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Pas pendant que je supervise !

Aujourd’hui, nous aborderons le choix délicat qu’il y a de choisir entre la quiétude du cispassing, ou d’afficher frontalement son soutien face à d’autres personnes LGBT+.

Le choix est réellement difficile, moi-même je me pose la question quasi quotidiennement. Sur les internets, et notamment via ce blog, j’estime m’afficher suffisamment publiquement pour me permettre d’affirmer que je peux être un soutien pour mes camarades LGBT+. J’essaie de faire passer cette impression, tout du moins. D’ailleurs il est relativement fréquent qu’atterrissent dans mes messages privés sur le facebook, des jeunes personnes FTM qui sont en tout début de transition et ont mille questions. Et je le conçois totalement.

Même si les débuts de ma transition ne remontent qu’à 2015, et c’est pas si loin mais en même temps ça me semble comme une éternité.
D’un côté je suis véritablement honoré qu’on m’envoie ces jeunes individus, parce que cela me permet de perpétuer l’effet d’entraide que l’on m’a apporté quand j’étais dans la même situation. Mais dans le même sens, cela me fiche une pression monstrueuse, car j’ai peur de dire des bêtises, je ne veux pas avoir la responsabilité d’être une quelconque référence en matière de conseils pour jeune transidentitaire.
Je suis donc ravi d’aider, mais ne prenez pas mes mots comme une parole d’évangile, diversifiez vos opinions, faites un « contre-diagnostic », je ne suis pas à l’abri de dire n’importe quoi.

Et ceci était une grosse parenthèse.
Là où je voulais en venir à l’origine, c’est que très fréquemment, je dois choisir entre m’outer gratos, ce que je n’apprécie pas foncièrement, ou laisser passer des horreurs.
Je commence à me connaitre, et quand je suis pris de colère ou juste très investi par un sujet, il m’arrive de laisser échapper des petits éléments qui « trahissent » ma réalité. Et ça m’ennuie.
Ça m’ennuie parce que le contenu de mon pantalon ne regarde que moi, et oui, je parle directement de mes boxers parce que c’est immédiatement ce à quoi pensent les gens en règle générale. Plus spécifiquement, quand ils ne sont pas déconstruits sur les questions de genre, mais passons.

Je ne sais pas comment afficher mon soutien, sans spécifier que je suis concerné, et je ne sais pas comment altérer certains détails sans me fourvoyer.
Du coup, j’ai l’impression de mener un genre de double vie, comme au début de ma transition, mais pas de la même façon.

J’en avais parlé un peu avant mon coming-out, que j’avais cette sensation de dualité désagréable, entre ma vie sur internet et dans ma tête, qui étaient bien distinctes de mon quotidien dans la vraie vie.
Et à présent, l’ambiguïté demeure, mais différemment. J’ai l’impression d’avoir une énorme pancarte lumineuse sur Twitter et sur ce blog, où il est écrit transgenre en lettres qui clignotent, avec une flèche vers un portrait de moi où je fais une tête absurde en faisant coucou de façon très motivée.
Et à côté il y a la vraie vie. Où, sauf bourdes de mon entourage plus ou moins proche, personne ne devine ma transidentité.

Du coup, je ne sais pas.
Je ne sais jamais dans quel contexte je peux me permettre de m’afficher sans danger, sans remarques, et surtout sans fichue question intrusive. Des fois je pense que c’est safe, mais en fait ça ne l’était pas tant que ça. Et je me dis toujours que j’aurais plutôt dû m’abstenir de l’ouvrir.

Je ne sais jamais non plus comment mon regard peut être perçu. Quand je vois un couple homo dans la rue, j’ai envie de leur faire un sourire, parce que la visibilité c’est important, et que ça fait bien plaisir d’en voir s’afficher sans la honte que la société leur inculque d’avoir.

Mais voilà. Tant de questions, tant de directions dans lequel cet article est parti, et pourtant, si peu de réponses.
Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse archiduchesse fesse ON A PLUS LE TEMPS MICHEL.

*mic drop* *bruit de chute dans les escaliers*

Vrac #23

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C’est moi que je l’ai fait (la photo) !

C’est amusant comme l’inspiration ça tient à peu de choses. Des bribes de phrases, des morceaux de mots, des bouts d’idées et des extraits potentiels.

Et depuis quelques jours, je n’en suis rendu qu’à ça : rien. Pas l’once d’un sujet, pas l’ombre d’une thématique. Et c’est d’une frustration telle, que je me forcerais presque à l’écrire aujourd’hui. Le rien à perte de vue. J’ai l’impression de prendre mon inspiration à pleines mains et que celle ci me coule entre les doigts bien malgré moi.

De ce fait, j’ai plusieurs morceaux de début de texte qui cohabitent dans mon cérébral depuis des jours. Rien de concret, seulement des débuts de possibilités. Et si je ne les pose pas en martelant mon clavier, je pense devenir plus fou que je ne le suis déjà. Du coup, aujourd’hui, un vrac d’éléments qui auraient pu devenir, mais qui faute de mieux, n’ont pas pu aboutir. Peut-être y reviendrais-je, peut-être pas, on verra.

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Le gentil connard

Je le dis souvent, que je suis un connard, mais comme je n’ai pas une tête qui y correspond, personne ne semble y croire. Pourtant, il m’arrive parfois d’être méchant, même involontairement, ou tout simplement de laisser sortir mes mauvaises émotions. Et ça semble surprendre les gens.
J’avais pourtant prévenu que j’étais un connard, afin de niveler le terrain d’avance. Histoire de me donner plus de marche de manœuvre, baisser l’ambition dès le départ, ainsi que les attentes à mon égard.

C’est un peu comme les bonnes notes à l’école, si tu en ramènes régulièrement, c’est normal et attendu, mais si tu te vautres lamentablement, tu te fais engueuler.
Là c’est pareil. J’avais pourtant prévenu que j’étais pas toujours gentil, et quand je suis calme, tout le monde s’accorde à dire que c’est normal. Mais si je sort de mes gonds, ça surprend les gens.
Oulala, mais t’es pas trop gentil tout le temps en fait?  Non. Je vous avais dit que j’étais un connard, ce n’est pas de ma faute si personne ne voulait y croire.

Je voudrais que ce soit ça le secret : baisser les attentes des gens pour mieux les surprendre.
La seule condition c’est qu’ils y mordent dès le départ, et ce n’est pas toujours le cas en fait.
Il n’y a pas de conclusion à établir, je n’ai pas toutes les clés en main.

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Pas comme les autres

Voilà une réflexion qui mériterait que l’on s’attarde plus longtemps dessus, mais d’autres l’ont fait mieux que moi je suppose, et la page blanche me menace, donc ce sera un très rapide tour de la question.

Il y a une tendance, probablement vieille comme le monde, qui est de se détacher pour mieux cracher, le tout afin de s’élever du reste.
Concrètement, ça se traduit par toutes ces personnes, généralement des filles, qui se disent « différentes des autres (filles) ». Elles décident de se désolidariser de la moitié de la population, pour être mieux considérées, généralement par l’autre moitié, mais pas seulement.
Ça se voit aussi dans les univers dit « féministes ». En dehors du militantisme en fait, où des personnes se disent féministes mais pas vraiment féministes. Dans le sens où, elles sont pour l’égalité, mais sans « l’hystérie usuelle ».

Alors je vais pas faire un cours d’histoire, mais les suffragettes, celles qui se sont battues pour obtenir le droit de vote, bah elles posaient des bombes. Donc pour l’hystérie on repassera.

On le voit aussi dans le milieu LGB(T). Des personnes homosexuelles qui, osent déclarer qu’iels sont bien homos, mais pas non plus d’humeur Gay Pride h24.
La marche des fiertés, à l’origine, c’est les émeutes de Stonewall en 1969, et c’est une femme trans qui a lancé le premier pavé.
Du coup, le fait de se désolidariser pour mieux s’élever, c’est cracher sur la mémoire des gens qui, bien avant nous, se sont battus pour nos droits, avant même que nous ne prenions nos tripes à deux mains pour affirmer qui l’on est.

Pour conclure, ce n’est pas en écrasant les autres qu’on s’élève seul, c’est en se soutenant les un.e.s les autres qu’on progresse tou.te.s ensembles, et qu’on parvient à faire avancer les choses. L’égoïsme n’est pas adapté à toutes les circonstances.

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Manger les fleurs

Je finirais sur cette petite pensée, assez anecdotique au final. Que lorsque l’on nous formule un compliment, la réception dépend tellement de notre background personnel, que sa perception s’en verra drastiquement différente selon le contexte d’où l’on baigne initialement.
Pour exemple, si on me dit que je suis joli, je vais faire une blague pour détourner le sujet, parce que je n’y crois pas une seule seconde, parce qu’on m’a fait comprendre toute ma vie que j’étais dégueulasse à regarder. Et même si je ne suis pas si monstrueux, le matraquage a fini par me faire douter.

Autre exemple, si on dit à mon coloc, qu’il est tellement carré sur le feminisme, sur son blog, qu’on pourrait penser que c’est une nana dans la vraie vie, il va être honoré.
Si on me formule exactement la même chose, je vais être criblé par la dysphorie instantanément.

Mais voilà, je trouvais ça amusant, à y reflechir quelques instants.

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Bref, c’est tout pour aujourd’hui, j’espère que ce vrac vous aura plu, et si vous avez des éléments supplémentaires à apporter qui vous semblent pertinents ou juste rigolos, la section commentaires est ouverte !

Stardew Valley

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Alors que je m’apprête à conclure quatrième été, après plus de 120h de jeu, il serait temps que je vous fasse un compte rendu de ce petit bijou qu’est Stardew Valley, que nous appelleront SV pour simplifier mon article.

Pour la petite histoire, le jeu est sorti le 26 février 2016, et quelques jours plus tard, soit début Mars 2016, mon coloc du moment en faisait l’acquisition sur GoG (une alternative à Steam). Il m’en filait une copie et je perdrais ma vie jour et nuit sur le jeu pendant plus d’une semaine. Le 14 mars 2016, j’ai fini par acheter le jeu moi-même sur Steam, parce que je souhaitais avoir ma propre copie peu importe la machine sur laquelle je jouerais.
J’ai fini par lâcher SV un mois ou deux plus tard, à la moitié du second printemps en jeu, pour finalement méchamment retomber dedans y’a trois mois de ça. Depuis j’y joue de manière relativement frénétique, et constate que trop peu de mes ami.e.s connaissent son existence, et que je les saoule tellement avec SV qu’il me faut bien finir par écrire un billet à son propos. Et c’était l’introduction la plus inutile ever, mais j’aime bien détailler pour rien.

► Le pitch (non pas le gâteau mou là)

Vous êtes qui vous voulez, garçon ou fille, c’est pas super important, mais ce qui l’est, c’est que votre grand-père vous a laissé en héritage sa ferme agricole, dans un coin paumé de la campagne. Et libre à vous d’en faire bien ce que vous voulez. Un vaste espace de plantations, un immense terrain pour élever vos animaux, une simple surface à déboiser, ou un savant mélange de tout ça. Le choix vous appartient.
Mais vous n’êtes pas seul au monde dans ce village, en effet, toute une communauté autonome vous sert de voisinage, libre à vous d’interagir avec eux, ou non, mais c’est quand même plus sympa de le faire, et je reviendrais plus loin sur ce point.

Serez vous un suppôt du capitalisme? Ou un gentil hippie travailleur? Un combattant acharné? Ou un simple pêcheur? Les possibilités sont infinies dans la vallée, mais gare à l’âme de votre grand-père, qui vous surveille depuis l’au delà…

► Un carrefour des genres

Le problème avec ce jeu, si vraiment problème il y a, c’est de parvenir à le décrire sans utiliser trop de comparatifs. Disons que c’est un croisement de plein de styles de jeux connus, mais assemblés en un seul, pour un résultat on ne peut plus prenant.
Disons qu’on y retrouve un aspect Harvest Moon pour la gestion de sa ferme, un petit quelque chose de Animal Crossing en plus élaboré concernant le voisinage, et un gros morceau de RPG pour la mine, les différentes quêtes ou encore la pêche.

► Pas si simpliste

Une année en jeu se compose de 4 saisons (printemps, été, automne, hiver), chacune de 28 jours, soit 4 semaines. Chaque journée débute à 6h du matin, et se termine quoi qu’il arrive à 2h du matin, donc à vous de gérer votre temps comme bon vous semblera.
Le calendrier rythme vos journées, puisque chaque jour de la semaine a ses spécificités et ses événements aléatoires. Par exemple, la supérette qui est fermée le mercredi, ou encore les poissons qui n’apparaissent que les jours de pluie.

Outre la quantité astronomique de choses à faire, le jeu se prend rapidement en main dans une sorte de routine quotidienne propre à chaque saison. En hiver par exemple, sauf certaines exceptions, aucune plante ne poussera sur votre terrain. Ou lorsqu’il pleut, vos plantes n’ont pas besoin d’être arrosées, ce qui vous laisse le champ libre pour moult autres activités dans la vallée.

Il faut voir votre année en jeu sur le long terme, savoir stocker les bons éléments, vendre les moins importants, toujours garder assez de foin pour passer l’hiver sans vous ruiner si vous décidez d’avoir des animaux.
Et selon la « route » qui vous choisirez, certains items seront plus complexes à obtenir que d’autres, voire impossibles à choper dès la première année. Tout est question de patience et d’organisation.

► Une certaine forme de progression sociale

Je parlais plus haut des autres habitants du village, et je tiens à souligner qu’ils sont bien plus que de simples PNJ (personnages non-joueurs), puisqu’ils ont chacun leur caractère propre et leur petit background. Egalement, il y a un système interne de sociabilisation avec eux, si vous leur parlez suffisamment, et que vous leur offrez les bons cadeaux (avec des bonus non négligeables si vous pensez à leurs anniversaires).

Et parmi les habitants, il y a un certain nombre de célibataires, non restreints par votre genre de départ (tout le monde est potentiellement pansexuel, youpi!). Vous aurez la possibilité, si vous jouez avec un peu de finesse, d’en épouser l’un.e d’entre elleux.
Sans même parler des nombreuses petites cinématiques à chaque palier d’amitié, avec tous les PNJ.
Mais j’en ai déjà trop dit.

▼ Pour conclure

Je pense que vous l’avez déjà suffisamment compris au fil de cet article, j’adore ce jeu. Il est vraiment très complet, et même si planter des patates et traire les vaches ce n’est pas votre truc, vous aurez quand même le moyen de vous amuser en participant au reste de la palette des activités possibles, et des nombreux secrets à dévoiler dans Stardew Valley.
Le seul réel point négatif, c’est qu’il n’a pas encore été traduit en français pour le moment, mais ce n’est qu’une simple question de temps.

Le jeu est disponible pour Windows, Xbox One, Playstation 4 et prochainement sur Switch.

Y’a pas de honte à être cisgenre

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Pour la première fois depuis bien longtemps, le titre de cet article va correspondre à son contenu. On a aujourd’hui, revenir ensembles sur la définition du mot cisgenre, et en quoi celui ci n’est aucunement une insulte.

« Mais en fait ça veut dire quoi cisgenre? »

C’est une question que l’on me pose beaucoup, parce que le terme est très pratique et que donc je l’emploie pas mal dans mes articles et aussi en conversations de la vraie vie véritable. J’ai déjà dû en donner la définition par le passé, mais comme cet article ne servira qu’à ça, je la replace ici.
Cisgenre, ça désigne une personne qui se sent en adéquation avec le genre qu’on lui a assigné à la naissance.
Son contraire (antonyme) est transgenre, puisque le terme désigne une personne qui ressent son genre profond comme différent de celui qu’on lui a assigné à la naissance.

Le mot cisgenre est ce que l’on appelle un rétronyme. C’est à dire un mot que l’on a altéré, ou auquel on a rajouté un préfixe ou suffixe, pour en améliorer son sens, et/ou le différencier d’un autre très similaire. Les rétronymes apparaissent très souvent en conséquence des avancées de la technologie.
Pour reprendre le même exemple que ma comparse Luna dans son article sur le même thème, le mot téléphone. Avec l’arrivée des téléphones portables, il a fallu accoler le mot « fixe » à téléphone pour le distinguer de celui qu’on emporte avec soi (le portable donc). Et c’est aussi simple que ça.

De ce fait, le terme de cisgenre a été créé pour nommer les individus « non-trans » et ainsi éviter les classiques horreurs de personne « biologique » ou « normale », qui sont des façons de formuler tout particulièrement violentes.

« J’ai déjà été traité de sale cisgenre ! »

Nous arrivons donc à la seconde partie de cet article, qui sera plus courte, de pourquoi cisgenre n’est aucunement insultant.

Être cisgenre n’est pas plus insultant qu’être blanc, ou qu’être hétérosexuel ou encore valide. C’est simplement faire partie d’une majorité statistique (et encore, je parle de la France uniquement).

Et ce n’est pas parce que des gens l’utilisent de manière insultante que ça l’est, en fait. Si quelqu’un te traite de « sale noir », cela ne fait pas du mot « noir » une insulte, c’est un état de faits, et c’est l’insulteur qui est raciste en fait. De la même manière que des gens détournent des mots de leur définition première, des personnes peuvent être agressives sans justification sur l’instant, et balancer des termes qui s’adaptent à leur interlocuteur, donc à ce moment là, cela peut être le mot cis.

Être cisgenre n’est pas une insulte, c’est au mieux un privilège, au pire une assimilation à un paquet de vieux sacs qui n’ont pas la moindre once de décence et qui harcèlent les nanas dans la rue.
Chaque catégorie d’individu souffre des clichés à son égard, et celui des mecs cisgenre, c’est d’être des agresseurs.

Ma solution : si vous vous sentez insultés en entendant le mot cis lancé sur votre visage, arrêtez de faire des blagues sur le viol, ou de les cautionner, arrêtez de féliciter vos potes quand ils ont des comportements de merde. Et peut-être que le cliché disparaîtra en même temps que vos angoisses.

Suite à une longue réflexion en interne, cet article a une nouvelle conclusion, que voici :

Mes écrits ne sont pas gravés dans le marbre, et des fois, il faut savoir mettre sa fierté de côté et assumer la responsabilité de ses erreurs, suffisamment pour pouvoir les corriger.

Comme souvent, j’ai lancé en presse un article sous le coup d’une forte émotion, et ce billet en apparence éducative n’y fait pas exception. C’est avec de la bile au bord des lèvres que je me suis lancé dans la rédaction de ce sujet, parce que j’ai encore fait l’erreur de lire les commentaires des gens sur l’internet, des contacts de mes propres amis pour être exact.
Mais j’ai fait une erreur. Celle de croire que tous les gens se valent, ou que tous les avis sont pertinents. Entre Jean-Michel raciste du PMU du coin, et random gentil garçon, il y a un gouffre, celui de la décence.

C’est pourquoi, je tiens à présenter mes excuses aujourd’hui, à toutes les personnes, cisgenres ou non, que j’ai pu heurter.
Parce que répondre aux abruti.e.s avec leurs propres armes, c’est s’abaisser à un niveau indigne.
« Ne pas reproduire la haine, c’est valoir mieux que ça. »
La colère est normale, mais il est inutile de croire qu’en répondant à la violence par autant de violence, on fait avancer le débat. Je ne vaux pas mieux que les gens abjects si je généralise autant qu’eux. Si je suis incapable de ne pas reproduire ce que je reproche à ceux d’en face, je ne vaux pas mieux que ceux contre qui je m’indigne.

Dès lors que l’on passe de victime au beau rôle de l’oppresseur, de par la majorité statistique d’un milieu; dans le sens où l’on en adopte les comportements, nous sommes non seulement aussi bas moralement que ceux qu’on fustige mais aussi une partie du problème qui alimente la haine.
Ce n’est pas parce que la vengeance est compréhensible qu’elle est excusable ni qu’elle doit nous salir.

Tout ça pour dire que, ce n’est pas ce que le mot cisgenre signifie qui est un problème, c’est l’intention avec laquelle il est lancé. Tout comme les mots « homosexuel », ou « noir ». Tout n’est qu’une question de sentiment. N’importe quel mot balancé dans le but de faire du mal, que ce soit « pédé », « cisgenre » ou « crudités », peu importe, du moment qu’il est envoyé au visage avec dégoût et violence, il fera du dégât.

Pour toutes ces raisons, je regrette d’avoir laissé passer ma conclusion initiale, malgré plusieurs relectures, y compris extérieures.

Je la corrige en disant « simplement » ceci :

Car toutes les personnes ne se valent pas, y’en a des mauvaises, y’en a des bonnes. Ne faites pas l’erreur de coller tout le monde dans le même panier sous prétexte qu’ils ont une étiquette commune.
Y’a des gens bien, y’a des gens moins bien, et entre les deux, tout un nuancier.
Et je suis triste que les personnes cisgenre subissent désormais le même traitement que les minorités quelque soit leur catégorie, à savoir, prendre des gros clichés dégueulasses dans la gueule, et que tout le monde trouve ça normal.
Non. Sous prétexte que l’on est censé faire partie de la classification des privilégiés, ne signifie pas que l’on est vraiment à l’abri de subir des violences de toutes sortes.

Ma solution : détachez vous de vos à-priori, ne partez pas convaincu.e.s d’avoir tout anticipé. Laissez-vous surprendre. Des fois les gens, ils sont réellement chouettes.

Florilège #2

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Sois mignon.

Aujourd’hui, c’est le retour du florilège de remarques affreusement transphobes que j’ai pu entendre depuis le premier épisode. Vous noterez qu’elles sont subtilement différentes, mais toutes aussi violentes que lors du premier opus. Et comme je suis vachement sympa, on va décortiquer ensembles en quoi c’est problématique, chose qui n’avait pas été faite la première fois, parce que souvent je suis feignant. Mais pas aujourd’hui, alala, comme je suis merveilleux (non) !

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■ Ah mais du coup, c’est tes seins dans ton espèce de débardeur là?

Alors. La dysphorie, dont on a déjà parlé il y a quelques articles de cela, caractérise un sentiment profond et souvent irrationnel d’inadéquation entre ressenti intime et apparence physique. La dysphorie de genre touche la plupart du temps aux caractéristiques sexuelles primaires (comme les parties génitales) ou secondaires (comme la pilosité faciale ou la poitrine), mais pas seulement.
Et donc, rappeler à une personne trans que tel ou tel morceau de son physique, qu’iel considère potentiellement comme un corps étranger; ne s’accordent pas avec les caractéristiques attendues du genre auquel cette personne correspond, c’est hyper violent.
Je ne dis pas que toutes les personnes transgenre souffrent de dysphorie ou encore que c’est un pré-requis, mais une grande majorité de ces individus en subissent le poids. Donc soyez délicats dans vos propos, choisissez vos mots, ou au mieux ne dites rien. On ne sait jamais.

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■ Tu es trans? Olala, j’aurais pas cru.
■ T’étais une fille avant du coup? Jamais je l’aurais deviné dis donc!
■ Ça se voit pas du tout que t’étais une fille avant ! Nan mais sérieux, j’étais là avec mes potes « ouais et donc le gars machin machin », vraiment, j’aurais JA-MAIS pensé que t’étais pas biologiquement un mec !

Alors, je me suis permis de rassembler ces trois déclarations sous le même groupement parce que chacune ressort de la même mécanique verbale.
Il s’agit de cette espère de surprise malsaine qu’ont les gens quand ils découvrent qu’une personne est trans. Nous ne sommes pas des bêtes de foire, nous ne sommes pas là pour vous émerveiller de par notre existence si « rare ».
Les gens quand ils disent que jamais ils n’ont rencontré de personne trans, ils se fourrent le bras dans l’œil jusqu’à l’os. Parce qu’en affirmant cela, ils déclarent implicitement être capables de différencier une personne trans d’une personne cisgenre rien qu’en les regardant.
C’est non seulement transphobe, mais c’est aussi complètement con. Statistiquement, les personnes trans représentent au moins 1% de la population. Vous allez me dire que c’est que dalle. Sauf que 1% de 7 milliards ça fait 70 000 000 personnes, sauf si je suis une grosse quiche en mathématiques, ce qui est possible. Mais là j’ai vérifié trois fois.
De ce fait, nous sommes Legion un paquet de monde.
En conséquence, la bonne réaction serait plutôt quelque chose comme « ah ok, et sinon tu chausses du combien? » (ou toute autre question bateau du même acabit).

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■ Du coup j’ai dit à [Machine] que t’étais né fille, elle me croyait pas du tout !

On n’oute pas les gens sans leur consentement. Jamais. A aucun moment.
Cela ne regarde pas les gens de savoir ce que contiennent mes pantalons. On s’en fout. Ce n’est jamais important. Sauf si je décide eventuellement de faire des fanfreluches avec ces personnes. Et quand bien même, ce n’est pas votre place que de leur annoncer. Jamais. Nope.

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■ Non mais j’ai plein d’amis trans, et ils m’ont tous dit leur prénom d’avant, du coup c’est quoi le tien?

Peut-être que tes amis trans sont tous très à l’aise avec leur deadname, leur identité pré-transition, appelle ça comme tu veux. Mais moi pas. Mon passé m’appartient, mais ne regarde que moi.
N’essayez jamais de vous justifier pour obtenir des informations aussi privées. C’est encore pire que de simplement demander sans aucune autre raison qu’une forme de curiosité mal placée.
D’autant que je trouve assez malsain le principe consistant à essayer de visualiser mon moi de « avant ». Mon moi de quand j’avais des cheveux longs et que je portais des robes. Spoiler alerte: ce moi n’a jamais existé, sauf peut-être quand j’avais 8 ans. Mais est-on réellement des être humains libres de nos propres décisions à 8 ans? Non. Aptes à avoir des raisonnements oui, mais pas disposés à choisir, parce qu’on a généralement des parents, un tuteur, de la famille, même de substitution qui choisira à notre place, à tort ou à raison d’ailleurs. Mais je m’égare.

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■ J’adore les trans, ils sont toujours magnifiques! Genre des fois, t’as une meuf qui se lève, elle est trop gaulée et tout, et en fait tu te rends compte que c’est un gars.

Alors. Celle là est tellement problématique que je ne sais non seulement pas par où commencer, mais j’ai dû arborer la meilleure poker face de ma vie et me cramponner à mes potes pour ne pas aller emplâtrer la nana à l’origine de ces propos.
C’est pourtant pas compliqué. Si cette personne se présente comme une fille, c’est UNE personne trans, et inversement si cette personne (pas la même du coup, à priori) se présente comme étant un garçon, c’est UN individu trans.
Side note c’est culture c’est cadeau : on dit également UNE drag-queen, et UN drag-king. Le pronom s’accorde avec le genre présenté par le participant.

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■ Je pensais que t’étais gay, vu comment tu es tout délicat, mais en fait c’est parce que t’es une meuf à la base ! Tout s’explique !

ALORS. La transphobie est parfois un savant mélange d’homophobie et de misogynie. Ici un parfait exemple. Un cas d’école si je puis dire.
Il y a autant de types de personnalités qu’il y a de personnes, ne tombons pas immédiatement dans les clichés des homos efféminés et des lesbiennes qui conduisent des camions. Moi par exemple je suis délicat mais j’aime bien les camions, ok?
Il n’y a pas non plus une seule forme de masculinité ou de féminité. La performance de genre s’étale sur un spectre assez large de possibilités. Si une femme cis est un peu brut de décoffrage ou qu’elle ne fait pas la vaisselle, personne ne remets en doute le fait qu’elle soit une femme, sauf peut-être les Jean-Michel-Viriliste. Donc je ne vois pas en quoi le fait qu’un garçon trans soit délicat puisse moins faire de lui un vrai petit garçon hétéro. Le genre et la sexualité sont deux choses bien distinctes, arrêtons de tout mélanger, s’il vous plait.

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■ Et euh, du coup, tu comptes être… « complet » à la fin ?

Il n’y a pas un parcours type de transition. Il n’y a pas de fin à proprement parler, il n’y a pas non plus d’étapes obligatoires. Chaque personne trans peut considérer avoir « fini » son parcours à n’importe quel moment qu’iel souhaite, et iel peut aussi décider que jamais fin il n’y aura, sauf peut-être la seule véritablement existante, à savoir la mort. Et encore, il ne faut pas que cette personne soit croyant.e pour que mon affirmation fonctionne.
…Oh wait, tu veux savoir si je vais avoir un pénis c’est ça? Cela ne te concerne en rien. Sauf si on en vient à fanfrelucher auquel cas je te tiendrais au courant. Mais avec une approche pareille, ça ne risque pas arriver.

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Pour conclure cet article, je vous fait part d’une petite aventure qui m’est arrivée hier soir. C’est le moment mignon pour se laver de toutes ces horreurs citées plus haut.

Je discutais avec une jeune femme de la provenance de la casquette que je portais. Il s’agit d’une magnifique pièce de chez Point 5CC, boutique fondée par Aydian Dowling, et qui a pour particularité de reverser un pourcentage de tout les achats à un fond venant en aide aux personnes transgenre, notamment pour aider au financement des chirurgies du torse.
Elle m’a donc dit qu’elle trouvait cela touchant qu’un mec hétéro comme moi s’intéresse et soutienne ce type de causes. Que c’était vachement chouette, et combien le milieu Queer était accueillant.
Cela m’a fait sourire, parce que cette nana et moi, on a été à la même après-midi piscine, et que j’étais donc en short de bain et binder, et que à aucun moment elle n’a fait les mathématiques dans sa tête de pourquoi je portais alors un binder.

Je suis passé pour un mec cisgenre sans efforts. Et ça peut sembler bête, mais ça m’a fait énormément de bien. Pas de remarque déplacée, pas de question intrusive. Juste un garçon et une fille qui discutent en buvant des verres entourés de gens qui dansent sur de la musique pleine de grosses basses.
Et c’était un instant vachement chouette.

C’est tout pour moi aujourd’hui, le bisou !

Souffle donc tes bougies !

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Aujourd’hui, cela fait 8 ans que ce blog existe.
Soit 2922 jours, en comptant les années bissextiles.

Et les chiffres sont assez hallucinants : Plus de 560 articles en ligne, plus environ 250 qui ont été supprimés avec le temps. Et il en reste encore un paquet à dégager.
Car, et j’ai l’impression de dire ça tous les ans, mais je n’ai gagné en qualité qu’après plusieurs années. Cela doit faire environ 3 ans, que la ligne éditoriale s’est réellement améliorée, et est devenue plus qualitative (on essaye en tout cas).

Je ne poste plus juste pour le principe de raconter ma vie, j’essaie au maximum de dire des vrais trucs, si possible intéressants, et dont on peut tirer des leçons, ou au minimum avoir une opinion sur la question.
Non pas que j’ai déjà menti, ou raconté des cracks, mais qu’on se le dise, c’était aussi chiant qu’inutile.

Et je dois dire que, je ne pensais pas écrire aussi longtemps. Enfin, je ne pensais pas vivre aussi longuement surtout, mais c’est un autre sujet.
Mais il faut bien avouer que, s’il est facile d’ouvrir un blog pour l’été, le tenir sur la durée est un exercice bien plus délicat. Continuer à tenir ce blog ouvert, alors que ma vie change, évolue, bouge dans tous les sens, ce n’est pas chose simple. Entre les périodes de dépression à répétition, et les différents changements de direction qu’ont pris les thématiques abordées, je suis étonné de ne pas tou.te.s vous avoir perdus en route.

Et le fait que cette plateforme ait survécu à tous ces événements pas toujours évidents à gérer, me rend assez fier. Et cela a fonctionné dans les deux sens. Parce que durant certaines périodes, écrire m’a clairement permis de tenir la distance, si je passais huit jours sans sortir de chez moi, au fond du gouffre et en pyjama, je me disais qu’au moins, j’avais produit du contenu, et ça me laissait entrevoir un peu la lumière au bout du rouleau.

Du coup, même si mon lectorat a évolué lui aussi avec le temps, je tiens à vous remercier tou.te.s pour m’avoir soutenu tout ce temps. Que vous soyez lecteurice de la première heure, nouveau venu ou quelque part entre les deux, merci à chacun.e d’entre vous pour toutes ces belles années, et ces milliasses de lignes de texte, lues comme rédigées.

Cela sonne comme un au revoir, alors que bien au contraire, le parcours ne s’arrête pas là, le chemin est encore bien long, je l’espère en tout cas.
A vous comme à moi, je nous souhaite encore de belles années à venir, ensembles.

Merci.

I know that ain’t no way to live

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Hier, c’était la sixième fois en l’espace de quelques mois qu’on me demandait si j’étais homo. Et comme le gars me mettait un peu mal à l’aise par son comportement trop familier à mon égard, j’ai hésité en répondant. Non pas que je sois spécialement sensible aux charmes des messieurs, mais mon hésitation a semblé l’encourager.

Et tout cet échange, et les précédents, m’ont fait me poser cette question, de pourquoi les gens ont l’impression que je suis homosexuel.
J’ai donc demandé à mon coloc, qui m’a étayé le fait que si mon expression de genre était clairement établie comme celle d’un garçon, mon look et mon aspect général, cheveux et piercings inclus, démontrait clairement que j’étais affilié à la communauté queer.

Alors, avant toute chose, je tiens à préciser que je ne me considère pas comme queer moi-même. Car pour moi, derrière ce terme il y a une idée politique, une image de militantisme et d’actions plus ou moins concrètes.
Or, je n’essaie pas d’être politisé, mais ma simple existence, de par certaines de ses spécificités, est indirectement politique, sans que moi-même je ne cherche à revendiquer quoi que ce soit.

Mais pour moi, la théorie est toute autre. Si mon expression de genre est clairement au masculin, je ne performe pas la masculinité comme on l’entend dans les standards de la société actuelle.
Je mélange excentricité et anxiété sociale, ce qui se traduit par une tendance à être exubérant tout en m’effaçant face à un groupe. Et j’ai un look d’adolescent, à base de tee-shirts à motifs rigolos, et de jeans amples et parfois informes. Entre ça et ma puberté tardive, je fais bien moins que mon âge.

Egalement, j’estime ne pas chercher une esthétique de virilité commune. Je ne vais que rarement au conflit, et je suis plutôt délicat. Et si on se base sur tout un tas de clichés de l’esprit collectif, par A+B, tout cela me fait donc apparaître comme homo aux yeux d’un paquet de gens.

Et en soi, ce n’est pas tellement un souci, que j’ai l’air gay, ou que j’ai l’air hétéro. Au pire on s’en fout en vrai. Mais ça m’interroge quand même, de savoir d’où tous ces inconnus me posent la question, et surtout, sur quoi iels se basent?

Toujours en discutant avec Charpi, j’en suis venu à la conclusion que, peu importe notre expression de la masculinité, les gens lisent des trucs sur nos visages, notre apparence. Lui, on lui demande souvent s’il fait de l’informatique, moi on me demande si je préfère les hommes. Et je pensais naïvement que j’avais autant un physique de gros geek que lui, mais apparemment pas. Je pensais naïvement qu’on lui posait aussi souvent la question de s’il était gay, mais toujours pas non plus.
Du coup, il semblerait que je transparais des éléments sans le savoir, et je n’ai pas la moindre idée de ce qu’ils sont.
J’ai incontestablement une tronche de nerd, mais queer. Lui, il a une tête de nerd, mais qui fait des mathématiques. C’est ce qui semble ressortir de notre débat en tout les cas.

Vraiment. Je me demande. Et cela m’amuserait presque, si ça n’impliquait pas de me faire draguer par des mecs de 45 ans. Parce que j’ai conservé des restes de cette éducation précoce à se méfier des hommes, et que je suis bien embêté, de ne pas savoir comment me sortir de ce genre de situations, avec la terreur enfouie de se faire agresser sexuellement.

Enfin bref. Je voulais le poser par écrit, même si ça ne m’apporte pas la réponse au final. Peu importe.

Make a home down there

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« Je ne suis pas raciste, j’ai un ami noir. »

Ah, ce fameux ami noir, ou ami de n’importe quelle minorité visible d’ailleurs. Ce procédé de se dégager des accusations grâce à ses fréquentations porte un nom : la caution morale.

Définissons un peu grâce au dictionnaire le Gros Michel :
Caution, nom féminin du latin cautio (la prudence).
Garantie morale, soutien donnés par quelqu’un, une institution, une autorité ; personne apportant cette garantie. Ex: Agir avec la caution du gouvernement.
La caution morale est donc ici, un individu qui se porte garant des propos d’un locuteur, dans le sens où, cet individu assure l’exactitude et le bon sens des mots dudit locuteur.

Et aujourd’hui, on va essayer de se placer du côté de la caution, et non pas de celleux qui s’en servent.

Ne croyez pas qu’ils sont invisibles, ces gens du quotidien qui se servent de leurs proches comme d’une excuse pour faire passer leurs propos les plus limites auprès des gens avec qui ils conversent. Parce qu’on vous voit, en vrai, on ne dit rien, mais on sait.
Et c’est plus d’une fois qu’on a pu me rapporter qu’untel aurait tenté de se dégager d’accusations de LGBTphobie, sous couvert que nous étions amis. Sauf que moi, je ne cautionne absolument pas. Et je suis loin d’être le seul.

Je sais qu’on dit toujours de laisser la parole aux concernés. Mais rendez vous compte que si même les concernés parviennent à sortir des énormités, soyez assurés que les non-concernés ont un potentiel de bêtise encore plus titanesque.
Attention cependant, je ne dis pas qu’il faut arrêter de débattre des sujets qui ne nous concernent pas, mais au contraire, le faire avec humilité, et se remettre en question quand on pointe du doigt nos erreurs, et non pas se braquer et camper sur ses positions. Parce que c’est souvent lorsque l’on est poussé dans nos retranchements que l’on fait alors appel à la caution morale.

Le problème étant, que c’est non seulement blessant pour la personne qu’on invoque alors, mais c’est aussi particulièrement irrespectueux. A la fois pour la personne concernée, comme pour nous-mêmes.
On ne peut pas justifier tout et n’importe quoi sous couvert d’être ami.e avec des minorités. C’est là une question de respect, et de décence.

De la même façon qu’un misogyne peut avoir une compagne, un.e raciste peut avoir des amis racisés, et ainsi de suite pour toutes les spécificités hors du carcan blanc cis-hetéro valide. Sans compter que au sein des communautés, les problèmes ne se recroisent pas forcément, et on peut ainsi cumuler. Il y a des homos misogynes, des lesbiennes racistes, des trans validistes, et toute la fanfare qui s’en accompagne.

Et j’ai le sentiment qu’il y aurait encore bien des choses à dire sur le sujet, mais je vais m’arrêter là pour deux raisons : je voudrais publier avant 2h du matin, et je voulais rester simple et accessible. Disons que c’est un premier pas, comme un avant goût qui, je le souhaite sincèrement, nous poussera à y prêter plus d’attention, et à nous eveiller sur la question.

En conclusion: les minorités ne doivent pas vous servir d’excuse. Et être issu d’une minorité ne vous octroie pas tous les droits non plus.

I will summon you

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*BOOP*

C’est amusant quand même, la vitesse à laquelle les choses évoluent, d’un point de vue individuel. J’ai à peine fêté mon 1er manniversaire, que je constate déjà ne plus considérer certains détails de la même façon.

Au début de mon parcours de transition, au moment de mon coming-out plus précisément, je tenais à ce que tout le monde soit au courant, pas nécessairement de ma transidentité, mais du fait qu’il fallait me genrer au masculin. Et de ce fait, les gens additionnaient 2 + 2, et ça faisait automatiquement de moi une personne trans.

A présent, l’approche est plus délicate. Je ne prends pas la peine d’expliquer aux nouveaux gens que je rencontre, que je suis un garçon, parce que ça se voit sur ma gueule, il n’y a aucun doute sur la question. Mais je ne précise pas forcément que je suis transgenre. Parce que je ne juge pas cela utile. Et parce que je considère que mon passé n’appartient qu’à moi, et que ça ne regarde pas les gens de savoir ce que contiennent mes boxers.

Et du coup, c’est un exercice de subtilité au quotidien, en particulier en soirée, quand je discute avec des inconnu.e.s, d’avoir des réponses qui me viennent automatiquement aux questions qui sonneraient presque comme des reproches.

Quoi? J’ai bientôt 26 ans et à peine trois poils au menton? Ouais, mais j’ai eu une puberté tardive.
Comment? Tu as entendu que mon ami.e parlait de mon traitement? Oui, j’ai un dérèglement hormonal, rien de bien grave, mais j’ai besoin d’un supplément en testostérone pour éviter les inconvénients liés à ce déficit.
Hein? Comment suis-je aussi renseigné sur les règles? Bah, j’ai deux sœurs moi tu sais, dont la plus grande avec seulement deux ans d’écart, forcément, même sans le vouloir, tu en apprends des choses sur le sujet.
Tu dis? Pourquoi j’utilise la cabine plutôt que la pissotière? Question d’habitude, je préfère m’asseoir, je trouve cela nettement plus confortable. (merci Wolf pour celle là d’ailleurs)

Bref, tout un tas de situations où il m’a fallu créer des automatismes verbaux, par souci de « sécurité », et surtout histoire de me rassurer de ne jamais être « révélé » au grand jour et subir des remarques désobligeantes (car il y en a).

De ce fait, je profite pleinement de la quiétude de mon cispassing, non sans cette angoisse perpétuelle de « griller » ma situation, un peu comme si j’étais un espion sous couverture, au pays des mecs cisgenre.
Et du coup, lorsque des personnes rencontrées depuis moins d’un an, comprennent que je suis trans, il s’en suit toujours une ribambelle de remarques pas toujours très safe, dont je vous ferais bientôt part dans un second épisode de Florilège.

Mais là où je voulais arriver, c’est que je n’aime pas qu’on me colle immédiatement cette étiquette de LE MEC TRANS™, et que les individus ne retiennent uniquement que ça de moi. C’est aussi blessant que réducteur. Je vous remercie donc de ne pas le préciser, me concernant ou concernant d’autres personnes trans. Parce que je l’ai déjà vécu, qu’après avoir discuté avec des inconnu.e.s, mes ami.e.s pensent pertinent de préciser ma situation identitaire à ces inconnu.e.s., et ce n’est vraiment, mais alors vraiment pas indispensable.

Bref. Prenez soin des gens que vous aimez, dites leur que vous les aimez, et ne les outez pas gratuitement.
Merci !

Look at me standing

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Coucou les pipous !
En cette période de grosse chaleur, je voulais faire un rapide article pour les porteurs de binders.
Comme vous le savez certainement, un binder est principalement fait de coton et de spandex (elasthane/lycra), du coup ça tient particulièrement chaud. Surtout qu’on porte généralement des vêtements par dessus, donc on double l’effet sauna.

En ce moment à Bordeaux, au plus fort de la journée on tape dans les 38 degrés, et même à l’heure où j’écris ceci, soit environ minuit, il fait encore facilement 27 degrés. Ça nous annonce méchamment la couleur pour les trois mois à venir. Du coup, comment éviter de mourir? Voici quelques petites astuces pour vous permettre de tenir la distance durant la période estivale. Rien de bien révolutionnaire malheureusement, mais c’est toujours ça de pris.

1/ Restez à l’écoute de votre corps.
Ça peut paraître con, et moi-même je suis un des premiers à forcer. Mais en tant que porteur de binder régulier, il faut être bien attentif à ses propres limites. Quand vous sentez que vous commencez à suffoquer, à avoir la tête qui tourne, il est temps de l’enlever, car cela vous évitera un éventuel malaise.

2/ Lavage Fréquent.
Nettoyez votre binder au minimum tous les deux jours, je suis d’accord que ça demande pas mal d’organisation, notamment parce qu’un binder doit être lavé à la main, et qu’il faut idéalement en avoir plusieurs pour faire un roulement.
Mais le fait qu’il soit propre permet un certain confort supplémentaire, en terme de port et d’enfilage, comme en terme d’odeur. Parce que mine de rien, la vitamine T augmente pas mal le fait de transpirer. Et porter un binder qui daube n’est pas forcément quelque chose qui met à l’aise son porteur.

3/ Limiter le port.
Le mieux est de pouvoir ne le porter que certains jours, et pas durant la journée complète. J’ai le « privilège » de ne pas devoir aller au taff ou à l’école, et je sais que c’est compliqué lorsque l’emploi du temps est incompatible avec des pauses longues.
Mais ne portez votre binder qu’en cas de situation strictement nécessaire. Donc pas à la maison, éventuellement pas en compagnie des gens avec qui vous êtes suffisamment à l’aise pour être sans, et surtout JAMAIS quand vous dormez (mais ça c’est toute l’année). Évitez également lors de sessions de sport, où il faudrait privilégier une brassière un peu serrée, plus adaptée qu’un binder.
Si vous n’avez pas la possibilité de rester sans, faites quelques pauses, même de 5 minutes, où vous l’enlevez pour le remettre après. Histoire de respirer normalement l’espace de quelques instants.

4/Serrez vous les coudes.
Si vous avez des ami.e.s qui sont aussi porteur.se.s de binders, soutenez vous les un.e.s les autres dans cette épreuve qu’est la chaleur. N’écoutez pas les gens qui vont sans cesse vous demander pourquoi ne pas « juste l’enlever? ». Je sais combien la dysphorie c’est pas rigolo, et que c’est irrationnel. Croyez moi, je comprends, vraiment.
Mais prenez soin de vous quand même, et économisez vous, et surtout hydratez vous !

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C’est tout pour moi, je vous dis à très vite pour du nouveau contenu ! D’ici là, faites attention à vous, et aux gens qui vous entourent.