I hear the roar of a big machine

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Bonjour à tou.t.es !

Bon, okay, j’ai raté le coche de la journée internationale de la visibilité bisexuelle, mais mieux vaut tard que jamais.

Je ne suis moi-même pas bisexuel, ni pansexuel d’ailleurs, mais je voulais revenir sur un détail de définition qui est vachement important, et j’espère tellement ne pas dire de conneries en le faisant.

J’entends très souvent justifier de la distinction entre les termes de bisexualité et pansexualité par la phrase suivante: « Être pan c’est comme bi sauf que ça inclus les trans ». Et cette simple phrase est tellement, mais alors tellement problématique…
J’ai sûrement dû déjà la sortir moi-même, mais c’était y’a longtemps, quand j’étais con et pas éduqué à la question. Et je regrette tellement cette période. Et comme il n’est jamais trop tard pour être informé, je vais aujourd’hui vous expliquer pourquoi cette simple phrase d’une dizaine de mots comporte au moins deux erreurs majeures.

On va commencer par le plus simple : on parle de PERSONNE trans, et non pas de une trans / un trans.
Pourquoi? Parce que c’est une simple histoire de respect et de considération. La personne est effectivement transgenre, mais ça reste une personne. On évite de ramener un.e individu à sa spécificité, quelle qu’elle soit. Tout comme on évite, idéalement, de parler des homosexuels, des noirs, des handicapés. Ce sont des personnes. Qui sont effectivement homosexuelles, ou noires, ou handicapées, ou tout ça en même temps, on s’en fout, ce sont des personnes quand même.
Et pas la peine de m’envoyer des screenshots de toutes les fois où j’ai fait l’erreur, je le sais, je ne me relis pas assez.

Mais bref, tout ça pour dire que c’est hyper réducteur de ramener une personne à sa simple classification, parce que rien que moi je suis multi-classé, donc non, on évite. C’est plus sympa.

Ensuite, et c’est le gros du morceau, la transidentité n’est pas un genre à part entière. Il n’y a pas besoin d’avoir une orientation particulière pour avoir envie d’avoir des aventures avec des personnes trans. Éventuellement une plus large ouverture d’esprit, admettons.
Les personnes transgenres ne sont pas « le troisième genre ». Si ces personnes sont binaires, alors elles sont du genre femme, et ils sont du genre homme. Et si ces personnes sont non-binaires, bah iels vous indiqueront les pronoms que iels souhaitent qu’on utilise envers leurs personnes.

Side-note: La binarité c’est le fait de se sentir exclusivement femme, ou exclusivement homme. La non-binarité c’est tout ce qu’il y a, éventuellement entre les deux mais surtout tout autour.

Donc à la limite, la seule distinction qu’on pourrait trouver entre la pansexualité et la bisexualité, c’est cette affaire de binarité. Et que donc en dehors de cette distinction masculin/féminin, on trouverait les personnes non-binaires, les personnes agenres, et les personnes genderfluid.

Side note: Le fait d’être agenre c’est de n’appartenir à aucun genre. Le fait d’être genderfluid c’est le fait de se sentir flexible dans son identité de genre, et ça peut même dépendre des jours et de tout un tas d’autres paramètres que je ne maîtrise pas personnellement donc je vais arrêter là ma parenthèse.

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Tout ça pour dire que, seules les personnes se définissant comme bi ou pan peuvent vraiment dire à quel point elles et ils distinguent les deux termes. Et même que des fois, les personnes directement concernées peuvent aussi dire des conneries, surtout si ces personnes ne sont pas éduquées à l’énorme palette de genres existants.

Pan = Poêle/Casserole

Pan = Poêle/Casserole

Critères de Sélection #4

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J’ai une mauvaise nouvelle pour vous. Même si les articles de la série « Critères… » ne sortent que rarement, celui ci est probablement le dernier avant longtemps. Dans la mesure où le système de statistiques sous WordPress a bien évolué, j’ai accès bien moins facilement aux mots clés des moteur de recherche. De ce fait, je n’y pense pas toujours et j’ai moins de petites perles à inclure dans mes sélections. En conséquence, savourez bien celui ci, comme à votre habitude !

Ah et pour ceux qui ne connaissent pas le principe, vous trouverez en première partie en gras, des recherches google/bing/yahoort qui sont arrivées jusqu’à mon blog de façon particulièrement obscure, et en face, une blague de circonstance issue du fromage blanc qui me sert de cérébral.
Bref, je vous souhaite une excellente lecture.

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dessin animé la reine de neige avec bottes une reine qui maichan irvin > Euh je… Je?

film ressemble petit chaperon rouge > Hm… Grand chaperon vert. Ah! Robin des bois?

fesses anna torv > Qui sont très belles au demeurant.

les trois spies gueule > If you wanna be my lover, you gotta get with english!

bitume gay > J’imagine facilement une blague avec la rue pavée de zizis, marcher sur les fesses et tout ça… Mais sinon en vrai à Vancouver (Canada) y’a un passage piéton arc-en-ciel.

vif gay > C’est comme le vif d’or, mais tu l’attrapes pas avec ta bouche Harry!

des fesses > Pas « fesses », pas « les fesses de quelqu’un en particulier », non. Des fesses. Point.

pourquoi emma watson mets un masque > Parce qu’elle s’est infiltrée chez les mangemorts pour fanfrelucher avec Bellatrix… Je sens la fanfic s’ecrire toute seule. *popcorn*

ourson pervers > C’etait pas des pots de miel en fait…

complications des gay > Le SIDA. (pardon)

gay cas social > Plus maintenant, mais c’etait à quel propos?

lesbienne saucisses > ELLES SONT VAGITARIENNES JT’AI DIT.

blog gay sincère et gratuit > Les gars je crois que j’ai trouvé ma nouvelle punchline.

catwoman la liberté c est le pouvoir > Tiens, eux aussi ils ont trouvé leur nouvelle punchline.

vidéos de gay avec bocou de spammer > Fallait installer Adblock les mecs.

photos lesbiennes à poils non censuré > Vu que certaines ne se rasent pas, ça va etre facile à trouver.

petite pute > C’est celui qui dis qui l’est, d’abord.

film fiction avec longue manteau rouge capuche > Blanche Neige.

diable sein sur la tête > Bien plus pratique pour les relations polyamoureuses !

sous bock montée > Je visualise une structure en dessous de verre assez conceptuelle, pas vous?

ma soeur a des gros seins > Grand bien lui en fasse, petit incestueux.

take me hochet > Et s’il est moche, en français ça donne prends moi hochet laid (badum tsssh)

salut je suis a la recherche d’un films avec des quatre jeunes garçonsou il ont des pouvoirs et vampire je crois ou il y a un ki a un grand pouvoir et ou il tombe amoureux d’une fille humaine. je vois un peu le debut ils sont sur une falaise et qui vont a une fête > Je parierais sur un manga. Mais sinon, euh, à l’aide?

ça femme est tres chiante elle a enterrer vivant > He had it coming! He only had himself to blaaame!

alternative aux pansements > A la torche, comme les braves!

lesbian dans 16 ans ou presque > Seulement 16 ans? Lesbien raisonnable?

porno témoins de jéhovah gay > Pour les TJ je sais pas, mais il en existe avec des Mormons, petit vélo inclus!

chaussure > Tu pourrais au moins préciser la pointure, vous faites pas d’effort putain.

porno de xena la guerriere > Avec Lucie Flawless et Renée O’Connar

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Sur cette note pleine de bon goût, passez une meilleure journée !

I’ve had just enough

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Prends moi dans tes bras et dis moi qu’ensembles on les vaincra.

Y’a des moments dans la vie, qui t’interpellent suffisamment pour te renvoyer en phase d’introspection. Et généralement ce ne sont pas des déclencheurs particulièrement joyeux, pas plus que ne l’est ladite introspection.

J’ai eu hier ce petit moment de recul, avec un vieux sentiment de « meh » dans la bouche. La première personne qui a su faire battre mon cœur, et je parle de l’époque lointaine du collège, vient de se marier. Alors c’est cool pour elle hein, je dis pas le contraire. Mais ça m’a renvoyé au fait que moi, je suis bien loin de ce genre de projets.

Parce que pendant que les gens que j’ai connu quand j’étais enfant se marient et/ou font des gamins, moi je me bats quotidiennement pour le simple fait d’être reconnu en tant qu’individu.

Pendant que les gens construisent des choses, j’en suis encore à être assis sur mon canapé à rédiger des articles à des heures impossibles de la nuit, pour un blog qui ne décolle pas, à jalouser secrètement tout un tas de gens, en écoutant de la musique déprimante. Autant vous dire qu’on part pas gagnant les enfants.

Au final qu’en conclure? Que y’a des jours avec et des jours sans. Aujourd’hui c’est l’absence totale. Qu’en fin de compte, moi j’veux juste être heureux, et construire des choses aussi, mais que les châteaux de sables des autres, se modèlent plus rapidement. Ils ne sont pas nécessairement plus jolis ou plus réussis. Ils sont juste plus vite en place. Et de mon côté je m’obstine très probablement à piétiner le mien, insatisfait du résultat.

Je n’ai parfois pas toutes les réponses à mes propres questions.

Florilège #1

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Comme le titre ne l’indique pas assez, voici pour vous une petite sélection des remarques lâchées innocemment que j’ai pu entendre ces derniers mois. Histoire que vous vous rendiez un peu compte de la violence quotidienne des gens à l’égard des personnes transgenres. Et quand je dis gens, c’est autant des individus random que des personnes que je connais et pensais plus éclairés que ça.

  • Ah mais t’es une fille en fait !
  • Mais… tu fais comment pour faire l’amour?
  • Tu ne seras jamais mon fils, parce que tu n’auras jamais de couilles.
  • Mais sinon, légalement parlant, quand est-ce qu’on pourra t’appeler par ton prénom?
  • Et c’est quoi ton vrai prénom du coup? (comprendre: nom de naissance)
  • Ah mais c’est pas le prénom que j’ai lu sur ta carte bleue !
  • Moi je ne veux pas te voir changer, pas de mon vivant, je suis contre, et je maintiens cette position.
  • Pourquoi tu ne restes pas juste lesbienne en fait?
  • Ah mais votre génération est décidément compliquée.
  • J’ai bien compris moi, tu cherches juste à être original(e).
  • Tu ne fais décidément rien comme tout le monde toi hein.
  • Et sinon… quand est-ce que tu vas faire… « l’opération »?
  • C’est pas trop cher de changer de sexe?
  • SALE PÉDÉ
  • T’as pas trop l’impression de passer à l’ennemi?
  • Et tu comptes avoir une bite à la fin du coup?
  • Tu vas mettre combien de temps à te transformer?
  • Moi j’ai mon oncle c’est un transsexuel aussi, il est devenu une femme.
  • T’as essayé de faire une thérapie?

Voilà. Chaque extrait est plus ou moins grave, et je n’ai pas la patience d’expliquer point par point en quoi c’est problématique.

Bonne nuit et bisou sur vos fronts.

Et pour se reconforter, un lapin mignon :

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Banging the drums like there’s no tomorrow

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borkenmirrur

Y’a des fois, j’ai envie de poster des selfies, pas quotidiennement mais presque. Mais concrètement, tout le monde s’en fout.
Mais derrière toute ambition égocentrique, moi aussi j’ai envie de me trouver beau. Sans vouloir aller à la pêche aux compliments, j’ai pleinement conscience que je ne correspond en rien aux standards de beauté actuels.

Grandir en sachant qu’on n’est pas un canon n’est jamais agréable. Etre quotidiennement raillé pour son physique, de la simple remarque jusqu’à l’insulte gratuite, ne permet pas d’acquérir énormément de confiance en soi. Et forcément, malgré le fait que les années passent, j’ai toujours un cruel manque de self esteem.

Et à partir de là, ça pose quelques petits problèmes dans la vie de tous les jours.

On va commencer par l’incapacité à recevoir un compliment. Ça peut sembler stupide dit comme ça, mais il existe des personnes, qui sont incapables d’entendre un compliment qui leur est adressé. Immédiatement, c’est la gêne, le besoin viscéral de changer de sujet, ou faire une blague pour détourner l’attention. C’est encore plus angoissant quand les gens insistent. Tout simplement parce que quand on t’as habitué à être insulté sur ton physique durant toute ta croissance, et un peu après probablement aussi, tu finis par te convaincre que effectivement, tu es visuellement dégueulasse.

Dans le même ordre d’idée, quand on me fait un compliment sur mon physique, et spécifiquement sur mon physique, j’ai toujours l’impression qu’on se fout de moi. J’attends le moment où le couperet du « non je déconne » va tomber.
Comprenez bien, on parle ici d’années à être harcelé parce qu’au hasard, on est gros/petit/binoclard/intelligent/naïf/introverti, bref, rayez la mention inutile quoi. Et forcément, ça laisse des traces. Et quand bien même une fois adulte, on se prend de temps à autre une remarque désagréable, par un inconnu dans la rue qui se permet de donner son avis sur notre apparence, même si c’est blessant, quelque part, ça conforte dans l’idée qu’on a raison, que les gens se moquent de nous, qu’on est forcément vilains. Et c’est un cercle sans fin.

Je vous vois sourire, parce que c’est sûrement assez naïf comme « problème », mais en vrai ça peut prendre de sales proportions, jusqu’à même être reconnues (bien que difficilement en pratique) par la médecine moderne. On parle alors de Dysmorphophobie, ou dysmorphobie, ou encore Body Dysmorphic Disorder et qui n’est pas un terme si récent que ça au final (Wikipedia vous confirmera tout ça).
Le principe de ce trouble, dans un spectre assez large de variantes et de degrés, c’est que l’on se voit laid, et/ou excessivement difforme. Ça englobe aussi tous les soucis de mauvaise perception corporelle et de l’image de soi erronée. Concrètement, se regarder dans le miroir devient une véritable épreuve, également le fait de se mouvoir dans un espace.

Je sais que chez moi, ça se traduit par une très mauvaise notion de la place que j’occupe. Je passe mon temps à me cogner dans les encadrements de portes et à me vautrer en montant des escaliers parce que j’ai posé mon pied trop en avant et j’ai buté contre la marche.
J’ai pris tellement de poids en tellement peu de temps quand j’ai commencé à être sous traitement médicamenteux, que je n’ai jamais véritablement réalisé à quel point le corps qui était devenu le mien était différent d’avant cette prise de poids en question. Et même si cela date d’il y a plusieurs années, ma perception de moi-même est restée altérée. Je n’ai d’ailleurs jamais possédé de miroir intégral, seulement ceux de salle de bains où on ne voit que le visage, et je n’ai jamais vraiment réussi à m’habituer à mon corps. Du coup, je me perçois bien différemment d’à quoi je ressemble, et quand je croise mon reflet, j’ai toujours un léger mouvement de recul, parce que je ne reconnais pas ce que j’observe, et j’ai une certaine difficulté à associer l’idée que ce que je vois, c’est moi.

C’est d’autant plus disproportionné avec la dysphorie.
La dysphorie (ici, de genre) c’est le sentiment d’inadéquation entre son corps et son identité. C’est un trouble identitaire commun aux personnes transgenre.
Et donc, malgré le fait que depuis que je sois sous traitement hormonal de substitution (THS, sous testo dans mon cas), ce qui apaise un peu ma dysphorie; il y a une différence bien distincte entre comment je me perçois, et ce à quoi je ressemble véritablement. Et c’est d’autant plus difficile à appréhender puisque avec le THS, mon corps continue à changer physiquement à mesure que les semaines s’écoulent, sans que je ne parvienne à véritablement observer lesdits changements.

Du coup, et je passerais rapidement sur mon dernier point, reste la question de plaire à autrui. Parce que si l’on récapitule : entre l’incapacité à entendre un compliment, la perception personnelle altérée et l’absence totale de confiance en soi, la question de la séduction devient un véritable challenge.

Et encore une fois je n’ai pas la réponse à mon interrogation finale. Mais je dirais que, si certes apprendre à s’apprécier avant de pouvoir prétendre l’être par quelqu’un d’autre est une réalité; qu’on ai ce besoin que l’on nous prouve qu’on est capables d’être aimés par d’autres, en est également une (de réalité).

N’oublions pas que chacun fonctionne différemment, avec ses bagages, et ses troubles divers et variés, qui sont suivant le cas, à prendre en compte avec une certaine délicatesse.

Sur ce, je vais aller prendre un énième selfie, pour me rassurer.

It will not erase things

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Ce matin, je voulais parler d’identité, et plus précisément des faux pas en la matière. Vous allez vite comprendre.
Enfin, je dis ce matin mais personne n’est dupe, j’écris ceci en plein milieu de la nuit après avoir passé 5 jours à me recaler tant bien que mal. Tout ça pour ça.

J’ai l’impression d’avoir déjà abordé le sujet, mais je crois que c’était sur Twitter, donc je me permets d’extrapoler aujourd’hui sur le blug. Et si jamais ça fait redondant avec un ancien article, au pire, quand c’est important, ce n’est jamais grave d’insister un peu. Enfin, j’espère.

Dans les premiers mois du début de mon parcours de transition, ce qui remonte à il n’y a pas si longtemps, j’angoissais, pour à peu près tout et n’importe quoi. Et un item en particulier me revenait souvent à l’esprit. C’est une angoisse parfaitement irrationnelle, à priori, mais en fait pas tant que ça.

Souvent quand j’écris vite, surtout sur les réseaux sociaux, je ne me relis pas spécialement, ou alors juste après avoir appuyé sur « entrée ». De ce fait, j’ai souvent eu l’angoisse de m’être mégenré tout seul, et de pourrir ainsi ma crédibilité.

On va donc faire un petit point de vocabulaire avant de revenir à la suite, surtout que ça me permet d’étoffer mon article, double win!

Mégenrer: De la contraction « mal genrer ». Action consistant à utiliser les mauvais pronoms en parlant d’une personne ou en s’adressant à elle. Exemple concret: dire « salut mec » à une fille. Ça s’appelle mégenrer la personne. Considérer cela comme anodin est une sorte de privilège de cisgenre, parce que concrètement, une femme cis à l’aise dans ses baskets concernant son genre de naissance, s’en balance pas mal d’être appelée monsieur, et inversement. Mais pour une personne transgenre, cela la ramène à la condition de personne trans, et très vite, les amalgames mentaux se font. On invalide son identité, elle n’est pas « une vraie femme », etc.
Et je n’exagère pas, quand on vit dans l’angoisse perpétuelle d’être « perçu.e comme différent.e », nos conclusions vont vite vers le pire.

Mais revenons en au sujet, avant que je ne m’égare dans mes définitions.

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Je disais donc, juste avant de m’interrompre tout seul, que y’a encore quelques mois, j’angoissais tout seul de peur de m’auto-mégenrer. Parce que je considérais alors, que si même moi je me plantais, alors je validais les gens qui me mégenraient volontairement, parce que je n’avais alors aucune légitimité à leur en vouloir.

Parce que, après des années de conditionnement et de refus en bloc de mon identité, forcément, il y  a des réflexes qui demeurent.
La réponse à cet article tient en quelques mots simples: la force de l’habitude.
Le fait de me planter en parlant de moi au passé invalide-t-il mon identité? Non.
Est-ce que du coup ça autorise les autres à me mégenrer aussi puisque j’en arrive moi-même à me vautrer? Non plus.

Avoir passé une majeure partie de sa vie coincé dans une identité qui n’est pas la notre, ça laisse des traces, et parfois, il y a des tics linguistiques qui restent. Ça n’invalide rien du tout. C’est juste là une preuve que nous avons dû combattre férocement pour nous affirmer.

megenrer

Poussons nous dans les escaliers

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Coucou.

Coucou.

Il y a quelques années de ça, je m’en souviens distinctement, c’était une nuit de Noël. Mes sœurs et moi étions rentrés chez nos parents pour l’occasion. Et j’avais hérité du clic-clac dans la chambre de ma maman. Mais voilà. Je mets du temps à m’endormir, et le temps de commencer à fermer les yeux, ma mère s’est mise à ronfler. De plus en plus fort. J’avais les jambes qui en crispaient d’énervement. Moi aussi je voulais dormir. La fatigue n’aidant pas, les ronflements de ma maman en devenaient insupportables. Je me voyais en boucle me lever et l’étouffer avec mon oreiller, pour enfin obtenir le silence, et pouvoir pioncer paisiblement jusqu’au lendemain. Mes crispations ont commencé a atteindre les mains, puis les bras. Et la boucle mentale n’en finissait pas.
J’ai donc judicieusement fini par me lever et aller dehors, respirer un grand coup d’air frais de fin décembre, puis je me suis calé sur le canapé du salon pour passer mes nerfs sur un jeu vidéo.
A ce jour, ma mère est encore en vie. Et tous les noëls, je dors dans une pièce isolée des ronflements.

Et ceci n’est qu’un des innombrables exemples qui ont pavé ma vie jusqu’ici. Car je souffre, entre autres joyeusetés, de ce qu’on appelle les phobies d’impulsions. Il s’agit d’un Trouble Obsessionnel Compulsif (TOC) issus des troubles anxieux. Dans un article sur le sujet que j’ai lu ailleurs, une étude menée en 1998 révèle qu’entre un quart et un peu moins d’un tiers de la population souffre de ce trouble, selon la nature de l’impulsion (respectivement agressive et sexuelle).

Et j’ai mis plusieurs années à comprendre et appréhender le phénomène. Ce n’est que l’an dernier, en discutant avec ma psychologue et en finissant par lui avouer ces espèces de désirs enfouis qu’elle m’a expliqué la nature de ces images mentales. Et ça peut sembler bête, mais savoir que quelque chose porte un nom, ça permet de rationaliser, de se dire que c’est reconnu, que ça existe, qu’on est pas tout seul, qu’on est pas cinglés, tout du moins pas à ce point.
Elle m’a aussi expliqué que, plus les images sont fortes, moins on a de chances de les mettre en oeuvre. J’ignore si c’est vrai, mais ça a eu le mérite de me rassurer. Peut-être parce que plus l’on lutte contre quelque chose, plus fort la porte nous revient dans la gueule. Et là ça serait la même chose. Si on était réellement enclin à poignarder son coloc pendant qu’il passe derrière alors qu’on découpe le poulet, les suggestions psychiques n’auraient pas besoin d’être aussi viscérales, aussi flashantes.

Je sais également que, généralement, les images sont d’autant plus tordues qu’elles s’éloignent de notre ligne de conduite. Typiquement les grands sujets tabous y passent aussi, avec l’inceste et la pédophilie. Et c’est d’autant plus difficile à vivre, car c’est souvent largement au delà des limites que nous nous imposons, et c’est pour cette raison que c’est un trouble, et non pas un simple désagrément occasionnel. Moi, j’essaie de me raccrocher à l’idée que plus cela me semble apparaître comme envisageable, moins il est probable que je le fasse réellement.

Après, c’est toujours délicat de parvenir à faire la part des choses. Pendant très longtemps, j’ai cru du fond de mes tripes que ces suggestions imagées n’étaient que le premier pas avant le passage à l’acte. Parce que j’ai un passif d’auto-destruction, parce que je me suis déjà fait du mal. Alors quelle est la limite entre entamer ma chair ou celle de quelqu’un d’autre?
La réponse est malheureusement assez floue. Ce n’est, je suppose, qu’une histoire de self control.

Alors oui, il faut apprendre à vivre avec, comme pour le reste. Mais sachez seulement que, si vous faites partie des gens qui souffrent de ce trouble, vous n’êtes pas seul.e.s.
Votre cas n’est pas isolé, ça arrive à plus de gens qu’on ne le croit, de devoir se secouer mentalement et/ou physiquement la tête quand on se voit agresser sexuellement la personne avec qui l’on parle. De devoir se cramponner à la terre pour ne pas se jeter sous le bus. De devoir prendre un autre chemin pour s’abstenir de provoquer exprès des gens de façon à leur bousiller la gueule.
Et encore tout un tas d’exemples qui me viennent bien trop vite à l’esprit.

Je n’ai pas la solution. Mais je vous fait un bisou mental.
Et n’hésitez pas à consulter un professionnel si cela vous angoisse outre mesure. Savoir reconnaître ses limites n’est pas une preuve de faiblesse, mais au contraire de grandeur et de maturité.

It’s not gonna be easy

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BARK BARK

BARK BARK

Depuis des années, je me bats pour faire admettre que des fois, certains éléments comme, au hasard une maladie ou la boisson, peuvent expliquer certains comportements, mais ne les excusent en aucun cas.
Et force est de constater que, dernièrement, j’ai déconné de ce côté là.
Le fait que mon taux hormonal faisait les montagnes russes ne pardonne pas mes paroles ni mes actes. Il n’a fait que vaguement les expliquer.

Parce que, tant que je suis dans un moment d’accalmie, je m’aperçois que par moments, j’ai été un brin extrême dans mes réactions. Je manque trop souvent de recul vis à vis de mes réponses à ce qui m’arrive au quotidien. Parce que je suis en plein dedans. Et prendre de la distance nécessite un calme olympien que je ne possède pas toujours.

J’ai beau me targuer d’avoir un mental de titane depuis quelques années déjà, il est bien triste d’admettre que les hormones ont foutu le bordel dans ma physiologie, et dans mon cérébral. Et j’ai dans l’immédiat, pleinement conscience que mes proches ont autre chose à faire de leur temps que de s’obliger à prendre des pincettes avec mes sautes d’humeur. Mais que ce soit pour les gens que je connais ou que je ne fais que croiser, eux aussi ils ont une vie, et des soucis. Et je ne devrais pas compter sur le fait qu’ils vont prendre en compte les miens, de la même façon que je m’en carre (plus ou moins) des leurs.

De ce fait, je tenais à vous présenter mes excuses, encore une fois, pour mes comportements passés, et probablement ceux à venir. Et que les présentes excuses ne sont pas un passe-droit pour agir comme un connard, bien évidemment.

Je sais que j’ai merdé. J’ai du mal à mesurer jusqu’à quel point, et ça me ronge un tantinet. Parce que j’ai la trouille de trahir mes principes, et de déroger à ma ligne de conduite. Même si j’ai conscience que c’est déjà un peu tard, je continuerais d’essayer, avec toute la volonté que je possède, de ne pas m’en écarter un peu plus.

Même si je sais que j’en ai sûrement blessé parmi vous, je vais tenter, dans la mesure du possible, de réparer les dégâts ainsi causés.

Je vous demande simplement de ne pas trop m’en vouloir. Et j’essaierais de me museler un peu plus fort.
Il n’est décidément pas l’heure de lâcher les chiens.

Some ask me questions

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Cette nuit, je suis donc sorti promener plusieurs heures avec un groupe de 7 mecs que je ne connaissais pas, tous joueurs de Pokemon Go.
Et comme mon cispassing s’est nettement amélioré depuis peu, aucun ne m’a posé de question quant à mon genre.
Et c’était une expérience à la fois fascinante et déroutante. J’étais l’un d’entre eux, mais j’étais en même temps terrifié à l’idée que soit remise en question mon identité. La peur d’être « découvert » en tant que personne transgenre, en somme.
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J’ai donc passé près de 3h avec ces messieurs, tous âges confondus, mais une grosse majorité autour des 25-30 ans. Et c’était assez irréaliste. C’est passé de la tape dans l’épaule quand on faisait des blagues nulles, à se serrer la main pour se saluer, aux insinuations quant à une potentielle homosexualité présumée, pour conclure par quelques blagues à la limite du sexiste.
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Et j’avais la trouille. La peur que si je ne riais pas à leurs blagues parfois limite, j’allais être détecté, parce que différent d’eux. Et que forcément il allait m’arriver des bricoles si tel était le cas. Mais ça c’est mon cérébral qui pars parfois trop loin dans la paranoïa.
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Je n’ai pas été élevé avec ce privilège masculin, du coup j’étais en permanence sur mes gardes, quand quelqu’un en dehors du groupe de visiblement ivre nous approchait un peu trop. J’étais le seul à réellement craindre de me faire agresser, à serrer mon téléphone contre mon torse, au cas où quelqu’un essaye de me le tirer. J’étais le seul à ne pas être totalement insouciant, à ne pas juste être content d’être dehors, à capturer des pokémons à 4h du matin.
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Du coup, même si c’était une sortie très chouette et un sentiment d’acceptation plus que bienvenu, j’ai quand même ressenti ce décalage comportemental, et cette terreur enfouie de tous un tas de trucs relatés ci dessus. Parce que je suis différent. Et parce que je prends conscience que oui, quand les garçons sont laissés loin des filles, leurs attitudes sont bien différentes, et leurs propos bien moins censurés.
Je le savais, mais je n’avais jamais pu le vérifier jusqu’ici, et c’est assez troublant.
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J’ignore si je souhaite réellement m’y habituer, ou si je m’y refuse, parce que combattre le patriarcat ça commence aussi par ça.