I can barely breathe

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En grandissant éduqué comme une fille, et me découvrant amoureux de celles ci, j’ai pu constater que certains privilèges m’étaient refusés, notamment celui du contact physique.

Vous l’aurez peut-être remarqué, mais les filles entre elles sont plus facilement encouragées au contact que les garçons entre eux. Elles sont plus souvent vues bras dessus bras dessous que leurs camarades garçons, pour qui bien au contraire, le moindre contact les fait apparaître comme « faibles ».
A une exception près, puisque lorsqu’une fille est désignée comme lesbienne, qu’elle le soit effectivement ou non, elle devient pestiférée. Personne ne doit la toucher ni se laisser approcher par elle.

A l’adolescence, dans des contextes comme les vestiaires non-mixtes mais néanmoins communs, une fille taxée d’homosexualité a tout intérêt à regarder le sol, se dépêcher de se changer pour ne surtout pas risquer le moindre échange de regards avec une de ses homologues, sous peine de se faire embusquer dans un bizutage verbal ou physiquement violent, dans un élan de franche camaraderie.

Les garçons de leur côté, se limitent dans leurs démonstrations d’affection à de simples tapes sur l’épaule ou dans le dos, suffisamment délicatement pour s’envoyer mutuellement à l’hôpital.

Si j’ai grandi plutôt dans le premier exemple que dans le second, le résultat est le même : je n’ai absolument pas l’habitude d’être touché. J’ai d’ailleurs pour théorie que si les garçons sont « naturellement » aussi prompts à la violence, c’est pour compenser ce besoin viscéral d’être touché. Ne pouvant assouvir ce besoin naturel de contact, ils se mettent des patates dans le visage, puisque c’est le seul moyen d’obtenir un précieux effleurement de peau à peau. C’est en les observant « jouer à la bagarre » que j’ai développé cette théorie qui n’est, finalement, pas si absurde.

De ce fait, et toujours selon ma théorie personnelle, cela va ranger les garçons dans deux catégories :
– Ceux qui n’ont pas peur de prendre une salade de phalanges en pleine face, et seront vus comme les forts, à qui on pardonne cette violence, comme une forme malsaine de virilité exacerbée.
– Ceux qui préfèrent la passivité à la confrontation, comme une forme de timidité incontrôlable. On leur marche volontiers sur la gueule en les traitant de fragiles.

En vrai il existe une troisième catégorie : ceux qui ne sont pas concernés par mes conneries, et qui ont tout l’apport physique et émotionnel dont ils ont besoin.

Mais là où je voulais en venir, à l’origine en tout cas, c’est que chaque fois qu’on me fait un câlin, j’ai envie de pleurer.
Les larmes me montent aux yeux parce que j’ai été dépouillé de ce privilège qu’est le contact physique depuis bien trop longtemps. Entre la mise à l’écart parce que j’apparaissais comme « lesbienne », puis le culte de la virilité maximale de l’homme fort absolument intouchable, à tous les sens du terme, dans lequel j’ai été balancé suite à ma transition, j’ai vite perdu pied au réel, au sens du toucher.

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Je ne sais plus trop bien comment je voulais conclure. J’ai extirpé tellement de mes tripes dans ces lignes, que je me suis un peu aveuglé en route.
Mais du coup, je ne suis pas certain qu’il y ait une chute meilleure qu’une autre. Une idée en a amené une autre, le tout s’enchaînant avec plus ou moins de logique en multiples embranchements de possibles. Comme un genre de brouillon d’émotions et de sentiments pas nécessairement contradictoires, laissant transparaître mes réflexions sur la question.
Bref. Aimez-vous les uns les autres. Faites vous des câlins en tout mutuel consentement préalable.
C’est tout pour aujourd’hui !

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Sous toutes les coutures #6

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Comme vous le savez peut-être, j’ai pour objectif secret de tester et trouver le meilleur binder possible. Ne pouvant pas passer sur le billard avant quelques années, il est donc dans mon plus grand intérêt que de trouver LA marque qui me correspond.
Jusqu’à présent, je ne jurais que par GC2B, et c’est toujours le cas. Cependant, j’ai eu l’opportunité de tester une nouvelle marque, dont j’avais vu passer le nom il ya environ 8 mois. Ne trouvant quasiment aucun retour en français sur ladite marque, j’ai décidé de m’y coller moi-même. Avant toute chose, je tenais à remercier sincèrement ma mécène personnelle, à savoir Jayne, qui « finance » aujourd’hui cet article. Merci donc, à cette personne incroyable, pour son amour et à sa générosité qui vont bien au delà de son simple porte-monnaie.
Mais bref, je digresse un peu.

La marque dont je vais vous parler aujourd’hui, c’est Shapeshifters.

Il s’agit d’une compagnie américaine, tout comme GC2B, qui a deux particularités :

  • Les tissus utilisés sont tous originaux, créatifs et décalés, ou juste sortant de l’ordinaire. De l’imprimé chiens, aux éclairs en passant par les écailles, il y en a pour tous les goûts.
  • Ils produisent uniquement du sur-mesure.

Mais forcément, la qualité a un coût : 50$, prix unique. Bon, plus les frais de port bien evidemment. Mais peu importe que vous fassiez du XS ou du 5XL, le tarif est le même pour tout le monde.
Je trouve ça hyper honnête parce que, vu qu’ils produisent uniquement à la commande, qu’il y ait 5 cm de plus ou de moins de tissu, ne fait pas une réelle différence tarifaire, alors que la main d’oeuvre est la même quelque soit le binder. Mais bref.

Il faut tout de même compter au minimum 4 semaines pour la confection, et environ 8 jours pour que le paquet traverse les continents. Mon exemplaire a été commandé le 29 Novembre, et je l’ai reçu ce matin.

En ouvrant le paquet, la première chose qui m’a sauté aux yeux, c’est le poids. J’ai l’habitude des GC2B qui sont plutôt légers au final, mais là le machin pèse lourd dans les mains. J’ai ensuite mis un bon 10 minutes à réussir à l’enfiler, notamment parce qu’il est neuf, et aussi parce qu’il est très ajusté, forcément.
Seconde impression lors de l’enfilage, c’est qu’il est vraiment très élastique, mais en même temps se remet immédiatement en place, très près du corps. Egalement, je suis assez étonné de la texture intérieure. Ma marque habituelle a le tissu compressif à même la peau et la partie élastique à l’extérieur et dans le dos. Ici, le shapeshifter semble avoir une triple couche : tissu un peu souple, partie compressive, tissu rigolo léger et élastique.

De ce fait, la qualité de compression est impeccable, de par l’extensibilité du bazar, et de par le fait que ça épouse vraiment ma morphologie. A voir sur la durée si il conservera ses qualités.

En revanche, et j’avais vraiment perdu l’habitude, mais en fin de journée, le corps était bien plus fatigué qu’à l’usuelle. J’ai pour habitude de garder mes binders bien plus largement que 8h d’affilée, et là après à peine 6h j’ai commencé à avoir des difficultés à l’oublier. Certes la compression est impeccable, mais j’avais vraiment zappé à quel point, quand c’est vraiment ajusté, le corps compense beaucoup, et c’est assez fatiguant.

Pour résumer, je suis vraiment très content de posséder un exemplaire de chez Shapeshifters, déjà parce que l’aspect « sur mesure » fait que j’ai bien moins à adapter le binder à mon corps, puisque c’est lui qui est adapté à ma morphologie, et ça fait une sacrée différence.
Et puis le fait qu’il soit aussi joli, même si personne ne le voit à part moi, c’est un peu comme un sous-vêtement sexy : personne ne le sait, mais on se sent canon en le portant. Ici c’est la même chose.

Voilà, c’est tout pour cette fois. Merci à vous pour votre attention, et merci à Jayne pour ce très beau cadeau !

L’année des chaussettes (Rewind 2017)

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La nouvelle année arrive à grands pas, dans quelques heures pour être exact, et à l’heure où ceci sera publié, je serais en train de me préparer pour le réveillon. Mais le 31 décembre, c’est aussi l’occasion de revenir sur l’année qui vient de s’écouler. Si le sentiment est mitigé parce que c’est une période intermédiaire étrange entre Noël et Nouvel An, il devient facile de tirer des conclusions hâtives sur le fait que l’année était nulle. Sauf que c’est faux, l’année n’était pas si pourrie que ça, et je vous propose donc ce soir, un rapide retour arrière sur mon ressenti de ces 365 jours, du point de vue du blog, puis d’un point de vue plus personnel, ou tout ça un peu mélangé, je l’ignore encore. Bref, allons y c’est parti !

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On a commencé 2017 très fort avec les chroniques Queer, si le succès n’était pas nécessairement au rendez vous, ça a été un projet qui m’a tenu fort à cœur et m’a demandé énormément de boulot, et même un an plus tard, je suis encore très satisfait du résultat, ce qui n’est pas rien.

J’ai gagné un concours de Mister d’un bar où j’allais, ce qui a été une consécration de mon identité. Une véritable victoire sur la vie, un grand moment d’émotion.
En 2017 j’ai aussi débuté les démarches de mon changement d’état civil, d’abord le prénom, ensuite le marqueur de genre. Si cette dernière étape n’est pas tout à fait conclue, le plus gros est fait. Je tenais encore une fois à remercier toutes les personnes qui ont participé à cela, par leurs témoignages, leur soutien moral, leur accompagnement, bref, leur amour inconditionnel.

En mars j’ai aussi rédigé un des plus gros articles de toute ma carrière de blogueur, plus de 5h de travail sans compter les pauses, à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes. Même si l’article est relativement passé inaperçu, ça a été un achievement personnel.

J’ai aussi fêté mon premier manniversaire en mai, et j’ai pour la première fois, publié une vidéo où je vous parlais en face-caméra, ce qui n’était pas une mince affaire là non plus. J’ai eu pas mal de retours hyper bienveillants de la part de mes proches, qui m’ont dit ne pas du tout s’attendre à me voir en visuel directement, puisque la première partie de la vidéo était constituée de photos avec ma voix en « narrateur ». Et qu’on sentait que je prenais de l’aisance au fil des mois, mis bout à bout en vidéo. Bref, une chouette expérience.

En 2017, ça a été une des premières fois de ma vie, où je me suis trouvé canon en regardant le miroir en face. J’ai même osé poster une photo de moi torse nu sur mon compte Facebook. Bon, une de dos et une coupée suffisamment haut, mais tout de même ! Et cette année, j’ai réellement commencé à m’assumer, à m’apprécier, à prendre soin de moi véritablement.

2017 c’était aussi deux trois instants vaguement polémiques. J’ai supprimé un article peu de temps après sa sortie, et ai dû apporter des corrections à un autre également quelques jours plus tard. Je ne suis pas infaillible, et mes opinions sont parfois trop influencées par ma colère et mes émotions. Mais j’assume l’entièreté de mes paroles, quitte à m’excuser publiquement par la suite.
Je me suis également beaucoup livré sur les lignes de mon blog cette année, jamais gratuitement, toujours avec pudeur et retenue. J’ai essayé de garder un aspect intimiste sans pour autant tomber dans le pathos, même si c’est un exercice d’équilibriste assez délicat par moments.

Sur un plan plus personnel, cette année j’ai changé de coloc deux fois, pour chaque fois des raisons différentes, et chaque colocataire m’a apporté son lot d’émotions mélangées, chaque expérience a été enrichissante et a apporté son quota de leçons sur la vie.
J’ai également rencontré de personnes formidables, dont certaines que je compte désormais parmi mes ami·e·s et pas juste des potes de soirée.

En 2017, tout n’était pas rose non plus, j’ai eu comme tout le monde, des périodes de doute, victime de mes angoisses, et chaque jour qui défilait n’était pas nécessairement une joie extraordinaire. Mais j’ai relevé le menton, et j’ai continué à avancer. 2018 arrive et je suis toujours en vie, et juste ça, c’est une victoire en soi.

Du coup, pour l’année qui vient, je nous souhaite, à vous comme à moi, du bonheur par brouettes entières, le minimum possible de peines, même s’il en faut pour savoir mieux apprécier les moments de joie. De la niaiserie, de l’amour, de la richesse sous toutes ses formes. Bref, que la fortune vous sourit.

Le bisou de fin d’année !

Procéder à un changement d’Etat Civil #2

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Attendre? ENCORE ??!

Suite à mon article du 12 Octobre 2017, je souhaitais revenir sur la suite de mes démarches administratives. Parce que, personne ne m’avait prévenu, mais une fois que le jugement est tombé, j’étais loin d’avoir terminé avec les papiers. Je vous balance la timeline et je reviendrais ensuite point par point sur chaque date.

Chronologie

28 Novembre : Réception de la lettre du TGI
29 Novembre : Dépôt de requête auprès de la Sécurité Sociale
12 Décembre : Accusé de réception de la Sécu
15 Décembre : Refoulé par la mairie de résidence
18 Décembre : Explications par la mairie de naissance
28 Décembre : Seconde lettre de confirmation du TGI

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La fameuse lettre de réponse du tribunal m’avait été initialement annoncée pour les environs du 16 Novembre, elle n’est arrivé que 12 jours plus tard. Ceux qui ont mon profil personnel sur les réseaux sociaux ont donc pu constater ma rage et mes angoisses pendant ces douze longues journées où je me mangeais les poings à guetter chaque matin le facteur.
Après l’avoir lu non sans tremblements, le verdict tombe : le Tribunal de Grande Instance m’accorde mon changement d’état civil. L’annonce est d’autant plus perturbante que je dispose de 15 jours pour faire appel, si j’en crois ce qui est écrit sous mes yeux. C’est la procédure je suppose. Est jointe à ce courrier, la copie du jugement, avec un déroulé de l’audience et un résumé sur trois pages des tenants et aboutissants de l’affaire, juridiquement tout du moins. Mis à part ça, pas la moindre instruction quant à la suite, je prends donc ce document comme une preuve du jugement, ce qui sera une erreur de ma part, mais j’y reviendrais.

Dès le lendemain, je profite de mon impatience pour passer voir une de mes contacts qui travaille à la Sécu proche de chez moi, elle prends mes documents, fais des photocopies et m’assure qu’elle va s’occuper personnellement de mon dossier, je la remercie, et rentre chez moi.
Et en effet, elle a bien travaillé puisque une grosse quinzaine de jours plus tard, je reçois un mail de mon compte ameli me confirmant qu’une procédure de correction de mon dossier est en cours, et que eux-même ne maîtrisant pas les délais auprès de l’Etat Civil, ils ne garantissent pas de la rapidité de traitement.

Trois jours plus tard, je me rends à ma mairie de résidence, puisque j’y avais pris rendez-vous dès la réception du document du TGI. Non content que les numéros passent dans le désordre, je suis accueilli par la personne la plus désagréable qu’il m’ait été donné de croiser dans une administration. Outre le fait que ma demande soit inhabituelle, il me manque apparemment un document. Mon extrait de naissance ne portant pas la mention de rectification, le document du tribunal n’est apparemment pas une preuve. Je repars donc bredouille et furieux.

Dès le lundi suivant, je me rends donc à ma mairie de naissance, avec pour objectif de leur faire parvenir le document du tribunal. Et comme pour bien distinguer mon expérience entre les deux mairies, le destin est facétieux, je suis accueilli avec gentillesse et patience. J’étais poli, souriant et calme dans les deux situations, mais seule la seconde me rend la pareille.
Là, les deux employées de mairie m’expliquent un certain nombre de choses, que j’aurais aimé savoir bien plus tôt, genre, à la sortie du tribunal par exemple :

Ce n’est pas à moi d’apporter les documents entre les diverses administrations, celles ci communiquent entre elles, mais juste un peu plus lentement.
S’il y a un délai de 15 jours pour que je puisse contester une décision, il faut environ un mois pour que le jugement devienne définitif, et c’est ensuite le TGI qui contacte la mairie de ma ville de naissance, pour leur transmettre les documents de rectification. Ensuite, il y a un délai supplémentaire pour que les documents soient effectivement rectifiés, et là seulement, je pourrais faire une demande d’extrait de naissance pour faire la demande de renouvellement de CNI.
Pour l’anecdote, une des deux employées se souvenait distinctement de moi, puisque c’est elle qui s’était occupée de mon dossier de changement de prénom en mars. Elle m’apprend également, que j’ai été le premier à déposer mon dossier dans cette mairie, suite à la nouvelle loi, ce qui m’amuse beaucoup, et que je trouve assez révélateur de mon côté zéro patience.

Bref, tout ça pour arriver au fait que le 28 Décembre, à quelques jours à peine de 2018, je reçois un document du Tribunal, me confirmant les dires de ces deux employées. Un courrier surprise donc, signé de la main du Procureur de la Republique, me signifiant qu’il a contacté ma mairie de naissance et fait rectifier mon dossier auprès de l’officier d’Etat Civil. Je dois donc encore patienter une quinzaine de jours et après quoi, je pourrais enfin demander mon extrait de naissance donc, et reprendre rendez-vous auprès de ma mairie de résidence.

Voilà. Je pensais cumuler toute la procédure qui va suivre en un seul et même article, mais celui ci est déjà bien long et potentiellement chiant. Du coup je vous ferais un troisième et j’espère dernier billet, concluant mes tribulations avec les administrations.

A plus !

Journal de Vitamine T #1

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Bien le bonjour !
Suite à mon appel à témoins qui s’est rapidement transformé en superbe shitstorm des familles, j’ai décidé de rater la date anniversaire afin de laisser un peu le temps à cette thématique de refroidir, et de me baser principalement sur mon vécu, histoire de ne pas exotiser qui que ce soit si ce n’est moi. Malgré le méchant sous entendu comme quoi j’organisais un freak show, moi j’aimais à me dire qu’entre monstres, c’est plus sympa à plusieurs. Mais passons, parce que la médisance a ses propres limites, et que je suis plus mature que ça. Ah et je voulais néanmoins remercier les quelques personnes à avoir bravé la tempête pour m’envoyer leur témoignages, je ne m’en suis pas servi au sens le plus strict du terme, mais c’etait un bon post-it de départ, donc merci à vous !

Aujourd’hui donc, cela fait plus d’un an et demi que je suis sous traitement hormonal de substitution. Une fois les confettis balayés, j’ai décidé de faire un petit retour sur tous les changements physiques que j’ai rencontré jusqu’ici. Des plus évidents comme ceux auxquels on ne pense pas vraiment. Du surprenant, de l’improbable, du classique. Bref, je vais les énoncer de bas en haut, par rapport à mon corps, parce que c’est toujours en partant du bas qu’on remonte mieux la pente ! Et cette allégorie sonnait vachement mieux dans ma tête tiens.

Zone basse

Ça peut paraître con, mais j’ai vraiment vu mes pieds changer. Une des idées les plus répandues, voire attendue, c’est que la testo fait grandir les pieds, parce que les cartilages s’épaississent et tout ça. Alors, faisant moi même un 43 fillette dès le départ, j’avoue que ça m’aurait emmerdé. En revanche, j’avais des pieds patates, plutôt ronds, sans la moindre aspérité, et à présent ils se sont affinés, voire dessinés. Les veines ressortent vachement, la zone avant les orteils est plus anguleuse, bref, je ne remplis presque plus mes rangers dans le sens de la hauteur. Et ça a même altéré ma démarche, puisque j’ai à l’origine les pieds plats, ceux ci s’étant amincis, mon généraliste et moi avons pu nous rendre compte que j’avais tendance à mordre vers l’intérieur du pied, et du coup j’explose mes baskets bien plus vite, ce qui est en soi, assez nul.

Mes mollets se sont également un peu plus dessinés, il faut savoir que c’est une de mes plus grandes fiertés, ils sont massifs, au point que je ne rentre pas dans la plupart des modèles de bottes, ce qui est naze ça par contre. Mais, même sans forcément les contracter, ces deux blocs sur mes jambes commencent à laisser paraître la ligne de séparation entre la fin du mollet et la jambe, ce qui me met particulièrement en joie.

Zone intermédiaire

On parle souvent de la pilosité croissante comme effet principal de la testo, mais là où on ne m’avait pas prévenu, c’est que ça pousse à des endroits aléatoires. C’est à dire que les endroits pré-existants ne se contentent pas d’en fournir plus, mais la pousse des poils démarre également sur des zones vierges initialement. Genre, l’intérieur des cuisses. Franchement celui là je ne m’y attendais pas spécialement, mais ça me fait sourire parce que c’est comme du poil nouveau né, il est super doux tout en étant déjà très épais.
Mais sinon, comme convenu, là où il était déjà présent, il ne fait pas semblant non plus. Mes cicatrices se voient vachement plus du coup, heureusement que je n’en ai pas honte.

Un effet qui en revanche ne m’avait pas été annoncé et qui est un de ceux qui m’a le plus étonné, attention on va parler intimité, mais c’est l’odeur de mon pipi. Je me rappelle distinctement d’un matin réveil où, allant directement faire mon business aux toilettes après m’être jeté du lit, j’ai dû plisser le nez et renifler frénétiquement quelques instants en quête de l’identification de cette odeur inconnue.
Spoiler alert: ça venait de moi, et je ne m’y attendais vraiment pas.
C’est assez amusant de constater que l’odeur corporelle passe réellement par le taux hormonal. Je prends un peu d’avance sur la zone suivante mais, la transpiration aussi change de « tonalité olfactive », plus renforcée, pas forcément plus désagréable, seulement différente, moins légère. C’est difficile à expliquer je dois l’avouer. Mais vous avez l’idée générale. Et je fais partie de ces personnes qui ont un pif tel, que toute odeur est fortement attachée à son origine. Du coup, si les gens ont une odeur rattachée à leur identité, quand la mienne s’est altérée, ça a été un choc, et il m’a fallu un certain temps d’adaptation. J’ai même préféré changer de marque de déodorant, pour réellement faire une distinction, à la fois mentale, et à la fois dans mon nez.

Et je vais m’arrêter là pour la zone intermédiaire, parce que s’il y a eu d’autres changements effectifs, je ne souhaite pas en parler, par préservation de mon intimité réelle. Les forums sont là pour ça si la curiosité vous démange, car les réponses ne seront pas ici aujourd’hui.

Zone du Buste

Là encore, des poils en veux tu en voilà. Même si tu n’en veux d’ailleurs pas, personne ne t’as demandé ton avis. Genre sur les épaules, ou dans le dos. Au secours.
Mais sinon j’attendais de pied ferme les muscles sans rien bosser particulièrement, comme on peut le lire dans un post sur trois sur les groupes FTM, sauf que c’est un gros mensonge. Enfin, en ce qui me concerne particulièrement. J’ai l’impression que mes épaules ont légèrement bougé, mais c’est subtil, j’ai aussi très légèrement perdu en souplesse latérale, j’ai un peu plus de mal à me retourner en étant debout par exemple, mais c’est peut-être juste parce que je suis gros, bref, mystère.

En revanche, j’ai noté que la texture de ma peau a très légèrement bougé. Très légèrement, mais un peu quand même. En fait, suite à une méchante brûlure au soleil de quand j’étais enfant, j’ai gardé un espèce de « grain » de texture sur la peau au niveau des épaules. Et avec la testostérone, j’ai remarqué que mes bras auparavant tout doux, commençaient à doucement reproduire cette texture. J’ignore encore jusqu’à quel point ça devrait se rejoindre, pas trop j’espère, mais cela reste un détail amusant.

Ah j’allais oublier, j’ai pas mal perdu de hanches ! Mais le gras n’a pas disparu, il s’est juste déplacé. Nul. Du coup j’ai moins de formes sur les côtés, mais j’ai gagné de la bedaine, et l’ensemble est descendu très légèrement. Je vous épargne les photos comparatives mais, si mon gras de ventre était avant disséminé tout autour du bassin, maintenant le tout s’est concentré vers l’avant, et donc, vers le bas. Joie. Pas merci Newton.
J’ai également un peu fondu au niveau des fesses, je le sais parce que je flotte dans tous mes pantalons qui auparavant épousaient parfaitement le rond de mon fessier, et maintenant, ce n’est pas plat non plus, mais c’est moins rempli. Et c’est un peu chiant parce que je ne comptais pas en racheter dans l’immédiat. Tant pis, on fera avec.

Zone du Visage

Outre l’évident début des hostilités concernant la barbe et son éventuelle vitesse de pousse plus ou moins inégale, il y a clairement un changement visible sur ma face. Plusieurs en fait. Le premier, et celui qui me génère une quantité non négligeable d’angoisse, c’est la ligne des cheveux qui recule. Je vous ai mis ci-dessous deux photos ayant deux ans et demi d’écart, et des pattes se sont clairement dessinées au fil du temps, entre le front et les tempes (si quelqu’un connait le nom exact?).
J’ai également longtemps trouvé que mon nez avait changé, je trouvais qu’on aurait plus dit une patate écrasée qu’avant. Mais en farfouillant mon dossier photo, il s’avère que la patate qui me sert de pif n’a au contraire pas bougé depuis mes 3 ans. En revanche, j’ai l’impression que l’arête surplombant mes narines s’est un peu plus dessinée. Mais ça vient peut-être juste de la luminosité des photos, ou du fait que je ne me scrutais pas autant sous toutes les coutures avant d’entamer ma transition. De la même façon, j’ai l’impression que ma mâchoire ainsi que mon menton se sont subtilement renforcés, mais là aussi, c’est subtil.

Du reste, mes cheveux poussent toujours beaucoup trop vite, et ma barbe est très capricieuse dans ses décisions de zones de repousse, avec des creux distinctifs se formant au fur et à mesure. Mais tout ça n’est que le début, après tout, un an et demi ce n’est pas beaucoup.

COUCOU FUTURE CALVITIE.

CONCLUSION

La testostérone, et le traitement hormonal en général, ce n’est pas à la carte, bien malheureusement. On ne choisit pas les effets qu’on désire pour esquiver les effets nuls, ou simplement que l’on ne souhaite pas pour soi.
Je ne veux pas faire l’oncle relou et moralisateur à vous dire « les hormones c’est sérieux, faisait pas n’importe quoi ». Mais en vrai, ne prenez pas ça à la légère, y’a de vrais impacts sur le corps, en interne, que je suis incapable de mesurer à mon échelle. Donc gerez pas ça seul·e, mais de préférence avec un médecin, même un généraliste ça fait le job. Juste, pas trop à la sauvage, parce que ça peut mettre votre vie en danger. Mais je ne suis pas là pour juger après tout.

Bref. Prenez bien soin de vous, et à la prochaine !

Celui dont on ne doit pas prononcer le morinom

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Le morinom, est une très astucieuse francisation de ce qu’on appelle plus souvent le « deadname ». C’est un terme désignant le prénom de naissance d’une personne trans. Cet article y sera consacré.

Pour la plupart des personnes trans, devoir entendre son prénom de naissance est d’une violence inouïe, et une grande source de dysphorie et d’angoisse. Si on dit souvent que les mots ont du pouvoir, les prénoms en portent un d’autant plus important. Parce qu’ils sont rarement denués de sens, et c’est notamment pour cela que le choix de son prénom dans un parcours de transition est une étape clé.
Certain·e·s vont mettre du temps, en essayer plusieurs avant de trouver celui qui leur conviendra pour la vie. Tandis que d’autres personnes, vont savoir immédiatement lequel adopter.

Le problème avec le deadname, c’est qu’il peut donner l’impression à certain·e·s d’entre nous, que peu importe qui nous devenons et à quel point nous avons changé, le passé parviendra toujours à nous hanter, relativement intensément. De ce fait, de nombreuses personnes trans s’affairent à plus ou moins grande échelle à faire disparaître toute preuve de cette identité passée, quitte à y perdre des souvenirs irremplaçables, comme des photos par exemple. Parce qu’il s’agit de laisser pour seule trace l’identité réelle, et non pas celle de naissance. On ne peut pas effacer la mémoire des gens, mais on peut leur laisser le souvenir de qui nous sommes ultimement, plutôt que celui de qui nous avons pu être.
C’est une sensation très étrange et très désagréable que d’être confronté à son passé. D’autant plus quand on a eu la sensation de vivre dans un mensonge permanent depuis de longues années.

J’ai passé deux heures de ma nuit à évacuer les vieilles photos de mon ancien compte FB, et c’était vraiment un moment malaisant. Je ne me reconnaissais sur aucune des photos. J’ai certes pas mal changé physiquement au cours des deux dernières années, mais tout de même, j’ai passé bien 10 ans de ma vie avec la même tronche, malgré les aléas de la prise de poids, je me voyais tous les jours devant le miroir.

Et pourtant, c’était un instant dans ma vie vraiment pas agréable, que de trier toutes ces photos. Être ramené violemment en arrière dans ce tourbillon de mal-être, alors que ma vérité est toute autre. Ma vérité, ce n’est pas là d’où je viens, mais ce qui m’a construit pour en arriver jusqu’à aujourd’hui, et si la différence peut sembler subtile, elle est capitale.

Quand on me demande de prononcer mon deadname, ou que je l’entends, ou le lis, j’ai l’impression d’être extirpé violemment de ma bulle présente pour replonger dans les tréfonds de ma souffrance passée.

Je ne dis pas que toutes les personnes trans sont aussi mal à l’aise avec leur prénom de naissance, pour preuve certaines décident de simplement masculiniser ou féminiser celui-ci pour continuer à le porter, ou s’en foutent. Mais ce n’est pas mon cas, et encore une fois, je ne parle qu’en mon nom.
Avant même que je ne comprenne d’où venait la douleur que je portais depuis ma puberté, je détestais mon prénom de naissance. Il ne m’allait pas, il n’était pas horrible, mais ce n’était pas mon identité, même si cela en faisait, en quelque sorte partie.
Celui que je porte aujourd’hui, je l’ai choisi avec soin, il me convient, c’est le mien. C’est lui mon vrai prénom, pas celui qu’on m’a collé quand je suis né.

Pour conclure, la relation d’une personne trans à son prénom de naissance peut être autant paisible que conflictuelle, mais dans le doute, ne lui posez pas la question, histoire de faire preuve d’autant de respect que de décence.

Life is Strange : Before the Storm #2

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Vu que j’avais du retard sur ma prise en main du second épisode de Before the Storm, j’ai pu constater que le fandom présent sur Tumblr a implosé. J’ai donc réussi à me faire très légèrement spoiler sur la teneur de ce second morceau. Alors, est-ce que cet espace-temps avant la tempête était si calme que ça ? Plongeons dedans dès à présent, le tout garanti sans rien vous gâcher du contenu.

On reprend donc les commandes de Chloé, au lendemain des événements du premier épisode. Bien évidemment je ne peux pas vraiment vous dire de quoi il s’agit ni quelles en sont les conséquences sans rompre ma promesse de ne rien divulguer. Et c’est là un exercice d’écriture particulièrement délicat, de trouver comment dépeindre l’essence de chaque épisode sans rien spoiler du précédent, mais je vais m’y essayer, une fois encore.

Vous trouviez le premier épisode riche en événements ? Vous n’êtes clairement pas prêts pour le second. Et moi non plus, je n’étais pas prêt. Car malgré ma connaissance d’un élément clé de cet épisode avant même d’y jouer, je ne m’attendais pas à ce que celui-ci soit aussi riche en rebondissements et en émotions diverses.
On passe par toutes les facettes des possibilités en matière de sensations. Accrochez vous à vos petits cœurs en mousse, parce que vous allez prendre super cher. En bien comme en douloureux.

Ce second numéro nous apporte avec justesse des moments d’effervescence, d’angoisses comme de bouleversements savamment dosés, le tout chahutant nos petits palpitants, et laissant en bouche une saveur indescriptible.

Pour la toute première fois depuis que je joue à Life is Strange, j’ai dû faire une pause en cours d’épisode, parce que ce que je vivais était trop dense pour parvenir à tout encaisser d’un seul bloc.
Si je devais utiliser un seul mot pour décrire cet épisode, c’est qu’il est intense. Genre, vraiment. Je dis ça maintenant, mais peut-être que le troisième, concluant Before The Storm sera encore plus terrible, à tous les sens du terme. Mais pour le moment, je vous rédige ceci encore en transe du final de cet épisode intermédiaire.

Mais pour résumer, et parce que je commence à être à court de synonymes pour l’intensité et l’émotionnel, sachez que l’on retrouve dans cet épisode toute l’essence de ce qui fait la licence LIS : cette capacité de nous faire couiner comme des petits lapins sur toute une palette d’émotions différentes, le tout soutenu par une bande son aux petits oignons, un cadre léché et des personnages riches en complexité.
Et je suis prêt à parier que Before the Storm n’a pas encore dévoilé toutes les cartes qu’il a dans les mains.

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Ma tête pendant tout l’épisode.

Du manspreading de qualité.

De bien jolies scènes.

 

Unending Masquerade

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Attention, le contenu de ce billet, comme tous les autres en vrai mais pour une fois je le précise, n’engage que moi. Vous allez le droit d’être en désaccord, mais je vous remercierais de ne pas faire une levée de torches ou toute autre forme de tentative de me brûler sur la place publique. C’est un point de vue très personnel, et je conçois qu’on ne le partage pas, mais je n’attaque personne à titre individuel. Je souhaite cependant ne pas blesser qui que ce soit dans la foulée. Merci de votre attention. 

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Comme vous le savez probablement, je connais beaucoup de monde, et parmi cette foultitude de gens de tous les horizons, y’a un certain nombre de personnes poly-amoureuses. Et en tant que monogame, y’a un certain nombre de choses qui me gênent dans le polyamour, mais pas exactement les points qui vous viennent immédiatement en tête, à mon humble avis. Vous allez le constater rapidement.

Le polyamour à la base, c’est une libération des possibilités en terme de relations amoureuses avec d’autres gens, et conséquemment, la multiplication de celles ci. Sur le papier, c’est chouette. Sauf que, y’a énormément de dérives qui découlent de ce mode de vie là. Et oui, je spécifie bien « mode de vie », mais je reviendrais là dessus un peu plus loin.

En premier lieu, celui que j’ai le plus constaté, c’est cette volonté de conversion de son entourage. Entre la promotion et la propagande, la ligne est assez mince. Ça doit venir de mon passif avec les mouvements d’ordre religieux, mais je suis franchement méfiant face au prosélytisme.
En ce qui me concerne, je suis très à l’aise avec ma propre façon d’envisager les relations, et je n’aime pas l’idée de devoir « partager » mes éventuels compagnons de route avec d’autres gens. Ce qui vous apparaît probablement comme un délire de « posséder » l’autre, n’est pour moi qu’une simple histoire d’exclusivité intime.
Je n’ai pas de problème avec le fait de savoir que d’autres ont connu mon aimé·e avant moi, et potentiellement après moi. C’est juste en même temps que moi que ça me gêne profondément.

La conception monogame d’un couple n’est pas une prison, c’est avant tout une question de communication et de respect mutuel. Vous allez me dire « comme chez les polys du coup ». Ce à quoi je répondrais oui, mais dans tout type de relation en fait, même simplement amicale ou professionnelle, mais on rate mon point. Si pour vous, s’offrir corps et âme à une seule et même personne est une description du dernier cercle de l’enfer, alors la monogamie n’est pas pour vous.
Au même titre que me dire que quelqu’un d’autre pose les mains sur mon ou ma partenaire, alors que je suis absent, ou même présent, m’est intolérable. Pas parce que la personne m’appartient, mais parce que c’est un manque total de décence si cela vient de l’extérieur, de quelqu’un cherchant à s’immiscer dans mon couple. Et parce que c’est une trahison si l’initiative est à la personne qui partage ma vie.

Un autre point qui me semble important, dans le cas de figure d’un couple hétérosexuel, c’est que le garçon n’est pas automatiquement l’incarnation du mâle patriarcal oppresseur sous prétexte que le couple est monogame. Déjà parce que chaque couple a ses propres codes de fonctionnement, et aussi parce qu’il n’y a pas besoin d’être un couple pour être effectivement un gros sac oppresseur. J’estime qu’à moins d’une souffrance réelle, physique comme émotionnelle, nous n’avons pas à nous immiscer dans l’intimité d’un couple qui n’est pas le nôtre.

Alors oui, je conçois que lorsqu’on est effectivement poly, le découvrir peut être une sacrée révélation et on ressent le besoin de se dire que c’est fait pour tout le monde parce que c’est révolutionnaire. Sauf qu’en fait, absolument pas. Y’a des gens à qui ça conviendrais réellement et qui sont dans le déni, mais y’a aussi des gens très heureux avec une seule personne à la fois. Et si je parlais plus haut de « choix » c’est tout simplement parce que, il y a une décision qui est prise à un moment donné. On ne lutte pas férocement contre son identité, on décide simplement de se limiter ou non en terme de quantité, selon son ressenti et ses éventuelles envies. Il n’y a pas de besoin de forcément prendre des snacks en extra, il n’y a juste qu’une volonté de s’abstenir ou pas. Si je peux tenir des années sans la moindre fanfreluche sans faire de combustion spontanée, je ne vois pas pourquoi d’autres se planquent derrière une histoire de nécessité, alors qu’il ne s’agit là qu’au mieux une envie sincère de diversifier, au pire une absence totale de maîtrise de soi.

Egalement, on ne subit pas de discrimination au sens propre du terme lorsqu’on est poly, juste de l’incompréhension et d’éventuelles remarques désobligeantes. Mais personne n’ira te casser la gueule parce que tu as trois petites-amies. C’est un inconfort, pas une haine féroce et dangereuse pour ton essence profonde.

Bref, je suis un peu parti dans tous les sens, mais je tenais à revenir sur quelques éléments très importants, et surtout nécessitant moins de mots.

► Je n’ai rien contre le polyamour. C’est face aux dérives de ses partisans que je suis gêné.

► Il y a une importante distinction entre choisir qu’on a des limites moins strictes que les autres, et interdire les autres d’avoir des limites plus strictes que les siennes.

► Si la monogamie n’est pas pour toi, n’empêche pas les autres de la vivre si cela leur convient. Ce n’est pas parce que l’on n’aime pas quelque chose qu’on doit forcément essayer d’en écœurer les autres.

► Le consentement ça fonctionne dans les deux sens. Ne forcez la main de personne pour tester absolument le polyamour, surtout si ce n’est pas leur conception du bonheur.

Ma conclusion sera donc : la monogamie, c’est chouette aussi.

Maybe I shouldn’t bother

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Vous l’aurez peut-être remarqué, mais les gens ne savent pas se retenir sur Internet. A croire que les mots n’ont aucune conséquence, aucun poids, et qu’on peut dire n’importe quoi sous couvert de la liberté d’expression.
Sauf que la liberté d’expression ça marche pas ainsi, mais c’est un sujet que j’ai déjà abordé précédemment. Non, ce sur quoi je souhaitais déblatérer aujourd’hui, c’est le sujet du harcelement. Dans les grandes lignes, je ne suis pas là pour faire une thèse, et j’ai surtout pas le niveau.

Je me pose sincèrement la question, mais tous ces gens qui crachent leur venin en ligne, ils faisaient quoi de leur vie avant? Ils faisaient quoi de toute cette haine? Très sincèrement je n’en sais rien. Ce que je sais en revanche, c’est que le harcèlement a pris une toute nouvelle forme avec l’arrivée du web.
Je suis suffisamment « âgé » pour avoir connu l’explosion d’internet et sa démocratisation, même si j’étais pas bien grand. Mais je me souviens distinctement qu’on m’a tapé sur la gueule avant internet, tout autant qu’on m’a tapé dessus bien après son installation. La différence, n’est pas tant dans la quantité que dans la manière de faire.

Avec internet, tout va bien plus vite, c’est un fait. Mais si la méthodologie de la violence est différente, le résultat est le même : les gamins vont mal et se foutent en l’air à la première occasion de craquer sous le poids de ce qu’on leur a infligé.

Le web, c’est deux revers d’une seule et même médaille. D’un côté, les gens ne savent pas se comporter et vomissent leurs injures à tous les coins de commentaires, d’un autre, internet a su nous montrer que nous ne sommes jamais réellement seuls. Chercher et trouver des communautés, se rassembler virtuellement, mine de rien, ça sauve des vies tous les jours.

Alors oui, tout va plus vite, que ce soit les rumeurs comme les pires montages crasses visant les victimes de harcèlement. Mais également le soutien, l’entraide, à toute heure sur internet, y’aura des personnes pour te parler de tout et de rien, te changer les idées.

Sans internet, je n’en serais pas là aujourd’hui, et je parle autant du fait de vous raconter mes bêtises, que le fait d’être encore en vie, en fait. Parce qu’à une époque lointaine, celle des skyblogs, de MySpace et de MSN, j’ai rencontré en ligne des gens formidables, qui m’ont fait comprendre que j’avais de la valeur, que je pouvais m’en sortir. Certaines de ces personnes sont encore à mes côtés à ce jour, même un peu de loin.

Du coup, je ne sais pas exactement où je voulais arriver, j’ai un peu niaisé en route, et là il faut que je boucle mon affaire.
Je dirais simplement ceci : les nouvelles technologies, ce n’est pas que des mauvaises choses, il faut juste savoir s’en servir. Même si l’on peut toujours se faire tabasser à l’abri des regards indiscrets, à présent, les choses finissent par se savoir bien plus rapidement qu’avant.
Agissons. Éduquons-nous les uns et les autres. Et arrêtons d’être aussi cons sur les internets. Les mots ont du sens, qu’ils soient prononcés à voix haute autant que dans notre tête.

Le dilemme des Transgenres : Debriefing

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Il y a quelques jours à peine, a été diffusée sur M6, un reportage sur les personnes trans dans le cadre de leur émission Zone Interdite. Je me suis donc sacrifié pour la cause et j’ai regardé ladite émission, pour savoir. J’ai au préalable élaboré un petit « bingo » pour savoir combien de cases clichés j’allais cocher, résultat en fin d’article.
Pour le reste, j’ai pris énormement de notes sur papier, totalement decontextualisées la plupart du temps, et sans minutage. Du coup plutôt que de vous faire la liste de mes impressions, ce qui serait somme toute assez chiant à lire, j’ai décidé de faire un resumé de mes notes, ce qui donnera un article à l’arrivée plutôt court (whoopsie!).

El Bingo, si !

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Outre le fait que je vais avoir le jingle de Zone Interdite dans la tête pendant 8 jours, sur les 1h35 que durait l’émission, il s’est passé un paquet de trucs. Déjà nous avons 6 témoignants, trois nanas et trois mecs, dont la moitié (trois donc) a vachement plus de temps de reportage que l’autre moitié.
Les trois personnes au temps d’image réduite sont Cedric, un jeune de 18 ans, Jackie, une femme à la retraite, et Arno, un père flic qui apparaît vraiment très très peu.
Les trois têtes d’affiche sont donc Iris et Laura, qui sont toutes deux des jeunes femmes de moins de 30 ans, et Isaac, un p’tit mec de 14 ans.

Laura, qui est apparemment une youtubeuse à succès, semble plutôt calé sur le vocabulaire, car très fréquemment, on l’entend corriger la personne qui l’interviewe. Notamment sur tout l’aspect « avant vous êtiez un homme et maintenant une femme » et autre « du coup avant vous etiez un couple gay avec votre compagnon? ». Elle est très réactive pour replacer immédiatement les choses, et insiste correctement sur le « y’a pas de avant/après, j’ai toujours été une fille ».
Et si Laura ne souhaite pas spécialement la chirurgie génitale, c’est en revanche le cas d’Iris, et c’est pas mal de faire le parallèle sur le fait que chaque personne trans fait bien ce qu’iel désire, et adapte son parcours à ses envies/possibilités/contraintes diverses.

La mise en comparaison se pose aussi sur un autre aspect important, si Laura est en couple depuis des années, est heureuse et tout ça, Iris est célibataire, et galère un peu pour trouver l’amour. Cette dernière extrapole sur les difficultés des personnes trans à trouver des compagnes/compagnons de vie, et la souffrance d’autant plus prégnante que la solitude est une thématique que les personnes trans connaissent assez bien.

Enfin, le gros du morceau: Isaac. Je conçois qu’il est jeune, qu’il n’a pas encore toutes les clés en main, et que faire son coming-out à son âge c’est super dur.
Cependant, j’ai fréquemment serré la mâchoire quand le reportage revenait auprès de lui. Déjà parce qu’il parle plusieurs fois du fait qu’être trans, c’est ne rentrer ni dans la case fille ni dans la case garçon. Il est bien un mec, mais surtout il est trans. Sauf que ce n’est pas un troisième genre en fait, du coup ça m’a mis hyper malaise. Sa maman dit à un moment quelque chose de très chouette par rapport à l’envie de son fils de prendre des hormones par la suite: « C’est pas la question de ce qu’il veut, mais de ce qu’il est ».
Mais sinon concrètement c’est un ado de 14 ans qui se comporte et parle comme un ado de 14 ans, et c’est une tranche d’âge avec laquelle j’ai naturellement du mal, donc abrégeons.

Mis face au témoignage d’Isaac, il y a celui, plus court mais plus touchant de Cédric, qui à ses 18 ans a reçu un ultimatum parental : reste comme tu es déjà ou prends la porte.
C’est une triste réalité qu’il était aussi important de mettre en lumière, parce que ça contraste énormement avec la vie d’Isaac dont tout le monde semble maladroit mais bienveillant autour de lui.

Y’a par moments, entre les témoignages des mini-parties intéressantes pour faire les jointures entre chaque intervenant, notamment des infos par rapport à la Loi changée récemment, qui est censée faciliter le Changement d’Etat Civil en supprimant l’obligation de stérilité, et la voix off se permet même de préciser que c’est encore malheureusement trop laissé à l’appréciation du juge. Y’a aussi par moment des statistiques sur le suicide bien plus fréquent chez les jeunes trans.

A un moment, dans le dernier tiers on fait un tour du côté de ces charmants personnages que sont les médecins de la SOFECT, et grands dieux, j’ai noté deux trois pépites.
« C’est délicat, parce qu’à partir de corps sains qu’on opère, on crée des corps imparfaits au final. Parce qu’on peut pas implanter d’utérus, et on supprime la fertilité. ». Mais du coup les personnes cis stériles, c’est pas des gens entiers aussi? Comment ça marche?
Ah et aussi le magnifique emploi du terme « femmes BIOLOGIQUES », genre, élevées au grain et en plein air, n’est-ce pas.

Bref, trève de plaisanteries, je relance le bingo complété et on conclue cette histoire. Alors alors? Va-t-on pouvoir gueuler QUINE?

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Bon, deux lignes, c’est au moins le panier garni ça !
Plus sérieusement, si la voix off était toujours respectueuse des pronoms, les prénoms de naissance (« Deadname ») ont quasiment tous été balancés. Et en ce qui concerne la fausse distinction entre transgenre et transexuel via la chirurgie, elle n’étais pas présente dans le reportage en lui-même mais uniquement dans les espèces de « vidéos promo » avant la diffusion.
Si la phrase « né·e dans le mauvais corps » n’a pas exactement été prononcée ainsi, il y a eu beaucoup trop de rappel au « passage » du corps de untel-genre à genre-opposé.

Dans l’ensemble, en vrai, ce reportage est potentiellement dans le top 3 des moins pires dans ce que propose la France ces dernières années, mais après, il faut bien rappeler que le niveau n’est de base pas très élevé. Y’a des moments touchants, des moments vraiment cringe/malaisants, mais dans l’ensemble, ça aurait pu être largement pire si quelques un·e·s des intervenant·e·s n’était pas aussi prompt·e·s à corriger des points de vocabulaire.

L’ensemble est assez inégal au final. Pas franchement militant, mais qui ne tombe pas non plus trop dans le pathos pour autant. En somme, un reportage abordable pour les personnes non-concernées, plutôt bien pour démarrer la thématique dans le cérébral des gens. Mais pas révolutionnaire non plus pour quiconque d’un minimum informé.

Voilà. C’est tout pour moi !