir pris conscience de ton identité? Ou au contraire n’a touché à rien, parce que tu te sentais suffisamment bien tel quel?

► J’ai eu une mammectomie récemment. Le binder m’aidait bien et j’avais appris à ne plus détester ma poitrine (c’était (re)devenu de l’indifférence) mais je ne supportais plus le fait d’être comprimé donc j’ai sauté le pas de l’opération dès que j’ai pu.

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♦ Y’a-t-il eu des changements dans l’approche/le comportement/le regard des gens à ton égard depuis lesdits modifications?

► De manière générale, je sens des regards plus longs et plus appuyés quand mon apparence est plus « ambiguë », mais le fait d’avoir un torse plat à renforcé le phénomène je crois (surtout en fonction des vêtements choisis). Sinon plus précisément, cet été c’est la première fois que je suis allé à la plage juste en maillot de bain, du coup les cicatrices font un élément que les gens remarquent, et comme je n’ai pas de cispassing masculin je vois bien que cela interroge (au mieux…). De même les médecins me demandent maintenant si j’ai eu un soucis (illes pensent à cancer du sein généralement), ce qui fait un élément que je dois maintenant justifier tandis qu’auparavant je pouvais, si je ne voulais pas de complications sur le moment, laisser croire aux gens que j’étais une femme cis sans qu’on me pose trop de questions.

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♦ Ton état d’esprit a-t-il changé quand tu te déplaces dans l’espace public ? Y’a-t-il des attitudes personnelles que tu as dû/souhaité changer?

► Je n’ai jamais été à l’aise dans l’espace publique pour d’autres raisons ; le sexisme me vient à l’esprit de suite, mais pas seulement. Pour plusieurs raisons, je n’ai jamais tellement vu l’espace public comme un espace accueillant pour moi, c’est plutôt un lieu de passage à gérer au mieux. Mais, du coup, oui la question de la transphobie ou NBphobie rajoute de la gène et/ou angoisse (suivant les situations).

J’ai un moment essayé d’avoir des attitudes et vêtements plus masculin-e-s ou, du moins, moins féminin-e-s pour ne pas être mégenré (j’utilise le pronom « il »). Mais d’une part ça ne marchait pas tellement, en plus je n’étais pas à l’aise parce que ce n’était pas « moi », et pour finir cela me rappelait tout le temps que j’étais trans, que je devais agir de telle ou telle manière pour que les gens perçoivent telle ou telle attitude comme un signe pour bien me genrer. Je ne m’en sortais pas, ça finissait par me rendre plus mal qu’autre chose. Du coup j’essaie maintenant de revenir à des attitudes avec lesquelles je suis à l’aise, plutôt que de penser à comment les gens vont me percevoir (mais c’est loin d’être gagné !).

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♦ Un dernier mot à formuler peut-être?

► Je suis agenre, mais ayant tout de même passé plusieurs années à me définir « garçon » et à le revendiquer fortement (avec mes parents ou différents psys notamment), cela fait que je suis dans un entre-deux permanent entre mon ressenti actuel et la manière dont j’ai longtemps envisagé ma transition (sociale notamment). Ce n’est pas forcément évident à gérer, et ne serait-ce qu’au sein de la communauté, je me sens  un peu entre deux ressentis niveau prise de conscience et parcours de vie : entre les expériences des personnes qui sont hommes ou femmes ou celles des personnes non-binaires j’ai du mal à me sentir plus proche des un-e-s ou des autres (et je me sens un peu alien dans tout les cas). C’est quelque chose que j’apprends encore à appréhender/démêler. D’où l’importance de laisser la parole à toutes sortes de vécus, sans comparer systématiquement avec ce qui serait un « parcours type ».

Par rapport à mon expérience je trouve important de faire un petit rappel :  attention à ne pas confondre quelqu’un-e qui a besoin de temps pour se définir par rapport à la binarité de la société, avec quelqu’un-e qui serait «  juste confus » ou « juste une personne cis en questionnement » (formules que j’ai pas mal entendues, alors que j’étais bien plus au clair avec mon genre que quand – par manque d’informations – je me définissais « garçon » par défaut). Le manque de mots ou l’impression de ne pas être légitime à se définir hors de la binarité homme-femme ne veut pas dire qu’on ne sait pas qui on n’est ; seulement ça demande parfois plus du temps pour arriver à le dire clairement.

Only then can I begin to live again

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Ceux qui me connaissent un minimum m’ont déjà entendu dire que « l’exorcisme j’ai déjà donné, et en plus ça fait mal ». Et suite à une recherche internet moyennement aléatoire, j’ai enfin pu récupérer toutes les pièces pour décrypter le puzzle de cet épisode sombre de ma vie. Ce matin, on parle d’égorger des poulets et de faire sortir les esprits des corps possédés, ça va donner je l’sens…

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Il me semble que c’était durant l’année 2010. Je sortais juste de mon second séjour en hôpital psychiatrique. J’étais au plus bas de ma dépression, et mes parents étaient à la fois paniqués et en proie à un désarroi des plus total. Ils auraient pu faire n’importe quoi juste dans l’espoir que j’aille mieux, et ça tombe bien, ils en ont eu l’opportunité.

Ils étaient en effet, en contact avec un certain « Maitre Ilario », qu’on va appeler Michel, parce que de toute façon il n’utilisait pas sa véritable identité.
Michel donc, était à l’époque le patron d’un club libertin appelé La Villa Panthère, situé à Listrac, dans le Médoc. Il était aussi guérisseur-magnétiseur à ses heures perdues, mais le genre qui craint. Il prétendait pouvoir soigner tout et n’importe quoi, grâce à ses connaissances étendues et ses pouvoirs magiques quasi-divins. Mais sinon il en imposait quand même assez physiquement, plutôt grand, les cheveux noirs et longs, et un look au croisement entre le gothique et le fan de SM, ce qu’il était un peu je pense dans tous les cas.

Et donc un jour, ma maman m’a emmené voir Michel dans son « cabinet » pour que celui-ci me guérisse de tous mes maux. C’est pas super précis dans mon souvenir, mais je me rappelle néanmoins qu’il y avait des sabres japonais un peu partout dans la pièce, et qu’il me posait des questions d’un air très sérieux, et auxquelles je répondais mollement, parce que je n’avais pas envie d’être là.

Après ce rapide entretien, il m’a allongé sur un lit dans une chambre juste à côté, il a passé un sabre autour et au dessus de mon corps, tout en psalmodiant du charabia quelconque. Je me souviens que j’étais quand même pas mal terrifié, et relativement impressionné par le gars, du haut de mes 19 ans à peine. A un moment donné il a fait pression sur un point précis au niveau de ma cheville, et j’ai hurlé de douleur. J’avais la sensation qu’on m’enfonçait un clou chauffé à blanc dans la peau. Tandis que je pleurais et criait, il a passé sa main au dessus de mon visage, d’où s’est mis à couler du sang. Je ne le voyais pas, mais je sentais que du liquide coulait sur mon front, et je voyais ma mère qui pleurait, debout à coté du lit.

Il a alors expliqué que ce n’était pas moi qui était réellement possédé, mais un collier qui m’appartenait qui avait servi de transfert entre le machin démoniaque et mon corps. La joie donc.
Il s’est passé un laps de temps que je ne saurais déterminer, je soupçonne m’être évanoui d’épuisement suite à la douleur et la surcharge émotionnelle. Mais quand j’ai repris à peu près conscience de mon environnement, je me regardais dans un miroir et j’avais effectivement un voile de sang séché sur mon front qui avait coulé en biais sur la moitié de mon visage. Derrière moi, Michel discutait avec mes parents, en leur expliquant que je devrais me débarasser du fameux collier (une réplique d’un pendentif tiré d’un manga en plus), et également prendre des gélules magnétisées par ses soins jusqu’à amélioration de ma condition, et après nous sommes rentrés chez mes parents.

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Ça c’est donc mon souvenir des faits. Et je disais en haut de cet article avoir fini par découvrir toutes les pièces du puzzle, alors accrochez vous parce que ça devient encore plus absurde.

A mesure de mes recherches d’articles de journaux sur les internets, j’ai pu donc lire qu’il faisait jaillir du sang de poulet d’une de ses bagues, ce qui explique beaucoup de choses, qu’il touchait une commission du fournisseur des gélules à force d’en refourguer à tous ses « clients », et que celles ci n’étaient rien d’autre que des compléments alimentaires sans réelle incidence sur la santé.
J’ai cependant eu du bol d’être aussi jeune parce que Michel prescrivait parfois des séances de fanfreluches avec lui sous argument que « ses fluides avaient des vertus de soin ». Ouais, c’est carrément dégueulasse.
Pour ce qui est de la douleur dans ma cheville, je soupçonne une simple connaissance des points de pression, ou encore de vagues notions en acupuncture. Après tout, si Michel avait une passion pour l’Asie et le Japon, posséder des bouquins sur la question ne me choquerait pas plus que sa collection de sabres.

Enfin bref, je finis sur cette expérience relativement traumatisante, avec le fait que Michel a été condamné l’été dernier à 5 ans de prison, dont un avec sursis pour «abus de faiblesse, agressions sexuelles et exercice illégal de la médecine ».

Et ça, c’est le karma. Enfin, si vous y croyez quoi.

Chroniques Queer #5 : Charlie

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Yo ! Vous allez bien? Je l’espère en tout cas. Comme la semaine dernière ya deux semaines,  désolé pour le contretemps, on se retrouve ce mercredi jeudi finalement, pour le nouvel épisode des Chroniques Queer !
Et cette semaine, nous reçevons une personne qui s’identifie comme « queer » justement, comme les choses sont bien faites pour une fois! Bref, trève d’introduction obligatoire, je laisse soin à cette personne de se présenter.

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Photo non contractuelle.

Photo non contractuelle.

► Bonjour ! Je m’appelle Charlie, dans la vie je dessine et je glande sur internet. Et je suis non binaire. Dans mon cas, ça signifie que je suis ni meuf ni mec, peut-être autre chose, ou entre les deux. Ça se précisera éventuellement avec le temps. En attendant, je dis «queer» et j’y réfléchis.

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♦ As-tu effectué des modifications notables dans ton apparence/attitude après avoir pris conscience de ton identité? Ou au contraire n’a touché à rien, parce que tu te sentais suffisamment bien tel quel?

► C’est une réalisation sur le long terme, en fait, de dépatouiller un peu ce qu’est mon identité. Et c’est toujours en évolution.
Mais, disons que j’ai pris des mini libertés dans mon expression de genre. Je me suis procuré un binder par exemple, et je choisis des fringues peut-être un peu plus diverses qu’avant (remarquons que je suis toujours habillé-e des 4 même machins, malgré ce stock glorieux). Je suis AFAB (assigné-e femme à la naissance), et je venais déjà d’une culture lesbienne/«butch», donc je pense que les gens me perçoivent comme ça quand je m’habille de manière considérée comme plus «masculine».
Mais à vrai dire j’aime différents trucs, sur le plan vestimentaire, et même si je regrette parfois d’être invisible, je ne vais pas me priver d’être féminin-e quand j’en ai envie. Moi je sais où je me situe. Je ne suis pas moins queer les jours où je porte des talons, et pas plus les jours où je suis en binder. Donc oui, parfois on veut faire savoir au monde que les identités des gens ne sont pas forcément celles qu’on croit, et on se sent mieux dans certaines fringues. Et aussi des fois, il fait 10 degrés et t’as envie de mettre des vêtements mous et chauds et tu t’en fous. Je sais que c’est aussi un privilège, d’avoir des jours où je me fiche d’être mal lu-e dans mon identité, et que c’est différent pour tout le monde.
Bref, tout ce que je veux dire, j’imagine, c’est qu’il ne faut jamais présumer de l’identité de quelqu’un uniquement sur ses vêtements. J’peux être une personne transmaculine en jupons, voilà tout.

Aussi, petit aparté, mais on se figure que «l’androgynie» (sur le plan esthétique) c’est une sorte d’idéal tendant vers le masculin, habillé de noir, mince et blanc-he. Et autant ça convient à plein de gens, autant l’androgynie peut être plein d’autres choses, que ce n’est pas la seule option. Et que c’est à expérimenter.

Ha, également, pour revenir à la question : j’ai également commencé à utiliser des pronoms différents. Principalement en ligne, parce qu’il est aisé de montrer que je veux être accordé-e comme ça. J’ai aussi commencé à en parler autour de moi aux gens qui étaient susceptibles de le comprendre et de le respecter, donc c’est cool. J’commence tout juste à switcher les pronoms à l’oral en parlant de moi, pour voir.
Comme pour beaucoup de gens transgenres, la question plus «médicale» de la transition se pose. Oui je l’envisage. Non, je ne suis pas moins trans en attendant. Oui, j’ai peur.

Bon, après ce pavé et pour répondre à la question : je me sentirai peut-être parfaitement bien comme je suis sans toutes les considérations de la société sur les genres, qui sait ? Mais on ne vit pas dans ce monde-là, et on en sait rien, donc, oui, j’ai envie d’autres choses, j’ai envie d’être perçu-e comme la personne que je suis. Après, je vais prendre mon temps et je veux être sûr-e que c’est ce que je veux sincèrement aussi.

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♦ Y’a-t-il eu des changements dans l’approche/le comportement/le regard des gens à ton égard depuis lesdits modifications?

► Alors. Il y a des gens dont je sais qu’iels ont, soit compris tout de suite quand je leur ai dit, soit fait le travail sur elleux même d’apprendre et de comprendre. Sûrement des personnes qui ne comprennent pas mais respectent. Et ces gens là donnent des petits signes que leur regard a changé. Changent les pronoms, changent les petits noms qu’ils me donnent. Je sais même pas si c’est répondre correctement à la question.
J’imagine que le grand problème des personnes NB qui «ont l’air» cisgenre, c’est justement d’être reconnu-es dans leur transidentité, ce qui n’est peut-être pas la problématique principale de toutes les personnes trans…

Hmm, sinon, depuis quelques années le harcèlement de rue s’est beaucoup orienté vers « t’façon ça se voit que t’es gouine » et de l’homophobie en général. Sans être tout nouveau pour moi, ça rejoint un peu ce que je disais sur le fait que je suis lu-e comme butch. Donc, hum, j’imagine que c’est un changement.. ?
Je ne vis pas du tout de transphobie directement dirigée vers moi dans la rue, par exemple.
J’essaierai de revenir sur ça plus tard, parce qu’il y a clairement des différences entre mon cas et celui d’autres personnes trans et je ne veux pas les ignorer.

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♦ Ton état d’esprit a-t-il changé quand tu te déplaces dans l’espace public ? Y’a-t-il des attitudes personnelles que tu as dû/souhaité changer?

► Mon état d’esprit, non. Je suis AFAB, toujours perçu-e comme meuf. J’ai toujours peur dans la rue régulièrement, je suis toujours dans la situation dans laquelle sont les filles dans l’espace public (une situation pas géniale, pour préciser).

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♦ Je n’ai pas vraiment de question intermédiaire mais si tu as une remarque pertinente, c’est ton moment.

► Pertinente, je ne sais pas ! Hum, j’ai été plutôt agressifve sur une question, à propos de transition médicale. Je précise juste que… Ce n’est pas facile pour moi d’utiliser le mot transgenre à mon propos. Ça a mis du temps avant de me percevoir comme ça, et beaucoup de gens non binaires ressentent des choses semblables, je crois.

Je sais que la très grande majorité des gens, même celleux qui savent, ne me perçoivent pas comme transgenre. Les gens cis ou trans, d’ailleurs.
Je sais que l’idée que les personnes non-binaires sont «juste cis» est répandue. Je sais aussi qu’il y a plein de manières d’être une femme ou un homme. Je connais des femmes qui sont bien moins traditionnellement «féminines» que moi, et pourtant, voilà : ce sont des femmes cisgenres, à l’aise avec cette identité, et moi ce n’est pas la mienne alors que j’ai «l’air» d’en être.

J’ai entendu reprocher aux non binaires d’entériner des normes de genre figées, de s’inventer des genres, etc… Hey, sans blague. Oui, on invente des genres, ça s’appelle la vie en société t’sais. C’en est pas moins réel, moins vrai pour les gens.
On existe, c’est tout ce que je veux dire. Et on est trans.

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♦ Un dernier mot? Quelque chose qui te semble important? 

► Comme j’ai un peu râlé, parce les non binaires entendent des trucs pas cool, y compris de leur propre communauté, je voudrais bien finir en disant que oui, on a cependant des gros privilèges vis-à-vis d’autres gens de cette communauté [trans].
Déjà, certain-es d’entre nous ne ressentent pas le besoin d’une transition (sociale ou médicale), ou pas «entièrement» (ce qui d’ailleurs peut être le cas de n’importe quelle personne trans). Donc oui on a des privilèges d’avoir l’air cis. Je me fais pas refuser de jobs pour ça, on m’insulte pas dans la rue pour ça. Je ne peux pas imaginer ce que c’est ; mais c’est aussi une souffrance d’être invisible.
Et puis, n’importe quelle personne «pré-transition» peut vivre ça, même si, peut-être les gens non binaires et fluides peuvent parfois être plus à l’aise avec leur apparence… Mais pas toujours.

Je ne sais même pas si ce truc de séparer binaires et non-binaires est pertinent, les gens utilisent les mots comme iels veulent ; je dis juste, j’imagine, qu’on est dans la même communauté. Qu’on ne devrait pas être en train de se traiter les un-es les autres de «binaires» ou de «fauxsses trans»… Right ?
On vit des choses différentes et je ne pense pas que c’est majoritairement à la communauté non-binaire de prendre la parole sur la transphobie constamment. Je pense qu’il faut qu’on soit humbles et qu’on reconnaisse les avantages qu’on peut avoir.

Mais aussi, je refuse de me faire insulter dans mon identité parce que certains jours j’aime mon corps, ou parce que je suis pas «full trans», ou parce que je veux une transition non-binaire. Soyons camarades, merde.
On a une lutte à mener ensemble, contre la transphobie d’état, pour le changement d’état civil, pour des parcours de transition sains, accessibles et non psychiatrisant, pour un meilleur accès aux soins. Pour une représentation dans les médias pas ridicule ou insultante. Pour… tellement de trucs, parce qu’on est tellement loin d’être à égalité.
Je suis désolé-e, je n’ai pas tant parlé aux gens cis qui voudraient comprendre des trucs en lisant mon temoignage, j’espère que ça reste compréhensible.

Un conseil ? Les genres des gens ne sont pas c’que vous croyez. Demandons poliment leurs pronoms aux gens, hackons les normes de genre et informons-nous les un-es les autres. Bisous.

Life couldn’t get much sweeter

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Comme vous le savez peut-être, tous les dimanches, je me rends au Café des Moines pour le karaoké hebdomadaire. Et l’équipe en charge d’animer ledit karaoké, fait aussi des événements ponctuels dans ce même bar. Et donc hier, avait lieu l’élection de Mister Moines, faisant suite à Miss Moines à la mi décembre dernier.
Bon, je vous spoile un peu l’article, mais j’ai gagné le glorieux titre de Mister Café des Moines, ainsi que la superbe ceinture du vainqueur confectionné par l’équipe d’animation en charge de la soirée (Rick Huntertainment).

Du coup, avant de donner mes impressions, je vais vous faire un détail des épreuves de la soirée.

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#1 : Va mettre une culotte !
Il s’agissait d’exposer son plus beau dessous, anonymement, à la vue de tous, mais surtout du jury prestigieux (composé notamment des candidates et lauréates de Miss Moines, et quelques extras). J’avais donc judicieusement choisi un boxer Jurassic World assez badass, qui as beaucoup plu, et que voici :

Agrougrou

Agrougrou

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#2 : He’s got the look
Un classique défilé pour présenter son costume, j’étais un espèce de croisement entre un scout, un enfant de chœur, coiffure à la sortie des jeunesses hitlériennes, et un bras en écharpe parce que j’ai une tendinite. Le tout avec une grosse croix autour du cou, et une bible massive faite maison, qui renfermait en vrai un traité sur les serial-killers.

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#3 X Factor
Il s’agissait de faire preuve d’un talent particulier. Histoire d’être sûr que personne n’ait le même, j’ai choisi de mettre mon poing dans ma bouche de manière violente, ça a marché parce que les gens étaient plutôt impressionnés, et plusieurs m’ont, après coup, demandé comment j’avais découvert ma particularité.
Les autres ont dans le désordre, fait une gorge profonde un peu faiblarde (no offense), une choré improbable, un très classieux tourné de nippies (les cache-tétons), une imitation très convaincante de Renaud, et un cul sec de pichet de bière.

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#4 & #5 Sixième Sens
Deux épreuves consécutives, avec dégustation de trois bières à reconnaître, où j’ai un peu galéré parce qu’avec un seul bras c’était délicat d’écrire et de boire en même temps, donc j’ai mis un peu au pif, mais apparemment c’était à peu près ça. Y’en a qu’une dont j’étais sûr, et les deux autres c’était une chance sur deux quoi.
L’autre c’était un blind-test de plusieurs morceaux. J’ai mis en gras ceux que j’ai reconnu.
Madonna – Vogue
Le générique de Monk
Genesis – Jesus He Knows Me
une chanson extraite des 12 Apôtres – Pascal Obispo
Tori Amos – Crucify
Je crois qu’il y avait un 6e mais j’ai déjà oublié.

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#6 Profession de Foi
Il fallait expliquer pourquoi l’on méritait de gagner, de façon préparée ou improvisée, au choix du candidat. Sur les six candidats, seuls moi et Benjo (terminant premier dauphin) avions préparé à l’avance. Je vous pose ci dessous un extrait de mon discours, où j’ai préféré jouer la sincérité que la lettre de motivation amusante. Même si j’ai inséré un peu d’humour quand même, faut pas déconner. (j’ai changé les prénoms par contre pour préserver l’anonymat de mes potes)

>>> Je tenais à concourir ce soir pour une raison très précise. Certes je n’ai pas le charisme de Michel, ou l’esthétique de Bobby, ou encore l’audace de Kevin. Je ne chante pas Let it Go comme Chantal, et je ne gagnerais probablement pas ce soir la ceinture tant convoitée, même si je soupçonne que la plupart des participants espèrent gagner le mois de consos.
Ce n’est même pas de la fausse humilité, mais une simple conscience d’une certaine réalité.
Mais je tenais simplement à dire, pour rester simple, que le seul fait de pouvoir concourir ce soir, est une sorte de victoire personnelle sur la vie, et que ça me tenait du coup beaucoup à cœur.
[Mots de remerciements à l’équipe, le bar, les copains du dimanche.]

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I WON, BICHES.

Enfin, et seulement enfin, c’était l’annonce des résultats. A mesure que mon prénom ne tombait pas, ma panique montait. Et quand le premier dauphin a été annoncé, que ce n’était pas moi, ce qui signifiait que j’avais gagné, ma joie a explosé. Et j’ai pleuré comme un enfant. Et mon frère Leo m’a pris dans ses bras et m’a dit combien il me félicitait et combien je lui avais apporté encore plus d’honneur qu’il n’espérait.
Beaucoup m’ont exprimé combien ils étaient fiers de moi. Notamment Marianne, moitié du binôme en charge de l’orga, qui était contente que j’ai gagné, parce que deux ans en arrière quand j’ai commencé à venir au karaoké, j’étais une boule d’angoisse et de timidité, et jamais je n’aurais osé ne serait-ce que me présenter à un concours de « beauté ».

Parce que c’est ça qui m’a fait irradier de joie, même si pour beaucoup c’est juste une animation de bar rigolote ou un peu beauf, pour moi c’est une consécration. C’est hyper symbolique d’avoir gagné un concours dans la catégorie homme. D’être publiquement reconnu en tant que tel, sans que personne ne trouve à y redire.

Donc voilà. C’était ma minute gloire personnelle, désolé pour le pavé de 20 km hyper ego-centré. Merci de votre attention !

 

There’s a fork in the road

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En farfouillant de vieilles photos sur FB, j’ai retrouvé des trucs, des choses qui datent de 2008, c’était un peu y’a 9 ans, et j’avais un peu 16 ans.
Et j’ai réalisé que j’étais vachement androgyne à l’époque. Ni vraiment fille, ni réellement garçon. Juste, quelque part au croisement des deux chemins.

Et ça m’a fait d’autant plus bizarre de retrouver ces photos, vu que c’était avant que ma vie ne prenne certains tournants. Médicaux pour la plupart.
Je n’étais pas particulièrement l’insouciance incarnée, puisque j’avais quand même de grosses difficultés déjà à ce moment là. Mais elles n’étaient pas vraiment liées à ma santé, enfin, je l’ignorais encore surtout, parce qu’en vrai il y avait déjà des indices le long du chemin. Je ne m’étais juste pas encore vautré la gueule pour les apercevoir.

Mais ce que je voulais souligner dans ce court article aujourd’hui, c’est qu’en fouillant mes vieilles photos, j’ai réalisé que jusqu’à un certain point, avant même ma réalisation identitaire, jusque dans mon physique, dans ma morphologie, je n’étais pas distinctement défini dans un genre ou dans l’autre.
Il y a vraiment eu un moment où, avec entre autres la prise de poids médicamenteuse, il y a eu un cap, un virage visuel si je puis dire. Et si j’ai aussi indirectement qu’explicitement essayé de lutter contre, en essayant de « faire des efforts » pour me féminiser, mon aspect physique m’envoyait quand même des fax pour me faire comprendre que je n’étais rien de moins qu’un garçon comme les autres.

Et du coup je trouve ça amusant avec le recul, en ayant toute la connaissance actuelle sur mon genre, mon identité véritable, que la si fameuse biologie, c’est du gros flan en fait. Parce que si effectivement y’a des trucs qui ont poussé à des endroits et pas à d’autres, le rendu général extérieur ne s’y conformait absolument pas.

Je repense donc avec un brin de nostalgie à tout ça, et je me dis que si j’avais su à l’époque, tellement de choses auraient été différentes, mais j’en serais probablement sorti moins grandi, si je n’avais pas vécu toutes les épreuves qui arriveraient ensuite.

Voilà. A l’origine je voulais transformer mon sentiment un peu amer en déclaration d’amour à moi-même, mais sans le savoir, j’ai altéré ça en légère introspection. Enfin, ce n’est pas bien grave, le résultat me satisfait suffisamment pour vous en faire part.

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Petit Kao deviendra grand.

Petit Kao deviendra grand.

Tell me about poison

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Ce matin, on s’attaque à un morceau de choix : la liberté d’expression.

Dans tous les débats, en particulier ceux qui sont stériles et/ou amènent à la haine, on entend beaucoup trop l’argument de « tout le monde a droit à la liberté d’expression ». Et il faut traduire ça par « j’ai le droit de dire à peu près tout ce que je veux ».
Sauf que ça ne fonctionne pas exactement comme ça.

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NON.

La liberté d’expression, c’est surtout pour permettre, entre autres, de laisser libre champ à la presse, pour éviter que les informations importantes ne soient muselées. C’est aussi un élément non négligeable qui permet par exemple de faire grève, ou de manifester dans la rue quand on n’est pas d’accord avec les mesures du gouvernement.
Mais la liberté d’expression ce n’est pas un article de loi qui autorise à être un.e enfoiré.e sur les internets et à cracher son venin à tout va sous couvert d’une quelconque liberté [d’absence] intellectuelle.

Bien évidemment, les gens ont le droit d’être haineux, homophobe, transphobe, raciste, bref, la brouette habituelle. Par contre ils ne sont pas tout à fait en droit de le crier sur tous les toits. Pourquoi? Parce que outre le moindre argument de décence humaine, il y a la loi. Et accessoirement j’ai le droit de ne pas vouloir en être inondé sur mon fil d’actualités.

Alors ouais, okay, peut-être que « ça ne fait de mal à personne réellement », vu que ces individus coléreux ne sont juste que des « trolls » derrière leurs écrans. Et je vais revenir sur le sujet dans un court instant.
Je voulais simplement rappeler que l’incitation à la haine est un délit, y compris sur le web. Le code civil évolue avec le temps, et internet et ses dérives existent depuis suffisamment longtemps pour qu’on se soit penché sur la question.

Mais donc oui, l’argument du fameux « troll » est devenu avec les années, l’excuse toute prête pour justifier et passer tout un tas de sales comportements. Ce sont de simples commentaires, jusqu’au harcèlement pur et simple, et en vrai, ça fait du dégât à échelle individuelle. Typiquement, on imagine facilement que le « troll » est une personne, souvent très jeune, généralement dénuée de la moindre once de savoir-vivre. Or, il s’avère que n’importe qui peut se planquer derrière cette désignation. Des gens intelligents, pas forcément mal renseignés, mais qui exercent leur méchanceté gratuitement dans le but unique de nuire, et éventuellement de satisfaire leur ego. Je caricature un peu, mais les conséquences sont là.
Certaines personnes tombent en dépression, se laissent aller à de sombres idées, jusqu’à les mettre à exécution. Le harcèlement ainsi subi peut mener, plus souvent qu’on ne le croit, à des suicides. Personne n’est vraiment à l’abri.

J’avais un jour vu sur un post sur un site, que si les commentaires anonymes sont aussi violents pour celleux qui les reçoivent, c’est parce qu’on les lit avec notre propre voix, dans notre tête. J’ignore si c’est vraiment là la raison pour que les gens internalisent le problème aussi personnellement, mais ça expliquerait beaucoup de l’impact qu’a le négatif sur les internets.

Pour conclure, je dirais très simplement que la liberté d’expression est un outil, pas un passe-droit. Et que celui de garder le silence fait partie de la palette, ce sera donc mon conseil implicite du jour. Bisou !

Youpi! La haine est finie! PARTY SNAKEY!

Youpi ! La haine est finie ! PARTY SNAKEY !!

That ain’t satisfying me

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Un truc que je n’ai jamais compris, et ne comprendrais éventuellement jamais, c’est pourquoi l’adoption est considérée comme un choix secondaire, par défaut, faute de mieux, etc.
Pour exemple, quand on est enfant, c’est une insulte assez couramment utilisée : « de toute façon t’es adopté.e ». Et si cela est un indicateur d’à quel point l’adoption est mal perçue, c’est aussi une façon de faire comprendre aux enfants adoptés, qu’ils ne sont rien d’autre que des second-choix. Et ça me fait un peu hurler.

Arrêtez moi si je me trompe hein, mais tomber enceinte et garder le bébé, ça ne demande pas des efforts colossaux, sauf cas à part de souci de fertilité ou quoi, mais je vais laisser cela de côté pour aujourd’hui. Donc, faire des gamins biologiquement, c’est assez simple en soi. Alors qu’adopter par contre, c’est une autre paire de manches. Il faut avoir un dossier béton, et voir sa vie décortiquée par des travailleurs sociaux, et tout un tas d’autres personnes, des agents de l’etat etc, afin de s’assurer que oui, vous pouvez adopter. Sans même parler de ceux de l’autre pays si vous souhaitez adopter à l’etranger.

Du coup, après tous ces efforts, après avoir désiré cet enfant pendant de longs mois, voire des années, enfin, il ou elle est là, avec vous et votre compagne/compagnon de vie. Et pourtant, les gens, les autres enfants, la société, ont décidé de vous faire comprendre que cet enfant n’est pas le votre. Il n’est pas né de vos corps joints. Ce n’est rien d’autre qu’un rajout bancal. Il est étranger à votre ADN, et sera donc forcément moins aimé que s’il venait de vous « naturellement ».

C’est ça que je ne comprends pas, sous prétexte que le gamin ne partage pas votre sang, il est donc moins légitime? Moins légitime que celui d’un autre couple, qui est tout aussi possiblement un « accident »?
Non.

Juste, non. Moi je suis pour l’adoption, pour un paquet de raisons. Avant même de réaliser que je ne pourrais pas enfanter de mon propre corps parce que coucou les hormones, j’avais déjà décidé que j’adopterais. Parce que j’ai trop de soucis de santé pour qu’il soit raisonnable de jouer à la loterie de la biologie, et risquer de les transmettre à mon futur enfant. C’est hors de question.

Ça fait des années que je campe sur cette position, si moi et ma future compagne décidons d’avoir des enfants, ceux ci seront adoptés. Et ils n’en seront pas moins aimés, pas moins désirés, pas moins une part intégrante de notre famille sous prétexte qu’ils sont nés de quelqu’un d’autre. Parce qu’ils seront voulus, depuis la première minute d’une conversation qui résulte de la décision qu’éventuellement, on devrait agrandir la famille. Même si l’on doit se battre contre les administrations, même si c’est l’ultime test de patience et de volonté, mais l’enfant ne sera jamais moins légitime que s’il partageait notre sang.

Mais je suis peut-être naïf, et mal renseigné. Cependant, je vote pour que nous arrêtions de perpétuer ce rejet de la différence, quelle qu’elle soit.