Mass Effect : Trilogie

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Cet article avait été initialement écrit par mes soins et publié sur une autre plateforme qu’ici, il y a quelques années de cela. Cependant ladite plateforme a fermé depuis, et comme je possédais encore l’archive du texte dans mes vieux fichiers, je me suis permis de le republier.
J’ai donc altéré le texte d’origine par petites touches, histoire de le remettre au goût du jour, mais dans le fond, le propos est assez identique, un peu comme mon amour pour ce jeu malgré les années qui se sont écoulées.

Logo du jeu Mass Effect

Ces deux seuls mots suffisent à faire frissonner nombre d’entre vous, de plaisir ou d’écœurement. Certains qui dormaient un peu ces dernières années vont simplement se demander « l’effet de masse »? Mais de quoi ça cause?

Pour ceux qui n’auraient donc pas connaissance de cette saga vidéo-ludique, un petit rappel s’impose, ne serait-ce que pour le principe de poser les bases.

L’équipe de développement canadienne BioWare, entre autres à l’origine Star Wars : Knights of the Old Republic (ou Kotor pour les intimes), sort entre 2007 et 2008 une nouvelle licence d’un jeu-vidéo orienté Action-RPG, à savoir Mass Effect.
Celui ci sera suivi de ses suites, sobrement intitulées Mass Effect 2, puis Mass Effect 3, respectivement sortis en 2010 et 2012, soit un jeu tous les deux ans. Ce qui reste très respectable quand on connaît un peu les délais d’attente de certaines licences…

[Il est également à noter qu’un quatrième opus sortira d’ici une grosse année, mais n’aura pas le même personnage principal. On n’en sait pas encore beaucoup pour le moment, je vais donc concentrer mon attention sur les trois premiers uniquement.]
EDIT : Il est finalement sorti, je l’avais même pré-commandé. Et si je l’ai effectivement plié, je ne tiens cependant pas tellement à en parler…

Mass Effect donc, ou ME pour simplifier, est une saga de science fiction ambiance un peu space-opera (mais sans le côté géopolitique chiant), se déroulant en 2180 et des patates. L’humanité est capable de se déplacer dans l’espace via des mass-relays, gros dispositifs de technologie extra-terrestre permettant de se balader d’un coin à l’autre des galaxies très rapidement. Alors en français, ils ont apparemment appelé ça «relais cosmodésique», mais je n’y ai joué qu’en anglais donc je ne saurais en attester.

Bref, vous vous retrouvez dans la peau de Shepard, Commandant du vaisseau spatial “Normandy”, qui sera selon votre choix une fille ou un garçon (Shepard hein, pas le vaisseau). Dans la mesure où la représentation c’est important et que l’on manque cruellement de femmes fortes dans les jeux vidéales, j’ai donc très judicieusement choisi la version féminine. D’autant que, le doublage est plus convaincant, tout comme la doubleuse semble plus convaincue. Mais je m’égare.

Shepard n’est donc pas une bleue sur le terrain, elle a de longues années d’expérience derrière elle, que vous choisirez d’ailleurs parmi plusieurs possibilités lors de la création de perso. Parce que oui, le personnage est customisable à mort. Bien que les possibilités soient un peu limitées dans le premier, ou alors ça vient de ma carte graphique…

Votre première mission aux commandes de Shepard ne tourne pas comme c’était initialement prévu, et s’ensuit alors une réaction en chaîne bien gratinée, qui va vous propulser plus haut dans la chaîne de commandement, mais surtout plus haut dans le nid à problèmes. Dès que ça sent un peu trop le caca c’est à vous que l’on fait appel. Du classique de jeu vidéo donc.

Mais là où le jeu se démarque du reste, c’est par sa mécanique de décision. En effet, dans chaque cinématique de dialogues, vous avez la possibilité de choisir entre trois réponses : gentil (Paragon/Conciliation), neutre, ou méchant (Renegade/Pragmatisme). Enfin, je dis « méchant » mais bien souvent, les dialogues sont simplement un peu violent verbalement parlant. Toujours est-il que votre choix s’effectue par quelques mots qui résument la phrase, et vous vous regardez ensuite extrapoler la suite de la phrase que vous avez sélectionné, et ainsi de suite. Ces points vont vous faire pencher plus ou moins d’un des deux côtés de la balance, et modifier ainsi votre expérience de jeu selon si vous la jouez loyal-bon ou true-dark-evil. Tout comme pour Fable où il y a un système un peu similaire de balance, cela influe sur votre apparence, mais pas autant que dans cet autre jeu, et bien moins immédiatement.

Je vous ai fait un petit schéma pour l’occasion !

Il est amusant de noter l’évolution du genre de jeu dans la trilogie. Si on conserve ce principe de choix multiples pendant les dialogues et avec des légers QTE durant les cinématiques de ME2 et ME3 (*Quick Time Event, ou « appuyer sur la bonne touche quand celle ci s’affiche à l’écran ») ; les phases de combat, elles, diffèrent d’un jeu à l’autre.

Le premier est très RPG, il n’y a pas de gestion des munitions, la seule limite c’est la surchauffe de l’arme que vous possédez. Chaque arme s’upgrade avec diverses améliorations que vous lootez ( = récupérer en butin), même principe pour l’armure (qui aura souvent des couleurs très approximatives). Le second opus lui, est plus axé FPS/TPS, on doit gérer ses munitions, et les combats deviennent un peu plus complexes, les ennemis aussi plus agressifs et intelligents. Tandis que le troisième de la série est un savant mélange des deux. On a réduit la difficulté, mais juste ce qu’il faut, et les munitions sont moins rares.
Quant aux armes on peut toujours les upgrader dans les deux jeux suivants, mais là on peut directement améliorer l’arme plutôt que d’en avoir 150 qui moisissent dans l’inventaire. Cela revient du coup un peu moins cher, moins encombrant, et évite de courir sur toute la longueur de la carte à la recherche du seul marchand qui avait le flingue que vous vouliez absolument.

Chaque jeu apporte son lot de personnages supplémentaires, et plus il y a de personnages, plus votre équipe devient complexe à choisir. Chaque coéquipier à ses spécificités, et ajoutez à cela le fait que vous en aimiez un plus qu’un autre mais qu’il tape moins fort par exemple, et c’est très vite de longues minutes dans la fenêtre de sélection à chaque début de mission.

Ah, j’ai failli oublier. Respectant son contrat de presque-RPG, le jeu vous offre la possibilité de développer une romance avec un(e) de vos coéquipier(e)s. Bien évidemment, si vous jouez la fille, vous ne pourrez pas rentrer dans les sous-vêtements de tout le monde, et inversement pareil pour les garçons. Fort heureusement, les possibilités augmentent au fil des trois jeux, mais libre à vous d’être fidèle à votre amour premier ou non. Soyez simplement prêts pour les répercussions qui vont en découler.

Ce qui me fait une superbe transition pour vous en parler des répercussions justement (quel talent!). En effet, tout au long du jeu vous serez confrontés à des choix plus ou moins importants, et comme chaque jeu suivant permet de charger la sauvegarde du jeu précédent, vos choix sont donc conservés.

Cela rend l’expérience du joueur d’autant plus personnelle puisque, dans les deux derniers épisodes de la saga, vous aurez droit à des clins d’œils, plus ou moins gros selon l’importance dudit choix, et pourrez choisir d’assumer vos choix jusqu’au bout, ou de retourner votre veste comme un gros vilain des bois.

Conclusion :

Mon seul regret avec ce jeu, c’est que malgré que le troisième opus soit un petit bijou de jeu vidéo, aussi bien niveau scénario que visuellement, la fin proposée est beaucoup trop restrictive, et envoie se faire cuire le cul à l’ensemble des mécaniques de choix déterminants du jeu.

Parce que peu importe que vous ayez sauvé des personnes importantes, eu préféré tel ou tel coéquipier, trucidé ou non une espèce qu’on pensait éteinte ou encore réussi à sauver tous vos compagnons lors de la mission suicide, tout ça, ça n’a aucune importance. Tout ce qui as de la valeur dans cette toute fin de jeu, clairement écrite avec le pliage pour enfants (cocotte ? Salière ? Origami du pauvre?) ; oui, je vous le dis, la seule chose qui importera à la fin, c’est votre couleur préférée.

Mais je finirais là dessus, parce que ça résume très bien mon amour de ce jeu :

Quelque soit la destination, c’est le voyage qui compte.

Effectivement la fin semble bâclée, mais l’entièreté du chemin parcouru, lui, en valait la peine.

Pour cette raison, je recommande fortement cette trilogie, il faut juste faire abstraction de la potentielle déception qu’est la dernière heure du périple. Ah et les graphismes du premier opus peuvent également rebuter celleux qui ont l’habitude du Full HD, mais promis, ça vaut le coup.
Bisou !

Watch me grow

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J’avais des idées, tant d’idées pour cet article. Mais le temps m’a rattrapé bien malgré moi, et je n’ai eu au final, ni la possibilité ni le matériel nécessaire pour réaliser toutes ces idées.
Mais au final, j’ai rushé les trois quarts de ce billet dans la matinée, donc on va dire que ca fait le job…

Aujourd’hui nous sommes le 10 Mai 2019, et si la date vous est peut-être familière (mais je n’y crois pas trop), c’est parce qu’il y a 3 ans jour pour jour, je commençais la Vitamine T.
En effet, le mardi 10 mai 2016, à 11h et quelques, je recevais ma première injection. J’avais volontairement attendu quelques jours suite à mon retour de Paris, pour avoir mon MANniversaire à une date dont je me souviendrais.

Du coup, en trois ans, il s’en est passé des choses !
Outre mon changement d’Etat Civil que j’ai largement documenté, j’ai aussi reçu 75 seringues dans la fesse, ce que je précise juste pour le plaisir de les avoir compté. J’ai également un semblant de petit bouc qui me pousse sur le menton, mais les joues sont plus timides en terme de pilosité.
Mais mis à part les aventures de mes poils sur la face, c’est une sorte de calme du quotidien qui s’est globalement installé vis à vis de ma transition. Il y a ici et là quelques épisodes plus ou moins marquants, plus ou moins agréables, mais dans l’ensemble je me contente de vivre au jour le jour, et d’essayer d’esquiver la transphobie le plus possible.

Ce qui nous amène gentiment au second point de cet article : la raison de mon si long silence. Depuis la mi-février, seulement un article a été mis en ligne, et encore, c’était un billet qui avait été écrit quelques mois avant déjà.

La vérité, c’est qu’en février, j’ai intégré l’équipe de Simonae.
Simonæ donc, est un webzine féministe dont les articles sont écrits par des concerné·es, à la différence de la plupart des sites se revendiquant féministes, mais généralement dirigés par des mecs cis.
Je n’ai pour l’instant qu’un seul article à mon actif (un second est actuellement en préparation), mais j’aide à la correction d’autres articles dont je ne suis pas l’auteur, je propose des choses pour les playlistes participatives, et je rédige parfois des petits textes pour les relances de certains articles.

Là par exemple ces deux intros sont de ma pattoune.

Du coup, c’est bien plus prenant en temps et en énergie que ce que j’avais imaginé, et justement, j’adore travailler avec elleux, l’ambiance est top, et ça booste mon estime de moi, de manière assez incroyable !
Du coup jusque là, mon seul regret c’est de manquer de temps et d’inspiration pour alimenter ma propre plateforme. J’essaie de me consoler en me disant que c’est parce que c’est la fraîcheur de la nouveauté, et que je finirais par trouver comment jongler entre ces deux adresses (Simonae et mon blog donc).
Après tout, ca fera dix ans déjà en juillet prochain que j’ai créé ce blog WordPress ! Hors de question de louper le coche.

Bref, a très vite pour de nouveaux articles, et de nouvelles aventures donc.
Et je me souhaite egalement, un excellent 3e manniversaire.

You were making a fool of me

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Ceci n’est pas un seche-cheveux.

Avant que l’on n’entre dans le vif du sujet, sachez que je ne souhaite pas avec cet article, donner du grain à moudre aux masculinistes, ni me mettre à dos tout l’internet féministe, là n’est pas mon but.
Mais j’ai constaté des nouvelles choses récemment. Comme je possède à présent le cispassing de l’homme blanc, probablement hétérosexuel, je me fais régulièrement plus ou moins gentiment écarter des débats sur internet. Et c’est déconcertant.

C’est déstabilisant puisque je me retrouve traité comme le premier Jean-Michel PMU qui passe. Je ne donne pas mon avis pour venir glaner des cookies d’allié, mais juste pour exprimer un désaccord sur un point de sujet auquel je suis sensible.
J’ai des opinions, j’en ai toujours eu, mais à présent, elles ne sont plus pertinentes, n’ont plus aucune valeur dans les yeux des interlocutrices d’en face.

Oui, je sais qu’il faut laisser en priorité, l’espace de parole aux concerné·e·s, mais j’estime également, peut-être à tort, que chacun a le droit a son avis, à partir du moment où celui ci est amené poliment et dans le respect de chacun·e.

Et récemment, je me suis fais glorieusement envoyer bouler à plusieurs reprises, par l’argument que cela ne me concerne pas, ni de près ni de loin. Je ne proteste généralement pas, puisque comme je l’ai déjà dit, je préfère la tranquillité, à la légitimité prise de force puisque j’aurais décidé de m’outer.

Je sais également que, les femmes sont en colère, surtout celles qui sont un minimum averties du contexte dans lequel nous évoluons.
Mais cette colère omniprésente justifie-t-elle d’en oublier la bienveillance? Faut-il absolument prendre toute personne qu’on juge être l’ennemi à abattre, avec autant de condescendance?

Après, je sais qu’il existe le problème de l’injonction à la pédagogie, parce qu’entre les vieux « trolls » (des connards donc) qui font semblant de ne pas comprendre, ceux qui effectivement ne comprennent pas ce que leur moteur de recherche favori pourrait leur expliquer en 10 minutes, ou encore les gens qui volontairement sont juste des gros misogynes, il devient compliqué de débattre. Il devient complexe de faire la part des choses entre celleux avec qui on aimerait discuter posément, et celleux que l’on a pas la foi d’éduquer sur une pléthore de notions condensées en 3 paragraphes plus la conclusion.

Je pense également que, mon autre souci se place dans la différence de traitement de la prise de parole qui s’est faite sur la durée. Cette phrase est super compliquée alors je vais la simplifier.
A l’origine, le mot d’ordre c’est de « laisser la priorité de parole aux concerné·e·s », mais rapidement, cela s’est transformé en « ferme ta gueule t’as pas ton mot à dire ». Et je trouve ça gênant. Parce qu’il y a un gouffre differentiel entre ces deux notions, et si l’idée de fond est tout à fait respectable et respectueuse, sur la forme, la seconde est problématique, à mes yeux.

Cis ou trans, homme ou femme ou autre, j’estime, peut-être à tort, que chacun a droit à son temps de parole, tant que celui ci est utilisé avec respect et bienveillance. On ne peut pas deviner d’emblée le parcours de vie de chacun·e, et quand bien même celui ci a été vécu dans la plus grande opulence de privilèges, il est toujours possible d’avoir un avis éclairé et pertinent.

Je hurle probablement dans le vide en écrivant ceci, et vous avez tout à fait le droit d’être en désaccord avec moi dans ce propos spécifique, et en général aussi d’ailleurs.
Mais je trouve à la fois paradoxal et très nul, qu’avant transition, mon opinion avait un certain « poids », une forme de légitimité, alors que j’étais bien moins renseigné à l’époque sur tout un tas de sujets par rapport à maintenant, où je n’ai à présent quasiment plus  de droit de parole, selon les lieux.

Du coup, est-ce que l’on pourrait mettre de côté notre agressivité naturelle quelques minutes, quand on s’adresse aux autres?
Je suis pour une échelle d’équivalence, et si j’ai verbalement agi comme un connard, ajustez votre niveau en fonction de cela. Mais si je n’ai pas été impoli, ne le soyez pas en retour.

Merci.

Poupée Russe / Russian Doll (2019)

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Aujourd’hui nous nous intéressons à la série Russian Doll, ou Poupée Russe dans sa traduction, oui, au singulier, c’est important. Et avant de commencer, je rappelle évidemment que je déteste profondément le principe de spoiler une série pour en parler. Cet article n’en comportera donc pas plus que si vous avez vu la bande annonce qui dure environ 1 minute, sur votre site de vidéos favoris.

J’ai énormément d’affection pour Natasha Lyonne, et ce depuis un paquet de temps. Certains répondront à cette affirmation « Orange is the New Black », mais je les écarte d’un  gentil revers de la main. C’est vers 2005 que je découvre sa bouille, avec un film sorti en 2000, à savoir « But I’m a Cheerleader », où j’y croiserais RuPaul, bien avant de tomber en amour pour sa compétition de drag-queens. Pour l’anecdote, je croiserais également dans ce film, l’acteur qui jouait Rufio, dans Hook.
Mais je m’égare.

Natasha Lyonne donc, qui ici tient le rôle titre d’une série qu’elle a créée en collaboration avec Leslye Headland et Amy Poehler. Ladite série nous a été servie sur Netflix depuis début fevrier 2019, et compte pour l’instant une saison de 8 épisodes, de 30 minutes chacun. Soit un total de 4h.
C’est donc tout à fait logiquement que je me suis enfilé l’intégralité des épisodes sur deux nuits différentes, parce que j’aime vivre dangereusement épuisé, mais en deux fois quand même parce que mon cérébral a ses propres limites.

⇒ De quoi ça parle ?
Nadia Vulvokov, fête ce soir ses 36 ans dans un immense appartement en plein New York. Mais au cours de la nuit, elle décède brutalement, pour mieux se réveiller au début de sa soirée d’anniversaire. Elle va alors revivre la même nuit fatidique, mais semble être la seule à en avoir conscience.
Nous allons donc suivre sa quête effrénée vers la vérité, avec le risque de s’y perdre en route.

⇒ Avis Global

Dès les premières secondes, l’ambiance est posée, l’histoire nous propulse immédiatement au cœur de la soirée, les répliques fusent, la musique est joviale, il y a des gens partout, et la série nous laisse à peine le temps d’arriver. Le rythme est assez soutenu tout au long du premier épisode, les choses s’enchaînent sans nous laisser le temps de souffler, pour soudainement mieux nous le couper [le souffle].
Une fois la surprise de son premier départ passé, cela devient un peu comme un jeu de pistes entre le show et le spectateur, d’essayer de deviner ce qui va ensuite lui arriver de plus absurde, ce petit côté Destination Finale, l’aspect gore en moins.

Et a force de rester focalisé sur le décor en fond, il ressort pas mal de petits détails qui nous font tiquer, des éléments qui manquent, des choses qui changent subtilement en arrière plan, c’est assez bien fichu puisqu’il faut vraiment y être attentif pour s’en rendre compte. Au début en tout cas, car ces même éléments se font de plus en plus grossiers, voyants, renforçant comme un arrière goût de malaise caché derrière des blagues visuelles et verbales qui se succèdent sans arrêt.

Le ton de la série, qui est au départ très léger malgré la thématique de la mort, s’assombrit au fur et à mesure de son déroulement. Comme une tornade d’émotions diverses qui nous entraine dans sa suite. On ne sait pas vraiment où l’on va atterrir, mais une fois pris au centre de la tempête, il est trop tard (et trop irrésistible) pour chercher à s’arrêter en cours de route.
Nous voulons, nous DEVONS connaitre le dénouement. Quelque soit le prix à payer.

Ce n’est cependant pas une série à mettre devant tout les yeux, le coté « déconseillé aux moins de 16 ans » n’est pas annoncé à la légère. Enormément de thèmes sont abordés, ou  même juste effleurés durant ces 8 épisodes, et certains demeurent assez rudes. J’ai moi-même été un peu trigger à plusieurs passages, dont je ne parlerais pas évidemment, sans risquer de spoiler.
Il ne s’agit pas uniquement de mentions explicites et visuelles de drogue, alcool et accidents rigolos, il y a aussi des moments plus trashy, des fesses, du sang, de la violence sociale et/ou psychologique, pas nécessairement dans cet ordre là.

___

⇒ Conclusion

Le concept du jour sans fin était assez classique dans les années 90 : toute série populaire de cette époque l’a fait, que ce soit Buffy, Stargate ou encore Xena, le concept a été beaucoup utilisé.
Ici, il se renouvelle largement, puisque la plupart des jeunes téléspectateurs de plus de 16 ans, n’étaient pas nés dans les 90s, et donc n’ont pas connu ce trope populaire employé à toutes les sauces.
Mais ici donc, il est revu et actualisé, pas juste là pour nous faire rigoler le temps d’un épisode, puisque la série entière repose sur ce twist scénaristique.
C’est donc à la fois amusant et angoissant, cette course terrible contre la mort, cette ode à l’espoir tout à la fois.

Une fois passée la ligne d’arrivée du générique concluant cette saison 1, je suis resté une longue minute à fixer dans le vide, au point de croiser mon regard dans le reflet de mon écran noir. Pas vraiment sûr de ce que je venais de vivre, pas non plus complètement convaincu d’avoir saisi toute la subtilité des derniers épisodes. Mais si certains éléments restent cryptiques, l’ensemble m’apparaît néanmoins nécessaire et parfaitement calculé par les créateurices de Russian Doll.

Une chose est cependant sûre : c’était particulièrement intense, et je mettrais probablement plusieurs jours à me remettre de cette expérience télévisuelle.

Make Me Feel Safe

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Après presque deux mois d’absence, je reviens sur le devant de ma toute petite scène, pour discuter de l’invisibilité des personnes trans-masculines. Sujet délicat s’il en est.
Je tiens d’ailleurs à signifier que je n’ai pas réellement rien fichu pendant ces deux mois, mais c’est un résultat surprise que je vous réserve pour plus tard.

Aujourd’hui donc, nous allons essayer ensembles (surtout moi), de comprendre pourquoi les garçons trans ont si peu de visibilité face aux femmes trans.
Et avant toute chose, je rappelle que cet avis n’engage pour le moment que moi, et que le contenu de cet article sera théorique avant d’être pratique.

Mise en Contexte

En grandissant, j’avais plus ou moins pleinement conscience que quelque chose n’allait pas chez moi. Je l’ai déjà évoqué par le passé, j’attribuais ce malaise généralisé à tout un tas de choses, et notamment mon poids.
Pourtant quand j’étais petit, je n’étais pas encore gros (j’ai vérifié sur les photos). Mais les autres enfants s’acharnant tellement à me le faire comprendre, j’ai fini par l’intégrer.

Par la suite, j’ai tout construit autour de mon orientation sexuelle, que j’ai moi-même cloisonnée pour assurer des fondations solides. Mais ce n’est qu’en rencontrant d’autres garçons en situation de transition que j’ai réussi à comprendre. Non pas que cela me concernait, mais que cela existait, avant toute chose. Pour moi ce fut une révélation : il est possible de transitionner dans les deux sens du spectre masculin-féminin.
Ça parait idiot, mais à l’époque ça a pété les fondations de mon existence à la masse de chantier.

Les personnes trans féminines sont très visibles, et éclipsent presque les personnes trans masculines. On n’en entendais quasiment jamais parler, avant l’ère du Saint Internet, et ce n’est finalement que depuis moins de 10 ans, avec l’explosion de YahourTube, que les mecs trans sortent de l’ombre. Ils existent pourtant depuis aussi longtemps que leurs consœurs, avant même la modernité du traitement hormonal et des chirurgies, il y a plein de livres sur le sujet.

Alors, pourquoi ce silence pendant si longtemps?

Argumentation

Ce silence est, à mon humble avis, dû à plusieurs facteurs croisés. Non, aucun lien avec la personne qui t’apporte tes colis de chez la Chine.
Et il faut que j’arrête de faire des blagues, parce que je perds moi-même le fil de mon raisonnement, avançons donc.

Chaque parcours est évidemment différent, d’un côté comme de l’autre sur le spectre, mais si je dois faire des généralités, je dirais que le cispassing s’acquière bien plus vite pour les garçons que pour les filles. Tandis que les filles doivent parfois passer par plusieurs types de médication hormonale, et éventuellement faire de la rééducation vocale ; les garçons eux, quelques piqûres régulières dans les fesses et en 8 mois c’est plié.

Je grossis effectivement beaucoup le trait, mais la testostérone de synthèse étant particulièrement puissante, elle remue tout le corps en même temps, pas tout à la même vitesse, mais dans l’ensemble, les changements peuvent être très rapides.

Et cela, engendre plusieurs éléments. Je parle en généralités toujours, parce que si je commence au cas par cas, mon article va durer 8 jours, et personne ne le lira.
Plusieurs éléments donc :

1/ La visibilité sociale en tant que personne trans peut être plus longue pour les personnes féminines, de ce fait leur présence est plus facilement notable. Les personnes masculines vont plus vite tomber dans l’anonymat du cispassing.

2/ L’exotisation sociale et sociétale. On entend toute sorte de « blagues » à propos des femmes trans, rarement à propos de leurs confrères. Les « blagues » en question tournant très souvent autour du fait que les femmes trans ne sont que des pièges pour les hommes cisgenre hétérosexuels. Un peu comme si on affirmait que toutes les femmes trans sont forcément attirées par les hommes… hein?
Les seules remarques qu’on entend sur les garçons trans sont généralement faites par les TERFs.

Parenthèse de vocabulaire : les TERFs pour Trans-Exclusionary Radical Feminist, sont des « féministes » qui fondent leur mouvement sur la prétendue biologie des individus, c’est à dire que si t’es né·e avec un pénis, tu es forcément un garçon, alors que les faits leur donne tort. Elles considèrent que la transidentité est un mensonge, que les femmes trans sont des hommes en robe qui vont les agresser, et que les hommes trans sont des traîtres à la cause passés à l’ennemi (les autres hommes donc). Notez que je n’ai pas utilisé « iels », puisque les TERFs ne considèrent pas qu’un homme puisse être féministe ou au minimum un allié de la cause.

3/ De par cette potentielle attente d’un cispassing, le temps parait bien plus long pour les filles trans que pour les garçons trans. Beaucoup se tournent alors vers la communauté (trans et/ou LGBTQ+), et plus le temps passé est conséquent, plus les personnes se sentent plus ou moins redevables envers ladite communauté. Mais cette affirmation est purement théorique par contre. Je ne me base sur rien, si ce n’est mon ressenti, et un constat de loin.

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Evidemment, le militantisme constant n’est par pour tout le monde, et je conçois tout à fait que lorsqu’une personne a atteint le stade (émotionnel autant que physique) où elle se sent bien, elle lâche totalement la lutte permanente. Après tout, une personne transitionne pour être en meilleur accord avec son ressenti profond, et chacun n’a pas pour ambition de faire de son quotidien un combat pour faire valoir les droits de toute une communauté.

Et pour ce qui est du point de vue purement trans-masculin, on a très souvent grandi socialement et familialement en tant que fille, et donc été éduqué avec le principe de fermer sa gueule rester dans le cadre et s’effacer pour laisser la place de parole aux hommes. De ce fait, même après une transition, les principes qui nous ont modelés restent gravés dans notre cérébral, dans nos émotions, dans nos rapports au monde.
Certes, nous gagnons des privilèges certains, mais très souvent, nous en avons aussi pleinement conscience, et tentons de redistribuer la parole aux femmes, souvent laissées de côté dans la plupart des domaines.
Il s’avère également que la culture transféminine est bien plus ancrée dans le temps, tandis que la culture transmasculine se fait plus discrète. Il n’y a qu’à voir la quantité astronomique de (mauvais) films sur la question, beaucoup de femmes trans, très peu d’hommes trans, il en va de même à travers l’Histoire.
Du coup, cette absence de repère peut aussi participer au fait que les filles sont davantage sur le devant de la scène, par choix ou par force des choses.

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En Conclusion

Comme je l’ai élaboré, c’est un ensemble de beaucoup d’éléments, parfois hasardeux, d’autres fois très concrets. Ou peut-être que j’ai dit n’importe quoi et que je n’ai juste aucun sens de l’observation.
Il n’en demeure pas moins que les garçons trans sont bien moins visibles, au point qu’il m’est déjà arrivé au moment de préciser ma transidentité, que l’on me demande quand est-ce que j’allais commencer à me féminiser.

C’est pour cela que, même si je n’annonce pas clairement mon identité civile sur ce blog, je ne cesse de vous écrire, mois après mois, non seulement pour garder une trace écrite de mon évolution, mais aussi et surtout dans une tentative d’être éducatif dans mon parcours. Et peut-être aider à visibiliser nos existences, à mon humble échelle.

10 Years Challenge

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Vous en avez sûrement déjà vu passer plein ces jours ci, des photos comparatives à 10 ans d’écart, sur les réseaux sociaux.
Fatalement, il m’est douloureux que de comparer ma tronche à celle de y’a dix ans. En revanche, cela me semblait intéressant de faire une rapide comparaison de ma situation entre aujourd’hui et il y a dix ans, justement.

Parce que 2009, c’était une année chargée de mon côté. Mais vous allez le constater rapidement.

En 2009 donc, je travaillais déjà depuis deux ans, du haut de mes 17 ans et demi. J’étais payé au lance-pierres à raison d’environ 500 euros par mois au plus haut de mon salaire, vu que j’étais mineur en apprentissage. Mais avec un loyer de 430 à payer, autant dire que je galérais.
J’avais d’ailleurs emménagé dans mon tout premier appartement, après avoir vécu en foyer. Bon, c’était un taudis absolument pas aux normes, et j’y resterais environ 7 ans. Mais il m’a dépanné le temps que je rebondisse un peu dans ma vie.

Ma vie sentimentale était une catastrophe, et je continuais sur ma lancée post-collège, à me faire harceler au Centre de Formation des Apprentis et sur mon lieu de travail. Ma vie sociale était principalement en ligne, avec notamment ma meilleure amie de l’époque, Marianne, qui vivait à Montpellier où elle faisait un peu de musique. Au mois de juillet, je me décidais à changer de plateforme, pour passer de skyblog à WordPress, sans vraiment d’ambition de durée particulière.

Je me disais également, qu’il faudrait que j’écrive mon autobiographie, parce que je suis quelqu’un d’absolument présomptueux. J’avais des petits problèmes de santé, qui commençaient tout juste à s’installer. Bref, c’était pas trop la fête dans ma vie. J’étais en lourde dépression et j’avais commencé à planifier mon suicide pour l’été qui arrivait.

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Nous sommes donc désormais en 2019, et je peux faire un petit point sur ma vie, un brin plus positif.

Je ne travaille plus depuis des années déjà, pour inaptitude à cause de soucis de santé multiples et cumulés. En revanche je m’en sors tous les mois grâce aux aides sociales, et je parviens à payer mon loyer et mes factures de façon autonome.
J’ai déménagé de mon taudis il y a maintenant presque 4 ans, et même si j’ai un peu collectionné les colocs à la même adresse, je suis heureux de mon appartement actuel, qui est lumineux et bien placé.

Ma vie sentimentale étant complexe, je ne m’étendrais pas sur cette question particulièrement. En revanche ma vie sociale est bien plus établie, pour exemple, je peux difficilement passer plus de 10 minutes dehors sans croiser quelqu’un que je connais. Je suis largement plus populaire maintenant qu’à l’époque, outre parce que je me suis épanoui et ai évolué, mais aussi parce que j’ai su multiplier les occasions de rencontrer de nouvelles personnes.
J’ai d’ailleurs recroisé Marianne l’été dernier, elle est devenue DJ, et elle a même sorti un EP et fait régulièrement des dates ici et là en France.

Je ne pensais sincèrement pas qu’après 10 ans à écrire mes bêtises sur Internet, des gens continueraient à me suivre et me lire régulièrement. Je me suis depuis, sensibilisé à certaines questions comme le féminisme ou les luttes LGBT+, et ce blog a pris une direction que je n’aurais pas su prévoir, même si celle ci est au final, parfaitement logique.

Entre temps, mon projet d’autobiographie a lui aussi pris une toute autre tournure, plus sérieuse, plus pertinente peut-être, mais toujours en construction à ce jour.
Egalement, après des années d’errance médicale, j’ai fini par avoir des réponses à mes différentes interrogations, diagnostic par ci, solutions par là, petit à petit on avance gentiment.

J’ai plus que jamais des choses à accomplir avant de me laisser partir, et il est hors de question que je lâche l’affaire avant d’avoir réalisé tout ce que j’ai prévu de faire.

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Pour conclure, clairement y’a du mieux, et même si tout n’est pas absolument parfait, on s’en rapproche quand même pas trop mal.
Merci de m’avoir lu, et de suivre mes aventures depuis peut-être tout ce temps !
Bisou.

L’année des Frites (Rewind 2018)

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Nous voici comme en chaque 31 décembre, à l’aube d’une nouvelle année, ou plus précisément au crépuscule de celle en cours. Et c’est précisément cette optique là qui nous intéresse, à condition que vous utilisiez le calendrier grégorien, sinon relisez cet article à votre propre réveillon, je n’ai pas vraiment de solution.

Mais trêve de plaisanteries, car finalement, 2018 aura été plus calme que prévu. Enfin, je vous dit cela mais en vrai, j’ai des difficultés à réellement me remémorer ma propre vision de l’année qui vient de s’écouler. Je pourrais faire du mois par mois, mais finalement ça serait juste relativement chiant, et il vous suffirait de faire l’inventaire des articles vous-même. Du coup je vais faire exactement cela, l’inventaire, en ajoutant des infos supplémentaires, mais en m’orientant vers une liste non exhaustive mais plus orientée par thématiques, le tout résumé brièvement (on l’espère).

Vie Militante

Cette année, j’ai notamment collaboré à deux reprises avec Yuffy (de la chaîne YouTube « Tipoui »), une première fois autour d’un article où elle m’a aidé à rédiger une définition un peu sérieuse. Une seconde fois lors de la présentation du film Coby, où nous avons ensemble plus ou mois aidé à animer une séance de débat après ledit film. Même si j’avoue m’en être assez mal sorti, puisque je galère toujours pour m’exprimer en public. J’ai d’ailleurs également participé en mon nom à un autre débat sur la transidentité lors d’un séminaire sur la santé des LGBTI, mais là encore, je n’ai pas vraiment su me faire comprendre.
J’ai en effet appuyé le fait que parler de la transition uniquement sous le prisme de la souffrance était un peu dommage, et la personne du public a renchéri en disant qu’en effet, la transition c’est formidable et que la souffrance n’était pas pertinente dans les débats. Ce n’était pas exactement mon intention que d’établir cette conclusion là, donc bon.

Mais sinon, 33 articles auront été mis en ligne en 2018, sans compter celui ci. Ce n’est pas nécessairement mon année la plus prolifique, mais j’ai essayé de tenir une certaine forme de qualité tout au long de l’année, qui je l’espère, s’est ressentie.

Vie Privée

Cette année a été placée sous le signe de la réappropriation corporelle, en ce qui me concerne en tout cas. Je suis en effet repassé par trois fois sous les aiguilles de tatoueurs, faisant monter le total à 7 pièces qui ornent mon corps. Cette année nous avons fait les deux épaules et la seconde partie de ma jambe gauche. Si tout se déroule comme prévu, dans le premier ou second tiers de 2019, je devrais d’ailleurs finir mon triptyque animalier sur ce même mollet.

Egalement, je suis parti un gros weekend en vacances sur l’île d’Oléron, où j’ai pu me baigner dans la mer, et également dans l’océan quelques semaines avant, du côté de Lège-Cap-Ferret. Ça m’a fait un bien fou, puisque je n’avais pas pu réellement me baigner depuis de longues années, et j’avais oublié la sensation d’être complètement immergé dans l’eau.

Vie Administrative

En 2018, j’ai fini de compléter mon changement d’Etat Civil. Carte d’identité, Carte Vitale, chéquier bancaire et tout le reste. Il ne me reste réellement que mes diplômes à faire modifier, mais cela s’avère assez complexe, puisqu’il y a une date limite avant que ceux ci ne soient totalement archivés, et ladite date a été dépassée, du coup si il y a un·e expert·e dans la salle, envoyez moi un mail.

Vie Sociale

Cette année a été riche en rencontres de nouvelles personnes, toutes plus chouettes les unes que les autres. Ça a aussi été des tensions qui émergent, du drama à régler au kilomètre, et la consolidation de relations déjà pré-établies.
Plus récemment, une embrouille sur les internets avec des inconnus m’a permis de constater que mes proches et même mon cercle plus éloigné, me soutiennent dans mes mésaventures. J’ai été submergé par l’amour et la compassion, et cela m’a rappelé que je ne suis pas seul, et que beaucoup de personnes que j’ai choisi pour m’entourer, m’aiment et m’apprécient au point de prendre ma défense.
Bref, de l’amour par brouettes entières.

Conclusion

Ce qu’on peut dire à propos de 2018, c’est que ce fut une année remplie d’émotions, bonnes comme mauvaises d’ailleurs. Entre les rebondissements qu’on a pas vu venir, ou au contraire des bonnes surprises qu’on n’espérait plus.
Bref, une année mouvementée sur plus d’un plan, bien que je la soupçonnais d’avance d’être très chargée, et elle ne l’a finalement pas été tant que cela, mais elle ne fut pas nécessairement de tout repos pour autant. Et cette phrase est très alambiquée.
Je vous dit tout ça mais en vrai là, il est actuellement 4h du matin tandis que je martèle mon clavier, alors je suis au bord de l’agonie de fatigue, donc je boucle un peu plus vite que prévu mon article. Parce que si 2018 m’a bien appris un truc, c’est que je ne sais toujours pas respecter mes propres délais !

Allez, bisou et bon réveillon !

Fosse Commune

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En 2013, j’étais en plein dans le creux de la vague de ma dépression. Je sortais à peine d’une grosse rechute suite à la séparation avec mon ex.
Très ironiquement, c’est une autre ex (et également amie) qui m’a parlé d’un appel à contributions pour un projet artistique autour de la mort.

Il s’agissait dans un premier temps de rédiger un courrier postal où l’on devait décrire, raconter, avec peu de mots ou au contraire à grand renfort de détails et autres longues phrases alambiquées, la façon dont on visualisait sa propre fin. Entre le fantasme ou l’angoisse véritable,  chaque participant était assez libre de ses choix.

Et après réception de ce courrier, l’artiste LMG « Nevroplasticienne » comme elle se nomme elle-même, après numérotation de chaque lettre, classement et moult référencement individuels, produisait une interprétation visuelle sous la forme d’un dessin au graphite et à la mine de plomb.
Enfin, une fois les 365 courriers transmutés par la force créatrice en dessins, ils ont été rassemblés en un livre. Le projet Épitaphes est devenu l’ouvrage Fosse Commune.

Si je finis par vous en parler seulement aujourd’hui, environ 5 ans plus tard, c’est parce que je l’ai finalement rencontrée cette artiste.

Suite à la sortie du livre, il a été annoncé une date limite d’un an ou deux (j’ai oublié), pour que chaque participant·e récupère l’original de son dessin, ainsi que le livre si iel le souhaitait.
J’ai donc rencontré LMG, et laissez moi vous dire que j’ai été (agréablement) surpris !
Bien loin de l’image de l’artiste froide et ultra sérieuse que je m’imaginais, non pas qu’elle ne soit pas sérieuse, mais elle ne portait pas cette espèce d’aura qui laisse sans voix par crainte de dire une bêtise face à elle.

LMG est quelqu’un qui m’a immédiatement mis à l’aise et rassuré, très chaleureuse, accessible et pleine d’humour. Elle m’a raconté que beaucoup des participant·e·s lui avaient fait la même remarque que moi : cette surprise, de ne pas du tout correspondre à l’image mentale de chacun·e, à savoir potentiellement distante, un peu gothique, l’artiste torturée classique quoi. Après tout, elle a entre autres réalisé des pièces avec du sang et des matières fécales, donc bon, on s’attend à tout !

Au lieu de ça, elle s’est réellement intéressée à mes tribulations, ma vie en général, et avait suivi avec attention mon Changement d’Etat Civil, pour lequel elle m’avait même proposé de témoigner. Sauf que, à cause d’une embrouille postale, je n’ai jamais reçu le sien, mais passons.
En tout cas, elle se souvenait précisément du contenu de ma lettre, même 5 ans plus tard, et j’ai donc pu la rassurer le fait que, quand même, j’allais bien mieux dans ma vie actuelle. Rien n’est encore gagné, mais on y arrivera doucement, et nous sommes bien loin de mon état mental de 2013.

Notre entrevue fut malheureusement assez brève, par souci de planning de chacun, mais m’a néanmoins beaucoup touché, et je tenais aujourd’hui à en parler.

Ceci étant dit, l’ouvrage Fosse Commune n’est pas à mettre entre toutes les mains. Déjà parce qu’il pèse une tonne et qu’en trimballer deux dans le RER a failli achever mon sac à dos. Mais blague à part, parmi les 365 dessins, tous ne sont pas nécessairement si abstraits, il y a notamment pas mal de penis et de vulves en gros plan, anatomiquement très réalistes. Il y a également pas mal d’animaux dont plusieurs très beaux chats, quelques lapins, des cerfs et j’en passe.
Dans l’ensemble des choses graphiquement très intéressantes, mais à consulter avec un esprit un minimum averti.

Le livre en lui même est assez massif, et fait 1,8 kilos. La préface est, comme on s’y attend, très spéciale, à mi-chemin entre le mystique et le glauque, histoire de se mettre dans l’ambiance. Mais comme me l’a dit LMG, avant de partir pour d’autres aventures : « On finit tous par mourir, quoi qu’il advienne ».
Et cet ouvrage est probablement plus à son image que je ne me l’imagine. Plein de très belles choses, malgré la thématique qui reste encore aujourd’hui assez tabou. Une espèce d’Ode à la mort pour mieux savourer le temps qu’il nous reste à chacun.

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Grosse Ambiance dans ma chambre ! (épitaphe à droite)

Bouquin massif et traces de doigts.

Tous pour un et un pour cent

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Encore aujourd’hui, je ne parle que rarement de ma maladie, quasiment jamais ouvertement, et encore moins ne la nomme. Parce que, encore aujourd’hui, j’ai peur de la réaction des gens.

Que ce soit la stigmatisation quasi omniprésente, les diverses « blagues » sur la question qui continuent de perpétuer la propagation de fausses informations à ce propos, ou même trop souvent le personnel soignant qui n’est pas éduqué à ce sujet.
Je n’ai aucune honte à en être atteint, mais la société, les médecins, certains personnes que je côtoie, tous essaient de m’en convaincre. De ce fait, je garde le silence.

Je n’ai pas l’audience suffisante pour juger utile de m’exprimer sur ma maladie, et j’ai probablement tort. Du coup, pour esquiver cela, je parle autour de la maladie, et donc de ses conséquences : la médication, les hospitalisations, la maltraitance humaine etc.
Vous ne me verrez jamais la nommer ici, sauf si mon audimat explose un jour. Mais j’estime qu’il n’est pas nécessaire d’écrire son nom pour que chacun·e comprenne, et même si vous ne devinez pas, ce n’est pas crucial. Ce qui me tient à cœur, c’est que vous en compreniez les conséquences, les points à améliorer, comment venir en aide aux autres personnes qui en sont atteintes, et pas seulement comment j’orthographie ma maladie.

Je suis presque un cas d’école, entre mon identité de genre, mes différentes pathologies et mon surpoids. Je suis ce mec qui décide d’acheter 48 melons mais qui en perds 9 en route, dans les problèmes de mathématiques : je suis une anomalie statistique, et pourtant, j’existe bel et bien.

Jadis, il m’est arrivé de me bercer de l’illusion que les personnes qui étaient alors au courant l’acceptaient parfaitement, mais il a fallu que j’ai des crises face à elleux. Et ce que j’ai lu dans leurs yeux n’était pas l’incompréhension ou la gêne, mais la terreur que ça recommence. Et ce fut incroyablement blessant, du coup je suis devenu méfiant.

Je ne sais plus exactement où je voulais en venir avec ce billet, mais j’avais néanmoins besoin d’écrire tout ça. De relater ce que c’est de vivre quotidiennement avec un « secret », voire même plusieurs en ce qui me concerne. Tout comme pour mon identité de genre, je garde pour moi un certain nombre de choses, et je n’en expose qu’une infime part, même en pleine confiance face à quelqu’un.

Chaque jour est une victoire sur la vie, d’être parvenu à me lever le matin, de ne pas avoir fait de rechute dans la journée malgré les différents symptômes, et de m’être endormi avec l’illusion que ma journée pouvait sembler commune, normalisée. C’est un effort de tous les instants, mais je ne tiens pas à ce que l’on m’en félicite, et je ne tiens pas non plus à être un exemple à suivre.
En revanche, je voudrais juste être pris en compte, dans mon intégralité, ce qui est paradoxal puisque je ne l’évoque jamais, cette entièreté justement.

Peut-être qu’un jour, j’aurais le courage d’affronter mes angoisses profondes et parfois traumatiques, et je vous exposerais en détails ce qui m’affecte. Mais pas aujourd’hui malheureusement, parce que je ne m’en sens pas encore la force.
Prenez soin de vous.

We will not be silent

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Pendant très longtemps, j’étais en première ligne dans la bataille pour comprendre ma propre identité. Il m’a fallu rencontrer d’autres garçons trans pour concevoir ce qu’était la transidentité, et réaliser que la question me concernait de près.

Si j’ai effectivement eu des ami·e·s assez proches qui vivaient la même chose que moi, la plupart des informations concernant le parcours, qu’il soit médical ou administratif, j’ai dû les trouver seul.

Si vous je dis tout ça, c’est entre autres parce qu’il y a quelques jours j’ai rencontré un jeune homme en tout début de parcours. Et notre conversation m’a confirmé ce pour quoi je vous écrit régulièrement.
Je me dis parfois que je dois saouler mon lectorat à raconter les tribulations de ma propre transition. Et d’autres fois, je me rappelle que je ne fais pas ça uniquement pour moi. Même si j’enfonce parfois des portes ouvertes, à grand renfort de niaiserie et d’espoir en l’avenir, mes mots touchent parfois juste, et c’est loin d’être ma seule illusion qui me permet de l’affirmer.

En début de transition, je n’avais pas vraiment de « modèle » dans la vraie vie, qui me permettait d’affirmer que la suite serait agréable. Je suivais pourtant quelques hommes transgenre sur les internets, mais ça me rendait plus triste qu’autre chose, parce que j’avais la sensation que jamais je n’arriverais jusque là. Tous étaient à plus de 5 ans de parcours hormonal, déjà opérés, tous musclés et bien loin de ma réalité.
Du coup, je me suis donné pour objectif d’être un éventuel « modèle » de proximité, pour les jeunes gars trans qui croiseraient mon chemin. Comme un oncle sympa, un voisin moustachu.

En conclusion, ce message s’adresse à tous les petits garçons en devenir, qui pensent que le cispassing prends 10 ans, et qu’être musclé est forcément un impératif.
Quelque soit votre carrure, quelque soit votre voix pour le moment, quelque soit votre taille, rien n’est impossible.
Je fais 1m65, j’ai un IMC de 45. Ça ne fait pas encore trois ans que j’ai commencé la vitamine T, aucune chirurgie d’effectuée, et pourtant je défie quiconque de deviner que je suis trans.

Levez de la fonte si ça vous chante, faites surtout du sport parce que ça vous fait du bien. Cheveux longs, cheveux courts, aucune obligation là dessus, prenez surtout soin de vous.
Si votre entourage est méchant, changez-en. Moi j’leur pète les genoux.

Bisou !