Fosse Commune

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En 2013, j’étais en plein dans le creux de la vague de ma dépression. Je sortais à peine d’une grosse rechute suite à la séparation avec mon ex.
Très ironiquement, c’est une autre ex (et également amie) qui m’a parlé d’un appel à contributions pour un projet artistique autour de la mort.

Il s’agissait dans un premier temps de rédiger un courrier postal où l’on devait décrire, raconter, avec peu de mots ou au contraire à grand renfort de détails et autres longues phrases alambiquées, la façon dont on visualisait sa propre fin. Entre le fantasme ou l’angoisse véritable,  chaque participant était assez libre de ses choix.

Et après réception de ce courrier, l’artiste LMG « Nevroplasticienne » comme elle se nomme elle-même, après numérotation de chaque lettre, classement et moult référencement individuels, produisait une interprétation visuelle sous la forme d’un dessin au graphite et à la mine de plomb.
Enfin, une fois les 365 courriers transmutés par la force créatrice en dessins, ils ont été rassemblés en un livre. Le projet Épitaphes est devenu l’ouvrage Fosse Commune.

Si je finis par vous en parler seulement aujourd’hui, environ 5 ans plus tard, c’est parce que je l’ai finalement rencontrée cette artiste.

Suite à la sortie du livre, il a été annoncé une date limite d’un an ou deux (j’ai oublié), pour que chaque participant·e récupère l’original de son dessin, ainsi que le livre si iel le souhaitait.
J’ai donc rencontré LMG, et laissez moi vous dire que j’ai été (agréablement) surpris !
Bien loin de l’image de l’artiste froide et ultra sérieuse que je m’imaginais, non pas qu’elle ne soit pas sérieuse, mais elle ne portait pas cette espèce d’aura qui laisse sans voix par crainte de dire une bêtise face à elle.

LMG est quelqu’un qui m’a immédiatement mis à l’aise et rassuré, très chaleureuse, accessible et pleine d’humour. Elle m’a raconté que beaucoup des participant·e·s lui avaient fait la même remarque que moi : cette surprise, de ne pas du tout correspondre à l’image mentale de chacun·e, à savoir potentiellement distante, un peu gothique, l’artiste torturée classique quoi. Après tout, elle a entre autres réalisé des pièces avec du sang et des matières fécales, donc bon, on s’attend à tout !

Au lieu de ça, elle s’est réellement intéressée à mes tribulations, ma vie en général, et avait suivi avec attention mon Changement d’Etat Civil, pour lequel elle m’avait même proposé de témoigner. Sauf que, à cause d’une embrouille postale, je n’ai jamais reçu le sien, mais passons.
En tout cas, elle se souvenait précisément du contenu de ma lettre, même 5 ans plus tard, et j’ai donc pu la rassurer le fait que, quand même, j’allais bien mieux dans ma vie actuelle. Rien n’est encore gagné, mais on y arrivera doucement, et nous sommes bien loin de mon état mental de 2013.

Notre entrevue fut malheureusement assez brève, par souci de planning de chacun, mais m’a néanmoins beaucoup touché, et je tenais aujourd’hui à en parler.

Ceci étant dit, l’ouvrage Fosse Commune n’est pas à mettre entre toutes les mains. Déjà parce qu’il pèse une tonne et qu’en trimballer deux dans le RER a failli achever mon sac à dos. Mais blague à part, parmi les 365 dessins, tous ne sont pas nécessairement si abstraits, il y a notamment pas mal de penis et de vulves en gros plan, anatomiquement très réalistes. Il y a également pas mal d’animaux dont plusieurs très beaux chats, quelques lapins, des cerfs et j’en passe.
Dans l’ensemble des choses graphiquement très intéressantes, mais à consulter avec un esprit un minimum averti.

Le livre en lui même est assez massif, et fait 1,8 kilos. La préface est, comme on s’y attend, très spéciale, à mi-chemin entre le mystique et le glauque, histoire de se mettre dans l’ambiance. Mais comme me l’a dit LMG, avant de partir pour d’autres aventures : « On finit tous par mourir, quoi qu’il advienne ».
Et cet ouvrage est probablement plus à son image que je ne me l’imagine. Plein de très belles choses, malgré la thématique qui reste encore aujourd’hui assez tabou. Une espèce d’Ode à la mort pour mieux savourer le temps qu’il nous reste à chacun.

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Grosse Ambiance dans ma chambre ! (épitaphe à droite)

Bouquin massif et traces de doigts.

Tous pour un et un pour cent

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Encore aujourd’hui, je ne parle que rarement de ma maladie, quasiment jamais ouvertement, et encore moins ne la nomme. Parce que, encore aujourd’hui, j’ai peur de la réaction des gens.

Que ce soit la stigmatisation quasi omniprésente, les diverses « blagues » sur la question qui continuent de perpétuer la propagation de fausses informations à ce propos, ou même trop souvent le personnel soignant qui n’est pas éduqué à ce sujet.
Je n’ai aucune honte à en être atteint, mais la société, les médecins, certains personnes que je côtoie, tous essaient de m’en convaincre. De ce fait, je garde le silence.

Je n’ai pas l’audience suffisante pour juger utile de m’exprimer sur ma maladie, et j’ai probablement tort. Du coup, pour esquiver cela, je parle autour de la maladie, et donc de ses conséquences : la médication, les hospitalisations, la maltraitance humaine etc.
Vous ne me verrez jamais la nommer ici, sauf si mon audimat explose un jour. Mais j’estime qu’il n’est pas nécessaire d’écrire son nom pour que chacun·e comprenne, et même si vous ne devinez pas, ce n’est pas crucial. Ce qui me tient à cœur, c’est que vous en compreniez les conséquences, les points à améliorer, comment venir en aide aux autres personnes qui en sont atteintes, et pas seulement comment j’orthographie ma maladie.

Je suis presque un cas d’école, entre mon identité de genre, mes différentes pathologies et mon surpoids. Je suis ce mec qui décide d’acheter 48 melons mais qui en perds 9 en route, dans les problèmes de mathématiques : je suis une anomalie statistique, et pourtant, j’existe bel et bien.

Jadis, il m’est arrivé de me bercer de l’illusion que les personnes qui étaient alors au courant l’acceptaient parfaitement, mais il a fallu que j’ai des crises face à elleux. Et ce que j’ai lu dans leurs yeux n’était pas l’incompréhension ou la gêne, mais la terreur que ça recommence. Et ce fut incroyablement blessant, du coup je suis devenu méfiant.

Je ne sais plus exactement où je voulais en venir avec ce billet, mais j’avais néanmoins besoin d’écrire tout ça. De relater ce que c’est de vivre quotidiennement avec un « secret », voire même plusieurs en ce qui me concerne. Tout comme pour mon identité de genre, je garde pour moi un certain nombre de choses, et je n’en expose qu’une infime part, même en pleine confiance face à quelqu’un.

Chaque jour est une victoire sur la vie, d’être parvenu à me lever le matin, de ne pas avoir fait de rechute dans la journée malgré les différents symptômes, et de m’être endormi avec l’illusion que ma journée pouvait sembler commune, normalisée. C’est un effort de tous les instants, mais je ne tiens pas à ce que l’on m’en félicite, et je ne tiens pas non plus à être un exemple à suivre.
En revanche, je voudrais juste être pris en compte, dans mon intégralité, ce qui est paradoxal puisque je ne l’évoque jamais, cette entièreté justement.

Peut-être qu’un jour, j’aurais le courage d’affronter mes angoisses profondes et parfois traumatiques, et je vous exposerais en détails ce qui m’affecte. Mais pas aujourd’hui malheureusement, parce que je ne m’en sens pas encore la force.
Prenez soin de vous.

We will not be silent

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Pendant très longtemps, j’étais en première ligne dans la bataille pour comprendre ma propre identité. Il m’a fallu rencontrer d’autres garçons trans pour concevoir ce qu’était la transidentité, et réaliser que la question me concernait de près.

Si j’ai effectivement eu des ami·e·s assez proches qui vivaient la même chose que moi, la plupart des informations concernant le parcours, qu’il soit médical ou administratif, j’ai dû les trouver seul.

Si vous je dis tout ça, c’est entre autres parce qu’il y a quelques jours j’ai rencontré un jeune homme en tout début de parcours. Et notre conversation m’a confirmé ce pour quoi je vous écrit régulièrement.
Je me dis parfois que je dois saouler mon lectorat à raconter les tribulations de ma propre transition. Et d’autres fois, je me rappelle que je ne fais pas ça uniquement pour moi. Même si j’enfonce parfois des portes ouvertes, à grand renfort de niaiserie et d’espoir en l’avenir, mes mots touchent parfois juste, et c’est loin d’être ma seule illusion qui me permet de l’affirmer.

En début de transition, je n’avais pas vraiment de « modèle » dans la vraie vie, qui me permettait d’affirmer que la suite serait agréable. Je suivais pourtant quelques hommes transgenre sur les internets, mais ça me rendait plus triste qu’autre chose, parce que j’avais la sensation que jamais je n’arriverais jusque là. Tous étaient à plus de 5 ans de parcours hormonal, déjà opérés, tous musclés et bien loin de ma réalité.
Du coup, je me suis donné pour objectif d’être un éventuel « modèle » de proximité, pour les jeunes gars trans qui croiseraient mon chemin. Comme un oncle sympa, un voisin moustachu.

En conclusion, ce message s’adresse à tous les petits garçons en devenir, qui pensent que le cispassing prends 10 ans, et qu’être musclé est forcément un impératif.
Quelque soit votre carrure, quelque soit votre voix pour le moment, quelque soit votre taille, rien n’est impossible.
Je fais 1m65, j’ai un IMC de 45. Ça ne fait pas encore trois ans que j’ai commencé la vitamine T, aucune chirurgie d’effectuée, et pourtant je défie quiconque de deviner que je suis trans.

Levez de la fonte si ça vous chante, faites surtout du sport parce que ça vous fait du bien. Cheveux longs, cheveux courts, aucune obligation là dessus, prenez surtout soin de vous.
Si votre entourage est méchant, changez-en. Moi j’leur pète les genoux.

Bisou !

Holding myself too tight

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A l’adolescence, rien n’apparaît comme légitime, en particulier les choses sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle.
Cet article qui s’annonce d’ores et déjà casse gueule, parlera de la quête individuelle de vérité avant l’âge adulte.
Dans ce billet, je vais tenter d’extrapoler sur le fait que les ados sont loin d’être des créatures dénuées d’intellect, et que très souvent, ils et elles détiennent déjà des indices sur ce qu’iels vivent quotidiennement, en terme de ressentis physiques et émotionnels. Lisez jusqu’au bout, la lumière fait son oeuvre.

Lorsque l’on traverse la période charnière de l’adolescence, nous sommes en proie à nos hormones, mais pas seulement. Il faut parvenir à avancer chaque jour alors que le monde entier semble contre nous, personne ne nous comprend, et surtout, personne n’essaie vraiment de le faire.
Un problème de communication? Votre enfant est juste timide. Un petit coup de mou? C’est qu’iel est fainéant·e. Des douleurs récurrentes? Pas assez de sport. Et si iel ne sort jamais de sa chambre? C’est sa crise d’adolescence.
Alors que derrière toutes ces affirmations se cache parfois une souffrance réelle, et des éléments qui pourraient éventuellement être régularisés par une aide médicale ou encore de la thérapie.

Lors de ma propre adolescence, il y a eu un paquet de signes annonciateurs de la suite concernant mon état de santé, mais tout le monde est passé à côté.
Phobie scolaire, violence, crises de colère, automutilation, j’en passe et des meilleurs. Je ne faisais pas ma crise d’ado, j’étais « juste » en profonde dépression. Et les choses n’étaient pas prêtes de s’arranger.
Je dis souvent que j’ai eu la chance d’être pris en charge suffisamment tôt par le système médical, mais j’en ai quand même pas mal bavé avant d’avoir un diagnostic. Et malgré cela, ça a été un effondrement pour ma famille. Entre la recherche de ce qui a été « mal fait », et autres « personne ne l’a vu arriver », c’était pourtant annoncé dès le départ, en regardant correctement.
Je ne blâme absolument pas ma famille, mais durant une courte période, je n’avais aucune envie de vérifier s’il y avait des réponses aux nombreux « pourquoi », je tenais juste à ce que l’on me soutienne, et que l’on s’occupe de moi.
Mais je digresse.

Je voulais juste mettre le doigt sur le fait qu’une fois adultes, lorsque nous obtenons un diagnostic, s’il y en a un à poser, c’est un soulagement, parce que beaucoup de choses prennent du sens, et plusieurs événements trouvent leur explication.
Mais jamais lorsqu’on est adolescent·e­·s, parce que personne ne nous prend au sérieux dans cette période là. Et c’est bien dommage.

De la même façon, lorsque l’on sort du modèle cisgenre-hétérosexuel, beaucoup d’événements de l’enfance prennent sens une fois adultes, si l’on n’avait pas conscience de notre éventuelle spécificité avant cela.
Tout comme à l’inverse, si l’on en a parfaitement notion de notre « différence », d’un point de vue sociétal, personne ne nous prend au sérieux non plus.
Quand votre enfant vous annonce qu’il est gay, ou transgenre, très souvent iel s’entendra dire que « ce n’est qu’une phase », et si c’est effectivement une possibilité, cela ne fait pas la majorité. En grandissant, cette « phase » prendra probablement de l’ampleur jusqu’à en devenir étouffante si l’on lutte contre.

Si je n’avais pas nécessairement connaissance de la notion de transidentité jusqu’à l’âge adulte, j’avais pourtant profondément conscience que quelque chose me gênait dans mon identité. Et le fameux « ce n’est qu’une passade », c’est à moi même que je l’ai maintes fois répété. Mais à essayer de noyer cette vérité indéfiniment, j’ai fini par me retrouver face au choix d’affronter les autres, la société, mes proches, et me révéler véritablement au monde; ou alors de mettre fin à mes jours. On a connu des décisions plus agréables.

Tout cela pour en arriver au fait que, même si lorsque l’on est ados, on est un peu stupides, un peu niais·e·s, et pas forcément éclairé·e·s sur tous les plans, nous n’en demeurons pas moins en pleine possession de notre propre vérité.
Il suffit juste de trouver les bons termes pour mettre les mots sur nos douleurs. Qu’elles soient physiques ou morales. Et de trouver des personnes possédant suffisamment de bienveillance pour nous écouter, nous aiguiller, et nous rassurer.

Prenez soin de vous.

Life is Strange : Before the Storm #3

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Bon, j’ai pleinement conscience que j’ai largement 11 mois de retard sur cet épisode, puisque entre temps ont été annoncés Life is Strange 2 ainsi que Captain Spirit qui lui a été mis a disposition peu après l’E3 2018.
Je suis aussi plus généralement en rogne, puisque j’avais pré-écrit une assez longue introduction que j’ai malencontreusement effacée de mon ordinateur. Ça m’apprendra à vouloir écrire hors ligne aussi.

Bref, j’ai mis donc presque un an à jouer à cet épisode, parce que d’abord je savais qu’on attendais mon avis au tournant, mais aussi parce que je ne me sentais pas nécessairement apte mentalement à le clôturer. Dès que je me disais « allez, c’est maintenant, je le lance », j’avais une espèce de boule au ventre indescriptible et une sorte d’angoisse irrationnelle à l’idée de boucler Before the Storm.
Alors, est-ce que vraiment ça valait le coup d’attendre quasiment une année complète? Voyons ça tout de suite.

Cet épisode est très délicat à traiter, parce que je me mets un point d’honneur à ne jamais rien spoiler ici. Et comment parler de l’épisode 3 sans révéler le contenu des deux précédents, ni ce qui nous attend dans Life is Strange classique ?

Mais je peux dire sans trop en avancer, que cette troisième partie était riche en révélations.
On pars dans tous les sens, toujours en gardant cette cohérence propre à l’univers de LiS. Mais les choses vont vite, très vite, et on peine à reprendre son souffle. Toujours aux commandes de Chloé, qui parvient toujours à se fourrer dans les situations les plus absurdes sans vraiment le chercher. On revient parfois à choisir le choix le moins pire, parce que c’est une tête brûlée, et qu’on ne sait jamais réellement ce qu’elle nous prépare.

Il y a de nombreuses références au jeu originel, et si certaines font sourire par leur aspect « clin d’œil », d’autres sont un brin plus rudes. Si la palette d’émotions est vaste, la réalité nous rattrape assez vite, et l’étouffante vérité de ce que contient la suite de ce préquel (dans LiS classique donc), vient rapidement nous mordre le cul.

L’épisode joue encore une fois avec nos petits cœurs en mousse, nos douleurs profondes et nos émotions diverses. Que ce soit par des éléments inhérents à Before the Storm, ou par le biais des références à sa suite, comme expliqué juste avant.
Bien souvent, j’ai retenu mon souffle face aux cinématiques ou aux choix à effectuer, tandis qu’à d’autres moments, j’ai dû retenir mes larmes.

Le tout est mené avec une certaine délicatesse, et nous narre les aventures de nos héroïnes avec une justesse incroyable. Les sujets abordés sont loin d’être légers, mais cette licence en a déjà pris l’habitude.

Je ne peux malheureusement en dire plus sans risquer de révéler le pot aux fleurs, de ce fait, il faudra vous contenter de cette [courte] chronique sur le sujet.

Du reste, l’image est encore une fois superbe, même si mon ordi a manqué de faire de la combustion spontanée après que j’ai poussé les graphismes à fond. Les choix musicaux d’accompagnement sont soignés, l’ensemble est excellent.
Clairement nous tenons là une magnifique chialade sur 10, et je savais que je prendrais cher en finissant ce troisième pan de l’histoire. Laissez moi quelques semaines avant de me replonger dans l’épisode bonus « Farewell », et on aura plié la licence jusqu’à que j’ai des sous pour faire Life is Strange 2. Mais rien d’urgent cependant.

Voilà, quelques screenshots pour illustrer, et c’est plié !
Bisou.

Y’a de l’amour dans l’air…

Sexy Time !

De la lesbienne de qualité.

Garagiste Simulator : Chloé Edition.

Le bouquin pas du tout référencé…

But baby don’t let them see it

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Il y a cette croyance persistante, que la vie à l’échelle individuelle, est un combat permanent entre le bien et le mal. Que de ne pas sombrer dans la violence, la démence, c’est une victoire quotidienne sur nous-même. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ces affirmations, et ce sera notre sujet du jour.
D’ailleurs avant que l’on ne commence, je tiens à préciser, comme souvent, que cet avis n’engage que moi, et que je me base avant tout sur ma propre expérience de ce qui compose la vie, et mes propres ressentis vis à vis de tout ça. Vous avez pleinement le droit d’être en désaccord et de ne pas valider mes dires à ce sujet.

En premier lieu, la conscience du bien et du mal, avec des gros guillemets, est parfaitement relative. Que ce soit au contexte sociétal, à l’époque, à la situation géographique, ou encore au point de vue personnel. Les paramètres de cette conscience sont larges, et propres à chacun, puisque tout le monde n’en a pas exactement la même notion.

Ensuite, même avec la plus grande bienveillance, il arrive que chacun puisse avoir des épisodes de violence incontrôlable, sans vraiment parvenir à se l’expliquer. Cela n’arrive fort heureusement pas à tout le monde, mais personne n’en est vraiment à l’abri.

Ce que j’essaie d’exprimer aujourd’hui, avec probablement la plus grande des maladresses, c’est qu’il n’y a pas réellement de « partie bonne » qui s’oppose à la « partie mauvaise » de chacun. Simplement que parfois, notre capacité à rationaliser les choses, à rester droit dans nos bottes, est en conflit direct avec nos pulsions basses. Mais ces pulsions ne sont pas forcément mauvaises justement, elles sont juste bien souvent en inadéquation avec notre façon d’être.
Et que des fois, la fine limite entre les deux dérape, et nous emporte avec elle.
C’est simplement cela, selon moi, qui nous fait tomber l’espace de quelques minutes dans des accès de violence : l’incapacité à rester rationnel, l’impossibilité temporaire de raisonner calmement et de faire preuve de logique.

Je n’essaie pas aujourd’hui d’excuser la violence soudaine, j’essaie simplement de la comprendre. Comme je le dis souvent, une situation précédente peut expliquer bien des choses, que ce soit un événement traumatique, une pathologie psychiatrique, un passé compliqué etc.
Oui, cela peut expliquer, mais cela n’excuse absolument jamais le moindre acte. Puisque, si antécédent le moindre il y a, toute explication logique que ce soit, ne permet pas d’excuser un comportement de violence. Au mieux, cela nous permet de le comprendre, et de l’éviter à l’avenir, mais en aucun cas de servir de justification. Jamais. A aucun moment.

J’ai vécu, avec entre autres mon traitement hormonal, des changements brutaux dans mon humeur avec notamment des crises de colère. Et je n’irais pas prétendre que c’était uniquement dû à un déséquilibre hormonal, car j’admets qu’il y a chez moi un terrain favorable à la violence. Cependant, je n’ai pas eu la sensation de me laisser aller à mes bas instincts, mais bel et bien d’avoir perdu ma capacité de contrôle et de maintien de moi-même, même l’espace de quelques minutes. Je n’ai pas « vaincu » ma part sombre, j’ai juste repris mes esprits, histoire de ne blesser personne, moi y compris, pendant la durée de mes crises.

Je souhaitais ici en revanche, simplement mettre en relief qu’il n’y a pas de grand combat entre le bien et le mal en chacun de nous, simplement énormément de nuances et d’éléments parfois contradictoires.

Bon, je crois que je me suis perdu en route, donc on va dire que c’est tout pour aujourd’hui. Je tiens à vous présenter mes excuses pour l’aspect un peu brouillon de cet article, qui n’est évidemment pas volontaire, mais le sujet est à la fois tellement personnel et tellement glissant, que l’exercice est très délicat. Voilà !

Disobedience / Désobéissance (2018)

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Cette nuit, j’ai regardé le film Disobedience (ou Désobéissance en France), et je pense que je n’aurais pas grand chose à en dire. Pour être plus exact, je pensais initialement lui consacrer un très long billet, mais une fois les crédits passés, je savais qu’il n’y aurait finalement pas tant de matière à en extraire, sans risquer de spoiler.
En revanche, j’annonce la couleur nuitamment : j’ai bien aimé ce film, il ne m’a cependant pas transcendé pour autant. Mais je vais y venir rapidement.

Le pitch :
Disobedience, nous plonge au cœur d’une communauté juive londonienne, où le Rabbin vient de décéder. Sa fille, Ronit, jusque là exilée à New York où elle travaille comme photographe, revient pour ses funérailles. Mais entre les retrouvailles pas tellement chaleureuses avec la communauté, ainsi que des souvenirs qui remontent, son séjour ne sera pas forcément de tout repos.

Mon avis :
Vous m’attendez au tournant, y’a des filles qui se font des bisous. En même temps ce n’est pas vraiment un secret bien gardé puisque le film nous annonce la couleur dès l’affiche (ci-dessus). Mais ce qui est réellement important, ce n’est pas tant à quel moment elles se font des bisous, mais le contexte où elles s’en font.

Ici, Ronit (Rachel Weisz) retourne dans son ancienne communauté juive où elle tombe sur ses deux amis d’enfance : Esti (Rachel McAdams) et Dovid (Alessandro Nivola). Elle n’est pas forcément accueillie à bras ouverts, et dès les premières minutes, l’ambiance est pesante. Entre les coutumes religieuses et les traditions d’un autre temps, je dois avouer que je n’étais pas super à l’aise à chaque instant du film.
Nos trois personnages principaux sont tiraillés chacun différemment, entre leur vérité et ce que l’on attend d’eux. Que ce soit une recherche individuelle ou un cheminement autour de la foi, tout le monde voit ses convictions personnelles pas mal chahutées.

A mesure que le film se déroule, on en apprend plus sur les raisons du départ de Ronit, ainsi que sur la retenue poussée à l’extrême de Esti, qui semble au bord des larmes tout le long des 2h que fait Disobedience. Le tout s’écoule avec une certaine douceur, même si c’est dans une ambiance un peu étouffante.

Sur le plan purement technique, les jeux d’acteur.ice.s sont excellents, rien à redire là dessus, chacun dévoile ses facettes au fur et à mesure, sans excès, avec une justesse imparable. Côté image, l’ensemble est très « terne », il n’y a quasiment aucune couleur vive, et cela retranscrit parfaitement l’aspect pesant de toute cette ambiance d’austérité religieuse.

Le seul point négatif que je pourrais trouver, c’est les dernières minutes du film, qui m’ont un peu laissé sur ma faim. Mais bon, il faut bien avouer que j’ai toujours eu du mal avec les conclusions trop « ouvertes ».

Voila.
C’est tout pour moi !

Let your body go with the flow

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Aujourd’hui, j’ai décidé de m’aventurer sur un terrain glissant. Et sans plus d’introduction, sachez que l’on va parler d’en quoi les préférences dites « génitales » sont-elles ou non transphobes quand il s’agit de relations. Sachez également que cet avis n’engage que moi, et toutes les personnes en situation de transition ne le partagent pas. Pour finir, cet article risque fortement de partir dans tous les sens, celleux qui me connaissent n’en seront pas choqués.

Le programme de départ se compose de plusieurs éléments, nous allons ensuite les décortiquer.

  • Une femme trans est une femme, un homme trans est un homme.
  • Digression potentielle
  • Le sexe est-il si primordial dans une relation amoureuse ?
  • Existe-t-il un label 100% hétéro, certifié bio & élevé en plein air ?
  • Conclusion eventuelle

◄ Je reviens brièvement là dessus, mais si une personne, se présente comme femme, peu importe son apparence physique (son « passing »), ou sa quantité de chirurgies, elle est une femme. Il en va de même pour les garçons. C’est bon, tout le monde arrive à suivre?

◄ Si une femme, se proclame comme lesbienne, à priori, elle aime exclusivement les autres femmes. Sauf que dans les faits, c’est un petit peu plus complexe. Certaines femmes lesbiennes ont pu avoir des aventures avec des hommes, au passé, au présent, ou au futur. Si ces même femmes se proclament lesbiennes, personne ne vient vérifier leur quota de testostérone relationnelle.
C’est un peu ça le secret : ce que tu fais et avec qui tu le fais, ne concerne que toi. On n’envoie pas un chèque tous les ans à lobby LGBT pour conserver sa carte de membre du parti. Et en retour, ce même lobby ne vient pas vérifier avec qui on a fanfreluché. Mais je m’égare.
Certaines personnes se vantent de n’avoir jamais « dévié » de leur sexualité revendiquée, et grand bien leur fasse, parce que tout le monde s’en carre en vrai. Tu ne gagnes pas des gommettes juste parce que tu n’as jamais laissé approcher un homme de ton oreiller.

◄ On en vient donc à un point important du sujet : le sexe, est-ce vital? La réponse est bien évidemment négative. En revanche, si vous considérez que le sexe hétérosexuel c’est forcement un penis dans un vagoo, alors y’a du boulot. La sexualité c’est quelque chose de créatif, et il y a des centaines de possibilité autres que le classique schéma évoqué juste avant, sinon c’est vite chiant.
Que ce soit chez les homos, ou chez les hétéros, peu importe la configuration, qu’il n’y ait que des personnes cisgenre, un peu de personnes trans ou uniquement des personnes trans, il n’y a pas vraiment de généralité applicable. Chaque assemblage, chaque couple est différent, et même un seul individu n’aura pas les même types de rapports d’un couple à l’autre dans sa vie.
Du coup, peu importe la teneur des parties intimes de chacun, les possibilités sont infinies. D’autant que le summum d’une relation à mon sens, c’est l’affection, l’amour, pas les parties de fesses à l’air. Certaines relations peuvent s’en passer, d’autres non, soit.

◄ Ensuite, l’argument que j’ai pu voir passer, et qui est à l’origine de ce post, c’est que une personne « 100% hétéro » n’acceptera pas de coucher avec une personne trans, même de genre opposée. Et si ledit propos était entremêlé d’homophobie un peu crade dont je vous fait grâce, je dois avouer que je suis intrigué. Qui attribue le label de ce fameux 100%?

◄ Blague mise à part, je dois bien me rendre à l’évidence, ce n’est pas une question de sexualité, c’est une question d’ouverture. C’est surtout du cas par cas en fait, il y a des gens qui sont capables d’embrasser pleinement le corps de la personne qu’iels aiment, et d’autres qui ne sont pas aptes à le faire. Je veux dire, si des gens sont capables de coucher ensembles sans la moindre émotion, plus rien ne m’étonne à ce stade. Et je précise que je ne juge pas, c’est juste que je fonctionne tout à fait autrement.

► Donc, en conclusion, je n’irais pas jusqu’à dire que refuser de coucher avec une personne parce qu’elle est trans est nécessairement transphobe. C’est juste triste, et manquer de capacité d’adaptation. Mais en soi, ça reste nul et excluant. Du coup, un peu transphobe peut-être? Je veux dire, je comprends sur le papier, mais en pratique, c’est pourri quand même.

Les personnes trans fascinent comme elles écœurent, mais elles ne semblent laisser personne indifférent. De ce fait, je tiens à rappeler que nous sommes plus que nos corps. Merci.

Comme un goût d’ivresse

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Ce matin, je vous propose trois films que j’ai vu, et mon avis sur la question. Les trois sont dispo sur Netflix, ou toute autre plateforme de streaming de votre choix, il s’avère juste que je paye mon propre abonnement, donc j’ai fait avec le catalogue français.
Vous vous en doutez bien, je suis parti du côté LGBT de la force, et plus spécifiquement la premiere lettre de l’acronyme. Donc sans plus d’introduction, passons au premier titre !

THE FEELS

Sorti en 2017. De Jenée LaMarque, avec Constance Wu et Angela Trimbur.

Le thème central de ce film c’est l’orgasme, et en l’occurrence la révélation de l’absence d’orgasme vécu, chez l’un des personnages, et ça fout bien le drame dans un weekend d’enterrement de jeune fille supposément idyllique. Rien ne se passe comme prévu, les gens couchent entre eux, et le malaise est palpable tout du long.
Il y a comme une tension dès les premières minutes du film, on sent que quelque chose ne va pas et que ça va exploser, mais on ne sait juste pas exactement quand, et ça fout une pression mentale monstre.

Et quand enfin ça explose, ce n’est pas beaucoup mieux, et on finit par avoir le dénouement de la situation aux toutes dernières minutes de ce long métrage.

Si les fanfictions m’ont bien appris quelque chose, c’est qu’une bonne communication fait des miracles, et c’est ce qui manque à nos protagonistes.
Une communication si importante, qu’elle aurait pu nous éviter « The Feels », entre l’écriture des dialogues parfois hésitante, et l’absence totale d’alchimie entre les personnages.
Sans même parler des passages d’interview des persos en individuel face caméra, et que l’on nous indique jamais le pourquoi de ces interviews qui découpent le film. Bref, c’est un trajet pas forcément super intéressant, ni pertinent.

Je lui donne donc la note de Pénible/10. J’en ai entendu du bien, et pourtant je n’ai pas aimé, alors que je ne m’attendais pas à grand-chose. Comme quoi, les goûts et les couleurs hein.

LA LUCIERNAGA / THE FIREFLY

Sorti en 2015. De Ana Maria Hermida, avec Caroline Guerra et Olga Segura.

Un long-métrage Américano-colombien qui traite du deuil et de la façon de s’en relever, en quelque sorte.
Le film s’ouvre sur deux drames : le premier est une scène qui sera aussi celle de quasi conclusion, à une scène près. Et le second sera le fil conducteur du film.
Andrès, le frère de Lucia et futur mari de Mariana décède tragiquement. D’autant plus que le frère et sa soeur ne s’étaient pas vus depuis 3 ans. Ainsi, Lucia va soutenir sa « presque » belle sœur et l’aider à se rétablir de cet événement. Et ce de manière plus intime qu’elle ne l’aurait songé.

L’ensemble se déroule avec douceur et une certaine justesse du traitement de la thématique. Si on exclut la toute dernière scène du film, que j’ai personnellement trouvée assez glauque.
Mention spéciale également au mari de Lucia, carriériste, opportuniste et détestable à souhait, en plus il mâche son chewing gum la bouche ouverte. Y’a eu des morts pour moins que ça.

Il y a également par moments, des scénettes fictives, proches de la métaphore, à grands renforts de maquillages et d’effets de lumière, on ne comprend pas toujours tout, mais ça a le mérite d’être joli.

Dans l’ensemble c’est assez doux, et parfois poétique, la musique est adaptée et l’image est travaillée. Réelle alchimie des deux actrices, même si au début tout le monde a un peu la même tronche. Au moins on évite le cliché de la blonde et la brune, comme dans les trois quarts des couples de filles de la télé.

Je lui donne la note de Correct/10. Ca aurait pu être pire et pourtant on ne partait clairement pas gagnant.
Et en vrai j’ai passé un bien meilleur moment que devant The Feels. Du coup ça m’a motivé a en regarder un troisième !

LOVESONG

Sorti en 2017. De So Yong Kim, avec Riley Keough et Jena Malone.

Lovesong nous conte une histoire en deux étapes.
Il y a Sarah, une femme dont le mari est en déplacement professionnel quasiment en permanence, sa fille Jessie, et Mindy, la meilleure amie de Sarah, avec qui elle était à la fac.

Quand Jessie a 3 ans, et que Sarah semble clairement au bord de la dépression de devoir s’occuper seule de sa fille, elle invite Mindy à venir les voir, et les trois partent en road trip. Elles ont une aventure lors de ce voyage, et Mindy décide un peu brutalement de repartir chez elle au lendemain de leur nuit ensembles.

Puis on nous projette trois ans plus tard, les deux femmes ne se sont pas vues entre temps, mais se revoient à l’occasion du mariage de Mindy avec son compagnon.
Entre l’alcool et le stress, les deux se retrouvent éventuellement le temps d’un moment d’accalmie.

Lovesong n’est pas tant une histoire d’amour mais plutôt un conte un peu triste sur le fait de devoir laisser partir celleux qu’on aime, en particulier lorsque le timing était mauvais.

Je lui donne la note de Pesant/10, parce que même si on éprouve de l’empathie pour Sarah qui regarde son amie avec des yeux pleins d’amour tout le long du film, les circonstances font que c’est super compliqué pour elles de tout quitter.

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Voilà, ce n’était clairement pas une expérience des plus fantastiques, mais ça m’a permis de tuer le temps et de faire un article de mes nuits sans sommeil. A bientôt pour d’autres films moyens, bisou !

Come As You Are (2018)

Par défaut

Celleux qui me connaissent depuis suffisamment longtemps savent que je me hype pour l’actrice Chloë Grace Moretz, après l’avoir vue botter des culs du haut de ses 13 ans, en Hit Girl pour le film Kick Ass. J’ai même vu un paquet de films où elle apparaissait, souvent pas très bons d’ailleurs. Pour n’en citer que quelques uns, il y a eu Let Me In (remake de Morse, film suédois), Dark Shadows de Tim Burton, le remake très moyen de Carrie ou encore Sils Maria (que j’ai trouvé assez chiant malgré la présence de Kristen Stewart que j’aime fort).
Du coup, quand j’ai appris qu’elle tenait le rôle titre d’un long-métrage indé primé au festival du film de Sundance, je n’ai pas réfléchi plus de trois secondes avant de hurler qu’il fallait que j’aille voir ça dans la minute.
Mais avant de se hyper, de quoi ça parle au juste ?

Come As You Are ou The Miseducation of Cameron Post en Version Originale (parce que quoi de mieux qu’un titre anglais pour traduire un autre titre anglais?); place notre histoire en plein cœur des années 90 aux Etats Unis.

Parenthèse : Dans tous les résumés que j’ai lu, ils disent qu’elle a 12 ans, mais quand la prof lui demande quelle année elle suit, elle parle de « Eleventh Grade », soit la Première, donc elle aurait plutôt 16 ans, et ça colle mieux avec la suite à mon humble avis.

Cameron donc, l’héroïne de notre histoire, est surprise dans les bras d’une autre fille lors du bal de promo de 93. Suite à cela, elle est envoyée au camp de conversion pour jeunes homos, sobrement appelé « God’s Promise » (La Promesse de Dieu). Et grâce à l’aide de Dieu donc, et à un savant mélange de psychologie freudienne, les pensionnaires du camp retournent miraculeusement dans le « droit chemin ».
Loin des siens, et entourée par des chrétiens finalement pas plus extrémistes que ceux qu’on croise ailleurs, mais en tout cas largement plus enthousiasmés dans leur mission divine; Cameron essaiera tant bien que mal de trouver sa place, entre mensonge et découverte de soi.
Une histoire de cheminement adolescent, au final assez universelle, et également très intemporelle, puisque toujours d’actualité concernant l’existence de ces camps de reconversion.

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J’ai donc été voir ce film durant mes petites vacances sur l’Île d’Oléron, parce que scandale, les cinés de ma ville ne l’ont laissé à l’affiche que trois petites semaines, et il a fallu que je m’exile sur une île pour parvenir à voir ledit film.
En revanche, je disais à l’ami qui m’accompagnait que j’espérais qu’il n’y ait pas trop de scènes un peu « graphiques », et manque de bol, à peu de choses près, le film s’ouvre sur une scène d’amour justement. Peu de nudité, fort heureusement, mais du sexe néanmoins.
Dans l’ensemble le film est assez chouette, et je pourrais m’arrêter là, mais bon, j’ai encore cinq demi feuilles pleines de ratures à vous retranscrire, donc je vais extrapoler mon propos.

Tout d’abord, la sensation du temps qui s’étire est très marquée, plusieurs scènes s’éternisent en longueur, du genre des fins de plans fixe qui ne s’arrêtent pas immédiatement après que l’action s’y soit déroulée, donnant à l’ensemble une sensation indéfinissable. On ne ressent pas le temps passer, mais pas dans le sens où tout se déroule très vite, mais bien au contraire, dans celui où l’on ne sait pas combien de temps s’en est réellement écoulé. Il n’y a aucune indication de date, beaucoup de répétitions de scènes, donnant à l’ensemble cet aspect un peu aliénant et créant ainsi une certaine forme d’empathie pour nos protagonistes.

La bande son est plutôt jolie, assez bien choisie, mais surtout franchement bien placée. Que ce soit en simple fond sonore ou quand celle ci s’arrête brusquement, la musique a un petit rôle non négligeable dans ce long-métrage.
Les passages de flash-back et de rêveries sont également plutôt bien dosés, offrant des périodes « d’entracte » à une réalité un peu affreuse.

Mon seul véritable regret concernant Come As You Are, c’est sa fin, qui est un peu trop ouverte à mon goût, et le fait qu’elle laisse certaines questions sans réponses. Toutes les « sous-intrigues » ne sont pas forcément expliquées, et certains backgrounds de personnages du second plan auraient peut-être mérité que l’on s’attarde un peu dessus.
Mais quelque part, c’est peut-être une juste retranscription du contexte du film. C’est à dire que chacun se tire plus ou moins dans les pattes pour être mieux vu par les responsables du camp, quitte à être largement égoïstes. Et quand egoïsme il y a, le destin des autres nous importe peu.
Mais à l’arrivée, c’est pourtant une forme d’entraide mutuelle qui les sauvera.

Pour conclure, Come As You Are n’est pas nécessairement le film du siècle, mais il est une touche agréable, et a au moins le mérite de faire passer un message, tenter de mettre en lumière voire de carrément dénoncer les pratiques d’un autre temps, qui ont encore lieu de nos jours.

Ce à quoi Cameron fait face est injuste et cruel, à savoir l’abandon.
Et tout le monde participe à lui faire payer cher pour le simple fait de vouloir vivre sa vérité. Deux choix lui sont offerts : se conformer à l’image que l’on attend d’elle, ou être abandonnée, encore une fois.
On peut la trouver un peu amorphe dans certaines scènes, alors qu’elle lutte intérieurement, essayant de jongler entre ce qu’on attend d’elle, et son identité véritable.
Elle essaye juste de s’en sortir sans faire de dégâts, mais personne ne lui facilite la tâche.

C’est d’autant plus touchant que c’est applicable à beaucoup de formes de différences sociales, Cameron est certes gay, mais c’est ici plus un prétexte de dénonciation qu’une fin en soi. Elle aurait aussi pu être trans, ou handicapée. Ça fait simplement partie d’elle, elle ne peut s’en défaire, et ne tient d’ailleurs pas à le faire.
Quelques unes des répliques font d’ailleurs mouche, et touchent très juste.

Ce film est d’une incroyable justesse à tout un tas de niveaux, dans son déroulement comme dans sa façon de dépeindre la nature humaine parfois imprévisible mais surtout spécifiquement crasse.
Un tableau de quotidienneté, pour une fable pas si loin de la réalité.