Banging the drums like there’s no tomorrow

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Y’a des fois, j’ai envie de poster des selfies, pas quotidiennement mais presque. Mais concrètement, tout le monde s’en fout.
Mais derrière toute ambition égocentrique, moi aussi j’ai envie de me trouver beau. Sans vouloir aller à la pêche aux compliments, j’ai pleinement conscience que je ne correspond en rien aux standards de beauté actuels.

Grandir en sachant qu’on n’est pas un canon n’est jamais agréable. Etre quotidiennement raillé pour son physique, de la simple remarque jusqu’à l’insulte gratuite, ne permet pas d’acquérir énormément de confiance en soi. Et forcément, malgré le fait que les années passent, j’ai toujours un cruel manque de self esteem.

Et à partir de là, ça pose quelques petits problèmes dans la vie de tous les jours.

On va commencer par l’incapacité à recevoir un compliment. Ça peut sembler stupide dit comme ça, mais il existe des personnes, qui sont incapables d’entendre un compliment qui leur est adressé. Immédiatement, c’est la gêne, le besoin viscéral de changer de sujet, ou faire une blague pour détourner l’attention. C’est encore plus angoissant quand les gens insistent. Tout simplement parce que quand on t’as habitué à être insulté sur ton physique durant toute ta croissance, et un peu après probablement aussi, tu finis par te convaincre que effectivement, tu es visuellement dégueulasse.

Dans le même ordre d’idée, quand on me fait un compliment sur mon physique, et spécifiquement sur mon physique, j’ai toujours l’impression qu’on se fout de moi. J’attends le moment où le couperet du « non je déconne » va tomber.
Comprenez bien, on parle ici d’années à être harcelé parce qu’au hasard, on est gros/petit/binoclard/intelligent/naïf/introverti, bref, rayez la mention inutile quoi. Et forcément, ça laisse des traces. Et quand bien même une fois adulte, on se prend de temps à autre une remarque désagréable, par un inconnu dans la rue qui se permet de donner son avis sur notre apparence, même si c’est blessant, quelque part, ça conforte dans l’idée qu’on a raison, que les gens se moquent de nous, qu’on est forcément vilains. Et c’est un cercle sans fin.

Je vous vois sourire, parce que c’est sûrement assez naïf comme « problème », mais en vrai ça peut prendre de sales proportions, jusqu’à même être reconnues (bien que difficilement en pratique) par la médecine moderne. On parle alors de Dysmorphophobie, ou dysmorphobie, ou encore Body Dysmorphic Disorder et qui n’est pas un terme si récent que ça au final (Wikipedia vous confirmera tout ça).
Le principe de ce trouble, dans un spectre assez large de variantes et de degrés, c’est que l’on se voit laid, et/ou excessivement difforme. Ça englobe aussi tous les soucis de mauvaise perception corporelle et de l’image de soi erronée. Concrètement, se regarder dans le miroir devient une véritable épreuve, également le fait de se mouvoir dans un espace.

Je sais que chez moi, ça se traduit par une très mauvaise notion de la place que j’occupe. Je passe mon temps à me cogner dans les encadrements de portes et à me vautrer en montant des escaliers parce que j’ai posé mon pied trop en avant et j’ai buté contre la marche.
J’ai pris tellement de poids en tellement peu de temps quand j’ai commencé à être sous traitement médicamenteux, que je n’ai jamais véritablement réalisé à quel point le corps qui était devenu le mien était différent d’avant cette prise de poids en question. Et même si cela date d’il y a plusieurs années, ma perception de moi-même est restée altérée. Je n’ai d’ailleurs jamais possédé de miroir intégral, seulement ceux de salle de bains où on ne voit que le visage, et je n’ai jamais vraiment réussi à m’habituer à mon corps. Du coup, je me perçois bien différemment d’à quoi je ressemble, et quand je croise mon reflet, j’ai toujours un léger mouvement de recul, parce que je ne reconnais pas ce que j’observe, et j’ai une certaine difficulté à associer l’idée que ce que je vois, c’est moi.

C’est d’autant plus disproportionné avec la dysphorie.
La dysphorie (ici, de genre) c’est le sentiment d’inadéquation entre son corps et son identité. C’est un trouble identitaire commun aux personnes transgenre.
Et donc, malgré le fait que depuis que je sois sous traitement hormonal de substitution (THS, sous testo dans mon cas), ce qui apaise un peu ma dysphorie; il y a une différence bien distincte entre comment je me perçois, et ce à quoi je ressemble véritablement. Et c’est d’autant plus difficile à appréhender puisque avec le THS, mon corps continue à changer physiquement à mesure que les semaines s’écoulent, sans que je ne parvienne à véritablement observer lesdits changements.

Du coup, et je passerais rapidement sur mon dernier point, reste la question de plaire à autrui. Parce que si l’on récapitule : entre l’incapacité à entendre un compliment, la perception personnelle altérée et l’absence totale de confiance en soi, la question de la séduction devient un véritable challenge.

Et encore une fois je n’ai pas la réponse à mon interrogation finale. Mais je dirais que, si certes apprendre à s’apprécier avant de pouvoir prétendre l’être par quelqu’un d’autre est une réalité; qu’on ai ce besoin que l’on nous prouve qu’on est capables d’être aimés par d’autres, en est également une (de réalité).

N’oublions pas que chacun fonctionne différemment, avec ses bagages, et ses troubles divers et variés, qui sont suivant le cas, à prendre en compte avec une certaine délicatesse.

Sur ce, je vais aller prendre un énième selfie, pour me rassurer.

It will not erase things

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Ce matin, je voulais parler d’identité, et plus précisément des faux pas en la matière. Vous allez vite comprendre.
Enfin, je dis ce matin mais personne n’est dupe, j’écris ceci en plein milieu de la nuit après avoir passé 5 jours à me recaler tant bien que mal. Tout ça pour ça.

J’ai l’impression d’avoir déjà abordé le sujet, mais je crois que c’était sur Twitter, donc je me permets d’extrapoler aujourd’hui sur le blug. Et si jamais ça fait redondant avec un ancien article, au pire, quand c’est important, ce n’est jamais grave d’insister un peu. Enfin, j’espère.

Dans les premiers mois du début de mon parcours de transition, ce qui remonte à il n’y a pas si longtemps, j’angoissais, pour à peu près tout et n’importe quoi. Et un item en particulier me revenait souvent à l’esprit. C’est une angoisse parfaitement irrationnelle, à priori, mais en fait pas tant que ça.

Souvent quand j’écris vite, surtout sur les réseaux sociaux, je ne me relis pas spécialement, ou alors juste après avoir appuyé sur « entrée ». De ce fait, j’ai souvent eu l’angoisse de m’être mégenré tout seul, et de pourrir ainsi ma crédibilité.

On va donc faire un petit point de vocabulaire avant de revenir à la suite, surtout que ça me permet d’étoffer mon article, double win!

Mégenrer: De la contraction « mal genrer ». Action consistant à utiliser les mauvais pronoms en parlant d’une personne ou en s’adressant à elle. Exemple concret: dire « salut mec » à une fille. Ça s’appelle mégenrer la personne. Considérer cela comme anodin est une sorte de privilège de cisgenre, parce que concrètement, une femme cis à l’aise dans ses baskets concernant son genre de naissance, s’en balance pas mal d’être appelée monsieur, et inversement. Mais pour une personne transgenre, cela la ramène à la condition de personne trans, et très vite, les amalgames mentaux se font. On invalide son identité, elle n’est pas « une vraie femme », etc.
Et je n’exagère pas, quand on vit dans l’angoisse perpétuelle d’être « perçu.e comme différent.e », nos conclusions vont vite vers le pire.

Mais revenons en au sujet, avant que je ne m’égare dans mes définitions.

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Je disais donc, juste avant de m’interrompre tout seul, que y’a encore quelques mois, j’angoissais tout seul de peur de m’auto-mégenrer. Parce que je considérais alors, que si même moi je me plantais, alors je validais les gens qui me mégenraient volontairement, parce que je n’avais alors aucune légitimité à leur en vouloir.

Parce que, après des années de conditionnement et de refus en bloc de mon identité, forcément, il y  a des réflexes qui demeurent.
La réponse à cet article tient en quelques mots simples: la force de l’habitude.
Le fait de me planter en parlant de moi au passé invalide-t-il mon identité? Non.
Est-ce que du coup ça autorise les autres à me mégenrer aussi puisque j’en arrive moi-même à me vautrer? Non plus.

Avoir passé une majeure partie de sa vie coincé dans une identité qui n’est pas la notre, ça laisse des traces, et parfois, il y a des tics linguistiques qui restent. Ça n’invalide rien du tout. C’est juste là une preuve que nous avons dû combattre férocement pour nous affirmer.

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Poussons nous dans les escaliers

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Coucou.

Coucou.

Il y a quelques années de ça, je m’en souviens distinctement, c’était une nuit de Noël. Mes sœurs et moi étions rentrés chez nos parents pour l’occasion. Et j’avais hérité du clic-clac dans la chambre de ma maman. Mais voilà. Je mets du temps à m’endormir, et le temps de commencer à fermer les yeux, ma mère s’est mise à ronfler. De plus en plus fort. J’avais les jambes qui en crispaient d’énervement. Moi aussi je voulais dormir. La fatigue n’aidant pas, les ronflements de ma maman en devenaient insupportables. Je me voyais en boucle me lever et l’étouffer avec mon oreiller, pour enfin obtenir le silence, et pouvoir pioncer paisiblement jusqu’au lendemain. Mes crispations ont commencé a atteindre les mains, puis les bras. Et la boucle mentale n’en finissait pas.
J’ai donc judicieusement fini par me lever et aller dehors, respirer un grand coup d’air frais de fin décembre, puis je me suis calé sur le canapé du salon pour passer mes nerfs sur un jeu vidéo.
A ce jour, ma mère est encore en vie. Et tous les noëls, je dors dans une pièce isolée des ronflements.

Et ceci n’est qu’un des innombrables exemples qui ont pavé ma vie jusqu’ici. Car je souffre, entre autres joyeusetés, de ce qu’on appelle les phobies d’impulsions. Il s’agit d’un Trouble Obsessionnel Compulsif (TOC) issus des troubles anxieux. Dans un article sur le sujet que j’ai lu ailleurs, une étude menée en 1998 révèle qu’entre un quart et un peu moins d’un tiers de la population souffre de ce trouble, selon la nature de l’impulsion (respectivement agressive et sexuelle).

Et j’ai mis plusieurs années à comprendre et appréhender le phénomène. Ce n’est que l’an dernier, en discutant avec ma psychologue et en finissant par lui avouer ces espèces de désirs enfouis qu’elle m’a expliqué la nature de ces images mentales. Et ça peut sembler bête, mais savoir que quelque chose porte un nom, ça permet de rationaliser, de se dire que c’est reconnu, que ça existe, qu’on est pas tout seul, qu’on est pas cinglés, tout du moins pas à ce point.
Elle m’a aussi expliqué que, plus les images sont fortes, moins on a de chances de les mettre en oeuvre. J’ignore si c’est vrai, mais ça a eu le mérite de me rassurer. Peut-être parce que plus l’on lutte contre quelque chose, plus fort la porte nous revient dans la gueule. Et là ça serait la même chose. Si on était réellement enclin à poignarder son coloc pendant qu’il passe derrière alors qu’on découpe le poulet, les suggestions psychiques n’auraient pas besoin d’être aussi viscérales, aussi flashantes.

Je sais également que, généralement, les images sont d’autant plus tordues qu’elles s’éloignent de notre ligne de conduite. Typiquement les grands sujets tabous y passent aussi, avec l’inceste et la pédophilie. Et c’est d’autant plus difficile à vivre, car c’est souvent largement au delà des limites que nous nous imposons, et c’est pour cette raison que c’est un trouble, et non pas un simple désagrément occasionnel. Moi, j’essaie de me raccrocher à l’idée que plus cela me semble apparaître comme envisageable, moins il est probable que je le fasse réellement.

Après, c’est toujours délicat de parvenir à faire la part des choses. Pendant très longtemps, j’ai cru du fond de mes tripes que ces suggestions imagées n’étaient que le premier pas avant le passage à l’acte. Parce que j’ai un passif d’auto-destruction, parce que je me suis déjà fait du mal. Alors quelle est la limite entre entamer ma chair ou celle de quelqu’un d’autre?
La réponse est malheureusement assez floue. Ce n’est, je suppose, qu’une histoire de self control.

Alors oui, il faut apprendre à vivre avec, comme pour le reste. Mais sachez seulement que, si vous faites partie des gens qui souffrent de ce trouble, vous n’êtes pas seul.e.s.
Votre cas n’est pas isolé, ça arrive à plus de gens qu’on ne le croit, de devoir se secouer mentalement et/ou physiquement la tête quand on se voit agresser sexuellement la personne avec qui l’on parle. De devoir se cramponner à la terre pour ne pas se jeter sous le bus. De devoir prendre un autre chemin pour s’abstenir de provoquer exprès des gens de façon à leur bousiller la gueule.
Et encore tout un tas d’exemples qui me viennent bien trop vite à l’esprit.

Je n’ai pas la solution. Mais je vous fait un bisou mental.
Et n’hésitez pas à consulter un professionnel si cela vous angoisse outre mesure. Savoir reconnaître ses limites n’est pas une preuve de faiblesse, mais au contraire de grandeur et de maturité.

It’s not gonna be easy

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BARK BARK

BARK BARK

Depuis des années, je me bats pour faire admettre que des fois, certains éléments comme, au hasard une maladie ou la boisson, peuvent expliquer certains comportements, mais ne les excusent en aucun cas.
Et force est de constater que, dernièrement, j’ai déconné de ce côté là.
Le fait que mon taux hormonal faisait les montagnes russes ne pardonne pas mes paroles ni mes actes. Il n’a fait que vaguement les expliquer.

Parce que, tant que je suis dans un moment d’accalmie, je m’aperçois que par moments, j’ai été un brin extrême dans mes réactions. Je manque trop souvent de recul vis à vis de mes réponses à ce qui m’arrive au quotidien. Parce que je suis en plein dedans. Et prendre de la distance nécessite un calme olympien que je ne possède pas toujours.

J’ai beau me targuer d’avoir un mental de titane depuis quelques années déjà, il est bien triste d’admettre que les hormones ont foutu le bordel dans ma physiologie, et dans mon cérébral. Et j’ai dans l’immédiat, pleinement conscience que mes proches ont autre chose à faire de leur temps que de s’obliger à prendre des pincettes avec mes sautes d’humeur. Mais que ce soit pour les gens que je connais ou que je ne fais que croiser, eux aussi ils ont une vie, et des soucis. Et je ne devrais pas compter sur le fait qu’ils vont prendre en compte les miens, de la même façon que je m’en carre (plus ou moins) des leurs.

De ce fait, je tenais à vous présenter mes excuses, encore une fois, pour mes comportements passés, et probablement ceux à venir. Et que les présentes excuses ne sont pas un passe-droit pour agir comme un connard, bien évidemment.

Je sais que j’ai merdé. J’ai du mal à mesurer jusqu’à quel point, et ça me ronge un tantinet. Parce que j’ai la trouille de trahir mes principes, et de déroger à ma ligne de conduite. Même si j’ai conscience que c’est déjà un peu tard, je continuerais d’essayer, avec toute la volonté que je possède, de ne pas m’en écarter un peu plus.

Même si je sais que j’en ai sûrement blessé parmi vous, je vais tenter, dans la mesure du possible, de réparer les dégâts ainsi causés.

Je vous demande simplement de ne pas trop m’en vouloir. Et j’essaierais de me museler un peu plus fort.
Il n’est décidément pas l’heure de lâcher les chiens.

Some ask me questions

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Cette nuit, je suis donc sorti promener plusieurs heures avec un groupe de 7 mecs que je ne connaissais pas, tous joueurs de Pokemon Go.
Et comme mon cispassing s’est nettement amélioré depuis peu, aucun ne m’a posé de question quant à mon genre.
Et c’était une expérience à la fois fascinante et déroutante. J’étais l’un d’entre eux, mais j’étais en même temps terrifié à l’idée que soit remise en question mon identité. La peur d’être « découvert » en tant que personne transgenre, en somme.
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J’ai donc passé près de 3h avec ces messieurs, tous âges confondus, mais une grosse majorité autour des 25-30 ans. Et c’était assez irréaliste. C’est passé de la tape dans l’épaule quand on faisait des blagues nulles, à se serrer la main pour se saluer, aux insinuations quant à une potentielle homosexualité présumée, pour conclure par quelques blagues à la limite du sexiste.
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Et j’avais la trouille. La peur que si je ne riais pas à leurs blagues parfois limite, j’allais être détecté, parce que différent d’eux. Et que forcément il allait m’arriver des bricoles si tel était le cas. Mais ça c’est mon cérébral qui pars parfois trop loin dans la paranoïa.
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Je n’ai pas été élevé avec ce privilège masculin, du coup j’étais en permanence sur mes gardes, quand quelqu’un en dehors du groupe de visiblement ivre nous approchait un peu trop. J’étais le seul à réellement craindre de me faire agresser, à serrer mon téléphone contre mon torse, au cas où quelqu’un essaye de me le tirer. J’étais le seul à ne pas être totalement insouciant, à ne pas juste être content d’être dehors, à capturer des pokémons à 4h du matin.
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Du coup, même si c’était une sortie très chouette et un sentiment d’acceptation plus que bienvenu, j’ai quand même ressenti ce décalage comportemental, et cette terreur enfouie de tous un tas de trucs relatés ci dessus. Parce que je suis différent. Et parce que je prends conscience que oui, quand les garçons sont laissés loin des filles, leurs attitudes sont bien différentes, et leurs propos bien moins censurés.
Je le savais, mais je n’avais jamais pu le vérifier jusqu’ici, et c’est assez troublant.
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J’ignore si je souhaite réellement m’y habituer, ou si je m’y refuse, parce que combattre le patriarcat ça commence aussi par ça.

I’m free from the worries that I left behind

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J’annonce la couleur.

Bon. Ça fait quelques jours que ça me démange furieusement. Il faut que j’écrive un article à propos de Pokemon Go. Je n’ai certes pas la portée d’un site comme RondPoint89 ou 15minutes, mais ce n’est pas pour autant que je n’ai pas d’avis sur la question.
Avant toute chose je pose ici un content warning: Je suis un joueur. Et je suis très en colère.

J’ai lu des choses affreuses, des clichés éculés écrit mille fois à propos de n’importe quel jeu vidéo, des gens même issus de mes contacts qui gueulent gratuitement sur un phénomène qu’ils ne comprennent pas, allant jusqu’à la violence verbale et les menaces.
Excusez du peu, mais quand je lis qu’on veut jeter mon téléphone dans la Garonne sous prétexte que je capture des bestioles qui n’existent pas, ça me fout un peu la trouille.

L’argument principal que j’ai pu lire jusqu’à le vomir, un peu partout sur les articles anti-PoGo, c’est que le jeu nous zombifie, et nous rend dangereux lors de nos déplacements dans l’espace urbain.
Je répondrais d’emblée que ce n’est pas le jeu qui rend dangereux, c’est une minorité de joueurs, qui sont un peu cons et manquent de savoir vivre, ça je ne vous l’enlève pas. Quand je joue, mon téléphone est dans ma main, et mes yeux sont dirigés vers là où je marche. L’avantage c’est que lors de l’apparition d’un pokémon, le téléphone vibre. Je prends donc 3 secondes pour me décaler et ne pas gêner le passage. Le problème ne vient pas donc du jeu, mais de quelques individus, nuance.

Ah, et si par zombification vous parlez du fait qu’on ait les yeux rivés sur nos écrans, je ne trouve pas que cela change grandement vis à vis du reste du temps. Prenez un peu les transports en commun, combien de gens, tous âges confondus, sont collés à leur écran? Un bon gros 70% des passagers. Seulement, avant que le jeu ne sorte, personne ne savait vraiment ce que tous ces gens foutaient sur leurs téléphones. Peut-être qu’ils lisaient, peut-être qu’ils discutaient avec leurs proches, peut-être qu’ils jouaient à Candy Crash, peut-être qu’ils planifiaient leurs liste de courses. Personne ne le sait. Mais à présent? Oula, sûrement en train de s’imaginer être le meilleur dresseur? Tuons les par le feu, ces sales asociaux…

Mais bazar, moi tout ça m’énerve beaucoup, donc je vais vous exposer calmement en quoi le jeu est positif.

Il faut savoir qu’à l’origine, je suis quelqu’un d’excessivement casanier, je sors très peu de chez moi, pour certaines raisons bien précises. Je ne supporte pas le bruit ambiant, je n’aime pas voir des gens, j’ai du mal à me refréner de me jeter sous un bus, bref, l’horreur. Donc rester chez moi est bien plus qu’un confort.
Mais depuis que Pokemon Go est sorti, officieusement puis officiellement depuis peu, je sort au moins tous les deux jours. Et pas juste pour aller au bout de la rue chercher mes clopes ou racheter du café. Non. Je déambule des heures durant, à la recherche d’une créature qui, certes n’existe que dans mon téléphone, mais dont la joie procurée par sa capture est elle, bien réelle.
J’ai donc installé un podomètre sur mon téléphone, pour mesurer à quel point je me remuais. Et depuis la sortie de PoGo, je fais en moyenne 5 kilomètres par jour, ceux où je pars chasser Pikachu et ses copains.
Je vais dehors, je parle à des gens que je ne connais pas, et même parfois, je fais quelques kilomètres en leur compagnie à discuter du jeu et à chasser les pokemons en même temps.
En bref, je fais du bien à mon corps, à et mon humeur. Je combats mon anxiété sociale sans avoir l’impression de vraiment faire d’efforts. Parce qu’avec les autres joueurs, nous avons un point central de discussion, une passion commune pour un univers, bref, de quoi animer nos discussions sans être incroyablement awkward de mon côté, ou tout du moins, pas plus qu’eux.
Et ça fait un bien fou.

Donc je ne comprends vraiment pas cette haine gratuite du jeu, cette volonté de nous faire passer pour des gros abrutis sans cervelle, poussés aveuglément vers une réalité toujours plus virtuelle.

Et quand bien même il y a eu des articles à scandale du type « un joueur a trouvé un cadavre dans un parc ». Si ça avait été un classique joggeur, personne n’en aurait fait tout un foin. Mais bref.

Pour finir, et je conclurais là dessus, rager sur un truc qui ne vous effleure qu’à peine, ne vous rends pas plus matures et intelligents que le reste de la masse, bien au contraire.

Just hold my hand

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En vrai c'est des piqûres dans les fesses.

En vrai c’est des piqûres dans les fesses.

Bien le bonjour.

Aujourd’hui un article rapide, pour résumer l’issue de mon rendez-vous avec ma nouvelle endocrinologue. Un récit qui sera un tantinet personnel, mais je me le permets pour une fois, car c’est notamment grâce à certains d’entre vous que cela a été possible, mais j’y reviendrais en fin d’article.

Donc mardi dernier, j’ai pris la (longue) route pour Paris par le bus, 8h de longueur d’autoroute, dont une pause de 45 minutes en pleine cagnard en plein milieu de la journée, au milieu de nul part. La joie donc.
Mais outre le trajet plus ou moins chiant, surtout en sachant que j’ai le mal des transports; je suis arrivé entier à la Capitale. J’ai été réceptionné sans encombres et j’ai pu manger à ma faim. Ce qui nous amène au mercredi, jour tant redouté du rendez-vous avec l’endoc.

D’une part, mon cispassing s’étant bien amélioré, j’ai eu droit à un sonore « bonjour monsieur » de la part de la secrétaire, ce qui est toujours agréable. J’ai donc été aiguillé vers la salle d’attente la plus fancy qu’il m’ait été donné de voir, avec fauteuils et canapés a l’ancienne, en bois et velours vers méga confortable. J’ai donc judicieusement pris la seule chaise un peu basique de la pièce, pour rester bien droit, parce que pour une raison qui m’échappe, ça me rassurait.
L’endoc me reçoit donc, je lui expose ma situation, et alors que je commence à peine à lui sortir les comptes-rendus de mes examens sanguins, elle répond au téléphone et explique qu’elle est actuellement avec un patient, donc de ne pas la déranger pour la prochaine demie heure. Ça peut sembler con que je sois alors aussi jouasse du respect de mes pronoms, mais la première endoc ne prenait pas cette peine, donc déjà ça m’a apaisé.

Mais bref, elle m’explique en lisant mon dernier taux de testostérone en date, qu’il est beaucoup trop élevé et que ça pourrait être dangereux. Elle me demande donc quel dosage avais-je jusqu’à présent, et à ma réponse elle me demande en riant doucement si cela n’a pas été trop difficile pour mes proches jusqu’à présent. Parenthèse d’ailleurs, en discutant avec lesdits proches, j’ai apparemment été effroyable et imbouffable ces derniers mois. Je n’en avais juste pas conscience parce que bouillon d’hormones quoi.

Mais donc pour en revenir à mon histoire de testo, il s’avère qu’en principe on est censés commencer le traitement de façon progressive, alors que j’ai eu droit à un dosage un peu fort d’entrée de jeu. De ce fait la masculinisation du corps a été très rapide et un peu violente. D’où le fait que ma voix est tombée d’un coup par exemple.
Du coup je change de fréquence d’injection et de dosage. Ça équivaut du coup à la même chose mais les prises seront donc plus régulières et ainsi plus douces pour l’organisme et mon corps devrait à priori prendre bien moins cher.

Mis à part ça, l’endocrinologue a été super chouette, posant ici et là explications simples et petits conseils éclairés. Sans une seule seconde apposer de jugement ou de critique gratuite. Elle n’a pas tiqué quand j’ai brièvement expliqué pour ma pathologie, et ne m’a pas fait de remarque désobligeante, à aucun moment. Elle a été respectueuse de mes pronoms et m’a immédiatement demandé mon prénom d’usage pour me parler sans utiliser mon deadname.

Bref, que du parfait en résumé en fait. Ça m’a fait du bien, après avoir été « maltraité » par la précédente.
Je dois donc revoir celle ci courant mi-décembre, tandis qu’elle m’a écrite une prescription pour les 4 prochains mois. Je dois apporter de nouveaux résultats d’examens et si tout va bien, je ne la verrais plus que deux fois l’an après cela.

Voila.
Je tenais à remercier les quelques personnes qui ont participé à ma seconde cagnotte, ce qui m’a permis de pouvoir me déplacer dans Paris, ainsi que de payer le médecin sans creuser mon découvert jusqu’à la moelle.
Je me permets de préciser que la cagnotte reste ouverte jusqu’à la prochaine prise de rendez-vous, de façon à pouvoir racheter un binder et financer le prochain séjour sur Paris. En voici le lien.
Je ne vous force bien évidemment à rien, mais si vous y tenez, voilà, le lien reste actif.

Merci à tou.te.s de votre attention.
Bisou !

The fun ain’t got no end

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Ces derniers mois, beaucoup d’entre eux m’ont exprimé leur admiration face à mon courage, concernant le fait de faire une transition.
Je suis le premier à souhaiter bien du courage à mes proches, mais en l’occurrence, je ne sais pas vraiment si c’est réellement du courage, et ce sera mon sujet du jour.

Je ne sais pas si c’est du courage, parce que je ne le ressens pas ainsi. Je l’ai souvent dit, je l’ai parfois écrit, mais j’ai surtout eu le choix entre entamer le processus médical ou me foutre en l’air. Il n’y a rien de très courageux à vouloir égoïstement rester en vie.

Croyez le bien, si j’avais réellement eu le choix, je serais resté dans mon identité sociale telle qu’elle est inscrite sur mes papiers. Je ne dis pas que ça aurait été facile, je ne dis pas que j’y aurais survécu bien longtemps, je dis simplement que ça aurait demandé bien plus de tripes pour tenir la longueur.
Si j’ai décidé d’aller contre mon assignation de naissance, c’est uniquement parce que j’avais besoin de pouvoir me regarder dans un miroir sans avoir la nausée.

Le courage c’est un concept un peu fourre tout, et on l’appose sur beaucoup trop de trucs à mon goût.
On ne dis pas à un gamin qui se bat contre un cancer qu’il est courageux. Il n’a pas le choix, il fait juste en sorte d’essayer de rester en vie.

Bah pour moi c’est pareil. Je maximise juste mes chances, de sorte qu’en étant plus en adéquation avec moi-même, j’aurais davantage l’envie de rester vivant un peu plus longtemps.

J’ai mené un certain nombre de combats dans ma vie, dont certains que je mène encore aujourd’hui et pour les années à venir. Et pourtant, on ne m’a jamais dit que j’étais courageux alors que je luttais férocement contre ma dépression. On ne m’a jamais dit que j’étais courageux parce que je prenais bien mes médicaments tous les jours. On ne m’a jamais dit que j’étais courageux parce que j’arrivais à sortir de chez moi, malgré une violente envie de me jeter sous un bus ou d’égorger les passants.
Pourquoi? Parce que tout ces exemples sont des luttes invisibles, personnelles, et que c’est ce qu’on attends de nous. De nous en sortir. De continuer à vivre. D’avancer sans relâche. De ne jamais lâcher le morceau.
C’est là même le concept de vie et de survie.

Sans même parler du fait que me dire que j’ai du courage me ramène constamment à ma lutte personnelle pour faire valoir mon identité. Je n’ai pas spécialement plus de courage que les personnes cisgenres du fait d’affirmer ainsi qui je suis. J’ai du mérite, à la limite. Parce que je n’ai pas été assigné à la naissance sur un pied d’égalité avec la majorité de la population. Mais qu’il ne faudra pas compter sur moi pour me laisser abattre par le poids de la difficulté. Moi comme d’autres.

Pour toutes ces raisons, et d’autres encore, j’aimerais que l’on arrête de me dire que je suis courageux.
Vous pouvez me dire que vous êtes fiers de tout ce que j’ai accompli, et du fait que je garde la tête droite face à tout ce qu’il me reste à accomplir.
Vous pouvez m’exprimer tout votre amour de plein de façon différentes.

Mais pas en me disant que je suis courageux. Car je ne le suis pas. J’essaie juste de rester en vie. On n’a pas tous le même plateau à porter, certes, mais si tout le monde est courageux, alors personne ne l’est vraiment.

Les 7 ans du blog !

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Aujourd’hui, mon humble blog fête ses 7 ans !

A cette occasion, j’ai décidé de mettre des bougies sur un gâteau, et puis de manger le gâteau. Et comme c’était pas un mauvais gâteau, bah j’ai fait des photos, et une petite vidéo. Et puis aussi quelques lignes de remerciement à tous mes ordis qui se sont succédé pour assurer la longévité de ce blog!

Un premier, à Charlie le Conquérant. Qui m’as été offert à mon entrée au lycée, avant même la création de Guy, Geek & Green. Et à qui je dois mes premières mises en ligne d’articles qui étaient avec le recul, assez foncièrement mauvais adolescents.

Un second, pour Frederick le Vaillant. Premier gros achat avec mon propre argent, durement gagné à la sueur de mon front. Une grande partie des premières années du blog a été rédigée sur son clavier silencieux de laptop.

Un troisième à Hubert le Sauveur. Récupéré auprès d’un copain qui changeait de PC, alors que Fred battait clairement de l’aile. Hubert qui me sert encore, alors que j’écris ces quelques lignes. Même si une grande partie de son matériel a été changée avec le temps, il n’en reste pas moins mon Sauveur des Internets.

Un quatrième à Piotr le Discret. Dernier acquis de la famille, qui bien qu’actuellement en séjour prolongé chez le Bro-Léo, a su gagner mon cœur avec son clavier doux et sa ventilation d’avion au décollage.

Et enfin un ultime merci à vous, mes lectrices et lecteurs, fans du premier jour comme derniers arrivés. Sans votre soutien et votre présence toutes ces années, je n’aurais probablement pas tenu la distance.

Je lève mon gâteau à une nouvelle année prospère et créative!
Le bisou.

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