No place for beginners

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J’ai longtemps cru au mythe de l’artiste maudit. J’ai longtemps pensé que si je me prenais en main, en allant mieux, en prenant bien mes médicaments, mon art en pâtirait. Et j’avais tellement tort.

Déjà on va briser une légende : la médication n’empêche pas de ressentir les choses. Elle permet au contraire d’atténuer la douleur morale, mais en aucun cas ne supprime absolument toute émotion.
Enfin ça, c’est si elle est bien adaptée à la personne qui décide de la prendre. Parce qu’il y a également des médicaments qui suppriment toute capacité émotionnelle, voire intellectuelle. Mais ça c’est quand ce n’est pas adapté, ou mal dosé, et j’en sais quelque chose. Si vous êtes dans ce cas là, parlez en à votre médecin prescripteur si les effets ne vous conviennent pas. L’avantage de la médecine moderne, lorsque vous faites face à un·e professionnel·e de santé compétent·e, c’est que tout est plus ou moins négociable, les concessions sont possibles de chaque côté.
Moi par exemple, je suis censé prendre un traitement matin et soir, mais comme le matin c’est une notion pour les autres, avec accord de ma psychiatre, je prends une plus grosse dose une seule fois par jour, à heure fixe.

Mais pour en revenir au sujet de départ, avant que je ne digresse dans tous les sens, il y a cette croyance populaire persistante comme quoi un artiste ne crée que dans la douleur. Et c’est, selon moi, une énorme connerie, en plus d’être un état d’esprit dangereux.
La souffrance est certes une émotion très forte, et pour l’avoir ressentie plus d’une fois, je sais que celle ci est un biais créateur important. Cependant, d’autres émotions sont toutes aussi « pures », et sont autant de source d’inspiration.

Je ne crée pas mieux ou moins bien en ressentant une peine immense, je crée juste différemment que lorsque je me sens bien. Ma forme artistique est différente de l’art visuel, puisque la mienne passe par les mots. Cependant, je relis parfois des choses que j’ai pu rédiger dans des états mentaux assez catastrophiques, et l’ensemble suinte tellement le désespoir qu’il m’est difficile d’en extirper les idées principales.
Il y a même eu des périodes où je m’interdisais d’écrire sur ce blog, de peur que les gens ne réalisent à quel point j’avais mal. Et cela peut vous sembler étrange de lire cela, mais je suis quand même assez pudique quand il s’agit de mes propres douleurs. Certes, je me livre beaucoup dans mes lignes, mais je ne me libère pas d’absolument tout non plus.

Tout ça pour en arriver au fait que, en ce qui me concerne en tout cas, je suis bien plus productif quand je ne vais pas bien, pour la simple raison que j’essaie de m’en sortir via mon écriture. Je tente tant bien que mal de ne pas me noyer, et quelque part de laisser une trace de mon passage, au cas où j’aurais un geste malheureux.
J’espère sincèrement avoir le temps de peaufiner mon oeuvre, plutôt que de partir précipitamment en ne laissant que de simples extraits bruts.

Je ne sais pas exactement comment conclure, alors je vais revenir sur un point sur lequel j’insiste souvent : personne n’est éternel, que ce soit contextuel ou de son fait. Alors profitez des gens qui vous entourent, prenez aussi soin d’elleux. Prenez soin de vous. Un bon artiste est aussi un artiste qui va bien. Ça se conjugue aussi au féminin ou au neutre, puisque n’importe qui peut être artiste, et ce quelque soit la discipline, selon les sensibilités de chacun·e.
Bisou.

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50 Nuances de Transidentité

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Vous me connaissez, je n’aime pas me focaliser sur un seul angle de perception. De ce fait, j’ai toujours du mal avec la médiatisation de la transidentité, qui décrit celle ci constamment par un seul et unique prisme. Que celui ci soit celui de la souffrance, ou au contraire du soulagement, je trouve cela franchement réducteur. Parce qu’une transition, qui reste propre à chacun·e, reste un savant mélange des deux, et de nuances intermédiaires.
Du coup ce matin, nous allons aborder quelques exemples de cette vaste palette d’expériences et de ressentis que peut apporter une transition. On va partir du pire, et avancer progressivement vers le meilleur. La liste n’est d’ailleurs absolument pas exhaustive.
Et je rappelle encore une fois, que je parle principalement en mon nom, et que tout le monde ne se retrouvera pas forcément dans mon vécu.

Le Sentiment de lenteur
Lorsque l’on est transgenre, nous pouvons éprouver la sensation que tout est plus lent pour nous, en particulier quand la transition se fait au début de l’âge adulte. Alors que nos anciens camarades de classes que l’on espionne sans relâche sur les réseaux sociaux, se marient et font des enfants, nous en sommes encore aux balbutiements de notre vie future.
Certain·e·s d’entre nous parviennent à cumuler les assiettes avec brio, et à jongler sans problème entre la vie professionnelle et/ou estudiantine, la vie intime, et à effectuer leur transition sans accroc.
Ce n’est cependant pas le cas pour tout le monde, et personnellement j’avais jusque là l’impression que j’allais juste me prendre les assiettes sur la gueule. Je suis du genre à prioriser les choses, et comme d’autres, j’estimais jusqu’à très récemment avoir d’autres choses à régler d’abord, avant de me lancer dans un travail ou une relation.
De ce fait, tout me semble avancer plus lentement sur le chemin de ma vie, et même en y trouvant une logique tout à fait acceptable, cela peut s’avérer frustrant.

La Dysphorie de Genre
Je l’ai déjà exprimé par le passé, mais un petit rappel ne fait jamais de mal.
La dysphorie c’est ce sentiment de malaise immédiat lorsque l’on sent une « fracture » entre un élément physique, et notre identité de genre. Ça peut être une partie du corps, autant qu’une attitude ou une façon de parler, ou simplement le timbre de voix.
Toutes les personnes trans ne la ressentent pas, mais pour celleux dont c’est le cas, c’est une souffrance immédiate, et qui est très difficile à expliquer/exprimer aux gens n’ayant jamais vécu la dysphorie.
Et le problème de cette fameuse dysphorie, c’est qu’elle est quotidienne, parfois irrationnelle, et particulièrement paralysante selon les situations. Elle n’est pas forcément insurmontable, mais peut s’avérer délicate à gérer, surtout les premières années.

L’exotisation
Ce point peut s’exprimer à différents degrés, mais c’est toujours en lien avec autrui. Cela va de la simple question gênante, voire intrusive, jusqu’aux gens qui cherchent à nous fréquenter uniquement parce que nous sommes des personnes trans. Un peu comme un fantasme en fait, parce que c’est tellement « exotique », il n’y a qu’à faire un tour sur un site de vidéos pour adultes pour s’apercevoir que les personnes trans (en particulier les femmes) ont une catégorie qui leur est dédiée.
Je n’ai rien contre les personnes dont le milieu du sexe est leur travail, au contraire, je suis juste angoissé par les dérives qui en ressortent, à savoir l’interprétation que les gens s’en font. Je n’ai pas envie d’être avec quelqu’un qui me considère uniquement comme son objet de fantasme.

Difficultés Relationnelles
Ce point est assez en lien avec le précédent. Quand on est une personne trans, la confiance en soi peut s’avérer très faible, que celle ci soit issue d’une longue période de souffrance précédant la transition, ou au contraire due à un sentiment d’illégitimité à cause du contexte sociétal exigeant.
Du coup, compte tenu de ce point là, et de pleins d’autres paramètres individuels, il est toujours assez délicat de développer des relations intimes avec d’autres gens, pour celleux que ça intéresse. Entre la terreur de se faire agresser si l’autre est intolérant, ou même le simple rejet, relationner quand on est transgenre est un exercice de subtilité pas evident pour chacun·e.

Intolérance Généralisée
Je pense ne pas vous apprendre quoi que ce soit en disant cela, mais la société dans laquelle nous évoluons n’est pas bienveillante envers les personnes qui sortent du lot.
Il n’y a qu’à regarder un peu les informations pour le constater: tabassage en groupe, agressions sexuelles, insultes, crachats, harcèlement, discriminations sous plein de formes différentes. Et ce n’est jamais très rassurant que de s’exposer volontairement ou non, parce que l’on ne sait jamais ce qui peut nous arriver. Et ça peut rester traumatisant et laisser des marques, quelque soit la proportion ou la récurrence de ces « désagréments » du quotidien.

La Conscience des réalités
Ce point là est plutôt neutre, puisque sa notion de positif ou négatif est laissé à l’appréciation de chaque individu. Le fait donc d’avoir grandi et avoir été élevé·e dans un genre différent du nôtre, permet bien souvent d’obtenir la conscience des différences de traitement de la part des autres et de la société en général.
Le problème c’est aussi qu’une fois qu’on l’intellectualise, il n’y a aucun retour arrière possible : toutes les inégalités nous sautent aux yeux. On s’aperçoit également des avantages et inconvénients de chaque côté du spectre du genre. Et ça peut être aussi réjouissant qu’effrayant.

Joie récurrente
On passe donc avec ce point là aux aspects positifs d’une transition, parce qu’il y en a plein, c’est promis.
J’ignore si c’est parce que je suis sorti de la dépression ou si cela n’a rien à voir, mais je constate que les sources de réjouissance se font plus nombreuses depuis le début de ma transition. Et par début je parle aussi de la réalisation et de tout le processus des coming-outs à répétition, d’une importance équivalente à la prise d’hormones.
Parce qu’une transition, c’est aussi des séries de victoires sur la vie, que ce soit le Changement d’Etat Civil, comme la prise en charge médicale, ou même des choses plus quotidiennes comme le fait d’être appelé·e avec le bon intitulé du premier coup, être reconnu·e sous son prénom choisi, avoir une carte de fidelité à la bonne identité, etc.
Les exemples sont nombreux, et chacun apporte son lot d’émotions intenses, et entretiennent un bien être au quotidien qui, non seulement est agréable, mais est très important pour affronter la vie.

Sincérité Relationnelle
Nos rapports avec notre entourage sont forcément bien plus teintés d’authenticité. Parce que cela permet de trier rapidement qui vaut la peine d’être fréquenté ou non, certain·e·s s’en vont d’elleux même, d’autres sont rapidement écarté·e·s à cause d’un discours jugé trop limite.
L’avantage de l’intolérance, et de la non-acceptation d’une éventuelle différence, c’est qu’elle nous permet très vite de comprendre qui sont véritablement les gens. Lancer un sujet délicat, ou juste prendre le risque de s’exposer provoque immédiatement des réactions. Vous aurez très vite la conscience de qui est « problématique » à vos yeux, et avoir autant de bonnes surprises de la part de personnes très chouettes.

Seconde Adolescence
Pour celleux qui décident de passer par le traitement hormonal, sachez que vous allez vivre une seconde adolescence, littéralement.
Mais l’avantage de ce deuxième passage, c’est que cela ne sera pas vécu au milieu d’autres adolescents aussi boutonneux que cruels. Vous pourrez prendre le temps de savourer ou subir chaque changement physique, le décortiquer, en tirer des émotions complexes. Et certains de ces changement seront bien plus simples à appréhender, puisque vous serez plus matures et mieux renseignés pour parvenir à traverser cette aventure.

Euphorie de Genre
Je parlais plus haut de la dysphorie, et celle ci possède un antonyme : l’euphorie, aussi simplement que ça. L’euphorie de genre donc, c’est par exemple un cispassing suffisant pour avoir la paix peu importe la situation, ça peut aussi être la présence de pilosité faciale pour les personnes trans-masculines, ou l’apparition de poitrine pour les personnes trans-féminines.
L’euphorie de genre, c’est ce sentiment que tout rentre dans l’ordre, et que ce vers quoi on tend à l’extérieur correspondant à qui on est à l’intérieur.

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Et je vais m’arrêter là, parce que cet article fait déjà 20 kilomètres et que ça vous décourage potentiellement de le lire en entier.
Pour conclure, la transition, c’est une autre façon d’entreprendre sa vie, mais ça fonctionne de la même façon : chaque nouveau jour apporte son lot de surprises, et cela ne tient qu’à chaque individu de décider comment iel souhaite les disposer sur le chemin de son avenir.

I had a dream which wasn’t real

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Ceci ne me semble pas très hygiénique.

Aujourd’hui, un article qui de risque partir un peu dans tous les sens, parce que j’ai les réponses qui m’arrivent en tête au même rythme que mes questions se succèdent. A la base, je souhaitais parler de la charge mentale, et mon cérébral en étroite collaboration avec mon petit cœur en mousse, m’ont fait partir dans une spirale introspective.

Pour poser un peu le contexte, je fais partie d’un groupe féministe sur Facebook, et je vois régulièrement passer des textes de femmes en couple, dont le partenaire est pas vraiment aidant dans les tâches quotidiennes, et donc ces femmes utilisent ce média pour lâcher un peu de lest et glaner du soutien moral. Ce que j’approuve absolument.

Pour rapide rappel, la charge mentale c’est le concept établi que les femmes [généralement] doivent très souvent penser à tout, y compris prévoir pour leur partenaire de vie, homme ou autre, et cela nécessite organisation, réflexion, et effort mental quotidien. Et c’est une source d’épuisement interminable pour ces personnes parce qu’elles n’ont pas 15 bras ni un besoin en sommeil inférieur à 2h par jour.

Mais du coup, c’est quelque chose qui me dépasse pas mal, cette notion du partenaire qui fout rien, et qui lave vaguement trois assiettes pour venir se plaindre qu’en plus il faudrait les essuyer.
Ça me dépasse, pas dans le sens où je ne l’ai jamais constaté, mais dans le sens où je ne saisis pas comment on peut en arriver à se reposer à ce point sur son ou sa partenaire.
Je suis même suffisamment observateur et paranoïaque pour avoir déjà vécu ce genre de situations.

Pour exemple, j’ai eu un coloc qui me laissait toujours ranger les verres du lave-vaisselle, sous le prétexte qu’il avait peur de les casser, vu que c’était les miens. Sur le principe je conçois cette attention délicate, cependant je me suis très souvent demandé si c’était une stratégie (consciente ou non) de sa part pour juste ne pas le faire. Je ne le saurais jamais, et ce n’est surtout pas très important puisque c’est un seul exemple parmi tant d’autres.

Je me dis simplement que c’est peut-être dû à mon parcours de vie, que j’essaie de combattre absolument cette imposition subtile de la charge mentale aux autres. D’une part parce que je suis parti assez tôt du domicile parental, vu qu’à mes 16 ans j’habitais déjà seul, donc l’autonomie j’avais tout intérêt à l’acquérir très vite. D’autre part, mon état de santé fait que j’ai cette terreur sous-jacente d’être un énorme poids pour ma future vie de famille.

Donc non, je n’oblige pas ma coloc à repasser mes chaussettes ni ne compte le faire avec la personne qui partagera ma vie. Mais peut-être que je me fourvoie, et que je fais déjà subir cette charge à mes proches sans en avoir conscience.

J’essaie également d’être constamment prévoyant au maximum de tout ce qu’il faut faire, par exemple si je pars en vacances trois jours, vous pouvez être assuré·e·s que j’ai une valise et deux gros sacs parce que on ne sait jamais, je préfère envisager toutes les éventualités. Cependant, il est possible qu’au quotidien je sois moins vaillant, parce que la flemme, ou parce que je suis aussi quelque fois désorganisé, physiquement comme cérébralement, je m’éparpille facilement. Un peu comme en ce moment en écrivant tout ça, par exemple.
Mais ça viendrait du coup peut-être de là? Une situation initiale esquivée par flemme, et une habitude qui finirait par s’installer, jusqu’à pourrir et être refilée à son ou sa partenaire. Je ne sais pas, tant de questions et si peu d’énergie.

Du coup, puisqu’il faut conclure, je dirais que, pour beaucoup de choses, et dans tout type de relations, la communication c’est la clé. Si vous ou moi avons un doute sur le poids que nous représentons pour nos proches, seule une bonne discussion éclairée saura replacer l’équilibre, ainsi que dissiper nos éventuelles pesantes angoisses.

I’m getting tired of the disrespect

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Source : Europe1

Alors que je glandais sur Touittère, j’ai vu passer ce screenshot, qui correspond à une réponse « à chaud » de Raphaël Enthoven par rapport à un des sujets du Bac qui est tombé ce matin pour les terminales S.
Alors tout à fait entre nous, le gars, je sais même pas qui c’est. J’ai vu passer son nom deux trois fois, mais comme j’en avais pas grand chose à carrer, j’ai jamais googlé le bonhomme, et ça ne m’intéresse pas vraiment de savoir surtout.
Ca ne m’intéresse pas vraiment, parce que même si c’est un mec important, je ne saurais être plus en désaccord avec son propos sur la question.

Si jamais l’image est « cassée », voila son contenu :

Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ? (Sujet 2, série S)

« C’est un sujet qui peut être débattu, par exemple, chaque fois que des « racisés » dénient à quiconque le droit de parler du racisme. Ce sentiment que l’on ne parle bien que de ce que l’on connaît ou dont on est la victime repose sur le postulat que l’on ne parle que de ce qu’on éprouve. Les gens qui parlent pas sans éprouver n’ont qu’une connaissance abstraite. Mais en même temps, ceux qui éprouvent ont des œillères. Leur jugement est altéré par leurs sensations. Ils ne voient que ça, ils sont myopes par leurs problèmes. Pour l’éviter, il faut la capacité à souffrir des douleurs qui nous sont épargnés. L’empathie permet d’apporter une alternative. »

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Déjà les guillemets à racisés, ça craint un peu, il suffisait de dire PERSONNES racisées, sans le moindre guillemet, boum bébé.
Ensuite, quelque soit la minorité, il n’est pas proscrit absolument aux non-concerné·e·s de donner leur avis, mais simplement de ne pas prendre l’espace de parole aux personnes concernées justement. La règle qu’on entend souvent c’est « écoutez les concerné·e·s », et non pas « fermez bien vos gueules ». La distinction étant que vous avez pleinement le droit d’avoir un avis, et même de l’exprimer, à la seule condition de ne pas couvrir la voix des gens qui sont bien plus pleinement conscients d’un contexte discriminant.

Ensuite, et c’est le cœur du problème, que j’étais pourtant convaincu d’avoir adressé par le passé, c’est la notion de proximité.
On m’a déjà dit un jour, plusieurs autres fois aussi mais cet épisode m’a marqué; que je ne pouvais pas comprendre qu’on puisse défendre un connard transphobe médiatisé, puisque j’étais concerné directement par le problème, et donc trop proche pour prendre du recul.
Et moi je dis Alerte au Flan, puisque c’est justement parce que je vis la situation jour après jour, je suis parfaitement placé pour concevoir à quel point la personne et ses propos sont problématiques.

Ce que je reproche donc à Mr Enthoven du coup, c’est de nier qu’il est tout à fait possible de ressentir pleinement un problème, tout en ayant suffisamment de conscience de soi et des alentours pour parvenir à faire la part des choses.
Il propose alors comme solution miracle l’empathie. Laissez moi poser une alerte au spoiler : tout le monde n’en est pas capable. De la même façon que tout le monde n’est pas apte à faire trois pas en arrière pour mieux cerner le contexte et ses enjeux.
Y’a des extrêmes de chaque côté de la barrière. Sachons modérer nos propos, ne soyons pas si catégoriques.

Moi j’ai fait seulement un an de philo mais en accéléré pour passer mon Bac, du coup je vous propose ma correction très rapide, et probablement tout aussi pertinente.

« Eprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste? »
Non, pas obligatoirement, mais ça aide néanmoins. C’est en embrassant l’humilité que l’on acquiert pleinement la connaissance nécessaire pour savoir quand l’ouvrir sans se couvrir de ridicule. De rien, bisou.

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PS: Cet article a été écrit après une nuit blanche, sans vraiment le temps de laisser refroidir ni de relire 14 fois. Il est possible que j’ai dit n’importe quoi. YOLO.

Every time we meet

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Plusieurs fois, que ce soit au cours de ma vie ou même plus récemment, on m’a reproché de ne pas avoir réagi « comme il faut », de n’avoir pas eu la bonne approche d’une situation voire d’un conflit.

Je pense en toute sincérité, que ces gens justement, ont tendance à ignorer, ou ont tout simplement oublié d’où je viens. Parce que je n’en parle pas si souvent que ça, d’une part parce que cela ne regarde que moi ou mon cercle très proche, d’autre part parce que je n’aime pas me réduire seulement à ça ou m’en servir de justification.
Mais ce que la plupart du temps les gens semblent ne pas prendre en compte, c’est mon handicap.

J’éprouve des difficultés plus ou moins importantes, que celles-ci soient sociales, émotionnelles, voire affectives. Je ne sais pas toujours comment me comporter en communauté. Je ne possède pas tous les codes, toutes les clés ne m’ont pas été fournies dans les mains dès le départ.

Les gens ne s’en aperçoivent pas, parce que je « présente bien ». Et c’est le cas uniquement parce que c’est un effort quotidien. C’est également dû à des années d’observations humaines, de thérapie, d’introspection personnelle et d’apprentissage individuel.

Très concrètement, j’ai ce souci de gestion de mes propres émotions, je les ressent, j’ai du mal à les comprendre parfois, du coup je les intellectualise, je les verbalise et mets des mots très spécifiques dessus. De ce fait, cet article peut sembler froid et manquant de franche émotions, mais c’est une bonne représentation de ma façon de fonctionner, quelque part. Ne parvenant à ressentir intégralement une émotion bien trop complexe et bien trop entière, je la synthétise pour ne pas être totalement submergé non plus.
Cela s’exprime assez bien dans ma manière d’écrire, que ce soit cet article comme en général. Je suis incapable de me plonger dans ce que je ressens viscéralement, et j’ai ce besoin de le mettre à distance, de le décortiquer plus ou moins rationnellement, pour pleinement l’entendre et le concevoir.

Et je pense qu’il est aujourd’hui important de le préciser, plus que jamais.

Je suis, et ce depuis plusieurs années déjà, adulte et relativement indépendant du foyer familial. Et dans certains cas de figure, je suis bien obligé de compter sur mes proches pour me sortir de situations désagréables. Mais lorsque je me retrouve seul, des gens me marchent sur la gueule, au minimum verbalement. Je n’en fais pas forcément état, je souris et ne laisse quasiment rien paraître. Sauf que j’en ai totalement conscience, je suis loin d’être idiot, et c’est excessivement blessant sur le moment comme sur la durée.

Si j’écris tout cela ce matin, c’est parce que j’en ai pleuré une fois de trop. J’ai eu la «mauvaise» idée, l’espace de quelques minutes, de réellement exprimer cette gêne. Le fait que des gens abusent de ma « gentillesse », quand ce n’est ni plus ni moins que l’expression indirecte de ma pathologie.
Je ne suis pas gentil. Je ne suis pas complètement con. Je ne suis pas si naïf que ça.
Je suis juste en situation de handicap. Tout simplement.

Soyez prévenant·e·s avec les gens, parce que bien souvent, vous ignorez tout de leurs origines comportementales comme contextuelles.

Le cas de l’invisibilité

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Si vous me lisez depuis suffisamment longtemps, vous vous souvenez peut-être que j’avais fait une série d’articles intitulée Les Chroniques Queer, il y a un an de ça. Je parlais entre autre de la visibilité de personnes du milieu LGBT, en particulier les personnes transgenre et non-binaires, et je m’affaire sur ce blog, depuis plusieurs années déjà, à articuler une certaine forme de visibilité, parce que ça fait du bien, et que ça a une utilité « éducative » pour les gens non-concernés mais interessés par ces questions là.

Mais ça, c’est en ligne, parce que dans la vraie vie véritable, j’ai choisi d’être invisible, en jouant sur mon cis-passing*, pour être tranquille. Mais la vérité, c’est que ce n’est pas de tout repos. Je l’ai évoqué par petites anecdotes au fil de mes articles, mais aujourd’hui, celui ci y sera consacré.

Lorsque l’on est une personne transgenre, activement en transition depuis un certain temps, on acquiert ce que l’on appelle le CIS-PASSING, à savoir, le fait d’apparaître visuellement, comme une personne cisgenre. C’est à dire que si personne ne prévient votre interlocuteur·ice, iel ne pourra pas « deviner » que vous êtes trans.

Et il y a généralement deux camps dans ce cas là. Les gens qui choisissent d’être ouvertement visibles, et les gens qui ne souhaitent pas que cela se sache. Chacune de ces positions est parfaitement valide, mais je vais m’attarder aujourd’hui sur la seconde possibilité.
Déjà parce que le fait de choisir d’être « stealth » (terme spécifique, se traduisant littéralement par furtif) est lourdement critiqué par certains individus désagréables, j’y reviendrais juste après; mais aussi parce que c’est bien moins facile que l’on pourrait le croire. La discrétion, c’est un effort de tous les jours, aussi bien physiquement, que mentalement, et aussi pas mal verbalement.

Des fois j’ai l’impression d’être un infiltré chez les personnes cisgenre, surtout quand les gens ne me sont pas émotionnellement proche. Ça demande un niveau de contrôle ahurissant, sur ce que l’on dit, sur les mots que l’on emploie, ainsi qu’une paranoïa de tous les instants.
Et je me permets d’ailleurs de préciser que si j’ai utilisé le mot paranoïa, c’est que je suis intimement concerné, donc bon, la comparaison n’est pas faite à la légère.

En bref, il faut rester en alerte tout les instants, et faire constamment attention à qui nous entoure socialement pendant une conversation, même légère. Pour exemple, je discutais il y a quelques jours avec mon frère, qui évoquait mon cycle [d’humeur], dû à la prise de testostérone. Et comme sa collègue de travail était juste à coté, je m’attendais à tout instant à ce qu’elle me demande ce que c’était que cette histoire de cycle.
Pour cette raison, j’ai toujours un petit stock d’explications détournées prêtes à l’emploi, afin d’esquiver une éventuelle révélation de ma transidentité.

De la même façon, il faut très souvent altérer certaines histoires, en particulier lorsque l’on parle au passé, pour que les expériences de notre vie ne dénotent pas une notion, même cliché, du genre opposé. Typiquement, j’ai déjà porté des robes quand j’etais enfant, du coup lorsque l’on me dit que le kilt ça m’irait bien, j’explique que je déteste porter des robes. Mais je me sens l’obligation de justifier sur le comment je sais quel effet ça fait de porter des robes, après plusieurs regards interrogés, en modifiant l’aspect « quand j’etais petit » par « quand j’etais ado et qu’on voulait déconner avec des potes ».
Et c’est juste un exemple. Des fois, il faut aussi s’asseoir sur le fait de pouvoir ressortir une anecdote, parce qu’elle serait tellement altérée qu’elle en perdrait toute son essence, et aussi parce que même par omission de certains détails, cela reste une forme de mensonge, et que je n’ai pas toujours la foi de le faire.

Être invisible concernant sa transidentité, c’est aussi faire une croix sur le fait de montrer des photos de nous quelques années auparavant, ou juste lorsque l’on était enfant justement. Quelque part, c’est donc sacrifier une majeure partie de sa vie et de ses souvenirs, par sentiment de sécurité personnelle.
Choisir d’être stealth, c’est un effort constant, d’énormes sacrifices, et beaucoup de censure verbale.

Du coup, quand des gens essaient de m’expliquer que les personnes trans qui font le choix d’être invisibles, sont des traîtres à la cause, qui ont pris la voie de la facilité, et qui sont juste des planqués profitant des privilèges d’un système binaire oppressif, j’ai un peu envie de leur cracher au visage.

Tout le monde ne souhaite pas faire de sa vie quotidienne un combat politique de tous les instants, des fois, nous voulons juste vivre, le plus simplement du monde, comme n’importe qui d’autre.

(Matteo Pugliese)

Ca veut dire quoi LGBT ?

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Hier soir, j’ai vu passer une énième vidéo sur la signification du sigle LGBT, et comme une fois sur deux, la vidéo disait des bêtises. Et vu que le sujet semble super à la mode dernièrement, moi aussi je vais vous proposer mes propres définitions, histoire de trouver la gloire au coin de la rue des internets.

Avant toute chose, je me permets de préciser que lorsque j’emploie les termes de femme ou homme, je prends bien évidemment en compte les personnes trans, puisque je ne cherche pas à faire la distinction entre personne trans ou personne cis pour ce qui est de la sexualité. Et aussi pour éviter d’alourdir mes phrases, soyons honnêtes.

L comme Lesbienne

Une personne lesbienne, est une femme qui est principalement attirée par les autres femmes.
Notez que je préfère employer le terme « principalement » plutôt que « exclusivement », puisque la sexualité a cet avantage, de pouvoir être fluide, et de pouvoir être revendiqué par qui le souhaite. De ce fait, une personne qui se définit comme lesbienne mais ayant parfois des aventures avec des hommes, n’en est pas moins lesbienne. L’identité est une chose qui ne peut être déterminée que par l’individu, non pas par ses pairs.

G comme Gay

Dans l’acronyme, le G designe les hommes homosexuels, à savoir des hommes attirés principalement par les autres hommes.
Il est à noter que certaines femmes homosexuelles emploient également le terme pour se désigner à la place du mot « lesbienne ».

B comme Bisexuel·le

Une personne bisexuelle est attirée aussi bien par les hommes que par les femmes.
Il y a un débat dans les communautés pour savoir si pansexuel·le est un synonyme ou est au contraire plus inclusif des personnes non-binaires par exemple.
Je considère pour ma part que le terme est surtout générationnel, puisqu’il a emergé assez récemment, et que donc les personnes âgées ne l’utilisent pas, mais que concrètement, c’est la même chose.

T comme Trans

Une personne trans est une personne dont l’assignation de naissance (fille ou garçon) ne correspond pas à son genre véritable. Son mot contraire (antonyme) est « cisgenre », soit une personne qui se reconnait dans le genre assigné à sa naissance.

Contrairement à une idée reçue, une personne transsexuelle n’est pas une personne transgenre qui a fait de la chirurgie. Et c’est même assez absurde puisque l’on ne cherche pas à distinguer une personne trans d’une autre, selon le nombre de chirurgies qu’elle a pu effectuer, la rendant ainsi « meilleure trans » qu’une autre qui n’aurait fait aucune modification corporelle.
Transsexuel·le est simplement l’ancien terme, issu du milieu médical, et faisant lourdement référence au transsexualisme, alors considéré comme une maladie mentale jusqu’aux années 2010 (retiré de la liste des affections psychiatriques fin 2009 en France, puis le terme sera changé en 2013 dans le DSM ou Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, au profit de Dysphorie de Genre).

Le terme de « transgenre » ayant lui aussi émergé plus récemment, les seules personnes que vous verrez utiliser le terme de transsexuel, sont généralement les non-concerné·e·s, ainsi que les personnes trans des anciennes générations, pour qui le terme n’existait simplement pas.

+ pour les autres

L’acronyme LGBT a évolué au fil du temps, s’adaptant à son époque. J’ai tendance à dire simplement LGBT+, mais derrière ce petit symbole plus, se cache la moitié de l’alphabet. On va rapidement passer en revue quelques uns d’entre eux, mais pas absolument tous, sinon demain on y est encore.

Q pour Queer : La définition change selon à qui vous demandez, mais en gros, le terme désigne une personne se retrouvant dans l’une ou plusieurs des lettres de l’acronyme LGBT+, mais avec un aspect plus politique.

I pour Intersexe : Le terme désigne une personne dont les caractéristiques sexuelles principales ne correspondent pas au schéma binaire pénis/vulve. Je ne suis clairement pas expert sur le sujet donc ce n’est malheureusement pas ici que vous trouverez des infos pertinentes sur la question.

A pour Asexuel : Les personnes asexuelles se définissent par l’absence d’attirance sexuelle pour qui que ce soit. Il y a tout un spectre de l’asexualité, qui du coup varie d’une personne à l’autre. Certaines personnes sont parfaitement capables et désirantes d’aimer quelqu’un sans la notion charnelle, tandis que d’autres n’ont aucune envie de relation amoureuse de quelque manière que ce soit.

A pour Agenre : Une personne qui ne se reconnait pas dans les définitions homme et femme. Ni quelque part entre les deux ni particulièrement fluide, juste, sans genre revendiqué. Ou au contraire revendiquant son absence de genre, mais cela dépend des personnes.

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En conclusion, il existe une quantité non négligeable de termes spécifiques, je n’ai évoqué que les principaux, et je ne peux que vous conseiller de pousser vos recherches au delà de cet article, si cette thématique vous intéresse.
A plus !

Because I’m not typical

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Maintenant que mon Changement d’Etat Civil est achevé, je me sens vide de sens et plein d’énergie inutile. Pour faire simple, je suis en plein dans une phase descendante, et c’est tout à fait normal. De ce fait, je vais aujourd’hui potentiellement enfoncer des portes ouvertes, mais c’est un discours qu’il m’a fallu entendre pour réellement l’intégrer, donc je vous le propose aujourd’hui.

Tout cela m’aura pris un peu moins d’un an et demi pour concrétiser mon « projet » de CEC, et si c’était plutôt « rapide » vu de l’extérieur, surtout compte tenu des changements de lois qui ont joué en ma faveur, de l’intérieur c’était aussi épuisant que bourré de longueurs. Il y a eu autant de grosses périodes de rush pour boucler les dossiers que de périodes toutes aussi longues d’attente avec un stress omniprésent.

J’ai consacré énormément de mon temps, physique comme psychique, à ce changement administratif. J’ai également redoublé d’efforts pour me maintenir concentré tout du long, pour ne rien laisser échapper à ma vigilance. Et à présent que ce changement est terminé, je me retrouve un peu désœuvré, avec un sentiment persistant de « bon, et maintenant? ».

Et il est tout à fait normal de ressentir cela, cette sensation de vide permanent. Après tout, je viens de passer une grosse épreuve dans ma vie, un élément d’autant plus important qu’il y avait un enjeu bien réel: celui de la reconnaissance de mon identité.
Et il est également parfaitement sain que de souhaiter faire une petite pause pendant un temps indéfini pour le moment.

J’ai passé tant de temps avec une pression constante que je m’étais moi-même imposée, afin d’accomplir un seul gros objectif, qu’à présent, le champ des possibilités s’ouvre un peu plus devant moi. Mais avant de remonter en selle, même mes proches s’accordent à me le dire, il est important pour moi de prendre du temps personnel, sans conséquence immédiate, sans attente particulière, juste du repos mental et physique.
Le déclic de ce qui m’animera par la suite arrivera en temps voulu, quand je serais prêt et disposé à entreprendre ma prochaine aventure.

Une transition se fait étape par étape, et tout cela s’étale sur plusieurs années, donc il faut savoir gérer son temps tout comme se montrer patient puisque rien n’est jamais réellement rapide. Savourez chaque étape, les importantes comme les plus anecdotiques, et vous verrez que le temps passe bien plus vite qu’on ne le soupçonne.

Mais surtout, prenez soin de vous, ménagez vous, et sortez vos poubelles à l’heure. Bisou !

 

Coby, de Christian Sonderegger (2017)

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Je devais à l’origine, seulement être présent à l’avant-première de ma ville pour participer au débat post-visionnage. Mais en faisant quelques recherches au préalable sur le film et ce que les Internets en ont pensé, je suis tombé de haut. Bon, pas de si haut puisque en ce qui concerne la transidentité, les médias sont toujours complètement aux fraises.
Mais j’ai pu lire les erreurs habituelles sur la question, à toutes les sauces possibles : mauvais emploi des termes, vocabulaire daté, fausse bienveillance, obsession pour l’intimité et autres condescendance marquée. Du coup, j’ai voulu corriger le tir, à ma petite échelle, car ici, ni deadname ni « changement de sexe » ou autres « transexuel ».
Donc allons-y pour une critique rapide de Coby, un film documentaire de Christian Sonderegger.

Synopsis

En plein coeur du Middle-West (USA), nous est racontée la transition d’un jeune homme, Coby, et comment son parcours a pu chambouler son entourage, et notamment sa famille.

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Structure

Le film s’ouvre sur une séquence d’une dizaine de minutes, où la caméra suit un jeune homme dans son quotidien (spoiler: c’est lui Coby), on le voit donc intervenir dans son travail d’urgentiste, rentrer du boulot et croiser brièvement sa compagne, se réveiller plus tard dans la journée et vaquer a ses occupations, et notamment se passer le crâne  à la tondeuse (illustration ci dessus). C’est ensuite qu’intervient le premier extrait de vidéo YouTube, et on entre enfin dans le vif du sujet qui va être décortiqué pendant une heure et quart : la transition de Coby, et son impact chez ses proches.

Le documentaire est composé de plusieurs segments:

  • des extraits de la chaîne YouTube de Coby, où il détaille les étapes de sa transition (comme je le peux le faire avec ce blog par exemple), sorte de journal intime en vidéo.
  • Des entretiens avec sa famille et ses proches en face-caméra.
  • Des séquences du quotidien, des conversations par exemple.
  • Des séquences purement illustratives comme des plans sur la neige ou encore quand Coby tond la pelouse.

L’ensemble se déroule visuellement sur deux saisons, le grand froid de l’hiver, et le plein été ensoleillé. Et cette dichotomie est intéressante aussi bien sur un plan esthétique que pour le message implicite qu’elle laisse transparaître : celui du changement.

Mon avis (subjectif)

Le film, aussi bien dans son discours que dans sa structure, nous permet de comprendre pas à pas ce que traverse son protagoniste, de manière calme et progressive. Ce documentaire ne nous bouscule pas brutalement, et au contraire, prends le temps de nous expliquer, par étapes croissantes, ce que vivent Coby et sa famille.
Une certaine douceur se dégage de ce long-métrage, où, même si tous les propos ne sont pas nécessairement bienveillants, ils sont malgré tout toujours énoncés avec une certaine forme d’humilité, et certaines phrases touchent profondément, en bien comme en plus douloureux.

Du côté de l’image, j’ai trouvé assez bien rendue, cette « obsession » de Coby vis à vis de son propre corps, puisque, à plusieurs reprises, on le voit torse nu, quand il tond la pelouse, ou les fesses à l’air quand il reçoit son injection de testostérone. Et c’est d’autant plus convainquant qu’il en parle lui-même dans ses extraits YouTube. Et c’est logique puisque lors de la transition, le corps change, et on le redécouvre jour après jour, et il convient de s’adapter en se réappropriant sa propre image. De ce fait, je trouve que les prises de vue sont intelligemment utilisées. Ce qui pourrait passer pour un genre de léger « voyeurisme » prend au contraire tout son sens replacé dans ce contexte.

Le réalisateur l’a dit lui même dans plusieurs interviews, son documentaire n’est pas tant destiné que ça au public LGBT+, mais au contraire orienté vers le grand public, celui qui ne s’intéresse pas spécialement vraiment de près à ces questions là. De ce fait, ce n’est pas « révolutionnaire » pour les habitué·e·s du mouvement Queer, mais cela reste une bonne entrée en matière pour les néophytes.

En conclusion, que vous soyez un·e habitué·e de la « question Trans », ou que le sujet vous intéresse juste vaguement, vous devriez trouver un élément marquant dans Coby. Que ce soit une phrase lancée à la volée comme tout un discours construit, quelque chose devrait normalement faire écho dans votre petit cœur en mousse.
L’ensemble de ce documentaire est d’une justesse assez rare, dès lors que l’on prends un peu de recul, surtout comparativement à ce qui s’est fait jusqu’ici.

Voilà. La critique de ce film est terminée.
Mais j’avais pris pas mal de notes pendant le visionnage du film, et j’en ai tiré quelques conclusions personnelles, et comme j’ignorais où les mettre, je vous les propose juste ci-dessous. Si cela vous intéresse, vous pouvez continuer votre lecture, ou au contraire vous arrêter là, le choix est votre !

Balancer mes annotations au milieu de ma chronique n’avait que peu d’intérêt, mais il y a 3 petits passages en particulier, qui m’ont profondément touché, et je souhaitais les développer brièvement ici.

1/ Quand sa maman demande à Coby pourquoi il a décidé de changer, il explique très simplement que, avant sa transition, se croiser dans le miroir était quelque chose de surprenant, puisqu’il ne se reconnaissait pas, et entre chaque passage face à un miroir, il en venait à oublier à quoi il ressemblait.
Et c’est une sensation très particulière, mais qui est loin de m’être étrangère. J’ai souvent entendu, formulé comme un reproche, que j’allais détruire l’image que les gens avaient de moi, alors que c’est tout le contraire. Transitionner, c’est très justement se réapproprier sa propre image, et la façonner à notre besoin profond, d’être raccord entre notre ressenti intime et la réalité physique. Certaines personnes appellent cela changer, moi j’appelle ça me rapprocher de la vérité qui est mienne, et qui au final, n’appartient qu’à moi de définir.

2/  Le père explique à un moment donné, que oui, effectivement, prendre des hormones a des conséquences à long terme sur le corps et qu’il faut bien y réflechir. Et il rajoute que egalement, décider de ne pas en prendre, ou tout du moins dans ce genre de cas, se voir interdit d’en prendre, a également des conséquences par la suite, que ce soit sur le mental, sur le corps, sur la vie.
J’ignore s’il fait référence à quelque chose en particulier, mais ça m’a assez marqué, et je trouvais cela d’une justesse incroyable. Effectivement, il faut bien mesurer le pour et le contre quand il s’agit d’un traitement, hormonal ou non d’ailleurs, car les conséquences peuvent être très rapides.
Mais on voit suffisamment passer de suicides de personnes transgenre, pour savoir que oui, être écarté d’une prise en charge médicale a des conséquences directes sur les gens. J’ai passé suffisamment d’années à vouloir mourir, pour mesurer ma chance aujourd’hui : je revis, littéralement, et c’est autant grâce aux hormones que grâce au soutien de mes proches.

3/ Vers la fin du film, la compagne de Coby fait un petit encart sur le fait qu’elle se sente un peu délaissée, parce que la transition de ce dernier a pris tellement de place dans leur vie, que c’en est devenu le seul sujet de conversation, toujours, tout le temps, et j’ai trouvé ça ultra triste.
Je conçois bien les deux côtés de cet argument, le pourquoi et les conséquences, mais j’ai trouvé ça triste néanmoins.
Une transition, ça prend effectivement beaucoup de place, et ça se répercute sur la famille comme sur les amis très proche. Et je n’ai pas la chance d’avoir quelqu’un d’aussi intimement présent dans ma vie pour pouvoir lui accorder ce temps de parole. Simplement, je trouve vraiment dommage que l’on mette l’accent sur le côté contraignant d’une transition. Oui, cela se vit aussi individuellement que collectivement, et c’est un « événement » extrêmement important, comme une renaissance. Tout n’est pas que joie et paillettes, évidemment, mais chaque étape se vit intensément, et cela ne prendrait pas autant de place si la société était plus avancée sur la question.
Du coup, j’entends bien qu’une personne qui transitionne « prenne de la place », mais je me dis que ce n’est pas tant sa faute que celle du contexte dans lequel nous évoluons.

C’est ENFIN tout pour aujourd’hui. A très vite !

7 étapes essentielles pour être un mâle Alpha

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Ce midi, nous allons apprendre tous ensembles comment on fait pour être un vrai mec, et je vous déconseille par avance de lire cet article en diagonale, sinon vous n’allez pas bien comprendre.

►Prendre de la place

On dit bien souvent qu’être un vrai homme, c’est prendre de la place, en parlant bien fort et en écartant bien les jambes dans les transports en commun. La véritable astuce c’est de regarder autour de vous, et de constater que vous n’êtes pas seul dans ce métro, du coup, n’hésitez pas à ne pas trop dépasser de votre siège, comme une vraie personne civilisée, si votre morphologie vous le permet. Egalement, il est assez bien vu de ne pas couper la parole, ou de couvrir la voix des autres avec la votre. S’écouter les uns les autres, c’est un élément important du vivre ensembles.

► Avoir un corps de rêve

Vous avez un corps? Félicitations ! Celui ci est sûrement le rêve secret de quelqu’un d’autre, ou pas du tout si les relations ne vous intéressent pas, vous n’en avez que faire. Que vous souleviez de la fonte, ou que vous fassiez la patate de canapé, vous êtes forcément bien tant que vous vous sentez bien. Après tout, la pomme de terre n’est-elle pas la maîtresse de tout les féculents? En purée, frites, sautée, au four, en vodka, en gratin, elle s’allie avec un paquet d’aliments, et sa valeur nutritive est excellente. Mais nous ne sommes pas sur un blog de cuisine ici, donc passons.
N’oublions pas que de prendre soin de soi est aussi très important pour obtenir la reconnaissance de « corps de rêve ». Se raser, entretenir ses cheveux ou encore se préoccuper de sa peau sont des notions très importantes, notamment d’hygiène, mais aussi d’esthetique. Après tout, l’acné ce n’est pas très « viril ».
Si vraiment vous êtes un courageux dans cette société restrictive, vous pouvez également vous essayer au maquillage, parce qu’après tout, la supercherie cosmétique n’est pas réservée qu’aux filles !

► S’intéresser de près au sport

Que vous souhaitiez le pratiquer (voir point précédent), ou que vous aimiez regarder une bonne séance de sport à la télévision, le choix est votre. De la course en talons hauts avec RuPaul Drag’s Race, en passant par le patinage artistique et ses combinaisons seyantes, il y en a pour tous les goûts ! Et si la télé n’est pas votre meuble préféré, il vous reste toujours les compétitions de curlings du quartier, histoire d’enfin apprendre à faire le ménage de manière efficiente.

► Avoir des notions en mécanique

Après tout, savoir vérifier le niveau d’huile ou changer une roue est à la portée de tous ! Pouvoir faire des choses par soi-même permet non seulement de gagner en indépendance, mais surtout de faire des économies au quotidien. Plus besoin d’appeler la dépanneuse ou de demander à vos copines comment on vérifie une bougie. Bien joué ! Vous avez acquis des nouvelles compétences, trop chouette !

► Se débarrasser de ses émotions

Il est très important de savoir écarter les mauvaises émotions, et ne pas hésiter à parler à un·e thérapeute quand celles ci vous prennent trop de votre énergie. Il ne faut pas ressasser sans cesse les choses toxiques, et savoir quand se défaire de celles ci avant d’exploser.
Et quand au contraire, vous éprouvez des émotions que vous jugez positives, il est agréable de les exprimer, après tout, les gens que vous aimez ne sont jamais éternels. La clé de tout ceci, c’est la communication.
Et même si je sais que se taper dessus peut être très agréable, dites vous bien que beaucoup de choses sont réglables par une conversation, mais que d’autres nécessitent effectivement un peu de muscles, je vous espère donc d’avoir votre meilleur ami pour vous aider à panser vos plaies après cette bataille pour la justice.

► Consommer de façon excessive

Que ce soit la boisson, la viande ou le sexe, il est primordial de s’écouter. Si vous avez faim, mangez, si vous n’avez pas faim, ne vous forcez pas. Si vous souhaitez faire la fête, assurez vous d’être accompagné, de ne pas rentrer seul, parce que les rues sont pleines de dangers. Egalement, si vous n’êtes pas complètement ivre, n’hésitez pas à proposer à vos camarades de soirée de les raccompagner chez elleux, la sécurité avant tout !
Les fanfreluches c’est chouette aussi, mais le consentement, c’est encore mieux, pensez à vous assurer que votre partenaire de jeu s’amuse autant que vous, et a bien les mêmes envies et désirs que vous, et vous serez assurés de passer un excellent moment, et ce, quelque soit la taille de vos attributs ! Et surtout, protégez vous, d’une façon décidée ensembles avec votre partenaire.
La seule consommation sans compter qu’il est sans danger de pratiquer, c’est la lecture, mais pensez néanmoins à faire des pauses, et hydratez vous autant la gorge que l’esprit. On me souffle d’ailleurs dans l’oreille que les dinosaures ne lisaient pas de livres, et tout le monde sait ce qui est arrivé aux dinos, je vous laisse en tirer vos propres conclusions.

► No homo

Si vous n’êtes pas très à l’aise avec le fait de prendre une douche avec l’ami qui vous a aidé à panser vos blessures, ce n’est pas bien grave, dites le lui, en douceur, avec tact, et il n’en sera pas blessé et devrait normalement rester votre ami. Et dites vous également que, les garçons gays reçoivent énormément d’injonctions à être plus viril que les garçons hétéros, pour prouver qu’ils sont tout autant des hommes que ces derniers. De ce fait, soyez indulgent avec cet ami dont vous ne souhaitez pas partager les draps. Lui aussi a son lot de pression constante et quotidienne. N’hésitez pas à vous ouvrir à vos proches, si jamais en fait, vous avez finalement envie de lui faire des bisous, ou si vous ne souhaitez pas specialement en faire, ni à lui ni à personne. N’oubliez pas que vos ami·e·s seront toujours là pour vous écouter et vous soutenir. Et pour sceller toute amitié, n’oubliez pas qu’un câlin tout à fait chaste mais non dénué d’émotions est très souvent le bienvenu, si chacun est à l’aise avec cela, il s’agit simplement de demander.

► Conclusion

Voilà ! Vous avez désormais quelques clés dans les mains pour être un homme un vrai, celui qui sait s’exprimer aussi bien en société que dans l’intimité, celui qui sait prendre soin de lui sans chercher à compenser, celui qui sait faire preuve de respect et de bienséance.
J’ai pleinement conscience que cela fait beaucoup de responsabilité à endosser d’un coup, et qu’il y aura moult efforts à faire en ce sens, mais vous pouvez y arriver, je crois fort en chacun d’entre vous !